I

Tout d’abord, mon contentement de l’Église d’Angleterre subit un certain choc lorsque je découvris quelle très petite chose, et très peu importante, était, en réalité, la communion anglicane. Nous voyagions, en effet, à travers la France et l’Italie, rencontrant au passage d’innombrables églises dont les fidèles ne savaient rien de notre « catholicisme » national. Souvent déjà, auparavant, j’avais été sur le continent ; mais je n’y étais plus retourné depuis que je m’étais officiellement identifié à l’Église d’Angleterre. A présent, je regardais tout ce qui m’entourait avec des yeux plus professionnels, et grande était ma stupeur de constater que nous n’y tenions aucune place. Ce vaste continent semblait tout à fait ignorer notre existence ! Moi-même qui me croyais un prêtre, je ne pouvais pas me dire tel à des étrangers sans devoir ajouter des clauses distinctives !

Enfin nous arrivâmes à Louqsor, et je dus, à l’occasion, assister le chapelain anglican de l’hôtel dans la célébration des offices. Mais tout cela, décidément, m’apparaissait bien isolé et bien provincial. De plus, ce chapelain se trouvait être de tendances fortement évangéliques, et je me rendais compte de n’avoir rien de commun avec lui. Jamais, par exemple, il n’aurait rêvé de s’intituler « prêtre ». (J’ajouterai que ce chapelain était destiné à périr bientôt, avec toute sa famille, dans le tremblement de terre de Messine, où il s’en était allé remplir les fonctions de pasteur anglican.)


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