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« De la part de notre seigneur, le généreux agha Bou-Halim — que Dieu le protège ! — à Noura Le Gall, la Mâlema, — que le salut soit sur elle ! —
« Et ensuite, apprends notre douleur et la volonté de Dieu.
« La volonté de Dieu est prompte comme l’éclair, forte comme le tonnerre et terrible comme la foudre. La volonté de Dieu nous a abattu.
« Notre douleur est comme un précipice d’où notre esprit ne peut remonter. Nos larmes ont formé un lac d’eaux amères. Cependant nous avons accepté la volonté de Dieu, car Dieu aime la résignation.
« Et apprends le deuil et le malheur. Notre fille Fatime, — sur elle la miséricorde et la récompense ! — notre fille chérie a laissé « monter son âme », il y a maintenant trois jours, au coucher du soleil, après la prière du Maghreb.
« Elle voulait repartir pour retourner chez toi et chez notre fille Mouni. Après avoir habité notre maison, elle voulait encore habiter la tienne. Mais Dieu en avait décidé autrement.
« Elle est morte à cause d’une mauvaise fièvre. Le soleil a touché sa tête, son sang s’est empoisonné, son esprit s’est égaré. Elle a parlé à son mari mort et à toi, ô Noura. Elle est ensevelie dans le sépulcre de ses pères, les saints merabtine et les anges l’ont récompensée.
« Et maintenant, il n’est pas une femme dont le visage ne saigne à cause du deuil qui est pour tout le peuple. Et notre cœur ne se consolera pas.
« Elle était pieuse, son conseil était droit, et son rang près de Dieu et des gens magnifiques. Elle était la dame des dames et le flambeau des ténèbres…
« Et ensuite, apprends que tu recevras la visite de notre fils Si Laïd, — que Dieu le protège ! — Son message est de te donner les bracelets de Lella Fatime, pour la mémoire de ton cœur et de tes yeux, — et ensuite de te dire notre affection et notre désir.
« Et le salut sur toi, ô la nièce de notre fille préférée, à Noura Le Gall, la Mâlema, et le salut sur Mouni dans notre cœur.
« Salut. »