1: La vie de Philippe III est presque entièrement due à Guillaume de Nangis, qui la composa en latin et sans doute en rançois, comme il avoit fait son histoire générale. Mais il arrive souvent que le texte françois modifie le texte latin, et que l'auteur ne reproduit pas exactement la même idée. (Voy.Duchesne, tom.V, p. 516.Gesta Philippi tertii.)2:Commanda. Le roi de Sicile commanda.3:Palerme. Je ne sais comment Ducange (Observations sur Joinville) a pu dire que Nangis auroit dû écrireSalerne, près de laquelle étoit Montréal. La vérité c'est que Montréal est en Sicile, près de Palerme.4:Guy de Baussoy.«Guido de Bauceio.» Ces chevaliers étoient provençaux ou aragonnois. Le pape Martin IV, dans une de ses lettres, cite Hugues de Baucey, ou Baucel, comme l'un des principaux barons du roi d'Aragon. (Voy.Duchesne, t.V, p. 878.)5:Acouveter.Couvrir. Nous avons gardé dans un sens analogue,couver.6:Coite.Pointe.7:Rigord.Golfe.8:Le chastelde fust ou de bois.9:De tels en y ot. Il y en eut même qui retournèrent jusqu'à Tunis.10:Néis. Même.11:Ressourdre. Relever.12:Le roy. Le roi de Tunis.—Ensoubs terrines. Cavernes.13:Et que. C'est-à-dire: Et ce menu peuple ajoutoit que, etc.14:Trappes. «Portui Traparum primæ civitatis Siciliæ appulerunt.» C'estTrapani.15:Qui ne fu pas heureuse chose de demourer. C'est-à-dire: Retard funeste pour ceux qui étoient partis les derniers de Carthage, comme pour ceux qui les attendoient dans la rade deTrapani. Tout ce récit de la tempête est plus intéressant dans le françois que dans le latin (Voy. Duchesne, t.v, p. 522.)16:Garnisons. Fournitures.17: Cette dernière phrase rend mal le texte latin: «Cum tam pauca licet probata militia, contra sodanum Babyloniæ, Syriæ et Egypti ac totius Orientis dominum, extra muros in acie confligere non valeret.» (Gesta Phil.iii, p. 523.)18:Gascon de Biart. «Cum Gascone de Biardo, terræ illius viro nobili et potente, altercationem aliquantulum habuit. Sed rege Franciæ Philippo mediante, compromisso lis corum ad tempus sopita quievit.» (Gesta Phil.III.) Il s'agit ici de Gaston de Moncade, vicomte de Béarn.19:Martrenue. Aujourd'huiMartorano. «Dum quemdam fluvium subtus Matrenensem urbem Calabriæ pertransisset absque navigio.» (Gesta PhilippiIII, p. 524.)20:D'Espaigne. Bévue de copiste. Il falloit Campaigne. (Campanie.)21:Le mont de Flascon. Montefiascone.22:Orbevire. C'estOrviète. Le latin dit: «Urbeveteri, Montebargue et Florentia urbibus peragratis.» (Vita Phil.III, p. 525.)23:Vergiaus. Verceil.24:Suzanne. Suze. «Suzam civitatem antiquam in Alpibus.» L'ancienneSéguse.25:Mons de Gieu.Montjeu,Montjou, ouMonsjovis. Ce sont les monts Cenis.Montes Cinisii.26:Feus. Des morts, desdéfunts. Si je ne me trompe, cette expressionfeune répond pas à celle defuit, mais à celle defunctus.27:Le Cornet. Corneto.28:JarcyouJercy. «Ad quamdam abbatiam monialium, cui nom en estGarciacum, quam in pago Meledunensi propè abbatiam Esderæ ipsa fundaverat ...» (Gesta Phil.III, p. 526.)29: C'est comme on sait le nom de l'épée de Charlemagne.30:Tresces. Danses, rondes.31: Le latin dit: «Mandavit comes omnes dominas et domicellas illius patriæ, ut cum uxoribus burgensium urbis choreas ducentes, et lætitiæ et exultationi intendentes, totam lætificarent civitatem.»32:Ce dessus dessous. Nous disons aujourd'hui par corruption:Sens dessus dessous.33: Le texte du msc. no8396-2 est moins favorable à ce prince: «Cil roy Phelippe amoit moult le déduit de chacier en bois et mout i aloit volentiers. Et fu grant pièce mout enfantibles, en sa jonesce. Et s'en tenoient la gent dou royaume mal apaiée, et sachiés que li gentil homme li savoient mout mauvais gré de ce qu'il ne les apeloit plus en sa compaignie.»34:Casebonne. Casaubon.35:Le frère. NomméArnaud.36:Biauquesne. Sans-doute Beaucaire. Le latin dit:Bellum quercum.37: Le latin offre ici dans le sens quelque différence: «Tantam gratiam apud regem obtinuit ut ipsum novum militem faceret, et magistros ac custodes in armis traderet ad tyrocinia exercenda.» On peut être surpris de voir le comte de Foix, après avoir fait ses preuves d'homme de guerre, venir apprendre à Paris l'art de soutenir une joute. Peut-être faut-il attribuer cette ignorance à l'effet des ordonnances de saint Louis contre les tournois.38:Raoul d'Aussoyoud'Alsace. C'est Rodolphe de Hapsbourg, déjà reconnu plus haut dans la vie de saint Louis, ch. 100.39: Ce don de trois châteaux fait au pape n'est pas mentionné dans le latin.40:Les bigames. Ceux qui après avoir eu deux femmes se rendoient religieux. «A celuy concille furent cil qui avoient espousé fames veves, ou qui se marioient par deux fois, condampnés à estre bigames.» (Texte du msc. 8396-2.)—Pour les frères desSacs, voy. plus haut, Vie de saint Louis, chap. 80.41:Des Griex. Le latin ajoute:Et Tartarorum, p. 528.42: LesGestaajoutent ici:Ut aliqui adfirmabant.43: Plusieurs actes contemporains prouvent que Pierre de la Brosse étoit d'une naissance plus relevée qu'on ne le supposoit après sa mort. Voyez les pièces justificatives de laComplainte de Pierre de la Brosse, publiée par M. Jubinal.44:Sa garnison des François et de sa gent.«Pertransiensque usquè ad Pampilionem regni illius regiam civitatem, garnisionem suam et gentes suas Francigenas tutiori loco quò potuit, sagaciter introduxit.» (Gesta Phil. III.)45: ParAllemagneil faut entendre ici sans doute le Brabant et le Hainaut, qu'on désignoit également sous le nom général dePays Thiois.46:Et estoient leur chiefs.Le msc. no6, Sup. fr., porte: «Et estoient leurs atournés de riches guimpes.» Il faudroit, je crois, partout:Et estoient leur femmes, etc.—Pelles. Perles.47:Estrousséement, ouA estrous. Violemment.48:Il n'en faisoit force. Il n'y mettoit pas d'obstacle.49:Monge. «Joannes Nunnii miles strenuissimus.» (Gesta reg. Philippiiii, pag. 531.)Nunnius, c'est leNunèsespagnol.50:Ancelin de Bourgoigne. «Othelinus comes Burgundiæ.» (Id.)OthonouOthelin.51:Sa seur qui fu.La sœur du comte, qui alors étoit veuve de Henry roi de Navarre, Jehanne d'Artois.52: Voy.Vie de saint Louis,chap.89.53:Senandonne. «Snowdon, qui servoit ordinairement d'asile aux Gallois, quand ils étoient poursuivis par les Anglois.» (Rapin Thoyras, ad ann. 1277.)54: C'est-à-dire que l'on soupçonnoit généralement la reine. C'étoit à tort, sans doute; mais Pierre de la Brosse n'avoit peut-être fait que prêter l'oreille à des bruits dont on ne crut bien reconnoître la fausseté, il faut le dire, qu'après la déclaration d'une vieille sorcière.55: «Erant tunc duo pseudoprophetæ in Franciâ, Vicedominus Laudunensis ecclesiæ, et quidam sarabita pessimus; quædam beguina Nivellensis tertia pseudoprophetissa. Qui nulla religione approbati, Deo mentiti, etc., etc.» (Gesta Ph. III, pag. 532.)56:Néis. Même.57:Gascon de Biart. Gaston de Béarn.—[Sauveterre], sur les frontières de la Basse-Navarre et du Béarn.58:Nois. Neiges.59:Imbert de Biaujeu. «Franciæ conestabularium.» (Gesta Ph. III, pag. 534.)60:Molans. Versus finem terræ Gasconis de Biardo, in castello ipsius quodMollansnuncupatur.» (Id., id.) Ce doit êtreMauléon.61:Sanse. «Petrus Sances.»62:Garse Morans... «Garsium Morani, regis Franciæ adversariorum principem et capitaneum ...» (Id., id.)63:Des Pors. C'est-à-dire près des chemins par lesquels on pénétroit dans les Pyrénées. De là, la ville deSaint-Jean-Pied-de-Port.64:Tresches. Rondes, sarabandes.65:Ce que le roy, etc. C'est-à-dire: Pour lui donner avis de l'invitation que lui faisoit le roi d'Espagne et pour le prévenir qu'il attendroit sa permission pour s'y rendre.66:Pierre L'Espaignol. «Joannes XX natione Hispanus.» (Gesta Ph. III, pag. 536.) Pierre d'Espagne étoit grand médecin.67:Ne voult-on point faire assavoir. «Et adhuc est ignoratum.» (Gesta Ph. III.)68:Yanville. Janville, dans le Beauvaisis.69: Le chroniqueur de Saint-Denis, dans toute l'histoire de Pierre de la Brosse, a omis celles des réflexions de Nangis qui pouvoient rendre problématique le crime de cet infortuné favori. «Cujus mortis causa apud vulgusincognita, magnam cunctis qui audierunt admirationem et murmurationis materiam ministravit.» Ce qu'il y eut de mieux prouvé dans toute l'affaire, ce fut la haine vouée par tous les grands à Pierre de la Broce. Les révélations de la béguine de Nivelle, les propos du comte d'Artois, les mystérieuses dépêches apportées par un moine dont on ne cite pas même l'abbaye, tout avoit été mis en usage auprès du plus crédule des rois, tandis que Marie de Brabant faisoit aisément tourner contre le favori le crédit que lui donnoit l'amour de son époux. Cependant, tous nos historiens modernes ont, à qui mieux mieux, déversé l'injure sur le malheureux Pierre de la Brosse. Il faut pourtant en excepter M. Daunou,Histoire littéraire, t. XIX, pag. 407 et 408, et M. Achille Jubinal, éditeur d'un recueil curieux de pièces de vers faites à l'occasion de cette illustre disgrâce. C'est pourtant une réhabilitation possible que celle du ministre de Philippe-le-Hardi: indépendamment de l'auteur desGesta, nous avons le témoignage d'un contemporain bien plus illustre, de Dante lui-même qui se trouvoit à Paris peu d'années après l'événement. Dante a placé Pierre de la Brosse dans son Purgatoire parmi les négligens: voici la précieuse mention qu'il lui a consacrée:Vidi............. l'anima divisaDal corpo suo per astie et per inveggia,(Come dicea,) non per colpa commisa;Pier della Broccia dico, e qui proveggiaMentr'è di qua la donna di Brabante,Si che però non sia di peggior greggia.«Je vis l'ame qui fu séparée du corps par ressentiment et par envie, ainsi qu'on le disoit. Je parle de Pierre de la Brosse; et puisse la dame de Brabant, pendant qu'elle vît encore, pourvoir à ne pas être un jour rejetée dans une plus coupable troupe.»Ce tercet du Dante suffit pour faire pencher la balance en faveur de la Brosse.70:Mont de Marchant. Mont-de-Marsan.71:Si luy dit. Alors Constance lui dit.72:Mont Pincien. «Montpincem» vel «Monspicii.» Variantes:Mont-payen. Il s'agit ici de Martin IV (Simon deBrie, deMontpencien, ou deMontpilloy, en Champagne).73:Entalenté. Excité, animé, aiguillonné par.74:Signèrent. Marquèrent.75:Le roy. Pierre d'Aragon.76:Orbetine. «Urbem veterem.» C'est Orviete.77:De l'Aceurreou d'Acerres. «Comitis Acerrarum.»78: «Othelinus.»79: «Johannes.»80: «Mathæus. (Gesta Ph. III, p. 541.)81:A la Gatonne.«Usque Alagatonne et alibi equitabat.»82:Boisdie. Simulation. Variante:Loberie.(Msc. 9650.)83:Colet. OuChollet.84:Freutemont. »De Monte Feltri.»85:Urbaine. »Urbinati civitas.» C'estUrbin.86:Jeroime. Ou plutôtJacquesSavelli. C'est son successeur, Nicolas IV, qui se nommoit Jérôme d'Ascoli.87: Il falloit: 1285. Le latin dit seulement: «Anno posteriùs annotato.»88:Colet. Cholet.89:Gennes. «Urbem Januam cognominatam.» Je crois qu'il faudroit lire iciElne. C'est aussi l'avis de M. de Marca.90:A l'aart de seu. A la branche de jonc. «Stultus et insipiens populus qui se super baculum arundineum conquassandum, citò Petrum de Aragonniâ innitebat.» (Gesta Ph. III, p. 545.)91: Les scribes ont fait ici une lacune qui rend les phrases suivantes inexplicables. Il falloit: «Le chevetaine estoit nommé Raimon de Cerdonne (ou Cardonne), qui estoit chevalier au conte de Foix et parent au chevalier du roi Raimon Rogier, etc.» Ainsi lit-on dans lesGesta Ph. III, p.546.92:Le sommage. Les provisions.93: Les détails suivans ne se retrouvent plus dans lesGesta Philippi tertiiqui s'arrêtent avec le précédent alinéa.94:Aubert. Albert.95: Une partie de cette vie de Philippe-le-Bel semble traduite de laChronique universellede Nangis. J'indiquerai par des parenthèses ou par des notes les additions et les points originaux. Voyez le latin de Nangis dans leSpicilèged'Achery, in-fo, tome III, p. 47. Le texte françois est bien moins naturel que celui qui précède, et je ne puis me persuader qu'il soit également l'ouvrage de Nangis. Il accuse un écrivain qui connoissoit mal le génie de l'idiome vulgaire et qui, nourri dans les cloîtres, vouloit lui donner lesformesde la langue latine, dont il ne connoissoit pas très bien lefond.96: Enicelle fermeté... «Eâdem firmitate et edicto simili confirmavit.»97:Le roy de Chipre. Henry, frère du dernier roi, Jean.98:En la main le roy. Celui de Naples. Pour comprendre le mécontentement du roy, il faut consulter, à la date de 1278, laChronique universellede Nangis, qu'alors ne suivoit pas notreChronique de Saint-Denis. «Filia principis Antiochiæ Maria dicta, de Jerusalem in Franciâ exulans, jus regni Jerusalem quod sibi competebat Carolo regi Siciliæ contulit, eo pacto quod quamdiû ipsa viveret, ipse eidem annuatim quatuor millia librarum Turonensium, super proventus reddituum comitatûs sui Andegaviæ assignaret.» (Achery,Spicilege, t. III, p. 44.)99: Ce troisième chapitre ne se trouve pas dans laChronique universellede Nangis; il justifie le récit desChroniques de Flandres.100:Guerle. Gueldres. En latinGelria.101:Lembourc. Et non pasLuxembourg, comme ont mis sottement les éditions gothiques. C'est la première fois que je relève leurs bévues, et certainement je pouvois en retrouver l'occasion à chaque page. J'ai tenté de faire mieux, et si plus tard quelques hommes studieux profitent de mes veilles, ils me rendront la justice que je n'obtiens pas encore.102:Ouronne. Ce doit êtreWeringsur le Rhin, entreCologneetDusseldorf.103:Behaigne. Bohême.104:Se rançonnèrent. Se rachetèrent.105: Vely, qui n'a connu d'autre récit de la bataille que celui de Villani, a fait ici autant d'erreurs que de phrases.106:D'un abbé. Par un abbé.107: Le 26 avril 1289. (Voy. M. Michaud,Hist. des Croisades, t. V. p. 157.)108: On voit que Nangis n'a pu mettre en pareil françois la phrase suivante de sa chronique latine: «Multis undecumque galeis, circâ Ascensionem Domini apud Neapolim, ad expugnandum Siculos, congregatis Apuliæ, etc.» (Spicileg. t. III, p. 48.)109:Cathinense. «Cathinensem civitatem.» C'est Catane.110:Bregne. «De Bregna.» C'estBrienne.111:De Laure. «De Laurea.» C'est le fameux amiral ou Amirante sicilien que nos historiens françois appellentDoria, mais que les Italiens écrivent mieux deLauri.112:Jayette. Gaëte.113:Le soudan de Babiloine. Kalaoun.114:Son fils. Khalli.115:Des Tyois. C'est-à-dire: Au chef de la milice des chevaliers Teutoniques. «Teutonicorum militiæ ministro.»116:Qui à ses angoisses secoureust. «Non fuit qui ejus succurreret angustiæ, ex omnibus christianis.»117: Cet alinéa n'est pas dans le texte latin de Guillaume de Nangis.118: Il demeuroit dans la ruedes Jardins, nommée depuisdes Billettes.119:Oeste. Hostie.120:Apparans. Patentes.121:Maistre. «Metropolitanus.»122:Comméus. Excités. «Commotos.»123:Raoul de Sacony. Rodolphe de Hapsbourg.124:Adolphe. C'est Adolphe de Nassau. Ce dernier alinéa n'est pas dans Nangis.125:Profiter. Aller, se diriger. «Celeriter proficisci.»126:Pierregort. Périgueux.127:Male toulte.«Malam toltam» De là le respectable nom de maletôte.128:Sancion. Sanche, roi de Castille.129:D'Acerre. Nangis le nomme «Comes Acerrarum in Apuliâ.» La ville d'Acerres ou l'Acerres est en effet dans la Pouille. (Voyez déjà plus haut, vie de Philippe III, § 35.)130:Nagièrent. Naviguèrent.131:Pesme. Très-mauvais. «Pessimus.»132:Derrière. Les éditions gothiques ont substituédos. Nangis dit: «A posterioribus.» (Spicileg., t. III, p. 50.) Deux lignes plus bas, au lieu deEn icel tourment regehi, elles portent: «En celle gehine recongneut.» Et les faiseurs de Glossaires d'enregistrer, sur cette autorité, le substantifgehinepourgehenne!133:S'estoit laissié prendre. Et comment il s'étoit laissé prendre avec le prince de Salerne, pour mieux nuire à ce dernier. Ce crime est peu probable.134:Rions. Les manuscrits de la Chronique françoise de Nangis portentla RioleetRiel. Mais ce doit être, d'après le latinRionsium, la petite ville deRions, entre Bordeaux et La Réole.135: Jean de Saint-Jean, lieutenant des Anglois en Gascogne.136: Cet alinéa n'est pas traduit de Nangis.137:Religion. Maison religieuse.138: Ces religieux, du nom adoptif de leur fondateur, prirent le nom deCélestins.139:Champaigne. Campanie.140: C'est ici la répétition de la mention de l'élection d'Adolphe de Nassau.—Le latin de Nangis dit seulement, au lieu du long récit qui va suivre: «Romanorum rex Adulphus, regi Angliæ Eduardo pecuniâ contra regem Franciæ confederatus, fecit regem Franciæ ex parte suâ, post octavas Nativitatis Dominicæ diffidere; sed auxiliariis sibi deficientibus, nequivit perficere quod optabat.» (Spicileg, t. III, p. 50.)141:Tous accroissant. «Semper Augustus.»142: Le récit de nos chroniques contredit celui des historiens modernes, qui présentent les premières lettres de l'empereur comme un effet du traité honteux fait par lui avec le roi d'Angleterre.—Au reste, je dois à l'obligeance de M. Michelet, chef de la section historique aux archives du royaume, la preuve que notre chroniqueur a suivi un bruit populaire mal fondé, en citant le mot encore aujourd'hui célèbre de Philippe-le-Bel. L'original de la véritable réponse de ce prince est conservé dans le Trésor des Chartes. (J. 6.0, no14.) «Philippus d. g. Fr. rex, magnifico principl A. regi Alemanniæ. Nuper vestras, ut primâ facie apparebat, patentes recepimus litteras, in hæc verba: Adolphus, etc. (comme plus haut.) Quare mittimus ad vos, religiosos viros dilectos nostros fratres Simonem de ordine hospitalis ... ac Galcherum de ordine militiæ Templi de Remis domorum preceptores, ad sciendum si à vobis tales litteras processerunt. Quæ si de vestrâ conscientiâ emanarint, nisi de contrario nos certificaveritis, cum eâ carum tenore diffidationis materia colligatur, vobis intimamus quod tanquam diffidati à vobis deinceps erga vos proponimus nos habere. Datum Parisiis, die Mercurii, antè mediam qundragesimam, anno Domini MoCCononagesimo quarto. (1295.)»Scel en cire blanche pendant sur simple queue.143:Rassaillirent. Mauvaise traduction du latin de Nangis: «Gens villæ à fidelitate regi Franciæ pollicitâ, resilivit.»144:Une nonain. Je crois qu'avec le latin notre chroniqueur a pris le nom propre de la reine Marie deMolina, pour l'indication de sa profession de religieuse. «Pueros dequâdam sanctimonialifeminâ.»145: Les cordelières.146: M. Geraud, dans sonParis sous Philippe-le-Bel, a eu tort de contester tous ces faits, qui sont également rapportés par le continuateur de Nangis.147:Erre. Course. Variante du msc. 9650:Cuer.148:Le petit. Erreur de Nangis. «Johanni minimi.» C'est le Juan Nunes dont il a déjà été parlé.149:Legions. Léon.150: Rien de plus mauvais que cette traduction du continuateur de Nangis. Il faut entendre ici: «Estimant plus grandes les richesses d'amis que l'abondance des choses de ce monde.» Cette pensée étoit alors une espèce de proverbe; on la reconnoît dans les beaux vers deGarin le Loherain:N'est pas richesse et de vair et de gris,Mais est richesse de parens et d'amis:Li cuers d'un home vaut tout l'or d'un païs.151:MarqueteouMarque, entre Bouvines et Mons en Puelle.152:Le fleuve.La Lys.153:Sienne la vieille. C'est la leçon du no218; les autres portent:A sa vie, et le latin: «Apud urbem veterem.» Orvieto.154:Esmeré. Eprouvé.155:Tuscie. Toscane.—Nepesie. Nepi.156:La vieille cité. C'est-à-dire enOrvieto. «ApudUrbem veterem.»—Répétition.157:Gasce. Ou plutôtGaston. «Gasto.»158:Reate. «Reata.» Sans douteRieti.159:Grant Champ. Grant Kan. «Magnus canis.» Le bruit de la conversion de Casan étoit généralement répandu, et il faut avouer que son ardeur pour les intérêts du christianisme justifioit parfaitement cette opinion. (Voy.Hayton, histoire de l'Orient, et M.Michaud, Histoire des croisades, tom. V, p. 207 et suiv.)160:Lucere. «Luceriæ civitatis Appuliæ.» Aujourd'huiLucera.161:Hermines. Arméniens.162: Ici s'arrête la chronique de Guillaume de Nangis dont les continuations sont anonymes. Nous indiquerons, par des parenthèses ou par autant de notes, les passages de notre texte qu'on ne retrouve pas dans ces continuations latines publiées par Achery,Spicilege, tome III, in-folio, page 54 et suivantes.—Ainsi, la fin de ce chapitre semble appartenir en propre au chroniqueur françois de Saint-Denis; et l'on pourroit assez bien démontrer combien on avoit peu l'habitude de consulter ce fameux travail en rappelant que la légende du Juif de Magdebourg a dérouté l'attention si multiple de M. Francisque Michel, quand dans son introduction aux ballades d'Hugues de Lincolnil entreprit de citer toutes les histoires analogues, racontées par les écrivains du moyen-âge.163:Ordonant.Se préparant à.164:Pamiers. Bernard de Saisset.165:En sa garde detenu. «Dùm aliquandiu, sub nomine Narbonnensis Archiepiscopi fuisset detentus, tandem, de mandato Regis, papæ restituttur, ac de regno recedore sub debitâ et indictâ sibi celeritate jubetur.» Le reste de l'alinéa ne se retrouve pas dans le latin, et prouve que notre moine de Saint-Denis n'avoit pas besoin de traduire, pour écrire péniblement en françois.166: C'est-à-dire: Sachant et comprenant que c'étoit le fait d'un grand cœur de souffrir des injures, quand on étoit tout puissant; et que surtout il étoit glorieux à un prince de ne laisser blesser nul autre que lui-même.167:Saint-Germain. Le manuscrit 8380 porte:En la rue de l'Escole-Saint-Germain.168:Termes. Ce doit êtreTaormino.169:A Courtray. Il semble qu'on devroit lire ici:A Bruges, comme dans la continuation latine de Nangis.170:Goudendars. «Cum lanceis adjunctis et exquisiti generis quod gothendar vulgò appellent.»171:Leur gent de pié. L'infanterie françoise toujours chargée de commencer le combat. C'est à cette retraite qu'il fallut s'en prendre de la perte de la bataille.172:Rungent. Rugissant.173:Ancorées. Terminées en forme d'ancres, à peu près comme des hallebardes.174: Tout ce qui suit sur la défection du reste de l'armée n'est rempli dans la continuation latine de Nangis que par la phrase suivante: «Cæteris aciebus exercitus nostri in multo majori numero tam nobilium quam ignobilium turpissimè terga vertentibus, cursuque veloci fugam arripientibus ...»175:Copie. Abondance.176: Ici le texte latin ajoute:Comite Augi. Le comte d'Eu.177:Esmeré. Éprouvé, etemerito milite.178: Le latin met:Nondum dedicata.179:Enhetié. Réjoui.180:Gourpil. Renard.181: Au lieu de toute cette parenthèse, la chronique latine porte: «malignorum ut creditur consilio circumventus.» (Spicileg., t. III, p. 55.)182: «Apud Sanctum-Audomarum.»183:Fourquent de Melle. «Fulcando de Mala.» Variantes:du Melle,seneschal(mss. 8298, et 218 sup. fr.), Fourquault de Neelle (msc. 9650).184: C'est-à-dire: De beaucoup d'injures graves que le pape, si comme on voyoit beaucoup de gens l'affirmer, se proposoit de leur faire prochainement.185:Herites. Hérétiques.186: On ne peut douter, d'après le texte latin de Nangis, abrégé peut-être avec réflexion par le chroniqueur de Saint-Denis, que cette décision d'une violence inouie et toujours excusée bien qu'inexcusable, n'ait été prise dans une assemblée générale et représentative de la nation. M. Sismondi ne voit rien ici de commun avec lesEtats généraux, et, suivant lui, ce qui prouve évidemment que lesEtats générauxn'ont pas une origine aussi ancienne, c'est que nul historien contemporain n'a fait la remarque d'une innovation qui pourtant auroit dû sembler de la plus haute importance. Ce raisonnement tendroit plutôt à démontrer que les Etats généraux sont de plus ancienne date; mais écoutons, en tout cas, Nangis: «In publico parlamentoParisius,Prælatis,Baronibus, capitulis, conventibus, collegiis,communitatibuset universitatibusvillarum regni sui, necnon magistris in theologiâ et professoribus juris utriusquealiisque sapientibusetgravibus personisdiversarum partium ac regnorum præsentibus, importunis denonciatorum clamoribus atque frequentibus pulsatus instantiis, rex ad concilium generale ... appellavit, appellationesque suas, die nativitatis beati Johannis Baptistæ, in horto palatii, Parisius, coram omni clero et populo palâm et publicè legi fecit.» Etc., etc.Est-ce clair? et sinon qu'on ne trouve pas ici la mention de l'éligibilitésous condition de 500 francs d'impôts, ne reconnaîtrons-nous pas une chambre représentative dans ces assemblées dont se servit le roi Philippe-le Bel, une fois pourexcommunierle pape, les autres fois pour fonder la detteconsolidéede la nation envers la couronne? On me permettra d'opposer encore à l'opinion de M. Sismondi un passage très curieux de la vie de Philippe-le-Bel publiée sous le nomde Godefroi de Parispar M. Buchon. Après avoir parlé de la défense faite au clergé gallican de se rendre à Rome:Lors commencièrent leur sermonsA faire chevaliers, en France.Si perdirent leur audienceClers, si furent mis avant lais,Et sus divinité les lais;Les beus derrière la charrue....Et ce fu de par Pierre FlotteQui dedens Paris commençaA sermonner; ainsois tença,Car son sermon tence sembla;Je ne sais où son tieste emblaCar en Bible ne fu pas pris.Toutes voies, assés apprisAvoit de sens et d'escriptureEt bon sens avoit de nature.Mais l'ordre de chevalerieNe requiert pas prescherie;Et le monde si se bistourne,Qu'il convient que clergié se tourneDu tout à fere le fet d'armes...Pourquoi la statue dePierre Flottene décore-t-elle pas notreChambre des députés?Du reste, vous voyez d'après ces vers que les contemporains ont fait la remarque d'une innovation aussi importante.187:De Bonnefaite. Variante:Vantant soy de bien faire(msc. 9650).—Je n'ai pas trouvé la mention de ce fait dans la continuation de Nangis. LaMer des Histoireset Nicolas Gilles après elle, ayant suivi un mauvais manuscrit desChroniques de Saint-Denis, ont fait deux individus de Nicolas deBenefractet de l'archidiacre de Constance. Dupuy, Baillet et Vely ont fait, de l'archidiacre deCoutance en Normandie, un certain Nicolas Benefracto, domestique du cardinal Lemoine. Nicolas était plutôt de Constance, en Suisse, si l'on fait attention à la route qu'il prenoit pour arriver à Paris.188:D'icelui. Du Vermandois.189:Avironné de parlement, etc.«Sabaudiæ comitis maligno consilio circumventus.»190:D'Anaigne. Agnani.191:Dont traioit origine. «Unde extrahebat originem.» Voici comment cette phrase est rendue dans les précédentes éditions:La cité d'Araines où Origenes prinst naissance.192: On voit que le vieux historiographe françois essaie de colorer la violence faite au pape par les satellites de Philippe-le-Bel. Mais pour Vely, il va jusqu'à nommer en cette occasion Nogaret: «Le généreux françois.» On pourroit en dire presque autant des assassins de Thomas Becquet. Il faut voir le piquant et véridique récit de tout cela dans la chronique métrique attribuée à Godefroy de Paris.193: La maison deLa Valetteprétend descendre en ligne droite de ce Nogaret, dont l'aïeul avoit été brûlé vif, comme hérétique albigeois; mais les preuves ont toujours semblé insuffisantes.194: Cette opinion est mal fondée. Boniface dicta avant de mourir une profession de foi très orthodoxe. Mais l'église gallicane qui l'avoit condamné comme hérétique avoit intérêt à dire le contraire.195:L'art de vérifier les dates, plus croyable ici, compte le cent quatre-vingt-neuvième.196:Par son don. C'est-à-dire par l'effet d'une interprétation fort arbitraire donnée aux anciennes dispositions du précédent comte de la Marche, Hugues XIII de Lusignan. Nos historiens ne manquent jamais de colorer de motifs plausibles les usurpations de nos rois sur les grands vassaux de leur couronne.197:En ce point non reposans. «Inquisitoribus præfatis, id indigné ferentibus.»198: La fin de cet alinéa n'est pas traduite de la continuation de Nangis.199: Ce chapitre n'est pas dans la continuation de Nangis.Le Val de Sernayest entre Rambouillet et Chevreuse.—On remarquera d'ailleurs, à compter d'ici, que notre chronique prend une autre allure, et révèle, non-seulement un meilleur écrivain, mais un écrivain original.200:Loenges. Laudes.201:Esma. Mesura.202:Mollières. Aujourd'huiLes Mollières, à deux lieues de Chevreuse.203: Cette légende bizarre et précieuse, surtout par la mention exacte qu'il nous donne du lieu de la scène, a de plus le mérite de nous prouver d'une façon irrécusable que cette partie des Chroniques de Saint-Denis est l'ouvrage d'un écrivain contemporain.204:Trajette. Maestricht. «Trajectensis episcopus.»—Gerlandepour Zélande.205:Son aïeul. «Patruus.»206: Le 12 février 1304.—Son successeur fut Gilles de Pontoise.207:Aux appiaux. «Appellationibus.» On ne peut donner trop d'éloges à la conduite de ce digne abbé de Citeaux.208:En une église. «Monasterio.»209: Cet événement qui fait si bien connoître la sage étendue des priviléges de l'ancienne Université ne nous est connu que par les chroniqueurs de Saint-Denis. Fleury et Vely, d'après du Boulay, nomment l'écolier penduPhilippe Barbier, et le font natif de Rouen. Cependant je lis dans une chronique manuscrite conservée à la B. R. sous le no4641-B., et présentant l'histoire des années 1270 à 1353, le passage suivant:«Pou avant l'an 1304, furent pendusles enfans de la bourgeoise de Paris, et, celle heure, fu tué Gervaisot Pidoe, et autres. Si fist le prévost, bien pou après, despendre un des enfans qui estoit clerc.»210:Mons en Peure. «Apud Montem qui diciturin Pabulla.» Toutes les anciennes leçons nomment ainsiMons-en-Puelle.211: C'est-à-dire: D'un commun accord.212: Le msc. du Suppl. Fr., no218, offre ici de précieuses variantes: «Et comme adoncques, toute jour, jusques vers l'eure des vespres nos François ainsi feussent, les Flamens connurent par leur espieurs que le roy de France feust en un lieu avec pou des siens, atendant eux venir humbles et bienveillans, lequiel n'estoit du tout armé, et encore n'avoit son chief armé ... Lors à une grant multitude de compagnies de Flamens vindrent au roy isnelement et l'assaillirent. Et ilec Pierre Gencien et Jaques Gencien bourgois de Paris, armés des armes royaux, qui avoient aidié à armer le corps le roy, et monseigneur Hue de Bouville chevalier, à mort du tout en tout aux piés le roy accraventèrent, et pluseurs autres ensement occisrent, cuidans le roy occire ... Adonc le roy ce aperceut: si monta tantost en son cheval et son chief arma isnelement, et ès Flamens viguereusement et asprement du tot en tot s'embati; et quanques à ycelle empointe, à s'encontre, des Flamens venoient, yceux à mort de toute part acraventoit.»213:Chevalier. «Militem suum secretarium.214: «Fratres, qui pro suæ fidelitatis industriâ, regi semper adstabant.»215:Guillaume de Julliers. «Comitis Flandrensis nepos ex filiâ, totius exercitùs dux et capitaneus principalis.» Le continuateur de Nangis ne dit pas qu'il ait eu la tête coupée.216:Trente-six mille. Ainsi portent le plus grand nombre des manuscrits. Cependant le no218 portedeux mille; c'est trop peu sans doute.217:Estaint de soif. «Illic autem de nostris Guillermus comes Autissiodorensis et Ancellus comes, dominus Caprusiæ (seigneur de Chevreuse), vir fidelis ac strenuus, probatæ militiæ, regis vexillifer seu deferens auriflammam, extincti, ut creditur, calore nimio vel etiam pressurâ.»218:Marquete. «Marquetæ.» OuMarque, près de Lille.219:Qui alors estoit appellée. Ainsi portent tous les manuscrits, excepté le nodu Sup. fr. 218, où on fit:Qui alo estoit appellée. Et je crois que c'est la seule bonne.Alopouraloi, monnoie d'aloi. Il faut savoir que Philippe-le-Bel avoit depuis onze ans laisse déprécier les monnaies, et permis à ceux qui en affermoient l'entreprise d'en altérer le titre. L'abus devint si grand, qu'il fallut songer à y remédier: il fit donc rétablir l'ancien titre de la monnoie publique, qu'il appella d'aloi, mais sans retirer de la circulation la monnoie altérée. Dès lors on conçoit que les créanciers voulussent tous être payés en forte monnoie, et que les débiteurs réclamassent le droit d'acquitter en mauvaises pièces les obligations qu'ils avoient contractées sous l'influence de ces mauvaises pièces. De là la querelle.220:Espoir.Je suppose.—Ce récit est bien plus complet que celui de Nangis.221:Estienne Barbète. «Civem Parisius divitem ac potentem, civitatisque viarium.»222:La Courtille Barbète. Située dans la rue Vieille-du-Temple, et bornée alors d'un côté par laPorte-Barbette, de l'autre par larue de la Perle. Le chemin qui faisoit suite à la rue Vieille-du-Temple, au-delà de la Porte-Barbette, se nomma plus tard, du nom de cette maison,rue de la Courtille-Barbette.223: Il étoit situé près de l'église de Saint-Martin-des-Champs, suivant le texte du continuateur de Nangis qui passe sous silence le pillage de la Courtille-Barbette: «Primitus domum suam quam extra portas habebat civitatis suburbio juxta S.-Martinum de Campis depredari festinant.»224:Aux quatre entrées de la ville. Variantes du no218 Sup. fr.:Aux quatre ormeaux des quatre entrées de la ville.225:Des ormes. De cet usage de pendre aux ormes qui ombrageoient l'entrée des portes, ne peut-on pas tirer l'origine du proverbe:Attendez-moi sous l'orme?Pour moi, je n'en fais aucun doute. Nangis, ici plus clair et peut-être plus exact, dit: «Plures etiam ex ipsis qui in facto magis culpabiles fuerant, foris portis civitatis ad vicinas eis arbores, necnon patibula ad hoc de novo specialiter illic facta, præcipuè ad majores et insigniores introitus suspendi fecit.» Une vieille chronique de 1270 à 1353 déjà citée porte: «Pluseurs gens de Paris alèrent rompre les portes de la maison dudict Estienne, à force de charetes aculées et autrement, et deffonçoit l'en les tonniaus et les queues tout plains de vin, et gettoit l'en en la rue à val ses monnoies d'or et d'argent et de vaisselle d'or et d'argent... Mais tout ce fait fu vengié; car de tous les mestiers de Paris, il ot pendu, à nouviaus gibets que le roy fist fère aux quatre portes de Paris, plus de quatre-vins personnes...» (Msc. 4641-B.)226:Port de Grève. «In portu Graviæ.» Ce port n'est pas mentionné dans l'importante publication de M. Géraud,Paris sous Philippe-le-Bel, ni dans la carte qui y est jointe.227:Pontieu. «Ex comitissâ Pontivi.» Éléonore, première femme d'Édouard, infante de Casillle et comtesse de Ponthieu.228:Cornubie, ou Norfolk.
1: La vie de Philippe III est presque entièrement due à Guillaume de Nangis, qui la composa en latin et sans doute en rançois, comme il avoit fait son histoire générale. Mais il arrive souvent que le texte françois modifie le texte latin, et que l'auteur ne reproduit pas exactement la même idée. (Voy.Duchesne, tom.V, p. 516.Gesta Philippi tertii.)
2:Commanda. Le roi de Sicile commanda.
3:Palerme. Je ne sais comment Ducange (Observations sur Joinville) a pu dire que Nangis auroit dû écrireSalerne, près de laquelle étoit Montréal. La vérité c'est que Montréal est en Sicile, près de Palerme.
4:Guy de Baussoy.«Guido de Bauceio.» Ces chevaliers étoient provençaux ou aragonnois. Le pape Martin IV, dans une de ses lettres, cite Hugues de Baucey, ou Baucel, comme l'un des principaux barons du roi d'Aragon. (Voy.Duchesne, t.V, p. 878.)
5:Acouveter.Couvrir. Nous avons gardé dans un sens analogue,couver.
6:Coite.Pointe.
7:Rigord.Golfe.
8:Le chastelde fust ou de bois.
9:De tels en y ot. Il y en eut même qui retournèrent jusqu'à Tunis.
10:Néis. Même.
11:Ressourdre. Relever.
12:Le roy. Le roi de Tunis.—Ensoubs terrines. Cavernes.
13:Et que. C'est-à-dire: Et ce menu peuple ajoutoit que, etc.
14:Trappes. «Portui Traparum primæ civitatis Siciliæ appulerunt.» C'estTrapani.
15:Qui ne fu pas heureuse chose de demourer. C'est-à-dire: Retard funeste pour ceux qui étoient partis les derniers de Carthage, comme pour ceux qui les attendoient dans la rade deTrapani. Tout ce récit de la tempête est plus intéressant dans le françois que dans le latin (Voy. Duchesne, t.v, p. 522.)
16:Garnisons. Fournitures.
17: Cette dernière phrase rend mal le texte latin: «Cum tam pauca licet probata militia, contra sodanum Babyloniæ, Syriæ et Egypti ac totius Orientis dominum, extra muros in acie confligere non valeret.» (Gesta Phil.iii, p. 523.)
18:Gascon de Biart. «Cum Gascone de Biardo, terræ illius viro nobili et potente, altercationem aliquantulum habuit. Sed rege Franciæ Philippo mediante, compromisso lis corum ad tempus sopita quievit.» (Gesta Phil.III.) Il s'agit ici de Gaston de Moncade, vicomte de Béarn.
19:Martrenue. Aujourd'huiMartorano. «Dum quemdam fluvium subtus Matrenensem urbem Calabriæ pertransisset absque navigio.» (Gesta PhilippiIII, p. 524.)
20:D'Espaigne. Bévue de copiste. Il falloit Campaigne. (Campanie.)
21:Le mont de Flascon. Montefiascone.
22:Orbevire. C'estOrviète. Le latin dit: «Urbeveteri, Montebargue et Florentia urbibus peragratis.» (Vita Phil.III, p. 525.)
23:Vergiaus. Verceil.
24:Suzanne. Suze. «Suzam civitatem antiquam in Alpibus.» L'ancienneSéguse.
25:Mons de Gieu.Montjeu,Montjou, ouMonsjovis. Ce sont les monts Cenis.Montes Cinisii.
26:Feus. Des morts, desdéfunts. Si je ne me trompe, cette expressionfeune répond pas à celle defuit, mais à celle defunctus.
27:Le Cornet. Corneto.
28:JarcyouJercy. «Ad quamdam abbatiam monialium, cui nom en estGarciacum, quam in pago Meledunensi propè abbatiam Esderæ ipsa fundaverat ...» (Gesta Phil.III, p. 526.)
29: C'est comme on sait le nom de l'épée de Charlemagne.
30:Tresces. Danses, rondes.
31: Le latin dit: «Mandavit comes omnes dominas et domicellas illius patriæ, ut cum uxoribus burgensium urbis choreas ducentes, et lætitiæ et exultationi intendentes, totam lætificarent civitatem.»
32:Ce dessus dessous. Nous disons aujourd'hui par corruption:Sens dessus dessous.
33: Le texte du msc. no8396-2 est moins favorable à ce prince: «Cil roy Phelippe amoit moult le déduit de chacier en bois et mout i aloit volentiers. Et fu grant pièce mout enfantibles, en sa jonesce. Et s'en tenoient la gent dou royaume mal apaiée, et sachiés que li gentil homme li savoient mout mauvais gré de ce qu'il ne les apeloit plus en sa compaignie.»
34:Casebonne. Casaubon.
35:Le frère. NomméArnaud.
36:Biauquesne. Sans-doute Beaucaire. Le latin dit:Bellum quercum.
37: Le latin offre ici dans le sens quelque différence: «Tantam gratiam apud regem obtinuit ut ipsum novum militem faceret, et magistros ac custodes in armis traderet ad tyrocinia exercenda.» On peut être surpris de voir le comte de Foix, après avoir fait ses preuves d'homme de guerre, venir apprendre à Paris l'art de soutenir une joute. Peut-être faut-il attribuer cette ignorance à l'effet des ordonnances de saint Louis contre les tournois.
38:Raoul d'Aussoyoud'Alsace. C'est Rodolphe de Hapsbourg, déjà reconnu plus haut dans la vie de saint Louis, ch. 100.
39: Ce don de trois châteaux fait au pape n'est pas mentionné dans le latin.
40:Les bigames. Ceux qui après avoir eu deux femmes se rendoient religieux. «A celuy concille furent cil qui avoient espousé fames veves, ou qui se marioient par deux fois, condampnés à estre bigames.» (Texte du msc. 8396-2.)—Pour les frères desSacs, voy. plus haut, Vie de saint Louis, chap. 80.
41:Des Griex. Le latin ajoute:Et Tartarorum, p. 528.
42: LesGestaajoutent ici:Ut aliqui adfirmabant.
43: Plusieurs actes contemporains prouvent que Pierre de la Brosse étoit d'une naissance plus relevée qu'on ne le supposoit après sa mort. Voyez les pièces justificatives de laComplainte de Pierre de la Brosse, publiée par M. Jubinal.
44:Sa garnison des François et de sa gent.«Pertransiensque usquè ad Pampilionem regni illius regiam civitatem, garnisionem suam et gentes suas Francigenas tutiori loco quò potuit, sagaciter introduxit.» (Gesta Phil. III.)
45: ParAllemagneil faut entendre ici sans doute le Brabant et le Hainaut, qu'on désignoit également sous le nom général dePays Thiois.
46:Et estoient leur chiefs.Le msc. no6, Sup. fr., porte: «Et estoient leurs atournés de riches guimpes.» Il faudroit, je crois, partout:Et estoient leur femmes, etc.—Pelles. Perles.
47:Estrousséement, ouA estrous. Violemment.
48:Il n'en faisoit force. Il n'y mettoit pas d'obstacle.
49:Monge. «Joannes Nunnii miles strenuissimus.» (Gesta reg. Philippiiii, pag. 531.)Nunnius, c'est leNunèsespagnol.
50:Ancelin de Bourgoigne. «Othelinus comes Burgundiæ.» (Id.)OthonouOthelin.
51:Sa seur qui fu.La sœur du comte, qui alors étoit veuve de Henry roi de Navarre, Jehanne d'Artois.
52: Voy.Vie de saint Louis,chap.89.
53:Senandonne. «Snowdon, qui servoit ordinairement d'asile aux Gallois, quand ils étoient poursuivis par les Anglois.» (Rapin Thoyras, ad ann. 1277.)
54: C'est-à-dire que l'on soupçonnoit généralement la reine. C'étoit à tort, sans doute; mais Pierre de la Brosse n'avoit peut-être fait que prêter l'oreille à des bruits dont on ne crut bien reconnoître la fausseté, il faut le dire, qu'après la déclaration d'une vieille sorcière.
55: «Erant tunc duo pseudoprophetæ in Franciâ, Vicedominus Laudunensis ecclesiæ, et quidam sarabita pessimus; quædam beguina Nivellensis tertia pseudoprophetissa. Qui nulla religione approbati, Deo mentiti, etc., etc.» (Gesta Ph. III, pag. 532.)
56:Néis. Même.
57:Gascon de Biart. Gaston de Béarn.—[Sauveterre], sur les frontières de la Basse-Navarre et du Béarn.
58:Nois. Neiges.
59:Imbert de Biaujeu. «Franciæ conestabularium.» (Gesta Ph. III, pag. 534.)
60:Molans. Versus finem terræ Gasconis de Biardo, in castello ipsius quodMollansnuncupatur.» (Id., id.) Ce doit êtreMauléon.
61:Sanse. «Petrus Sances.»
62:Garse Morans... «Garsium Morani, regis Franciæ adversariorum principem et capitaneum ...» (Id., id.)
63:Des Pors. C'est-à-dire près des chemins par lesquels on pénétroit dans les Pyrénées. De là, la ville deSaint-Jean-Pied-de-Port.
64:Tresches. Rondes, sarabandes.
65:Ce que le roy, etc. C'est-à-dire: Pour lui donner avis de l'invitation que lui faisoit le roi d'Espagne et pour le prévenir qu'il attendroit sa permission pour s'y rendre.
66:Pierre L'Espaignol. «Joannes XX natione Hispanus.» (Gesta Ph. III, pag. 536.) Pierre d'Espagne étoit grand médecin.
67:Ne voult-on point faire assavoir. «Et adhuc est ignoratum.» (Gesta Ph. III.)
68:Yanville. Janville, dans le Beauvaisis.
69: Le chroniqueur de Saint-Denis, dans toute l'histoire de Pierre de la Brosse, a omis celles des réflexions de Nangis qui pouvoient rendre problématique le crime de cet infortuné favori. «Cujus mortis causa apud vulgusincognita, magnam cunctis qui audierunt admirationem et murmurationis materiam ministravit.» Ce qu'il y eut de mieux prouvé dans toute l'affaire, ce fut la haine vouée par tous les grands à Pierre de la Broce. Les révélations de la béguine de Nivelle, les propos du comte d'Artois, les mystérieuses dépêches apportées par un moine dont on ne cite pas même l'abbaye, tout avoit été mis en usage auprès du plus crédule des rois, tandis que Marie de Brabant faisoit aisément tourner contre le favori le crédit que lui donnoit l'amour de son époux. Cependant, tous nos historiens modernes ont, à qui mieux mieux, déversé l'injure sur le malheureux Pierre de la Brosse. Il faut pourtant en excepter M. Daunou,Histoire littéraire, t. XIX, pag. 407 et 408, et M. Achille Jubinal, éditeur d'un recueil curieux de pièces de vers faites à l'occasion de cette illustre disgrâce. C'est pourtant une réhabilitation possible que celle du ministre de Philippe-le-Hardi: indépendamment de l'auteur desGesta, nous avons le témoignage d'un contemporain bien plus illustre, de Dante lui-même qui se trouvoit à Paris peu d'années après l'événement. Dante a placé Pierre de la Brosse dans son Purgatoire parmi les négligens: voici la précieuse mention qu'il lui a consacrée:
Vidi............. l'anima divisaDal corpo suo per astie et per inveggia,(Come dicea,) non per colpa commisa;Pier della Broccia dico, e qui proveggiaMentr'è di qua la donna di Brabante,Si che però non sia di peggior greggia.
«Je vis l'ame qui fu séparée du corps par ressentiment et par envie, ainsi qu'on le disoit. Je parle de Pierre de la Brosse; et puisse la dame de Brabant, pendant qu'elle vît encore, pourvoir à ne pas être un jour rejetée dans une plus coupable troupe.»
Ce tercet du Dante suffit pour faire pencher la balance en faveur de la Brosse.
70:Mont de Marchant. Mont-de-Marsan.
71:Si luy dit. Alors Constance lui dit.
72:Mont Pincien. «Montpincem» vel «Monspicii.» Variantes:Mont-payen. Il s'agit ici de Martin IV (Simon deBrie, deMontpencien, ou deMontpilloy, en Champagne).
73:Entalenté. Excité, animé, aiguillonné par.
74:Signèrent. Marquèrent.
75:Le roy. Pierre d'Aragon.
76:Orbetine. «Urbem veterem.» C'est Orviete.
77:De l'Aceurreou d'Acerres. «Comitis Acerrarum.»
78: «Othelinus.»
79: «Johannes.»
80: «Mathæus. (Gesta Ph. III, p. 541.)
81:A la Gatonne.«Usque Alagatonne et alibi equitabat.»
82:Boisdie. Simulation. Variante:Loberie.(Msc. 9650.)
83:Colet. OuChollet.
84:Freutemont. »De Monte Feltri.»
85:Urbaine. »Urbinati civitas.» C'estUrbin.
86:Jeroime. Ou plutôtJacquesSavelli. C'est son successeur, Nicolas IV, qui se nommoit Jérôme d'Ascoli.
87: Il falloit: 1285. Le latin dit seulement: «Anno posteriùs annotato.»
88:Colet. Cholet.
89:Gennes. «Urbem Januam cognominatam.» Je crois qu'il faudroit lire iciElne. C'est aussi l'avis de M. de Marca.
90:A l'aart de seu. A la branche de jonc. «Stultus et insipiens populus qui se super baculum arundineum conquassandum, citò Petrum de Aragonniâ innitebat.» (Gesta Ph. III, p. 545.)
91: Les scribes ont fait ici une lacune qui rend les phrases suivantes inexplicables. Il falloit: «Le chevetaine estoit nommé Raimon de Cerdonne (ou Cardonne), qui estoit chevalier au conte de Foix et parent au chevalier du roi Raimon Rogier, etc.» Ainsi lit-on dans lesGesta Ph. III, p.546.
92:Le sommage. Les provisions.
93: Les détails suivans ne se retrouvent plus dans lesGesta Philippi tertiiqui s'arrêtent avec le précédent alinéa.
94:Aubert. Albert.
95: Une partie de cette vie de Philippe-le-Bel semble traduite de laChronique universellede Nangis. J'indiquerai par des parenthèses ou par des notes les additions et les points originaux. Voyez le latin de Nangis dans leSpicilèged'Achery, in-fo, tome III, p. 47. Le texte françois est bien moins naturel que celui qui précède, et je ne puis me persuader qu'il soit également l'ouvrage de Nangis. Il accuse un écrivain qui connoissoit mal le génie de l'idiome vulgaire et qui, nourri dans les cloîtres, vouloit lui donner lesformesde la langue latine, dont il ne connoissoit pas très bien lefond.
96: Enicelle fermeté... «Eâdem firmitate et edicto simili confirmavit.»
97:Le roy de Chipre. Henry, frère du dernier roi, Jean.
98:En la main le roy. Celui de Naples. Pour comprendre le mécontentement du roy, il faut consulter, à la date de 1278, laChronique universellede Nangis, qu'alors ne suivoit pas notreChronique de Saint-Denis. «Filia principis Antiochiæ Maria dicta, de Jerusalem in Franciâ exulans, jus regni Jerusalem quod sibi competebat Carolo regi Siciliæ contulit, eo pacto quod quamdiû ipsa viveret, ipse eidem annuatim quatuor millia librarum Turonensium, super proventus reddituum comitatûs sui Andegaviæ assignaret.» (Achery,Spicilege, t. III, p. 44.)
99: Ce troisième chapitre ne se trouve pas dans laChronique universellede Nangis; il justifie le récit desChroniques de Flandres.
100:Guerle. Gueldres. En latinGelria.
101:Lembourc. Et non pasLuxembourg, comme ont mis sottement les éditions gothiques. C'est la première fois que je relève leurs bévues, et certainement je pouvois en retrouver l'occasion à chaque page. J'ai tenté de faire mieux, et si plus tard quelques hommes studieux profitent de mes veilles, ils me rendront la justice que je n'obtiens pas encore.
102:Ouronne. Ce doit êtreWeringsur le Rhin, entreCologneetDusseldorf.
103:Behaigne. Bohême.
104:Se rançonnèrent. Se rachetèrent.
105: Vely, qui n'a connu d'autre récit de la bataille que celui de Villani, a fait ici autant d'erreurs que de phrases.
106:D'un abbé. Par un abbé.
107: Le 26 avril 1289. (Voy. M. Michaud,Hist. des Croisades, t. V. p. 157.)
108: On voit que Nangis n'a pu mettre en pareil françois la phrase suivante de sa chronique latine: «Multis undecumque galeis, circâ Ascensionem Domini apud Neapolim, ad expugnandum Siculos, congregatis Apuliæ, etc.» (Spicileg. t. III, p. 48.)
109:Cathinense. «Cathinensem civitatem.» C'est Catane.
110:Bregne. «De Bregna.» C'estBrienne.
111:De Laure. «De Laurea.» C'est le fameux amiral ou Amirante sicilien que nos historiens françois appellentDoria, mais que les Italiens écrivent mieux deLauri.
112:Jayette. Gaëte.
113:Le soudan de Babiloine. Kalaoun.
114:Son fils. Khalli.
115:Des Tyois. C'est-à-dire: Au chef de la milice des chevaliers Teutoniques. «Teutonicorum militiæ ministro.»
116:Qui à ses angoisses secoureust. «Non fuit qui ejus succurreret angustiæ, ex omnibus christianis.»
117: Cet alinéa n'est pas dans le texte latin de Guillaume de Nangis.
118: Il demeuroit dans la ruedes Jardins, nommée depuisdes Billettes.
119:Oeste. Hostie.
120:Apparans. Patentes.
121:Maistre. «Metropolitanus.»
122:Comméus. Excités. «Commotos.»
123:Raoul de Sacony. Rodolphe de Hapsbourg.
124:Adolphe. C'est Adolphe de Nassau. Ce dernier alinéa n'est pas dans Nangis.
125:Profiter. Aller, se diriger. «Celeriter proficisci.»
126:Pierregort. Périgueux.
127:Male toulte.«Malam toltam» De là le respectable nom de maletôte.
128:Sancion. Sanche, roi de Castille.
129:D'Acerre. Nangis le nomme «Comes Acerrarum in Apuliâ.» La ville d'Acerres ou l'Acerres est en effet dans la Pouille. (Voyez déjà plus haut, vie de Philippe III, § 35.)
130:Nagièrent. Naviguèrent.
131:Pesme. Très-mauvais. «Pessimus.»
132:Derrière. Les éditions gothiques ont substituédos. Nangis dit: «A posterioribus.» (Spicileg., t. III, p. 50.) Deux lignes plus bas, au lieu deEn icel tourment regehi, elles portent: «En celle gehine recongneut.» Et les faiseurs de Glossaires d'enregistrer, sur cette autorité, le substantifgehinepourgehenne!
133:S'estoit laissié prendre. Et comment il s'étoit laissé prendre avec le prince de Salerne, pour mieux nuire à ce dernier. Ce crime est peu probable.
134:Rions. Les manuscrits de la Chronique françoise de Nangis portentla RioleetRiel. Mais ce doit être, d'après le latinRionsium, la petite ville deRions, entre Bordeaux et La Réole.
135: Jean de Saint-Jean, lieutenant des Anglois en Gascogne.
136: Cet alinéa n'est pas traduit de Nangis.
137:Religion. Maison religieuse.
138: Ces religieux, du nom adoptif de leur fondateur, prirent le nom deCélestins.
139:Champaigne. Campanie.
140: C'est ici la répétition de la mention de l'élection d'Adolphe de Nassau.—Le latin de Nangis dit seulement, au lieu du long récit qui va suivre: «Romanorum rex Adulphus, regi Angliæ Eduardo pecuniâ contra regem Franciæ confederatus, fecit regem Franciæ ex parte suâ, post octavas Nativitatis Dominicæ diffidere; sed auxiliariis sibi deficientibus, nequivit perficere quod optabat.» (Spicileg, t. III, p. 50.)
141:Tous accroissant. «Semper Augustus.»
142: Le récit de nos chroniques contredit celui des historiens modernes, qui présentent les premières lettres de l'empereur comme un effet du traité honteux fait par lui avec le roi d'Angleterre.—Au reste, je dois à l'obligeance de M. Michelet, chef de la section historique aux archives du royaume, la preuve que notre chroniqueur a suivi un bruit populaire mal fondé, en citant le mot encore aujourd'hui célèbre de Philippe-le-Bel. L'original de la véritable réponse de ce prince est conservé dans le Trésor des Chartes. (J. 6.0, no14.) «Philippus d. g. Fr. rex, magnifico principl A. regi Alemanniæ. Nuper vestras, ut primâ facie apparebat, patentes recepimus litteras, in hæc verba: Adolphus, etc. (comme plus haut.) Quare mittimus ad vos, religiosos viros dilectos nostros fratres Simonem de ordine hospitalis ... ac Galcherum de ordine militiæ Templi de Remis domorum preceptores, ad sciendum si à vobis tales litteras processerunt. Quæ si de vestrâ conscientiâ emanarint, nisi de contrario nos certificaveritis, cum eâ carum tenore diffidationis materia colligatur, vobis intimamus quod tanquam diffidati à vobis deinceps erga vos proponimus nos habere. Datum Parisiis, die Mercurii, antè mediam qundragesimam, anno Domini MoCCononagesimo quarto. (1295.)»Scel en cire blanche pendant sur simple queue.
143:Rassaillirent. Mauvaise traduction du latin de Nangis: «Gens villæ à fidelitate regi Franciæ pollicitâ, resilivit.»
144:Une nonain. Je crois qu'avec le latin notre chroniqueur a pris le nom propre de la reine Marie deMolina, pour l'indication de sa profession de religieuse. «Pueros dequâdam sanctimonialifeminâ.»
145: Les cordelières.
146: M. Geraud, dans sonParis sous Philippe-le-Bel, a eu tort de contester tous ces faits, qui sont également rapportés par le continuateur de Nangis.
147:Erre. Course. Variante du msc. 9650:Cuer.
148:Le petit. Erreur de Nangis. «Johanni minimi.» C'est le Juan Nunes dont il a déjà été parlé.
149:Legions. Léon.
150: Rien de plus mauvais que cette traduction du continuateur de Nangis. Il faut entendre ici: «Estimant plus grandes les richesses d'amis que l'abondance des choses de ce monde.» Cette pensée étoit alors une espèce de proverbe; on la reconnoît dans les beaux vers deGarin le Loherain:
N'est pas richesse et de vair et de gris,Mais est richesse de parens et d'amis:Li cuers d'un home vaut tout l'or d'un païs.
151:MarqueteouMarque, entre Bouvines et Mons en Puelle.
152:Le fleuve.La Lys.
153:Sienne la vieille. C'est la leçon du no218; les autres portent:A sa vie, et le latin: «Apud urbem veterem.» Orvieto.
154:Esmeré. Eprouvé.
155:Tuscie. Toscane.—Nepesie. Nepi.
156:La vieille cité. C'est-à-dire enOrvieto. «ApudUrbem veterem.»—Répétition.
157:Gasce. Ou plutôtGaston. «Gasto.»
158:Reate. «Reata.» Sans douteRieti.
159:Grant Champ. Grant Kan. «Magnus canis.» Le bruit de la conversion de Casan étoit généralement répandu, et il faut avouer que son ardeur pour les intérêts du christianisme justifioit parfaitement cette opinion. (Voy.Hayton, histoire de l'Orient, et M.Michaud, Histoire des croisades, tom. V, p. 207 et suiv.)
160:Lucere. «Luceriæ civitatis Appuliæ.» Aujourd'huiLucera.
161:Hermines. Arméniens.
162: Ici s'arrête la chronique de Guillaume de Nangis dont les continuations sont anonymes. Nous indiquerons, par des parenthèses ou par autant de notes, les passages de notre texte qu'on ne retrouve pas dans ces continuations latines publiées par Achery,Spicilege, tome III, in-folio, page 54 et suivantes.—Ainsi, la fin de ce chapitre semble appartenir en propre au chroniqueur françois de Saint-Denis; et l'on pourroit assez bien démontrer combien on avoit peu l'habitude de consulter ce fameux travail en rappelant que la légende du Juif de Magdebourg a dérouté l'attention si multiple de M. Francisque Michel, quand dans son introduction aux ballades d'Hugues de Lincolnil entreprit de citer toutes les histoires analogues, racontées par les écrivains du moyen-âge.
163:Ordonant.Se préparant à.
164:Pamiers. Bernard de Saisset.
165:En sa garde detenu. «Dùm aliquandiu, sub nomine Narbonnensis Archiepiscopi fuisset detentus, tandem, de mandato Regis, papæ restituttur, ac de regno recedore sub debitâ et indictâ sibi celeritate jubetur.» Le reste de l'alinéa ne se retrouve pas dans le latin, et prouve que notre moine de Saint-Denis n'avoit pas besoin de traduire, pour écrire péniblement en françois.
166: C'est-à-dire: Sachant et comprenant que c'étoit le fait d'un grand cœur de souffrir des injures, quand on étoit tout puissant; et que surtout il étoit glorieux à un prince de ne laisser blesser nul autre que lui-même.
167:Saint-Germain. Le manuscrit 8380 porte:En la rue de l'Escole-Saint-Germain.
168:Termes. Ce doit êtreTaormino.
169:A Courtray. Il semble qu'on devroit lire ici:A Bruges, comme dans la continuation latine de Nangis.
170:Goudendars. «Cum lanceis adjunctis et exquisiti generis quod gothendar vulgò appellent.»
171:Leur gent de pié. L'infanterie françoise toujours chargée de commencer le combat. C'est à cette retraite qu'il fallut s'en prendre de la perte de la bataille.
172:Rungent. Rugissant.
173:Ancorées. Terminées en forme d'ancres, à peu près comme des hallebardes.
174: Tout ce qui suit sur la défection du reste de l'armée n'est rempli dans la continuation latine de Nangis que par la phrase suivante: «Cæteris aciebus exercitus nostri in multo majori numero tam nobilium quam ignobilium turpissimè terga vertentibus, cursuque veloci fugam arripientibus ...»
175:Copie. Abondance.
176: Ici le texte latin ajoute:Comite Augi. Le comte d'Eu.
177:Esmeré. Éprouvé, etemerito milite.
178: Le latin met:Nondum dedicata.
179:Enhetié. Réjoui.
180:Gourpil. Renard.
181: Au lieu de toute cette parenthèse, la chronique latine porte: «malignorum ut creditur consilio circumventus.» (Spicileg., t. III, p. 55.)
182: «Apud Sanctum-Audomarum.»
183:Fourquent de Melle. «Fulcando de Mala.» Variantes:du Melle,seneschal(mss. 8298, et 218 sup. fr.), Fourquault de Neelle (msc. 9650).
184: C'est-à-dire: De beaucoup d'injures graves que le pape, si comme on voyoit beaucoup de gens l'affirmer, se proposoit de leur faire prochainement.
185:Herites. Hérétiques.
186: On ne peut douter, d'après le texte latin de Nangis, abrégé peut-être avec réflexion par le chroniqueur de Saint-Denis, que cette décision d'une violence inouie et toujours excusée bien qu'inexcusable, n'ait été prise dans une assemblée générale et représentative de la nation. M. Sismondi ne voit rien ici de commun avec lesEtats généraux, et, suivant lui, ce qui prouve évidemment que lesEtats générauxn'ont pas une origine aussi ancienne, c'est que nul historien contemporain n'a fait la remarque d'une innovation qui pourtant auroit dû sembler de la plus haute importance. Ce raisonnement tendroit plutôt à démontrer que les Etats généraux sont de plus ancienne date; mais écoutons, en tout cas, Nangis: «In publico parlamentoParisius,Prælatis,Baronibus, capitulis, conventibus, collegiis,communitatibuset universitatibusvillarum regni sui, necnon magistris in theologiâ et professoribus juris utriusquealiisque sapientibusetgravibus personisdiversarum partium ac regnorum præsentibus, importunis denonciatorum clamoribus atque frequentibus pulsatus instantiis, rex ad concilium generale ... appellavit, appellationesque suas, die nativitatis beati Johannis Baptistæ, in horto palatii, Parisius, coram omni clero et populo palâm et publicè legi fecit.» Etc., etc.
Est-ce clair? et sinon qu'on ne trouve pas ici la mention de l'éligibilitésous condition de 500 francs d'impôts, ne reconnaîtrons-nous pas une chambre représentative dans ces assemblées dont se servit le roi Philippe-le Bel, une fois pourexcommunierle pape, les autres fois pour fonder la detteconsolidéede la nation envers la couronne? On me permettra d'opposer encore à l'opinion de M. Sismondi un passage très curieux de la vie de Philippe-le-Bel publiée sous le nomde Godefroi de Parispar M. Buchon. Après avoir parlé de la défense faite au clergé gallican de se rendre à Rome:
Lors commencièrent leur sermonsA faire chevaliers, en France.Si perdirent leur audienceClers, si furent mis avant lais,Et sus divinité les lais;Les beus derrière la charrue....Et ce fu de par Pierre FlotteQui dedens Paris commençaA sermonner; ainsois tença,Car son sermon tence sembla;Je ne sais où son tieste emblaCar en Bible ne fu pas pris.Toutes voies, assés apprisAvoit de sens et d'escriptureEt bon sens avoit de nature.Mais l'ordre de chevalerieNe requiert pas prescherie;Et le monde si se bistourne,Qu'il convient que clergié se tourneDu tout à fere le fet d'armes...
Pourquoi la statue dePierre Flottene décore-t-elle pas notreChambre des députés?Du reste, vous voyez d'après ces vers que les contemporains ont fait la remarque d'une innovation aussi importante.
187:De Bonnefaite. Variante:Vantant soy de bien faire(msc. 9650).—Je n'ai pas trouvé la mention de ce fait dans la continuation de Nangis. LaMer des Histoireset Nicolas Gilles après elle, ayant suivi un mauvais manuscrit desChroniques de Saint-Denis, ont fait deux individus de Nicolas deBenefractet de l'archidiacre de Constance. Dupuy, Baillet et Vely ont fait, de l'archidiacre deCoutance en Normandie, un certain Nicolas Benefracto, domestique du cardinal Lemoine. Nicolas était plutôt de Constance, en Suisse, si l'on fait attention à la route qu'il prenoit pour arriver à Paris.
188:D'icelui. Du Vermandois.
189:Avironné de parlement, etc.«Sabaudiæ comitis maligno consilio circumventus.»
190:D'Anaigne. Agnani.
191:Dont traioit origine. «Unde extrahebat originem.» Voici comment cette phrase est rendue dans les précédentes éditions:La cité d'Araines où Origenes prinst naissance.
192: On voit que le vieux historiographe françois essaie de colorer la violence faite au pape par les satellites de Philippe-le-Bel. Mais pour Vely, il va jusqu'à nommer en cette occasion Nogaret: «Le généreux françois.» On pourroit en dire presque autant des assassins de Thomas Becquet. Il faut voir le piquant et véridique récit de tout cela dans la chronique métrique attribuée à Godefroy de Paris.
193: La maison deLa Valetteprétend descendre en ligne droite de ce Nogaret, dont l'aïeul avoit été brûlé vif, comme hérétique albigeois; mais les preuves ont toujours semblé insuffisantes.
194: Cette opinion est mal fondée. Boniface dicta avant de mourir une profession de foi très orthodoxe. Mais l'église gallicane qui l'avoit condamné comme hérétique avoit intérêt à dire le contraire.
195:L'art de vérifier les dates, plus croyable ici, compte le cent quatre-vingt-neuvième.
196:Par son don. C'est-à-dire par l'effet d'une interprétation fort arbitraire donnée aux anciennes dispositions du précédent comte de la Marche, Hugues XIII de Lusignan. Nos historiens ne manquent jamais de colorer de motifs plausibles les usurpations de nos rois sur les grands vassaux de leur couronne.
197:En ce point non reposans. «Inquisitoribus præfatis, id indigné ferentibus.»
198: La fin de cet alinéa n'est pas traduite de la continuation de Nangis.
199: Ce chapitre n'est pas dans la continuation de Nangis.Le Val de Sernayest entre Rambouillet et Chevreuse.—On remarquera d'ailleurs, à compter d'ici, que notre chronique prend une autre allure, et révèle, non-seulement un meilleur écrivain, mais un écrivain original.
200:Loenges. Laudes.
201:Esma. Mesura.
202:Mollières. Aujourd'huiLes Mollières, à deux lieues de Chevreuse.
203: Cette légende bizarre et précieuse, surtout par la mention exacte qu'il nous donne du lieu de la scène, a de plus le mérite de nous prouver d'une façon irrécusable que cette partie des Chroniques de Saint-Denis est l'ouvrage d'un écrivain contemporain.
204:Trajette. Maestricht. «Trajectensis episcopus.»—Gerlandepour Zélande.
205:Son aïeul. «Patruus.»
206: Le 12 février 1304.—Son successeur fut Gilles de Pontoise.
207:Aux appiaux. «Appellationibus.» On ne peut donner trop d'éloges à la conduite de ce digne abbé de Citeaux.
208:En une église. «Monasterio.»
209: Cet événement qui fait si bien connoître la sage étendue des priviléges de l'ancienne Université ne nous est connu que par les chroniqueurs de Saint-Denis. Fleury et Vely, d'après du Boulay, nomment l'écolier penduPhilippe Barbier, et le font natif de Rouen. Cependant je lis dans une chronique manuscrite conservée à la B. R. sous le no4641-B., et présentant l'histoire des années 1270 à 1353, le passage suivant:
«Pou avant l'an 1304, furent pendusles enfans de la bourgeoise de Paris, et, celle heure, fu tué Gervaisot Pidoe, et autres. Si fist le prévost, bien pou après, despendre un des enfans qui estoit clerc.»
210:Mons en Peure. «Apud Montem qui diciturin Pabulla.» Toutes les anciennes leçons nomment ainsiMons-en-Puelle.
211: C'est-à-dire: D'un commun accord.
212: Le msc. du Suppl. Fr., no218, offre ici de précieuses variantes: «Et comme adoncques, toute jour, jusques vers l'eure des vespres nos François ainsi feussent, les Flamens connurent par leur espieurs que le roy de France feust en un lieu avec pou des siens, atendant eux venir humbles et bienveillans, lequiel n'estoit du tout armé, et encore n'avoit son chief armé ... Lors à une grant multitude de compagnies de Flamens vindrent au roy isnelement et l'assaillirent. Et ilec Pierre Gencien et Jaques Gencien bourgois de Paris, armés des armes royaux, qui avoient aidié à armer le corps le roy, et monseigneur Hue de Bouville chevalier, à mort du tout en tout aux piés le roy accraventèrent, et pluseurs autres ensement occisrent, cuidans le roy occire ... Adonc le roy ce aperceut: si monta tantost en son cheval et son chief arma isnelement, et ès Flamens viguereusement et asprement du tot en tot s'embati; et quanques à ycelle empointe, à s'encontre, des Flamens venoient, yceux à mort de toute part acraventoit.»
213:Chevalier. «Militem suum secretarium.
214: «Fratres, qui pro suæ fidelitatis industriâ, regi semper adstabant.»
215:Guillaume de Julliers. «Comitis Flandrensis nepos ex filiâ, totius exercitùs dux et capitaneus principalis.» Le continuateur de Nangis ne dit pas qu'il ait eu la tête coupée.
216:Trente-six mille. Ainsi portent le plus grand nombre des manuscrits. Cependant le no218 portedeux mille; c'est trop peu sans doute.
217:Estaint de soif. «Illic autem de nostris Guillermus comes Autissiodorensis et Ancellus comes, dominus Caprusiæ (seigneur de Chevreuse), vir fidelis ac strenuus, probatæ militiæ, regis vexillifer seu deferens auriflammam, extincti, ut creditur, calore nimio vel etiam pressurâ.»
218:Marquete. «Marquetæ.» OuMarque, près de Lille.
219:Qui alors estoit appellée. Ainsi portent tous les manuscrits, excepté le nodu Sup. fr. 218, où on fit:Qui alo estoit appellée. Et je crois que c'est la seule bonne.Alopouraloi, monnoie d'aloi. Il faut savoir que Philippe-le-Bel avoit depuis onze ans laisse déprécier les monnaies, et permis à ceux qui en affermoient l'entreprise d'en altérer le titre. L'abus devint si grand, qu'il fallut songer à y remédier: il fit donc rétablir l'ancien titre de la monnoie publique, qu'il appella d'aloi, mais sans retirer de la circulation la monnoie altérée. Dès lors on conçoit que les créanciers voulussent tous être payés en forte monnoie, et que les débiteurs réclamassent le droit d'acquitter en mauvaises pièces les obligations qu'ils avoient contractées sous l'influence de ces mauvaises pièces. De là la querelle.
220:Espoir.Je suppose.—Ce récit est bien plus complet que celui de Nangis.
221:Estienne Barbète. «Civem Parisius divitem ac potentem, civitatisque viarium.»
222:La Courtille Barbète. Située dans la rue Vieille-du-Temple, et bornée alors d'un côté par laPorte-Barbette, de l'autre par larue de la Perle. Le chemin qui faisoit suite à la rue Vieille-du-Temple, au-delà de la Porte-Barbette, se nomma plus tard, du nom de cette maison,rue de la Courtille-Barbette.
223: Il étoit situé près de l'église de Saint-Martin-des-Champs, suivant le texte du continuateur de Nangis qui passe sous silence le pillage de la Courtille-Barbette: «Primitus domum suam quam extra portas habebat civitatis suburbio juxta S.-Martinum de Campis depredari festinant.»
224:Aux quatre entrées de la ville. Variantes du no218 Sup. fr.:Aux quatre ormeaux des quatre entrées de la ville.
225:Des ormes. De cet usage de pendre aux ormes qui ombrageoient l'entrée des portes, ne peut-on pas tirer l'origine du proverbe:Attendez-moi sous l'orme?Pour moi, je n'en fais aucun doute. Nangis, ici plus clair et peut-être plus exact, dit: «Plures etiam ex ipsis qui in facto magis culpabiles fuerant, foris portis civitatis ad vicinas eis arbores, necnon patibula ad hoc de novo specialiter illic facta, præcipuè ad majores et insigniores introitus suspendi fecit.» Une vieille chronique de 1270 à 1353 déjà citée porte: «Pluseurs gens de Paris alèrent rompre les portes de la maison dudict Estienne, à force de charetes aculées et autrement, et deffonçoit l'en les tonniaus et les queues tout plains de vin, et gettoit l'en en la rue à val ses monnoies d'or et d'argent et de vaisselle d'or et d'argent... Mais tout ce fait fu vengié; car de tous les mestiers de Paris, il ot pendu, à nouviaus gibets que le roy fist fère aux quatre portes de Paris, plus de quatre-vins personnes...» (Msc. 4641-B.)
226:Port de Grève. «In portu Graviæ.» Ce port n'est pas mentionné dans l'importante publication de M. Géraud,Paris sous Philippe-le-Bel, ni dans la carte qui y est jointe.
227:Pontieu. «Ex comitissâ Pontivi.» Éléonore, première femme d'Édouard, infante de Casillle et comtesse de Ponthieu.
228:Cornubie, ou Norfolk.