Chapter 15

229: «Quasi sub ejusdem horæ momento.»230:Une grant multitude. «Ab hoc quoque plurimis penè de omni civitate sive Castellania regni.... convocatis, copiosam tàm nobilium quàm ignobilium secum duxit illùc turmam.» Voilà bien encore, je suppose, les assemblées représentatives.231:Enorme. «Quorum etiam sexaginta vel circiter supra dicta eisdem imposita crimina ...»232: Le continuateur de Nangis dit: «Viennae.»233: Cette mention de Chevreuse, fréquente dans nos chroniques françoises, semble accuser les lieux habités par le chroniqueur. Remarquez surtout plus haut les détails de la légende du moine auquel le diable apparut.234: La Chronique métrique attribuée à Godefroi de Paris raconte la même chose. Il paroît que l'évoque voulut être jugé dans toutes les formes: il demeura quatre ans incarcéré avant d'obtenir complète justice.235:Cherebourc. «Sacri-Cæsaris.» C'est plutôtSancerre. C'étoit Jean, deuxième du nom.Dreux de Mello. Le latin porte:Mellento, Meulent; mais le françois semble plus exact. (Voyez le P. Anselme, t.vi, p. 62.)—Le dauphin d'Auvergne, Robert III.236:Fils. Il faudroit, je crois,et le fils du conte de Bouloigne. Beraud de Marcueil, ou plutôt deMercœur, étant le beau-père deRobert III, dauphin d'Auvergne, et non le fils deRobert VI, comte d'Auvergne et de Boulogne.237:La femme. C'étoit Marguerite, fille de Robert de Clermont, fils de saint Louis et chef de la branche de Bourbon.238:Garnate. Grenade.239:Où il luy plairoit. Cela est de trop, et le latin dit seulement: «In basilicâ principum apostolorum in urbe.»—Le reste de l'alinéa n'est reproduit que dans laChronique de Flandres.240:Quarentaine. Ce mot doit être unlapsusdu premier copiste, reproduit dans tous les manuscrits. Il faudroitSavoie, sans doute, comme plus bas au chapitre LXVI.241:Teurdre. Se détourner de.242:Car. Parce que.Quarè.243:Pluseurs. Variante:Soixante.—Cinquante-neuf.244:Vers le moulin saint Antoine. Le latin dit: «Quinquaginta novem Templarii, foras civitatem Parisius, in campis videlicet ab abbatiâ monialium, quæ dicitur S. Antonii non longè distantibus, incendio fuerunt extincti. Qui tamen omnes, nullo excepto, nil omninò finaliter de impositis subi criminibus cognoverunt, sed constanter et perseveranter in abnegatione communi perstiterunt, dicentes semper sine causâ morti se traditos et injustè: quod quidem multi de populo non absque multâ admiratione stuporeque vehementi conspicere nullatenùs potuerunt. Circà idem tempus, apud Silvanectum ... novem Templarii concremantur.»245:Au lieu devant dit. «In communi plateâ Graviæ.»246: Tout le reste du chapitre n'est pas dans le latin.247:Les draps. L'habit.248: C'étoit sans doute une momie égyptienne recueillie par les Templiers, et qu'on les accusa d'adorer.249: Cet article accuse l'injustice des autres. Comment les Templiers, en 1310, pouvoient-ils se justifier des événemens passés en 1250!—Autant en dire du suivant.250:Gisant d'enfant. C'est-à-dire: Etant en couches.251: On va voir, dans ce chapitre, deux récits du même événement. Le premier, le plus mal écrit des deux, n'est pas reproduit dans la continuation latine de Nangis.252:Commandeur. «Quondam thesaurarius Templi.» Le latin ne contient pas la précieuse mention qui se rapporte à l'érection de la tour du Temple. Nos historiens de Paris ont donc eu probablement tort de nommerHubertle Templier qui l'avoit fait construire.253:Astence. Asti.254:Joli. Gai.255: C'est-à-dire que le roi fut déclaré, par Clément, innocent de la violence commise sur Boniface. Ce chapitre est fort négligé; on y revient d'ailleurs sur des faite déjà mieux racontés plus haut.256:Cerdonne. «Terdonam.»—Brixe. Brescia.257:Accoisie. Apaisée.258: L'histoire de la captivité et de la fuite du comte de Nevers est racontée au long et d'une manière très-intéressante dans la Chronique métrique attribuée à Godefroi de Paris.259: Ce récit diffère complètement de celui de la continuation latine de Nangis. «Philippus.... simplicium ac duplicium Burgensium fieri fecit monetam, pro simplicibus duplicibus Parisius denariis concurrentem. Hæc moneta rationeindebitivaloris et ponderis, et ratione novitatis cursus,capi refatabatur; quia ab omnibus atque rectè sapientibus redundare non minimè diceretur in exactionem indebitam reique publicæ detrimentum; quod etiam nonnulli nobiles et magnates ... graviter conquerendo oretenus et expressè exposuerunt eidem.»260:Vaincu. Convaincu.261: «Unà cum Hugone, duce Burgundiæ, Guidone Blesensi, aliisque quampluribus regni nobilibus.»262: Tous les détails suivants de celle fête sont originaux. La continuation de Nangis n'en dit pas un mot. LaChronique métriqueattribuée à Godefroi de Paris raconte les fêtes bien plus au long et d'une manière plus curieuse encore. Cependant on n'y trouve pas la mention aussi claire des métiers de Paris et des corporations bourgeoises. Au reste, on a bien mauvaise grace à parler de la misère et des malheurs de laClasse moyennedans l'ancienne France, quand on lit des descriptions de ce genre sous la date de 1313.263:A cheval bien furent vint mille,Et à pié furent trente mille;Tant ou plus ensi les trouvèrent,Cels qui de là les estimèrent.(Chronique métrique.)264:Seignor por entrer en celle ille, (l'île Notre-Dame)Cels de Paris la noble villeFirent li pont par desusSaine En deus jors de celle semaine.Ce fu par devers Nostre-DameOù fu fait et drescié ce pont.Le lundi et mardi fu fetCet pont; huit vint piés ot de trait,Et de large en ot il quarante. (Id.)265:A boire. Le latin est plus exact. «Vel, ut dicebant aliqui, eucharistiam sumendo de manu sacerdotis et proprii confessoris de ordine F. prædicatorum.»266:Ne peust. Il semble qu'on devroit seulement lirepéust;mais tous les manuscrits portent lene.267: C'est-à-dire durant les jours gras. Les cavalcades du carnaval n'ont peut-être pas d'autre origine, et l'on peut du moins admettre que l'usage de se masquer reçut une nouvelle consécration du souvenir des Tournoyans, armés de toutes pièces, les uns bien les autres mal, tous bariolés de couleurs et de blasons, tous se réunissant à la même époque de l'année.268:FreveouFrouard. L'évêque s'appeloit Renaud de Bar.269: «Prudenti consilio, circà vespertinam horam, in parvâ quâdam insulà Secanæ, inter hortum regalem et ecclesiam fratrum Heremitarum positâ, ambos, pari incendio concremari mandavit.» C'est à peu près où sont aujourd'hui lesbains Vigierdu Pont-Neuf.—Variante du manuscrit 218, sup. fr.:L'Ille des Juis. LaChronique métriqueporte:En l'ille des Juiaus. Pour tous ces renseignemens, lePlan de Paris sous Philippe-le-Bel, dressé par M. Albert Le Noir, laisse beaucoup à désirer.270:De Antonne. «Per marchisium.» Variantes:D'Amptonne. (No9650.) Fleury le nomme:Bertrand de Got, comte de Lomagne.271:Les uns aux autres. «Per juramentum ad invicem confederati pro sua et patriæ libertate.»272: De là le plan de conjuration ditdes Alliés, dont Godefroi de Paris, dans le manuscrit du Roi 6812, nous a fait connoître les vues, le but et l'importance.273:Avoutire. Adultère.—Meismement. Surtout.274:Approuvées. Convaincues.275:Bienveillant. Variante du manuscrit 218:Malveillant.276:Coupés. «Eisque virilibus unà cum genitalibus amputatis.» LaChronique métrique, dont le récit est ici plein d'intérêt et de vivacité, ajoute une circonstance qui aurait dû frapper, entre vingt autres, nos auteurs dramatiques.Tel jugement lor fu renduDe par lor père, et de plusor:Ainsi morurent en doulor.De tel jugement fu retrait,Qui trop tost trop cruel fu fait....277:Encroés. Abandonnés.278: Tout ce chapitre si curieux n'est pas dans le texte latin.279:En seur que tout. Surtout.280: On chercheroit vainement encore la substance de ce chapitre dans la continuation du Nangis.281:Un neuf palais. Aujourd'huile palais de justice. On a vu plus haut que les travaux furent dirigés par Enguerrand de Marigny. Ces passages n'ont pas été relevés avec assez de soin par les historiens de Paris.282: Toute l'histoire de la condamnation et de la mort d'Enguerrand de Marigny n'est connue que par notre chronique. Ce procès n'est pas attribué au règne de Louis-Hutin, parce qu'alors ce prince n'étoit pas encore sacré.283:Saint-Germain. L'Auxerrois.284:Hanière. Variante:Hamera. LaChronique métriquel'appelle mieuxJehan d'Anière.285: Ce qui suit jusqu'au chapitrelxxvia été supprimé dans la plupart des manuscrits, et, entre les autres, dans celui de Charles V, no8395. On peut croire que cette suppression n'est pas involontaire. La leçon du no9651 porte seulement: «Les cas proposez par devant le roy et son conseil contre ledit Enguerran ne sont pas ycy escripz pour ce qu'il n'étoient pas contenuz ou livre ou exemple de ceste escripture.» (Fo2, Ro.) J'ai suivi les manuscrits 8298 et 218, Supplément françois.286:Venu. De Flandres.287:Huit. Variante:Vingt.288:Dix-huit vins. Trois cent soixante.289:Prendre. C'est-à-dire de prendre madame de Poitiers, à tort soupçonnée d'adultère.290:Par devers lui. Qu'il trouva moyen d'arracher ces lettres à la comtesse d'Artois.291:Forfet. Soumissionné. On dit encoreavoirouvendre à forfait.292:Poi. Variante:Foi.293:Besoignier. La servir, être utile à la princesse.294:Images. Sans doutestatues,—Ecouisest un bourg du Vexin normand, à deux lieues du grand Andelis. Enguerrand y avoit fondé, en 1310, une riche collégiale. Peut-être retrouveroit-on encore dans l'église plusieurs des statues qu'il y avoit transportées.295:Bidaut. On abédaut, sergent, recors. On a dit aussibadaud. De leur nombre, de leur importunité dans la ville du Parlement et de la justice permanente, de leurs habitudes inquiètes et turbulentes, on a fait le proverbe desBadauds de Paris.296: On ne trouve ni dans les éditions imprimées, ni dans le plus grand nombre des manuscrits, un long passage important qui suivoit immédiatement ces mots:L'an de grace, etc. Le voici tel que le renferment les deux manuscrits auxquels j'ai déjà emprunté lesarticlescontre Enguerrand de Marigny:«Après, en l'an de grace ensuivant mil trois cent et quinze, Enguerran de Marigny, qui, au Temple estoit en fers serré et tenu en prison, voiant et appercevant que il fust en péril de mort, lors pensa, par une espérance decevable, coment il poist ses anemis à mort baillier et traire. Et par art de diable eulx, si comme l'en dit, destruire et especialement Charles le comte de Valois et le comte de Saint-Pol, qui estoient ses très grans aversaires. Et adont, manda sa femme la dame de Marigny et la suer à ladite dame, la dame de Chantelou, et, si comme il fu dit, son frère l'archevesque de Sens, que il venissent pour parler à lui. Adonc iceulx ensemble venus, si orent conseil ensemble et traitièrent la mort des devant dis contes; et après, sa femme, la dame de Marigny retournée avec sa suer, la dame de Chantelou, en sa maison, tantost ces deus dames mandèrent et firent venir à eulx une maudite et mauvaise boiteuse qui fesoit l'or et un mauvais garçon qui avoit nom Paviot, qui de tels sors se savoit entremettre. Et leur promistrent moult de pecunes sé il féissent aucus vouls (vultus) par lesquiex les devant dis contes peussent occire. Laquele chose otroiée de iceulx, si firent les vouls et par art magique et de diable leur misrent noms et, si comme il fu dit, les baptisièrent faussement. (Etc. comme ci-dessus.)La continuation de Nangis, qui dit deux mots de cela, attribue la tentative d'envoûtement à Jacques de Sor, à sa femme et à son valet, mais toujours à la suggestion d'Enguerrant et de sa femme. «Quo comperto, dictus Jacobus in carcere vinctus, ex desesperatione laqueo se suspendit, et postmodùm uxor ejus concrematur.»—LaChronique métriquenomme seulementPaviot.297: La continuation de Nangis ajoute: «Blancha verò carcere remanens, à serviente quodam ejus custodiæ deputato dicebatur impregnata fuisse quum à proprio comite diceretur vel ab aliis impregnata.» LaChronique métrique, après avoir longuement parlé du profond repentir de ces deux princesses, ajoute que la reine de Navarremourut de maladie. Je ne sais sur quelle autorité tous nos historiens modernes ont répété que Louis Xl'avoit fait étrangler, et je ne vois aucune pièce à l'appui de cette allégation dont Pap. Masson semble l'inventeur. M. Michelet a même été plus loin en donnant aux lignes latines que je viens de citer une interprétation purement imaginaire. (Voyez t. 3, p. 215).298:De son prédécesseur. L'évêque de Châlons.299: On ne lit dans aucune des variantes de ce titre le sobriquet deHutin. Mais précédemment nous l'avons trouvé joint au nom de Louis X. D'où vient-il? on l'ignore; ce qu'il y a de sûr, c'est queHutinn'a jamais signifié autre chose que bruit, noise, tumulte.300: Le chroniqueur mentionne d'abord le couronnement du roy, bien que les faits décrits immédiatement après soient antérieurs au couronnement.301: Au lieu de cela, les éditions gothiques n'ont pas craint de mettre:En celluy mesme an, fu déposé et privé l'arcevesque de Reims et pluseurs autres prélas.302: Le seul manuscrit 218, supplément françois, contient l'important passage qui suit.—Nos historiens n'ont pas assez remarqué que l'avènement incontesté de Philippe-le-Long à la couronne de France dût réveiller naturellement les espérances du comte d'Artois.303:Baonnois. On chercheroit vainement dans Ducange et les autres glossaires ce mot qui se rencontre fréquemment chez les annalistes de Flandres et dans laChronique métriqueattribuée à Godefroi de Paris. Dans tous les cas il paroît désigner descorsairesoubanditsde mer.304: Cet alinéa précieux n'est pas dans les manuscrits antérieurs à Charles V.305:Le duc de Bourgoigne. Eudes IV, fils d'Agnèsde France, fille de saint Louis.306: Ici le texte du manuscrit de Charles V a beaucoup abrégé les leçons antérieures. Comme le sujet est d'une grande importance, on me permettra quelques réflexions. Philippe-le-Long fut-il roi de France en vertu de l'application d'un article de laloi salique? ou le fut-il parce qu'on décida hautement, pour la première fois, la grande question de l'inhabileté des femmes au trône? Il est certain que chez aucun écrivain contemporain on ne voit alléguer, à cette occasion, laloi saliqueet ses prétendues dispositions; il est certain que plusieurs pairs de France réclamèrent en faveur de la princesseJeanne; il est certain que le régent crut avoir besoin de soumettre la question au jugement sans appel de la nation représentée. Et ce fut réellement cette mémorable assemblée qui, pour le bonheur de la France, trancha la question de la succession au trône.Voici le texte le plus ancien des Chroniques de France, tel qu'on le trouve dans plusieurs anciens manuscrits, entre autres dans le no218:«En ce temps, la royne Climence chéi en quartaine, dont l'enfant que elle avoit en son ventre en fu moult pené. Dont puis, entour la saint Martin, elle enfanta d'un fil, qui fu nommes Jehan: mès il vesqui deux jours ou trois seulement. Et dès lors, le conte de Poitiers tint comme roys le royaume; mès le duc de Bourgoigne li mist contradiction, pour sa nièce, laquelle le royaume devoit avoir, comme plus prochaine fille de roy, par droit. Mès respondu lui fu que femes ne devoient pas succéder au royaume de France. Laquele chose ne se povoit clerement prouver. Et pour ce, le duc et la duchoise envoièrent lettres à pluseurs barons en depriant que il ne s'assentissent en la coronation de Phelippe, le conte de Poitiers. Et non porquant, le conte de Poitiers à grant compaignie de gens d'armes vint à Rains, et fist fermer les portes de la cyté et ainsinc se fist sacrer et coroner de l'arcevesque. Mais le conte de Valois son oncle n'i volt estre présent, et Karles aussinc, conte de la Marche, son frère, n'i daigna estre, mais s'en parti de Rains le matin par indignacion.»307:Entredite. La continuation de Nangis dit seulement que l'affaire ne put être alors conclue.308:L'ainsnée fille. Jeanne.—La troisième fille, et non la seconde, fut Isabelle, mariée au dauphin Guigues VIII, en 1320.—La secondefut Marguerite, mariée à Louis d'abord, conte de Nevers, puis au conte de Flandres.—La quatrièmefut Blanche.309:Firent enterrer. Manuscrit 218, suppl. franç. «Fu enterré à Valvert, chiés les frères de Chartrousse.» De là seulement, peut-être, la renomméedu grand diable de Vauvert.310:Hérites. Hérétiques.311:Le visconte. «Mathæus de comitibus Mediolanensis, et ejus filiu Galeacius, Marchus, Luchinus.» Il faudrolt, je crois,Filii. Maffeo Visconti, car tel est son véritable et illustre nom, avoit en effet quatre fil».312:Sennes, conseils. «Synodos, concilia, capitula, etc.»313:De ses eschoites. De son cas. «Fieret justitiæ complementum.»314: Ils s'exprimèrent sans doute d'une façon plus nette et plus insolente:Nous sommes venus pour chercher des bêtes, et nous les avons trouvées.Il y a un vieux dicton assez analogue à ce qu'ils durent dire:Je cherche ma bête: qui l'a trouvée?315:Deux chastiaux. «Castrum solemne quodDiulandiumdicitur muris diruptis et confractis, cum alio castro nomineSampigniacum.»—Diulandiumdoit être pourDiulardum, aujourd'huiDieulouart, près dePont-à-Mousson.Samognieux, suivant le manuscrit de Saint-Victor, no306, (Samlaginacum) est à deux lieues de Verdun.316:Mahieu. Maffeo Visconti.317:Garnate. Grenade.318:A Paris. Variante du manuscrit 218: «Avec sa fille, une sage dame qui fame avoit esté du seigneur de Courcy.»—La suite de ce chapitre est conforme, non pas à la continuation de Nangis, mais à la chronique inédite de Saint-Victor déjà citée, et conservée sous le no306.319:Phelippe. Philippe-le-Long.320:Et dist. Variante du manuscrit 218: «Et jura l'ame son père que jamais le conte ne tendroit la seignorie desdites villes.»321:Et n'en fu plus fait. El ils n'en eurent aucune punition.Et il n'en fu rien.—La continuation de Nangis ajoute: «Undè et in prato S. Germani quod diciturPratum Clericorum, se quasi defensari ad prælium paraverunt, nullus tamen contra eos exivit.» Le manuscrit 218 dit: «Et meismement assaillirent-il et batirent le prévost de ParisGille Hakin.» Pour le manuscrit de Saint-Victor, voici comme il s'exprime ici: «Venerunt Parisius ubi cûm eorum aliqui in S. Martinum de Campis carcere propter eorum maleficia tenerentur, per eorum violentiam sunt extracti; ad Castellatum posteà venientes, propositum sibi assistere attemptantem, per quosdam gradus eum præcipitaverunt undè graviter fuit collisus. Indè ad S. Germanum de Pratis, ubi recepti sunt curialiter, et comperto quod ibi ullus de sociis eorum tenebatur, recesserunt, et in prato quòd dicitur scolarium se receperunt. Audierant enim quod miles Vigilii (le chevalier du Guet), cum multitudine armatorum contra eos venire debebat, et ipsi ibi tutiùs quàm aliter se custodirent. Miles autem non venit, nescio quo consilio impeditus, itàque de Parisiis recesserunt.» (Fo491 Vo).Nous avons déjà vu, sous le règne de saint Louis, un mouvement de pastoureaux presque entièrement semblable à celui-ci. On peut croire que les cérémonies de la veille de Noël contribuèrent alors à exalter la tête des esprits foibles, et à encourager les plans audacieux des charlatans. Le plus ancien et le plus célèbre desNoëlsparvenus jusqu'à nous commence par ces mots:Laissez paistre vos bestes,Pastoureaux, par mons et par vaux,Laissez paistre vos bestes,Et venez chanterNoe.322:Mesiaux. Lépreux.323:En l'un. Dans l'une de ces assemblées.324: Toute cette fin du règne de Philippe V n'est pas dans la continuation de Nangis.325:Noif. Neige.326:Suesce. Suède.327:Epiletique. C'est-à-dire, il me semble: Ne provenoit pas du démon.328:Is. Sors.329: Cet alinéa manque dans la plupart des manuscrits.330: La matière de cet alinéa sera développée au chapitre deux du règne suivant.331:Royaume. Règne.332: Inédit.333: La fin de cet alinéa n'est pas dans la continuation de Nangis, et diffère dans beaucoup de leçons françoises: «Et lors sa femme tourna en son héritaige de Réthel, et pour son douaire deust avoir la conté de Nevers. De la mort du conte fu dit par créance que l'en luy eust donné en sa prison quelque chose par quoi sa mort fu avancée. Car il pensoient bien qu'il estoit de tele conscience que sé il eust longuement vescu, il n'eust tenu envers son père né envers ceux qui tenu l'avoient, nules convenances, combien qu'il les eust jurées.» (Msc. de Sorbonne, no426.)334: Inédit.335: Inédit.336:Il. Le roy. Philippe-le-Long.337: La continuation de Nangis ne reproduit pas le reste du chapitre.338:Puis fist. Celle phrase est moins exacte ici que dans les autres leçons. «Et Loys, combien que il fust petit et jeune enfant, offri au roy de France hommage, etc.» (Msc. 9650.—Nos historiens modernes n'ont pas su mettre tous ces détails à profit.)339:Le. Le comte de Namur.340: J'ai suivi pour tout ce chapitre la leçon beaucoup plus nette et plus étendue du msc. de Charles V, no8395. Quant aux éditions précédentes desChroniques de Saint-Denis, elles l'ont complètement omis.341: Les historiens anglois, qui n'ont pas mieux connu tous les détails qui vont suivre que nos historiens modernes, nomment ce personnage le chevalier Harklay.342:Burbugne. Ou mieuxBurgh.343:Karleel. Carlisle.344:Pendebroc. Continuation de Nangis:Pendebonam. Il faudroit, je crois,Edenburg, dont l'ancien nom étoit effectivementCastrum Puellarum.—Blanque-MoreBlack-More (noir marais).345: Addition du msc. 218: «Dont par où les Flamans vindrent en Escosse.»346: Addition du msc. 218: «Et le chief mis sur la tour de Londres. Et ne pourquant li Escoz gardèrent le conte de Richemont en un fort chastel, et le seigneur de Sully en un autre jusques au quaresme ensivant.»347: Dom Vaissette nie cette alliance. Jourdain de Lille, seigneur de Casaubon, dont il s'agit ici, auroit épousé, suivant cet excellent historien, Catherine de Grailly.348: «Et du sergent auquel il avoit bouté la masse enarmée des armes le roy, parmi le fondement, et puis l'eust occis...» (Msc. no218, Sup. fr.)349: Ce mot, autrefois fort usité, répondoit à ceux decanaille,crapule, que nous ne craignons pas toujours de prononcer.350: Appelé par D. Vaissettele vicomte de Lomagne, t. 4, p. 191; et par le continuateur de Nangis,marchione de Angonitano.351: Il semble qu'il faudroit:Come sé ce féust.352:Sé Dieu luy voulsist aidier. C'est la même invocation queDie m'aist. Dieu lui fût en aide.353:Rieulés. Réglés ou réguliers.354:Par cuidier. Par conjecture.355:Cerne. Cercle.356: Cet alinéa renferme sur la superstition du moine de Morigny bien d'autres détails que la continuation latine de Nangis.357:En son livre. «Et avoit en ce livre sept images peintes qui représentoient les sept sciences que l'on voulult savoir.» (Msc. 218, S. F.)358:De par l'inquisiteur. «Fratrem Mauritium.»359:Comme bon crestien. C'est du roi qu'il s'agit.360:Mahieu. Maffeo Visconti.361:Des frères Prescheurs. Plusieurs manuscrits portent ici:«En l'églyse des seurs des frères Prescheurs.» Et le manuscrit no9622-3.3. justifie cette leçon en portant: «Et ensevelie chiés les seurs S. Dominique asquelles elle avoit dévocion; car ele avoit une tante en celle ordre qui estoit prieuresse du Val de Notre-Dame en Allemaigne, à deux lieues de Lucembourg, avec qui ele avoit esté norrie; et là fu-ele prinse quant ele fu amenée au roy.»362: A Muldorf.363: «Rex Angliæ fratrem suum de secundâ uxore patris sui, cognatum germanum Regis Franciæ ex parte matris, Edmondum.» Et non pasRaymondum, comme on lit dans l'édition duSpicilége. Edmond étoit comte de Kent.364:D'Erbley. «Domino Joanne de Ambleyo, milite regis.»365:Pour le présenter. Pour être présenté comme prisonnier.366:Sans moien. C'est-à-dire probablement: sans retard.367: Ce chapitre ne se trouve pas dans la continuation latine de Nangis.368: La fin de cet alinéa est inédit.369: Ce passage tendroit à prouver que la reine d'Angleterre venoit bien réellement pour s'occuper des intérêts de son mari, et non pour exciter contre lui le roi de France. En ce cas là, Froissart auroit commencé ses chroniques par une inexactitude.—La fête de saint Jean tombe le 24 juin: le terme de la trève ne fut donc pas le 2 juin, comme le dit M. Simonde de Sismondi dans son anti-françoiseHistoire des Français, t. IX, p. 455.370:Fist tant. «Ut firmiter creditur», ajoute la continuation de Nangis.371:Despencier. Spencer.372:Warneston. Aujourd'huiWarneton.373:La moitié de luy. «Ut usu membrorum suorum parte mediâ corporis privaretur.» C'étoit sans doute une paralysie.374:Perche. «Partecum.» Ce doit être le petit village dePerrayoule Perré, à une lieue et demie de Rambouillet, et non pasPatay, ouNogent-le-Rotrou, comme le présument Velly et les autres.375:Cause. Raison.376: La continuation de Nangis dit au contraire qu'il fut enterré honorablement auprès de ses ancêtres.—Si l'on remarque que ni cette continuation de Nangis, ni le chroniqueur de Saint-Denis, ni Froissart ne parlent de l'odieux supplice que la reine d'Angleterre auroit fait infliger à son déplorable époux, on pourra cesser de le regarder comme incontestable. C'est pourtant là ce qu'ont estimé tous nos historiens modernes. M. de Sismondi, qui a fait pour l'histoire de France ce que Dulaure a tristement exécuté pour celle de Paris, va même plus loin: «Il ne reste, dit-il, aucun indice qui fasse peser sur le roy de France la moindre partie de la responsabilité du meurtre d'Edouard II,si ce n'est que les historiens françois n'en témoignent aucune horreur, et que, dans le récit de Froissart, c'est la reine qui paroît être l'héroïne.» Il me semble qu'on devoit se contenter d'émettre quelques doutes sur le fait en lui-même, et avouer que les chroniqueurs françois répugnoient à y croire, et que Froissart avoit seulement parlé des grandes qualités de la reine. Mais quand Froissart auroit trouvé bon ce dont il ne parle pas, comment son opinion tendroit-elle à inculper le roi de France?377:Rieuser par les rieules. Régler par les règles.378:Apoinctié. Quelques leçons ont transformé ce mot en celui deapovrié, et l'on pourroit démontrer que cette partie de la continuation de Nangis est une simple traduction latine de nos chroniques françoises, en remarquant le mot barbaredepauperatumqu'elle emploie ici parce qu'elle avoit eu sous les yeux la mauvaise leçon françoise.379:Au Chastiau-Neuf. Châteauneuf, aujourd'hui bourg à quatre lieues d'Orléans.—Je crois que la princesse dont il s'agit ici est Marie et non Blanche; cette dernière étant née au bois de Vincennes, contre l'opinion du P. Anselme.380: Le manuscrit 218, Suppl. franç., porte ici: «Et pour ce que aucuns disoient, meismement li Anglois, que à leur roy appartenoit de droit et de raison le royaume de France, comme au neveu et plus prochain qui fil estoit de Ysabel jadis fille du biau Phelippe, li François disant au contraire que fame nè par conséquent son fil ne povoit par coustume succéder el roiaume de France; pour tout ce trouble oster, li barons baillèrent comme au plus prochain le gouvernement du roiaume à monseigneur Phelippe, conte de Valois... jusques à tant que l'en seust quel enfant la royne aroit.»—(Voyez les autres variantes à la fin de ce volume.)381:A Rome. «Et par déceptions et cavillations fist tant que li Romains le receurent.» (Variante du msc. 218.)382:Ranuche. «Petrus Rainalutii.» Plus souvent nomméPierre de Corvaraoude Corbière. Variante du msc. 218: «Pierre de Carnelle.»383: «Et là furent tant de haus hommes assemblés, qu'il ne fu pas mémoire que tant d'assez en eust esté de coronation de roy de France. Et dura la feste cinq jours en joustes, en esbatemens si grans que ce estoit merveille à veoir.» (Addition du msc. 218.)384:Mile de Noyers. «Chevaliers preus et hardis en tous bons fais d'armes et esprouvés, et (Msc. 218.) d'ileuc s'en ala à Chartres en grant devocion.»385:Roi trouvé. C'est-à-direroi d'aventureoude hasard. Allusion à la question d'hérédité qui avoit précédé l'élection de Philippe. Le surnom deFortuné, qu'on a donné souvent à ce prince, n'avoit pas d'autre sens: en dépit des explications modernes.386:Du FrancouPays franc, comprenant les territoires de Bourbourg, Bergue, Saint-Winox, Furnes, Dunkerque et Gravelines.387: Je ne vois plus sur les cartes la place du pont Hasquin près deBlaringhem. Le passage s'effectua entre Aire et Saint-Omer.—La forêt deRuhoutdoit êtrele Bois du roi, entreSaint-Omeret l'abbaye deClairmarais.—ScondebroucouSconbrouck, au-dessus de Clairmarais.388:Batailles. Divisions.389:Le roy de Navarre, Philippe d'Evreux, père de Charles-le-Mauvais.—Le duc de Lorraine, Frédéric III.—Le conte de Bar, Edouard I.—Le duc de Bourgogne, Eudes IV.—Le dauphin de Vienne, Guignes VIII.—Le conte de Hainau, Guillaume.—Le roy de BehaigneouBohème, Jehan.—Le duc de Bretaigne, Jean III, dit le Bon.390:Les gens du roy de Behaigne. «En cel an, le roy do Boesme entour yver passé devant, estoit passé en terre de Sarrasins et prist grant païs et regions sus eux, et en vindrent à foy de crestienté par luy pluseurs ... Et combien que il fust là, nepourquant il envoia des gens d'armes de sa terre au roy, auquel il avoit juré aide envoier en Flandres.» (Addition du msc. 218, Suppl. franç.)—Tous les précieux détails de cette fameuse bataille de Cassel ne se retrouvent pas dans la continuation latine de Nangis.391:La Wastine. Sans doute l'ancienne abbaye deWoestine, sur la route de Saint-Omer à Cassel, à deux lieues de cette dernière ville.392:Jeu parti. Expression que nous avons déjà remarquée ailleurs. C'est-à-dire: La partie qu'on lui offroit n'étoit pas égale.393: En leur simple cotte d'armes.394:Estoutiementoupar estoutie. Par malicieuse témérité.395:De sa guerre. «Post prandium, cûm rex vellet, more solito, sopori allquantulùm inclinari ...» (Continuation de Nangis.)396:Avalant. Descendant.397:Et alèrent. Et les Flamands allèrent. C'est leur premier moment d'hésitation qui sauva l'armée françoise.398:Bacinet. Casque.—«Le roy, lors apresté de cors et monté, jasoit ce qu'il n'eust pas tout son harnois de jambes, issi de sa tente, dont messire de Noiers, l'oriflambe desploié, mena le roy par devers destre, en encloant les Flamens.» (Addition du msc. 218.) Croiroit-on qu'au lieu de suivre les récits contemporains, M. Sismondi ait bien osé dire ici: «Les chevaliers eurent grande peine à retenir l'ennemi, tandis que Philippes'échappoit par derrière, sautoit sur un cheval et s'enfuyoit au galop.» Tome X, page 22. Voilà l'austère impartialité de cet historien.399: «Suspicabatur numerus occisorum tâm in loco conflictûs quâm extrà,xx m. ii c.minus, sicut rex Franciæ testificatus fuit per litteras sigillatas super hoc abbati S., Dyonisii directas, quas vidi.» (Continuation de Nangis.)400: «Et li dist: Conte, je suis là venu avec mes barons, que j'ai traveillié pour vous et au miens et à leur despens. Je vous rens vostre terre acquise et en pais; or faites tant que justice y soit gardée, et que par vostre deffaut, il ne faille pas que plus reviegne. Car sé je i revenoie plus, ce seroit à mon profit et à vostre domage.» (Addition du msc. 218.)401:Michiel. De Cesène. Le général des frères Mineurs.402: Velly a suivi une mauvaise leçon de nos Chroniques, quand il a dit que le roi s'étoit rendu à Notre-Dame de Chartres en quittant Saint-Denis. Sur vingt manuscrits, dix-neuf portent Notre-Dame de Paris. Le continuateur de Nangis dit la même chose, et personne n'a pu discuter ce point d'histoire, sinon d'après la continuation latine de Nangis et lesChroniques de Saint-Denis. Cela n'a pas empêché l'académicien Moreau de Mautour de prétendre, dans le tome II desMémoires de l'Académie des Inscriptions, p. 300, que la statue équestre d'un roi de France, placée avant la révolution à l'entrée de la grande nef de la cathédrale, étoit celle de Phllippe-le-Bel. Son opinion, suivie par Velly contre le sentiment de Montfaucon est pourtant insoutenable, puisqu'aucun historien contemporain ne dit que Philippe-le-Bel soit entré dans la cathédrale de Paris armé de pied en cap, ni qu'il ait fait don de ses armes à cette église; tandis qu'on conserve à Chartres, avec l'armure de Philippe-le-Bel, une inscription annonçant qu'elle a été offerte à Notre-Dame de Chartres par Charles-le-Bel, au nom de son père et en mémoire de la victoire deMons-en-Puèvre. (Voyez les précieuses études de M. Allou surles armures.Mémoires de la Société des Antiquaires de France, tome XIV.)—Il est fâcheux qu'un historien aussi grave que Velly ait, après cela, dit de l'opinion que nous soutenons: «C'est une erreur qui n'a aucun fondement dans les histoires de ce temps-là.» (T. VIII, p. 221.) Il est fâcheux surtout de lire dans Dulaure, au lieu des regrets que devoit lui inspirer la destruction révolutionnaire d'un monument aussi curieux, aussi inoffensif: «Cette statue équestre n'intéressoit que comme monument du costume et de l'état des arts de ce temps.» N'étoit-ce donc rien?403:De Cany. Le no218 le nommele Doyen; et les éditions imprimées,le Canu. De là nos historiens modernes ont faitle Chauve.404:S'enfui. «Par le conseil d'aucuns de Flandres desGros.» (Msc. 218.) LesGrosétoient les gens du parti opposé au comte de Flandres.405:Soudainement. «En alant en Poyto dont il estoit nez chéi de son cheval soudainement et morut en plain chemin ... Et le sail du roy que il avoit par sa présumpcion porté avec luy fu raporté au roy à Paris. Ice chancelier estoit nommé Jehan de Serchoemont, qui avoit esté solemnex avocat en parlement.» (Msc. 218.)406: Laquele leur dit, si comme l'en disoit, que son fils qui estoit né de roy ne feroit pas hommage à fils de conte. Et que Phelippe de Valois qui roy de France se nommoit gardast bien que il fasoit; et que son fils estoit plus près et prochain pour le royaume de France avoir que il n'estoit.» (Msc. 218.)407: Froissart a été très exact dans le récit qu'il a fait de cette entrevue. (Liv. 1, part. 1, chap. 52.)408: Au lieu des derniers mots jusqu'à l'alinéa, et du texte même de la confirmation de la charte d'hommage, les éditions imprimées portent seulement: «C'est assavoir que le roy d'Angleterre luy fist hommage de ce qu'il tenoit en la duché d'Acquitaine et en la conté de Ponthieu.—Lors furent les joustes, etc.»Le texte important de cette confirmation n'est inséré auxChroniques de Saint-Denisque dans le bel exemplaire de Charles V, msc. 8395. Pour l'y placer, Charles V fit faire ce que nous appelons aujourd'huideux cartons. Il est facile de le reconnoître en comparant ces cartons aux folios 256 et 259 qui les précédent et suivent. On peut voir aussi cette confirmation, moins correctement transcrite, dans la nouvelle édition de Rymer, tome 2, part. 2, p. 815. Nos historiens françois modernes ne semblent pas en avoir eu connoissance; du moins tous s'accordent-ils à dire que l'hommage d'Amiens avoit parfaitement satisfait le roy de France. Mais ce fut seulement en 1331 que le fier Edouard consentit à donner à Philippe de Valois ce gage d'une fidélité à laquelle il devoit si tôt après se montrer parjure. Ainsi, la date de la confirmation que l'on va lire rendoit encore les prétentions subséquentes de l'Angleterre plus odieuses.409: Voici les termes de ce premier hommage d'après Rymer (nouvelle édition, vol. 2, 2me partie, page 765): «Je deviens vostre homme de la duché de Guyenne et de ses appartenances, que je claime tenir de vous, comme duc de Guyenne et pair de France, selon la forme de paix faite entre vos devanciers et les nostres; selon ce que nous et nos ancestres, roys d'Angleterre et ducs de Guyenne, avons fait pour la mesme duché à vos devanciers, roys de France.—Ce fut fait à Amiens, chœur de la grant églyse, l'an de grace mil trois cent vint et neuf, le septiesme jour de juin, etc.»410: Marie, fiancée et puis mariée en 1329 à Guy, fils aîné de Hugues IV, roi de Chypre.411: Ce chapitre n'est pas reproduit dans la continuation de Nangis.412:Vesteure. Nous avons dit depuis:Investiture.413:Tapinage. Déguisement. Nous en avons fait, dans un sens un peu différent, notreen tapinois. Tous ceux qui ont lu quelqueschansons de gestesse rappelleront ce vers qui y revient fréquemment:Il s'atapi et si a taint son vis.C'est-à-dire: Il se noircit le visage. Ce mot semble venir du latintabesettabescere.414:Officiels. Officials, juges ecclésiastiques.415:Bourbon. L'érection de la seigneurie de Bourbon en duché-pairie date du mois de décembre 1327.416: Le récit de Froissart met tous les torts du côté d'Édouard III, qui auroit, en faisant condamner son oncle, le comte de Kent, suivi les instigations de Roger de Mortimer. (Voyez tome 1, page 40, 2ème édition de M. Buchon.)417:Lettrin. On voit que lettrin ou lutrin (lectorium) est encore ici, comme dans Villehardouin, une sorte de tribune ou chaire à prédication.418:Lequel. L'antipape.419:Pourouparce que.420:Devant nommé. C'est-à-direSaintes.421: C'est à cet accord qu'il faut rapporter la confirmation de l'hommage d'Amiens, rapporté plus haut.422:Garnate. Grenade.—Ces préparatifs étoient sans doute inspirés par les nouvelles de la mort du brave Douglas, que nos chroniques raconteront tout-à-heure.423:De. Relativement à.424:De la conté de Bourgoigne. «Monsieur de Chalon, appelé Jehan, mut contre le duc de Bourgoigne.» (Continuation françoise de Nangis, no8298-3.)425: «Au chastel de Sauveterre en Bearne.» (Msc. 8298-3.).426: Tout ce récit est beaucoup plus exact que celui de Froissart, tome 1, page 47. (Deuxième édition de M. Buchon.)427: Ce qui suit relativement au duc de Brabant n'est pas reproduit dans le continuateur de Nangis.428:Suer du roy. Jehanne de Valois.429:En la ville de Paris. «A Nostre-Dame de Paris.» (Msc. 8298-3.)430:A luy. Edouard de Bailleul.431:Fils du roy. «Cum ipse de primogenitâ Alexandri regis Scotiæ natus esset, et David de secundâ genitâ.» (Spicileg., t. III, p. 97.)432: Tout ce qui suit, jusqu'à la mention de l'arrivée de David Bruce à Château-Gaillart, n'est pas dans la continuation latine de Nangis. Je n'ai pas retrouvé chez les historiens d'Ecosse le nom de ce Marcueil-le-Flament, ni dans les annalistes de l'abbaye de Saint-Denis celui d'Aufroy de TrycouFitzpatric.433:Voults. Sortiléges d'envoutemens, qu'on appeloit aussimanies.434: Tout ce qui suit n'est pas dans la continuation de Nangis jusqu'à la mention du soulèvement des Ecossois, et le retour d'Edouard III en Angleterre.

229: «Quasi sub ejusdem horæ momento.»

230:Une grant multitude. «Ab hoc quoque plurimis penè de omni civitate sive Castellania regni.... convocatis, copiosam tàm nobilium quàm ignobilium secum duxit illùc turmam.» Voilà bien encore, je suppose, les assemblées représentatives.

231:Enorme. «Quorum etiam sexaginta vel circiter supra dicta eisdem imposita crimina ...»

232: Le continuateur de Nangis dit: «Viennae.»

233: Cette mention de Chevreuse, fréquente dans nos chroniques françoises, semble accuser les lieux habités par le chroniqueur. Remarquez surtout plus haut les détails de la légende du moine auquel le diable apparut.

234: La Chronique métrique attribuée à Godefroi de Paris raconte la même chose. Il paroît que l'évoque voulut être jugé dans toutes les formes: il demeura quatre ans incarcéré avant d'obtenir complète justice.

235:Cherebourc. «Sacri-Cæsaris.» C'est plutôtSancerre. C'étoit Jean, deuxième du nom.Dreux de Mello. Le latin porte:Mellento, Meulent; mais le françois semble plus exact. (Voyez le P. Anselme, t.vi, p. 62.)—Le dauphin d'Auvergne, Robert III.

236:Fils. Il faudroit, je crois,et le fils du conte de Bouloigne. Beraud de Marcueil, ou plutôt deMercœur, étant le beau-père deRobert III, dauphin d'Auvergne, et non le fils deRobert VI, comte d'Auvergne et de Boulogne.

237:La femme. C'étoit Marguerite, fille de Robert de Clermont, fils de saint Louis et chef de la branche de Bourbon.

238:Garnate. Grenade.

239:Où il luy plairoit. Cela est de trop, et le latin dit seulement: «In basilicâ principum apostolorum in urbe.»—Le reste de l'alinéa n'est reproduit que dans laChronique de Flandres.

240:Quarentaine. Ce mot doit être unlapsusdu premier copiste, reproduit dans tous les manuscrits. Il faudroitSavoie, sans doute, comme plus bas au chapitre LXVI.

241:Teurdre. Se détourner de.

242:Car. Parce que.Quarè.

243:Pluseurs. Variante:Soixante.—Cinquante-neuf.

244:Vers le moulin saint Antoine. Le latin dit: «Quinquaginta novem Templarii, foras civitatem Parisius, in campis videlicet ab abbatiâ monialium, quæ dicitur S. Antonii non longè distantibus, incendio fuerunt extincti. Qui tamen omnes, nullo excepto, nil omninò finaliter de impositis subi criminibus cognoverunt, sed constanter et perseveranter in abnegatione communi perstiterunt, dicentes semper sine causâ morti se traditos et injustè: quod quidem multi de populo non absque multâ admiratione stuporeque vehementi conspicere nullatenùs potuerunt. Circà idem tempus, apud Silvanectum ... novem Templarii concremantur.»

245:Au lieu devant dit. «In communi plateâ Graviæ.»

246: Tout le reste du chapitre n'est pas dans le latin.

247:Les draps. L'habit.

248: C'étoit sans doute une momie égyptienne recueillie par les Templiers, et qu'on les accusa d'adorer.

249: Cet article accuse l'injustice des autres. Comment les Templiers, en 1310, pouvoient-ils se justifier des événemens passés en 1250!—Autant en dire du suivant.

250:Gisant d'enfant. C'est-à-dire: Etant en couches.

251: On va voir, dans ce chapitre, deux récits du même événement. Le premier, le plus mal écrit des deux, n'est pas reproduit dans la continuation latine de Nangis.

252:Commandeur. «Quondam thesaurarius Templi.» Le latin ne contient pas la précieuse mention qui se rapporte à l'érection de la tour du Temple. Nos historiens de Paris ont donc eu probablement tort de nommerHubertle Templier qui l'avoit fait construire.

253:Astence. Asti.

254:Joli. Gai.

255: C'est-à-dire que le roi fut déclaré, par Clément, innocent de la violence commise sur Boniface. Ce chapitre est fort négligé; on y revient d'ailleurs sur des faite déjà mieux racontés plus haut.

256:Cerdonne. «Terdonam.»—Brixe. Brescia.

257:Accoisie. Apaisée.

258: L'histoire de la captivité et de la fuite du comte de Nevers est racontée au long et d'une manière très-intéressante dans la Chronique métrique attribuée à Godefroi de Paris.

259: Ce récit diffère complètement de celui de la continuation latine de Nangis. «Philippus.... simplicium ac duplicium Burgensium fieri fecit monetam, pro simplicibus duplicibus Parisius denariis concurrentem. Hæc moneta rationeindebitivaloris et ponderis, et ratione novitatis cursus,capi refatabatur; quia ab omnibus atque rectè sapientibus redundare non minimè diceretur in exactionem indebitam reique publicæ detrimentum; quod etiam nonnulli nobiles et magnates ... graviter conquerendo oretenus et expressè exposuerunt eidem.»

260:Vaincu. Convaincu.

261: «Unà cum Hugone, duce Burgundiæ, Guidone Blesensi, aliisque quampluribus regni nobilibus.»

262: Tous les détails suivants de celle fête sont originaux. La continuation de Nangis n'en dit pas un mot. LaChronique métriqueattribuée à Godefroi de Paris raconte les fêtes bien plus au long et d'une manière plus curieuse encore. Cependant on n'y trouve pas la mention aussi claire des métiers de Paris et des corporations bourgeoises. Au reste, on a bien mauvaise grace à parler de la misère et des malheurs de laClasse moyennedans l'ancienne France, quand on lit des descriptions de ce genre sous la date de 1313.

263:

A cheval bien furent vint mille,Et à pié furent trente mille;Tant ou plus ensi les trouvèrent,Cels qui de là les estimèrent.

(Chronique métrique.)

264:

Seignor por entrer en celle ille, (l'île Notre-Dame)Cels de Paris la noble villeFirent li pont par desusSaine En deus jors de celle semaine.Ce fu par devers Nostre-DameOù fu fait et drescié ce pont.Le lundi et mardi fu fetCet pont; huit vint piés ot de trait,Et de large en ot il quarante. (Id.)

265:A boire. Le latin est plus exact. «Vel, ut dicebant aliqui, eucharistiam sumendo de manu sacerdotis et proprii confessoris de ordine F. prædicatorum.»

266:Ne peust. Il semble qu'on devroit seulement lirepéust;mais tous les manuscrits portent lene.

267: C'est-à-dire durant les jours gras. Les cavalcades du carnaval n'ont peut-être pas d'autre origine, et l'on peut du moins admettre que l'usage de se masquer reçut une nouvelle consécration du souvenir des Tournoyans, armés de toutes pièces, les uns bien les autres mal, tous bariolés de couleurs et de blasons, tous se réunissant à la même époque de l'année.

268:FreveouFrouard. L'évêque s'appeloit Renaud de Bar.

269: «Prudenti consilio, circà vespertinam horam, in parvâ quâdam insulà Secanæ, inter hortum regalem et ecclesiam fratrum Heremitarum positâ, ambos, pari incendio concremari mandavit.» C'est à peu près où sont aujourd'hui lesbains Vigierdu Pont-Neuf.—Variante du manuscrit 218, sup. fr.:L'Ille des Juis. LaChronique métriqueporte:En l'ille des Juiaus. Pour tous ces renseignemens, lePlan de Paris sous Philippe-le-Bel, dressé par M. Albert Le Noir, laisse beaucoup à désirer.

270:De Antonne. «Per marchisium.» Variantes:D'Amptonne. (No9650.) Fleury le nomme:Bertrand de Got, comte de Lomagne.

271:Les uns aux autres. «Per juramentum ad invicem confederati pro sua et patriæ libertate.»

272: De là le plan de conjuration ditdes Alliés, dont Godefroi de Paris, dans le manuscrit du Roi 6812, nous a fait connoître les vues, le but et l'importance.

273:Avoutire. Adultère.—Meismement. Surtout.

274:Approuvées. Convaincues.

275:Bienveillant. Variante du manuscrit 218:Malveillant.

276:Coupés. «Eisque virilibus unà cum genitalibus amputatis.» LaChronique métrique, dont le récit est ici plein d'intérêt et de vivacité, ajoute une circonstance qui aurait dû frapper, entre vingt autres, nos auteurs dramatiques.

Tel jugement lor fu renduDe par lor père, et de plusor:Ainsi morurent en doulor.De tel jugement fu retrait,Qui trop tost trop cruel fu fait....

277:Encroés. Abandonnés.

278: Tout ce chapitre si curieux n'est pas dans le texte latin.

279:En seur que tout. Surtout.

280: On chercheroit vainement encore la substance de ce chapitre dans la continuation du Nangis.

281:Un neuf palais. Aujourd'huile palais de justice. On a vu plus haut que les travaux furent dirigés par Enguerrand de Marigny. Ces passages n'ont pas été relevés avec assez de soin par les historiens de Paris.

282: Toute l'histoire de la condamnation et de la mort d'Enguerrand de Marigny n'est connue que par notre chronique. Ce procès n'est pas attribué au règne de Louis-Hutin, parce qu'alors ce prince n'étoit pas encore sacré.

283:Saint-Germain. L'Auxerrois.

284:Hanière. Variante:Hamera. LaChronique métriquel'appelle mieuxJehan d'Anière.

285: Ce qui suit jusqu'au chapitrelxxvia été supprimé dans la plupart des manuscrits, et, entre les autres, dans celui de Charles V, no8395. On peut croire que cette suppression n'est pas involontaire. La leçon du no9651 porte seulement: «Les cas proposez par devant le roy et son conseil contre ledit Enguerran ne sont pas ycy escripz pour ce qu'il n'étoient pas contenuz ou livre ou exemple de ceste escripture.» (Fo2, Ro.) J'ai suivi les manuscrits 8298 et 218, Supplément françois.

286:Venu. De Flandres.

287:Huit. Variante:Vingt.

288:Dix-huit vins. Trois cent soixante.

289:Prendre. C'est-à-dire de prendre madame de Poitiers, à tort soupçonnée d'adultère.

290:Par devers lui. Qu'il trouva moyen d'arracher ces lettres à la comtesse d'Artois.

291:Forfet. Soumissionné. On dit encoreavoirouvendre à forfait.

292:Poi. Variante:Foi.

293:Besoignier. La servir, être utile à la princesse.

294:Images. Sans doutestatues,—Ecouisest un bourg du Vexin normand, à deux lieues du grand Andelis. Enguerrand y avoit fondé, en 1310, une riche collégiale. Peut-être retrouveroit-on encore dans l'église plusieurs des statues qu'il y avoit transportées.

295:Bidaut. On abédaut, sergent, recors. On a dit aussibadaud. De leur nombre, de leur importunité dans la ville du Parlement et de la justice permanente, de leurs habitudes inquiètes et turbulentes, on a fait le proverbe desBadauds de Paris.

296: On ne trouve ni dans les éditions imprimées, ni dans le plus grand nombre des manuscrits, un long passage important qui suivoit immédiatement ces mots:L'an de grace, etc. Le voici tel que le renferment les deux manuscrits auxquels j'ai déjà emprunté lesarticlescontre Enguerrand de Marigny:

«Après, en l'an de grace ensuivant mil trois cent et quinze, Enguerran de Marigny, qui, au Temple estoit en fers serré et tenu en prison, voiant et appercevant que il fust en péril de mort, lors pensa, par une espérance decevable, coment il poist ses anemis à mort baillier et traire. Et par art de diable eulx, si comme l'en dit, destruire et especialement Charles le comte de Valois et le comte de Saint-Pol, qui estoient ses très grans aversaires. Et adont, manda sa femme la dame de Marigny et la suer à ladite dame, la dame de Chantelou, et, si comme il fu dit, son frère l'archevesque de Sens, que il venissent pour parler à lui. Adonc iceulx ensemble venus, si orent conseil ensemble et traitièrent la mort des devant dis contes; et après, sa femme, la dame de Marigny retournée avec sa suer, la dame de Chantelou, en sa maison, tantost ces deus dames mandèrent et firent venir à eulx une maudite et mauvaise boiteuse qui fesoit l'or et un mauvais garçon qui avoit nom Paviot, qui de tels sors se savoit entremettre. Et leur promistrent moult de pecunes sé il féissent aucus vouls (vultus) par lesquiex les devant dis contes peussent occire. Laquele chose otroiée de iceulx, si firent les vouls et par art magique et de diable leur misrent noms et, si comme il fu dit, les baptisièrent faussement. (Etc. comme ci-dessus.)

La continuation de Nangis, qui dit deux mots de cela, attribue la tentative d'envoûtement à Jacques de Sor, à sa femme et à son valet, mais toujours à la suggestion d'Enguerrant et de sa femme. «Quo comperto, dictus Jacobus in carcere vinctus, ex desesperatione laqueo se suspendit, et postmodùm uxor ejus concrematur.»—LaChronique métriquenomme seulementPaviot.

297: La continuation de Nangis ajoute: «Blancha verò carcere remanens, à serviente quodam ejus custodiæ deputato dicebatur impregnata fuisse quum à proprio comite diceretur vel ab aliis impregnata.» LaChronique métrique, après avoir longuement parlé du profond repentir de ces deux princesses, ajoute que la reine de Navarremourut de maladie. Je ne sais sur quelle autorité tous nos historiens modernes ont répété que Louis Xl'avoit fait étrangler, et je ne vois aucune pièce à l'appui de cette allégation dont Pap. Masson semble l'inventeur. M. Michelet a même été plus loin en donnant aux lignes latines que je viens de citer une interprétation purement imaginaire. (Voyez t. 3, p. 215).

298:De son prédécesseur. L'évêque de Châlons.

299: On ne lit dans aucune des variantes de ce titre le sobriquet deHutin. Mais précédemment nous l'avons trouvé joint au nom de Louis X. D'où vient-il? on l'ignore; ce qu'il y a de sûr, c'est queHutinn'a jamais signifié autre chose que bruit, noise, tumulte.

300: Le chroniqueur mentionne d'abord le couronnement du roy, bien que les faits décrits immédiatement après soient antérieurs au couronnement.

301: Au lieu de cela, les éditions gothiques n'ont pas craint de mettre:En celluy mesme an, fu déposé et privé l'arcevesque de Reims et pluseurs autres prélas.

302: Le seul manuscrit 218, supplément françois, contient l'important passage qui suit.—Nos historiens n'ont pas assez remarqué que l'avènement incontesté de Philippe-le-Long à la couronne de France dût réveiller naturellement les espérances du comte d'Artois.

303:Baonnois. On chercheroit vainement dans Ducange et les autres glossaires ce mot qui se rencontre fréquemment chez les annalistes de Flandres et dans laChronique métriqueattribuée à Godefroi de Paris. Dans tous les cas il paroît désigner descorsairesoubanditsde mer.

304: Cet alinéa précieux n'est pas dans les manuscrits antérieurs à Charles V.

305:Le duc de Bourgoigne. Eudes IV, fils d'Agnèsde France, fille de saint Louis.

306: Ici le texte du manuscrit de Charles V a beaucoup abrégé les leçons antérieures. Comme le sujet est d'une grande importance, on me permettra quelques réflexions. Philippe-le-Long fut-il roi de France en vertu de l'application d'un article de laloi salique? ou le fut-il parce qu'on décida hautement, pour la première fois, la grande question de l'inhabileté des femmes au trône? Il est certain que chez aucun écrivain contemporain on ne voit alléguer, à cette occasion, laloi saliqueet ses prétendues dispositions; il est certain que plusieurs pairs de France réclamèrent en faveur de la princesseJeanne; il est certain que le régent crut avoir besoin de soumettre la question au jugement sans appel de la nation représentée. Et ce fut réellement cette mémorable assemblée qui, pour le bonheur de la France, trancha la question de la succession au trône.

Voici le texte le plus ancien des Chroniques de France, tel qu'on le trouve dans plusieurs anciens manuscrits, entre autres dans le no218:

«En ce temps, la royne Climence chéi en quartaine, dont l'enfant que elle avoit en son ventre en fu moult pené. Dont puis, entour la saint Martin, elle enfanta d'un fil, qui fu nommes Jehan: mès il vesqui deux jours ou trois seulement. Et dès lors, le conte de Poitiers tint comme roys le royaume; mès le duc de Bourgoigne li mist contradiction, pour sa nièce, laquelle le royaume devoit avoir, comme plus prochaine fille de roy, par droit. Mès respondu lui fu que femes ne devoient pas succéder au royaume de France. Laquele chose ne se povoit clerement prouver. Et pour ce, le duc et la duchoise envoièrent lettres à pluseurs barons en depriant que il ne s'assentissent en la coronation de Phelippe, le conte de Poitiers. Et non porquant, le conte de Poitiers à grant compaignie de gens d'armes vint à Rains, et fist fermer les portes de la cyté et ainsinc se fist sacrer et coroner de l'arcevesque. Mais le conte de Valois son oncle n'i volt estre présent, et Karles aussinc, conte de la Marche, son frère, n'i daigna estre, mais s'en parti de Rains le matin par indignacion.»

307:Entredite. La continuation de Nangis dit seulement que l'affaire ne put être alors conclue.

308:L'ainsnée fille. Jeanne.—La troisième fille, et non la seconde, fut Isabelle, mariée au dauphin Guigues VIII, en 1320.—La secondefut Marguerite, mariée à Louis d'abord, conte de Nevers, puis au conte de Flandres.—La quatrièmefut Blanche.

309:Firent enterrer. Manuscrit 218, suppl. franç. «Fu enterré à Valvert, chiés les frères de Chartrousse.» De là seulement, peut-être, la renomméedu grand diable de Vauvert.

310:Hérites. Hérétiques.

311:Le visconte. «Mathæus de comitibus Mediolanensis, et ejus filiu Galeacius, Marchus, Luchinus.» Il faudrolt, je crois,Filii. Maffeo Visconti, car tel est son véritable et illustre nom, avoit en effet quatre fil».

312:Sennes, conseils. «Synodos, concilia, capitula, etc.»

313:De ses eschoites. De son cas. «Fieret justitiæ complementum.»

314: Ils s'exprimèrent sans doute d'une façon plus nette et plus insolente:Nous sommes venus pour chercher des bêtes, et nous les avons trouvées.Il y a un vieux dicton assez analogue à ce qu'ils durent dire:Je cherche ma bête: qui l'a trouvée?

315:Deux chastiaux. «Castrum solemne quodDiulandiumdicitur muris diruptis et confractis, cum alio castro nomineSampigniacum.»—Diulandiumdoit être pourDiulardum, aujourd'huiDieulouart, près dePont-à-Mousson.Samognieux, suivant le manuscrit de Saint-Victor, no306, (Samlaginacum) est à deux lieues de Verdun.

316:Mahieu. Maffeo Visconti.

317:Garnate. Grenade.

318:A Paris. Variante du manuscrit 218: «Avec sa fille, une sage dame qui fame avoit esté du seigneur de Courcy.»—La suite de ce chapitre est conforme, non pas à la continuation de Nangis, mais à la chronique inédite de Saint-Victor déjà citée, et conservée sous le no306.

319:Phelippe. Philippe-le-Long.

320:Et dist. Variante du manuscrit 218: «Et jura l'ame son père que jamais le conte ne tendroit la seignorie desdites villes.»

321:Et n'en fu plus fait. El ils n'en eurent aucune punition.Et il n'en fu rien.—La continuation de Nangis ajoute: «Undè et in prato S. Germani quod diciturPratum Clericorum, se quasi defensari ad prælium paraverunt, nullus tamen contra eos exivit.» Le manuscrit 218 dit: «Et meismement assaillirent-il et batirent le prévost de ParisGille Hakin.» Pour le manuscrit de Saint-Victor, voici comme il s'exprime ici: «Venerunt Parisius ubi cûm eorum aliqui in S. Martinum de Campis carcere propter eorum maleficia tenerentur, per eorum violentiam sunt extracti; ad Castellatum posteà venientes, propositum sibi assistere attemptantem, per quosdam gradus eum præcipitaverunt undè graviter fuit collisus. Indè ad S. Germanum de Pratis, ubi recepti sunt curialiter, et comperto quod ibi ullus de sociis eorum tenebatur, recesserunt, et in prato quòd dicitur scolarium se receperunt. Audierant enim quod miles Vigilii (le chevalier du Guet), cum multitudine armatorum contra eos venire debebat, et ipsi ibi tutiùs quàm aliter se custodirent. Miles autem non venit, nescio quo consilio impeditus, itàque de Parisiis recesserunt.» (Fo491 Vo).

Nous avons déjà vu, sous le règne de saint Louis, un mouvement de pastoureaux presque entièrement semblable à celui-ci. On peut croire que les cérémonies de la veille de Noël contribuèrent alors à exalter la tête des esprits foibles, et à encourager les plans audacieux des charlatans. Le plus ancien et le plus célèbre desNoëlsparvenus jusqu'à nous commence par ces mots:

Laissez paistre vos bestes,Pastoureaux, par mons et par vaux,Laissez paistre vos bestes,Et venez chanterNoe.

322:Mesiaux. Lépreux.

323:En l'un. Dans l'une de ces assemblées.

324: Toute cette fin du règne de Philippe V n'est pas dans la continuation de Nangis.

325:Noif. Neige.

326:Suesce. Suède.

327:Epiletique. C'est-à-dire, il me semble: Ne provenoit pas du démon.

328:Is. Sors.

329: Cet alinéa manque dans la plupart des manuscrits.

330: La matière de cet alinéa sera développée au chapitre deux du règne suivant.

331:Royaume. Règne.

332: Inédit.

333: La fin de cet alinéa n'est pas dans la continuation de Nangis, et diffère dans beaucoup de leçons françoises: «Et lors sa femme tourna en son héritaige de Réthel, et pour son douaire deust avoir la conté de Nevers. De la mort du conte fu dit par créance que l'en luy eust donné en sa prison quelque chose par quoi sa mort fu avancée. Car il pensoient bien qu'il estoit de tele conscience que sé il eust longuement vescu, il n'eust tenu envers son père né envers ceux qui tenu l'avoient, nules convenances, combien qu'il les eust jurées.» (Msc. de Sorbonne, no426.)

334: Inédit.

335: Inédit.

336:Il. Le roy. Philippe-le-Long.

337: La continuation de Nangis ne reproduit pas le reste du chapitre.

338:Puis fist. Celle phrase est moins exacte ici que dans les autres leçons. «Et Loys, combien que il fust petit et jeune enfant, offri au roy de France hommage, etc.» (Msc. 9650.—Nos historiens modernes n'ont pas su mettre tous ces détails à profit.)

339:Le. Le comte de Namur.

340: J'ai suivi pour tout ce chapitre la leçon beaucoup plus nette et plus étendue du msc. de Charles V, no8395. Quant aux éditions précédentes desChroniques de Saint-Denis, elles l'ont complètement omis.

341: Les historiens anglois, qui n'ont pas mieux connu tous les détails qui vont suivre que nos historiens modernes, nomment ce personnage le chevalier Harklay.

342:Burbugne. Ou mieuxBurgh.

343:Karleel. Carlisle.

344:Pendebroc. Continuation de Nangis:Pendebonam. Il faudroit, je crois,Edenburg, dont l'ancien nom étoit effectivementCastrum Puellarum.—Blanque-MoreBlack-More (noir marais).

345: Addition du msc. 218: «Dont par où les Flamans vindrent en Escosse.»

346: Addition du msc. 218: «Et le chief mis sur la tour de Londres. Et ne pourquant li Escoz gardèrent le conte de Richemont en un fort chastel, et le seigneur de Sully en un autre jusques au quaresme ensivant.»

347: Dom Vaissette nie cette alliance. Jourdain de Lille, seigneur de Casaubon, dont il s'agit ici, auroit épousé, suivant cet excellent historien, Catherine de Grailly.

348: «Et du sergent auquel il avoit bouté la masse enarmée des armes le roy, parmi le fondement, et puis l'eust occis...» (Msc. no218, Sup. fr.)

349: Ce mot, autrefois fort usité, répondoit à ceux decanaille,crapule, que nous ne craignons pas toujours de prononcer.

350: Appelé par D. Vaissettele vicomte de Lomagne, t. 4, p. 191; et par le continuateur de Nangis,marchione de Angonitano.

351: Il semble qu'il faudroit:Come sé ce féust.

352:Sé Dieu luy voulsist aidier. C'est la même invocation queDie m'aist. Dieu lui fût en aide.

353:Rieulés. Réglés ou réguliers.

354:Par cuidier. Par conjecture.

355:Cerne. Cercle.

356: Cet alinéa renferme sur la superstition du moine de Morigny bien d'autres détails que la continuation latine de Nangis.

357:En son livre. «Et avoit en ce livre sept images peintes qui représentoient les sept sciences que l'on voulult savoir.» (Msc. 218, S. F.)

358:De par l'inquisiteur. «Fratrem Mauritium.»

359:Comme bon crestien. C'est du roi qu'il s'agit.

360:Mahieu. Maffeo Visconti.

361:Des frères Prescheurs. Plusieurs manuscrits portent ici:

«En l'églyse des seurs des frères Prescheurs.» Et le manuscrit no9622-3.3. justifie cette leçon en portant: «Et ensevelie chiés les seurs S. Dominique asquelles elle avoit dévocion; car ele avoit une tante en celle ordre qui estoit prieuresse du Val de Notre-Dame en Allemaigne, à deux lieues de Lucembourg, avec qui ele avoit esté norrie; et là fu-ele prinse quant ele fu amenée au roy.»

362: A Muldorf.

363: «Rex Angliæ fratrem suum de secundâ uxore patris sui, cognatum germanum Regis Franciæ ex parte matris, Edmondum.» Et non pasRaymondum, comme on lit dans l'édition duSpicilége. Edmond étoit comte de Kent.

364:D'Erbley. «Domino Joanne de Ambleyo, milite regis.»

365:Pour le présenter. Pour être présenté comme prisonnier.

366:Sans moien. C'est-à-dire probablement: sans retard.

367: Ce chapitre ne se trouve pas dans la continuation latine de Nangis.

368: La fin de cet alinéa est inédit.

369: Ce passage tendroit à prouver que la reine d'Angleterre venoit bien réellement pour s'occuper des intérêts de son mari, et non pour exciter contre lui le roi de France. En ce cas là, Froissart auroit commencé ses chroniques par une inexactitude.—La fête de saint Jean tombe le 24 juin: le terme de la trève ne fut donc pas le 2 juin, comme le dit M. Simonde de Sismondi dans son anti-françoiseHistoire des Français, t. IX, p. 455.

370:Fist tant. «Ut firmiter creditur», ajoute la continuation de Nangis.

371:Despencier. Spencer.

372:Warneston. Aujourd'huiWarneton.

373:La moitié de luy. «Ut usu membrorum suorum parte mediâ corporis privaretur.» C'étoit sans doute une paralysie.

374:Perche. «Partecum.» Ce doit être le petit village dePerrayoule Perré, à une lieue et demie de Rambouillet, et non pasPatay, ouNogent-le-Rotrou, comme le présument Velly et les autres.

375:Cause. Raison.

376: La continuation de Nangis dit au contraire qu'il fut enterré honorablement auprès de ses ancêtres.—Si l'on remarque que ni cette continuation de Nangis, ni le chroniqueur de Saint-Denis, ni Froissart ne parlent de l'odieux supplice que la reine d'Angleterre auroit fait infliger à son déplorable époux, on pourra cesser de le regarder comme incontestable. C'est pourtant là ce qu'ont estimé tous nos historiens modernes. M. de Sismondi, qui a fait pour l'histoire de France ce que Dulaure a tristement exécuté pour celle de Paris, va même plus loin: «Il ne reste, dit-il, aucun indice qui fasse peser sur le roy de France la moindre partie de la responsabilité du meurtre d'Edouard II,si ce n'est que les historiens françois n'en témoignent aucune horreur, et que, dans le récit de Froissart, c'est la reine qui paroît être l'héroïne.» Il me semble qu'on devoit se contenter d'émettre quelques doutes sur le fait en lui-même, et avouer que les chroniqueurs françois répugnoient à y croire, et que Froissart avoit seulement parlé des grandes qualités de la reine. Mais quand Froissart auroit trouvé bon ce dont il ne parle pas, comment son opinion tendroit-elle à inculper le roi de France?

377:Rieuser par les rieules. Régler par les règles.

378:Apoinctié. Quelques leçons ont transformé ce mot en celui deapovrié, et l'on pourroit démontrer que cette partie de la continuation de Nangis est une simple traduction latine de nos chroniques françoises, en remarquant le mot barbaredepauperatumqu'elle emploie ici parce qu'elle avoit eu sous les yeux la mauvaise leçon françoise.

379:Au Chastiau-Neuf. Châteauneuf, aujourd'hui bourg à quatre lieues d'Orléans.—Je crois que la princesse dont il s'agit ici est Marie et non Blanche; cette dernière étant née au bois de Vincennes, contre l'opinion du P. Anselme.

380: Le manuscrit 218, Suppl. franç., porte ici: «Et pour ce que aucuns disoient, meismement li Anglois, que à leur roy appartenoit de droit et de raison le royaume de France, comme au neveu et plus prochain qui fil estoit de Ysabel jadis fille du biau Phelippe, li François disant au contraire que fame nè par conséquent son fil ne povoit par coustume succéder el roiaume de France; pour tout ce trouble oster, li barons baillèrent comme au plus prochain le gouvernement du roiaume à monseigneur Phelippe, conte de Valois... jusques à tant que l'en seust quel enfant la royne aroit.»—(Voyez les autres variantes à la fin de ce volume.)

381:A Rome. «Et par déceptions et cavillations fist tant que li Romains le receurent.» (Variante du msc. 218.)

382:Ranuche. «Petrus Rainalutii.» Plus souvent nomméPierre de Corvaraoude Corbière. Variante du msc. 218: «Pierre de Carnelle.»

383: «Et là furent tant de haus hommes assemblés, qu'il ne fu pas mémoire que tant d'assez en eust esté de coronation de roy de France. Et dura la feste cinq jours en joustes, en esbatemens si grans que ce estoit merveille à veoir.» (Addition du msc. 218.)

384:Mile de Noyers. «Chevaliers preus et hardis en tous bons fais d'armes et esprouvés, et (Msc. 218.) d'ileuc s'en ala à Chartres en grant devocion.»

385:Roi trouvé. C'est-à-direroi d'aventureoude hasard. Allusion à la question d'hérédité qui avoit précédé l'élection de Philippe. Le surnom deFortuné, qu'on a donné souvent à ce prince, n'avoit pas d'autre sens: en dépit des explications modernes.

386:Du FrancouPays franc, comprenant les territoires de Bourbourg, Bergue, Saint-Winox, Furnes, Dunkerque et Gravelines.

387: Je ne vois plus sur les cartes la place du pont Hasquin près deBlaringhem. Le passage s'effectua entre Aire et Saint-Omer.—La forêt deRuhoutdoit êtrele Bois du roi, entreSaint-Omeret l'abbaye deClairmarais.—ScondebroucouSconbrouck, au-dessus de Clairmarais.

388:Batailles. Divisions.

389:Le roy de Navarre, Philippe d'Evreux, père de Charles-le-Mauvais.—Le duc de Lorraine, Frédéric III.—Le conte de Bar, Edouard I.—Le duc de Bourgogne, Eudes IV.—Le dauphin de Vienne, Guignes VIII.—Le conte de Hainau, Guillaume.—Le roy de BehaigneouBohème, Jehan.—Le duc de Bretaigne, Jean III, dit le Bon.

390:Les gens du roy de Behaigne. «En cel an, le roy do Boesme entour yver passé devant, estoit passé en terre de Sarrasins et prist grant païs et regions sus eux, et en vindrent à foy de crestienté par luy pluseurs ... Et combien que il fust là, nepourquant il envoia des gens d'armes de sa terre au roy, auquel il avoit juré aide envoier en Flandres.» (Addition du msc. 218, Suppl. franç.)—Tous les précieux détails de cette fameuse bataille de Cassel ne se retrouvent pas dans la continuation latine de Nangis.

391:La Wastine. Sans doute l'ancienne abbaye deWoestine, sur la route de Saint-Omer à Cassel, à deux lieues de cette dernière ville.

392:Jeu parti. Expression que nous avons déjà remarquée ailleurs. C'est-à-dire: La partie qu'on lui offroit n'étoit pas égale.

393: En leur simple cotte d'armes.

394:Estoutiementoupar estoutie. Par malicieuse témérité.

395:De sa guerre. «Post prandium, cûm rex vellet, more solito, sopori allquantulùm inclinari ...» (Continuation de Nangis.)

396:Avalant. Descendant.

397:Et alèrent. Et les Flamands allèrent. C'est leur premier moment d'hésitation qui sauva l'armée françoise.

398:Bacinet. Casque.—«Le roy, lors apresté de cors et monté, jasoit ce qu'il n'eust pas tout son harnois de jambes, issi de sa tente, dont messire de Noiers, l'oriflambe desploié, mena le roy par devers destre, en encloant les Flamens.» (Addition du msc. 218.) Croiroit-on qu'au lieu de suivre les récits contemporains, M. Sismondi ait bien osé dire ici: «Les chevaliers eurent grande peine à retenir l'ennemi, tandis que Philippes'échappoit par derrière, sautoit sur un cheval et s'enfuyoit au galop.» Tome X, page 22. Voilà l'austère impartialité de cet historien.

399: «Suspicabatur numerus occisorum tâm in loco conflictûs quâm extrà,xx m. ii c.minus, sicut rex Franciæ testificatus fuit per litteras sigillatas super hoc abbati S., Dyonisii directas, quas vidi.» (Continuation de Nangis.)

400: «Et li dist: Conte, je suis là venu avec mes barons, que j'ai traveillié pour vous et au miens et à leur despens. Je vous rens vostre terre acquise et en pais; or faites tant que justice y soit gardée, et que par vostre deffaut, il ne faille pas que plus reviegne. Car sé je i revenoie plus, ce seroit à mon profit et à vostre domage.» (Addition du msc. 218.)

401:Michiel. De Cesène. Le général des frères Mineurs.

402: Velly a suivi une mauvaise leçon de nos Chroniques, quand il a dit que le roi s'étoit rendu à Notre-Dame de Chartres en quittant Saint-Denis. Sur vingt manuscrits, dix-neuf portent Notre-Dame de Paris. Le continuateur de Nangis dit la même chose, et personne n'a pu discuter ce point d'histoire, sinon d'après la continuation latine de Nangis et lesChroniques de Saint-Denis. Cela n'a pas empêché l'académicien Moreau de Mautour de prétendre, dans le tome II desMémoires de l'Académie des Inscriptions, p. 300, que la statue équestre d'un roi de France, placée avant la révolution à l'entrée de la grande nef de la cathédrale, étoit celle de Phllippe-le-Bel. Son opinion, suivie par Velly contre le sentiment de Montfaucon est pourtant insoutenable, puisqu'aucun historien contemporain ne dit que Philippe-le-Bel soit entré dans la cathédrale de Paris armé de pied en cap, ni qu'il ait fait don de ses armes à cette église; tandis qu'on conserve à Chartres, avec l'armure de Philippe-le-Bel, une inscription annonçant qu'elle a été offerte à Notre-Dame de Chartres par Charles-le-Bel, au nom de son père et en mémoire de la victoire deMons-en-Puèvre. (Voyez les précieuses études de M. Allou surles armures.Mémoires de la Société des Antiquaires de France, tome XIV.)—Il est fâcheux qu'un historien aussi grave que Velly ait, après cela, dit de l'opinion que nous soutenons: «C'est une erreur qui n'a aucun fondement dans les histoires de ce temps-là.» (T. VIII, p. 221.) Il est fâcheux surtout de lire dans Dulaure, au lieu des regrets que devoit lui inspirer la destruction révolutionnaire d'un monument aussi curieux, aussi inoffensif: «Cette statue équestre n'intéressoit que comme monument du costume et de l'état des arts de ce temps.» N'étoit-ce donc rien?

403:De Cany. Le no218 le nommele Doyen; et les éditions imprimées,le Canu. De là nos historiens modernes ont faitle Chauve.

404:S'enfui. «Par le conseil d'aucuns de Flandres desGros.» (Msc. 218.) LesGrosétoient les gens du parti opposé au comte de Flandres.

405:Soudainement. «En alant en Poyto dont il estoit nez chéi de son cheval soudainement et morut en plain chemin ... Et le sail du roy que il avoit par sa présumpcion porté avec luy fu raporté au roy à Paris. Ice chancelier estoit nommé Jehan de Serchoemont, qui avoit esté solemnex avocat en parlement.» (Msc. 218.)

406: Laquele leur dit, si comme l'en disoit, que son fils qui estoit né de roy ne feroit pas hommage à fils de conte. Et que Phelippe de Valois qui roy de France se nommoit gardast bien que il fasoit; et que son fils estoit plus près et prochain pour le royaume de France avoir que il n'estoit.» (Msc. 218.)

407: Froissart a été très exact dans le récit qu'il a fait de cette entrevue. (Liv. 1, part. 1, chap. 52.)

408: Au lieu des derniers mots jusqu'à l'alinéa, et du texte même de la confirmation de la charte d'hommage, les éditions imprimées portent seulement: «C'est assavoir que le roy d'Angleterre luy fist hommage de ce qu'il tenoit en la duché d'Acquitaine et en la conté de Ponthieu.—Lors furent les joustes, etc.»

Le texte important de cette confirmation n'est inséré auxChroniques de Saint-Denisque dans le bel exemplaire de Charles V, msc. 8395. Pour l'y placer, Charles V fit faire ce que nous appelons aujourd'huideux cartons. Il est facile de le reconnoître en comparant ces cartons aux folios 256 et 259 qui les précédent et suivent. On peut voir aussi cette confirmation, moins correctement transcrite, dans la nouvelle édition de Rymer, tome 2, part. 2, p. 815. Nos historiens françois modernes ne semblent pas en avoir eu connoissance; du moins tous s'accordent-ils à dire que l'hommage d'Amiens avoit parfaitement satisfait le roy de France. Mais ce fut seulement en 1331 que le fier Edouard consentit à donner à Philippe de Valois ce gage d'une fidélité à laquelle il devoit si tôt après se montrer parjure. Ainsi, la date de la confirmation que l'on va lire rendoit encore les prétentions subséquentes de l'Angleterre plus odieuses.

409: Voici les termes de ce premier hommage d'après Rymer (nouvelle édition, vol. 2, 2me partie, page 765): «Je deviens vostre homme de la duché de Guyenne et de ses appartenances, que je claime tenir de vous, comme duc de Guyenne et pair de France, selon la forme de paix faite entre vos devanciers et les nostres; selon ce que nous et nos ancestres, roys d'Angleterre et ducs de Guyenne, avons fait pour la mesme duché à vos devanciers, roys de France.—Ce fut fait à Amiens, chœur de la grant églyse, l'an de grace mil trois cent vint et neuf, le septiesme jour de juin, etc.»

410: Marie, fiancée et puis mariée en 1329 à Guy, fils aîné de Hugues IV, roi de Chypre.

411: Ce chapitre n'est pas reproduit dans la continuation de Nangis.

412:Vesteure. Nous avons dit depuis:Investiture.

413:Tapinage. Déguisement. Nous en avons fait, dans un sens un peu différent, notreen tapinois. Tous ceux qui ont lu quelqueschansons de gestesse rappelleront ce vers qui y revient fréquemment:

Il s'atapi et si a taint son vis.

C'est-à-dire: Il se noircit le visage. Ce mot semble venir du latintabesettabescere.

414:Officiels. Officials, juges ecclésiastiques.

415:Bourbon. L'érection de la seigneurie de Bourbon en duché-pairie date du mois de décembre 1327.

416: Le récit de Froissart met tous les torts du côté d'Édouard III, qui auroit, en faisant condamner son oncle, le comte de Kent, suivi les instigations de Roger de Mortimer. (Voyez tome 1, page 40, 2ème édition de M. Buchon.)

417:Lettrin. On voit que lettrin ou lutrin (lectorium) est encore ici, comme dans Villehardouin, une sorte de tribune ou chaire à prédication.

418:Lequel. L'antipape.

419:Pourouparce que.

420:Devant nommé. C'est-à-direSaintes.

421: C'est à cet accord qu'il faut rapporter la confirmation de l'hommage d'Amiens, rapporté plus haut.

422:Garnate. Grenade.—Ces préparatifs étoient sans doute inspirés par les nouvelles de la mort du brave Douglas, que nos chroniques raconteront tout-à-heure.

423:De. Relativement à.

424:De la conté de Bourgoigne. «Monsieur de Chalon, appelé Jehan, mut contre le duc de Bourgoigne.» (Continuation françoise de Nangis, no8298-3.)

425: «Au chastel de Sauveterre en Bearne.» (Msc. 8298-3.).

426: Tout ce récit est beaucoup plus exact que celui de Froissart, tome 1, page 47. (Deuxième édition de M. Buchon.)

427: Ce qui suit relativement au duc de Brabant n'est pas reproduit dans le continuateur de Nangis.

428:Suer du roy. Jehanne de Valois.

429:En la ville de Paris. «A Nostre-Dame de Paris.» (Msc. 8298-3.)

430:A luy. Edouard de Bailleul.

431:Fils du roy. «Cum ipse de primogenitâ Alexandri regis Scotiæ natus esset, et David de secundâ genitâ.» (Spicileg., t. III, p. 97.)

432: Tout ce qui suit, jusqu'à la mention de l'arrivée de David Bruce à Château-Gaillart, n'est pas dans la continuation latine de Nangis. Je n'ai pas retrouvé chez les historiens d'Ecosse le nom de ce Marcueil-le-Flament, ni dans les annalistes de l'abbaye de Saint-Denis celui d'Aufroy de TrycouFitzpatric.

433:Voults. Sortiléges d'envoutemens, qu'on appeloit aussimanies.

434: Tout ce qui suit n'est pas dans la continuation de Nangis jusqu'à la mention du soulèvement des Ecossois, et le retour d'Edouard III en Angleterre.


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