[37]Nom d'un royaume. (Commentaire.)
[37]Nom d'un royaume. (Commentaire.)
[38]Nom d'une montagne. (Ibid.)
[38]Nom d'une montagne. (Ibid.)
[39]Ou de dix périodes de trente années.
[39]Ou de dix périodes de trente années.
[40]Commentaire.
[40]Commentaire.
1.Yang-ho(intendant de la maison deKi-chi) désira queKHOUNG-TSEUlui fit une visite.KHOUNG-TSEUn'alla pas le voir. L'intendant l'engagea de nouveau en lui envoyant un porc.KHOUNG-TSEU, ayant choisi le moment où il était absent pour lui faire ses compliments, le rencontra dans la rue.
[Yang-ho] abordaKHOUNG-TSEUen ces termes: Venez, j'ai à parler avec vous. Il dit: Cacher soigneusement dans son sein des trésors précieux, pendant que son pays est livré aux troubles et à la confusion, peut-on appeler cela de l'humanité? [Le Philosophe] dit: On ne le peut.—Aimer à s'occuper des affaires publiques et toujours perdre les occasions de le faire, peut-on appeler cela sagesse et prudence? [Le Philosophe] dit: On ne le peut.—Les soleils et les lunes [les jours et les mois] passent, s'écoulent rapidement. Les années ne sont pas à notre disposition.—KHOUNG-TSEUdit: C'est bien, je me chargerai d'un emploi public.
2. Le Philosophe dit: Par la nature, nous nous rapprochons beaucoup les uns des autres; par l'éducation, nous devenons très-éloignés.
3. Le Philosophe dit: Il n'y a que les hommes d'un savoir et d'une intelligence supérieurs qui ne changent point en vivant avec les hommes de la plus basse ignorance, de l'esprit le plus lourd et le plus épais.
4. Le Philosophe s'étant rendu àWou-tching(petite ville deLou), il y entendit un concert de voix humaines mêlées aux sons d'un instrument à cordes.
Le maître se prit à sourire légèrement, et dit: Quand on tue une poule, pourquoi se servir d'un glaive qui sert à tuer les bœufs?
Tseu-yeourépondit avec respect: Autrefois, moiYen, j'ai entendu dire à mon maître que si l'homme supérieur qui occupe un emploi élevé dans le gouvernement étudie assidûment les principes de la droite raison [les rites, la musique, etc.], alors par cela même il aime les hommes et il en est aimé; et que si les hommes du peuple étudient assidûment les principes de la droite raison, alors ils se laissent facilement gouverner.
Le Philosophe dit: Mes chers disciples, les paroles deYensont justes. Dans ce que j'ai dit il y a quelques instants, je ne faisais que plaisanter.
5.Kong-chan, feï-jao(ministre deKi-chi), ayant appris qu'une révolte avait éclaté àPi, en avertit le Philosophe, selon l'usage. Le Philosophe désirait se rendre auprès de lui.
Tseu-lou, n'étant pas satisfait de cette démarche, dit: Ne vous y rendez pas, rien ne vous y oblige; qu'avez-vous besoin d'aller voir la famille deKong-chan?
Le Philosophe dit: Puisque cet homme m'appelle, pourquoi n'aurait-il aucun motif d'agir ainsi? S'il lui arrive de m'employer, je ferai du royaume deLouun État deTcheouoriental[41].
6.Tseu-tchangdemanda àKHOUNG-TSEUce que c'était que la vertu de l'humanité.KHOUNG-TSEUdit: Celui qui peut accomplir cinq choses dans le monde est doué de la vertu de l'humanité. [Tseu-tchang] demanda en suppliant quelles étaient ces cinq choses. [Le Philosophe] dit: Le respect de soi-même et des autres, la générosité, la fidélité ou la sincérité, l'application au bien, et la bienveillance pour tous.
Si vous observez dans toutes vos actions le respect de vous-même et des autres, alors vous ne serez méprisé de personne; si vous êtes généreux, alors vous obtiendrez l'affection du peuple; si vous êtes sincère et fidèle, alors les hommes auront confiance en vous; si vous êtes appliqué au bien, alors vous aurez des mérites; si vous êtes bienveillant et miséricordieux, alors vous aurez tout ce qu'il faut pour gouverner les hommes.
7.Pi-hi(grand fonctionnaire de l'État deTçin) demanda à voir [KHOUNG-TSEU]. Le Philosophe désira se rendre à son invitation.
Tseu-loudit: Autrefois, moiYeou, j'ai souvent entendu dire à mon maître ces paroles: Si quelqu'un commet des actes vicieux de sa propre personne, l'homme supérieur ne doit pas entrer dans sa demeure.Pi-his'est révolté contreTchoung-meou[42]; d'après cela, comment expliquer la visite de mon maître?
Le Philosophe dit: Oui, sans doute, j'ai tenu ces propos; mais ne disais-je pas aussi: Les corps les plus durs ne s'usent-ils point par le frottement? Ne disais-je pas encore: La blancheur inaltérable ne devient-elle pas noire par son contact avec une couleur noire? Pensez-vous que je suis un melon de saveur amère, qui n'est bon qu'à être suspendu sans être mangé?
8. Le Philosophe dit:Yeou, avez-vous entendu parler des six maximes et des six défauts qu'elles impliquent? [Le disciple] répondit avec respect: Jamais.—Prenez place à côté de moi, je vais vous les expliquer.
L'amour de l'humanité, sans l'amour de l'étude, a pour défaut l'ignorance ou la stupidité; l'amour de la science, sans l'amour de l'étude, a pour défaut l'incertitude ou la perplexité; l'amour de la sincérité et de la fidélité, sans l'amour de l'étude, a pour défaut la duperie; l'amour de la droiture, sans l'amour de l'étude, a pour défaut une témérité inconsidérée; l'amour du courage viril, sans l'amour de l'étude, a pour défaut l'insubordination; l'amour de la fermeté et de la persévérance, sans l'amour de l'étude, a pour défaut la démence ou l'attachement à une idée fixe.
9. Le Philosophe dit: Mes chers disciples, pourquoi n'étudiez-vous pas leLivre des Vers?
LeLivre des Versest propre à élever les sentiments et les idées;
Il est propre à former le jugement par la contemplation des choses;
Il est propre à réunir les hommes dans une mutuelle harmonie;
Il est propre à exciter des regrets sans ressentiments.
[On y trouve enseigné] que lorsqu'on est près de ses parents, on doit les servir, et que lorsqu'on en est éloigné, on doit servir le prince.
On s'y instruit très au long des noms d'arbres, de plantes, de bêtes sauvages et d'oiseaux.
10. Le Philosophe interpellaPé-yu(son fils), en disant: Vous exercez-vous dans l'étude duTcheou-nanet duTchao-nan[les deux premiers chapitres duLivre des Vers]? Les hommes qui n'étudient pas leTcheou-nanet leTchao-nansont comme s'ils se tenaient debout le visage tourné vers la muraille.
11. Le Philosophe dit: On cite à chaque instant lesRites!lesRites!Les pierres précieuses et les habits de cérémonies ne sont-ils pas pour vous tout ce qui constitue lesrites? On cite à chaque instant laMusique!laMusique!Les clochettes et les tambours ne sont-ils pas pour vous tout ce qui constitue lamusique?
12. Le Philosophe dit: Ceux qui montrent extérieurement un air grave et austère, lorsqu'ils sont intérieurement légers et pusillanimes, sont à comparer aux hommes les plus vulgaires. Ils ressemblent à des larrons qui veulent percer un mur pour commettre leurs vols.
13. Le Philosophe dit: Ceux qui recherchent les suffrages des villageois sont des voleurs de vertus.
14. Le Philosophe dit: Ceux qui dans la voie publique écoutent une affaire et la discutent font un abandon de la vertu.
15. Le Philosophe dit: Comment les hommes vils et abjects pourraient-ils servir le prince?
Ces hommes, avant d'avoir obtenu leurs emplois, sont déjà tourmentés de la crainte de ne pas les obtenir; lorsqu'ils les ont obtenus, ils sont tourmentés de la crainte de les perdre.
Dès l'instant qu'ils sont tourmentés de la crainte de perdre leurs emplois, il n'est rien dont ils ne soient capables.
16. Le Philosophe dit: Dans l'antiquité, les peuples avaient trois travers d'esprit; de nos jours, quelques-uns de ces travers sont perdus; l'ambition des anciens s'attachait aux grandes choses et dédaignait les petites; l'ambition des hommes de nos jours est modérée sur les grandes choses et très-ardente sur les petites.
La gravité et l'austérité des anciens étaient modérées sans extravagance; la gravité et l'austérité des hommes de nos jours est irascible, extravagante. La grossière ignorance des anciens était droite et sincère; la grossière ignorance des hommes de nos jours n'est que fourberie, et voilà tout.
17. Le Philosophe dit: Les hommes aux paroles artificieuses et fleuries, aux manières engageantes, sont rarement doués de la vertu de l'humanité.
18. Le Philosophe dit: Je déteste la couleur violette [couleur intermédiaire], qui dérobe aux regards la véritable couleur de pourpre. Je déteste les sons musicaux deTching, qui portent le trouble et la confusion dans la véritable musique. Je déteste les langues aiguës [ou calomniatrices], qui bouleversent les États et les familles.
19. Le Philosophe dit: Je désire ne pas passer mon temps à parler.
Tseu-koungdit: Si notre maître ne parle pas, alors comment ses disciples transmettront-ils ses paroles à la postérité?
Le Philosophe dit: Le ciel, comment parle-t-il? les quatre saisons suivent leur cours; tous les êtres de la nature reçoivent tour à tour l'existence. Comment le ciel parle-t-il?
20.Jou-pei[43]désirait voirKHOUNG-TSEU.KHOUNG-TSEUs'excusa sur son indisposition; mais aussitôt que le porteur du message fut sorti de la porte, le Philosophe prit sa guitare, et se mit à chanter, dans le dessein de se faire entendre.
21.Tsaï-ngodemanda si, au lieu de trois années de deuil après la mort des parents, une révolution de douze lunes [ou une année] ne suffirait pas.
Si l'homme supérieur n'observait pas les rites sur le deuil pendant trois années, ces rites tomberaient certainement en désuétude; si pendant trois années il ne cultivait pas la musique, la musique certainement périrait.
Quand les anciens fruits sont parvenus à leur maturité, de nouveaux fruits se montrent et prennent leur place. On change le feu en forant les bois qui le donnent[44]. Une révolution de douze lunes peut suffire pour toutes ces choses.
Le Philosophe dit: Si l'on se bornait à se nourrir du plus beau riz, et à se vêtir des plus beaux habillements, seriez-vous satisfait et tranquille?—Je serais satisfait et tranquille.
Si vous vous trouvez satisfait et tranquille de cette manière d'agir, alors pratiquez-la.
Mais cet homme supérieur [dont vous avez parlé], tant qu'il sera dans le deuil de ses parents, ne trouvera point de douceur dans les mets les plus recherchés qui lui seront offerts; il ne trouvera point de plaisir à entendre la musique, il ne trouvera point de repos dans les lieux qu'il habitera. C'est pourquoi il ne fera pas [ce que vous proposez; il ne réduira pas ses trois années de deuil à une révolution de douze lunes]. Maintenant, si vous êtes satisfait de cette réduction, pratiquez-la.
Tsaï-ngoétant sorti, le Philosophe dit:Yu(petit nom deTsaï-ngo) n'est pas doué de la vertu de l'humanité. Lorsque l'enfant a atteint sa troisième année d'âge, il est sevré du sein de ses père et mère; alors suivent trois années de deuil pour les parents; ce deuil est en usage dans tout l'empire;Yun'a-t-il pas eu ces trois années d'affection publique de la part de ses père et mère?
22. Le Philosophe dit: Ceux qui ne font que boire et manger pendant toute la journée, sans employer leur intelligence à quelque objet digne d'elle, font pitié. N'y a-t-il pas le métier de bateleur? Qu'ils le pratiquent, ils seront des sages en comparaison!
23.Tseu-loudit: L'homme supérieur estime-t-il beaucoup le courage viril? Le Philosophe dit: L'homme supérieur met au-dessus de tout l'équité et la justice. Si l'homme supérieur possède le courage viril ou la bravoure sans la justice, il fomente des troubles dans L'État. L'homme vulgaire qui possède le courage viril, ou la bravoure sans la justice, commet des violences et des rapines.
24.Tseu-koungdit: L'homme supérieur a-t-il en lui des sentiments de haine ou d'aversion? Le Philosophe dit: Il a en lui des sentiments de haine ou d'aversion. Il hait ou déteste ceux qui divulguent les fautes des autres hommes; il déteste ceux qui, occupant les rangs les plus bas de la société, calomnient leurs supérieurs; il déteste les braves et les forts qui ne tiennent aucun compte des rites; il déteste les audacieux et les téméraires qui s'arrêtent au milieu de leurs entreprises sans avoir le cœur de les achever.
[Tseu-koung] dit: C'est aussi ce que moiSse, je déteste cordialement. Je déteste ceux qui prennent tous les détours, toutes les précautious possibles pour être considérés comme des hommes d'une prudence accomplie; je déteste ceux qui rejettent toute soumission, toute règle de discipline, afin de passer pour braves et courageux; je déteste ceux qui révèlent les défauts secrets des autres, afin de passer pour droits et sincères.
25. Le Philosophe dit: Ce sont les servantes et les domestiques qui sont les plus difficiles à entretenir. Les traitez-vous comme des proches, alors ils sont insoumis; les tenez-vous éloignés, ils conçoivent de la haine et des ressentiments.
26. Le Philosophe dit: Si, parvenu à l'âge de quarante ans [l'âge de la maturité de la raison], on s'attire encore la réprobation [des sages], c'en est fait, il n'y a plus rien à espérer.
[41]C'est-à-dire qu'il introduira dans l'État deLou, situé à l'orient de celui desTcheou, les sages doctrines de l'antiquité conservées dans ce dernier État.
[41]C'est-à-dire qu'il introduira dans l'État deLou, situé à l'orient de celui desTcheou, les sages doctrines de l'antiquité conservées dans ce dernier État.
[42]Nom de cité.
[42]Nom de cité.
[43]Homme du royaume deLou.
[43]Homme du royaume deLou.
[44]C'était un usage de renouveler le feu à chaque saison.
[44]C'était un usage de renouveler le feu à chaque saison.
1.Weï-tseu[45]ayant résigné ses fonctions,Ki-tseu[46]devint l'esclave (deCheou-sin).Pi-kanlit des remontrances, et fut mis à mort.KHOUNG-TSEUdit: La dynastieYn(ouChang) eut trois hommes doués de la grande vertu de l'humanité[47].
2.Lieou-hia-hoeïexerçait l'emploi de chef des prisons de l'État; il fut trois fois destitué de ses fonctions. Une personne lui dit: Et vous n'avez pas encore quitté ce pays? Il répondit: Si je sers les hommes selon l'équité et la raison, comment trouverais-je un pays où je ne serais pas trois fois destitué de mes fonctions? Si je sers les hommes contrairement à l'équité et à la raison, comment devrais-je quitter le pays où sont mon père et ma mère?
3.King-kong, prince deThsi, s'occupant de la manière dont il recevraitKHOUNG-TSEU, dit: «Je ne puis le recevoir avec les mêmes égards que j'ai eus enversKi-chi[48]. Je le recevrai d'une manière intermédiaire entreKietMeng[49].» Il ajouta: «Je suis vieux, je ne pourrais pas utiliser sa présence.»KHOUNG-TSEUse remit en route pour une autre destination.
4. Les ministres du prince deThsiavaient envoyé des musiciennes au prince deLou. Ki-hoan-tseu(grand fonctionnaire deLou) les reçut; mais pendant trois jours elles ne furent pas présentées à la cour.KHOUNG-TSEUs'éloigna [parce que sa présence gênait la cour].
5. Le sotTsie-yu, de l'État deThsou, en faisant passer son char devant celui deKHOUNG-TSEU, chantait ces mots: «Oh! le phénix! oh! le phénix! comme sa vertu est en décadence! Les choses passées ne sont plus soumises à sa censure; les choses futures ne peuvent se conjecturer. Arrêtez-vous donc! arrêtez-vous donc! Ceux qui maintenant dirigent les affaires publiques sont dans un éminent danger!»
KHOUNG-TSEUdescendit de son char dans le dessein de parler à cet homme; mais celui-ci s'éloigna rapidement, et le Philosophe ne put l'atteindre pour lui parler.
6.Tchang-tsiuetKi-nieétaient ensemble à labourer la terre.KHOUNG-TSEU, passant auprès d'eux, envoyaTseu-louleur demander où était le gué [pour passer la rivière].
Tchang-tsiudit: Quel est cet homme qui conduit le char?Tseu-loudit: C'estKHOUNG-KHIEOU. L'autre ajouta: C'estKHOUNG-KHIEOUdeLou?—C'est lui-même.—Si c'est lui, il connaît le gué.
[Tseu-lou] fit la même demande àKi-nie. Ki-niedit: Mon fils, qui êtes-vous? Il répondit: Je suisTching-yeou.—Êtes-vous un des disciples deKHOUNG-KHIEOUdeLou?Il répondit respectueusement: Oui.—Oh! l'empire tout entier se précipite comme un torrent vers sa ruine, et il ne se trouve personne pour le changer, le réformer! Et vous, vous êtes le disciple d'un maître qui ne fuit que les hommes [qui ne veulent pas l'employer][50]. Pourquoi ne vous faites-vous pas le disciple des maîtres qui fuient le siècle [comme nous]?—Et le laboureur continua à semer son grain.
Tseu-loualla rapporter ce qu'on lui avait dit. Le Philosophe s'écria en soupirant: Les oiseaux et les quadrupèdes ne peuvent se réunir pour vivre ensemble; si je n'avais pas de tels hommes pour disciples, qui aurais-je? Quand l'empire a de bonnes lois et qu'il est bien gouverné, je n'ai pas à m'occuper de le réformer.
7.Tseu-louétant resté en arrière de la suite du Philosophe, il rencontra un vieillard portant une corbeille suspendue à un bâton.Tseu-loul'interrogea en disant: Avez-vous vu notre maître? Le vieillard répondit: Vos quatre membres ne sont pas accoutumés à la fatigue; vous ne savez pas faire la distinction des cinq sortes de grains: quel est votre maître? En même temps il planta son bâton en terre, et s'occupa à arracher des racines.
Tseu-loujoignit les mains sur sa poitrine en signe de respect, et se tint debout près du vieillard.
Ce dernier retintTseu-louavec lui pour passer la nuit. Il tua une poule, prépara un petit repas, et lui offrit à manger. Il lui présenta ensuite ses deux fils.
Le lendemain, lorsque le jour parut,Tseu-louse mit en route pour rejoindre son maître, et l'instruire de ce qui lui était arrivé. Le Philosophe dit: C'est un solitaire qui vit dans la retraite. Il fit ensuite retournerTseu-loupour le voir. Mais lorsqu'il arriva, le vieillard était parti [afin de dérober ses traces].
Tseu-loudit: Ne pas accepter d'emploi public est contraire à la justice. Si on se fait une loi de ne pas violer l'ordre des rapports qui existent entre les différents âges, comment serait-il permis de violer la loi de justice, bien plus importante, qui existe entre les ministres et le prince[51]? Désirant conserver pure sa personne, on porte le trouble et la confusion dans les grands devoirs sociaux. L'homme supérieur qui accepte un emploi public remplit son devoir. Les principes de la droite raison n'étant pas mis en pratique, il le sait [et il s'efforce d'y remédier].
8. Des hommes illustres sans emplois publics furentPe-y, Chou-thsi(prince deKou-tchou),Yu-tchoung(le même queTaï-pé, du pays desManou barbares du midi),Y-ye, Tchou-tchang, Lieou-hia-hoeïetChao-lien(barbares de l'est).
Le Philosophe dit: N'abandonnèrent-ils jamais leurs résolutions, et ne déshonorèrent-ils jamais leur caractère,Pe-yetChou-thsi?On dit queLieou-hia-hoeïetChao-lienne soutinrent pas jusqu'au bout leurs résolutions, et qu'ils déshonorèrent leur caractère. Leur langage était en harmonie avec la raison et la justice, tandis que leurs actes étaient en harmonie avec les sentiments des hommes. Mais en voilà assez sur ces personnes et sur leurs actes.
On dit queYu-tchoungetY-yehabitèrent dans le secret de la solitude, et qu'ils répandirent hardiment leur doctrine. Ils conservèrent à leur personne toute sa pureté; leur conduite se trouvait en harmonie avec leur caractère insociable, et était conforme à la raison.
Quant à moi, je diffère de ces hommes; je ne dis pas d'avance: Cela se peut, cela ne se peut pas.
9. L'intendant en chef de la musique de l'État deLou,nomméTchi, se réfugia dans l'État deThsi.
Le chef de la seconde tablée ou troupe,Kan, se réfugia dans l'État deTsou. Le chef de la troisième troupe,Liao, se réfugia dans l'État deThsai. Le chef de la quatrième troupe,Kiouë, se réfugia dans l'État deThsin.
Celui qui frappait le grand tambour,Fang-chou, se retira dans une île duHoang-ho.
Celui qui frappait le petit tambour,Wou, se retira dans le pays deHan.
L'intendant en second, nomméYang, et celui qui jouait des instruments de pierre, nomméSiang, se retirèrent dans une île de la mer.
10.Tcheou-koung(le prince deTcheou) s'adressa àLou-koung(le prince deLou), en disant: L'homme supérieur ne néglige pas ses parents et ne les éloigne pas de lui; il n'excite pas des ressentiments dans le cœur de ses grands fonctionnaires, en ne voulant pas se servir d'eux; il ne repousse pas, sans de graves motifs, les anciennes familles de dignitaires, et il n'exige pas toutes sortes de talents et de services d'un seul homme.
11. Les [anciens]Tcheouavaient huit hommes accomplis; c'étaientPe-ta, Pe-kouo, Tchoung-to, Tchoung-kouë, Chou-ye, Chou-hia, Ki-souï, Ki-wa.
[45]Prince feudataire de l'État deWeï, frère du tyranCheou-sin. Voyez notreRésumé historique de l'histoire et de la civilisation chinoises, etc., pag. 70 et suiv.
[45]Prince feudataire de l'État deWeï, frère du tyranCheou-sin. Voyez notreRésumé historique de l'histoire et de la civilisation chinoises, etc., pag. 70 et suiv.
[46]Oncle deCheou-sin, ainsi quePi-kan, que le premier fit périr de la manière la plus cruelle, Voyez l'ouvrage cité, p 70, 2ecol.
[46]Oncle deCheou-sin, ainsi quePi-kan, que le premier fit périr de la manière la plus cruelle, Voyez l'ouvrage cité, p 70, 2ecol.
[47]Weï-tseu, Ki-tseu, etPi-kan.
[47]Weï-tseu, Ki-tseu, etPi-kan.
[48]Grand de premier ordre de l'État deLou.
[48]Grand de premier ordre de l'État deLou.
[49]Grand du dernier ordre de l'État deLou.
[49]Grand du dernier ordre de l'État deLou.
[50]Commentaire chinois.
[50]Commentaire chinois.
[51]Si l'homme a des devoirs de famille à remplir, il a aussi des devoirs sociaux plus importants, et auxquels il ne peut se soustraire sans faillir; tel est celui d'occuper des fonctions publiques lorsque l'on peut être utile à son pays. C'est manquer à ce devoir que de s'éloigner de la vie politique et de se retirer dans la retraite lorsque ses services peuvent être utiles. Voila la pensée d'un philosophe chinois, qui avait à combattre des sectateurs d'une doctrine contraire. Voyez notre édition duLivre de la Raison suprême et de la Vertu, du philosopheLAO-TSEU, le contemporain deKHOUNG-TSEU.
[51]Si l'homme a des devoirs de famille à remplir, il a aussi des devoirs sociaux plus importants, et auxquels il ne peut se soustraire sans faillir; tel est celui d'occuper des fonctions publiques lorsque l'on peut être utile à son pays. C'est manquer à ce devoir que de s'éloigner de la vie politique et de se retirer dans la retraite lorsque ses services peuvent être utiles. Voila la pensée d'un philosophe chinois, qui avait à combattre des sectateurs d'une doctrine contraire. Voyez notre édition duLivre de la Raison suprême et de la Vertu, du philosopheLAO-TSEU, le contemporain deKHOUNG-TSEU.
1.Tseu-tchangdit: L'homme qui s'est élevé au-dessus des autres par les acquisitions de son intelligence[53]prodigue sa vie à la vue du danger. S'il voit des circonstances propres à lui faire obtenir des profits, il médite sur la justice et le devoir. En offrant un sacrifice, il médite sur le respect et la gravité, qui en sont inséparables. En accomplissant des cérémonies funèbres, il médite sur les sentiments de regret et de douleur qu'il éprouve. Ce sont là les devoirs qu'il se plaît à remplir.
2.Tseu-tchangdit: Ceux qui embrassent la vertu sans lui donner aucun développement; qui ont su acquérir la connaissance des principes de la droite raison sans pouvoir persévérer dans sa pratique: qu'importe au monde que ces hommes aient existé ou qu'ils n'aient pas existé?
3. Les disciples deTseu-hiademandèrent àTseu-tchangce que c'était que l'amitié ou l'association des amis.Tseu-tchangdit: Qu'en pense votre maîtreTseu-hia? [Les disciples] répondirent avec respect:Tseu-hiadit que ceux qui peuvent se lier utilement par les liens de l'amitié s'associent, et que ceux dont l'association serait nuisible ne s'associent pas.Tseu-tchangajouta: Cela diffère de ce que j'ai entendu dire. J'ai appris que l'homme supérieur honorait les sages et embrassait dans son affection toute la multitude; qu'il louait hautement les hommes vertueux et avait pitié de ceux qui ne l'étaient pas. Suis-je un grand sage; pourquoi, dans mes relations avec les hommes, n'aurais-je pas une bienveillance commune pour tous? Ne suis-je pas un sage; les hommes sages (dans votre système) me repousseront. S'il en est ainsi, pourquoi repousser de soi certains hommes?
4.Tseu-hiadit: Quoique certaines professions de la vie soient humbles[54], elles sont cependant véritablement dignes de considération. Néanmoins, si ceux qui suivent ces professions veulent parvenir à ce qu'il y a de plus éloigné de leur état[55], je crains qu'ils ne puissent réussir. C'est pourquoi l'homme supérieur ne pratique pas ces professions inférieures.
5.Tseu-hiadit: Celui qui chaque jour acquiert des connaissances qui lui manquaient, et qui chaque mois n'oublie pas ce qu'il a pu apprendre, peut être dit aimer l'étude.
6.Tseu-hiadit: Donnez beaucoup d'étendue à vos études, et portez-y une volonté ferme et constante. Interrogez attentivement, et méditez à loisir sur ce que vous avez entendu. La vertu de l'humanité, la vertu supérieure est là.
7.Tseu-hiadit: Tous ceux qui pratiquent les arts manuels s'établissent dans des ateliers pour confectionner leurs ouvrages; l'homme supérieur étudie pour porter à la perfection les règles des devoirs.
8.Tseu-hiadit: Les hommes vicieux déguisent leurs fautes sous un certain dehors d'honnêteté.
9.Tseu-hiadit: L'homme supérieur a trois apparences changeantes: si on le considère de loin, il parait grave, austère; si on approche de lui, on le trouve doux et affable; si on entend ses paroles, il paraît sévère et rigide.
10.Tseu-hiadit: Ceux qui remplissent les fonctions supérieures d'un État se concilient d'abord la confiance de leur peuple pour obtenir de lui le prix de ses sueurs; s'ils n'obtiennent pas sa confiance, alors ils sont considérés comme le traitant d'une manière cruelle. Si le peuple a donné à son prince des preuves de sa fidélité, il peut alors lui faire des remontrances; s'il n'a pas encore donné des preuves de sa fidélité, il sera considéré comme calomniant son prince.
11.Tseu-hiadit: Dans les grandes entreprises morales, ne dépassez pas le but; dans les petites entreprises morales, vous pouvez aller au delà ou rester en deçà sans de grands inconvénients.
12.Tseu-yeoudit: Les disciples deTseu-hiasont de petits enfants; ils peuvent arroser, balayer, répondre respectueusement, se présenter avec gravité et se retirer de même. Ce ne sont là que les branches ou les choses les moins importantes; mais la racine de tout, la chose la plus importante, leur manque complètement[56]. Que faut-il donc penser de leur science?
Tseu-hia, ayant entendu ces paroles, dit: Oh!Yan-yeouexcède les bornes. Dans l'enseignement des doctrines de l'homme supérieur, que doit-on enseigner d'abord, que doit-on s'efforcer d'inculquer ensuite? Par exemple, parmi les arbres et les plantes, il y a différentes classes qu'il faut distinguer. Dans renseignement des doctrines de l'homme supérieur, comment se laisser aller à la déception? Cet enseignement a un commencement et une fin; c'est celui du saint homme.
13.Tseu-hiadit: Si pendant que l'on occupe un emploi public on a du temps et des forces de reste, alors on doit s'appliquer à l'étude de ses devoirs; quand un étudiant est arrivé au point d'avoir du temps et des forces de reste, il doit alors occuper un emploi public.
14.Tseu-yeoudit: Lorsqu'on est en deuil de ses père et mère, on doit porter l'expression de sa douleur à ses dernières limites, et s'arrêter là.
15.Tseu-yeoudit: Mon amiTchangse jette toujours dans les plus difficiles entreprises; cependant il n'a pas encore pu acquérir la vertu de l'humanité.
10.Thsêng-tseudit: QueTchanga la contenance grave et digne! cependant il ne peut pas pratiquer avec les hommes la vertu de l'humanité!
17.Thsêng-tseudit: J'ai entendu dire au maître qu'il n'est personne qui puisse épuiser toutes les facultés de sa nature. Si quelqu'un le pouvait, ce devrait être dans l'expression de la douleur pour la perte de ses père et mère.
18.Thsêng-tseudit: J'ai entendu souvent le maître parler de la piété filiale deMeng-tchouang-tseu. [Ce grand dignitaire de l'État deLou] peut être imité dans ses autres vertus; mais, après la mort de son père, il ne changea ni ses ministres ni sa manière de gouverner; et c'est en cela qu'il est difficile à imiter.
19. LorsqueMeng-chi(Meng-tchouang-tseu) nommaYang-fouministre de la justice,Yang-fouconsultaThsêng-tseu[son maître] sur la manière dont il devait se conduire.Thsêng-tseudit: Si les supérieurs qui gouvernent perdent la voie de la justice et du devoir, le peuple se détache également du devoir et perd pour longtemps toute soumission. Si vous acquérez la preuve qu'il a de tels sentiments de révolte contre les lois, alors ayez compassion de lui, prenez-le en pitié et ne vous en réjouissez jamais.
20.Tseu-koungdit: La perversité deCheou-(sin) ne fut pas aussi extrême qu'on l'a rapporté. C'est pour cela que l'homme supérieur doit avoir en horreur de demeurer dans des lieux immondes; tous les vices et les crimes possibles lui seraient imputés.
21.Tseu-koungdit: Les erreurs de l'homme supérieur sont comme des éclipses du soleil et de la lune. S'il commet des fautes, tous les hommes les voient; s'il se corrige, tous les hommes le contemplent.
22.Kong-sun-tchao, grand de l'État deWeï, questionnaTseu-koungen ces termes: A quoi ont servi les études deTchoung-ni[KHOUNG-TSEU]?
Tseu-koungdit: Les doctrines des [anciens rois]WenetWoune se sont pas perdues sur la terre; elles se sont maintenues parmi les hommes. Les sages ont conservé dans leur mémoire leurs grands préceptes de conduite; et ceux qui étaient avancés dans la sagesse ont conservé dans leur mémoire les préceptes de morale moins importants qu'ils avaient laissés au monde. Il n'est rien qui ne se soit conservé des préceptes et des doctrines salutaires deWenet deWou. Comment le maître ne les aurait-il pas étudiés? et même comment n'aurait-il eu qu'un seul et unique précepteur?
23.Chou-sun, du rang deWou-chou[grand de l'État deLou], s'entretenant avec d'autres dignitaires du premier ordre à la cour du prince, dit:Tseu-koungest bien supérieur en sagesse àTchoung-ni.
Tseu-fou, du rang deKing-pe[grand dignitaire de l'État deLou], en informaTseu-koung. Tseu-koungdit: Pour me servir de la comparaison d'un palais et de ses murs, moiSse, je ne suis qu'un mur qui atteint à peine aux épaules; mais, si vous considérez attentivement tout l'édifice, vous le trouverez admirable.
Les murs de l'édifice de mon maître sont très-élevés. Si vous ne parvenez pas à en franchir la porte, vous ne pourrez contempler toute la beauté du temple des ancêtres, ni les richesses de toutes les magistratures de l'État.
Ceux qui parviennent à franchir cette porte sont quelques rares personnes. Les propos de mon supérieur [Wou-chou, relativement àKHOUNG-TSEUet à lui] ne sont-ils pas parfaitement analogues?
24.Chou-sun Wou-chouayant de nouveau rabaissé le mérite deTchoung-ni, Tseu-koungdit: N'agissez pas ainsi;Tchoung-nine doit pas être calomnié. La sagesse des autres hommes est une colline ou un monticule que l'on peut franchir;Tchoung-niest le soleil et la lune, qui ne peuvent pas être atteints et dépassés. Quand même les hommes [qui aiment l'obscurité] désireraient se séparer complétement de ces astres resplendissants, quelle injure feraient-ils au soleil et à la lune? Vous voyez trop bien maintenant que vous ne connaissez pas la mesure des choses.
25.Tching-tseu-king(disciple deKHOUNG-TSEU), s'adressant àTseu-koung, dit: Vous avez une constance grave et digne; en quoiTchoung-niest-il plus sage que vous?
Tseu-koungdit: L'homme supérieur, par un seul mot qui lui échappe, est considéré comme très-éclairé sur les principes des choses; et par un seul mot il est considéré comme ne sachant rien. On doit donc mettre une grande circonspection dans ses paroles.
Notre maître ne peut pas être atteint [dans son intelligence supérieure]; il est comme le ciel, sur lequel on ne peut monter, même avec les plus hautes échelles.
Si notre maître obtenait de gouverner des États, il n'avait qu'à dire [au peuple]: Etablissez ceci, aussitôt il l'établissait; suivez cette voie morale, aussitôt il la suivait; conservez la paix et la tranquillité, aussitôt il se rendait à ce conseil; éloignez toute discorde, aussitôt l'union et la concorde régnaient. Tant qu'il vécut, les hommes l'honorèrent; après sa mort, ils l'ont regretté et pleuré. D'après cela, comment pouvoir atteindre à sa haute sagesse?
[52]Ce chapitre ne rapporte que les dits des disciples deKHOUNG-TSEU. Ceux deTseu-hiasont les plus nombreux; ceux deTseu-koung, après. (Commentaire.)
[52]Ce chapitre ne rapporte que les dits des disciples deKHOUNG-TSEU. Ceux deTseu-hiasont les plus nombreux; ceux deTseu-koung, après. (Commentaire.)
[53]Tel est le sens du motsse, donné par quelques commentateurs chinois.
[53]Tel est le sens du motsse, donné par quelques commentateurs chinois.
[54]Comme celles de laboureur, jardinier, médecin, etc. (Commentaire.)
[54]Comme celles de laboureur, jardinier, médecin, etc. (Commentaire.)
[55]Comme le gouvernement du royaume, la pacification de l'empire, etc. (Commentaire.)
[55]Comme le gouvernement du royaume, la pacification de l'empire, etc. (Commentaire.)
[56]Voyez leTa-hio, chap. I, les articles1-5.
[56]Voyez leTa-hio, chap. I, les articles1-5.
1.Yaodit: OChun!le ciel a résolu que la succession de la dynastie impériale reposerait désormais sur votre personne. Tenez toujours fermement et sincèrement le milieu de la droite voie. Si les peuples qui sont situés entre les quatre mers souffrent de la disette et de la misère, les revenus du prince seront à jamais supprimés.
Chunconfia aussi un semblable mandat àYu. [Celui-ci] dit: Moi humble et pauvreLi, tout ce que j'ose, c'est de me servir d'un taureau noir [dans les sacrifices]; tout ce que j'ose, c'est d'en instruire l'empereur souverain et auguste. S'il a commis des fautes, n'osé-je [moi, son ministre] l'en blâmer? Les ministres naturels de l'empereur [les sages de l'empire][57]ne sont pas laissés dans l'obscurité; ils sont tous en évidence dans le cœur de l'empereur. Ma pauvre personne a beaucoup de défauts qui ne sont pas communs [aux sages] des quatre régions de l'empire. Si les [sages] des quatre régions de l'empire ont des défauts, ces défauts existent également dans ma pauvre personne.
Tcheou(Wou-wang) eut une grande libéralité; les hommes vertueux furent à ses yeux les plus éminents.
[Il disait]: Quoique l'on ait des parents très-proches [comme des fils et des petits-fils], il n'est rien comme des hommes doués de la vertu de l'humanité[58]! je voudrais que les fautes de tout le peuple retombassent sur moi seul.
[Wou-wang] donna beaucoup de soin et d'attention aux poids et mesures. Il examina les lois et les constitutions, rétablit dans leurs emplois les magistrats qui en avaient été privés, et l'administration des quatre parties de l'empire fut remise en ordre.
Il releva les royaumes détruits [il les rétablit et les rendit à leurs anciens possesseurs][59]; il renoua le fil des générations interrompues [il donna des rois aux royaumes qui n'en avaient plus][60]; il rendit leurs honneurs à ceux qui avaient été exilés. Les populations de l'empire revinrent d'elles-mêmes se soumettre à lui.
Ce qu'il regardait comme de plus digne d'attention et de plus important, c'était l'entretien du peuple, les funérailles et les sacrifices aux ancêtres.
Si vous avez de la générosité et de la grandeur d'àme, alors vous vous gagnez la foule; si vous avez de la sincérité et de la droiture, alors le peuple se confie à vous; si vous êtes actif et vigilant, alors toutes vos affaires ont d'heureux résultats; si vous portez un égal intérêt à tout le monde, alors le peuple est dans la joie.
2.Tseu-tchangfit une question àKHOUNG-TSEUen ces termes: Comment pensez-vous que l'on doive diriger les affaires de l'administration publique? Le Philosophe dit: Honorez les cinq choses excellentes[61], fuyez les quatre mauvaises actions[62]; voilà comment vous pourrez diriger les affaires de l'administration publique.Tseu-tchangdit: Qu'appelez-vous les cinq choses excellentes? Le Philosophe dit: L'homme supérieur [qui commande aux autres] doit répandre des bienfaits, sans être prodigue; exiger des services du peuple, sans soulever ses haines; désirer des revenus suffisants, sans s'abandonner à l'avarice et à la cupidité; avoir de la dignité et de la grandeur, sans orgueilleuse ostentation, et de la majesté sans rudesse.
Tseu-tchangdit: Qu'entendez-vous par être bienfaisant sans prodigalité? Le Philosophe dit: Favoriser continuellement tout ce qui peut procurer des avantages au peuple, en lui faisant du bien, n'est-ce pas là être bienfaisant sans prodigalité? Déterminer, pour les faire exécuter par le peuple, les corvées qui sont raisonnablement nécessaires, et les lui imposer: qui pourrait s'en indigner? Désirer seulement tout ce qui peut être utile à l'humanité, et l'obtenir, est-ce là de la cupidité? Si l'homme supérieur [ou le chef de l'État] n'a ni une trop grande multitude de populations, ni un trop petit nombre; s'il n'a ni de trop grandes ni de trop petites affaires; s'il n'ose avoir de mépris pour personne: n'est-ce pas là le cas d'avoir de la dignité sans ostentation? Si l'homme supérieur compose régulièrement ses vêtements, s'il met de la gravité et de la majesté dans son attitude et sa contenance, les hommes le considéreront avec respect et vénération; n'est-ce pas là de la majesté sans rudesse?
Tseu-tchangdit: Qu'en tendez-vous par les quatre mauvaises actions? Le Philosophe dit: C'est ne pas instruire le peuple et le tuer [moralement, en le laissant tomber dans le mal][63]: on appelle cela cruauté ou tyrannie; c'est ne pas donner des avertissements préalables, et vouloir exiger une conduite parfaite: on appelle cela violence, oppression; c'est différer de donner ses ordres, et vouloir l'exécution d'une chose aussitôt qu'elle est résolue: on appelle cela injustice grave; de même que, dans ses rapports journaliers avec les hommes, montrer une sordide avarice, on appelle cela se comporter comme un collecteur d'impôts.
3. Le Philosophe dit: Si l'on ne se croit pas chargé de remplir une mission, un mandat, on ne peut pas être considéré comme un homme supérieur.
Si l'on ne connaît pas les rites ou les lois qui règlent les relations sociales, on n'a rien pour se fixer dans sa conduite.
Si l'on ne connaît pas la valeur des paroles des hommes, on ne les connaît pas eux-mêmes.