[3]Partie occupée par les femmes.
[3]Partie occupée par les femmes.
[4]Ces deux rois sont placés par les Chinois immédiatement aprèsYaoetChun.
[4]Ces deux rois sont placés par les Chinois immédiatement aprèsYaoetChun.
[5]La voie de conduite morale que suivirentYaoetChun.
[5]La voie de conduite morale que suivirentYaoetChun.
[6]SectionTa-ya.
[6]SectionTa-ya.
[7]«Docteur qui, pendant que les royaumes étaient en guerre, les parcourait pour répandre sa doctrine.» (Glose.)
[7]«Docteur qui, pendant que les royaumes étaient en guerre, les parcourait pour répandre sa doctrine.» (Glose.)
[8]ChapitreLo-kao.
[8]ChapitreLo-kao.
[9]Pour visiter lui-mêmeMENG-TSEU, considéré comme son supérieur par sa sagesse.
[9]Pour visiter lui-mêmeMENG-TSEU, considéré comme son supérieur par sa sagesse.
[10]Glose.
[10]Glose.
[11]Littéralement,en haut et en bas.
[11]Littéralement,en haut et en bas.
[12]«Par le motjin(humanité), ditTchou-hi, il indique un état du cœur sans passions ou intérêts privés, et comprenant en soi la raison céleste.»
[12]«Par le motjin(humanité), ditTchou-hi, il indique un état du cœur sans passions ou intérêts privés, et comprenant en soi la raison céleste.»
[13]«Deux hommes qui, étant ministres du roi deThsi. avaient été tués dans un combat parKiu.» (Glose.)
[13]«Deux hommes qui, étant ministres du roi deThsi. avaient été tués dans un combat parKiu.» (Glose.)
[14]Kouenfait allusion àMENG-TSEU.
[14]Kouenfait allusion àMENG-TSEU.
[15]Il fait allusion àKouen.
[15]Il fait allusion àKouen.
[16]«MENG-TSEUdésigneHouan, Koungou prince deThsi; Wan, deTçin; Mou, deTchin; Siang, deSoung; Tchouang, deThsou.» (Glose.)
[16]«MENG-TSEUdésigneHouan, Koungou prince deThsi; Wan, deTçin; Mou, deTchin; Siang, deSoung; Tchouang, deThsou.» (Glose.)
[17]«Il désigneYu, WenetWou(fils) deThang.» (Glose.)
[17]«Il désigneYu, WenetWou(fils) deThang.» (Glose.)
[18]Voyez précédemment, liv. I, chap. II,"O l'admirable question! Quand le fils du Ciel..."
[18]Voyez précédemment, liv. I, chap. II,"O l'admirable question! Quand le fils du Ciel..."
[19]Défense du cumul des emplois publics.
[19]Défense du cumul des emplois publics.
[20]«Il fait allusion auxvilles fortifiées, auxpalais, auxmaisons, etc.» (Glose.)
[20]«Il fait allusion auxvilles fortifiées, auxpalais, auxmaisons, etc.» (Glose.)
[21]«Il fait allusion auxmagistratsetemployés, etc.» (Glose.)
[21]«Il fait allusion auxmagistratsetemployés, etc.» (Glose.)
[22]C'est-à-dire qu'il n'a fait que déverser les eaux dans les royaumes voisins.
[22]C'est-à-dire qu'il n'a fait que déverser les eaux dans les royaumes voisins.
[23]Glose.
[23]Glose.
[24]Littéralement,ceux dont le visage donne toujours un assentiment.
[24]Littéralement,ceux dont le visage donne toujours un assentiment.
[25]Sous le règne deWou-ting, de la dynastie desChang.
[25]Sous le règne deWou-ting, de la dynastie desChang.
[26]SousWen-wang.
[26]SousWen-wang.
[27]Fa-kia. «Ce sont, ditTchou-hi, des ministres (de familles), qui de génération en génération font exécuter les lois (près du prince).»
[27]Fa-kia. «Ce sont, ditTchou-hi, des ministres (de familles), qui de génération en génération font exécuter les lois (près du prince).»
[28]Sse, lettrés, ainsi plusieurs fois définis par les commentateurs chinois.
[28]Sse, lettrés, ainsi plusieurs fois définis par les commentateurs chinois.
1.MENG-TSEUdit: Celui qui développe toutes les facultés de son principe pensant connaît sa nature rationnelle; une fois que l'on connaît sa nature rationnelle, alors on connaît le ciel[1].
Conserver son principe pensant, alimenter sa nature rationnelle, c'est en agissant ainsi que l'on se conforme aux intentions du ciel.
Ne pas considérer différemment une vie longue et une vie courte; s'efforcer d'améliorer sa personne en attendant l'une ou l'autre, c'est en agissant ainsi que l'on constitue le mandat que l'on a reçu du ciel [ou que l'on accomplit sa destinée].
2.MENG-TSEUdit: Il n'arrive rien sans qu'il ne soit décrété par le ciel. Il faut accepter avec soumission ses justes décrets. C'est pourquoi celui qui connaît les justes décrets du ciel ne se placera pas sous un mur qui menace ruine.
Celui qui meurt après avoir pratiqué dans tous ses points la loi du devoir, la règle de conduite morale qui est en nous, accomplit le juste décret du ciel. Celui qui meurt dans les entraves imposées aux criminels n'accomplit pas le juste décret du ciel.
3.MENG-TSEUdit: Cherchez, et alors vous trouverez; négligez tout, et alors vous perdrez tout. C'est ainsi que chercher sert à trouver ou obtenir, si nous cherchons les choses qui sont en nous[2].
Il y a une règle, un principe sûr pour faire ses recherches; il y a une loi fatale dans l'acquisition de ce que l'on cherche. C'est ainsi que chercher ne sert pas à obtenir, si nous cherchons des choses qui sont hors de nous[3].
4.MENG-TSEUdit: Toutes les actions de la vie ont en nous[4]leur principe ou leur raison d'être. Si, après avoir fait un retour sur soi-même, on les trouve parfaitement vraies, parfaitement conformes à notre nature, il n'y a point de satisfaction plus grande.
Si on fait tous ses efforts pour agir envers les autres comme on voudrait les voir agir envers nous, rien ne fait plus approcher de l'humanité, lorsqu'on la cherche, que cette conduite.
5.MENG-TSEUdit: Oh! qu'ils sont nombreux ceux qui agissent sans avoir l'intelligence de leurs actions; qui étudient sans comprendre ce qu'ils étudient; qui, jusqu'à la fin de leurs jours, marchent sans connaître la droite voie!
6.MENG-TSEUdit: L'homme ne peut pas ne point rougir de ses fautes. Si une fois il a honte de ne pas avoir eu honte de ses fautes, il n'aura plus de motifs de honte.
7.MENG-TSEUdit: La pudeur ou la honte est d'une très-grande importance dans l'homme.
Ceux qui exercent les arts de ruses et de fourberies n'éprouvent plus le sentiment de la honte. Ceux qui n'éprouvent plus le sentiment de la honte ne sont plus semblables aux autres hommes. En quoi leur ressembleraient-ils?
8.MENG-TSEUdit: Les sages rois de l'antiquité aimaient la vertu et oubliaient leur autorité. Les sages lettrés de l'antiquité auraient-ils agi seuls d'une manière contraire? Ils se plaisaient à suivre leur droite voie, et ils oubliaient l'autorité des hommes[5]. C'est pourquoi, si les rois et lesKoungou grands vassaux ne leur témoignaient pas des sentiments de respect, s'ils n'observaient pas envers eux toutes les règles de la politesse et de l'urbanité, alors souvent ces princes n'obtenaient pas la faculté de les voir. Par conséquent, si souvent ils n'obtenaient pas la faculté de les voir, à plus forte raison n'auraient-ils pas obtenu d'en faire leurs agents ou leurs sujets.
9.MENG-TSEU, s'adressant àSoung-keou-tsian, dit: Aimez-vous à voyager pour enseigner vos doctrines? moi je vous enseignerai à voyager ainsi.
Si les hommes [les princes] auxquels vous enseignez vos doctrines en prennent connaissance et les pratiquent, conservez un visage tranquille et serein; s'ils ne veulent ni les connaître ni les pratiquer, conservez également un visage tranquille et serein.
Soung-keou-tsiandit: Comment faire pour conserver toujours ainsi un visage tranquille et serein.
MENG-TSEUdit: Si vous avez à vous honorer de votre vertu, si vous avez à vous réjouir de votre équité, alors vous pourrez conserver un visage tranquille et serein.
C'est pourquoi si le lettré [ou l'homme distingué par sa sagesse et ses lumières] se trouve accablé par la misère, il ne perd jamais de vue l'équité; et s'il est promu aux honneurs, il ne s'écarte jamais de la voie droite.
«S'il se trouve accablé par la misère, il ne perd jamais de vue l'équité;» c'est pourquoi l'homme distingué par sa sagesse et ses lumières possède toujours l'empire qu'il doit avoir sur lui-même. «S'il est promu aux honneurs, il ne s'écarte jamais de sa voie droite;» c'est pourquoi le peuple ne perd pas les espérances de bien-être qu'il avait conçues de son élévation.
Si les hommes de l'antiquité[6]obtenaient la réalisation de leurs desseins, ils faisaient participer le peuple aux bienfaits de la vertu et de l'équité. S'ils n'obtenaient pas la réalisation de leurs desseins, ils s'efforçaient d'améliorer leur propre personne, et de se rendre illustres dans leur siècle par leurs vertus. S'ils étaient dans la pauvreté, alors ils ne s'occupaient qu'à améliorer leur personne par la pratique de la vertu. S'ils étaient promus aux honneurs ou aux emplois, alors ils ne s'occupaient qu'à faire régner la vertu et la félicité dans tout l'empire.
10.MENG-TSEUdit: Ceux qui attendent l'apparition d'un roi commeWen-wangpour secouer la torpeur de leur âme et se produire dans la pratique du bien, ceux-là sont des hommes vulgaires. Les hommes distingués par leur sagesse et leurs lumières n'attendent pas l'apparition d'unWen-wangpour se produire.
11.MENG-TSEUdit: Si vous donnez à un homme toutes les richesses et la puissance des familles deHanet deWeï, et qu'il se considère toujours avec la même humilité qu'auparavant, alors cet homme dépasse de beaucoup les autres hommes.
12.MENG-TSEUdit: Si un prince ordonne au peuple des travaux dans le but de lui procurer un bien-être à lui-même, quand même ces travaux seraient très-pénibles, il ne murmurera pas. Si, dans le but de conserver la vie aux autres, il fait périr quelques hommes du peuple, quand même celui-ci verrait mourir quelques-uns des siens, il ne s'irritera pas contre celui qui aura ordonné leur mort.
13.MENG-TSEUdit: Les peuples ou les sujets des chefs des grands vassaux sont contents et joyeux; les sujets des rois souverains sont pleins de joie et de satisfaction[7].
Quoique le prince fasse faire quelques exécutions [nécessaires], le peuple ne s'en irrite pas; quoiqu'il lui procure des avantages, il n'en sent pas le mérite. Le peuple chaque jour fait des progrès dans le bien, et il ne sait pas qui les lui fait faire.
[Au contraire] partout où le sage souverain se transporte, le peuple se convertit au bien; partout où il réside, il agit comme les esprits [d'une manière occulte]. L'influence de sa vertu se répand partout en haut et en bas comme celle du ciel et de la terre. Comment dira-t-on que ce sont là de petits bienfaits [tels que ceux que peuvent conférer les petits princes]?
14.MENG-TSEUdit: Les paroles d'humanité ne pénètrent pas si profondément dans le cœur de l'homme qu'un renom d'humanité; on n'obtient pas aussi bien l'affection du peuple par un bon régime, une bonne administration et de bonnes lois, que par de bons enseignements et de bons exemples de vertu.
Le peuple craint de bonnes lois, une bonne administration; le peuple aime de bons enseignements, de bons exemples de vertu. Par de bonnes lois, une bonne administration, on obtient de bons revenus [ou impôts] du peuple; par de bons enseignements, de bons exemples de vertu, on obtient le cœur du peuple.
15.MENG-TSEUdit: Ce que l'homme peut faire sans études est le produit de ses facultés naturelles[8]; ce qu'il connaît sans y avoir longtemps réfléchi, sans l'avoir médité, est le produit de sa science naturelle[9].
Il n'est aucun enfant de trois ans qui ne sache aimer ses parents; ayant atteint l'âge de cinq ou six ans, il n'en est aucun qui ne sache avoir des égards pour son frère aîné. Aimer ses parents d'un amour filial, c'est de la tendresse; avoir des égards pour son frère aîné, c'est de l'équité. Aucune autre cause n'a fait pénétrer ces sentiments dans les cœurs de tous les habitants de l'empire.
16.MENG-TSEUdit: LorsqueChunhabitait dans les retraites profondes d'une montagne reculée, au milieu des rochers et des forêts; qu'il passait ses jours avec des cerfs et des sangliers, il différait bien peu des autres hommes rustiques qui habitaient les retraites profondes de cette montagne reculée. Mais lui, lorsqu'il avait entendu une parole vertueuse, une parole de bien, ou qu'il avait été témoin d'une action vertueuse, il sentait bouillonner dans son sein les nobles passions du bien, comme les ondes des grands fleuvesKiangetHo, après avoir rompu leurs digues, se précipitent dans les abîmes sans qu'aucune force humaine puisse les contenir!
17.MENG-TSEUdit: Ne faites pas ce que vous ne devez pas faire [comme étant contraire à la raison][10]; ne désirez pas ce que vous ne devez pas désirer. Si vous agissez ainsi, vous avez accompli votre devoir.
18.MENG-TSEUdit: L'homme qui possède la sagacité de la vertu et la prudence de l'art, le doit toujours aux malheurs et aux afflictions qu'il a éprouvés.
Ce sont surtout les ministres orphelins [ou qui sont les fils de leurs propres œuvres] et les enfants naturels[11]qui maintiennent soigneusement toutes les facultés de leur âme dans les circonstances difficiles, et qui mesurent leurs peines jusque dans les profondeurs les plus cuisantes. C'est pourquoi ils sont pénétrants.
19.MENG-TSEUdit: Il y a des hommes qui dans le service de leur prince [comme ministres] ne s'occupent uniquement que de lui plaire et de le rendre satisfait d'eux-mêmes.
Il y a des ministres qui ne s'occupent que de procurer de la tranquillité et du bien-être à l'État; cette tranquillité et ce bien-être seuls les rendent heureux et satisfaits.
Il y a un peuple qui est le peuple du ciel[12], et qui, s'il est appelé à remplir les fonctions publiques, les accepte pour faire le bien, s'il juge qu'il peut le faire.
Il y a de grands hommes, d'une vertu accomplie, qui, par la rectitude qu'ils impriment à toutes leurs actions, rendent tout ce qui les approche [prince et peuple] juste et droit.
20.MENG-TSEUdit: L'homme supérieur éprouve trois contentements; et le gouvernement de l'empire comme souverain n'y est pas compris.
Avoir son père et sa mère encore subsistants, sans qu'aucune cause de trouble et de dissension existe entre le frère aîné et le frère cadet, est le premier de ces contentements.
N'avoir à rougir ni en face du ciel ni en face des hommes est le second de ces contentements.
Être assez heureux pour rencontrer parmi les hommes de sa génération des hommes de talents et de vertus dont on puisse augmenter les vertus et les talents par ses instructions, est le troisième de ces contentements.
Voilà les trois contentements de l'homme supérieur; et le gouvernement de l'empire comme souverain n'y est pas compris.
21.MENG-TSEUdit: L'homme supérieur désire un ample territoire et un peuple nombreux; mais il ne trouve pas là un véritable sujet de contentement.
L'homme supérieur se complaît, en demeurant dans l'empire, à pacifier et rendre stables les populations situées entre les quatre mers; mais ce qui constitue sa nature n'est pas là.
Ce qui constitue la nature de l'homme supérieur n'est pas augmenté par un grand développement d'action, n'est pas diminué par un long séjour dans l'état de pauvreté et de dénûment, parce que la portion [de substance rationnelle qu'il a reçue du ciel][14]est fixe et immuable.
Ce qui constitue la nature de l'homme supérieur: l'humanité, l'équité, l'urbanité, la prudence, ont leur fondement dans le cœur [ou le principe pensant]. Ces attributs de notre nature se produisent dans l'attitude, apparaissent dans les traits du visage, couvrent les épaules et se répandent dans les quatre membres; les quatre membres les comprennent sans les enseignements de la parole.
22.MENG-TSEUdit: LorsquePe-i[15], fuyant la tyrannie deCheou-(sin), habitait les bords de la mer septentrionale, il apprit l'élévation deWen-wang[16]; et se levant avec émotion il dit: Pourquoi n'irais-je pas me soumettre à lui? J'ai entendu dire que le chef des grands vassaux de l'occident excellait dans la vertu d'entrenir les vieillards.
LorsqueTaï-kong, fuyant la tyrannie deCheou-(sin),habitait les bords de la mer orientale, il apprit l'élévation deWen-wang; et, se levant avec émotion, il dit: Pourquoi n'irais-je pas me soumettre à lui? J'ai entendu dire que le chef des grands vassaux de l'occident excellait dans la vertu d'entretenir les vieillards.
S'il se trouve dans l'empire un homme qui ait la vertu d'entretenir les vieillards, alors tous les hommes pleins d'humanité s'empresseront d'aller se soumettre à lui.
Si dans une habitation de cinq arpents de terre vous plantez des mûriers au pied des murs, et que la femme de ménage élève des vers à soie, alors les vieillards pourront se couvrir de vêtements de soie; si vous nourrissez cinq poules et deux porcs femelles, et que vous ne négligiez pas les saisons [de l'incubation et de la conception], alors les vieillards pourront ne pas manquer de viande. Si un simple particulier cultive un champ de cent arpents, une famille de huit bouches pourra ne pas souffrir de la faim.
Ces expressions [des deux vieillards],le chef des vassaux de l'occident excelle dans la vertu d'entretenir les vieillards, signifiaient qu'il savait constituer à chacun une propriété privée composée d'un champ [de cent arpents][17]et d'une habitation [de cinq][18]; qu'il savait enseigner aux populations l'art de planter [des mûriers] et de nourrir [des poules et des pourceaux]; qu'en dirigeant par l'exemple les femmes et les enfants, il les mettait à même de nourrir et d'entretenir leurs vieillards. Si les personnes âgées de cinquante ans manquent de vêtements de soie, leurs membres ne seront pas réchauffés. Si les septuagénaires manquent de viande pour aliments, ils ne seront pas bien nourris. N'avoir pas ses membres réchauffés [par ses vêtements], et ne pas être bien nourri, cela s'appelle avoir froid et faim. Parmi les populations soumises àWen-wang, il n'y avait point de vieillards souffrants du froid et de la faim. C'est ce que les expressions citées précédemment veulent dire.
23.MENG-TSEUdit: Si l'on gouverne les populations de manière à ce que leurs champs soient bien cultivés; si on allége les impôts [en n'exigeant que le dixième du produit][19], le peuple pourra acquérir de l'aisance et du bien-être.
S'il prend ses aliments aux heures du jour convenables[20], et qu'il ne dépasse ses revenus que selon les rites prescrits, ses revenus ne seront pas dépassés par sa consommation.
Si le peuple est privé de l'eau et du feu, il ne peut vivre. Si pendant la nuit obscure un voyageur frappe à la porte de quelqu'un pour demander de l'eau et du feu, il ne se trouvera personne qui ne les lui donne, parce que ces choses sont partout en quantité suffisante. Pendant que les saints hommes gouvernaient l'empire, ils faisaient en sorte que les pois et autres légumes de cette espèce, ainsi que le millet, fussent aussi abondants que l'eau et le feu. Les légumes et le millet étant aussi abondants que l'eau et le feu parmi le peuple, comment s'y trouverait-il des hommes injustes et inhumains?
24.MENG-TSEUdit: LorsqueKHOUNG-TSEUgravissait la montagneToung-chan, le royaume deLoului paraissait bien petit; lorsqu'il gravissait la montagneTaï-chan[21], l'empire lui-même lui paraissait bien petit.
C'est ainsi que, pour celui qui a vu les mers, les eaux des rivières et même des fleuves peuvent à peine être considérées comme des eaux; et pour celui qui a passé par la porte des saints hommes [qui a été à leur école], les paroles ou les instructions des autres hommes peuvent à peine être considérées comme des instructions.
Il y a un art de considérer les eaux: on doit les observer dans leurs courants et lorsqu'elles s'échappent de leur source. Quand le soleil et la lune brillent de tout leur éclat, leurs reflets les font scintiller dans leurs profondes cavités.
L'eau courante est un élément de telle nature, que si on ne la dirige pas vers les fossés ou les réservoirs [dans lesquels on veut la conduire], elle ne s'y écoule pas. Il en est de même de la volonté de l'homme supérieur appliquée à la pratique de la droite raison: s'il ne lui donne pas son complet développement, il n'arrivera pas au suprême degré de sainteté.
25.MENG-TSEUdit: Celui qui, se levant au chant du coq, pratique la vertu avec la plus grande diligence, est un disciple deChun.
Celui qui, se levant au chant du coq, s'occupe du gain avec la plus grande diligence, est un disciple du voleurTché.
Si vous voulez connaître la différence qu'il y a entre l'empereurChunet le voleurTché, elle n'est pas ailleurs que dans l'intervalle qui sépare le gain de la vertu.
26.MENG-TSEUdit:Yang-tseufait son unique étude de l'intérêt personnel, de l'amour de soi. Devrait-il arracher un cheveu de sa tête pour procurer quelque avantage public à l'empire, il ne l'arracherait pas.
Me-tseuaime tout le monde; si en abaissant sa tête jusqu'à ses talons il pouvait procurer quelque avantage public à l'empire, il le ferait.
Tseu-motenait le milieu. Tenir le milieu, c'est approcher beaucoup de la droite raison. Mais tenir le milieu sans avoir de point fixe [tel que la tige d'une balance], c'est comme si l'on ne tenait qu'un côté.
Ce qui fait que l'on déteste ceux qui ne tiennent qu'un côté, ou qui suivent une voie extrême, c'est qu'ils blessent la droite raison; et que pendant qu'ils s'occupent d'une chose, ils en négligent ou en perdent cent.
27.MENG-TSEUdit: Celui qui a faim trouve tout mets agréable; celui qui a soif trouve toute boisson agréable: alors l'un et l'autre n'ont pas le sens du goût dans son état normal, parce que la faim et la soif le dénaturent. N'y aurait-il que la bouche et le ventre qui fussent sujets aux funestes influences de la faim et de la soif? Le cœur de l'homme a aussi tous ces inconvénients.
Si les hommes pouvaient se soustraire aux funestes influences de la faim et de la soif, et ne pas dénaturer leur cœur, alors ils ne s'affligeraient pas de ne pouvoir atteindre à la vertu des hommes supérieurs à eux par leur sainteté et leur sagesse.
28.MENG-TSEUdit:Lieou-hia-hoeïn'aurait pas échangé son sort contre celui des trois premiers grands dignitaires de l'empire[22].
29.MENG-TSEUdit: Celui qui s'applique à faire une chose est comme celui qui creuse un puits. Si, après avoir creusé un puits jusqu'à soixante et douze pieds, on ne va pas jusqu'à la source, on est dans le même cas que si on l'avait abandonné.
30.MENG-TSEUdit:YaoetChunfurent doués d'une nature parfaite;ThangetWous'incorporèrent ou perfectionnèrent la leur par leurs propres efforts; les cinq princes chefs des grands vassaux n'en eurent qu'une fausse apparence.
Ayant eu longtemps cette fausse apparence d'une nature accomplie, et n'ayant fait aucun retour vers la droiture, comment auraient-ils su qu'ils ne la possédaient pas?
31.Koung-sun-tcheoudit:Y-yindisait: «Moi je n'ai pas l'habitude de visiter souvent ceux qui ne sont pas dociles [aux préceptes de la raison].» Il reléguaThaï-kiadans le palais où était élevé le tombeau de son père, et le peuple en fut très-satisfait.Thaï-kias'étant corrigé, il le fit revenir à la cour, et le peuple en éprouva une grande joie.
Lorsqu'un sage est ministre de quelque prince, si ce prince n'est pas sage [ou n'est pas docile aux conseils de la raison][23], peut-il, à l'exemple deY-yin, le reléguer loin du siége du gouvernement?
MENG-TSEUdit: S'il a les intentions deY-yin[c'est-à-dire son amour du bien public][24], il le peut; s'il n'a pas les intentions deY-yin, c'est un usurpateur.
32.Koung-sun-tcheoudit: On lit dans leLivre des Vers[25]:
«Que personne ne mange inutilement[26].»
«Que personne ne mange inutilement[26].»
L'homme supérieur ne laboure pas, et cependant il mange; pourquoi cela?
MENG-TSEUdit: Lorsqu'un homme supérieur habite un royaume, si le prince l'emploie dans ses conseils, alors l'État est tranquille, le trésor public est rempli, le gouvernement est honoré et couvert de gloire. Si les fils et les frères cadets du royaume suivent les exemples de vertu qu'il leur donne, alors ils deviennent pieux envers leurs parents, pleins de déférence pour leurs aînés, de droiture et de sincérité envers tout le monde. Ce n'est pas làmanger inutilement[les produits ou les revenus des autres]: Qu'y a-t-il au contraire de plus grand et de plus digne?
33.Tian, fils du roi deThsi, fit une question en ces termes: A quoi sert le lettré?
MENG-TSEUdit: Il élève ses pensées.
Tiandit: Qu'appelez-vousélever ses pensées?
MENG-TSEUdit: C'est les diriger vers la pratique de l'humanité, de l'équité et de la justice; et voilà tout. Tuer un innocent, ce n'est pas de l'humanité; prendre ce qui n'est pas à soi, ce n'est pas de l'équité. Quel est le séjour permanent de l'âme? c'est l'humanité. Quelle est sa voie? l'équité. S'il habite l'humanité, s'il marche dans l'équité, les devoirs du grand homme [ou de l'homme d'État] sont remplis.
34.MENG-TSEUdit: Si sans équité vous eussiez donné le royaume deThsiàTchoung-tseu, il ne l'aurait pas accepté. Tous les hommes eurent foi en sa sagesse. Ce refus [d'accepter le royaume deThsi], c'est de l'équité, comme celle de refuser une écuelle de riz cuit ou de bouillon. Il n'y a pas de faute plus grave pour l'homme que d'oublier les devoirs qui existent entre les pères et mères et les enfants, entre le prince et les sujets, entre les supérieurs et les inférieurs[27]. Est-il permis de croire un homme grand et consommé dans la vertu, lorsque sa vertu n'est que médiocre?
35.Tiao-yngfit une question en ces termes: Si pendant queChunétait empereur,Kao-yaoavait été président du ministère de la justice, et queKou-seou[père deChun] eût tué un homme, alors qu'aurait faitKao-yao?
MENG-TSEUrépondit: Il aurait fait observer la loi; et voilà tout.
Tiao-yngdit: S'il avait voulu agir ainsi,Chunne l'en aurait-il pas empêché?
MENG-TSEUdit: CommentChunaurait-il pu l'en empêcher? Il avait reçu cette [loi du ciel[28], avec son mandat, pour la faire exécuter].
Tiao-yngdit: S'il en est ainsi, alors commentChunse serait-il conduit?
MENG-TSEUdit:Chunaurait regardé l'abandon de l'empire comme l'abandon de sandales usées par la marche; et, prenant secrètement son père sur ses épaules[29], il serait allé se réfugier sur une plage déserte de la mer, en oubliant, le cœur satisfait, jusqu'à la fin de sa vie, son empire et sa puissance.
36.MENG-TSEUétant passé de la ville deFandans la capitale du royaume deThsi, il y vit de loin le fils du roi. A cette vue il s'écria en soupirant: Comme le séjour de la cour change l'aspect d'un homme, et comme un régime opulent change sa corpulence! Que le séjour dans un lieu est important! Cependant tous les fils ne sont-ils pas également enfants des hommes?
MENG-TSEUdit: La demeure, l'appartement, les chars, les chevaux, les habillements du fils du roi, ont beaucoup de ressemblance avec ceux des fils des autres hommes; et puisque le fils du roi est tel [que je viens de le voir], il faut que ce soit le séjour à la cour qui l'ait ainsi changé: quelle influence doit donc avoir le séjour de celui qui habite dans la vaste demeure de l'empire!
Le prince deLouétant passé dans le royaume deSoung, il arriva à la porte de la ville deTieï-tche, qu'il ordonna à haute voix d'ouvrir. Les gardiens dirent: «Cet homme n'est pas notre prince; comment sa voix ressemble-t-elle à celle de notre prince?» Il n'y a pas d'autre cause à cette ressemblance, sinon que le séjour de l'un et de l'autre prince se ressemblait[30].
37.MENG-TSEUdit: Si le prince entretient un sage sans avoir de l'affection pour lui, il le traite comme il traite ses pourceaux. S'il a de l'affection pour lui sans lui témoigner le respect qu'il mérite, il l'entretient comme ses propres troupeaux.
Des sentiments de vénération et de respect doivent être témoignés [au sage par le prince] avant de lui offrir des présents.
Si les sentiments de vénération et de respect que le prince lui témoigne n'ont point de réalité, le sage ne peut être retenu près de lui par de vaines démonstrations.
38.MENG-TSEUdit: Les diverses parties saillantes du corps[31]et les sens[32]constituent les facultés de notre nature que nous avons reçues du ciel[33]. Il n'y a que les saints hommes [ou ceux qui parviennent à la perfection] qui puissent donner à ces facultés de notre nature leur complet développement.
39.Siouan-wang, roi deThsi, voulait abréger son temps de deuil.Koung-sun-tcheoului dit: N'est-il pas encore préférable de porter le deuil pendant une année que de s'en abstenir complètement?
MENG-TSEUdit: C'est comme si vous disiez à quelqu'un qui tordrait le bras de son frère aîné: «Pas si vite, pas si vite!» Enseignez-lui la piété filiale, la déférence fraternelle, et bornez-vous à cela.
Le fils du roi étant venu à perdre sa mère, son précepteur sollicita pour lui [de son père] la permission de porter le deuil pendant quelques mois.
Koung-sun-tcheoudit: Pourquoi pendant quelques mois seulement?
MENG-TSEUdit: Le jeune homme avait désiré porter le deuil pendant les trois années prescrites, mais il n'en avait pas obtenu l'autorisation de son père. Quand même il n'aurait obtenu de porter le deuil qu'un jour, c'était encore préférable pour lui à s'abstenir complètement de le porter.
40.MENG-TSEUdit: Les enseignements de l'homme supérieur sont au nombre de cinq.
Il est des hommes qu'il convertit au bien de la même manière que la pluie qui tombe en temps convenable fait croître les fruits de la terre.
Il en est dont il perfectionne la vertu; il en est dont il développe les facultés naturelles et les lumières.
Il en est qu'il éclaire par les réponses qu'il fait à leurs questions.
Il en est enfin qui se convertissent d'eux-mêmes au bien et se rendent meilleurs [entraînés qu'ils sont par son exemple].
Voilà les cinq manières dont l'homme supérieur instruit les hommes.
41.Koung-sun-tcheoudit: Que ces voies [du sage] sont hautes et sublimes! qu'elles sont admirables et dignes d'éloges! La difficulté de les mettre en pratique me parait aussi grande que celle d'un homme qui voudrait monter au ciel sans pouvoir y parvenir. Pourquoi ne rendez-vous pas ces voies faciles, afin que ceux qui veulent les suivre puissent les atteindre, et que chaque jour ils fassent de nouveaux efforts pour en approcher?
MENG-TSEUdit: Le charpentier habile ne change ni ne quitte son aplomb et son cordeau à cause d'un ouvrier incapable.Y, l'habile archer, ne changeait pas la manière de tendre son arc à cause d'un archer sans adresse.
L'homme supérieur apporte son arc, mais il ne tire pas. Les principes de la vertu brillent soudain aux yeux de ceux qui la cherchent [comme un trait de flèche]. Le sage se tient dans la voie moyenne [entre les choses difficiles et les choses faciles][34]; que ceux qui le peuvent le suivent.
42.MENG-TSEUdit: Si dans un empire règnent les principes de la raison, le sage accommode sa personne à ces principes; si dans un empire ne règnent pas les principes de la raison [s'il est dans le trouble et l'anarchie][35], le sage accommode les principes de la raison au salut de sa personne.
Mais je n'ai jamais entendu dire que le sage ait accomodé les principes de la raison ou les ait fait plier aux caprices et aux passions des hommes!
43.Koung-tou-tseudit: Pendant queTheng-keng[36]suivait vos leçons, il paraissait être du nombre de ceux que l'on traite avec urbanité: cependant vous n'avez pas répondu à une question qu'il vous a faite: pourquoi cela?
MENG-TSEUdit: Ceux qui se fient sur leur noblesse ou sur leurs honneurs interrogent; ceux qui se fient sur leur sagesse ou leurs talents interrogent; ceux qui se fient sur leur âge plus avancé interrogent; ceux qui se fient sur les services qu'ils croient avoir rendus à l'État interrogent; ceux qui se fient sur d'anciennes relations d'amitié avec des personnes en charge interrogent: tous ceux-là sont des gens auxquels je ne réponds pas.Theng-kengse trouvait dans deux de ces cas[37].
44.MENG-TSEUdit: Celui qui s'abstient de ce dont il ne doit pas s'abstenir, il n'y aura rien dont il ne s'abstienne; celui qui reçoit avec froideur ceux qu'il devrait recevoir avec effusion de tendresse, il n'y aura personne qu'il ne reçoive froidement; ceux qui s'avancent trop précipitamment reculeront encore plus vite.
45.MENG-TSEUdit: L'homme supérieur ou le sage aime tous les êtres qui vivent[38], mais il n'a point pour eux les sentiments d'humanité qu'il a pour les hommes; il a pour les hommes des sentiments d'humanité, mais il ne les aime pas de l'amour qu'il a pour ses père et mère. Il aime ses père et mère de l'amour filial, et il a pour les hommes des sentiments d'humanité; il a pour les hommes des sentiments d'humanité, et il aime tous les êtres qui vivent.
46.MENG-TSEUdit: L'homme pénétrant et sage n'ignore rien; il applique toutes les forces de son intelligence à apprendre les choses qu'il lui importe de savoir. Quant à l'homme humain, il n'est rien qu'il n'aime; il s'applique de toutes ses forces à aimer ce qui mérite d'être aimé.
YaoetChunétaient sages et pénétrants; toutefois leur pénétration ne s'étendait pas à tous les objets. Ils appliquaient les forces de leur intelligence à ce qu'il y avait de plus important [et négligeaient le reste].YaoetChunétaient pleins d'humanité, mais cette humanité n'allait pas jusqu'à aimer également tous les hommes; ils s'appliquaient principalement à aimer les sages d'un amour filial.
Il est des hommes qui ne peuvent porter le deuil de leurs parents pendant trois ans, et qui s'informent soigneusement du deuil de trois mois ou de celui de cinq; ils mangent immodérément, boivent abondamment, et vous interrogent minutieusement sur le précepte des rites:Ne déchirez pas la chair avec les dents. Cela s'appelle ignorer à quoi il est le plus important de s'appliquer.