[5]Le plus aimé de ses disciples, dont le petit nom étaitYan-youan.
[5]Le plus aimé de ses disciples, dont le petit nom étaitYan-youan.
1. Le Philosophe disait: Les États peuvent être gouvernés avec justice; les dignités et les émoluments peuvent être refusés; les instruments de gains et de profits peuvent être foulés aux pieds: la persévérance dans la voie droite également éloignée des extrêmes ne peut être gardée!
Voilà le neuvième chapitre. Il se rattache au chapitre précédent, et il sert de transition au chapitre suivant. (TCHOU-HI.)
Voilà le neuvième chapitre. Il se rattache au chapitre précédent, et il sert de transition au chapitre suivant. (TCHOU-HI.)
1.Tseu-lou[disciple deKHOUNG-TSEU] interrogea son maître sur la force de l'homme.
2. Le Philosophe répondit: Est-ce sur la force virile des contrées méridionales, ou sur la force virile des contrées septentrionales? Parlez-vous de votre propre force?
3. Avoir des manières bienveillantes et douces pour instruire les hommes; avoir de la compassion pour les insensés qui se révoltent contre la raison: voilà la force virile propre aux contrées méridionales; c'est à elle que s'attachent les sages.
4. Faire sa couche de lames de fer et de cuirasses de peaux de bêtes sauvages; contempler sans frémir les approches de la mort: voilà la force virile propre aux contrées septentrionales, et c'est à elle que s'attachent les braves.
5. Cependant, que la force d'âme du sage qui vit toujours en paix avec les hommes et ne se laisse point corrompre par les passions est bien plus forte et bien plus grande! Que la force d'âme de celui qui se tient sans dévier dans la voie droite également éloignée des extrêmes est bien plus forte et bien plus grande! Que la force d'âme de celui qui, lorsque son pays jouit d'une bonne administration qui est son ouvrage, ne se laisse point corrompre ou aveugler par un sot orgueil, est bien plus forte et bien plus grande! Que la force d'âme de celui qui, lorsque son pays sans lois manque d'une bonne administration, reste immuable dans la vertu jusqu'à la mort, est bien plus forte et bien plus grande!
Voilà le dixième chapitre.
Voilà le dixième chapitre.
1. Le Philosophe disait: Rechercher les principes des choses qui sont dérobées à l'intelligence humaine; faire des actions extraordinaires qui paraissent en dehors de la nature de l'homme; en un mot, opérer des prodiges pour se procurer des admirateurs et des sectateurs dans les siècles à venir: voilà ce que je ne voudrais pas faire.
2. L'homme d'une vertu supérieure s'applique à suivre et à parcourir entièrement la voie droite. Faire la moitié du chemin, et défaillir ensuite, est une action que je ne voudrais pas imiter.
3. L'homme d'une vertu supérieure persévère naturellement dans la pratique du milieu également éloigné des extrêmes. Fuir le monde, n'être ni vu ni connu des hommes, et cependant n'en éprouver aucune peine, tout cela n'est possible qu'au saint.
Voilà le onzième chapitre. Les citations des paroles deKHOUNG-TSEUparTseu-sse, faites dans l'intention d'éclaircir le sens du premier chapitre, s'arrêtent ici. Or le grand but de cette partie du livre est de montrer que laprudenceéclairée, l'humanitéou labienveillance universelle pour les hommes, laforce d'âme, ces trois vertus universelles et capitales, sont la porte par où l'on entre dans la voie droite que doivent suivre tous les hommes. C'est pourquoi ces vertus ont été traitées dans la première partie de l'ouvrage, en les illustrant par l'exemple des actions du grandChun, deYan-youan(ouHoeï, le disciple chéri deKHOUNG-TSEU), et deTseu-lou(autre disciple du même philosophe). DansChun, c'est laprudence éclairée; dansYan-youan, c'estl'humanitéou la bienveillance pour tous les hommes; dansTseu-lou, c'est laforce d'âmeou laforce virile. Si l'une de ces trois vertus manque, alors il n'est plus possible d'établir la règle de conduite morale ou la voie droite, et de rendre la vertu parfaite. On verra le reste dans le vingtième chapitre. (TCHOU-HI.)
Voilà le onzième chapitre. Les citations des paroles deKHOUNG-TSEUparTseu-sse, faites dans l'intention d'éclaircir le sens du premier chapitre, s'arrêtent ici. Or le grand but de cette partie du livre est de montrer que laprudenceéclairée, l'humanitéou labienveillance universelle pour les hommes, laforce d'âme, ces trois vertus universelles et capitales, sont la porte par où l'on entre dans la voie droite que doivent suivre tous les hommes. C'est pourquoi ces vertus ont été traitées dans la première partie de l'ouvrage, en les illustrant par l'exemple des actions du grandChun, deYan-youan(ouHoeï, le disciple chéri deKHOUNG-TSEU), et deTseu-lou(autre disciple du même philosophe). DansChun, c'est laprudence éclairée; dansYan-youan, c'estl'humanitéou la bienveillance pour tous les hommes; dansTseu-lou, c'est laforce d'âmeou laforce virile. Si l'une de ces trois vertus manque, alors il n'est plus possible d'établir la règle de conduite morale ou la voie droite, et de rendre la vertu parfaite. On verra le reste dans le vingtième chapitre. (TCHOU-HI.)
1. La voie droite [ou la règle de conduite morale du sage] est d'un usage si étendu, qu'elle peut s'appliquer à toutes les actions des hommes; mais elle est d'une nature tellement subtile, qu'elle n'est pas manifeste pour tous.
2. Les personnes les plus ignorantes et les plus grossières de la multitude, hommes et femmes, peuvent atteindre à cette science simple de se bien conduire; mais il n'est donné à personne, pas même à ceux qui sont parvenus au plus haut degré de sainteté, d'atteindre à la perfection de cette science morale; il reste toujours quelque chose d'inconnu [qui dépasse les plus nobles intelligences sur cette terre][6]. Les personnes les plus ignorantes et les plus grossières de la multitude, hommes et femmes, peuvent pratiquer cette règle de conduite morale dans ce qu'elle a de plus général et de plus commun; mais il n'est donné à personne, pas même à ceux qui sont parvenus au plus haut degré de sainteté, d'atteindre à la perfection de cette règle de conduite morale; il y a encore quelque chose que l'on ne peut pratiquer. Le ciel et la terre sont grands sans doute; cependant l'homme trouve encore en eux des imperfections. C'est pourquoi le sage, en considérant ce que la règle de conduite morale de l'homme a de plus grand, dit que le monde ne peut la contenir; et, en considérant ce qu'elle a de plus petit, il dit que le monde ne peut la diviser.
3. LeLivre des Versdit[7]:
«L'oiseauyouans'envole jusque dans les cieux, le poisson plonge jusque dans les abîmes.»
«L'oiseauyouans'envole jusque dans les cieux, le poisson plonge jusque dans les abîmes.»
Ce qui veut dire que la règle de conduite morale de l'homme est la loi de toutes les intelligences; qu'elle illumine l'univers dans le plus haut des cieux comme dans les plus profonds abîmes!
4. La règle de conduite morale du sage a son principe dans le cœur de tous les hommes, d'où elle s'élève à sa plus haute manifestation pour éclairer le ciel et la terre de ses rayons éclatants!
Voilà le douzième chapitre. Il renferme les paroles deTseu-sse, destinées à expliquer le sens de cette expression du premier chapitre, où il est dit que l'on ne peut s'écarter de la règle de conduite morale de l'homme. Dans les huit chapitres suivants,Tseu-ssecite sans ordre les paroles deKHOUNG-TSEUpour éclaircir le même sujet. (TCHOU-HI.)
Voilà le douzième chapitre. Il renferme les paroles deTseu-sse, destinées à expliquer le sens de cette expression du premier chapitre, où il est dit que l'on ne peut s'écarter de la règle de conduite morale de l'homme. Dans les huit chapitres suivants,Tseu-ssecite sans ordre les paroles deKHOUNG-TSEUpour éclaircir le même sujet. (TCHOU-HI.)
[6]Glose.
[6]Glose.
[7]LivreTa-ya, odeHan-lou.
[7]LivreTa-ya, odeHan-lou.
1. Le Philosophe a dit: La voie droite ou la règle de conduite que l'on doit suivre n'est pas éloignée des hommes. Si les hommes se font une règle de conduite éloignée d'eux [c'est-à-dire, qui ne soit pas conforme à leur propre nature], elle ne doit pas être considérée comme une règle de conduite.
2. LeLivre des Versdit[8]:
«L'artisan qui taille un manche de cognée sur un autre mancheN'a pas son modèle éloigné de lui.»
«L'artisan qui taille un manche de cognée sur un autre manche
N'a pas son modèle éloigné de lui.»
Prenant le manche modèle pour tailler l'autre manche, il le regarde de côté et d'autre, et, après avoir confectionné le nouveau manche, il les examine bien tous les deux pour voir s'ils diffèrent encore l'un de l'autre. De même le sage se sert de l'homme ou de l'humanité pour gouverner et diriger les hommes; une fois qu'il les a ramenés au bien, il s'arrête là[9].
3. Celui dont le cœur est droit, et qui porte aux autres les mêmes sentiments qu'il a pour lui-même, ne s'écarte pas de la loi morale du devoir prescrite aux hommes par leur nature rationnelle; il ne fait pas aux autres ce qu'il désire qui ne lui soit pas fait à lui-même.
4. La règle de conduite morale du sage lui impose quatre grandes obligations: moi, je n'en puis pas seulement remplir complétement une. Ce qui est exigé d'un fils, qu'il soit soumis à son père, je ne puis pas même l'observer encore; ce qui est exigé d'un sujet, qu'il soit soumis à son prince, je ne puis pas même l'observer encore; ce qui est exigé d'un frère cadet, qu'il soit soumis à son frère aîné, je ne puis pas même l'observer encore; ce qui est exigé des amis, qu'ils donnent la préférence en tout à leurs amis, je ne puis pas l'observer encore. L'exercice de ces vertus constantes, éternelles; la circonspection dans les paroles de tous les jours; ne pas négliger de faire tous ses efforts pour parvenir à l'entier accomplissement de ses devoirs; ne pas se laisser aller à un débordement de paroles superflues; faire en sorte que les paroles répondent aux œuvres, et les œuvres aux paroles; en agissant de cette manière, comment le sage ne serait-il pas sincère et vrai?
Voilà le treizième chapitre.
Voilà le treizième chapitre.
[8]LivreKouë-foung, odeFa-ko.
[8]LivreKouë-foung, odeFa-ko.
[9]Il ne lui impose pas une perfection contraire à sa nature.
[9]Il ne lui impose pas une perfection contraire à sa nature.
1. L'homme sage qui s'est identifié avec la loi morale [en suivant constamment la ligne moyenne également éloignée des extrêmes] agit selon les devoirs de son état, sans rien désirer qui lui soit étranger.
2. Est-il riche, comblé d'honneurs, il agit comme doit agir un homme riche et comblé d'honneurs. Est-il pauvre et méprisé, il agit comme doit agir un homme pauvre et méprisé. Est-il étranger et d'une civilisation différente, il agit comme doit agir un homme étranger et de civilisation différente. Est-il malheureux, accablé d'infortunes, il agit comme doit agir un malheureux accablé d'infortunes. Le sage qui s'est identifié avec la loi morale conserve toujours assez d'empire sur lui-même pour accomplir les devoirs de son état dans quelque condition qu'il se trouve.
3. S'il est dans un rang supérieur, il ne tourmente pas ses inférieurs; s'il est dans un rang inférieur, il n'assiège pas de sollicitations basses et cupides ceux qui occupent un rang supérieur. Il se tient toujours dans la droiture, et ne demande rien aux hommes; alors la paix et la sérénité de son âme ne sont pas troublées. Il ne murmure pas contre le ciel, et il n'accuse pas les hommes de ses infortunes.
4. C'est pourquoi le sage conserve une âme toujours égale, en attendant l'accomplissement de la destinée céleste. L'homme qui est hors de la voie du devoir se jette dans mille entreprises téméraires pour chercher ce qu'il ne doit pas obtenir.
5. Le Philosophe a dit: L'archer peut être, sous un certain point de vue, comparé au sage: s'il s'écarte du but auquel il vise, il rentre en lui-même pour en chercher la cause.
Voilà le quatorzième chapitre.
Voilà le quatorzième chapitre.
1. La voie morale du sage peut être comparée à la route du voyageur, qui doit commencer à lui pour s'éloigner ensuite; elle peut aussi être comparée au chemin de celui qui gravit un lieu élevé en partant du lieu bas où il se trouve.
2. LeLivre des Versdit[10]:
«Une femme et des enfants qui aiment l'union et l'harmonieSont comme les accords produits par leKhinet leChe.Quand les frères vivent dans l'union et l'harmonie, la joie et le bonheur règnent parmi eux. Si le bon ordre est établi dans votre famille, votre femme et vos enfants seront heureux et satisfaits.»
«Une femme et des enfants qui aiment l'union et l'harmonie
Sont comme les accords produits par leKhinet leChe.
Quand les frères vivent dans l'union et l'harmonie, la joie et le bonheur règnent parmi eux. Si le bon ordre est établi dans votre famille, votre femme et vos enfants seront heureux et satisfaits.»
3. Le Philosophe a dit: Quel contentement et quelle joie doivent éprouver un père et une mère à la tête d'une semblable famille!
Voilà le quinzième chapitre.
Voilà le quinzième chapitre.
[10]LivreSiao-ya, odeTchang-ti.
[10]LivreSiao-ya, odeTchang-ti.
1. Le Philosophe a dit: Que les facultés des puissances subtiles du ciel et de la terre sont vastes et profondes!
2. On cherche à les apercevoir, et on ne les voit pas; on cherche à les entendre, et on ne les entend pas; identifiées à la substance des choses, elles ne peuvent en être séparées.
3. Elles font que, dans tout l'univers, les hommes purifient et sanctifient leur cœur, se revêtent de leurs habits de fête pour offrir des sacrifices et des oblations à leurs ancêtres. C'est un océan d'intelligences subtiles! Elles sont partout au-dessus de nous, à notre gauche, à notre droite; elles nous environnent de toutes parts!
4. LeLivre des Versdit[11]:
«L'arrivée des esprits subtilsNe peut être déterminée;A plus forte raison si on les néglige.»
«L'arrivée des esprits subtils
Ne peut être déterminée;
A plus forte raison si on les néglige.»
5. Ces esprits cependant, quelque subtils et imperceptibles qu'ils soient, se manifestent dans les formes corporelles des êtres; leur essence étant une essence réelle, vraie, elle ne peut pas ne pas se manifester sous une forme quelconque.
Voilà le seizième chapitre.On ne peut ni voir ni entendre ces esprits subtils; c'est-à-dire qu'ils sont dérobés à nos regards par leur propre nature. Identifiés avec la substance des choses telles qu'elles existent, ils sont donc aussi d'un usage général. Dans les trois chapitres qui précèdent celui-ci, il est parlé de choses d'un usage restreint, particulier; dans les trois chapitres suivants, il est parlé de choses d'un usage général; dans ce chapitre-ci, il est parlé tout à la fois de choses d'un usage général, obscures et abstraites; il comprend le général et le particulier. (TCHOU-HI.)
Voilà le seizième chapitre.On ne peut ni voir ni entendre ces esprits subtils; c'est-à-dire qu'ils sont dérobés à nos regards par leur propre nature. Identifiés avec la substance des choses telles qu'elles existent, ils sont donc aussi d'un usage général. Dans les trois chapitres qui précèdent celui-ci, il est parlé de choses d'un usage restreint, particulier; dans les trois chapitres suivants, il est parlé de choses d'un usage général; dans ce chapitre-ci, il est parlé tout à la fois de choses d'un usage général, obscures et abstraites; il comprend le général et le particulier. (TCHOU-HI.)
[11]LivreTa-ya, odeY-tchi.
[11]LivreTa-ya, odeY-tchi.
1. Le Philosophe a dit: Qu'elle était grande la piété filiale deChun!il fut un saint par sa vertu; sa dignité fut la dignité impériale; ses possessions s'étendaient aux quatre mers[12]; il offrit les sacrifices impériaux à ses ancêtres dans le temple qui leur était consacré; ses fils et ses petits-fils conservèrent ses honneurs dans une suite de siècles[13].
2. C'est ainsi que sa grande vertu fut, sans aucun doute, le principe qui lui fit obtenir sa dignité impériale, ses revenus publics, sa renommée, et la longue durée de sa vie.
3. C'est ainsi que le ciel, dans la production continuelle des êtres, leur donne sans aucun doute leurs développements selon leurs propres natures, ou leurs tendances naturelles; l'arbre debout, il le fait croître, le développe; l'arbre tombé, mort, il le dessèche, le réduit en poussière.
4. LeLivre des Versdit[14]:
«Que le prince qui gouverne avec sagesse soit loué!Sa brillante vertu resplendit de toutes parts;Il traite comme ils le méritent les magistrats et le peuple;Il tient ses biens et sa puissance du ciel;Il maintient la paix, la tranquillité et l'abondance en distribuant [les richesses qu'il a reçues];Et le ciel les lui rend de nouveau!»
«Que le prince qui gouverne avec sagesse soit loué!
Sa brillante vertu resplendit de toutes parts;
Il traite comme ils le méritent les magistrats et le peuple;
Il tient ses biens et sa puissance du ciel;
Il maintient la paix, la tranquillité et l'abondance en distribuant [les richesses qu'il a reçues];
Et le ciel les lui rend de nouveau!»
5. Il est évident par là que la grande vertu des sages leur fait obtenir le mandat du ciel pour gouverner les hommes.
Voilà le dix-septième chapitre. Ce chapitre tire son origine de la persévérance dans la voie droite, de la constance dans les bonnes œuvres; il a été destiné à montrer au plus haut degré leur dernier résultat; il fait voir que les effets de la voie du devoir sont effectivement très-étendus, et que ce par quoi ils sont produits est d'une nature subtile et cachée. Les deux chapitres suivants présentent aussi de pareilles idées. (TCHOU-HI.)
Voilà le dix-septième chapitre. Ce chapitre tire son origine de la persévérance dans la voie droite, de la constance dans les bonnes œuvres; il a été destiné à montrer au plus haut degré leur dernier résultat; il fait voir que les effets de la voie du devoir sont effectivement très-étendus, et que ce par quoi ils sont produits est d'une nature subtile et cachée. Les deux chapitres suivants présentent aussi de pareilles idées. (TCHOU-HI.)
[12]C'est-à-dire, aux douze provinces (Tcheou) dans lesquelles était alors compris l'empire chinois. (Glose.)
[12]C'est-à-dire, aux douze provinces (Tcheou) dans lesquelles était alors compris l'empire chinois. (Glose.)
[13]Glose.
[13]Glose.
[14]LivreTa-ya, odeKia-lo.
[14]LivreTa-ya, odeKia-lo.
1. Le Philosophe a dit: Le seul d'entre les hommes qui n'ait pas éprouvé les chagrins de l'âme fut certainementWen-wang. Il eutWang-kipour père, etWou-wangfut son fils. Tout le bien que le père avait entrepris fut achevé par le fils.
2.Wou-wangcontinua les bonnes œuvres deTaï-wang, deWang-kiet deWen-wang. Il ne revêtit qu'une fois ses habits de guerre, et tout l'empire fut à lui. Sa personne ne perdit jamais sa haute renommée dans tout l'empire; sa dignité fut celle de fils du Ciel [c'est-à-dire d'empereur]; ses possessions s'étendirent aux quatre mers. Il offrit les sacrifices impériaux à ses ancêtres dans le temple qui leur était consacré; ses fils et ses petits-fils conservèrent ses honneurs et sa puissance dans une suite de siècles.
3.Wou-wangétait déjà très-avancé en âge lorsqu'il accepta le mandat du Ciel qui lui conférait l'empire.Tcheou-koungaccomplit les intentions vertueuses deWen-wanget deWou-wang. Remontant à ses ancêtres, il élevaTaï-wangetWang-kiau rang de roi, qu'ils n'avaient pas possédé, et il leur offrit les sacrifices selon le rite impérial. Ces rites furent étendus aux princes tributaires, aux grands de l'empire revêtus de dignités, jusqu'aux lettrés et aux hommes du peuple sans titres et dignités. Si le père avait été un grand de l'empire, et que le fils fût un lettré, celui-ci faisait des funérailles à son père selon l'usage des grands de l'empire, et il lui sacrifiait selon l'usage des lettrés; si son père avait été un lettré, et que le fils fût un grand de l'empire, celui-ci faisait des funérailles à son père selon l'usage des lettrés, et il lui sacrifiait selon l'usage des grands de l'empire. Le deuil d'une année s'étendait jusqu'aux grands; le deuil de trois années s'étendait jusqu'à l'empereur. Le deuil du père et de la mère devait être porté trois années sans distinction de rang: il était le même pour tous.
Voilà le dix-huitième chapitre.
Voilà le dix-huitième chapitre.
1. Le Philosophe a dit: Oh! que la piété filiale deWou-wanget deTcheou-koungs'étendit au loin!
2. Cette même piété filiale sut heureusement suivre les intentions des anciens sages qui les avaient précédés, et transmettre à la postérité le récit de leurs grandes entreprises.
3. Au printemps, à l'automne, ces deux princes décoraient avec soin le temple de leurs ancêtres; ils disposaient soigneusement les vases et ustensiles anciens les plus précieux [au nombre desquels étaient le grand sabre à fourreau de pourpre, et la sphère céleste deChun][15]; ils exposaient aux regards les robes et les différents vêtements des ancêtres, et ils leur offraient les mets de la saison.
4. Ces rites étant ceux de la salle des ancêtres, c'est pour cette raison que les assistants étaient soigneusement placés à gauche ou adroite, selon que l'exigeait leur dignité ou leur rang; les dignités et les rangs étaient observés: c'est pour cette raison que les hauts dignitaires étaient distingués du commun des assistants; les fonctions cérémoniales étaient attribuées à ceux qui méritaient de les remplir: c'est pour cette raison que l'on savait distinguer les sages des autres hommes; la foule s'étant retirée de la cérémonie, et la famille s'étant réunie dans le festin accoutumé, les jeunes gens servaient les plus âgés: c'est pour cette raison que la solennité atteignait les personnes les moins élevées en dignité. Pendant les festins, la couleur des cheveux était observée: c'est pour cette raison que les assistants étaient placés selon leur âge.
5. Ces princes,Wou-wangetTcheou-koung, succédaient à la dignité de leurs ancêtres; ils pratiquaient leurs rites; ils exécutaient leur musique; ils respectaient ce qu'ils avaient respecté; ils chérissaient ce qu'ils avaient aimé; ils les servaient morts comme ils les auraient servis vivants; ils les honoraient ensevelis dans la tombe comme s'ils avaient encore été près d'eux: n'est-ce pas là le comble de la piété filiale?
6. Les rites du sacrifice au ciel et du sacrifice à la terre étaient ceux qu'ils employaient pour rendre leurs hommages au suprême Seigneur[16]; les rites du temple des ancêtres étaient ceux qu'ils employaient pour offrir des sacrifices à leurs prédécesseurs. Celui qui sera parfaitement instruit des rites du sacrifice au ciel et du sacrifice à la terre, et qui comprendra parfaitement le sens du grand sacrifice quinquennal nomméTi, et du grand sacrifice automnal nomméTchang, gouvernera aussi facilement le royaume que s'il regardait dans la paume de sa main.
Voilà le dix-neuvième chapitre.
Voilà le dix-neuvième chapitre.
[15]On peut voir la gravure de cette sphère, et la description des cérémonies indiquées ci-dessus, dans laDescription de la Chine, par le traducteur, tom. 1, p. 89 et suiv.
[15]On peut voir la gravure de cette sphère, et la description des cérémonies indiquées ci-dessus, dans laDescription de la Chine, par le traducteur, tom. 1, p. 89 et suiv.
[16]«Le ciel et la terre qui est au milieu.» (Glose.)
[16]«Le ciel et la terre qui est au milieu.» (Glose.)
1.Ngai-kounginterrogeaKHOUNG-TSEUsur les principes constitutifs d'un bon gouvernement.
2. Le Philosophe dit: Les lois gouvernementales des roisWenetWousont consignées tout entières sur les tablettes de bambous. Si leurs ministres existaient encore, alors leurs lois administratives seraient en vigueur; leurs ministres ont cessé d'être, et leurs principes pour bien gouverner ne sont plus suivis.
3. Ce sont les vertus, les qualités réunies des ministres d'un prince qui font la bonne administration d'un État; comme la vertu fertile de la terre, réunissant le mou et le dur, produit et fait croître les plantes qui couvrent sa surface. Cette bonne administration dont vous me parlez ressemble aux roseaux qui bordent les fleuves; elle se produit naturellement sur un sol convenable.
4. Ainsi la bonne administration d'un État dépend des ministres qui lui sont préposés. Un prince qui veut imiter la bonne administration des anciens rois doit choisir ses ministres d'après ses propres sentiments, toujours inspirés par le bien public; pour que ses sentiments aient toujours le bien public pour mobile, il doit se conformer à la grande loi du devoir; et cette grande loi du devoir doit être cherchée dans l'humanité, cette belle vertu du cœur, qui est le principe de l'amour pour tous les hommes.
5. Cette humanité, c'est l'homme lui-même; l'amitié pour les parents en est le premier devoir. La justice, c'est l'équité; c'est rendre à chacun ce qui lui convient: honorer les hommes sages en forme le premier devoir. L'art de savoir distinguer ce que l'on doit aux parents de différents degrés, celui de savoir comment honorer les sages selon leurs mérites, ne s'apprennent que par les rites ou principes de conduite inspirés par le ciel[17].
6. C'est pourquoi le prince ne peut pas se dispenser de corriger et perfectionner sa personne. Dans l'intention de corriger et perfectionner sa personne, il ne peut pas se dispenser de rendre à ses parents ce qui leur est dû. Dans l'intention de rendre à ses parents ce qui leur est dû, il ne peut pas se dispenser de connaître les hommes sages pour les honorer et pour qu'ils puissent l'instruire de ses devoirs. Dans l'intention de connaître les homme sages, il ne peut pas se dispenser de connaître le ciel, ou la loi qui dirige dans la pratique des devoirs prescrits.
7. Les devoirs les plus universels pour le genre humain sont au nombre de cinq, et l'homme possède trois facultés naturelles pour les pratiquer. Les cinq devoirs sont: les relations qui doivent exister entre le prince et ses ministres, le père et ses enfants, le mari et la femme, les frères aînés et les frères cadets, et l'union des amis entre eux; lesquelles cinq relations constituent la loi naturelle du devoir la plus universelle pour les hommes. La conscience, qui est la lumière de l'intelligence pour distinguer le bien et le mal; l'humanité, qui est l'équité du cœur; le courage moral, qui est la force d'âme, sont les trois grandes et universelles facultés morales de l'homme; mais ce dont on doit se servir pour pratiquer les cinq grands devoirs se réduit à une seule et unique condition.
8. Soit qu'il suffise de naître pour connaître ces devoirs universels, soit que l'étude ait été nécessaire pour les apprendre, soit que leur connaissance ait exigé de grandes peines, lorsqu'on est parvenu à cette connaissance, le résultat est le même; soit que l'on pratique naturellement et sans efforts ces devoirs universels, soit qu'on les pratique dans le but d'en retirer des profits ou des avantages personnels, soit qu'on les pratique difficilement et avec efforts, lorsqu'on est parvenu à l'accomplissement des œuvres méritoires, le résultat est le même.
9. Le Philosophe a dit: Celui qui aime l'étude, ou l'application de son intelligence à la recherche de la loi du devoir, est bien près de la science morale; celui qui fait tous ses efforts pour pratiquer ses devoirs est bien près de ce dévoûment au bonheur des hommes que l'on appelle humanité; celui qui sait rougir de sa faiblesse dans la pratique de ses devoirs est bien près de la force d'âme nécessaire pour leur accomplissement.
10. Celui qui sait ces trois choses connaît alors les moyens qu'il faut employer pour bien régler sa personne, ou se perfectionner soi-même; connaissant les moyens qu'il faut employer pour régler sa personne, il connaît alors les moyens qu'il faut employer pour faire pratiquer la vertu aux autres hommes; connaissant les moyens qu'il faut employer pour faire pratiquer la vertu aux autres hommes, il connaît alors les moyens qu'il faut employer pour bien gouverner les empires et les royaumes.
11. Tous ceux qui gouvernent les empires et les royaumes ont neuf règles invariables à suivre, à savoir: se régler ou se perfectionner soi-même, révérer les sages, aimer ses parents, honorer les premiers fonctionnaires de l'État ou les ministres, être en parfaite harmonie avec tous les autres fonctionnaires et magistrats, traiter et chérir le peuple comme un fils, attirer près de soi tous les savants et les artistes, accueillir agréablement les hommes qui viennent de loin, les étrangers[18], et traiter avec amitié tous les grands vassaux.
12. Dès l'instant que le prince aura bien réglé et amélioré sa personne, aussitôt les devoirs universels seront accomplis envers lui-même; dès l'instant qu'il aura révéré les sages, aussitôt il n'aura plus de doute sur les principes du vrai et du faux, du bien et du mal; dès l'instant que ses parents seront l'objet des affections qui leur sont dues, aussitôt il n'y aura plus de dissensions entre ses oncles, ses frères aînés et ses frères cadets; dès l'instant qu'il honorera convenablement les fonctionnaires supérieurs ou ministres, aussitôt il verra les affaires d'État en bon ordre; dès l'instant qu'il traitera comme il convient les fonctionnaires et magistrats secondaires, aussitôt les docteurs, les lettrés s'acquitteront avec zèle de leurs devoirs dans les cérémonies; dès l'instant qu'il aimera et traitera le peuple comme un fils, aussitôt ce même peuple sera porté à imiter son supérieur; dès l'instant qu'il aura attiré près de lui tous les savants et les artistes, aussitôt ses richesses seront suffisamment mises en usage; dès l'instant qu'il accueillera agréablement les hommes qui viennent de loin, aussitôt les hommes des quatre extrémités de l'empire accourront en foule dans ses États pour prendre part à ses bienfaits; dès l'instant qu'il traitera avec amitié ses grands vassaux, aussitôt il sera respecté dans tout l'empire.
13. Se purifier de toutes souillures, avoir toujours un extérieur propre et décent et des vêtements distingués; ne se permettre aucun mouvement, aucune action contrairement aux rites prescrits[19]: voilà les moyens qu'il faut employer pour bien régler sa personne; repousser loin de soi les flatteurs, fuir les séductions de la beauté, mépriser les richesses, estimer à un haut prix la vertu et les hommes qui la pratiquent: voilà les moyens qu'il faut employer pour donner de l'émulation aux sages; honorer la dignité de ses parents, augmenter leurs revenus, aimer et éviter ce qu'ils aiment et évitent: voilà les moyens qu'il faut employer pour faire naître l'amitié entre les parents; créer assez de fonctionnaires inférieurs pour exécuter les ordres des supérieurs: voilà le moyen qu'il faut employer pour exciter le zèle et l'émulation des ministres; augmenter les appointements des hommes pleins de fidélité et de probité: voilà le moyen d'exciter le zèle et l'émulation des autres fonctionnaires publics; n'exiger de services du peuple que dans les temps convenables, diminuer les impôts: voilà les moyens d'exciter le zèle et l'émulation des familles; examiner chaque jour si la conduite des hommes que l'on emploie est régulière, et voir tous les mois si leurs travaux répondent à leurs salaires: voilà les moyens d'exciter le zèle et l'émulation des artistes et des artisans; reconduire les étrangers quand ils s'en vont, aller au-devant de ceux qui arrivent pour les bien recevoir, faire l'éloge de ceux qui ont de belles qualités et de beaux talents, avoir compassion de ceux qui en manquent: voilà les moyens de bien recevoir les étrangers; prolonger la postérité des grands feudataires sans enfants, les réintégrer dans leurs principautés perdues, rétablir le bon ordre dans les États troublés par les séditions, les secourir dans les dangers, faire venir à sa cour les grands vassaux, et leur ordonner de faire apporter par les gouverneurs de province les présents d'usage aux époques fixées; traiter grandement ceux qui s'en vont, et généreusement ceux qui arrivent, en n'exigeant d'eux que de légers tributs: voilà les moyens de se faire aimer des grands vassaux.
14. Tous ceux qui gouvernent les empires ont ces neuf règles invariables à suivre; les moyens à employer pour les pratiquer se réduisent à un seul.
15. Toutes les actions vertueuses, tous les devoirs qui ont été résolus d'avance, sont par cela même accomplis; s'ils ne sont pas résolus d'avance, ils sont par cela même dans un état d'infraction. Si l'on a déterminé d'avance les paroles que l'on doit prononcer, on n'éprouve par cela même aucune hésitation. Si l'on a déterminé d'avance ses affaires, ses occupations dans le monde, par cela même elles s'accomplissent facilement. Si l'on a déterminé d'avance sa conduite morale dans la vie, on n'éprouvera point de peines de lame. Si l'on a déterminé d'avance la loi du devoir, elle ne faillira jamais.
16. Si celui qui est dans un rang inférieur n'obtient pas la confiance de son supérieur, le peuple ne peut pas être bien administré; il y a un principe certain dans la détermination de ce rapport:Celui qui n'est pas sincère et fidèle avec ses amis n'obtiendra pas la confiance de ses supérieurs. Il y a un principe certain pour déterminer les rapports de sincérité et de fidélité avec les amis:Celui qui n'est pas soumis envers ses parents n'est pas sincère et fidèle avec ses amis. Il y a un principe certain pour déterminer les rapports d'obéissance envers les parents:Si en faisant un retour sur soi-même on ne se trouve pas entièrement dépouillé de tout mensonge, de tout ce qui n'est pas la vérité; si l'on ne se trouve pas parfait enfin, on ne remplit pas complètement ses devoirs d'obéissance envers ses parents. Il y a un principe certain pour reconnaître l'état de perfection:Celui qui ne sait pas distinguer le bien du mal, le vrai du faux; qui ne sait pas reconnaître dans l'homme le mandat du ciel, n'est pas encore arrivé à la perfection.
17. Le parfait, le vrai, dégagé de tout mélange, est la loi du ciel; la perfection ou le perfectionnement, qui consiste à employer tous ses efforts pour découvrir la loi céleste, le vrai principe du mandat du ciel, est la loi de l'homme. L'hommeparfait[ching-tche] atteint cette loi sans aucun secours étranger; il n'a pas besoin de méditer, de réfléchir longtemps pour l'obtenir; il parvient à elle avec calme et tranquillité; c'est là lesaint homme[ching-jin]. Celui qui tend constamment à son perfectionnement est le sage qui sait distinguer le bien du mal, qui choisit le bien et s'y attache fortement pour ne jamais le perdre.
18. Il doit beaucoup étudier pour apprendre tout ce qui est bien; il doit interroger avec discernement, pour chercher à s'éclairer dans tout ce qui est bien; il doit veiller soigneusement sur tout ce qui est bien, de crainte de le perdre, et le méditer dans son âme; il doit s'efforcer toujours de connaître tout ce qui est bien, et avoir grand soin de le distinguer de tout ce qui est mal; il doit ensuite fermement et constamment pratiquer ce bien.
19. S'il y a des personnes qui n'étudient pas, ou qui, si elles étudient, ne profitent pas, qu'elles ne se découragent point, ne s'arrêtent point; s'il y a des personnes qui n'interrogent pas les hommes instruits, pour s'éclairer sur les choses douteuses ou qu'elles ignorent, ou si, en les interrogeant, elles ne peuvent devenir plus instruites, qu'elles ne se découragent point; s'il y a des personnes qui ne méditent pas, ou qui, si elles méditent, ne parviennent pas à acquérir une connaissance claire du principe du bien, qu'elles ne se découragent point; s'il y a des personnes qui ne distinguent pas le bien du mal, ou qui, si elles le distinguent, n'en ont pas cependant une perception claire et nette, qu'elles ne se découragent point; s'il y a des personnes qui ne pratiquent pas le bien, ou qui, si elles le pratiquent, ne peuvent y employer toutes leurs forces, qu'elles ne se découragent point: ce que d'autres feraient en une fois, elles le feront en dix; ce que d'autres feraient en cent, elles le feront en mille.
20. Celui qui suivra véritablement cette règle de persévérance, quelque ignorant qu'il soit, il deviendra nécessairement éclairé; quelque faible qu'il soit, il deviendra nécessairement fort.
Voilà le vingtième chapitre. Il contient les paroles deKHOUNG-TSEU, destinées à offrir les exemples de vertu du grandChun, deWen-wang, deWou-wanget deTcheou-koung, pour les continuer.Tseu-sse, dans ce chapitre, éclaircit ce qu'ils ont transmis par la tradition; il le rapporte et le met en ordre. Il fait même plus, car il embrasse les devoirs d'un usage général, ainsi que les devoirs moins accessibles des hommes qui tendent à la perfection, en même temps que ceux qui concernent les petits et les grands, afin de compléter le sens du douzième chapitre. Dans le chapitre précédent, il est parlé de la perfection, et le philosophe expose ce qu'il entend par ce terme; ce qu'il appelle leparfaitest véritablement le nœud central et fondamental de ce livre. (TCHOU-HI.)
Voilà le vingtième chapitre. Il contient les paroles deKHOUNG-TSEU, destinées à offrir les exemples de vertu du grandChun, deWen-wang, deWou-wanget deTcheou-koung, pour les continuer.Tseu-sse, dans ce chapitre, éclaircit ce qu'ils ont transmis par la tradition; il le rapporte et le met en ordre. Il fait même plus, car il embrasse les devoirs d'un usage général, ainsi que les devoirs moins accessibles des hommes qui tendent à la perfection, en même temps que ceux qui concernent les petits et les grands, afin de compléter le sens du douzième chapitre. Dans le chapitre précédent, il est parlé de la perfection, et le philosophe expose ce qu'il entend par ce terme; ce qu'il appelle leparfaitest véritablement le nœud central et fondamental de ce livre. (TCHOU-HI.)
[17]Il y a ici dans l'édition deTCHOU-HIun paragraphe qui se trouve plus loin, et que la plupart des autres éditeurs chinois ont supprimé, parce qu'il n'a aucun rapport avec ce qui précède et ce qui suit, et qu'il parait la déplacé et faire un double emploi. Nous l'avons aussi supprimé en cet endroit.
[17]Il y a ici dans l'édition deTCHOU-HIun paragraphe qui se trouve plus loin, et que la plupart des autres éditeurs chinois ont supprimé, parce qu'il n'a aucun rapport avec ce qui précède et ce qui suit, et qu'il parait la déplacé et faire un double emploi. Nous l'avons aussi supprimé en cet endroit.
[18]LaGlosedit que ce sontles marchands étrangers(chang),les commerçants(kou),les hôtes ou visiteurs(pin),et les étrangers au pays(liu).
[18]LaGlosedit que ce sontles marchands étrangers(chang),les commerçants(kou),les hôtes ou visiteurs(pin),et les étrangers au pays(liu).
[19]«Regarder, écouter, parler, se mouvoir, sortir, entrer, se lever, s'asseoir, sont des mouvements qui doivent être conformes aux rites.» (Glose.)
[19]«Regarder, écouter, parler, se mouvoir, sortir, entrer, se lever, s'asseoir, sont des mouvements qui doivent être conformes aux rites.» (Glose.)
1. La haute lumière de l'intelligence qui naît de la perfection morale, ou de la vérité sans mélange, s'appelle vertu naturelle ou sainteté primitive. La perfection morale qui naît de la haute lumière de l'intelligence s'appelle instruction ou sainteté acquise. La perfection morale suppose la haute lumière de l'intelligence; la haute lumière de l'intelligence suppose la perfection morale.
Voilà le vingt et unième chapitre, par lequelTseu-ssea lié le sens du chapitre précédent à celui des chapitres suivants, dans lesquels il expose la doctrine de son maîtreKHOUNG-TSEU, concernant laloi du cielet laloi de l'homme. Les onze chapitres qui suivent renferment les paroles deTseu-sse, destinées à éclaircir et à développer le sens de celui-ci.
Voilà le vingt et unième chapitre, par lequelTseu-ssea lié le sens du chapitre précédent à celui des chapitres suivants, dans lesquels il expose la doctrine de son maîtreKHOUNG-TSEU, concernant laloi du cielet laloi de l'homme. Les onze chapitres qui suivent renferment les paroles deTseu-sse, destinées à éclaircir et à développer le sens de celui-ci.
1. Il n'y a dans le monde que les hommes souverainement parfaits qui puissent connaître à fond leur propre nature, la loi de leur être, et les devoirs qui en dérivent; pouvant connaître à fond leur propre nature et les devoirs qui en dérivent, ils peuvent par cela même connaître à fond la nature des autres hommes, la loi de leur être, et leur enseigner tous les devoirs qu'ils ont à observer pour accomplir le mandat du ciel; pouvant connaître à fond la nature des autres hommes, la loi de leur être, et leur enseigner les devoirs qu'ils ont à observer pour accomplir le mandat du ciel, ils peuvent par cela même connaître à fond la nature des autres êtres vivants et végétants, et leur faire accomplir leur loi de vitalité selon leur propre nature; pouvant connaître à fond la nature des êtres vivants et végétants, et leur faire accomplir leur loi de vitalité selon leur propre nature, ils peuvent par cela même, au moyen de leurs facultés intelligentes supérieures, aider le ciel et la terre dans les transformations et l'entretien des êtres, pour qu'ils prennent leur complet développement; pouvant aider le ciel et la terre dans les transformations et l'entretien des êtres, ils peuvent par cela même constituer un troisième pouvoir avec le ciel et la terre.
Voilà le vingt-deuxième chapitre. Il y est parlé de la loi du ciel. (TCHOU-HI.)
Voilà le vingt-deuxième chapitre. Il y est parlé de la loi du ciel. (TCHOU-HI.)
1. Ceux qui viennent immédiatement après ces hommes souverainement parfaits par leur propre nature sont ceux qui font tous leurs efforts pour rectifier leurs penchants détournés du bien; ces penchants détournés du bien peuvent revenir à l'état de perfection; étant arrivés à l'état de perfection, alors ils produisent des effets extérieurs visibles; ces effets extérieurs visibles étant produits, alors ils se manifestent; étant manifestés, alors ils jetteront un grand éclat; ayant jeté un grand éclat, alors ils émouvront les cœurs; ayant ému les cœurs, alors ils opéreront de nombreuses conversions; ayant opéré de nombreuses conversions, alors ils effaceront jusqu'aux dernières traces du vice: il n'y a dans le monde que les hommes souverainement parfaits qui puissent être capables d'effacer ainsi les dernières traces du vice dans le cœur des hommes.
Voilà le vingt-troisième chapitre. Il y est parlé de la loi de l'homme.
Voilà le vingt-troisième chapitre. Il y est parlé de la loi de l'homme.
1. Les facultés de l'homme souverainement parfait sont si puissantes, qu'il peut, par leur moyen, prévoir les choses à venir. L'élévation des familles royales s'annonce assurément par d'heureux présages; la chute des dynasties s'annonce assurément aussi par de funestes présages; ces présages heureux ou funestes se manifestent dans la grande herbe nomméechi, sur le dos de la tortue, et excitent en elle de tels mouvements, qu'ils font frissonner ses quatre membres. Quand des événements heureux ou malheureux sont prochains, l'homme souverainement parfait prévoit avec certitude s'ils seront heureux; il prévoit également avec certitude s'ils seront malheureux; c'est pourquoi l'homme souverainement parfait ressemble aux intelligences surnaturelles.
Voilà le vingt-quatrième chapitre. Il y est parlé de la loi du ciel.
Voilà le vingt-quatrième chapitre. Il y est parlé de la loi du ciel.
1. Leparfaitest par lui-même parfait absolu;la loi du devoirest par elle-même loi de devoir.
2. Leparfaitest le commencement et la fin de tous les êtres; sans le parfait ou la perfection, les êtres ne seraient pas. C'est pourquoi le sage estime cette perfection au-dessus de tout.
3. L'homme parfait ne se borne pas à se perfectionner lui-même et s'arrêter ensuite; c'est pour cette raison qu'il s'attache à perfectionner aussi les autres êtres. Se perfectionner soi-même est sans doute une vertu; perfectionner les autres êtres est une haute science; ces deux perfectionnements sont des vertus de la nature ou de la faculté rationnelle pure. Réunir le perfectionnement extérieur et le perfectionnement intérieur constitue la règle du devoir. C'est ainsi que l'on agit convenablement selon les circonstances.
Voilà le vingt-cinquième chapitre. Il y est parlé de la loi de l'homme.
Voilà le vingt-cinquième chapitre. Il y est parlé de la loi de l'homme.
1. C'est pour cela que l'homme souverainement parfait ne cesse jamais d'opérer le bien, ou de travailler au perfectionnement des autres hommes.
2. Ne cessant jamais de travailler au perfectionnement des autres hommes, alors il persévère toujours dans ses bonnes actions; persévérant toujours dans ses bonnes actions, alors tous les êtres portent témoignage de lui.
3. Tous les êtres portant témoignage de lui, alors l'influence de la vertu s'agrandit et s'étend au loin; étant agrandie et étendue au loin, alors elle est vaste et profonde; étant vaste et profonde, alors elle est haute et resplendissante.
4. La vertu de l'homme souverainement parfait est vaste et profonde: c'est pour cela qu'il a en lui la faculté de contribuer à l'entretien et au développement des êtres; elle est haute et resplendissante: c'est pour cela qu'il a en lui la faculté de les éclairer de sa lumière; elle est grande et persévérante: c'est pour cela qu'il a en lui la faculté de contribuer à leur perfectionnement, et de s'identifier par ses œuvres avec le ciel et la terre.
5. Les hommes souverainement parfaits, par la grandeur et la profondeur de leur vertu, s'assimilent avec la terre; par sa hauteur et son éclat, ils s'assimilent avec le ciel; par son étendue et sa durée, ils s'assimilent avec l'espace et le temps sans limite.
6. Celui qui est dans cette haute condition de sainteté parfaite ne se montre point, et cependant, comme la terre, il se révèle par ses bienfaits; il ne se déplace point, et cependant, comme le ciel, il opère de nombreuses transformations; il n'agit point, et cependant, comme l'espace et le temps, il arrive au perfectionnement de ses œuvres.
7. La puissance ou la loi productive du ciel et de la terre peut être exprimée par un seul mot; son action dans l'un et l'autre n'est pas double: c'est la perfection; mais alors sa production des êtres est incompréhensible.
8. La raison d'être, ou la loi du ciel et de la terre, est vaste en effet; elle est profonde! elle est sublime! elle est éclatante! elle est immense! elle est éternelle!
9. Si nous portons un instant nos regards vers le ciel, nous n'apercevons d'abord qu'un petit espace scintillant de lumière; mais si nous pouvions nous élever jusqu'à cet espace lumineux, nous trouverions qu'il est d'une immensité sans limites; le soleil, la lune, les étoiles, les planètes, y sont suspendus comme à un fil; tous les êtres de l'univers en sont couverts comme d'un dais. Maintenant, si nous jetons un regard sur la terre, nous croirons d'abord que nous pouvons la tenir dans la main; mais, si nous la parcourons, nous la trouverons étendue, profonde; soutenant la haute montagne fleurie[20]sans fléchir sous son poids; enveloppant les fleuves et les mers dans son sein, sans en être inondée, et contenant tous les êtres. Cette montagne ne nous semble qu'un petit fragment de rocher; mais, si nous explorons son étendue, nous la trouverons vaste et élevée; les plantes et les arbres croissant à sa surface, des oiseaux et des quadrupèdes y faisant leur demeure, et renfermant elle-même dans son sein des trésors inexploités. Et cette eau que nous apercevons de loin nous semble pouvoir à peine remplir une coupe légère; mais, si nous parvenons à sa surface, nous ne pouvons en sonder la profondeur; des énormes tortues, des crocodiles, des hydres, des dragons, des poissons de toute espèce, vivent dans son sein; des richesses précieuses y prennent naissance.
10. LeLivre des Versdit[21]:
«Il n'y a que le mandat du cielDont l'action éloignée ne cesse jamais.»
«Il n'y a que le mandat du ciel
Dont l'action éloignée ne cesse jamais.»
Voulant dire par là que c'est cette action incessante qui le fait le mandat du ciel.
«Oh! comment n'aurait-elle pas été éclatante,
La pureté de la vertu deWou-wang?»
Voulant dire aussi par là que c'est par cette même pureté de vertu qu'il futWou-wang, car elle ne s'éclipsa jamais.
Voilà le vingt-sixième chapitre. Il y est parlé de la loi du ciel.
Voilà le vingt-sixième chapitre. Il y est parlé de la loi du ciel.