De Paris, le 4 de la lune de Chahban, 1719.
De Paris, le 4 de la lune de Chahban, 1719.
Heureux celui qui, connoissant tout le prix d'une vie douce et tranquille, repose son cœur au milieu de sa famille, et ne connoît d'autre terre que celle qui lui a donné le jour.
Je vis dans un climat barbare, présent à tout ce qui m'importune, absent de tout ce qui m'intéresse. Une tristesse sombre me saisit; je tombe dans un accablement affreux: il me semble que je m'anéantis; et je ne me retrouve moi-même que lorsqu'une sombre jalousie vient s'allumer, et enfanter dans mon âme la crainte, les soupçons, la haine et les regrets.
Tu me connois, Nessir; tu as toujours vu dans mon cœur comme dans le tien: je te ferois pitié, si tu savois mon état déplorable. J'attends quelquefois six mois entiers des nouvelles du sérail; je compte tous les instants qui s'écoulent; mon impatience me les allonge toujours; et lorsque celui qui a été tant attendu est près d'arriver, il se fait dans mon cœur une révolution soudaine; ma main tremble d'ouvrir une lettre fatale; cette inquiétude qui me désespéroit, je la trouve l'état le plus heureux où je puisse être, et je crains d'en sortir par un coup plus cruel pour moi que mille morts.
Mais, quelque raison que j'aie eue de sortir de ma patrie, quoique je doive ma vie à ma retraite, je ne puis plus, Nessir, rester dans cet affreux exil. Et ne mourrois-je pas tout de même en proie à mes chagrins? J'ai pressé mille fois Rica de quitter cette terre étrangère; mais il s'oppose à toutes mes résolutions; il m'attache ici par mille prétextes: il semble qu'il ait oublié sa patrie; ou plutôt il semble qu'il m'ait oublié moi-même, tant il est insensible à mes déplaisirs.
Malheureux que je suis! je souhaite de revoir ma patrie, peut-être pour devenir plus malheureux encore! Eh! qu'y ferai-je? Je vais rapporter ma tête à mes ennemis. Ce n'est pas tout: j'entrerai dans le sérail; il faut que j'y demande compte du temps funeste de mon absence: et si j'y trouve des coupables, que deviendrai-je? Et si la seule idée m'accable de si loin, que sera-ce, lorsque ma présence la rendra plus vive? que sera-ce, s'il faut que je voie, s'il faut que j'entende ce que je n'ose imaginer sans frémir? que sera-ce enfin, s'il faut que des châtiments que je prononcerai moi-même soient des marques éternelles de ma confusion et de mon désespoir?
J'irai m'enfermer dans des murs plus terribles pour moi que pour les femmes qui y sont gardées; j'y porterai tous mes soupçons; leurs empressements ne m'en déroberont rien; dans mon lit, dans leurs bras, je ne jouirai que de mes inquiétudes; dans un temps si peu propre aux réflexions, ma jalousie trouvera à en faire. Rebut indigne de la nature humaine, esclaves vils dont le cœur a été fermé pour jamais à tous les sentiments de l'amour, vous ne gémiriez plus sur votre condition, si vous connoissiez le malheur de la mienne.
De Paris, le 4 de la lune de Chahban, 1719.
De Paris, le 4 de la lune de Chahban, 1719.
L'horreur, la nuit et l'épouvante règnent dans le sérail; un deuil affreux l'environne: un tigre y exerce à chaque instant toute sa rage; il a mis dans les supplices deux eunuques blancs, qui n'ont avoué que leur innocence; il a vendu une partie de nos esclaves, et nous a obligées de changer entre nous celles qui nous restoient. Zachi et Zélis ont reçu dans leur chambre, dans l'obscurité de la nuit un traitement indigne; le sacrilége n'a pas craint de porter sur elles ses viles mains. Il nous tient enfermées chacune dans notre appartement; et, quoique nous y soyons seules, il nous y fait vivre sous le voile: il ne nous est plus permis de nous parler; ce seroit un crime de nous écrire: nous n'avons plus rien de libre que les pleurs.
Une troupe de nouveaux eunuques est entrée dans le sérail, où ils nous assiégent nuit et jour: notre sommeil est sans cesse interrompu par leurs méfiances feintes ou véritables. Ce qui me console, c'est que tout ceci ne durera pas longtemps, et que ces peines finiront avec ma vie: elle ne sera pas longue, cruel Usbek! je ne te donnerai pas le temps de faire cesser tous ces outrages.
Du sérail d'Ispahan, le 2 de la lune de Maharram, 1720.
Du sérail d'Ispahan, le 2 de la lune de Maharram, 1720.
O ciel! un barbare m'a outragée jusque dans la manière de me punir! Il m'a infligé ce châtiment qui commence par alarmer la pudeur; ce châtiment qui met dans l'humiliation extrême; ce châtiment qui ramène, pour ainsi dire, à l'enfance.
Mon âme, d'abord anéantie sous la honte, reprenoit le sentiment d'elle-même, et commençoit à s'indigner, lorsque mes cris firent retentir les voûtes de mes appartements. On m'entendit demander grâce au plus vil de tous les humains, et tenter sa pitié, à mesure qu'il étoit plus inexorable.
Depuis ce temps, son âme insolente et servile s'est élevée sur la mienne. Sa présence, ses regards, ses paroles, tous les malheurs viennent m'accabler. Quand je suis seule, j'ai du moins la consolation de verser des larmes; mais lorsqu'il s'offre à ma vue, la fureur me saisit; je la trouve impuissante; et je tombe dans le désespoir.
Le tigre ose me dire que tu es l'auteur de toutes ces barbaries. Il voudrait m'ôter mon amour, et profaner jusques aux sentiments de mon cœur. Quand il me prononce le nom de celui que j'aime, je ne sais plus me plaindre: je ne puis plus que mourir.
J'ai soutenu ton absence, et j'ai conservé mon amour, par la force de mon amour. Les nuits, les jours, les moments, tout a été pour toi. J'étois superbe de mon amour même; et le tien me faisoit respecter ici. Mais à présent... Non, je ne puis plus soutenir l'humiliation où je suis descendue. Si je suis innocente, reviens pour m'aimer; reviens, si je suis coupable, pour que j'expire à tes pieds.
Du sérail d'Ispahan, le 2 de la lune de Maharram, 1720.
Du sérail d'Ispahan, le 2 de la lune de Maharram, 1720.
A mille lieues de moi, vous me jugez coupable: à mille lieues de moi, vous me punissez.
Qu'un eunuque barbare porte sur moi ses viles mains, il agit par votre ordre: c'est le tyran qui m'outrage, et non pas celui qui exerce la tyrannie.
Vous pouvez, à votre fantaisie, redoubler vos mauvais traitements. Mon cœur est tranquille, depuis qu'il ne peut plus vous aimer. Votre âme se dégrade, et vous devenez cruel. Soyez sûr que vous n'êtes point heureux. Adieu.
Du sérail d'Ispahan, le 2 de la lune de Maharram, 1720.
Du sérail d'Ispahan, le 2 de la lune de Maharram, 1720.
Je me plains, magnifique seigneur, et je te plains: jamais serviteur fidèle n'est descendu dans l'affreux désespoir où je suis. Voici tes malheurs et les miens; je ne t'en écris qu'en tremblant.
Je jure, par tous les prophètes du ciel, que, depuis que tu m'as confié tes femmes, j'ai veillé nuit et jour sur elles; que je n'ai jamais suspendu un moment le cours de mes inquiétudes. J'ai commencé mon ministère par les châtiments; et je les ai suspendus, sans sortir de mon austérité naturelle.
Mais que dis-je? pourquoi te vanter ici une fidélité qui t'a été inutile? Oublie tous mes services passés; regarde-moi comme un traître; et punis-moi de tous les crimes que je n'ai pu empêcher.
Roxane, la superbe Roxane, ô ciel! à qui se fier désormais? Tu soupçonnois Zachi, et tu avois pour Roxane une sécurité entière; mais sa vertu farouche étoit une cruelle imposture; c'étoit le voile de sa perfidie. Je l'ai surprise dans les bras d'un jeune homme, qui, dès qu'il s'est vu découvert, est venu sur moi; il m'a donné deux coups de poignard; les eunuques, accourus au bruit, l'ont entouré: il s'est défendu longtemps, en a blessé plusieurs; il vouloit même rentrer dans la chambre, pour mourir, disoit-il, aux yeux de Roxane. Mais enfin il a cédé au nombre, et il est tombé à nos pieds.
Je ne sais si j'attendrai, sublime seigneur, tes ordres sévères: tu as mis ta vengeance en mes mains; je ne dois pas la faire languir.
Du sérail d'Ispahan, le 8 de la lune de Rebiab 1, 1730,
Du sérail d'Ispahan, le 8 de la lune de Rebiab 1, 1730,
J'ai pris mon parti: tes malheurs vont disparoître; je vais punir.
Je sens déjà une joie secrète; mon âme et la tienne vont s'apaiser: nous allons exterminer le crime, et l'innocence va pâlir.
O vous, qui semblez n'être faites que pour ignorer tous vos sens et être indignées de vos désirs mêmes; éternelles victimes de la honte et de la pudeur, que ne puis-je vous faire entrer à grands flots dans ce sérail malheureux, pour vous voir étonnées de tout le sang que j'y vais répandre!
Du sérail d'Ispahan, le 8 de la lune de Rebiab 1, 1720.
Du sérail d'Ispahan, le 8 de la lune de Rebiab 1, 1720.
Oui, je t'ai trompé; j'ai séduit tes eunuques; je me suis jouée de ta jalousie; et j'ai su de ton affreux sérail faire un lieu de délices et de plaisirs.
Je vais mourir; le poison va couler dans mes veines: car que ferois-je ici, puisque le seul homme qui me retenoit à la vie n'est plus? Je meurs; mais mon ombre s'envole bien accompagnée: je viens d'envoyer devant moi ces gardiens sacriléges, qui ont répandu le plus beau sang du monde.
Comment as-tu pensé que je fusse assez crédule, pour m'imaginer que je ne fusse dans le monde que pour adorer tes caprices? que, pendant que tu te permets tout, tu eusses le droit d'affliger tous mes désirs? Non: j'ai pu vivre dans la servitude; mais j'ai toujours été libre: j'ai réformé tes lois sur celles de la nature; et mon esprit s'est toujours tenu dans l'indépendance.
Tu devrois me rendre grâces encore du sacrifice que je t'ai fait; de ce que je me suis abaissée jusqu'à te paroître fidèle; de ce que j'ai lâchement gardé dans mon cœur ce que j'aurois dû faire paroître à toute la terre; enfin de ce que j'ai profané la vertu en souffrant qu'on appelât de ce nom ma soumission à tes fantaisies.
Tu étois étonné de ne point trouver en moi les transports de l'amour: si tu m'avois bien connue, tu y aurois trouvé toute la violence de la haine.
Mais tu as eu longtemps l'avantage de croire qu'un cœur comme le mien t'étoit soumis. Nous étions tous deux heureux; tu me croyois trompée, et je te trompois.
Ce langage, sans doute, te paroît nouveau. Seroit-il possible qu'après t'avoir accablé de douleurs, je te forçasse encore d'admirer mon courage? Mais c'en est fait, le poison me consume, ma force m'abandonne; la plume me tombe des mains; je sens affoiblir jusqu'à ma haine; je me meurs.
Du sérail d'Ispahan, le 8 de la lune de Rebiab 1, 1720.
Du sérail d'Ispahan, le 8 de la lune de Rebiab 1, 1720.
(Voir l'Index, pour l'histoire, la religion, la philosophie, le droit public et privé, les mœurs orientales et européennes.)
Lettre LXXXIX (LXXXVI de 1721-1754).
Lettre XCII (quatrième du Supplément de 1754).
Lettre XCIII (LXXXIX de 1721-1754).
Lettre XCVI (XCII de 1721-1754).
«L'acte de justice la plus sévère, c'est la guerre;puisque son but est la destruction de la société.» C'est la leçon de 1721 et de 1754.
Le passage est atténué ainsi dans quelques éditions subséquentes: «puisqu'elle peut avoir l'effet de détruire la société».
Un éditeur moderne (Didot) a cru bien faire en accolant les deux leçons bout à bout: «puisqu'elle peut avoir l'effet etc..., puisque son but est la destruction de la société.
«Cette peine répond à celle du bannissementétablie dans les tribunaux, qui retrancheles coupables de la société. Ainsi un prince, à l'alliance duquel nous renonçons, est retranchépar làde notre société et n'est plus un de nos membres.»
Ceci est la leçon originale de 1721 et 1754.
Dans les éditions postérieures, notamment 1785 (édition complète), et Lefèvre 1820, d'après l'édition de Londres 1757, et peut-être sur des indications manuscrites de Montesquieu conservées par son fils et son secrétaire, ce passage est corrigé ainsi:
«Cette peine répond à celle du bannissement,que les tribunaux ont établi pour retrancherles coupables de la société. Ainsi un prince, à l'alliance duquel nous renonçons, est retranché de notre société, et n'est plusun des membres qui la composent.»
Les trois derniers alinéas, pour lesquels nous suivons la correction du Supplément de 1754, sont ainsi rédigés dans le texte primitif:
«Le droit de conquête n'est point un droit. Une société ne peut être fondée que sur la volonté des associés: si elle est détruite par la conquête, le peuple redevient libre; il n'y a plus de nouvelle société: et si le vainqueur en veut former, c'est une tyrannie.
«A l'égard des traités de paix, ils ne sont jamais légitimes, lorsqu'ils ordonnent une cession ou dédommagement plus considérable que le dommage causé: autrement, c'est une pure violence, contre laquelle on peut toujours revenir; à moins que, pour ravoir ce qu'on a perdu, on ne soit obligé de se servir de moyens si violents, qu'il en arrive un mal plus grand que le bien que l'on en doit retirer.
«Voilà, cher Rhédi, ce que j'appelle le droit public; voilà le droit des gens, ou plutôt celui de la raison.»
En tête de la correction indiquée par le Supplément, et qui, sous beaucoup de rapports, est inférieure au texte primitif, se lit cet avertissement: «A la place des trois derniers alinéas, mettez ceux-ci.»
Cependant quelques éditions ont maintenu, et avec raison, à la suite du nouveau texte, la conclusion si ferme: «Voilà cher Rhédi...»
Lettre XCVIII (XCIV de 1721-1754.)
«Écoute ce queje vais tedire...».
1721 1re: «Ce que jetevais dire...»
Leçon préférable eu égard à l'habitude constante de Montesquieu.
«Ce n'est qu'après bien des réflexions, qu'on en aconnutoute la fécondité.»
Éditions postérieures à 1754: «qu'on en avu...»
Cette lettre (LXXXIV de la 2eMarteau) est vivement incriminée dans la brochure de l'abbé Gaultier:Lettres persannes convaincues d'impiété.
Lettre CIII (XCIX de 1721-1754).
«Au moins il est impossible qu'ils aient subsisté longtempsdans leur pureté.»
Les mots en italiques manquent dans 1721-54, et appartiennent aux éditions postérieures qui procèdent de 1757 (voir laBibliographie.)
«Caravansérails». 1721, 1redonne:Caravansérais, qui avec un ï serait peut-être la meilleure transcription de ce terme oriental; et 1754:Caravanseras.
«Il n'y a que quatre ou cinq siècles qu'un roi de France prit des gardes.»
Ce roi est Philippe Auguste menacé par lesAssassinsdu Vieux de la Montagne.
Lettre CXI (CVII 1721-1754).
«Un général d'armée n'emploie pas plus d'attentionà placersa droite... qu'elle en metà posterune mouche qui peut manquer...»
C'est la leçon de 1754, et certainement la meilleure.
1721 1redonne: «porterune mouche. (C'est une coquille.)
1721 2edonne:postersa droite,...placerune mouche.
Les éditions subséquentes «poserune mouche» (qui ne vaut pasposter).
Lettre CXII (Cinquième du Supplément de 1754).
Elle se trouve déjà en grande partie dans la 2eMarteau (LVIII), avec une adresse et une date différentes.
En voici le début et les variantes, ainsi qu'une note, qui ne figure plus au Supplément:
Rica à ***
Rica à ***
«Le peuple est un animal qui voit et qui entend; mais qui ne pense jamais. Il est dans une léthargie ou dans une fougue surprenante; et il va et vient sans cesse d'un de ces états à l'autre, sans savoir jamais d'où il est parti.
«J'ai ouï parler en France d'un certain gouverneur de Normandie, qui, voulant se rendre plus considérable à la cour, excitoit lui même de temps en temps quelques séditions, qu'il apaisoit aussitôt.
«Il avoua depuis que la plus forte sédition ne lui coûta, tout compte fait, qu'un demi toman. Il faisoit assembler quelques canailles dans un cabaret qui donnoit le ton à toute la ville, et ensuite à toute la province.
«Ceci me fait ressouvenir d'une lettre qu'écrivit dans les derniers troubles de Paris un des généraux de cette ville à un de ses amis.
«Je fis sortir, il y a trois jours, les troupes de la ville; mais elles furent repoussées avec perte. Je compte pourtant que je réparerai facilement cet échec; j'ai six couplets...
«Si cela ne suffit pas, il a été résolu au conseil de faire paroître une estampe, qui fera voir Mazarin pendu; et pour peu que la conjoncture des affaires le demande, nous aurons la ressource d'ordonner au graveur de le rouer...
«Jugez après cela si le peuple à tort de s'animer, et de faire du nom de Mazarin un mot...
«Notre musique l'a si furieusement vexé sur le péché originel que, pour ne pas voir ses partisans réduits à la moitié, il a été obligé de renvoyer tous ses pages. Je suis, etc...
De Paris, le 9 de la lune de Zilcadé 1715.
De Paris, le 9 de la lune de Zilcadé 1715.
En note aux mots: «le ton ridicule dont il prononce.»
«Le cardinal Mazarin, voulant prononcerl'arrêt d'Union, dit devant les députés du parlementl'arrêt d'Ognon; sur quoi le peuple fit force plaisanteries.»
Lepéché origineldont il est question plus haut est ce vice contre nature qu'on nomme parfoisitalien, et qui serait mieux nomméclérical.
Lettre CXIII (CVIII de 1721-1754).
Lettre CXIV (CIX de 1721-1754, XCIX de 1721 2eMarteau).
Elle est incriminée dans la brochure:Lettres persannes convaincues d'impiété.
«Il ne faut donc pas compter les années du monde...»
Cet alinéa ne manque ni dans 1721 1re, ni dans 1721 2eMarteau, ni dans 1754. C'est à tort qu'il a été supprimé dans 1758 et dans beaucoup d'éditions postérieures.
«Cependant tous les historiensnous parlent d'un premier père; ils...»
Les mots enitaliquesmanquent dans la première édition. Ils sont déjà rétablis dans 1721 2eMarteau.
L'avant dernier paragraphe: «mais toutes les destructions ne sont pas violentes...» appartient au Supplément de 1754.
Lettre CXVII (CXII de 1721 1re, CII de la 2eMarteau).
Incriminée dans lesLettres persannes convaincues d'impiété.
Lettre CXVIII (CXII 1re, CIII 2eMarteau).
Également incriminée.
Lettre CXX.
Tyen, ciel des chinois.
1721 1re:Tyien.
Lettre CXXII
«L'air se charge, comme les plantes...» Alinéa ajouté par le Supplément de 1754.
Lettre CXXV (Sixième du Supplément de 1754).
Elle se trouve déjà dans 1721 2eMarteau (LX, Usbek à ***, Paris, 11 Zilcadé 1715), avec les variantes suivantes:
Troisième alinéa.
«A mon esprit; il me semble...»
1721 2e:etil me semble...
Quatrième alinéa.
«De quelques uns de nos sujets...»
1721 2e: de nosplus richessujets...
«Nous avons enfin cédé à la multitude des requêtes...»
1721 2e: à la multitudeinnombrable...
«Faire attention qu'ilétoitnotoire...
1721 2e: qu'ilestnotoire...
«Nous ont prié, branlant la tête...»
1721 2e:enbranlant la tête...
«Ainsi, désirant traiter les suppliants...»
1721 2e:A ces causes, désirant...
Septième alinéa.
«A leurs femmesetà leurs enfants...»
1721 2e: A leurs femmes, à leurs enfants...
«Dans leurs familles, les principales fêtes de l'année...»
1721 2e: dans leurs familles,avec leurs amis, etc...
Huitième alinéa.
«Ellesviennent à les y contraindre...»
1721 2e:Ilsviennent...
«Défendons à nos magistrats...»
1721 2e: àtousnos magistrats...
Lettre CXXVI (CXX de 1721 1re, CX de 1721 2eMarteau).
Incriminée dans lesLettres persannes convaincues d'impiété.
Lettre CXXXVII (CXXXI de 1721 1re).
«semble échauffer les imaginationsmêmes.»Mêmesmanque, et avec raison, dans 1721 1re. «Romans» pris dans le sens deromanciers.
Lettre CXXXVIII (CXXXII de 1721 1re).
«N.prit le fer à la main...»N.est le duc de Noailles.
«Un étranger»; Law, Écossais. (Voir l'Index).
Lettre CXLI (CXXXV de 1721 1re).
«Romans» dans le sens deromanciers.
«Zuléma». 1721 1re: Zumela.
«Gemmadi 1, 1720»
1 manque dans 1754.
Lettre CXLIII (CXXXVII 1721-1754).
La piquanteLettre d'un médecin de provincefigure tout entière dans les deux éditions qui servent de base à notre travail. 1721 1redonne mêmeRévérend père jésuite, là où 1754 n'a que les initiales R. P. J.
Ce n'est qu'après la mort de Montesquieu que des éditeurs timorés ont supprimé ou mis en note l'énumération des médicaments: la lettre s'arrête à «on lui expliqua la chose, comme elle s'étoit passée.»
Déjà la fin du paragraphe intitulé P. S. avait disparu «Il y a bien des choses que je n'entends pas, etc...»
Les éditeurs ont fictivement attribué à Montesquieu lui-même ces mutilations qu'on ne s'explique guère:
«L'auteur, disent-ils, dans le manuscrit qu'il avoit confiéde son vivant» (ce qui est faux) «aux libraires, a jugé à propos de faire des retranchements. On n'a pas cru devoir en priver le lecteur qui les trouvera ici en notes.»
«Prenez dix A*** du C*** concernant la B*** et la C*** des J***.»
Dix Arrêts du Conseil concernant la Bulle et la Constitution des Jésuites. (Selon d'autres: concernant la Banque, ou la Bourse, et la Compagnie des Indes.)
«M. de N.» Fléchier évêque de Nîmes. Montesquieu est ici bien aimable d'excepter les Oraisons funèbres de Fléchier.
«Teigne», 1721:tigne.
«Miraculum chymicum, de violenta, etc...»
Miracle chimique, par violente fermentation, avec fumée, feu et flamme.
Mélangez une infusion de Quesnel avec une infusion de Lallemand; que la fermentation ait lieu, avec grande violence, bouillonnement et tonnerre, les acides se combattant, et pénétrant à l'envi les sels alcalins: il se fera une évaporation d'esprits brûlants. Mettez la liqueur fermentée dans l'alambic; vous n'en tirerez rien, et n'y trouverez rien sinon uncaput mortuum(une drogue inutile et impuissante.)
«Lenitivum.»
Prenez deux feuillets de l'anodin Molina; six pages du laxatif Escobar; une feuille de l'émollient Vasquez: faites infuser dans quatre livres d'eau ordinaire, faites réduire, par la cuisson, à moitié; pressez; et dans l'extrait faites dissoudre trois feuilles du détersif Bauni et du diluant Tamburini.
Faites du tout un lavement.
«Clyster.» 1721-1754:clister.
«In chlorosim, etc...»
Contre la chlorose, que le vulgaire appelle pâles-couleurs ou fièvre-amoureuse.
Prenez quatre figures de l'Arétin; deux feuilles du révérend Thomas SanchezDe matrimonio(Du mariage). Faites infuser dans cinq livres d'eau ordinaire.
Faites du tout une tisane apéritive.
Lettre CXLIV (Septième du Supplément de 1754).
Lettre CXLV (Huitième du supplément de 1754).
Cette lettre se retrouve tout entière dans 1721 2eMarteau (LIX).
«Sa vue quiseporte toujours loin...»
1721 2e: qui porte...
«On est charmé de donner à celui-ci, on est enchanté d'ôter à celui-là.»
1721 2e: On aime à donner..., on est charmé d'ôter...
«Une mite.»
1721 2e:Mitte...
«L'hiverdernier, je pensai mourir...»
1721 2e: L'hiverpassé,...
«On lui suscite...»
1721 2e: On lui suscitera...
«La constitutiondel'empire...
1721 2e:des empires...
«Mais ce n'estpointassez...
1721 2e:pas
«De Paris, le 20 de la lune de Chahban, 1720.»
1721 2e: De Paris, le 10 de la lune Zilcadé, 1715.
Lettre CXLVII (CXXXIX de 1721-1754).
«Tes femmes se sont imaginé...»
1721, 1754: se sont imaginées...
La date de cette lettre et des huit suivantes semblerait devoir les placer entre CVI et CXXVIII. L'auteur aura voulu, en les rassemblant, donner plus de corps à la conclusion de sonromanet finir comme il avait commencé.
Lettre CLI (CXLIII de 1721-1754).
«Je sais ce qu'il t'écrivit...»
1721 1re, 2eet 1754 portent: jenesais (qui répond moins bien au sens général).
«Avant qu'elles arrivassent...
1721 1re, 2e: qu'ellesn'arrivassent...
Lettre CLVII (Neuvième du Supplément de 1754).
Lettre CLVIII (Dixième du Supplément de 1754).
Lettre CLX (Onzième du Supplément de 1754).
Lettre CLXI et dernière (CL de 1721-1752, CXL de 1721 2eMarteau, et 1730, 3eédition, Amsterdam, Jacques Desbordes).
Abbé. Jeune abbé séduisant une actrice. XXVIII.
Abdias Ibesalon, juif, interroge Mahomet sur les animaux impurs. XVIII.
Académie Française. «établissement singulier et bizarre» inconnu en Perse. Babil éternel, manie du panégyrique. Quarante têtes pleines de figures, de métaphores et d'antithèses. LXXIII.
Actrices. Elles ne sont point cruelles. Lettre d'une actrice à laquelle un abbé a ravi son innocence. XXVIII.
Adam. «Dieu met Adam dans le paradis terrestre, à condition qu'il ne mangera pas d'un certain fruit: précepte absurde dans un être qui connoîtrait les déterminations futures des âmes; car enfin un tel être peut-il mettre des conditions à ses grâces, sans les rendre dérisoires?» LXIX.
(Voir Dieu. Prescience.)
Adam a peut-être été sauvé d'une catastrophe générale, comme Noé le fut du déluge. CXIV.
Affranchissement, comblait sans cesse les vides de la population romaine. CXVI.
Afrique, toujours très-inconnue; ses côtes ne sont plus ce qu'elles étaient sous les Carthaginois et les Romains. CXIII, CXIX.
Agriculture, ses progrès intimement liés à ceux du commerce et de l'industrie, et réciproquement. CXVIII.
Ses revenus inférieurs à ceux de l'industrie et de l'art. Un fonds ne produit annuellement que le vingtième de sa valeur. CVII.
Agiotage, ses effets désastreux. CXXXII, CXLVI.
(Par arrêt du conseil du 25 juillet 1719, le papier-monnaie, déclaré immuable, fait tomber l'or; un créancier, rue Quincampoix, tire l'épée contre un débiteur qui l'avait remboursé. Allusion à ce fait, CXLVI.)
Ainesse. Le droit d'aînesse, invention de la vanité, détruit l'égalité des citoyens; il fait obstacle à la propagation. CXX.
Alchimistes. Ils vous offrent «pour un peu d'argent le secret de faire de l'or.» LVIII.
Alcoran, ses défauts: langage de Dieu, idées des hommes. XCVIII.
Il ordonne de se soumettre aux puissances (allusion à l'Evangile). CV.
Il autorise la pluralité des femmes. CXV.
Plaidoyer d'une femme contre l'Alcoran. CXLI.
Passages de l'Alcoran cousus dans les vêtements, comme amulette. CXLIII.
Alexandrecomparé à Gengiskhan. LXXXII.
Algébristescomparés aux astrologues. CXXXV.
Ibid.Algébriste faiseur desystème; allusion à Law.
Ali, gendre du prophète.
(Dans un certain nombre d'éditions du tempsHali; déjà en 1721, on imprimeAly.
Prophète des Chiites (Persans).
Son nom est un talisman. CXLIII.
Il est «le plus beau de tous les hommes;» expressions d'un Psaume appliquées au messie. XXXV.
Allemagne, partagée en un nombre infini de petits États. CIII.
Les peuples de l'Allemagne antique, avant la chute de l'empire romain, étaient libres; leurs rois n'étaient que des chefs à pouvoir limité. CXXXI.
L'empire d'Allemagne «se fortifie à mesure de ses pertes.» CXXXVI.
Grand vizir d'Allemagne; le prince Eugène vainqueur à Peterwaradin. CXXIX.
Alliances. Alliances honorables, alliances injustes; alliances déshonorantes (celle d'un tyran).
Il est juste et légitime de secourir un allié. XCVI.
Ambassadeur. Faux ambassadeur de Perse à la cour de France XCII.
Nargum, ambassadeur de Perse en Russie. LI, LXXXII.
Ambassadeur du grand Mogol (d'Espagne) expulsé du royaume. CXXVII.
Ambroise, sa conduite à l'égard de Théodose. LXI.
(Comparez Spinoza,Tractatus theologico-politicus, cap. 19.)
Ame, entièrement liée au corps et soumise aux influences physiques, XXXIII.
«Ouvrière de sa détermination» l'âme, devant la prescience divine, ne serait pas plus libre qu'une boule de billard. LXIX.
Gens qui croient à l'immortalité de l'âme par semestre. LXXV.
Les livres juifs enseignent que la femme n'a pas d'âme. CXLI.
Amérique, avait été découverte par les Carthaginois; très-dépeuplée, CXIII, par la barbarie des conquérants espagnols. CXXII.
Vainement y introduit-on des esclaves; elle ne profite point des pertes de l'Afrique. CXIX.
Indigènes et nègres y périssent par milliers dans les mines.Ibid.
Amitié. presque inconnue aux Asiatiques. XXXIV.
Amour. «Dans le nombreux sérail où j'ai vécu, j'ai prévenu l'amour et l'ai détruit par lui-même.» La polygamie éteint l'amour. VI. LVI.
L'amour, chez les musulmans, est amorti par la pluralité des femmes. LVI.
L'amour chez les Espagnols. LXXVIII.
L'amour dans le paradis des femmes. CXLI.
Amulettes, passages de l'Alcoran, noms sacrés cousus dans les vêtements des fidèles musulmans. CXLIII.
Anais, ses aventures dans le paradis des femmes, et la vengeance qu'elle exerce sur son mari, qui l'a tuée. CXLI.
Anatomie. Noms barbares qu'elle donne aux parties du corps. CXXXV.
Anatomiste. soupçonné, dans son quartier, du meurtre de tous les chiens qui disparaissaient. CXLV.
Anciens et Modernes. Querelles sur le mérite d'Homère. XXXVI.
Anges. Ils demandent à élever Mahomet enfant. XXXIX.
Chrétiens et musulmans rendent un culte aux bons anges et se méfient des mauvais. XXXV.
Anglais. Ils limitent l'autorité de leurs rois. Leur humeur et leurs raisonnements sur le pouvoir. CV.
Angleterre. Son histoire pleine de discordes d'où sort la liberté.
Ses rois toujours chancelants sur un trône inébranlable.
Nation qui, maîtresse de la mer, mêle le commerce avec l'empire. CXXXVI.
Antiquaire. Lettre et manies innocentes d'un antiquaire malin. CXLII.
Aphéridon, Guèbre qui épouse sa sœur: ses aventures. LXVII.
(Féridun, ZendThaethraona, sanscritTritâna, deTrita, l'une des plus anciennes divinités solaires des peuples aryens).
Aragon. Les états d'Aragon et de Catalogne, en 1610, discutent quelle sera la langue employée dans les délibérations. CX.
Arche. Légendes sur l'arche de Noé. XVIII.
Argent(vif), employé contre les exhalaisons malignes. CXIX.
Arétin, ses figures recommandées contre les pâles couleurs. CXLIII.
Aristote. Le médecin de province fait entrer sa logique dans un purgatif, ses catégories dans un remède contre la gale. CXLIII.
Armées. Différence des armées d'Orient et des troupes européennes. XC.
L'avantage est du côté du prince qui est à la tête des armées. CIII.
Les armées, instrument nécessaire de la tyrannie, surtout en Orient.Ibid.
Arméniens. Leurs caravanes qui partent «tous les jours» de Smyrne pour Ispahan, transportent en Perse les lettres venues de Marseille. XXVII.
Marchands d'esclaves. LXXX.
Quelques ministres de Cha-Soliman voulaient les expulser de Perse, s'ils ne se faisaient mahométans. (Allusion à l'édit de Nantes.) LXXXVI.
Transportés par Cha-Abbas dans la province de Guilan, ils y périrent par milliers. CXXII.
Arrêtqui permet de prononcer la lettre Q au gré de chacun. CX.
A. du C. (Arrêts du conseil.) concernant la B. et la C. des I. ou J. (Ordinairement traduit: concernant la Bulle et la Constitution des Jésuites: Barbier préfère: concernant la Bourse et la Compagnie des Indes.) Purgatif violent. CXLIII.
Arts. Mauvais usage des arts. CVI.
Où nous entraînerait la perte des arts? Les barbares ont appris les arts des vaincus. CVII.
Nécessité des arts. L'oisiveté et la mollesse incompatibles avec les arts. Les arts à Paris.Ibid.
Ascétiques. Inutilité des livres de cette espèce. CXXXIV.
Asie, dépeuplée, CXIII; toujours livrée au despotisme. CXXXI.
Asie-Mineure, singulièrement déchue de son antique prospérité. CXIII.
Astarté, Guèbre qui épousa son frère: ses aventures. LXVII.
Asthmè. Pour le guérir, lisez les périodes du père Maimbourg. CXLIII.
Astrologie judiciaire, est tenue en honneur chez les Persans et les Orientaux. Rica croit fermement au concours des astres. CXXXV.
Auteurs. Vanité des auteurs, leur impatience de la critique.
Plus jaloux de leurs ouvrages que de leurs épaules. CIX.
Automates, les animaux; allusion au système de Descartes. CXLV.
Autorité. «Quand une fois l'autorité violente est méprisée, il n'en reste plus assez à personne pour la faire revenir.» LXXXI.
Averroes. Purgatif. CXLIII.
Aveugles. La vie aux Quinze-Vingts.
Habileté des aveugles à se conduire dans Paris. XXXII.
Avicenne. Purgatif. CXLIII.
Avocats. «Livres vivants,» ils travaillent pour les juges et se chargent de les instruire, parfois aussi de les tromper. LXVIII.
Avortement. Crime sévèrement puni par les lois européennes.
Abus qu'en font les femmes sauvages. CXXI.
Babyloniens. Autorité de la femme établie chez eux par une loi en l'honneur de Sémiramis. XXXVIII.
Bachas. Ils achètent leurs emplois et, ruinés, ruinent les provinces. XIX.
Badinage«naturellement fait pour les toilettes... semble être venu à former le caractère général de la nation.» LXIII.
Balk(Bactres), ville sainte où les Guèbres honoraient le soleil. LXVII.
Banque. Ses actions. Projets financiers du ministère en 1719. CXXXI.
Baptême, comparé aux ablutions musulmanes. XXXV.
Barbares. Ils ont appris les arts ou les ont fait exercer aux vaincus. CVII.
Barbarie. Ses côtes, florissantes sous les Carthaginois et les Romains, ont été dépeuplées et stérilisées par le mahométisme. CXIII, CXIX.
Barbe. Pierre Ieret la barbe de ses sujets. LI.
Bataille. La terreur panique d'un seul soldat en décide quelquefois. CXLIII.
Bâtiments. Magnificence de Louis XIV dans ses constructions. XXXVII.
Batuecas. Tribu des montagnes d'Espagne, mal connue des Espagnols eux-mêmes. LXXVIII.
Béatitude Éternelle. Croyance défavorable à la propagation de l'espèce. CXX.
Beauté. Beauté des Persanes. XXXIV.
Beauté d'une esclave de Circassie, achetée à des Arméniens. LXXX.
Beauté d'une femme jaune de Visapour. XCVII.
Empire naturel et universel de la beauté. XXXVIII.
Beaux esprits. Ils s'amusent aux choses puériles. XXXVI.
Beiram. Appartement des femmes. Sérail du roi (de Perse). Toute esclave qui y entre devient mahométane. LXVII.
Bénéfices. «Qui voudroit nombrer tous les gens de loi qui poursuivent le revenu de quelque mosquée...» LVIII.
Ben Josué, juif, prosélyte musulman. XXXIX.
Bibliothécaire. Portrait d'un moine bibliothécaire. Ses conversations avec Rica. CXXXIV-CXXXVII.
Bibliothèques. Comment elles sont administrées par les dervis. CXXXIII.
Voyage dans une grande bibliothèque à Paris. CXXXIII-CXXXVII.
Bienfait. Tout homme est capable de faire du bien à un homme: mais c'est ressembler aux dieux que de contribuer au bonheur d'une société tout entière. XC.
Boissons. Celles qui abrutissent.
Celles qui égayent et consolent, permises aux musulmans. XXXIII.
Boîtesoù l'on enferme les femmes de la Perse au passage des rivières. III.
Bombés. Leur invention a ôté la liberté à tous les peuples de l'Europe. CVI.
Défense des bombes. CVII.
Bonheur. Réside-t-il dans les satisfactions des sens ou dans la pratique de la vertu? X.
Bonne foi. Doit être l'âme d'un grand ministre. CXLVI.
Bons motspréparés d'avance et lancés à l'aide d'un compère. LIV.
Bonzes, confondus avec les brahmanes. CXXVI.
Bourgeois. Ont perdu la garde de leurs villes. CVI.
Sous quel prétexte les princes la leur ont retirée.Ibid.
Boussole. Que nous a servi l'invention de la boussole? CVI.
Brahmarécompense le suicide des veuves. CXXVI.
Brahmane. Croit à la métempsychose, mais admet qu'on mange un animal quand on ne l'a pas tué soi-même. XLVI.
Bulles, purgatif violent. CXLIII.
Cabale. Panthéisme mystique des Juifs.
Pratiquée par un médecin de province. CXLIII.
Café(et cafés.) Très en usage à Paris, donne de l'esprit à ceux qui le prennent dans certains établissements. On y joue aux échecs. XXXVI.
Conversations que l'on y entend. CXXIX, CXXX, CXXXII.
Cambysea établi en Perse le mariage de la sœur et du frère. LXVII.
A quelle jambe a-t-il été blessé? CXLII.
Cappadociens. Ils refusèrent la liberté que leur offraient les Romains. CXXXI.
Capucins. Conversation de Rica et d'un provincial de capucins. XLIX.
Carthage. République dont on ignore les origines; rivale de Rome. CXXXI.
Carthaginois, avaient découvert l'Amérique. CXXII.
Casbin. Ville et monastère en Perse. XCIV.
Casuistes. Leur habileté à faire passer les péchés du mortel au véniel. «Il y a un tour à donner à tout.» LVII.
Ils mettent au jour les secrets de la nuit. Ingéniosité voluptueuse, crudité et danger de leurs ouvrages. CXXXIV.
Castro(Jean de), «fameux général portugais.» XXXVIII.
Catalogne. États d'Aragon et de Catalogne, 1610. Discussion préalable sur la langue à employer dans les délibérations. CX.
Catholicisme. Son infériorité sociale devant le protestantisme.
Dans l'État de l'Europe, il n'est pas possible qu'il y subsiste cinq cents ans. CXVIII.
Catholiques. Les pays catholiques moins riches, moins actifs, moins peuplés que les pays protestants. CXVIII.
Caussin(le P.), jésuite, né à Troyes en 1543, confesseur de Louis XIII, exilé par Richelieu.
SaCour sainte, livre de piété en 4 volumes in-4, est recommandée comme somnifère à un homme qui ne dormait pas depuis trente-cinq jours. CXLIII.
Célibat. Les filles esclaves condamnées à la virginité dans le sérail. CXV.
Les Romains établissaient des peines sévères contre le célibat.
Les chrétiens le proclament supérieur au mariage. CXVII.
Nombre prodigieux de catholiques faisant profession de célibat.
Le célibat ecclésiastique est plus nuisible à la propagation que la castration même.
Habitude des familles de vouer un de leur membre au célibat religieux.Ibid.
Cellamare(conspiration de), allusions, CXXVII.
Cérémonies. Leur importance secondaire en religion. XLVI.
César, opprima la république romaine et la soumit à un pouvoir arbitraire. Suites de son crime. CXXXI.
Cha-Abbas, se serait fait couper les deux bras plutôt que de signer l'édit de Nantes et «d'envoyer au Mogol et aux autres rois des Indes ses sujets les plus industrieux.» LXXXVI.
Voulant priver les Turcs de soldats sur leurs frontières, il transporta vingt milles familles arméniennes dans la province de Guilan. CXXII.
Chahban, mois ardent. XVIII.
Chansons. Influence des chansons sur les frondeurs. CXI.
Chapelain, bon contre la gale, la teigne, etc. CXLIII.
Chapelet. «Heureux celui qui a toujours prié Dieu avec de petits grains de bois à la main!» XXIX.
Chardin, célèbre voyageur en Perse. LXXII.
Charles XII, tué devant une place assiégée en Norwége (Frédéricshall). CXXXVII. (Esprit des lois.) X, 13.
Chartreux. Espèce de dervis taciturnes. LXXXIII.
Cha-Soliman. Quelques ministres de ce prince avaient voulu expulser de Perse tous les Arméniens (allusion à l'édit de Nantes). LXXXVI.
Chat, sorti du nez du lion. XVIII.
Châtiments. Les châtiments dans le sérail. LXIV, CXLVIII-CLXI. (Voir Peines.)
Chaussures. Les hauts talons. C.
Chauvinisme. «Depuis le commencement de la monarchie, les Français n'ont jamais été battus.» (Lettre d'un nouvelliste.) CXXX.
Chimie(alchimie?), quatrième fléau qui ruine les hommes et les détruit en détail (?). CVI.
Elle habite tantôt l'hôpital, tantôt les Petites-Maisons. CXXXV.
Chine. Deux fois conquise par les Tartares. LXXXII.
Les Chinois pensent que leurs pères, anéantis dans le Tyen, revivent en eux sur la terre. De là, propagation de l'espèce. CXX.
Ils honorent leurs parents comme des dieux.Ibid.
Un conquérant de la Chine obligea ses sujets à se rogner les cheveux ou les ongles. LXI.
Chlorose, doit céder à un tonique où entreront des figures d'Arétin et des passages de Sanchez. CXLIII.
Chrétiens(vieux). Ce que c'est que les «vieux chrétiens» en Espagne et Portugal. Leur orgueil. LXXVIII.
Les chrétiens cultivent les terres en Turquie et sont persécutés par les Pachas. XIX.
Christ. Pas de royaume où il y ait eu tant de guerres civiles que dans celui du Christ. XXIX.
Christianisme. Il rend tous les hommes égaux, mais n'empêche pas les rois chrétiens d'autoriser la traite des nègres. LXXV.
Il est peu favorable à la propagation de l'espèce humaine. CXV.
Ses rapports avec le mahométisme au point de vue des croyances. XXXV.
Ses vices sociaux: interdiction du divorce; création d'eunuques des deux sexes; exaltation du célibat. CXV, CXVII, CXVIII.
Christine(de Suède), abdique la couronne pour se donner à la philosophie. CXXXIX.
Circassie, pays des belles esclaves. LXXX, XCVII.
Royaume grand et dépeuplé. CXIII.
Circoncision. Ablation d'un «petit morceau de chair.» XLVI.
Mesure sanitaire qui délivre l'homme de l'impureté. XXXIX.
Mahomet est né circoncis. XXXIX.
Climats. Ils fixent les tempéraments.
On n'en sort pas impunément. CXXII.
Cloître. Cinq ou six mots d'une langue morte y assurent une vie tranquille. CXVIII.
Clyster(composition d'un). CXLIII.
Coiffeuses. Supériorité des coiffeuses françaises. CI.
Coiffures. Variations des coiffures françaises. C.
Colonies. Elles affaiblissent la mère-patrie sans peupler le pays où on les établit. CXXII.
Les colonies grecques apportèrent avec elles un esprit de liberté. CXXXI.
Colonisation. L'auteur y est peu favorable et n'y voit, sauf exception, qu'une cause de dépopulation intérieure et extérieure. CXXII.
Il voudrait la borner à l'occupation de places pour le commerce.Ibid.
Com. (Ville de).
C'est là qu'est le «tombeau de la Vierge qui a mis au monde douze prophètes.» Lettres I, XVII.
Commentateurs. Armée effroyable des glossateurs, de commentateurs, jurisconsultes. CI.
Ils peuvent se dispenser d'avoir du bon sens. CXXXV.
Commerce. Plus il y a d'hommes, plus il fleurit; plus il fleurit, plus il y a d'hommes. CXVI.
Communisme. Montesquieu semble avoir attribué quelques avantages à l'indivision: «Le peuple Troglodyte se regardoit comme une seule famille: les troupeaux étoient presque toujours confondus; la seule peine qu'on s'épargnoit ordinairement, c'étoit de les partager.» Lettre XII.
Compères. Le rôle des compères dans les conversations du monde. LIV.
Compilateurs. Contre leurs plagiats stériles. LXVI.
Les compilateurs de lois et d'ordonnances. CI.
Conception. Mahomet ne veut pas que la femme conçoive dans l'état d'impureté. XXXIX.
Confesseur, son rôle près d'un vieux et d'un jeune roi. CVIII.
Congrès. «Épreuve aussi flétrissante pour la femme qui la soutient que pour le mari qui y succombe.» LXXXVII.
Conquête. «La conquête ne donne point un droit par elle-même.» XCVI.
Funestes nécessités de la conquête lorsqu'elle est lointaine: extermination des vaincus et épuisement des vainqueurs. CXXII.
Les conquêtes des Espagnols marquées par la ruine des campagnes. LXXVIII.
Conscience. Inhumanité de ceux qui affligent la conscience des autres. LXXXVI.
Conseils. Six ou sept conseils remplaçant les ministres ont pu sagement administrer la France. CXXXVIII.
Consolations. Vanité de celles qu'on tire «de la nécessité du mal, de l'inutilité des remèdes, de la fatalité du destin, de l'ordre de la providence.» XXXIII.
Conspirationsfréquentes en Orient. Pourquoi? CIII.
Constantinoplemenacée de dépopulation par la polygamie. CXV.
Les transports de peuples qu'on y a faits n'ont jamais réussi. CXXII.
Constitution(Bulle de 1710) mal accueillie par les Français, surtout par les femmes. Louis XIV l'accepte. XXIV.
Les constitutions des papes, adoptées par la jurisprudence française. CI.
Influence de la constitution du corps sur les croyances religieuses. LXXV.
Conte persan. Anaïs dans le paradis. CXLI.
Continence. Chez les chrétiens, c'est la vertu par excellence (bien que le mariage soit saint: contradiction); elle a anéanti plus d'hommes que les pestes et les guerres les plus sanglantes. CXVIII.
Conversation. Influence qu'ont dans les conversations les choses inanimées, bruit du carrosse et du marteau, habit brodé, perruque blonde, tabatière, canne, gants. LXXXIII.
Coquetterie. «Un peu de coquetterie est un sel qui pique et prévient la corruption.» XXXVIII.
Corps. Les grands corps s'attachent aux minuties, aux vains usages. CX.
Corruptionremarquée dans les Indes (en France), œuvre du système de Law. Peinture énergique des hontes de l'agiotage. CXLVI.
Cosrou, eunuque blanc amoureux de Zélide. LIII.
Cour. La vertu et la sincérité y sont périlleuses. Lettre VIII.
Courbeselon laquelle un vaisseau doit être taillé. XCVIII.
Courouc. Ordre qui, en Perse, écarte les hommes du passage des femmes de qualité. XLVII.
Courtisans. Par quels services ils gagnent des libéralités des princes, CXXV, et leurs faveurs, notamment celles de Louis XIV. XXXVIII.
Coutumes. Multiplicité des coutumes des provinces en France. La plupart rédigées d'après le droit romain. CI.
Couvent. Famille éternelle où il ne naît personne; gouffre où s'ensevelissent les races futures. CXVIII.
Création. Peut-on croire qu'elle n'ait eu lieu qu'il y a 6,000 ans? Plus tôt, Dieu n'a-t-il pas voulu? n'a-t-il pas pu? CXIV.
Cuisiniers. Le goût des cuisiniers français règne du septentrion au midi. CI.
Czar, son autorité despotique. LI.
Débiteursavares qui ruinent leurs créanciers par des payements fictifs. CXLVI.
Décadence romaine. Passage qui contient en germe un des chefs-d'œuvre de Montesquieu. CXXXVI.
Décisionnaire. Homme content de lui qui tranche sur tout, morale, science, histoire, nouvelles. LXXII.
Défense. Elle rend la guerre légitime. Quand un traité a privé une société de «sa défense naturelle,» elle peut la reconquérir par la guerre. XCVI.
Déluge. Hypothèses de plusieurs déluges. CXIV.
Dépopulation. Catastrophe insensible.
Elle croît depuis les temps les plus reculés, dans tous les pays du monde connu. CXIII.
Ses causes physiques, CXIV, et morales, CXV, dans les pays musulmans, CXVI, et chrétiens, CXVII, CXVIII; en Afrique et en Amérique, CXIX; chez les sauvages, CXXI; dans les colonies, CXXIII.
Dervis(Lisez prêtres ou moines.) LVII;
Dervis taciturnes: Chartreux LXXXIII.
On souhaiterait que les dervis «se retranchassenttout ce que leur profession leur rend inutiles.»Ibid.
Société de gens avares qui prennent tout et ne rendent rien. Les dervis catholiques accaparent les richesses de l'État, paralysent la circulation, le commerce et les arts. CXVIII.
Comment ils administrent leurs bibliothèques. CXXXIII.
Déserts. Pays déserts par vice de nature ou destruction de peuples. CXXII.
Désespoir. Il égale la faiblesse à la force. XCVI.
Désirs. Malheur d'une femme qui a des désirs violents lorsqu'elle est privée de celui qui peut seul les satisfaire. VII.
Despote,despotisme. Le despote menacé par l'excès même de son autorité. LXXXII, CIII.
Le despotisme tue l'émulation, XC; conduit au régicide impuni. CIV.
Devins. Ils vous diront toute votre vie, «pourvu qu'ils aient eu un quart d'heure de conversation avec vos domestiques.» LVIII.
Dévot. Dévot ou incrédule par accès, caractère du chrétien. LXXV.
«Si dévots qu'ils sont à peine chrétiens» (les Espagnols). LXXVIII.
Le dévot adore tout ce qu'il vénère, attribue à de petites pratiques monacales la même efficacité qu'aux sacrements.Ibid.
Dictionnaire. Le dictionnaire de Furetière et celui de l'Académie. LXXIII.
Didon. On ignore la suite des princes africains depuis Didon. CXXXI.
Dieu. Les hommes le font à leur image. Dieux nègres, Vénus hottentote; «si les triangles faisoient un dieu, ils lui donneroient trois côtés.» LIX.
«Ils ont fait une énumération de toutes les perfections différentes que l'homme est capable d'avoir et d'imaginer, et en ont chargé l'idée de la divinité.»
Quoique tout-puissant, Dieu «ne peut pas violer ses promesses, ni tromper les hommes.»
Comment pourrait-il prévoir ce qui n'est pas encore?
La prescience divine est discutée et discutable. Peut-être n'est-elle qu'intermittente, quand Dieu veut qu'une chose arrive. En tout cas elle est contradictoire et supprime la liberté, le mérite et le démérite, tels que les métaphysiciens les définissent. LXIX.
«Dieu est si haut que nous n'apercevons pas même ses nuages.» LXIX.
Dieu défend-il le suicide? LXXVI.
S'il y a un Dieu, il faut qu'il soit juste... Il serait le plus méchant de tous les êtres puisqu'il le serait sans intérêt.
Docteurs qui représentent Dieu tantôt comme un être mauvais, tantôt comme un être qui hait le mal. LXXXIV.
Comment comprendre que Dieu ait différé, durant toute l'éternité, la création du monde?—Il n'y a point en lui de succession. CXIV.
Directeur. Portrait du directeur de consciences. XLVIII.
Discoursprononcé par un général de la Fronde. CXII.
Disgrâce. Pour un Persan, la disgrâce du prince, c'est la mort. Aussi les révoltes coûtent-elles peu aux Orientaux.
Pour les grands d'Europe, la disgrâce n'est que défaveur, exil. CIII.
Dissimulation. Art nécessaire et pratiqué chez les Asiatiques. LXIII.
Distinction. Procédé jésuitique, raillé. XXIX.
Les distinctions des avocats ou des scolastiques. XXXVI.
Une «distinction» sur un morceau de papier, remède contre la gale, la gratelle, etc. CXLIII.
Divorce. Autorisé par le paganisme. CXV.
Il contribuait à l'attachement mutuel CXVII.
Son interdiction peu judicieuse relâche les liens que le christianisme prétend resserrer, et porte atteinte à la fin du mariage.Ibid.
Elle engendre la froideur dans le ménage, livre aux filles de joie l'homme dégoûté d'une épouse éternelle et nuit à la propagation de l'espèce.Ibid.
Docteursqui représentent Dieu comme un être qui fait un exercice tyrannique de sa puissance, etc. LXXXIV.