Emmaillottée, elle a l’air d’une chrysalide, et c’est dans des enveloppes imbriquées comme les feuilles d’un bourgeon qu’elle délie ses gestes. La tête seule saille du maillot, ainsi que la tête de l’insecte appelé frigane de son étui de bois, ou celle de la tortue de son test. Ce maillot, ponctué au dos du corselet par des épingles de nourrice, se bombe au milieu.
Voici la mère. Elle saisit cette nymphe dans les vapeurs du berceau, s’assied, l’étend à plat ventre sur elle, dégrafe les épingles, la retourne, la dépouille de ses langes dont le dernier est souvent d’un jaune d’œuf, la met nue et la plonge jusqu’au cou dans un baquet. Bernadette soutenue sous les bras essaie de se renverser, dresse ses genoux vers son menton. Sa face exprime la béatitude, ses yeux luisent et, presque, ils rient. Mais, tout à coup, elle rugit. C’est quand, s’étant saisie d’une éponge et d’ouate hydrophile, la mère nettoie et essuie sa petite.