Chapter 11

Jactatio. Gloriatio. Ostentatio. Venditatio.Jactatioetgloriatio, défauts qui ont leur origine dans la vanité et la suffisance :jactatio, défaut du fat qui se donne de grands airs, qui fait étalage de ses avantages et de ses mérites, qui les fait ressortir par ses paroles et ses gestes, avec une idée accessoire d’étourderie ;gloriatio, défaut du fanfaron qui publie hautement ses avantages ou ses mérites, avec une idée accessoire d’impertinence. L’ostentatioet lavenditatioont leur origine dans un calcul habile de l’effet qu’on peut tirer d’une fausseté : l’ostentation,ostentatio, cherche à déguiser sous des apparences brillantes une pauvreté réelle ; la représentation,venditatio, veut paraître en faisant valoir outre mesure certains avantages.Jactura, v.MittereetDamnum.Jaculum, v. Missile.Janua, v.Ostium.Icere, v.Verberare.Idoneus. Aptus.Idoneus, qui a ce qu’il faut pour êtreemployé à quelque chose,aptus, pour le faire,F. A.Wolf. En d’autres termes, l’idoneusest propre à un emploi par des qualités quelconques et par le concours des circonstances,ἐπιτήδειος; l’aptus, par sa valeur personnelle, par sa capacité,ἱϰανός. L’idoneusest inactif par lui-même ; on se sert de lui pour atteindre un but, parce qu’il est un instrument commode ; l’aptusentre de lui-même dans une affaire, parce qu’il a les dispositions nécessaires pour réussir.Ignarus, v.Cognitio.Ignavia. Inertia. Segnitia. Desidia. Socordia. Pigritia.1.Ignavia, opposé àindustria, l’amour du désœuvrement considéré comme une dérogation à la loi du devoir, en ce sens qu’on n’est homme, qu’on ne se distingue du vulgaire, qu’on ne vaut par soi-même que si on est doué du goût de l’action ;inertia, le même amour envisagé comme une infraction à la loi du travail, en ce sens que l’homme ne devient un membre utile, plus ou moins estimable de la société, que par son activité pratique. L’oisiveté,ignavia, est entée sur le naturel ; l’action lui répugne ; la fainéantise,inertia, est affaire d’habitude et de caractère ; elle ne se soucie point de travailler. Un méchant esclave est un fainéant,iners; un noble qui vit sans rien faire est un oisif,ignavus.2.Segnitia,desidia,socordiaetpigritia, défauts divers d’un tempérament trop tranquille. La nonchalance,segnitia, attend qu’on l’excite, qu’on la contraigne, qu’on la prenne corps à corps avant de renoncer au repos ; elle a pour opposépromptus. L’indifférence,desidia, se croise les bras et attend que les choses se fassent d’elles-mêmes. L’apathie,socordia, est incapable de prendre à quoi que ce soit un vif intérêt et néglige ses devoirs faute d’y songer. La paresse,pigritia, a une horreur naturelle de toute espèce de mouvement et n’est heureuse que dans les bras du repos.Ignavia, v.Vereri.Ignominia. Infamia. Dedecus. Probrum. Opprobrium.1. L’ignominiaôte l’honneur légal dont la perte ne dépend point des propos du public, mais d’une juste réprimande infligée par un magistrat, un censeur, par exemple,ἀτιμία; l’infamiaôte l’honneur moral, la bonne réputation ; elle tient au mépris public, elle est la suite d’une conduite honteuse et déshonorante,δυσφημία.2.Ignominiaetinfamiasont des termes abstraits qui marquent l’état d’une personne déshonorée ;dedecusetprobrum, des termes concrets qui marquent la cause de cet état, l’acte déshonorant. Lededecuss’écarte des façons d’un homme d’honneur, de la noblesse qu’on s’attendait à retrouver dans toutes ses actions ; leprobrumentache la moralité d’un homme qu’on croyait du moins capable de se conduire honnêtement. La bassesse expose audedecusdans les fonctions publiques ; l’inconduite, auprobrumdans les relations privées.3.Probrum, reproche qu’on serait en droit de nous adresser ;opprobrium, reproche formulé.Probrumappelle l’attention sur la honte qui a été encourue ;opprobrium, sur le blâme qui s’exprime hautement.Ignoscere. Veniam dare.Ignoscereest un acte moral : c’est pardonner de tout cœur, remettre et oublier, par opposition à garder rancune, commeσυγγιγνώσϰειν;veniam dareest un acte politique ; c’est substituer la clémence à la justice, par opposition à châtier, commeμεθιέναι. L’ami, l’égal pardonne,ignoscit; le supérieur, le puissant fait grâce,veniam dat.Cic.Man. 3.“Illis imperatoribus lausest tribuenda quod egerunt ;venia dandaquod reliquerunt.”“Il faut louer ces généraux de ce qu’ils ont fait ; il faut leur faire grâce pour ce qu’ils ont laissé inachevé.”Comparez avecAtt. XVI, 16.“Ignoscemihi quod eadem de re sæpius scribam.”“Pardonne-moi de revenir si souvent sur le même sujet.”Ilia, v.Caro.Illico, v.Repente.Illustris, v.CeleberetLuculentus.Imago. Simulacrum. Statua. Signum.1.Imagoetsimulacrum, termes généraux, représentation d’un objet par la première œuvre venue de sculpture ou de peinture : l’imagose rattache à l’original, comme la copie au modèle, par une ressemblance frappante,εἰϰών; lesimulacrums’oppose à l’original, à l’être véritable, c’est une imitation qui fait illusion,εἴδωλον.Statua,signumeteffigiessont exclusivement des ouvrages de sculpture ;tabulaetpictura, exclusivement des tableaux.2.Simulacrumetstatuas’entendent de la reproduction complète d’une forme donnée, comme les statues en pied de la sculpture ;effigiesetimagomarquent par préférence la reproduction des parties caractéristiques, nommément des traits du visage ;effigies, dans la sculpture ; ce sont des bustes ;imago, dans la peinture ; ce sont des têtes.Tac.Ann. I, 74.“Alia instatuaamputato capite AugustieffigiemTiberii inditam.”“Il avait coupé la tête à une autre statue qui représentait Auguste et remplacé cette tête par un buste de Tibère.”XIV, 61.“EffigiesPoppææ proruunt, Octaviæimaginesgestant humeris.”“Le peuple renverse les bustes de Poppée et promène sur ses épaules les portraits d’Octavie.”H. II, 3.“Simulacrumdeæ noneffigiehumana.”“La déesse est représentée avec des traits qui s’écartent dela nature humaine.”Cic.Tusc. III, 2, 3.“Optimus quisque consectatur nullam eminentemeffigiem(virtutis) sed adumbratamimaginemgloriæ.”“Ce n’est point la vertu avec ses traits frappants et sculptés, c’est un portrait indécis de la gloire qui entraîne à sa suite les meilleurs d’entre nous.”3.Signum, toute espèce de sculpture, par opposition àtabulæetpicturæ;simulacrum, statue sacrée, celle d’un dieu,ἄγαλμα;statua, statue profane, celle d’un homme,ἀνδριάς.Cic.Cat. III, 8.“Simulacra deorumimmortalium depulsa sunt et statuæ veterum hominum dejectæ.”“Les statues sacrées des dieux immortels furent expulsées, les statues profanes des anciens héros abattues.”Verr.I, 22.“Legatideorum simulacravenerabantur, itemquecætera signaet ornamenta lacrimantes intuebantur.”“Les députés adoraient les statues sacrées des dieux, et la vue des autres œuvres de sculpture et de décoration leur arrachait des larmes.”Imbecillis,imbecillitas, v.Validus.Imber, v.Pluvia.Infirmus,infirmitas, v.Validus.Imitatio. Æmulatio. Certatio. Rivalitas. Simulatio.1.Imitarimarque simplement, sans idée morale accessoire, un effort pour produire quelque chose qui ressemble à un objet donné ;æmularimarque, outre l’effort d’imitation, le désir d’égaler ou de surpasser celui qu’on imite en considération, en honneur, en succès. L’imitation’a en vue que l’objet donné ; c’est une tendance généralement modérée et louable ; l’æmulation’a d’yeux que pour la personne ornée de la qualité qui vaut la peine d’être imitée ; elle se montre toujours sous les traits d’une passion plus ou moins vive, louable ou blâmable, suivant qu’elletire son origine d’un amour honnête ou d’un amour désordonné des honneurs.Plin.Ep. VII, 30.“Demosthenis orationem habui in manibus non utæmularer(improbum enim ac pæne furiosum), at tamenimitareracsequerertantum.”“J’ai étudié ce discours de Démosthène. Je n’ai point la prétention téméraire et presque folle d’être son émule, mais je veux être du moins son imitateur et son élève.”2. L’æmulusest au-dessous de son adversaire, il vise à l’atteindre et à l’égaler un jour ; lecertatoret leconcertatorlui sont égaux, ils visent à le battre et à le vaincre.3. L’æmulatiodispute une supériorité quelconque ; larivalitassoutient une lutte pour emporter la première place dans le cœur d’une personne.Cic.Tusc. IV, 26, 56.“Illa vitiosaæmulationequærivalitatisimilis est, æmulari quid habet utilitatis ?”“A quoi bon poursuivre une personne de cette émulation fâcheuse qui ressemble à de la jalousie ?”4. L’imitatioest un effort pour devenir ce qu’on n’est pas encore, mais ce qu’on deviendrait volontiers et ce qu’on peut devenir en effet ; lasimulatio, un effort pour paraître ou devenir ce qu’on n’est point, ne peut ni ne doit être, parce que la nature s’y oppose. L’imitatioest le chemin qui conduit à un idéal réel ou imaginaire ; lasimulatioreste toujours un plagiat.Immanis, v.Magnus.Impensa, v.Sumptus.Impar, v.Æquus.Imperare, v.Jubere.Impertire. Tribuere. Participare. Communicare.Impertireettribueresignifient partager, distribuer, sans donner à entendre que le donateur réserve une part pour lui :impertireprésente ce partage comme un acte libre, volontaire, de pure bonté ;tribuere, comme un acte de justice et de prudence.Participareetcommunicare,admettre les autres à un partage dont on profite soi-même :participare, faire participer, se rapporte généralement à la personne qui reçoit, qui est appelée à prendre part,communicare, mettre en commun, à la chose dont on fait part et à l’usage de laquelle cette personne doit participer.Impietas, v.Delictum.Impius, v.Scelestus.Imponere, v.Fallere.Imus. Infimus.Imum, la partie la plus basse dans un tout indivisible ;infimum, la base ou le dessous dans un tout divisible. L’imumest en bas ; l’infimum, en dessous.Cic.Rosc. com. 7.“Abimisunguibus usque ad summum verticem.”“De la plante des pieds au sommet de la tête.”Comparez avecDivin. I, 33.“Ut abinfimaara subito anguis emergeret.”“Un serpent sortit tout à coup de dessous l’autel.”Et avecN. D. II, 20.“Lunainfimaest quinque errantium.”“Des cinq planètes, c’est la lune qui est en dessous.”Imusn’exprime d’ailleurs qu’un rapport de lieu ;infimuscontient une idée accessoire, celle du dernier rang.Inambulare, v.Ambulare.Inanis. Vacuus.Inanis, ce qui est vide au lieu d’être rempli, ce qui ne contient rien, par opposition àplenus;vacuus, ce qui est vacant et peut encore se remplir, ce qui n’a point de maître, par opposition àoccupatusou àobsessus.Tac.Ann. VI, 34.“Jason post avectam Medeam genitosque ex ea liberosinanemmox regiamvacuosque Colchos repetivit”, c’est-à-dire le palais désert, mort, et le peuple sans maître. Au figuré :inane, c’est ce qui n’existe point,vacuumce qui est libre.Incassum, v.Frustra.Incedere, v.Ire.Incestus, v.Inficetus.Incastus. v. Inficetus,Incendere, v.Accendere.Inchoare, v.Incipere.Incipere. Ordiri. Inchoare. Coepisse.1.Incipere, marque le commencement par opposition à l’inaction qui précède et qui suit, c’est-à-dire, àcessareet àdesinere,desistere,finire;ordiri, par opposition à la continuation de l’action, c’est-à-dire àcontinuare, et à son correspondant intransitifpergere; enfin,inchoare,incohare, par opposition à l’achèvement ou à l’accomplissement de l’action, c’est-à-dire àperficere,consummare,peragere,absolvere, etc.Cic.Off. I, 37.“Ut incipiendi ratio fuerit, ita sit desinendi modus.”“Sachez entrer en matière, sachez aussi vous arrêter.”Varron.R. R. III, 16.“Apes cumevolaturæsunt, aut etiaminceperunt, consonant vehementer.”“Lorsque les abeilles vont s’envoler ou qu’elles viennent de partir, elles font entendre un fort bourdonnement.”Cic.Finn. IV, 6.“Hocinchoaticujusdam officii est, nonperfecti.”“Ceci n’est encore qu’une ébauche et non point une œuvre achevée.”Cic.Fr. ap. Non.“Perge, quæso, nec enim imperiteexorsuses.”“Continuez, je vous prie, votre début n’est point maladroit.”2.Cœpia le même opposé qu’incipere.Sen.Cons. Polyb. 20.“Quicquidcœpitetdesinit”; maiscœpiappelle plus fortement l’attention sur l’action qui commence, etincepisur le commencement que prend l’action.Cœpiest une sorte de verbe auxiliaire,incepiest emphatique ;cœpise rapporte d’habitude à un infinitif etincipereà un substantif.Cic.Verr. V, 10.“Quumver esse cœperat(sed quum rosam viderat, tum verinciperearbitrabatur), dabat se labori.”“Quand le printemps revenait, mais le printemps ne datait pour lui que des roses, il affrontait la fatigue.”Incitare. Instigare. Irritare. Instinctus.1.Incitare, synonyme d’hortari, porter un paresseux par de bonnes paroles, par des encouragements, des apostrophes à une action presque toujours louable ;instigare, synonyme destimulare, pousser bon gré, mal gré une personne à une action hardie par des moyens énergiques comparables à des coups d’aiguillon, par reproches, promesses, menaces ;irritare, synonyme d’exacerbare, exciter à un acte de violence un personnage paisible en remuant ses passions, son ambition, ses désirs de vengeance.Ter.Andr. IV, 2, 9.“Age si hic non insanit satis sua sponte,instiga.”“Va, s’il ne s’emporte pas assez tout seul, pousse à la roue.”Lucr.IV, 1075.“Etstimulisubsunt quiinstigantlædere id ipsum.”“Et des aiguillons secrets les poussent à blesser ce qu’ils aiment.”2.Instigatus, aiguillonné par une cause extérieure et profane, par des paroles, des ordres ;instinctus, poussé par une cause intérieure d’un ordre élevé, inspiration, amour, voix de Dieu.Inclytus, v.Celeber.Incolere. Habitare. Incola. Inquilinus. Colonus.1.Incolereest transitif comme habiter ;habitare, neutre comme demeurer. En outre,incolererappelle l’idée du pays auquel on appartient en qualité de citoyen ou de sujet ;habitare, celle de la maison où l’on est établi à demeure en qualité de propriétaire ou de locataire.2.Incola, au sens restreint, le sujet par opposition au citoyen,μέτοιϰος;inquilinus, le locataire par opposition au propriétaire de la maison oudominus,σύνοιϰος;colonus, le fermier par opposition au propriétaire foncier, à peu près commeθής.Incolumis, v.Salvus.Incurvus, v.Curvus.Indagare, v.Quærere.Indignari, v.Succensere.Indulgere, v.Concedere.Incuriosus, v.Tutus.Incusare, v.Arguere.Indigere, v.Carere.Indoles, v.Ingenium.Industria, v.Opera.Inedia, v.Fames.Inertia, v.Ignavia.Infamia, v.Ignominia.Infans, v.Puer.Infensus,infestus, v.Adversarius.Inficetus. Infacetus. Incestus. Incastus.1.Inficetusexprime un blâme positif et se dit d’un homme lourd et sans goût ;infacetusn’exprime qu’un blâme négatif, c’est un homme qui n’a point d’esprit à revendre.2. Et de mêmeincestuscelui qui a souillé son propre sang ;incestus, celui qui n’est point chaste.Infidelis,infidus, v.Fidus.Infitiari,infitias ire, v.Negare.Infimus, v.Imus.Inflammare, v.Accendere.Infortunium. Calamitas. Infelicitas. Miseria.Infortuniumetcalamitasdésignent un accident isolé :infortuniumun accident fâcheux, un petit malheur, par exemple la perte d’une bourse, des coups qu’on a reçus ;calamitasun accident tragique comme la perte d’une personne qu’on aime, de la fortune.Infelicitasetmiseriaexpriment une position malheureuse et durable :infelicitascomme une simple privation de bonheur ;miseriacomme une misère réelle et accablante.Ingenium. Natura. Indoles.Ingeniumetnatura, le naturel considéré comme la base inébranlable de l’individualité humaine et comme rebelle à toute altération :ingeniumse rapporte de préférence aux dons de l’esprit,naturaà ceux du cœur.Indoles, le naturel considéré comme le germe de l’individualité et comme susceptible de culture.Ingluvies, v.Faux.Ingruere, v.Irruere.Inimicus, v.Adversarius.Ingredi, v.InireetIre.Inimicitia, v.Odium.Inire. Intrare. Introire. Ingredi.1.Inirene s’emploie guère qu’au figuré, c’est se mettre à quelque chose, par exemple,inire pugnam,numerum, engager le combat, chercher un nombre ;intrare,introire,ingrediexpriment l’action d’entrer au sens propre ; maisintrareest d’ordinaire transitif, il a l’accent sur sa racine verbale,introireest neutre, il a l’accent sur sa racine adverbiale. Dansintrare curiamon songe surtout au seuil qu’on franchit, dansintroire, aux quatre murs entre lesquels on va s’enfermer.2.Intrareetintroiresupposent un espace fermé à dessein par des murailles, des barrières, des bornes ;ingredine suppose qu’un espace étranglé, une route,viam, un pont,pontem.Initium. Principium. Primordium.1.Initium, commencement au sens abstrait, comme simple point de départ, par opposition àexitus;principium, au sens concret, comme la partie qui se présente avant les autres lorsqu’il s’agit de choses, qui précède lorsqu’il s’agit d’actions, par opposition àextremum.Initiumn’est qu’un commencement dans le temps,principiumest en outre une base posée dans l’espace. L’initiumdisparaît dans ce qui suit, leprincipiumsert de fondement aux progrès ultérieurs. Lesinitia philosophiæsont les rudiments au-dessus desquels le disciple s’élève dans le cours de ses études, lesprincipiasont les principes auxquels il faut toujours revenir.Initiosignifie ordinairement d’abord comme ceci et ensuite autrement ;principio, dès l’abord et toujours de même.2.Primordiumest un augmentatif emphatique deprincipium, et suppose un vaste système dont l’origine est assez reculée pour qu’on puisse distinguer entre un commencement apparent et un commencement réel, primordial, élémentaire.Injuria, v.Contumelia.Innocentia, v.Virtus.Innumerus. Innumerabilis.Innumerus, terme poétique et choisi, comme sans nombre,ἀνήριθμος;innumerabilis, terme prosaïque et usuel, comme innombrable,ἀναρίθμητος.Inopia, v.Paupertas.Inquilinus, v.Incolere.Insanus, v.Amens.Inscius, v.Cognitio.Insimulare, v.Arguere.Insomnis, v.Vigil.Instigare, v.Incitare.Inquam, v.Dicere.Inquinare, v.Contaminare.Inscendere, v.Scandere.Insignis, v.Eminens.Insolentia, v.Superbia.Insomnium, v.Somnus.Instituere. Instaurare. Restituere. Restaurare.Instituere, prendre un arrangement profane ;instaurare, organiser une cérémonie sainte, vénérable ou du moins une entreprise importante, par exemple un sacrifice, des jeux sacrés ou des fêtes, la guerre ou une bataille.Instituereest un terme usuel,instaurareun terme pompeux et choisi. Même différence entrerestituereetrestaurare.Instituere, v.Erudire.Insuper, v.Præterea.Integrare, v.Iterum.Instructus, v.Præditus.Integer, v.Salvus.Intelligere. Sentire. Cognoscere.Intelligerese dit des notions rationnelles dues à la réflexion qui combine des idées ;sentire, des notions naturelles qui s’acquièrent par voie de sentiment, par des perceptions ou des impressions instantanées des sens ou de l’esprit ; enfin,cognoscere, des notions historiques fondées sur le témoignage des sens et de la tradition,Sen.Ir. III, 13.“Quidni gauderet, quod iram suam multiintelligerent, nemosentiret?”“Je conçois que Socrate ait ressenti un mouvement de joie quand sa colère que tous ses familiers discernaient nefrappait les yeux de personne.”Cic.N. D. III, 24.“Quare autem in his vis deorum insit tumintelligamquumcognovero.”“Quant à leur divinité, je la comprendrai quand j’aurai appris à la connaître.”Intercapedo. Interruptio. Interpellatio. Interlocutio.Intercapedoetinterruptio, interruption d’une action, d’une affaire : l’intercapedoest polie, souvent même bienveillante ; l’interruptioest violente, elle trouble.Interpellatioetinterlocutio, interruption d’un discours par un autre discours qui vient à la traverse : l’interpellatorn’a d’autre but que d’empêcher l’orateur de continuer ; l’interlocutorveut se faire entendre lui-même au beau milieu du discours d’un autre.Interdicere, v.Vetare.Interdum, v.Nonnunquam.Interdiu, v.Dies.Interea. Interim.Interease rapporte à une action durable qui tombe dans une période, comme cependant ;interimà une action momentanée, comme là-dessus. Il y a entre eux la même corrélation qu’entre un temps passé et l’aoriste, entre un instant et une période.Cic.Quint. 6.“Hæc dum Romæ geruntur... Quintiusintereade agro detruditur.”“Voilà ce qui se passait à Rome ; cependant Quintius est évincé de son champ”: c’est-à-dire que la chose se fait peu à peu. Comparez avecFamm.X, 12.“Interimad me venit Manutius noster.”“Là-dessus je vois venir chez moi notre cher Manutius.”Tac.Ann. XI, 32.“Non rumorintereased undique nuntii incedunt... AtqueinterimOstiensem viam intrat.”“Cependant ce ne sont plus des bruits, ce sont des messagers qui arrivent de tous les côtés... Et là-dessus elle prend la route d’Ostie.”Interemptor, v.Homicida.Interfector, v.Homicida.Interesse, v.Adesse.Interficere. Perimere. Interimere. Negare. Occidere. Jugulare. Obtruncare. Trucidare. Percutere.1.Interficereetperimere, termes généraux, mettre à mort, faire mourir, tuer pour quelque motif et par quelque moyen que ce soit, faim, poison, corde, fer, supplice,ϰτείνειν: maisinterficereest un terme ordinaire,perimereun terme archaïque, choisi, poétique.Interimeresuppose accessoirement que la chose passe inaperçue, comme se défaire de quelqu’un,ἀναιρεῖν;necareimplique une idée d’injustice ou du moins de cruauté, comme assassiner,φονεύειν.Cic.Tusc. V, 20.“Dionysius alterum jussitinterfici, quia viam demonstravissetinterimendisui.”“Denys le fit mettre à mort pour avoir montré comment on pouvait se défaire de lui.”Fr. Arat. 11.“Quem neque tempestasperimet, nec longa vetustasinterimet.”“Il ne périra point sous l’effort d’une saison, il ne succombera point à la lente action des siècles.”Curt.IX, 7, 8.“Boxumprotinusplacuitinterfici; Biconem etiam per cruciatusnecari.”“Il voulut qu’on mit sur-le-champ Boxus à mort, mais qu’on fît périr Bicon dans les tourments.”2.Occidere,jugulare,trucidare,obtruncare,percutere, expriment une mort sanglante :occidere, porter par terre, c’est le fait du soldat dans un combat franc et loyal ;jugulare, couper la gorge ou le cou, ou plutôt tuer d’un coup savant sous la clavicule, c’est le fait du bandit qui veut imiter le gladiateur,σφάξαι;obtruncare, tailler en pièces, massacrer, couper en morceaux comme un meurtrier maladroit ;trucidare, tuer à loisir comme un boucher, en homme avide de sang qui met à mort sans rencontrer de résistance et triomphe d’une victime sans défense ;percutere, exécuter, simple action mécanique, office du bourreau ou de tout autre exécuteur d’une condamnation ou d’un ordre.Senec.Contr. III, 21.“Nec dominumoccidit,nec dominovenenumdedit.”“Il n’a ni poignardé ni empoisonné son maître.”Hor.Ep. 1, 2, 32.“Utjugulenthomines surgunt de nocte latrones.”“Les brigands sortent de l’ombre pour égorger le monde.”Sall.Fr.“Cæteri vice pecorumobtruncantur”:“en sorte qu’on voyait à terre comme sur un étal des membres détachés.”Tac.Hist....“Juberetinterfici; offerre se corpora iræ ;trucidaret.”“Il n’avait qu’à les faire mourir ; ils étaient prêts à servir de victimes à sa colère”: il pouvait les tuer à son aise.Cic.Rosc. Am. 34.“Cujus consiliooccisussit invenio ; cujus manupercussussit non invenio.”“Je discerne l’auteur, je ne découvre pas l’instrument de cette mort sanglante.”Interitus, v.LuesetMors.Interlocutio, v.Intercapedo.Intermittere. Omittere.Intermittere, suspendre, remettre une affaire à un autre temps dans l’espérance et dans le dessein de la reprendre :in tempus mitterecum spe consilioque resumendi;omittere, abandonner.Varron.Fr.“Studia tantumintermittantur, neomittantur.”“Interrompez vos études, ne les abandonnez jamais.”Intermori, v.Mors.Interrogare, v.Rogare.Intestina, v.Caro.Intueri, v.Videre.Invadere, v.Irruere.Interpellatio, v.Intercapedo.Interruptio, v.Intercapedo.Intrare,introire, v.Inire.I nunc, v.Agere.

Jactatio. Gloriatio. Ostentatio. Venditatio.Jactatioetgloriatio, défauts qui ont leur origine dans la vanité et la suffisance :jactatio, défaut du fat qui se donne de grands airs, qui fait étalage de ses avantages et de ses mérites, qui les fait ressortir par ses paroles et ses gestes, avec une idée accessoire d’étourderie ;gloriatio, défaut du fanfaron qui publie hautement ses avantages ou ses mérites, avec une idée accessoire d’impertinence. L’ostentatioet lavenditatioont leur origine dans un calcul habile de l’effet qu’on peut tirer d’une fausseté : l’ostentation,ostentatio, cherche à déguiser sous des apparences brillantes une pauvreté réelle ; la représentation,venditatio, veut paraître en faisant valoir outre mesure certains avantages.

Jactatioetgloriatio, défauts qui ont leur origine dans la vanité et la suffisance :jactatio, défaut du fat qui se donne de grands airs, qui fait étalage de ses avantages et de ses mérites, qui les fait ressortir par ses paroles et ses gestes, avec une idée accessoire d’étourderie ;gloriatio, défaut du fanfaron qui publie hautement ses avantages ou ses mérites, avec une idée accessoire d’impertinence. L’ostentatioet lavenditatioont leur origine dans un calcul habile de l’effet qu’on peut tirer d’une fausseté : l’ostentation,ostentatio, cherche à déguiser sous des apparences brillantes une pauvreté réelle ; la représentation,venditatio, veut paraître en faisant valoir outre mesure certains avantages.

Idoneus. Aptus.Idoneus, qui a ce qu’il faut pour êtreemployé à quelque chose,aptus, pour le faire,F. A.Wolf. En d’autres termes, l’idoneusest propre à un emploi par des qualités quelconques et par le concours des circonstances,ἐπιτήδειος; l’aptus, par sa valeur personnelle, par sa capacité,ἱϰανός. L’idoneusest inactif par lui-même ; on se sert de lui pour atteindre un but, parce qu’il est un instrument commode ; l’aptusentre de lui-même dans une affaire, parce qu’il a les dispositions nécessaires pour réussir.

Idoneus, qui a ce qu’il faut pour êtreemployé à quelque chose,aptus, pour le faire,F. A.Wolf. En d’autres termes, l’idoneusest propre à un emploi par des qualités quelconques et par le concours des circonstances,ἐπιτήδειος; l’aptus, par sa valeur personnelle, par sa capacité,ἱϰανός. L’idoneusest inactif par lui-même ; on se sert de lui pour atteindre un but, parce qu’il est un instrument commode ; l’aptusentre de lui-même dans une affaire, parce qu’il a les dispositions nécessaires pour réussir.

Ignavia. Inertia. Segnitia. Desidia. Socordia. Pigritia.1.Ignavia, opposé àindustria, l’amour du désœuvrement considéré comme une dérogation à la loi du devoir, en ce sens qu’on n’est homme, qu’on ne se distingue du vulgaire, qu’on ne vaut par soi-même que si on est doué du goût de l’action ;inertia, le même amour envisagé comme une infraction à la loi du travail, en ce sens que l’homme ne devient un membre utile, plus ou moins estimable de la société, que par son activité pratique. L’oisiveté,ignavia, est entée sur le naturel ; l’action lui répugne ; la fainéantise,inertia, est affaire d’habitude et de caractère ; elle ne se soucie point de travailler. Un méchant esclave est un fainéant,iners; un noble qui vit sans rien faire est un oisif,ignavus.2.Segnitia,desidia,socordiaetpigritia, défauts divers d’un tempérament trop tranquille. La nonchalance,segnitia, attend qu’on l’excite, qu’on la contraigne, qu’on la prenne corps à corps avant de renoncer au repos ; elle a pour opposépromptus. L’indifférence,desidia, se croise les bras et attend que les choses se fassent d’elles-mêmes. L’apathie,socordia, est incapable de prendre à quoi que ce soit un vif intérêt et néglige ses devoirs faute d’y songer. La paresse,pigritia, a une horreur naturelle de toute espèce de mouvement et n’est heureuse que dans les bras du repos.

1.Ignavia, opposé àindustria, l’amour du désœuvrement considéré comme une dérogation à la loi du devoir, en ce sens qu’on n’est homme, qu’on ne se distingue du vulgaire, qu’on ne vaut par soi-même que si on est doué du goût de l’action ;inertia, le même amour envisagé comme une infraction à la loi du travail, en ce sens que l’homme ne devient un membre utile, plus ou moins estimable de la société, que par son activité pratique. L’oisiveté,ignavia, est entée sur le naturel ; l’action lui répugne ; la fainéantise,inertia, est affaire d’habitude et de caractère ; elle ne se soucie point de travailler. Un méchant esclave est un fainéant,iners; un noble qui vit sans rien faire est un oisif,ignavus.

2.Segnitia,desidia,socordiaetpigritia, défauts divers d’un tempérament trop tranquille. La nonchalance,segnitia, attend qu’on l’excite, qu’on la contraigne, qu’on la prenne corps à corps avant de renoncer au repos ; elle a pour opposépromptus. L’indifférence,desidia, se croise les bras et attend que les choses se fassent d’elles-mêmes. L’apathie,socordia, est incapable de prendre à quoi que ce soit un vif intérêt et néglige ses devoirs faute d’y songer. La paresse,pigritia, a une horreur naturelle de toute espèce de mouvement et n’est heureuse que dans les bras du repos.

Ignominia. Infamia. Dedecus. Probrum. Opprobrium.1. L’ignominiaôte l’honneur légal dont la perte ne dépend point des propos du public, mais d’une juste réprimande infligée par un magistrat, un censeur, par exemple,ἀτιμία; l’infamiaôte l’honneur moral, la bonne réputation ; elle tient au mépris public, elle est la suite d’une conduite honteuse et déshonorante,δυσφημία.2.Ignominiaetinfamiasont des termes abstraits qui marquent l’état d’une personne déshonorée ;dedecusetprobrum, des termes concrets qui marquent la cause de cet état, l’acte déshonorant. Lededecuss’écarte des façons d’un homme d’honneur, de la noblesse qu’on s’attendait à retrouver dans toutes ses actions ; leprobrumentache la moralité d’un homme qu’on croyait du moins capable de se conduire honnêtement. La bassesse expose audedecusdans les fonctions publiques ; l’inconduite, auprobrumdans les relations privées.3.Probrum, reproche qu’on serait en droit de nous adresser ;opprobrium, reproche formulé.Probrumappelle l’attention sur la honte qui a été encourue ;opprobrium, sur le blâme qui s’exprime hautement.

1. L’ignominiaôte l’honneur légal dont la perte ne dépend point des propos du public, mais d’une juste réprimande infligée par un magistrat, un censeur, par exemple,ἀτιμία; l’infamiaôte l’honneur moral, la bonne réputation ; elle tient au mépris public, elle est la suite d’une conduite honteuse et déshonorante,δυσφημία.

2.Ignominiaetinfamiasont des termes abstraits qui marquent l’état d’une personne déshonorée ;dedecusetprobrum, des termes concrets qui marquent la cause de cet état, l’acte déshonorant. Lededecuss’écarte des façons d’un homme d’honneur, de la noblesse qu’on s’attendait à retrouver dans toutes ses actions ; leprobrumentache la moralité d’un homme qu’on croyait du moins capable de se conduire honnêtement. La bassesse expose audedecusdans les fonctions publiques ; l’inconduite, auprobrumdans les relations privées.

3.Probrum, reproche qu’on serait en droit de nous adresser ;opprobrium, reproche formulé.Probrumappelle l’attention sur la honte qui a été encourue ;opprobrium, sur le blâme qui s’exprime hautement.

Ignoscere. Veniam dare.Ignoscereest un acte moral : c’est pardonner de tout cœur, remettre et oublier, par opposition à garder rancune, commeσυγγιγνώσϰειν;veniam dareest un acte politique ; c’est substituer la clémence à la justice, par opposition à châtier, commeμεθιέναι. L’ami, l’égal pardonne,ignoscit; le supérieur, le puissant fait grâce,veniam dat.Cic.Man. 3.“Illis imperatoribus lausest tribuenda quod egerunt ;venia dandaquod reliquerunt.”“Il faut louer ces généraux de ce qu’ils ont fait ; il faut leur faire grâce pour ce qu’ils ont laissé inachevé.”Comparez avecAtt. XVI, 16.“Ignoscemihi quod eadem de re sæpius scribam.”“Pardonne-moi de revenir si souvent sur le même sujet.”

Ignoscereest un acte moral : c’est pardonner de tout cœur, remettre et oublier, par opposition à garder rancune, commeσυγγιγνώσϰειν;veniam dareest un acte politique ; c’est substituer la clémence à la justice, par opposition à châtier, commeμεθιέναι. L’ami, l’égal pardonne,ignoscit; le supérieur, le puissant fait grâce,veniam dat.Cic.Man. 3.“Illis imperatoribus lausest tribuenda quod egerunt ;venia dandaquod reliquerunt.”“Il faut louer ces généraux de ce qu’ils ont fait ; il faut leur faire grâce pour ce qu’ils ont laissé inachevé.”Comparez avecAtt. XVI, 16.“Ignoscemihi quod eadem de re sæpius scribam.”“Pardonne-moi de revenir si souvent sur le même sujet.”

Imago. Simulacrum. Statua. Signum.1.Imagoetsimulacrum, termes généraux, représentation d’un objet par la première œuvre venue de sculpture ou de peinture : l’imagose rattache à l’original, comme la copie au modèle, par une ressemblance frappante,εἰϰών; lesimulacrums’oppose à l’original, à l’être véritable, c’est une imitation qui fait illusion,εἴδωλον.Statua,signumeteffigiessont exclusivement des ouvrages de sculpture ;tabulaetpictura, exclusivement des tableaux.2.Simulacrumetstatuas’entendent de la reproduction complète d’une forme donnée, comme les statues en pied de la sculpture ;effigiesetimagomarquent par préférence la reproduction des parties caractéristiques, nommément des traits du visage ;effigies, dans la sculpture ; ce sont des bustes ;imago, dans la peinture ; ce sont des têtes.Tac.Ann. I, 74.“Alia instatuaamputato capite AugustieffigiemTiberii inditam.”“Il avait coupé la tête à une autre statue qui représentait Auguste et remplacé cette tête par un buste de Tibère.”XIV, 61.“EffigiesPoppææ proruunt, Octaviæimaginesgestant humeris.”“Le peuple renverse les bustes de Poppée et promène sur ses épaules les portraits d’Octavie.”H. II, 3.“Simulacrumdeæ noneffigiehumana.”“La déesse est représentée avec des traits qui s’écartent dela nature humaine.”Cic.Tusc. III, 2, 3.“Optimus quisque consectatur nullam eminentemeffigiem(virtutis) sed adumbratamimaginemgloriæ.”“Ce n’est point la vertu avec ses traits frappants et sculptés, c’est un portrait indécis de la gloire qui entraîne à sa suite les meilleurs d’entre nous.”3.Signum, toute espèce de sculpture, par opposition àtabulæetpicturæ;simulacrum, statue sacrée, celle d’un dieu,ἄγαλμα;statua, statue profane, celle d’un homme,ἀνδριάς.Cic.Cat. III, 8.“Simulacra deorumimmortalium depulsa sunt et statuæ veterum hominum dejectæ.”“Les statues sacrées des dieux immortels furent expulsées, les statues profanes des anciens héros abattues.”Verr.I, 22.“Legatideorum simulacravenerabantur, itemquecætera signaet ornamenta lacrimantes intuebantur.”“Les députés adoraient les statues sacrées des dieux, et la vue des autres œuvres de sculpture et de décoration leur arrachait des larmes.”

1.Imagoetsimulacrum, termes généraux, représentation d’un objet par la première œuvre venue de sculpture ou de peinture : l’imagose rattache à l’original, comme la copie au modèle, par une ressemblance frappante,εἰϰών; lesimulacrums’oppose à l’original, à l’être véritable, c’est une imitation qui fait illusion,εἴδωλον.Statua,signumeteffigiessont exclusivement des ouvrages de sculpture ;tabulaetpictura, exclusivement des tableaux.

2.Simulacrumetstatuas’entendent de la reproduction complète d’une forme donnée, comme les statues en pied de la sculpture ;effigiesetimagomarquent par préférence la reproduction des parties caractéristiques, nommément des traits du visage ;effigies, dans la sculpture ; ce sont des bustes ;imago, dans la peinture ; ce sont des têtes.Tac.Ann. I, 74.“Alia instatuaamputato capite AugustieffigiemTiberii inditam.”“Il avait coupé la tête à une autre statue qui représentait Auguste et remplacé cette tête par un buste de Tibère.”XIV, 61.“EffigiesPoppææ proruunt, Octaviæimaginesgestant humeris.”“Le peuple renverse les bustes de Poppée et promène sur ses épaules les portraits d’Octavie.”H. II, 3.“Simulacrumdeæ noneffigiehumana.”“La déesse est représentée avec des traits qui s’écartent dela nature humaine.”Cic.Tusc. III, 2, 3.“Optimus quisque consectatur nullam eminentemeffigiem(virtutis) sed adumbratamimaginemgloriæ.”“Ce n’est point la vertu avec ses traits frappants et sculptés, c’est un portrait indécis de la gloire qui entraîne à sa suite les meilleurs d’entre nous.”

3.Signum, toute espèce de sculpture, par opposition àtabulæetpicturæ;simulacrum, statue sacrée, celle d’un dieu,ἄγαλμα;statua, statue profane, celle d’un homme,ἀνδριάς.Cic.Cat. III, 8.“Simulacra deorumimmortalium depulsa sunt et statuæ veterum hominum dejectæ.”“Les statues sacrées des dieux immortels furent expulsées, les statues profanes des anciens héros abattues.”Verr.I, 22.“Legatideorum simulacravenerabantur, itemquecætera signaet ornamenta lacrimantes intuebantur.”“Les députés adoraient les statues sacrées des dieux, et la vue des autres œuvres de sculpture et de décoration leur arrachait des larmes.”

Imitatio. Æmulatio. Certatio. Rivalitas. Simulatio.1.Imitarimarque simplement, sans idée morale accessoire, un effort pour produire quelque chose qui ressemble à un objet donné ;æmularimarque, outre l’effort d’imitation, le désir d’égaler ou de surpasser celui qu’on imite en considération, en honneur, en succès. L’imitation’a en vue que l’objet donné ; c’est une tendance généralement modérée et louable ; l’æmulation’a d’yeux que pour la personne ornée de la qualité qui vaut la peine d’être imitée ; elle se montre toujours sous les traits d’une passion plus ou moins vive, louable ou blâmable, suivant qu’elletire son origine d’un amour honnête ou d’un amour désordonné des honneurs.Plin.Ep. VII, 30.“Demosthenis orationem habui in manibus non utæmularer(improbum enim ac pæne furiosum), at tamenimitareracsequerertantum.”“J’ai étudié ce discours de Démosthène. Je n’ai point la prétention téméraire et presque folle d’être son émule, mais je veux être du moins son imitateur et son élève.”2. L’æmulusest au-dessous de son adversaire, il vise à l’atteindre et à l’égaler un jour ; lecertatoret leconcertatorlui sont égaux, ils visent à le battre et à le vaincre.3. L’æmulatiodispute une supériorité quelconque ; larivalitassoutient une lutte pour emporter la première place dans le cœur d’une personne.Cic.Tusc. IV, 26, 56.“Illa vitiosaæmulationequærivalitatisimilis est, æmulari quid habet utilitatis ?”“A quoi bon poursuivre une personne de cette émulation fâcheuse qui ressemble à de la jalousie ?”4. L’imitatioest un effort pour devenir ce qu’on n’est pas encore, mais ce qu’on deviendrait volontiers et ce qu’on peut devenir en effet ; lasimulatio, un effort pour paraître ou devenir ce qu’on n’est point, ne peut ni ne doit être, parce que la nature s’y oppose. L’imitatioest le chemin qui conduit à un idéal réel ou imaginaire ; lasimulatioreste toujours un plagiat.

1.Imitarimarque simplement, sans idée morale accessoire, un effort pour produire quelque chose qui ressemble à un objet donné ;æmularimarque, outre l’effort d’imitation, le désir d’égaler ou de surpasser celui qu’on imite en considération, en honneur, en succès. L’imitation’a en vue que l’objet donné ; c’est une tendance généralement modérée et louable ; l’æmulation’a d’yeux que pour la personne ornée de la qualité qui vaut la peine d’être imitée ; elle se montre toujours sous les traits d’une passion plus ou moins vive, louable ou blâmable, suivant qu’elletire son origine d’un amour honnête ou d’un amour désordonné des honneurs.Plin.Ep. VII, 30.“Demosthenis orationem habui in manibus non utæmularer(improbum enim ac pæne furiosum), at tamenimitareracsequerertantum.”“J’ai étudié ce discours de Démosthène. Je n’ai point la prétention téméraire et presque folle d’être son émule, mais je veux être du moins son imitateur et son élève.”

2. L’æmulusest au-dessous de son adversaire, il vise à l’atteindre et à l’égaler un jour ; lecertatoret leconcertatorlui sont égaux, ils visent à le battre et à le vaincre.

3. L’æmulatiodispute une supériorité quelconque ; larivalitassoutient une lutte pour emporter la première place dans le cœur d’une personne.Cic.Tusc. IV, 26, 56.“Illa vitiosaæmulationequærivalitatisimilis est, æmulari quid habet utilitatis ?”“A quoi bon poursuivre une personne de cette émulation fâcheuse qui ressemble à de la jalousie ?”

4. L’imitatioest un effort pour devenir ce qu’on n’est pas encore, mais ce qu’on deviendrait volontiers et ce qu’on peut devenir en effet ; lasimulatio, un effort pour paraître ou devenir ce qu’on n’est point, ne peut ni ne doit être, parce que la nature s’y oppose. L’imitatioest le chemin qui conduit à un idéal réel ou imaginaire ; lasimulatioreste toujours un plagiat.

Impertire. Tribuere. Participare. Communicare.Impertireettribueresignifient partager, distribuer, sans donner à entendre que le donateur réserve une part pour lui :impertireprésente ce partage comme un acte libre, volontaire, de pure bonté ;tribuere, comme un acte de justice et de prudence.Participareetcommunicare,admettre les autres à un partage dont on profite soi-même :participare, faire participer, se rapporte généralement à la personne qui reçoit, qui est appelée à prendre part,communicare, mettre en commun, à la chose dont on fait part et à l’usage de laquelle cette personne doit participer.

Impertireettribueresignifient partager, distribuer, sans donner à entendre que le donateur réserve une part pour lui :impertireprésente ce partage comme un acte libre, volontaire, de pure bonté ;tribuere, comme un acte de justice et de prudence.Participareetcommunicare,admettre les autres à un partage dont on profite soi-même :participare, faire participer, se rapporte généralement à la personne qui reçoit, qui est appelée à prendre part,communicare, mettre en commun, à la chose dont on fait part et à l’usage de laquelle cette personne doit participer.

Imus. Infimus.Imum, la partie la plus basse dans un tout indivisible ;infimum, la base ou le dessous dans un tout divisible. L’imumest en bas ; l’infimum, en dessous.Cic.Rosc. com. 7.“Abimisunguibus usque ad summum verticem.”“De la plante des pieds au sommet de la tête.”Comparez avecDivin. I, 33.“Ut abinfimaara subito anguis emergeret.”“Un serpent sortit tout à coup de dessous l’autel.”Et avecN. D. II, 20.“Lunainfimaest quinque errantium.”“Des cinq planètes, c’est la lune qui est en dessous.”Imusn’exprime d’ailleurs qu’un rapport de lieu ;infimuscontient une idée accessoire, celle du dernier rang.

Imum, la partie la plus basse dans un tout indivisible ;infimum, la base ou le dessous dans un tout divisible. L’imumest en bas ; l’infimum, en dessous.Cic.Rosc. com. 7.“Abimisunguibus usque ad summum verticem.”“De la plante des pieds au sommet de la tête.”Comparez avecDivin. I, 33.“Ut abinfimaara subito anguis emergeret.”“Un serpent sortit tout à coup de dessous l’autel.”Et avecN. D. II, 20.“Lunainfimaest quinque errantium.”“Des cinq planètes, c’est la lune qui est en dessous.”Imusn’exprime d’ailleurs qu’un rapport de lieu ;infimuscontient une idée accessoire, celle du dernier rang.

Inanis. Vacuus.Inanis, ce qui est vide au lieu d’être rempli, ce qui ne contient rien, par opposition àplenus;vacuus, ce qui est vacant et peut encore se remplir, ce qui n’a point de maître, par opposition àoccupatusou àobsessus.Tac.Ann. VI, 34.“Jason post avectam Medeam genitosque ex ea liberosinanemmox regiamvacuosque Colchos repetivit”, c’est-à-dire le palais désert, mort, et le peuple sans maître. Au figuré :inane, c’est ce qui n’existe point,vacuumce qui est libre.

Inanis, ce qui est vide au lieu d’être rempli, ce qui ne contient rien, par opposition àplenus;vacuus, ce qui est vacant et peut encore se remplir, ce qui n’a point de maître, par opposition àoccupatusou àobsessus.Tac.Ann. VI, 34.“Jason post avectam Medeam genitosque ex ea liberosinanemmox regiamvacuosque Colchos repetivit”, c’est-à-dire le palais désert, mort, et le peuple sans maître. Au figuré :inane, c’est ce qui n’existe point,vacuumce qui est libre.

Incipere. Ordiri. Inchoare. Coepisse.1.Incipere, marque le commencement par opposition à l’inaction qui précède et qui suit, c’est-à-dire, àcessareet àdesinere,desistere,finire;ordiri, par opposition à la continuation de l’action, c’est-à-dire àcontinuare, et à son correspondant intransitifpergere; enfin,inchoare,incohare, par opposition à l’achèvement ou à l’accomplissement de l’action, c’est-à-dire àperficere,consummare,peragere,absolvere, etc.Cic.Off. I, 37.“Ut incipiendi ratio fuerit, ita sit desinendi modus.”“Sachez entrer en matière, sachez aussi vous arrêter.”Varron.R. R. III, 16.“Apes cumevolaturæsunt, aut etiaminceperunt, consonant vehementer.”“Lorsque les abeilles vont s’envoler ou qu’elles viennent de partir, elles font entendre un fort bourdonnement.”Cic.Finn. IV, 6.“Hocinchoaticujusdam officii est, nonperfecti.”“Ceci n’est encore qu’une ébauche et non point une œuvre achevée.”Cic.Fr. ap. Non.“Perge, quæso, nec enim imperiteexorsuses.”“Continuez, je vous prie, votre début n’est point maladroit.”2.Cœpia le même opposé qu’incipere.Sen.Cons. Polyb. 20.“Quicquidcœpitetdesinit”; maiscœpiappelle plus fortement l’attention sur l’action qui commence, etincepisur le commencement que prend l’action.Cœpiest une sorte de verbe auxiliaire,incepiest emphatique ;cœpise rapporte d’habitude à un infinitif etincipereà un substantif.Cic.Verr. V, 10.“Quumver esse cœperat(sed quum rosam viderat, tum verinciperearbitrabatur), dabat se labori.”“Quand le printemps revenait, mais le printemps ne datait pour lui que des roses, il affrontait la fatigue.”

1.Incipere, marque le commencement par opposition à l’inaction qui précède et qui suit, c’est-à-dire, àcessareet àdesinere,desistere,finire;ordiri, par opposition à la continuation de l’action, c’est-à-dire àcontinuare, et à son correspondant intransitifpergere; enfin,inchoare,incohare, par opposition à l’achèvement ou à l’accomplissement de l’action, c’est-à-dire àperficere,consummare,peragere,absolvere, etc.Cic.Off. I, 37.“Ut incipiendi ratio fuerit, ita sit desinendi modus.”“Sachez entrer en matière, sachez aussi vous arrêter.”Varron.R. R. III, 16.“Apes cumevolaturæsunt, aut etiaminceperunt, consonant vehementer.”“Lorsque les abeilles vont s’envoler ou qu’elles viennent de partir, elles font entendre un fort bourdonnement.”Cic.Finn. IV, 6.“Hocinchoaticujusdam officii est, nonperfecti.”“Ceci n’est encore qu’une ébauche et non point une œuvre achevée.”Cic.Fr. ap. Non.“Perge, quæso, nec enim imperiteexorsuses.”“Continuez, je vous prie, votre début n’est point maladroit.”

2.Cœpia le même opposé qu’incipere.Sen.Cons. Polyb. 20.“Quicquidcœpitetdesinit”; maiscœpiappelle plus fortement l’attention sur l’action qui commence, etincepisur le commencement que prend l’action.Cœpiest une sorte de verbe auxiliaire,incepiest emphatique ;cœpise rapporte d’habitude à un infinitif etincipereà un substantif.Cic.Verr. V, 10.“Quumver esse cœperat(sed quum rosam viderat, tum verinciperearbitrabatur), dabat se labori.”“Quand le printemps revenait, mais le printemps ne datait pour lui que des roses, il affrontait la fatigue.”

Incitare. Instigare. Irritare. Instinctus.1.Incitare, synonyme d’hortari, porter un paresseux par de bonnes paroles, par des encouragements, des apostrophes à une action presque toujours louable ;instigare, synonyme destimulare, pousser bon gré, mal gré une personne à une action hardie par des moyens énergiques comparables à des coups d’aiguillon, par reproches, promesses, menaces ;irritare, synonyme d’exacerbare, exciter à un acte de violence un personnage paisible en remuant ses passions, son ambition, ses désirs de vengeance.Ter.Andr. IV, 2, 9.“Age si hic non insanit satis sua sponte,instiga.”“Va, s’il ne s’emporte pas assez tout seul, pousse à la roue.”Lucr.IV, 1075.“Etstimulisubsunt quiinstigantlædere id ipsum.”“Et des aiguillons secrets les poussent à blesser ce qu’ils aiment.”2.Instigatus, aiguillonné par une cause extérieure et profane, par des paroles, des ordres ;instinctus, poussé par une cause intérieure d’un ordre élevé, inspiration, amour, voix de Dieu.

1.Incitare, synonyme d’hortari, porter un paresseux par de bonnes paroles, par des encouragements, des apostrophes à une action presque toujours louable ;instigare, synonyme destimulare, pousser bon gré, mal gré une personne à une action hardie par des moyens énergiques comparables à des coups d’aiguillon, par reproches, promesses, menaces ;irritare, synonyme d’exacerbare, exciter à un acte de violence un personnage paisible en remuant ses passions, son ambition, ses désirs de vengeance.Ter.Andr. IV, 2, 9.“Age si hic non insanit satis sua sponte,instiga.”“Va, s’il ne s’emporte pas assez tout seul, pousse à la roue.”Lucr.IV, 1075.“Etstimulisubsunt quiinstigantlædere id ipsum.”“Et des aiguillons secrets les poussent à blesser ce qu’ils aiment.”

2.Instigatus, aiguillonné par une cause extérieure et profane, par des paroles, des ordres ;instinctus, poussé par une cause intérieure d’un ordre élevé, inspiration, amour, voix de Dieu.

Incolere. Habitare. Incola. Inquilinus. Colonus.1.Incolereest transitif comme habiter ;habitare, neutre comme demeurer. En outre,incolererappelle l’idée du pays auquel on appartient en qualité de citoyen ou de sujet ;habitare, celle de la maison où l’on est établi à demeure en qualité de propriétaire ou de locataire.2.Incola, au sens restreint, le sujet par opposition au citoyen,μέτοιϰος;inquilinus, le locataire par opposition au propriétaire de la maison oudominus,σύνοιϰος;colonus, le fermier par opposition au propriétaire foncier, à peu près commeθής.

1.Incolereest transitif comme habiter ;habitare, neutre comme demeurer. En outre,incolererappelle l’idée du pays auquel on appartient en qualité de citoyen ou de sujet ;habitare, celle de la maison où l’on est établi à demeure en qualité de propriétaire ou de locataire.

2.Incola, au sens restreint, le sujet par opposition au citoyen,μέτοιϰος;inquilinus, le locataire par opposition au propriétaire de la maison oudominus,σύνοιϰος;colonus, le fermier par opposition au propriétaire foncier, à peu près commeθής.

Inficetus. Infacetus. Incestus. Incastus.1.Inficetusexprime un blâme positif et se dit d’un homme lourd et sans goût ;infacetusn’exprime qu’un blâme négatif, c’est un homme qui n’a point d’esprit à revendre.2. Et de mêmeincestuscelui qui a souillé son propre sang ;incestus, celui qui n’est point chaste.

1.Inficetusexprime un blâme positif et se dit d’un homme lourd et sans goût ;infacetusn’exprime qu’un blâme négatif, c’est un homme qui n’a point d’esprit à revendre.

2. Et de mêmeincestuscelui qui a souillé son propre sang ;incestus, celui qui n’est point chaste.

Infortunium. Calamitas. Infelicitas. Miseria.Infortuniumetcalamitasdésignent un accident isolé :infortuniumun accident fâcheux, un petit malheur, par exemple la perte d’une bourse, des coups qu’on a reçus ;calamitasun accident tragique comme la perte d’une personne qu’on aime, de la fortune.Infelicitasetmiseriaexpriment une position malheureuse et durable :infelicitascomme une simple privation de bonheur ;miseriacomme une misère réelle et accablante.

Infortuniumetcalamitasdésignent un accident isolé :infortuniumun accident fâcheux, un petit malheur, par exemple la perte d’une bourse, des coups qu’on a reçus ;calamitasun accident tragique comme la perte d’une personne qu’on aime, de la fortune.Infelicitasetmiseriaexpriment une position malheureuse et durable :infelicitascomme une simple privation de bonheur ;miseriacomme une misère réelle et accablante.

Ingenium. Natura. Indoles.Ingeniumetnatura, le naturel considéré comme la base inébranlable de l’individualité humaine et comme rebelle à toute altération :ingeniumse rapporte de préférence aux dons de l’esprit,naturaà ceux du cœur.Indoles, le naturel considéré comme le germe de l’individualité et comme susceptible de culture.

Ingeniumetnatura, le naturel considéré comme la base inébranlable de l’individualité humaine et comme rebelle à toute altération :ingeniumse rapporte de préférence aux dons de l’esprit,naturaà ceux du cœur.Indoles, le naturel considéré comme le germe de l’individualité et comme susceptible de culture.

Inire. Intrare. Introire. Ingredi.1.Inirene s’emploie guère qu’au figuré, c’est se mettre à quelque chose, par exemple,inire pugnam,numerum, engager le combat, chercher un nombre ;intrare,introire,ingrediexpriment l’action d’entrer au sens propre ; maisintrareest d’ordinaire transitif, il a l’accent sur sa racine verbale,introireest neutre, il a l’accent sur sa racine adverbiale. Dansintrare curiamon songe surtout au seuil qu’on franchit, dansintroire, aux quatre murs entre lesquels on va s’enfermer.2.Intrareetintroiresupposent un espace fermé à dessein par des murailles, des barrières, des bornes ;ingredine suppose qu’un espace étranglé, une route,viam, un pont,pontem.

1.Inirene s’emploie guère qu’au figuré, c’est se mettre à quelque chose, par exemple,inire pugnam,numerum, engager le combat, chercher un nombre ;intrare,introire,ingrediexpriment l’action d’entrer au sens propre ; maisintrareest d’ordinaire transitif, il a l’accent sur sa racine verbale,introireest neutre, il a l’accent sur sa racine adverbiale. Dansintrare curiamon songe surtout au seuil qu’on franchit, dansintroire, aux quatre murs entre lesquels on va s’enfermer.

2.Intrareetintroiresupposent un espace fermé à dessein par des murailles, des barrières, des bornes ;ingredine suppose qu’un espace étranglé, une route,viam, un pont,pontem.

Initium. Principium. Primordium.1.Initium, commencement au sens abstrait, comme simple point de départ, par opposition àexitus;principium, au sens concret, comme la partie qui se présente avant les autres lorsqu’il s’agit de choses, qui précède lorsqu’il s’agit d’actions, par opposition àextremum.Initiumn’est qu’un commencement dans le temps,principiumest en outre une base posée dans l’espace. L’initiumdisparaît dans ce qui suit, leprincipiumsert de fondement aux progrès ultérieurs. Lesinitia philosophiæsont les rudiments au-dessus desquels le disciple s’élève dans le cours de ses études, lesprincipiasont les principes auxquels il faut toujours revenir.Initiosignifie ordinairement d’abord comme ceci et ensuite autrement ;principio, dès l’abord et toujours de même.2.Primordiumest un augmentatif emphatique deprincipium, et suppose un vaste système dont l’origine est assez reculée pour qu’on puisse distinguer entre un commencement apparent et un commencement réel, primordial, élémentaire.

1.Initium, commencement au sens abstrait, comme simple point de départ, par opposition àexitus;principium, au sens concret, comme la partie qui se présente avant les autres lorsqu’il s’agit de choses, qui précède lorsqu’il s’agit d’actions, par opposition àextremum.Initiumn’est qu’un commencement dans le temps,principiumest en outre une base posée dans l’espace. L’initiumdisparaît dans ce qui suit, leprincipiumsert de fondement aux progrès ultérieurs. Lesinitia philosophiæsont les rudiments au-dessus desquels le disciple s’élève dans le cours de ses études, lesprincipiasont les principes auxquels il faut toujours revenir.Initiosignifie ordinairement d’abord comme ceci et ensuite autrement ;principio, dès l’abord et toujours de même.

2.Primordiumest un augmentatif emphatique deprincipium, et suppose un vaste système dont l’origine est assez reculée pour qu’on puisse distinguer entre un commencement apparent et un commencement réel, primordial, élémentaire.

Innumerus. Innumerabilis.Innumerus, terme poétique et choisi, comme sans nombre,ἀνήριθμος;innumerabilis, terme prosaïque et usuel, comme innombrable,ἀναρίθμητος.

Innumerus, terme poétique et choisi, comme sans nombre,ἀνήριθμος;innumerabilis, terme prosaïque et usuel, comme innombrable,ἀναρίθμητος.

Instituere. Instaurare. Restituere. Restaurare.Instituere, prendre un arrangement profane ;instaurare, organiser une cérémonie sainte, vénérable ou du moins une entreprise importante, par exemple un sacrifice, des jeux sacrés ou des fêtes, la guerre ou une bataille.Instituereest un terme usuel,instaurareun terme pompeux et choisi. Même différence entrerestituereetrestaurare.

Instituere, prendre un arrangement profane ;instaurare, organiser une cérémonie sainte, vénérable ou du moins une entreprise importante, par exemple un sacrifice, des jeux sacrés ou des fêtes, la guerre ou une bataille.Instituereest un terme usuel,instaurareun terme pompeux et choisi. Même différence entrerestituereetrestaurare.

Intelligere. Sentire. Cognoscere.Intelligerese dit des notions rationnelles dues à la réflexion qui combine des idées ;sentire, des notions naturelles qui s’acquièrent par voie de sentiment, par des perceptions ou des impressions instantanées des sens ou de l’esprit ; enfin,cognoscere, des notions historiques fondées sur le témoignage des sens et de la tradition,Sen.Ir. III, 13.“Quidni gauderet, quod iram suam multiintelligerent, nemosentiret?”“Je conçois que Socrate ait ressenti un mouvement de joie quand sa colère que tous ses familiers discernaient nefrappait les yeux de personne.”Cic.N. D. III, 24.“Quare autem in his vis deorum insit tumintelligamquumcognovero.”“Quant à leur divinité, je la comprendrai quand j’aurai appris à la connaître.”

Intelligerese dit des notions rationnelles dues à la réflexion qui combine des idées ;sentire, des notions naturelles qui s’acquièrent par voie de sentiment, par des perceptions ou des impressions instantanées des sens ou de l’esprit ; enfin,cognoscere, des notions historiques fondées sur le témoignage des sens et de la tradition,Sen.Ir. III, 13.“Quidni gauderet, quod iram suam multiintelligerent, nemosentiret?”“Je conçois que Socrate ait ressenti un mouvement de joie quand sa colère que tous ses familiers discernaient nefrappait les yeux de personne.”Cic.N. D. III, 24.“Quare autem in his vis deorum insit tumintelligamquumcognovero.”“Quant à leur divinité, je la comprendrai quand j’aurai appris à la connaître.”

Intercapedo. Interruptio. Interpellatio. Interlocutio.Intercapedoetinterruptio, interruption d’une action, d’une affaire : l’intercapedoest polie, souvent même bienveillante ; l’interruptioest violente, elle trouble.Interpellatioetinterlocutio, interruption d’un discours par un autre discours qui vient à la traverse : l’interpellatorn’a d’autre but que d’empêcher l’orateur de continuer ; l’interlocutorveut se faire entendre lui-même au beau milieu du discours d’un autre.

Intercapedoetinterruptio, interruption d’une action, d’une affaire : l’intercapedoest polie, souvent même bienveillante ; l’interruptioest violente, elle trouble.Interpellatioetinterlocutio, interruption d’un discours par un autre discours qui vient à la traverse : l’interpellatorn’a d’autre but que d’empêcher l’orateur de continuer ; l’interlocutorveut se faire entendre lui-même au beau milieu du discours d’un autre.

Interea. Interim.Interease rapporte à une action durable qui tombe dans une période, comme cependant ;interimà une action momentanée, comme là-dessus. Il y a entre eux la même corrélation qu’entre un temps passé et l’aoriste, entre un instant et une période.Cic.Quint. 6.“Hæc dum Romæ geruntur... Quintiusintereade agro detruditur.”“Voilà ce qui se passait à Rome ; cependant Quintius est évincé de son champ”: c’est-à-dire que la chose se fait peu à peu. Comparez avecFamm.X, 12.“Interimad me venit Manutius noster.”“Là-dessus je vois venir chez moi notre cher Manutius.”Tac.Ann. XI, 32.“Non rumorintereased undique nuntii incedunt... AtqueinterimOstiensem viam intrat.”“Cependant ce ne sont plus des bruits, ce sont des messagers qui arrivent de tous les côtés... Et là-dessus elle prend la route d’Ostie.”

Interease rapporte à une action durable qui tombe dans une période, comme cependant ;interimà une action momentanée, comme là-dessus. Il y a entre eux la même corrélation qu’entre un temps passé et l’aoriste, entre un instant et une période.Cic.Quint. 6.“Hæc dum Romæ geruntur... Quintiusintereade agro detruditur.”“Voilà ce qui se passait à Rome ; cependant Quintius est évincé de son champ”: c’est-à-dire que la chose se fait peu à peu. Comparez avecFamm.X, 12.“Interimad me venit Manutius noster.”“Là-dessus je vois venir chez moi notre cher Manutius.”Tac.Ann. XI, 32.“Non rumorintereased undique nuntii incedunt... AtqueinterimOstiensem viam intrat.”“Cependant ce ne sont plus des bruits, ce sont des messagers qui arrivent de tous les côtés... Et là-dessus elle prend la route d’Ostie.”

Interficere. Perimere. Interimere. Negare. Occidere. Jugulare. Obtruncare. Trucidare. Percutere.1.Interficereetperimere, termes généraux, mettre à mort, faire mourir, tuer pour quelque motif et par quelque moyen que ce soit, faim, poison, corde, fer, supplice,ϰτείνειν: maisinterficereest un terme ordinaire,perimereun terme archaïque, choisi, poétique.Interimeresuppose accessoirement que la chose passe inaperçue, comme se défaire de quelqu’un,ἀναιρεῖν;necareimplique une idée d’injustice ou du moins de cruauté, comme assassiner,φονεύειν.Cic.Tusc. V, 20.“Dionysius alterum jussitinterfici, quia viam demonstravissetinterimendisui.”“Denys le fit mettre à mort pour avoir montré comment on pouvait se défaire de lui.”Fr. Arat. 11.“Quem neque tempestasperimet, nec longa vetustasinterimet.”“Il ne périra point sous l’effort d’une saison, il ne succombera point à la lente action des siècles.”Curt.IX, 7, 8.“Boxumprotinusplacuitinterfici; Biconem etiam per cruciatusnecari.”“Il voulut qu’on mit sur-le-champ Boxus à mort, mais qu’on fît périr Bicon dans les tourments.”2.Occidere,jugulare,trucidare,obtruncare,percutere, expriment une mort sanglante :occidere, porter par terre, c’est le fait du soldat dans un combat franc et loyal ;jugulare, couper la gorge ou le cou, ou plutôt tuer d’un coup savant sous la clavicule, c’est le fait du bandit qui veut imiter le gladiateur,σφάξαι;obtruncare, tailler en pièces, massacrer, couper en morceaux comme un meurtrier maladroit ;trucidare, tuer à loisir comme un boucher, en homme avide de sang qui met à mort sans rencontrer de résistance et triomphe d’une victime sans défense ;percutere, exécuter, simple action mécanique, office du bourreau ou de tout autre exécuteur d’une condamnation ou d’un ordre.Senec.Contr. III, 21.“Nec dominumoccidit,nec dominovenenumdedit.”“Il n’a ni poignardé ni empoisonné son maître.”Hor.Ep. 1, 2, 32.“Utjugulenthomines surgunt de nocte latrones.”“Les brigands sortent de l’ombre pour égorger le monde.”Sall.Fr.“Cæteri vice pecorumobtruncantur”:“en sorte qu’on voyait à terre comme sur un étal des membres détachés.”Tac.Hist....“Juberetinterfici; offerre se corpora iræ ;trucidaret.”“Il n’avait qu’à les faire mourir ; ils étaient prêts à servir de victimes à sa colère”: il pouvait les tuer à son aise.Cic.Rosc. Am. 34.“Cujus consiliooccisussit invenio ; cujus manupercussussit non invenio.”“Je discerne l’auteur, je ne découvre pas l’instrument de cette mort sanglante.”

1.Interficereetperimere, termes généraux, mettre à mort, faire mourir, tuer pour quelque motif et par quelque moyen que ce soit, faim, poison, corde, fer, supplice,ϰτείνειν: maisinterficereest un terme ordinaire,perimereun terme archaïque, choisi, poétique.Interimeresuppose accessoirement que la chose passe inaperçue, comme se défaire de quelqu’un,ἀναιρεῖν;necareimplique une idée d’injustice ou du moins de cruauté, comme assassiner,φονεύειν.Cic.Tusc. V, 20.“Dionysius alterum jussitinterfici, quia viam demonstravissetinterimendisui.”“Denys le fit mettre à mort pour avoir montré comment on pouvait se défaire de lui.”Fr. Arat. 11.“Quem neque tempestasperimet, nec longa vetustasinterimet.”“Il ne périra point sous l’effort d’une saison, il ne succombera point à la lente action des siècles.”Curt.IX, 7, 8.“Boxumprotinusplacuitinterfici; Biconem etiam per cruciatusnecari.”“Il voulut qu’on mit sur-le-champ Boxus à mort, mais qu’on fît périr Bicon dans les tourments.”

2.Occidere,jugulare,trucidare,obtruncare,percutere, expriment une mort sanglante :occidere, porter par terre, c’est le fait du soldat dans un combat franc et loyal ;jugulare, couper la gorge ou le cou, ou plutôt tuer d’un coup savant sous la clavicule, c’est le fait du bandit qui veut imiter le gladiateur,σφάξαι;obtruncare, tailler en pièces, massacrer, couper en morceaux comme un meurtrier maladroit ;trucidare, tuer à loisir comme un boucher, en homme avide de sang qui met à mort sans rencontrer de résistance et triomphe d’une victime sans défense ;percutere, exécuter, simple action mécanique, office du bourreau ou de tout autre exécuteur d’une condamnation ou d’un ordre.Senec.Contr. III, 21.“Nec dominumoccidit,nec dominovenenumdedit.”“Il n’a ni poignardé ni empoisonné son maître.”Hor.Ep. 1, 2, 32.“Utjugulenthomines surgunt de nocte latrones.”“Les brigands sortent de l’ombre pour égorger le monde.”Sall.Fr.“Cæteri vice pecorumobtruncantur”:“en sorte qu’on voyait à terre comme sur un étal des membres détachés.”Tac.Hist....“Juberetinterfici; offerre se corpora iræ ;trucidaret.”“Il n’avait qu’à les faire mourir ; ils étaient prêts à servir de victimes à sa colère”: il pouvait les tuer à son aise.Cic.Rosc. Am. 34.“Cujus consiliooccisussit invenio ; cujus manupercussussit non invenio.”“Je discerne l’auteur, je ne découvre pas l’instrument de cette mort sanglante.”

Intermittere. Omittere.Intermittere, suspendre, remettre une affaire à un autre temps dans l’espérance et dans le dessein de la reprendre :in tempus mitterecum spe consilioque resumendi;omittere, abandonner.Varron.Fr.“Studia tantumintermittantur, neomittantur.”“Interrompez vos études, ne les abandonnez jamais.”

Intermittere, suspendre, remettre une affaire à un autre temps dans l’espérance et dans le dessein de la reprendre :in tempus mitterecum spe consilioque resumendi;omittere, abandonner.Varron.Fr.“Studia tantumintermittantur, neomittantur.”“Interrompez vos études, ne les abandonnez jamais.”


Back to IndexNext