Chapter 16

Perfuga. Transfuga. Profugus. Fugitivus. Extorris. Exul. Perfugium. Suffugium. Refugium.1.Perfugaettransfuga, le déserteur qui fuit d’un parti vers l’autre,αὐτόμολος: mais le transfuge,perfuga, passe à l’ennemi en criminel qui trahit son parti ; letransfugan’est qu’un homme irrésolu qui abandonne les siens pour aller ailleurs.Profugusetfugitivus, le fugitif qui abandonne sa demeure : leprofugusest un infortuné qui cède à la force en fuyant sa patrie et qui court le monde comme un banni,φυγάς; lefugitivusest un coupable qui se dérobe à son devoir, à son poste, à sa prison, à son maître,δραπέτης. On entend généralement parperfugaettransfugaun soldat, parprofugusun citoyen, parfugitivusun esclave.Liv.XXX, 43.“Deperfugisgravius quam defugitivisconsultum.”“Les transfuges furent plus sévèrement traités que les esclaves fugitifs.”2.Perfugium, asile public et sûr dans des dangers sérieux ;suffugium, asile sinon secret, du moins fortuit et temporaire contre des contrariétés ;refugium, asile préparé ou du moins choisi d’avance en cas de retraite.3.Profugusmarque un état de fait, celui d’un homme qui fuit hors de son pays ;extorris, un état politique, comme proscrit ;exul, un état légal comme exilé. L’extorrissubit un malheur, il ne peut plus rester dans sa patrie ; l’exulsubit un châtiment, il n’a plus le droit d’y rester.Appul.Met. V, p. 101.“Extorreset... velutexulantes.”“Proscrits et comme exilés.”Periclitari,periculum, v.Tentare.Perimere, v.Interficere.Perire, v.Mors.Perlucidus. Pellucidus. Perlegere. Pellegere. Perlicere. Pellicere. Perjurare. Pejerare.Examinant ces mots par couples, le premier des deux, qui est la forme primitive, a chaque fois l’accent sur l’adverbeper; le second, qui est une forme adoucie par l’assimilation de l’renlou par l’élimination de l’r, a l’accent sur le nom ou sur le verbe, et la racine accentuée prédomine dans la signification du composé.1.Perlucidus, très-lumineux ;pellucidus, transparent.2.Perlegere, lire d’un bout à l’autre ;pellegere, parcourir, feuilleter.3.Perlicere, attirer avec une force irrésistible ;pellicere, séduire.4.Perjurare, prêter un faux serment ;pejerare, violer un serment.Permittere, v.ConcedereetFidere.Pernegare, v. Negare.Pernicies, v.Lues.Pernix, v.Citus.Perperam. Falso. False. Fallaciter.1.Perperams’entend de la fausseté du fait, comme inexactement ;falso, de la personne qui se trompe, comme par erreur, par méprise...2.Falso agerene se dit que d’une erreur où l’on est ou d’une illusion qu’on se fait ;falseetfallaciter ageresupposent qu’on va contre ce qu’on sait et contre sa conscience :false, comme faussement, par crainte et faiblesse de caractère ;fallaciter, comme fallacieusement, avec la mauvaise intention de duper et de trahir. ComparezTacite, Ann. I, 1.“Tiberii res... ob metumfalsecompositæ sunt”(d’après le texte de Wolf).“La peur a dicté des faussetés aux historiens de Tibère”; avecGerm. 36.“Inter impotentes et validosfalsoquiescas.”“Entre des voisins puissants et forts un peuple ne goûte qu’un repos trompeur.”3. Les idées exprimées parfalsoetfalsesont réunies dans l’adjectiffalsus, qui ne se distingue que defallax.Cic.Phil. XII, 2.“Spesfalsaetfallax.”“Fausse et perfide espérance.”Tac.Ann. XVI, 32.“Specie bonorumfalsoset amicitiæfallaces.”“La fausseté sous un semblant de vertu, la perfidie sous un semblant d’amitié.”Perpeti, v.Ferre.Perpetuus, v.Continuus.Perquam. Valde. Admodum. Magnopere.Perquam, extraordinairement, avec une nuance de surprise chez la personne qui parle ;valde, très,admodum, assez, etmultum, servent simplement à renforcer le sens de l’attribut ou du verbe,magnopere, du verbe seul.Perseverantia, v.Pervicacia.Persona, v.Larva.Pertinacia, v.Pervicacia.Pervertere, v.VertereetPerdere.Pervicacia. Perseverantia. Pertinacia. Contumacia. Destinatio. Obstinatio.1.Pervicaciaetperseverantiaprésentent comme une vertu l’attachement à un sentiment dans lequel on est entré : lapervicaciaest fondée sur une énergie naturelle, c’est l’ardeur opposée à la lassitude ; laperseverantia, sur le développement des qualités sérieuses, c’est la persistance opposée à la versatilité.Pertinaciaetcontumaciaexpriment un défaut : lapertinaciaprovient d’un attachement opiniâtre à une résolution prise comme l’entêtement et la présomption, par opposition à la condescendance ; lacontumacia, de l’orgueil qu’on met à défendre son libre arbitre, même contre une autorité compétente et légitime, comme l’arrogance et l’esprit de résistance par opposition à la docilité ouobsequium. Accius dansNon.“Tupertinaciamesse, Antiloche, hanc prædicas, egopervicaciamesse aio et a me uti volo.”“Tu soutiens que c’est de l’entêtement ; je dis que c’est une fermeté généreuse que je tiens à montrer.”Cic.Inv. II, 54.“Unicuique virtuti finitimum vitium reperietur, utpertinaciaquæ finitimaperseverantiæest.”“On rencontrera un défaut dans le voisinage de toutes les vertus ; c’est ainsi que l’entêtement est voisin de la persévérance.”2.Pervicacia, etc., marquent la stabilité dans une résolution prise ;destinatioetobstinatioont plus de rapport à l’acte qui consiste à la prendre :destinatio, lorsqu’elle est irrévocable, c’est de la décision ;obstinatio, lorsqu’on s’y attache en dépit de tous les obstacles, même insurmontables, et de toutes les représentations raisonnables, c’est de l’endurcissement.Pessulus, v.Sera.Pestilentia,pestis, v.Lues.Pessundare, v.Perdere.Petere. Rogare. Postulare. Exigere. Poscere. Flagitare.1.Petereetrogare, termes généraux pour touteespèce de demande, soit qu’on prie, soit qu’on exige ; ils tiennent le milieu entreposcereetorare, sauf à se rapprocher quelque peu du dernier :peterese rapporte à l’objet qu’on souhaite ;rogare, à la personne à laquelle on s’adresse, d’oùpetere aliquid ab aliquo, maisrogare aliquem aliquid.Cic.Verr. IV, 28, 64.“Istepetita rege et eum pluribus verbisrogat, ut id ad se mittat.”“Il tâche d’obtenir cela du roi et l’en sollicite longuement.”Famm. II, 6.“Ne id quodpetat,exigeremagis quamrogarevideatur.”“Pour tâcher d’en venir à ses fins sans se donner des airs de créancier plutôt que de solliciteur.”2.Postulareetexigerese disent d’une demande pure et simple par laquelle on fait tranquillement connaître sa volonté :postulares’entend plutôt de ce qu’on veut et souhaite ;exigere, de ce qu’on prétend.Poscereetflagitarese disent d’une demande pressante :poscere, d’une demande faite d’un ton décidé, avec le sentiment de son droit ou de sa puissance ;flagitare, d’une demande faite avec impétuosité dans la passion et dans l’impatience du désir.Tac.H. II, 39.“Othone per literasflagitanteut maturarent, militibus ut imperator pugnæ adessetposcentibus; plerique copias trans Padum agentes acciripostulabant.”“La lettre d’Othon exprimait une vive impatience d’en finir ; les soldats exigeaient que l’empereur payât de sa personne au jour de la bataille ; un très-grand nombre souhaitaient qu’on fît venir les troupes établies au delà du Pô.”Cic.Verr. III, 34.“Incipiuntpostulare,poscere, minari.”“Viennent les demandes, les exigences, les menaces.”Planc. 19.“Poscereatque etiamflagitarecrimen.”“Exiger, vouloir emporter une accusation.”Legg. I, 5.“Postulatura te jam diu velflagitaturpotius historia.”“Voilà longtemps qu’on te demande ou plutôt qu’on brûle de t’arracher cette histoire.”Petra, v.Saxum.Petulans. Procax. Protervus. Lascivus.Lepetulansblesse le sentiment des convenances,modestia, par caprice, par des agaceries et des provocations inutiles ; leprocax, par indiscrétion, impertinence et importunité ; leprotervus, par impétuosité, par un laisser-aller qui ne respecte rien ; lelascivus, par une joie bruyante et folâtre. Il faut chercher l’origine de lapetulantiadans l’aversion pour le repos et la paix ou même dans la méchanceté ; celle de laprocacitasdans la hardiesse ou l’impudence ; celle de laprotervitasdans le sentiment exagéré de sa force ou dans l’orgueil ; celle de lalasciviadans la gaieté du caractère ou dans le défaut de gravité.Liv.XXXVIII, 24.“Flagitatum quoque stipendium,procaciusquam ex more etmodestiamilitari erat.”“On réclama vivement la solde avec une impudence contraire à tous les usages et à la subordination.”Pietas, v.Diligere.Piget. Tædet. Pœnitet.Pigetse dit en général de ce qu’on ne se soucie ni de faire ni de souffrir ;tædet, de ce qu’on ne se soucie point de faire ni de souffrir plus longtemps ;pænitet, de ce qu’on aimerait mieux n’avoir jamais fait ni souffert.Pigritia, v.Ignavia.Pilum, v.Missile.Pilus, v.Crinis.Pinguis. Opimus. Obesus. Corpulentus.1.Pinguis, gras dans un sens indifférent ou défavorable, la graisse étant de toutes les parties constituantes du corps la plus insensible et la moins élastique, d’où au figuré mou ;opimus, gras dans le bon sens, quand c’est un signe que les chairs sont pleines et qu’on est bien nourri, d’où au figuré abondant.2.Obesusse dit de l’embonpoint, mais en associant à l’idée principale une idée accessoire de pesanteur par opposition àgracilis;corpulentusse dit de l’embonpoint pris par son beau côté, par rapport à la prestance qui l’accompagne.Pinna, v.Ala.Placidus, v.Mitis.Pirata, v.Præda.Plaga, v.Locus,ReteetVulnus.Plancæ, v.Axes.Plane. Omnino. Prorsus. Penitus. Utique.Plane, nettement,nettopar opposition àpæneou àvix;omnino, entièrement, et en général par opposition aux subdivisions, aux cas isolés, aux exceptions, àmagna ex parteou àseparatim, commeὅλως;prorsus, précisément, par opposition à en quelque sorte ou à pour ainsi dire ;penitus, de fond en comble, jusqu’au fond, par opposition à dans une certaine mesure ou à superficiellement,πάντως;utique, dans tous les cas, il a pour opposés à tout hasard, peut-être,ὁπωσδήποτε.Plerique. Plurimi.Plerique, superlatif absolu, un très-grand nombre ;plurimi, superlatif relatif, la plupart.Tac.Ann. XIII, 27.“Plurimisequitum,plerisquesenatorum non aliunde originem trahi.”“La plupart des chevaliers, un très-grand nombre de sénateurs n’avaient pas d’autre origine.”Plorare, v.Lacrimare.Plurimi, v.Plerique.Pluma, v.Ala.Pluvia. Imber. Nimbus.Pluvia, phénomène bienfaisant, pluie générale qui abreuve le sol altéré,ὑετός;imberetnimbus, phénomène désagréable, pluie locale qui vient gâter une belle journée :imber, lorsqu’elle est accompagnée d’un temps froid et orageux ;nimbus, d’un temps couvert.Poculum. Calix. Scyphus. Simpuvium. Cyathus. Crater.1.Poculumetcalix, qui appartiennent à la vieille langue latine, se disent de tout vase à boire, sans autre idée que celle de l’usage auquel il sert :poculum, vase ordinaire pour les repas ;calix, vase, coupe plus riche pour les festins.Scyphus,cantharus,cymbium,culigna, mots étrangers empruntés au grec, se disent de certaines espèces de vases par rapport à leur forme.2.Poculum, etc. servent tous de vases à boire ; le vieux mot romainsimpuviumetcyathusqui est venu plus tard, vases à puiser pour remplir lespoculaen prenant aucrater, comme on remplit les verres à punch en puisant avec la cuiller dans le bol.Poema, v.Canere.Pœnitet, v.Piget.Poena, v.Vindicta.Poeta, v.Canere.Pollere, v.Posse.Polliceri. Promittere. Spondere. Recipere.Polliceri, promettre de plein gré, par un acte de complaisance et de prévenance,ἐπαγγέλλεσθαι;promittere, à la suite d’une demande, par un acte de consentement, avec l’intention de tenir,ὑπισχνεῖσθαι;spondereetdespondere, promettre formellement, à la suite d’unestipulatiopar un engagement qui lie en justice,ἐγγυᾶν;recipere, prendre sur soi et s’engager d’honneur pour tranquilliser une personne qui est dans la peine,ἀναδέχεσθαι. Lepollicensfait des offres agréables ; lepromittensouvre une perspective satisfaisante ; lespondensdonne une garantie judiciaire ; lerecipiensnous ôte nos soucis.Cic.Att. XIII, 1.“Quoniam de æstatepollicerisvel potius recipis.”“Puisque tu t’avances sur ce sujet ou plutôt puisque tu te fais fort”; car lepollicensn’engage que sa bonne volonté, lerecipiensrépond du succès.Sen.Ep. 19.“Jam nonpromittuntde te sedspondent.”“Ils ne se bornent plus à promettre, ils s’engagent pour toi.”Cic.Famm. VII, 5.“Neque minus ei prolixe de tua voluntatepromisiquam eram solitus de meapolliceri.”“Et je lui ai promis ta bienveillance avec autant d’assurance que si je n’avais eu qu’à m’avancer pour mon compte : car Cicéron ne pouvait donner au nom de Trébatius que des espérances, mais il pouvait faire de son chef des promesses positives.”Polluere, v.Contaminare.Pondo, v.Libra.Pontus, v.Mare.Populari, v.Vastare.Pompa, v.Funus.Pondus, v.Moles.Popina, v.Deversorium.Populus, v.Gens.Porca. Sulcus. Lira.Porca, billon, terre relevée entre deux sillons ;sulcus, creux du sillon, trace faite dans la terre par la charrue ;lira, tantôt l’un, tantôt l’autre.Porcus, v.Sus.Portenta, v.Auguria.Poscere, v.Petere.Portare, v.Ferre.Portio, v.Pars.Posse. Quire. Valere. Pollere.1.Posseetquiresont originairement transitifs :posse, être apte par vigueur et par force,δύνασθαι;quire, par le concours de toutes les qualités qu’on possède, commeοἷόν τ’ εἶναι.Cic.Tusc. II, 27.“Barbari ferro decertare acerrimepossunt, viriliter ægrotare nonqueunt.”“Les barbares peuvent bien se battre à outrance le fer à la main ; aux prises avec la maladie, ils sont incapables d’être hommes.”Valereetpolleresont neutres, d’oùpossumouqueovincere, maisvaleooupolleoad vincendum.2.Valere, posséder une juste mesure de forces, valoirun autre homme, par opposition à des forces insuffisantes, commeσθένειν;pollere, avoir un excès de forces et de ressources et se distinguer par là de la foule, par opposition à des forces ordinaires, commeἰσχύειν.Possidere, v.Tenere.Posteritas, v.Stirps.Postremus, v.Extremus.Postulare, v.Petere.Potare, v.Bibere.Potentia. Potentatus. Potestas. Vis. Robur.Potentia,potentatusetpotestas, puissance qui vient du dehors, qui a des hommes pour instruments et pour sujets ;visetrobur, puissance, force intérieure, indépendante du concours et de la bonne volonté d’autrui.Potentia, pouvoir de fait qui se fait sentir à volonté,δύναμις;potentatus, rang du souverain reconnu par le peuple,δυναστεία;potestas, autorité légitime et légalement déférée,ἐξουσία.Tac.Ann. XIII, 19.“Nihil tam fluxum est quam famapotentiænon sua vi nixæ.”“Rien de si fragile que le crédit d’un pouvoir qui n’a point en lui-même les éléments de sa force.”Vis, la force active et agressive, comme faculté de contraindre les autres,ϰράτος;robur, la force au repos, comme faculté de résister et de durer,ῥώμη.Potestas, v.Occasio.Præbere. Exhibere. Præstare. Repræsentare.Præbereetexhibere, aller spontanément au-devant d’un besoin ou d’un désir : lepræbenscède son bien à quelqu’un ; l’exhibensse dessaisit du sien en faveur du public.Præstareetrepræsentare, s’exécuter pour remplir un devoir : lepræstansse libère, pour ainsi dire, d’une dette en se rangeant à son devoir ; lerepræsentansaccomplit une promesse, au lieu de tarder encore à la tenir.Præceptor, v.Doctor.Præclarus, v.Eminens.Præcipere, v.Jubere.Præda. Manubiæ. Spolia. Exuviæ. Rapina. Prædo. Latro. Pirata.1.Prædaetmanubiæ, le butin considéré comme un bien de conquête et comme un profit ;spoliaetexuviæ, considéré en outre comme une marque de victoire et d’honneur.2.Præda, toute espèce de butin ;manubiæ, le butin légitime du soldat, fait à la guerre ;rapina, le butin illégitime duprædo, qui trouble la paix publique, le fruit du vol.3.Prædo, brigand en général, celui qui exerce le brigandage comme un métier,ληστής. C’est le terme générique, par rapport àlatro, le voleur de grands chemins,σίνις, et àpirata, le pirate.Raptor, le ravisseur d’une personne ou d’un objet déterminé,ἁρπαϰτήρ.Prædicere, v.Divinare.Præditus. Instructus. Exstructus. Ornatus.1.Prædituss’entend d’une qualité éminente qui est un titre d’honneur ;instructusetexstructus, d’une qualité solide qui rend propre à certains usages. Les deux idées sont réunies dansornatus. L’instrumentumsert, ledecusdonne de l’éclat, l’ornamentumsemble tirer son lustre d’une utilité éminente.Instructussuggérera, par exemple, l’image d’un armement complet qui est un gage de protection et de sécurité ;ornatus, celle d’un armement parfait et imposant. Il faut se placer à un point de vue élevé et viser à l’idéal pour juger l’ornatusindispensable ; c’est du luxe, par rapport aux besoins ordinaires de la vie.Cic.Phil. X, 4.“Græcia copiis noninstructasolum, sed etiamornata.”“La Grèce, qui abonde en ressources solides et même apparentes.”Sen.Tranq. 9.“Sicut plerisque libri non studioruminstrumenta, sed cœnationumornamentasunt.”“Pour beaucoup de gens, une bibliothèque n’est point un instrument d’étude, c’est un décor indispensable dans une salle à manger.”2.Instructusse rapporte à des personnes et à des objets destinés à jouer un rôle offensif ou défensif ;exstructus, à des objets dont la destination est passive, par exemple,instructæ naves, maisexstructæ mensæ. Lesexstructane laissent plus rien à faire ; lesinstructaont reçu un premier achèvement, une préparation complète et n’ont plus qu’à remplir leur destination.3.Instructusse rapporte à la simple possession des moyens ;paratus, au propriétaire de ces moyens, prêt lui-même à en tirer parti.Prædium, v.Villa.Præmium. Pretium. Merces.Præmium, récompense honorable destinée à distinguer celui qui la reçoit, par opposition àpœna,ἆθλον,γέρας;pretiumetmerces, payement destiné à acquitter une dette :pretium, prix d’achat pour une marchandise qu’on nous cède, par opposition àgratia,ὦνος;merces, ce qu’on paye pour tout ce qu’on prend ou tient à louage, hommes et choses,μισθός.Præs, v.Sponsor.Præsentem esse, v.Adesse.Præstans, v.Eminens.Præsagire, v.Divinare.Præsentire, v.Divinare.Præstolari, v.Manere.Præterea. Insuper. Ultro.Præterea, de plus, marque simplement qu’on ajoute ce qu’il faut pour compléter un compte, commeπρὸς τούτοις;insuper, en sus, par-dessus le marché, qu’on fait mesure comble, commeπροσέτι; enfin,ultro, en outre, que ce qu’on ajoute va fort au delà de ce qu’on avait déjà fait, en sorte que tout ce qui a précédé n’a plus aucune valeur.Prævidere, v.Divinare.Pravitas, v.Malitia.Precari, v.Rogare.Prehendere, v.Sumere.Pretium, v.Præmium.Pridem. Diu. Dudum. Diuturnus. Diutinus.1.Pridemmarque un point dans le temps, une époque, comme il y a longtemps ;diuetdudummarquent un espace, une période, comme depuis longtemps :diu, depuis bien des jours, des mois, des années ;dudum, depuis plusieurs minutes ou plusieurs heures.Jam pridem mortuus estveut dire : il est mort il y a très-longtemps, c’est un aoriste ; maisjam diu mortuus est: il est depuis longtemps dans la tombe, c’est un parfait.Cic.Cat. I, 1.“Ad mortem te ducijam pridemoportebat ; in te conferri pestem illam quam tu in nos omnesjam diumachinaris.”“Il y a longtemps que j’aurais dû te faire conduire au supplice et amasser sur ta tête tous les maux que tu nous prépares depuis longtemps.”Tac.Ann. XV, 64.“Seneca Statium Annæumdiusibi amicitiæ fide et arte medicinæ probatum orat, provisumpridemvenenum promeret.”“Sénèque prie Statius Annæus, qui avait depuis longtemps sa confiance comme ami et comme médecin, de lui apporter le poison dont ils étaient autrefois convenus.”2.Diuturnusse dit d’une longue durée, soit indifféremment, comme de quelque chose de long, en général, soit par éloge, comme de quelque chose de durable et de solide, par opposition à ce qui passe vite,χρόνιος;diutinusexprime un blâme et se dit de ce qui pèse ou ennuie, commeαἰανός.Cic.Senect. 19.“Nihil mihidiuturnumvidetur, in quo est aliquid extremum.”“Une durée dont je vois le terme ne me paraît jamais longue.”Comparez avecFamm. XI, 8.“Libertatis desiderio et odiodiutinæservitutis.”“Par regret de la liberté et par haine d’un esclavage prolongé.”Primordium, v.Initium.Primores. Principes. Proceres. Optimates.Primoresetprincipes, les personnages qui jouent un rôle dans l’État, la classe des citoyens influents et notables, par opposition à la foule :primores, ceux qui sont tout portés à cette hauteur par le privilége de la naissance, de la fortune et du rang ;principes, ceux qui, par leur esprit, leurs talents politiques, leur activité, deviennent orateurs, chefs de parti, et s’élèvent aux premières places parmi lesprimoresmême et dans tout l’État.Proceres, les grands envisagés dans leur condition naturelle, comme noblesse, par opposition au commun du peuple ;optimates, les mêmes grands considérés comme parti politique, comme aristocrates, par opposition aux démocrates.Accius dans Non.“Primores procerumprovocaret nomine.”“Nommer, en les défiant, les premiers personnages de la noblesse.”Primus. Princeps. Imperator. Cæsar.1.Primus, le premier à paraître dans l’espace ou dans le temps, en sorte que les autres lui succèdent ;princeps, le premier à faire une chose, celui dont les autres suivent l’exemple.2.Princeps, l’empereur investi en matière civile de l’autorité suprême qui lui avait été insensiblement dévolue en sa qualité de prince du sénat,princeps senatus;imperator, l’empereur investi de la plus haute autorité militaire, personne, hors lui et les membres de sa famille, ne pouvant plus être proclaméimperator; enfin,Cæsar, l’empereur, comme membre, et à partir de Galba, comme simple successeur de la famille et de la dynastie de César.Principium, v.Initium.Priscus,pristinus, v.Antiquus.Privus. Proprius. Peculiaris.Privusse dit de la propriété de fait, par opposition à ce que les autres possèdent, àalienus, commeοἰϰεῖος;proprius, de la propriété exclusive, par opposition aux biens de droit commun, àcommunis, commeἴδιος; enfinpeculiaris, des biens qu’on a en propre, par opposition à ceux qu’on partage avec tout le monde, àuniversalis.Probrum, v.IgnominiaetMaledictum.Probus, v.Bonus.Procax, v.Petulans.Procella, v.Ventus.Proceres, v.Primores.Procerus, v.Altus.Proclivis, v.Pronus.Procrastinare, v.Differre.Procul. Longe. Eminus. E longinquo.1.Procul, à une certaine distance qui permet encore de voir les objets, par opposition àjuxta, commeἄποθεν;longe, à une grande distance, hors de la portée de la vue, par opposition àprope, commeτῆλε.2.Eminus, de loin, d’une distance dont la mesure est donnée par la portée des traits ; il est opposé àcominus, commeπόῤῥωθεν;e longinquo, de très-loin, d’une forte distance, par opposition àe propinquo, commeτηλόθεν.Prodigia, v.Auguria.Prodigus. Profusus. Helluo. Nepos.Prodigusetprofususprésentent la dissipation comme un trait de caractère :prodigus, en ce sens qu’on ne connaît pas la valeur de l’argent et du bien, qu’on n’est ni désireux ni capable de les faire valoir parcimonieusement, comme le prodigue ;profusus, en ce sens que rien ne paraît trop cher pour satisfaire des fantaisies, par frivolité, comme le dissipateur.Helluoetneposs’entendent d’un caractère qui se résume tout entier en une seule manie, celle de la dissipation :helluo, le viveur et le libertin émérite ;nepos, le fils de famille qui mange son avoir et celui de ses parents.Prælium, v.Pugna.Prorogare, v.Differre.

Perfuga. Transfuga. Profugus. Fugitivus. Extorris. Exul. Perfugium. Suffugium. Refugium.1.Perfugaettransfuga, le déserteur qui fuit d’un parti vers l’autre,αὐτόμολος: mais le transfuge,perfuga, passe à l’ennemi en criminel qui trahit son parti ; letransfugan’est qu’un homme irrésolu qui abandonne les siens pour aller ailleurs.Profugusetfugitivus, le fugitif qui abandonne sa demeure : leprofugusest un infortuné qui cède à la force en fuyant sa patrie et qui court le monde comme un banni,φυγάς; lefugitivusest un coupable qui se dérobe à son devoir, à son poste, à sa prison, à son maître,δραπέτης. On entend généralement parperfugaettransfugaun soldat, parprofugusun citoyen, parfugitivusun esclave.Liv.XXX, 43.“Deperfugisgravius quam defugitivisconsultum.”“Les transfuges furent plus sévèrement traités que les esclaves fugitifs.”2.Perfugium, asile public et sûr dans des dangers sérieux ;suffugium, asile sinon secret, du moins fortuit et temporaire contre des contrariétés ;refugium, asile préparé ou du moins choisi d’avance en cas de retraite.3.Profugusmarque un état de fait, celui d’un homme qui fuit hors de son pays ;extorris, un état politique, comme proscrit ;exul, un état légal comme exilé. L’extorrissubit un malheur, il ne peut plus rester dans sa patrie ; l’exulsubit un châtiment, il n’a plus le droit d’y rester.Appul.Met. V, p. 101.“Extorreset... velutexulantes.”“Proscrits et comme exilés.”

1.Perfugaettransfuga, le déserteur qui fuit d’un parti vers l’autre,αὐτόμολος: mais le transfuge,perfuga, passe à l’ennemi en criminel qui trahit son parti ; letransfugan’est qu’un homme irrésolu qui abandonne les siens pour aller ailleurs.Profugusetfugitivus, le fugitif qui abandonne sa demeure : leprofugusest un infortuné qui cède à la force en fuyant sa patrie et qui court le monde comme un banni,φυγάς; lefugitivusest un coupable qui se dérobe à son devoir, à son poste, à sa prison, à son maître,δραπέτης. On entend généralement parperfugaettransfugaun soldat, parprofugusun citoyen, parfugitivusun esclave.Liv.XXX, 43.“Deperfugisgravius quam defugitivisconsultum.”“Les transfuges furent plus sévèrement traités que les esclaves fugitifs.”

2.Perfugium, asile public et sûr dans des dangers sérieux ;suffugium, asile sinon secret, du moins fortuit et temporaire contre des contrariétés ;refugium, asile préparé ou du moins choisi d’avance en cas de retraite.

3.Profugusmarque un état de fait, celui d’un homme qui fuit hors de son pays ;extorris, un état politique, comme proscrit ;exul, un état légal comme exilé. L’extorrissubit un malheur, il ne peut plus rester dans sa patrie ; l’exulsubit un châtiment, il n’a plus le droit d’y rester.Appul.Met. V, p. 101.“Extorreset... velutexulantes.”“Proscrits et comme exilés.”

Perlucidus. Pellucidus. Perlegere. Pellegere. Perlicere. Pellicere. Perjurare. Pejerare.Examinant ces mots par couples, le premier des deux, qui est la forme primitive, a chaque fois l’accent sur l’adverbeper; le second, qui est une forme adoucie par l’assimilation de l’renlou par l’élimination de l’r, a l’accent sur le nom ou sur le verbe, et la racine accentuée prédomine dans la signification du composé.1.Perlucidus, très-lumineux ;pellucidus, transparent.2.Perlegere, lire d’un bout à l’autre ;pellegere, parcourir, feuilleter.3.Perlicere, attirer avec une force irrésistible ;pellicere, séduire.4.Perjurare, prêter un faux serment ;pejerare, violer un serment.

Examinant ces mots par couples, le premier des deux, qui est la forme primitive, a chaque fois l’accent sur l’adverbeper; le second, qui est une forme adoucie par l’assimilation de l’renlou par l’élimination de l’r, a l’accent sur le nom ou sur le verbe, et la racine accentuée prédomine dans la signification du composé.

1.Perlucidus, très-lumineux ;pellucidus, transparent.

2.Perlegere, lire d’un bout à l’autre ;pellegere, parcourir, feuilleter.

3.Perlicere, attirer avec une force irrésistible ;pellicere, séduire.

4.Perjurare, prêter un faux serment ;pejerare, violer un serment.

Perperam. Falso. False. Fallaciter.1.Perperams’entend de la fausseté du fait, comme inexactement ;falso, de la personne qui se trompe, comme par erreur, par méprise...2.Falso agerene se dit que d’une erreur où l’on est ou d’une illusion qu’on se fait ;falseetfallaciter ageresupposent qu’on va contre ce qu’on sait et contre sa conscience :false, comme faussement, par crainte et faiblesse de caractère ;fallaciter, comme fallacieusement, avec la mauvaise intention de duper et de trahir. ComparezTacite, Ann. I, 1.“Tiberii res... ob metumfalsecompositæ sunt”(d’après le texte de Wolf).“La peur a dicté des faussetés aux historiens de Tibère”; avecGerm. 36.“Inter impotentes et validosfalsoquiescas.”“Entre des voisins puissants et forts un peuple ne goûte qu’un repos trompeur.”3. Les idées exprimées parfalsoetfalsesont réunies dans l’adjectiffalsus, qui ne se distingue que defallax.Cic.Phil. XII, 2.“Spesfalsaetfallax.”“Fausse et perfide espérance.”Tac.Ann. XVI, 32.“Specie bonorumfalsoset amicitiæfallaces.”“La fausseté sous un semblant de vertu, la perfidie sous un semblant d’amitié.”

1.Perperams’entend de la fausseté du fait, comme inexactement ;falso, de la personne qui se trompe, comme par erreur, par méprise...

2.Falso agerene se dit que d’une erreur où l’on est ou d’une illusion qu’on se fait ;falseetfallaciter ageresupposent qu’on va contre ce qu’on sait et contre sa conscience :false, comme faussement, par crainte et faiblesse de caractère ;fallaciter, comme fallacieusement, avec la mauvaise intention de duper et de trahir. ComparezTacite, Ann. I, 1.“Tiberii res... ob metumfalsecompositæ sunt”(d’après le texte de Wolf).“La peur a dicté des faussetés aux historiens de Tibère”; avecGerm. 36.“Inter impotentes et validosfalsoquiescas.”“Entre des voisins puissants et forts un peuple ne goûte qu’un repos trompeur.”

3. Les idées exprimées parfalsoetfalsesont réunies dans l’adjectiffalsus, qui ne se distingue que defallax.Cic.Phil. XII, 2.“Spesfalsaetfallax.”“Fausse et perfide espérance.”Tac.Ann. XVI, 32.“Specie bonorumfalsoset amicitiæfallaces.”“La fausseté sous un semblant de vertu, la perfidie sous un semblant d’amitié.”

Perquam. Valde. Admodum. Magnopere.Perquam, extraordinairement, avec une nuance de surprise chez la personne qui parle ;valde, très,admodum, assez, etmultum, servent simplement à renforcer le sens de l’attribut ou du verbe,magnopere, du verbe seul.

Perquam, extraordinairement, avec une nuance de surprise chez la personne qui parle ;valde, très,admodum, assez, etmultum, servent simplement à renforcer le sens de l’attribut ou du verbe,magnopere, du verbe seul.

Pervicacia. Perseverantia. Pertinacia. Contumacia. Destinatio. Obstinatio.1.Pervicaciaetperseverantiaprésentent comme une vertu l’attachement à un sentiment dans lequel on est entré : lapervicaciaest fondée sur une énergie naturelle, c’est l’ardeur opposée à la lassitude ; laperseverantia, sur le développement des qualités sérieuses, c’est la persistance opposée à la versatilité.Pertinaciaetcontumaciaexpriment un défaut : lapertinaciaprovient d’un attachement opiniâtre à une résolution prise comme l’entêtement et la présomption, par opposition à la condescendance ; lacontumacia, de l’orgueil qu’on met à défendre son libre arbitre, même contre une autorité compétente et légitime, comme l’arrogance et l’esprit de résistance par opposition à la docilité ouobsequium. Accius dansNon.“Tupertinaciamesse, Antiloche, hanc prædicas, egopervicaciamesse aio et a me uti volo.”“Tu soutiens que c’est de l’entêtement ; je dis que c’est une fermeté généreuse que je tiens à montrer.”Cic.Inv. II, 54.“Unicuique virtuti finitimum vitium reperietur, utpertinaciaquæ finitimaperseverantiæest.”“On rencontrera un défaut dans le voisinage de toutes les vertus ; c’est ainsi que l’entêtement est voisin de la persévérance.”2.Pervicacia, etc., marquent la stabilité dans une résolution prise ;destinatioetobstinatioont plus de rapport à l’acte qui consiste à la prendre :destinatio, lorsqu’elle est irrévocable, c’est de la décision ;obstinatio, lorsqu’on s’y attache en dépit de tous les obstacles, même insurmontables, et de toutes les représentations raisonnables, c’est de l’endurcissement.

1.Pervicaciaetperseverantiaprésentent comme une vertu l’attachement à un sentiment dans lequel on est entré : lapervicaciaest fondée sur une énergie naturelle, c’est l’ardeur opposée à la lassitude ; laperseverantia, sur le développement des qualités sérieuses, c’est la persistance opposée à la versatilité.Pertinaciaetcontumaciaexpriment un défaut : lapertinaciaprovient d’un attachement opiniâtre à une résolution prise comme l’entêtement et la présomption, par opposition à la condescendance ; lacontumacia, de l’orgueil qu’on met à défendre son libre arbitre, même contre une autorité compétente et légitime, comme l’arrogance et l’esprit de résistance par opposition à la docilité ouobsequium. Accius dansNon.“Tupertinaciamesse, Antiloche, hanc prædicas, egopervicaciamesse aio et a me uti volo.”“Tu soutiens que c’est de l’entêtement ; je dis que c’est une fermeté généreuse que je tiens à montrer.”Cic.Inv. II, 54.“Unicuique virtuti finitimum vitium reperietur, utpertinaciaquæ finitimaperseverantiæest.”“On rencontrera un défaut dans le voisinage de toutes les vertus ; c’est ainsi que l’entêtement est voisin de la persévérance.”

2.Pervicacia, etc., marquent la stabilité dans une résolution prise ;destinatioetobstinatioont plus de rapport à l’acte qui consiste à la prendre :destinatio, lorsqu’elle est irrévocable, c’est de la décision ;obstinatio, lorsqu’on s’y attache en dépit de tous les obstacles, même insurmontables, et de toutes les représentations raisonnables, c’est de l’endurcissement.

Petere. Rogare. Postulare. Exigere. Poscere. Flagitare.1.Petereetrogare, termes généraux pour touteespèce de demande, soit qu’on prie, soit qu’on exige ; ils tiennent le milieu entreposcereetorare, sauf à se rapprocher quelque peu du dernier :peterese rapporte à l’objet qu’on souhaite ;rogare, à la personne à laquelle on s’adresse, d’oùpetere aliquid ab aliquo, maisrogare aliquem aliquid.Cic.Verr. IV, 28, 64.“Istepetita rege et eum pluribus verbisrogat, ut id ad se mittat.”“Il tâche d’obtenir cela du roi et l’en sollicite longuement.”Famm. II, 6.“Ne id quodpetat,exigeremagis quamrogarevideatur.”“Pour tâcher d’en venir à ses fins sans se donner des airs de créancier plutôt que de solliciteur.”2.Postulareetexigerese disent d’une demande pure et simple par laquelle on fait tranquillement connaître sa volonté :postulares’entend plutôt de ce qu’on veut et souhaite ;exigere, de ce qu’on prétend.Poscereetflagitarese disent d’une demande pressante :poscere, d’une demande faite d’un ton décidé, avec le sentiment de son droit ou de sa puissance ;flagitare, d’une demande faite avec impétuosité dans la passion et dans l’impatience du désir.Tac.H. II, 39.“Othone per literasflagitanteut maturarent, militibus ut imperator pugnæ adessetposcentibus; plerique copias trans Padum agentes acciripostulabant.”“La lettre d’Othon exprimait une vive impatience d’en finir ; les soldats exigeaient que l’empereur payât de sa personne au jour de la bataille ; un très-grand nombre souhaitaient qu’on fît venir les troupes établies au delà du Pô.”Cic.Verr. III, 34.“Incipiuntpostulare,poscere, minari.”“Viennent les demandes, les exigences, les menaces.”Planc. 19.“Poscereatque etiamflagitarecrimen.”“Exiger, vouloir emporter une accusation.”Legg. I, 5.“Postulatura te jam diu velflagitaturpotius historia.”“Voilà longtemps qu’on te demande ou plutôt qu’on brûle de t’arracher cette histoire.”

1.Petereetrogare, termes généraux pour touteespèce de demande, soit qu’on prie, soit qu’on exige ; ils tiennent le milieu entreposcereetorare, sauf à se rapprocher quelque peu du dernier :peterese rapporte à l’objet qu’on souhaite ;rogare, à la personne à laquelle on s’adresse, d’oùpetere aliquid ab aliquo, maisrogare aliquem aliquid.Cic.Verr. IV, 28, 64.“Istepetita rege et eum pluribus verbisrogat, ut id ad se mittat.”“Il tâche d’obtenir cela du roi et l’en sollicite longuement.”Famm. II, 6.“Ne id quodpetat,exigeremagis quamrogarevideatur.”“Pour tâcher d’en venir à ses fins sans se donner des airs de créancier plutôt que de solliciteur.”

2.Postulareetexigerese disent d’une demande pure et simple par laquelle on fait tranquillement connaître sa volonté :postulares’entend plutôt de ce qu’on veut et souhaite ;exigere, de ce qu’on prétend.Poscereetflagitarese disent d’une demande pressante :poscere, d’une demande faite d’un ton décidé, avec le sentiment de son droit ou de sa puissance ;flagitare, d’une demande faite avec impétuosité dans la passion et dans l’impatience du désir.Tac.H. II, 39.“Othone per literasflagitanteut maturarent, militibus ut imperator pugnæ adessetposcentibus; plerique copias trans Padum agentes acciripostulabant.”“La lettre d’Othon exprimait une vive impatience d’en finir ; les soldats exigeaient que l’empereur payât de sa personne au jour de la bataille ; un très-grand nombre souhaitaient qu’on fît venir les troupes établies au delà du Pô.”Cic.Verr. III, 34.“Incipiuntpostulare,poscere, minari.”“Viennent les demandes, les exigences, les menaces.”Planc. 19.“Poscereatque etiamflagitarecrimen.”“Exiger, vouloir emporter une accusation.”Legg. I, 5.“Postulatura te jam diu velflagitaturpotius historia.”“Voilà longtemps qu’on te demande ou plutôt qu’on brûle de t’arracher cette histoire.”

Petulans. Procax. Protervus. Lascivus.Lepetulansblesse le sentiment des convenances,modestia, par caprice, par des agaceries et des provocations inutiles ; leprocax, par indiscrétion, impertinence et importunité ; leprotervus, par impétuosité, par un laisser-aller qui ne respecte rien ; lelascivus, par une joie bruyante et folâtre. Il faut chercher l’origine de lapetulantiadans l’aversion pour le repos et la paix ou même dans la méchanceté ; celle de laprocacitasdans la hardiesse ou l’impudence ; celle de laprotervitasdans le sentiment exagéré de sa force ou dans l’orgueil ; celle de lalasciviadans la gaieté du caractère ou dans le défaut de gravité.Liv.XXXVIII, 24.“Flagitatum quoque stipendium,procaciusquam ex more etmodestiamilitari erat.”“On réclama vivement la solde avec une impudence contraire à tous les usages et à la subordination.”

Lepetulansblesse le sentiment des convenances,modestia, par caprice, par des agaceries et des provocations inutiles ; leprocax, par indiscrétion, impertinence et importunité ; leprotervus, par impétuosité, par un laisser-aller qui ne respecte rien ; lelascivus, par une joie bruyante et folâtre. Il faut chercher l’origine de lapetulantiadans l’aversion pour le repos et la paix ou même dans la méchanceté ; celle de laprocacitasdans la hardiesse ou l’impudence ; celle de laprotervitasdans le sentiment exagéré de sa force ou dans l’orgueil ; celle de lalasciviadans la gaieté du caractère ou dans le défaut de gravité.Liv.XXXVIII, 24.“Flagitatum quoque stipendium,procaciusquam ex more etmodestiamilitari erat.”“On réclama vivement la solde avec une impudence contraire à tous les usages et à la subordination.”

Piget. Tædet. Pœnitet.Pigetse dit en général de ce qu’on ne se soucie ni de faire ni de souffrir ;tædet, de ce qu’on ne se soucie point de faire ni de souffrir plus longtemps ;pænitet, de ce qu’on aimerait mieux n’avoir jamais fait ni souffert.

Pigetse dit en général de ce qu’on ne se soucie ni de faire ni de souffrir ;tædet, de ce qu’on ne se soucie point de faire ni de souffrir plus longtemps ;pænitet, de ce qu’on aimerait mieux n’avoir jamais fait ni souffert.

Pinguis. Opimus. Obesus. Corpulentus.1.Pinguis, gras dans un sens indifférent ou défavorable, la graisse étant de toutes les parties constituantes du corps la plus insensible et la moins élastique, d’où au figuré mou ;opimus, gras dans le bon sens, quand c’est un signe que les chairs sont pleines et qu’on est bien nourri, d’où au figuré abondant.2.Obesusse dit de l’embonpoint, mais en associant à l’idée principale une idée accessoire de pesanteur par opposition àgracilis;corpulentusse dit de l’embonpoint pris par son beau côté, par rapport à la prestance qui l’accompagne.

1.Pinguis, gras dans un sens indifférent ou défavorable, la graisse étant de toutes les parties constituantes du corps la plus insensible et la moins élastique, d’où au figuré mou ;opimus, gras dans le bon sens, quand c’est un signe que les chairs sont pleines et qu’on est bien nourri, d’où au figuré abondant.

2.Obesusse dit de l’embonpoint, mais en associant à l’idée principale une idée accessoire de pesanteur par opposition àgracilis;corpulentusse dit de l’embonpoint pris par son beau côté, par rapport à la prestance qui l’accompagne.

Plane. Omnino. Prorsus. Penitus. Utique.Plane, nettement,nettopar opposition àpæneou àvix;omnino, entièrement, et en général par opposition aux subdivisions, aux cas isolés, aux exceptions, àmagna ex parteou àseparatim, commeὅλως;prorsus, précisément, par opposition à en quelque sorte ou à pour ainsi dire ;penitus, de fond en comble, jusqu’au fond, par opposition à dans une certaine mesure ou à superficiellement,πάντως;utique, dans tous les cas, il a pour opposés à tout hasard, peut-être,ὁπωσδήποτε.

Plane, nettement,nettopar opposition àpæneou àvix;omnino, entièrement, et en général par opposition aux subdivisions, aux cas isolés, aux exceptions, àmagna ex parteou àseparatim, commeὅλως;prorsus, précisément, par opposition à en quelque sorte ou à pour ainsi dire ;penitus, de fond en comble, jusqu’au fond, par opposition à dans une certaine mesure ou à superficiellement,πάντως;utique, dans tous les cas, il a pour opposés à tout hasard, peut-être,ὁπωσδήποτε.

Plerique. Plurimi.Plerique, superlatif absolu, un très-grand nombre ;plurimi, superlatif relatif, la plupart.Tac.Ann. XIII, 27.“Plurimisequitum,plerisquesenatorum non aliunde originem trahi.”“La plupart des chevaliers, un très-grand nombre de sénateurs n’avaient pas d’autre origine.”

Plerique, superlatif absolu, un très-grand nombre ;plurimi, superlatif relatif, la plupart.Tac.Ann. XIII, 27.“Plurimisequitum,plerisquesenatorum non aliunde originem trahi.”“La plupart des chevaliers, un très-grand nombre de sénateurs n’avaient pas d’autre origine.”

Pluvia. Imber. Nimbus.Pluvia, phénomène bienfaisant, pluie générale qui abreuve le sol altéré,ὑετός;imberetnimbus, phénomène désagréable, pluie locale qui vient gâter une belle journée :imber, lorsqu’elle est accompagnée d’un temps froid et orageux ;nimbus, d’un temps couvert.

Pluvia, phénomène bienfaisant, pluie générale qui abreuve le sol altéré,ὑετός;imberetnimbus, phénomène désagréable, pluie locale qui vient gâter une belle journée :imber, lorsqu’elle est accompagnée d’un temps froid et orageux ;nimbus, d’un temps couvert.

Poculum. Calix. Scyphus. Simpuvium. Cyathus. Crater.1.Poculumetcalix, qui appartiennent à la vieille langue latine, se disent de tout vase à boire, sans autre idée que celle de l’usage auquel il sert :poculum, vase ordinaire pour les repas ;calix, vase, coupe plus riche pour les festins.Scyphus,cantharus,cymbium,culigna, mots étrangers empruntés au grec, se disent de certaines espèces de vases par rapport à leur forme.2.Poculum, etc. servent tous de vases à boire ; le vieux mot romainsimpuviumetcyathusqui est venu plus tard, vases à puiser pour remplir lespoculaen prenant aucrater, comme on remplit les verres à punch en puisant avec la cuiller dans le bol.

1.Poculumetcalix, qui appartiennent à la vieille langue latine, se disent de tout vase à boire, sans autre idée que celle de l’usage auquel il sert :poculum, vase ordinaire pour les repas ;calix, vase, coupe plus riche pour les festins.Scyphus,cantharus,cymbium,culigna, mots étrangers empruntés au grec, se disent de certaines espèces de vases par rapport à leur forme.

2.Poculum, etc. servent tous de vases à boire ; le vieux mot romainsimpuviumetcyathusqui est venu plus tard, vases à puiser pour remplir lespoculaen prenant aucrater, comme on remplit les verres à punch en puisant avec la cuiller dans le bol.

Polliceri. Promittere. Spondere. Recipere.Polliceri, promettre de plein gré, par un acte de complaisance et de prévenance,ἐπαγγέλλεσθαι;promittere, à la suite d’une demande, par un acte de consentement, avec l’intention de tenir,ὑπισχνεῖσθαι;spondereetdespondere, promettre formellement, à la suite d’unestipulatiopar un engagement qui lie en justice,ἐγγυᾶν;recipere, prendre sur soi et s’engager d’honneur pour tranquilliser une personne qui est dans la peine,ἀναδέχεσθαι. Lepollicensfait des offres agréables ; lepromittensouvre une perspective satisfaisante ; lespondensdonne une garantie judiciaire ; lerecipiensnous ôte nos soucis.Cic.Att. XIII, 1.“Quoniam de æstatepollicerisvel potius recipis.”“Puisque tu t’avances sur ce sujet ou plutôt puisque tu te fais fort”; car lepollicensn’engage que sa bonne volonté, lerecipiensrépond du succès.Sen.Ep. 19.“Jam nonpromittuntde te sedspondent.”“Ils ne se bornent plus à promettre, ils s’engagent pour toi.”Cic.Famm. VII, 5.“Neque minus ei prolixe de tua voluntatepromisiquam eram solitus de meapolliceri.”“Et je lui ai promis ta bienveillance avec autant d’assurance que si je n’avais eu qu’à m’avancer pour mon compte : car Cicéron ne pouvait donner au nom de Trébatius que des espérances, mais il pouvait faire de son chef des promesses positives.”

Polliceri, promettre de plein gré, par un acte de complaisance et de prévenance,ἐπαγγέλλεσθαι;promittere, à la suite d’une demande, par un acte de consentement, avec l’intention de tenir,ὑπισχνεῖσθαι;spondereetdespondere, promettre formellement, à la suite d’unestipulatiopar un engagement qui lie en justice,ἐγγυᾶν;recipere, prendre sur soi et s’engager d’honneur pour tranquilliser une personne qui est dans la peine,ἀναδέχεσθαι. Lepollicensfait des offres agréables ; lepromittensouvre une perspective satisfaisante ; lespondensdonne une garantie judiciaire ; lerecipiensnous ôte nos soucis.Cic.Att. XIII, 1.“Quoniam de æstatepollicerisvel potius recipis.”“Puisque tu t’avances sur ce sujet ou plutôt puisque tu te fais fort”; car lepollicensn’engage que sa bonne volonté, lerecipiensrépond du succès.Sen.Ep. 19.“Jam nonpromittuntde te sedspondent.”“Ils ne se bornent plus à promettre, ils s’engagent pour toi.”Cic.Famm. VII, 5.“Neque minus ei prolixe de tua voluntatepromisiquam eram solitus de meapolliceri.”“Et je lui ai promis ta bienveillance avec autant d’assurance que si je n’avais eu qu’à m’avancer pour mon compte : car Cicéron ne pouvait donner au nom de Trébatius que des espérances, mais il pouvait faire de son chef des promesses positives.”

Porca. Sulcus. Lira.Porca, billon, terre relevée entre deux sillons ;sulcus, creux du sillon, trace faite dans la terre par la charrue ;lira, tantôt l’un, tantôt l’autre.

Porca, billon, terre relevée entre deux sillons ;sulcus, creux du sillon, trace faite dans la terre par la charrue ;lira, tantôt l’un, tantôt l’autre.

Posse. Quire. Valere. Pollere.1.Posseetquiresont originairement transitifs :posse, être apte par vigueur et par force,δύνασθαι;quire, par le concours de toutes les qualités qu’on possède, commeοἷόν τ’ εἶναι.Cic.Tusc. II, 27.“Barbari ferro decertare acerrimepossunt, viriliter ægrotare nonqueunt.”“Les barbares peuvent bien se battre à outrance le fer à la main ; aux prises avec la maladie, ils sont incapables d’être hommes.”Valereetpolleresont neutres, d’oùpossumouqueovincere, maisvaleooupolleoad vincendum.2.Valere, posséder une juste mesure de forces, valoirun autre homme, par opposition à des forces insuffisantes, commeσθένειν;pollere, avoir un excès de forces et de ressources et se distinguer par là de la foule, par opposition à des forces ordinaires, commeἰσχύειν.

1.Posseetquiresont originairement transitifs :posse, être apte par vigueur et par force,δύνασθαι;quire, par le concours de toutes les qualités qu’on possède, commeοἷόν τ’ εἶναι.Cic.Tusc. II, 27.“Barbari ferro decertare acerrimepossunt, viriliter ægrotare nonqueunt.”“Les barbares peuvent bien se battre à outrance le fer à la main ; aux prises avec la maladie, ils sont incapables d’être hommes.”Valereetpolleresont neutres, d’oùpossumouqueovincere, maisvaleooupolleoad vincendum.

2.Valere, posséder une juste mesure de forces, valoirun autre homme, par opposition à des forces insuffisantes, commeσθένειν;pollere, avoir un excès de forces et de ressources et se distinguer par là de la foule, par opposition à des forces ordinaires, commeἰσχύειν.

Potentia. Potentatus. Potestas. Vis. Robur.Potentia,potentatusetpotestas, puissance qui vient du dehors, qui a des hommes pour instruments et pour sujets ;visetrobur, puissance, force intérieure, indépendante du concours et de la bonne volonté d’autrui.Potentia, pouvoir de fait qui se fait sentir à volonté,δύναμις;potentatus, rang du souverain reconnu par le peuple,δυναστεία;potestas, autorité légitime et légalement déférée,ἐξουσία.Tac.Ann. XIII, 19.“Nihil tam fluxum est quam famapotentiænon sua vi nixæ.”“Rien de si fragile que le crédit d’un pouvoir qui n’a point en lui-même les éléments de sa force.”Vis, la force active et agressive, comme faculté de contraindre les autres,ϰράτος;robur, la force au repos, comme faculté de résister et de durer,ῥώμη.

Potentia,potentatusetpotestas, puissance qui vient du dehors, qui a des hommes pour instruments et pour sujets ;visetrobur, puissance, force intérieure, indépendante du concours et de la bonne volonté d’autrui.Potentia, pouvoir de fait qui se fait sentir à volonté,δύναμις;potentatus, rang du souverain reconnu par le peuple,δυναστεία;potestas, autorité légitime et légalement déférée,ἐξουσία.Tac.Ann. XIII, 19.“Nihil tam fluxum est quam famapotentiænon sua vi nixæ.”“Rien de si fragile que le crédit d’un pouvoir qui n’a point en lui-même les éléments de sa force.”Vis, la force active et agressive, comme faculté de contraindre les autres,ϰράτος;robur, la force au repos, comme faculté de résister et de durer,ῥώμη.

Præbere. Exhibere. Præstare. Repræsentare.Præbereetexhibere, aller spontanément au-devant d’un besoin ou d’un désir : lepræbenscède son bien à quelqu’un ; l’exhibensse dessaisit du sien en faveur du public.Præstareetrepræsentare, s’exécuter pour remplir un devoir : lepræstansse libère, pour ainsi dire, d’une dette en se rangeant à son devoir ; lerepræsentansaccomplit une promesse, au lieu de tarder encore à la tenir.

Præbereetexhibere, aller spontanément au-devant d’un besoin ou d’un désir : lepræbenscède son bien à quelqu’un ; l’exhibensse dessaisit du sien en faveur du public.Præstareetrepræsentare, s’exécuter pour remplir un devoir : lepræstansse libère, pour ainsi dire, d’une dette en se rangeant à son devoir ; lerepræsentansaccomplit une promesse, au lieu de tarder encore à la tenir.

Præda. Manubiæ. Spolia. Exuviæ. Rapina. Prædo. Latro. Pirata.1.Prædaetmanubiæ, le butin considéré comme un bien de conquête et comme un profit ;spoliaetexuviæ, considéré en outre comme une marque de victoire et d’honneur.2.Præda, toute espèce de butin ;manubiæ, le butin légitime du soldat, fait à la guerre ;rapina, le butin illégitime duprædo, qui trouble la paix publique, le fruit du vol.3.Prædo, brigand en général, celui qui exerce le brigandage comme un métier,ληστής. C’est le terme générique, par rapport àlatro, le voleur de grands chemins,σίνις, et àpirata, le pirate.Raptor, le ravisseur d’une personne ou d’un objet déterminé,ἁρπαϰτήρ.

1.Prædaetmanubiæ, le butin considéré comme un bien de conquête et comme un profit ;spoliaetexuviæ, considéré en outre comme une marque de victoire et d’honneur.

2.Præda, toute espèce de butin ;manubiæ, le butin légitime du soldat, fait à la guerre ;rapina, le butin illégitime duprædo, qui trouble la paix publique, le fruit du vol.

3.Prædo, brigand en général, celui qui exerce le brigandage comme un métier,ληστής. C’est le terme générique, par rapport àlatro, le voleur de grands chemins,σίνις, et àpirata, le pirate.Raptor, le ravisseur d’une personne ou d’un objet déterminé,ἁρπαϰτήρ.

Præditus. Instructus. Exstructus. Ornatus.1.Prædituss’entend d’une qualité éminente qui est un titre d’honneur ;instructusetexstructus, d’une qualité solide qui rend propre à certains usages. Les deux idées sont réunies dansornatus. L’instrumentumsert, ledecusdonne de l’éclat, l’ornamentumsemble tirer son lustre d’une utilité éminente.Instructussuggérera, par exemple, l’image d’un armement complet qui est un gage de protection et de sécurité ;ornatus, celle d’un armement parfait et imposant. Il faut se placer à un point de vue élevé et viser à l’idéal pour juger l’ornatusindispensable ; c’est du luxe, par rapport aux besoins ordinaires de la vie.Cic.Phil. X, 4.“Græcia copiis noninstructasolum, sed etiamornata.”“La Grèce, qui abonde en ressources solides et même apparentes.”Sen.Tranq. 9.“Sicut plerisque libri non studioruminstrumenta, sed cœnationumornamentasunt.”“Pour beaucoup de gens, une bibliothèque n’est point un instrument d’étude, c’est un décor indispensable dans une salle à manger.”2.Instructusse rapporte à des personnes et à des objets destinés à jouer un rôle offensif ou défensif ;exstructus, à des objets dont la destination est passive, par exemple,instructæ naves, maisexstructæ mensæ. Lesexstructane laissent plus rien à faire ; lesinstructaont reçu un premier achèvement, une préparation complète et n’ont plus qu’à remplir leur destination.3.Instructusse rapporte à la simple possession des moyens ;paratus, au propriétaire de ces moyens, prêt lui-même à en tirer parti.

1.Prædituss’entend d’une qualité éminente qui est un titre d’honneur ;instructusetexstructus, d’une qualité solide qui rend propre à certains usages. Les deux idées sont réunies dansornatus. L’instrumentumsert, ledecusdonne de l’éclat, l’ornamentumsemble tirer son lustre d’une utilité éminente.Instructussuggérera, par exemple, l’image d’un armement complet qui est un gage de protection et de sécurité ;ornatus, celle d’un armement parfait et imposant. Il faut se placer à un point de vue élevé et viser à l’idéal pour juger l’ornatusindispensable ; c’est du luxe, par rapport aux besoins ordinaires de la vie.Cic.Phil. X, 4.“Græcia copiis noninstructasolum, sed etiamornata.”“La Grèce, qui abonde en ressources solides et même apparentes.”Sen.Tranq. 9.“Sicut plerisque libri non studioruminstrumenta, sed cœnationumornamentasunt.”“Pour beaucoup de gens, une bibliothèque n’est point un instrument d’étude, c’est un décor indispensable dans une salle à manger.”

2.Instructusse rapporte à des personnes et à des objets destinés à jouer un rôle offensif ou défensif ;exstructus, à des objets dont la destination est passive, par exemple,instructæ naves, maisexstructæ mensæ. Lesexstructane laissent plus rien à faire ; lesinstructaont reçu un premier achèvement, une préparation complète et n’ont plus qu’à remplir leur destination.

3.Instructusse rapporte à la simple possession des moyens ;paratus, au propriétaire de ces moyens, prêt lui-même à en tirer parti.

Præmium. Pretium. Merces.Præmium, récompense honorable destinée à distinguer celui qui la reçoit, par opposition àpœna,ἆθλον,γέρας;pretiumetmerces, payement destiné à acquitter une dette :pretium, prix d’achat pour une marchandise qu’on nous cède, par opposition àgratia,ὦνος;merces, ce qu’on paye pour tout ce qu’on prend ou tient à louage, hommes et choses,μισθός.

Præmium, récompense honorable destinée à distinguer celui qui la reçoit, par opposition àpœna,ἆθλον,γέρας;pretiumetmerces, payement destiné à acquitter une dette :pretium, prix d’achat pour une marchandise qu’on nous cède, par opposition àgratia,ὦνος;merces, ce qu’on paye pour tout ce qu’on prend ou tient à louage, hommes et choses,μισθός.

Præterea. Insuper. Ultro.Præterea, de plus, marque simplement qu’on ajoute ce qu’il faut pour compléter un compte, commeπρὸς τούτοις;insuper, en sus, par-dessus le marché, qu’on fait mesure comble, commeπροσέτι; enfin,ultro, en outre, que ce qu’on ajoute va fort au delà de ce qu’on avait déjà fait, en sorte que tout ce qui a précédé n’a plus aucune valeur.

Præterea, de plus, marque simplement qu’on ajoute ce qu’il faut pour compléter un compte, commeπρὸς τούτοις;insuper, en sus, par-dessus le marché, qu’on fait mesure comble, commeπροσέτι; enfin,ultro, en outre, que ce qu’on ajoute va fort au delà de ce qu’on avait déjà fait, en sorte que tout ce qui a précédé n’a plus aucune valeur.

Pridem. Diu. Dudum. Diuturnus. Diutinus.1.Pridemmarque un point dans le temps, une époque, comme il y a longtemps ;diuetdudummarquent un espace, une période, comme depuis longtemps :diu, depuis bien des jours, des mois, des années ;dudum, depuis plusieurs minutes ou plusieurs heures.Jam pridem mortuus estveut dire : il est mort il y a très-longtemps, c’est un aoriste ; maisjam diu mortuus est: il est depuis longtemps dans la tombe, c’est un parfait.Cic.Cat. I, 1.“Ad mortem te ducijam pridemoportebat ; in te conferri pestem illam quam tu in nos omnesjam diumachinaris.”“Il y a longtemps que j’aurais dû te faire conduire au supplice et amasser sur ta tête tous les maux que tu nous prépares depuis longtemps.”Tac.Ann. XV, 64.“Seneca Statium Annæumdiusibi amicitiæ fide et arte medicinæ probatum orat, provisumpridemvenenum promeret.”“Sénèque prie Statius Annæus, qui avait depuis longtemps sa confiance comme ami et comme médecin, de lui apporter le poison dont ils étaient autrefois convenus.”2.Diuturnusse dit d’une longue durée, soit indifféremment, comme de quelque chose de long, en général, soit par éloge, comme de quelque chose de durable et de solide, par opposition à ce qui passe vite,χρόνιος;diutinusexprime un blâme et se dit de ce qui pèse ou ennuie, commeαἰανός.Cic.Senect. 19.“Nihil mihidiuturnumvidetur, in quo est aliquid extremum.”“Une durée dont je vois le terme ne me paraît jamais longue.”Comparez avecFamm. XI, 8.“Libertatis desiderio et odiodiutinæservitutis.”“Par regret de la liberté et par haine d’un esclavage prolongé.”

1.Pridemmarque un point dans le temps, une époque, comme il y a longtemps ;diuetdudummarquent un espace, une période, comme depuis longtemps :diu, depuis bien des jours, des mois, des années ;dudum, depuis plusieurs minutes ou plusieurs heures.Jam pridem mortuus estveut dire : il est mort il y a très-longtemps, c’est un aoriste ; maisjam diu mortuus est: il est depuis longtemps dans la tombe, c’est un parfait.Cic.Cat. I, 1.“Ad mortem te ducijam pridemoportebat ; in te conferri pestem illam quam tu in nos omnesjam diumachinaris.”“Il y a longtemps que j’aurais dû te faire conduire au supplice et amasser sur ta tête tous les maux que tu nous prépares depuis longtemps.”Tac.Ann. XV, 64.“Seneca Statium Annæumdiusibi amicitiæ fide et arte medicinæ probatum orat, provisumpridemvenenum promeret.”“Sénèque prie Statius Annæus, qui avait depuis longtemps sa confiance comme ami et comme médecin, de lui apporter le poison dont ils étaient autrefois convenus.”

2.Diuturnusse dit d’une longue durée, soit indifféremment, comme de quelque chose de long, en général, soit par éloge, comme de quelque chose de durable et de solide, par opposition à ce qui passe vite,χρόνιος;diutinusexprime un blâme et se dit de ce qui pèse ou ennuie, commeαἰανός.Cic.Senect. 19.“Nihil mihidiuturnumvidetur, in quo est aliquid extremum.”“Une durée dont je vois le terme ne me paraît jamais longue.”Comparez avecFamm. XI, 8.“Libertatis desiderio et odiodiutinæservitutis.”“Par regret de la liberté et par haine d’un esclavage prolongé.”

Primores. Principes. Proceres. Optimates.Primoresetprincipes, les personnages qui jouent un rôle dans l’État, la classe des citoyens influents et notables, par opposition à la foule :primores, ceux qui sont tout portés à cette hauteur par le privilége de la naissance, de la fortune et du rang ;principes, ceux qui, par leur esprit, leurs talents politiques, leur activité, deviennent orateurs, chefs de parti, et s’élèvent aux premières places parmi lesprimoresmême et dans tout l’État.Proceres, les grands envisagés dans leur condition naturelle, comme noblesse, par opposition au commun du peuple ;optimates, les mêmes grands considérés comme parti politique, comme aristocrates, par opposition aux démocrates.Accius dans Non.“Primores procerumprovocaret nomine.”“Nommer, en les défiant, les premiers personnages de la noblesse.”

Primoresetprincipes, les personnages qui jouent un rôle dans l’État, la classe des citoyens influents et notables, par opposition à la foule :primores, ceux qui sont tout portés à cette hauteur par le privilége de la naissance, de la fortune et du rang ;principes, ceux qui, par leur esprit, leurs talents politiques, leur activité, deviennent orateurs, chefs de parti, et s’élèvent aux premières places parmi lesprimoresmême et dans tout l’État.Proceres, les grands envisagés dans leur condition naturelle, comme noblesse, par opposition au commun du peuple ;optimates, les mêmes grands considérés comme parti politique, comme aristocrates, par opposition aux démocrates.Accius dans Non.“Primores procerumprovocaret nomine.”“Nommer, en les défiant, les premiers personnages de la noblesse.”

Primus. Princeps. Imperator. Cæsar.1.Primus, le premier à paraître dans l’espace ou dans le temps, en sorte que les autres lui succèdent ;princeps, le premier à faire une chose, celui dont les autres suivent l’exemple.2.Princeps, l’empereur investi en matière civile de l’autorité suprême qui lui avait été insensiblement dévolue en sa qualité de prince du sénat,princeps senatus;imperator, l’empereur investi de la plus haute autorité militaire, personne, hors lui et les membres de sa famille, ne pouvant plus être proclaméimperator; enfin,Cæsar, l’empereur, comme membre, et à partir de Galba, comme simple successeur de la famille et de la dynastie de César.

1.Primus, le premier à paraître dans l’espace ou dans le temps, en sorte que les autres lui succèdent ;princeps, le premier à faire une chose, celui dont les autres suivent l’exemple.

2.Princeps, l’empereur investi en matière civile de l’autorité suprême qui lui avait été insensiblement dévolue en sa qualité de prince du sénat,princeps senatus;imperator, l’empereur investi de la plus haute autorité militaire, personne, hors lui et les membres de sa famille, ne pouvant plus être proclaméimperator; enfin,Cæsar, l’empereur, comme membre, et à partir de Galba, comme simple successeur de la famille et de la dynastie de César.

Privus. Proprius. Peculiaris.Privusse dit de la propriété de fait, par opposition à ce que les autres possèdent, àalienus, commeοἰϰεῖος;proprius, de la propriété exclusive, par opposition aux biens de droit commun, àcommunis, commeἴδιος; enfinpeculiaris, des biens qu’on a en propre, par opposition à ceux qu’on partage avec tout le monde, àuniversalis.

Privusse dit de la propriété de fait, par opposition à ce que les autres possèdent, àalienus, commeοἰϰεῖος;proprius, de la propriété exclusive, par opposition aux biens de droit commun, àcommunis, commeἴδιος; enfinpeculiaris, des biens qu’on a en propre, par opposition à ceux qu’on partage avec tout le monde, àuniversalis.

Procul. Longe. Eminus. E longinquo.1.Procul, à une certaine distance qui permet encore de voir les objets, par opposition àjuxta, commeἄποθεν;longe, à une grande distance, hors de la portée de la vue, par opposition àprope, commeτῆλε.2.Eminus, de loin, d’une distance dont la mesure est donnée par la portée des traits ; il est opposé àcominus, commeπόῤῥωθεν;e longinquo, de très-loin, d’une forte distance, par opposition àe propinquo, commeτηλόθεν.

1.Procul, à une certaine distance qui permet encore de voir les objets, par opposition àjuxta, commeἄποθεν;longe, à une grande distance, hors de la portée de la vue, par opposition àprope, commeτῆλε.

2.Eminus, de loin, d’une distance dont la mesure est donnée par la portée des traits ; il est opposé àcominus, commeπόῤῥωθεν;e longinquo, de très-loin, d’une forte distance, par opposition àe propinquo, commeτηλόθεν.

Prodigus. Profusus. Helluo. Nepos.Prodigusetprofususprésentent la dissipation comme un trait de caractère :prodigus, en ce sens qu’on ne connaît pas la valeur de l’argent et du bien, qu’on n’est ni désireux ni capable de les faire valoir parcimonieusement, comme le prodigue ;profusus, en ce sens que rien ne paraît trop cher pour satisfaire des fantaisies, par frivolité, comme le dissipateur.Helluoetneposs’entendent d’un caractère qui se résume tout entier en une seule manie, celle de la dissipation :helluo, le viveur et le libertin émérite ;nepos, le fils de famille qui mange son avoir et celui de ses parents.

Prodigusetprofususprésentent la dissipation comme un trait de caractère :prodigus, en ce sens qu’on ne connaît pas la valeur de l’argent et du bien, qu’on n’est ni désireux ni capable de les faire valoir parcimonieusement, comme le prodigue ;profusus, en ce sens que rien ne paraît trop cher pour satisfaire des fantaisies, par frivolité, comme le dissipateur.Helluoetneposs’entendent d’un caractère qui se résume tout entier en une seule manie, celle de la dissipation :helluo, le viveur et le libertin émérite ;nepos, le fils de famille qui mange son avoir et celui de ses parents.


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