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Culmus. Calamus. Stipula. Spica. Arista. Arundo. Canna.1.Culmus, tige mince et élancée, en particulier celle du blé ;calamus, même tige considérée comme un tuyau, en particulier celle du roseau.2.Culmus, la tige du blé qui supporte l’épi de même que le corps supporte la tête, partie intégrante du tout ;stipula, la tige considérée comme la partie inutile, sans valeur en comparaison de l’épi, le chaume.3.Spica, l’épi plein, le fruit du blé, sans égard à la forme ;arista, l’épi barbu, la pointe ou partie supérieure de la tige, sans égard au contenu, parfois les barbes seules.Quintil.I, 3, 5.“Imitatæspicasherbulæ inanibusaristisante messem flavescunt.”“Mauvaises herbes qui imitent l’épi plein, mais dont la tête barbue est vide et qui jaunissent avant la moisson.”4.Calamus, dans le sens de roseau, est le terme général ;arundo, roseau long et fort ;canna, roseau petit et mince.Colum.IV, 32.“Ea est arundineti senectus, cum ita densatum est, ut gracilis etcannæsimilisarundoprodeat.”“Une plantation de roseaux est vieille lorsqu’elle s’est épaissie au point de ne plus fournir que des roseaux grêles, semblables à ceux de la petite espèce.”Culpa. Noxia. Noxius. Nocens. Sons.1.Culpa, cas de celui qui doit répondre d’un dommage (peccatum,delictum,maleficium,flagitiumounefas) ; ce mot suppose une responsabilité, et par suite un être raisonnable, il est opposé àcasusou ànecessitas;noxia, cas de celui qui a causé un dommage, il peut être imputé à tout être capable d’agir, par opposition àinnocentia.Liv.III, 42, 2.“Illa modo in ducibusculpa, quod ut odio essent civibus fecerant ; alia omnis penes militesnoxiaerat.”“Les chefs n’avaient qu’un tort, qui était de s’être rendus odieux à leurs concitoyens ; tout le mal venait d’ailleurs des soldats.”Cic.Marc. 13.“Etsi aliquaculpatenemur erroris humani, ascelerecerte liberati sumus.”“Et s’il nous reste un tort, c’est d’être tombés dans une erreur familière à l’homme ; quant au crime, nous en sommes certainement débarrassés.”EtOvid.Trist. IV, 1, 23.“Etculpamin facto, nonscelusesse meo.”“Et s’il y a faute dans mon fait, il n’y a point de crime.”Dans ces exemples le terme le plus général pour toute espèce de faute,culpa, se prend particulièrement pour la plus petite de toutes, pour ledelictum.2.Culpaetnoxiasupposent une action dommageable ;vitium, une action ou une qualité blâmable, et même un défaut naturel dont personne ne peut nous faire un crime.3.Nocens,innocensdésignent la culpabilité ou l’innocence dans un cas déterminé, à propos d’une action isolée ; maisnoxiusetinnoxiusainsi que les adjectifs poétiquesnocuusetinnocuusse rapportent à l’être et au caractère en général.Plaut.Capt. III, 5, 7.“Decetinnocentemservum atqueinnoxiumconfidentem esse”; c’est-à-dire“un esclave qui se sait innocent”dans le cas particulier dont il s’agit, et qui en général ne fait rien de mal.4.Noxius, le coupable au sens matériel, comme auteur et cause d’un dommage,ϐλαϐερός;sons, au sens moral et judiciaire, comme condamné ou méritant d’être condamné,θῶος.Culpare, v.Arguere.Cultus, v.Vestis.Cumulus, v.Acervus.Cunæ. Cunabula.Cunæ, le berceau même ;incunabula, la literie et les autres accessoires du berceau.Plaut.Truc. V, 13[1].“Fasciis opus est, pulvinis,cunis,incunabulis.”“Il faut des bandes, des coussins, un berceau, de la literie et du linge.”1Ce qui reste du cinquième acte n’est pas divisé en scènes.Cunctari. Hæsitare. Cessare.Cunctari, hésiter par réflexion,μέλλειν;hæsitare, par défaut de résolution ;cessare, par manque de force et d’énergie,ὀϰνεῖν. Lecunctansremet à commencer ; lecessans, à poursuivre.Cuncti, v.Quisque.Capere, v.Velle.Cupido. Cupiditas. Libido. Voluptas.1.Cupido, le désir qui nous porte vers quelque chose conçu comme un principe d’activité par opposition à la répugnance ;cupiditas, la passion conçue comme un état par opposition au calme de l’âme. Il faut quecupidosoit joint, etcupiditaspeut être joint à un génitif exprimé ou sous-entendu ;cupidose rapporte alors par préférence aux biens ordinaires et à l’argent ;cupiditas, à des biens de toute sorte.Vell.P. II, 33.“Pecuniæcupidine”,“par un vif amour de l’argent”. Et tout à la suite :“interminatam imperiicupiditatem”.“Une passion démesurée d’autorité.”2.Cupidoetcupiditassont opposés au désir modéré ; maislibido, c’est la fantaisie et le caprice par opposition à la volonté raisonnable,ratioouvoluntas.Libidines, les caprices par rapport au défaut d’empire sur soi-même ;voluptates, les plaisirs par opposition aux goûts sérieux ou au chagrin.Tac.H. II, 31.“Minus Vitellii ignarævoluptatesquam Othonis flagrantissimælibidinestimebantur.”“Les plaisirs paresseux de Vitellius paraissaient moins redoutables que les caprices ardents d’Othon.”Cur. Quare.Cursert aussi bien pour de véritables questions que pour des exclamations sous forme de questions ;quarene s’emploie que pour des questions qui exigent une réponse.Cura. Sollicitudo. Angor. Dolor. Ægritudo.Cura,sollicitudoetangor, impression pénible causée par l’idée d’un mal, d’un danger à venir :cura, sous forme de pensée, le souci, la sollicitude,φροντὶς, par opposition àincuria;sollicitudo, sous forme de sentiment, l’inquiétude, l’agitation,μέριμνα, par opposition àsecuritas;angor, sous forme de passion, l’angoisse, l’anxiété, par opposition àsolutus animus.Doloretægritudose rapportent à un mal présent :dolorexprime un désagrément, la douleur, paropposition àgaudium,ἄλγος;ægritudo, une maladie, la tristesse noire,ἀνία, par opposition àalacritas.Cic.Finn. I, 22.“Nec præterea res ulla est, quæ sua natura autsollicitarepossit autangere.”“Et il n’y a rien hors de là qui soit de nature à causer de l’inquiétude ou de l’anxiété.”Accius dansNonius.“Ubicura, ibianxitudo.”“Les soucis ne vont point sans humeur.”Plin.Ep. II, 11.“Cæsar mihi tantum studium, tantam etiamcuram(nimium est diceresollicitudinem) præstitit ut...”“César s’est montré si zélé pour moi, si soucieux même (car, de dire inquiet, ce serait trop) que...”Quintil.VIII, pr. 20.“Curamego verborum, rerum volo essesollicitudinem.”“J’entends que les mots donnent du souci, les choses de l’inquiétude.”Curvus. Uncus. Pandus. Incurvus. Recurvus. Reduncus. Repandus. Aduncus.1.Curvusou en prosecurvatus, terme général pour tout ce qui est courbé, depuis la courbe la plus faible jusqu’à la circonférence parfaite ;uncussuppose une forte courbure qui se rapproche du demi-cercle, comme un crochet ;pandus, une courbure faible qui s’éloigne peu de la ligne droite, comme une échancrure.2. Lescurvaforment une courbe continue ; lesincurvasupposent une ligne droite dont l’extrémité seule dégénère et se termine en courbe, commeἐπιϰαμπὴς, par exemple, le bâton augural ou le corps d’un homme qui se baisse, etc.3.Recurvus,reduncusetrepandusdésignent des courbes tournées en dehors ;aduncus, une courbe tournée en dedans.Plin.H. N. XI, 37.“Cornua aliisadunca, aliisredunca.”“Chez les uns les cornes sont tournées en dedans, chez les autres en dehors.”Cuspis, v.Acies.Custodia. Carcer. Ergastulum.Custodia, lieu quel qu’il soit où sont retenus des prisonniers, fourrière ;carcer, prison bâtie exprès surtout pour les citoyens ;ergastulum, maison de correction pour des esclaves.Cutis, v.Tergus.Cyathus, v.Poculum.Cymba, v.Navigium.DDamnum. Detrimentum. Jactura.Damnum, perte qu’on fait par sa faute par opposition àlucrum;detrimentum, perte qu’on éprouve par opposition àemolumentum; enfinjactura, perte volontaire par laquelle on prétend échapper à une perte ou à un mal plus considérable.Damnumse dit seul d’une amende, tandis que dans la formule :“Videant consules ne quid respublicadetrimenticapiat”, on ne rencontre jamaisdamnum.Dapes, v.Epulæ.Deamare, v.Diligere.Deambulare, v.Ambulare.Debere, v.Necesse est.Decernere, v.Destinare.Declarare, v.Ostendere.Desidia, v.Ignavia.Decipere, v.Fallere.Decorare, v.Comere.Dedecus, v.Ignominia.Dedicare, v.Sacrare.Deesse, v.Abesse.Deducere, v.Comitari.Deformis, v.Teter.Deficere, v.AbesseetTurbæ.Deflere, v.Lacrimare.Degere, v.Agere.Delectatio, v.Oblectatio.Defendere, v.Tueri.De integro, v.Iterum.Delere, v.Abolere.Delibutus. Unctus. Oblitus.Delibutus, mouillé avec un corps gras ; c’est le terme générique par rapport àunctus, oint d’une matière agréable, et àoblitus, enduit d’une matière malpropre.Delictum. Peccatum. Malefactum. Maleficium. Facinus. Flagitium. Scelus. Nefas. Impietas.1.Delictumetpeccatum, transgression légère :delictum, des lois positives, par légèreté ;peccatum, des lois de la nature et de la raison, par sottise.2.Malefactumest un synonyme et une sorte de périphrase des deux mots précédents.Maleficiumetfacinusengagent directement la morale dans la question.Maleficium, tout méfait qui mérite un châtiment, parce qu’il procède d’une mauvaise intention.Facinus, quand on le prend en mauvaise part, c’est, commeδεινόν τι, un forfait qui excite de l’étonnement ou de l’épouvante, à cause du degré extraordinaire d’audace qu’il exigeait.3. Il y a autant de sortes de mauvaises actions que de sortes de devoirs, envers soi-même, envers les autres, envers les dieux.Flagitiumest un manquement contre soi-même, contre son propre honneur, par débauche, inconduite, lâcheté, bref, par des actions qui proviennent de faiblesse morale plutôt que d’une force déréglée, par des manifestations de l’ignavia; c’est une turpitude.Scelusest un manquement contre les autres, contre les droits des particuliers ou la paix de la société, par brigandage, meurtre et surtout par sédition, bref, par des manifestations de lamalitia, un crime.Nefasest un manquement contre les dieux ou la nature, par blasphème, pillage d’un temple, meurtre de parents, trahison envers la patrie, bref, par des manifestations de l’impietas, un sacrilége.Deligere. Eligere.Deligere, faire son choix, ne pas laisser plus longtemps le choix en suspens ;eligere, choisir et ne pas prendre le premier venu.Delirium, v.Amens.Demens, v.Amens.Delubrum, v.Templum.Demere. Adimere. Eximere. Auferre. Eripere. Surripere. Furari.1.Demere,adimereeteximere, enlever sans violence et sans ruse.Demere, séparer une partie d’un tout qui se trouve diminué par là ; il a pour opposéaddereetadjicere;adimere, prendre un bien à un propriétaire qui en devient plus pauvre ; il a pour opposésdareetreddere; enfin,eximere, ôter un mal à une personne qui se sent alors comme allégée d’un fardeau.2.Auferre,eripere,surripereetfurariimpliquent une idée d’arbitraire et d’injustice.Auferreest le terme général ; c’est à peu près prendre.Eripere, prendre par violence, comme arracher ;surripereetfurari, secrètement et par ruse ; maissurripere, par un détournement qui peut avoir pour motif une nécessité de légitime défense et de prudence ;furari, en pratiquant le méprisable métier de voleur.Sen.Prov. 5.“Quid opus fuitauferre? accipere potuistis ; sed ne nunc quidemauferetis, quia nihil eripitur nisi retinenti.”“Où était la nécessité de prendre ? vous n’aviez qu’à ouvrir la main pour recevoir. Et il ne vous sera pas donné de prendre, même à présent, car on n’arrache rien qu’à celui qui veut garder.”Cic.Verr. I, 4, 60.“Si quis clamsurripiatauteripiatpalam atqueauferat.”“Qu’on dérobe secrètement ou qu’on arrache ouvertement et qu’on prenne.”Et II, 1, 13.“Nonfuremsedereptorem.”“Ce n’est pas un voleur, mais un ravisseur.”Demoliri, v.Destruere.Denegare, v.Negare.Denuo, v.Iterum.Demori, v.Mors.Densus, v.Angustus.Deplorare, v.Lacrimare.Depravare. Corrumpere.Depravare, terme relatif, gâter, mais de manière qu’on puisse encore réparer le mal ; il se dira de ce qui a pris un mauvais pli ;corrumpere, terme absolu, abîmer, mettre hors d’usage, en sorte qu’il n’y ait plus de remède ; il se dira de ce qui est brisé.Deridere, v.Ridere.Desciscere, v.Turbæ.Desertum, v.Solitudo.Deserere, v.Relinquere.Desiderare, v.Requirere.Desinere. Desistere.Desineremarque un fait et se dit des personnes, des choses et des actions, comme cesser ;desisteremarque un acte de volonté dont les personnes seules sont capables, comme renoncer.Desolatus, v.Relinquere.Despicere, v.Spernere.Desperare, v.Exspes.Destinare. Obstinare. Decernere. Statuere. Constituere.1.Destinareetobstinareprésentent une résolution à laquelle on s’arrête, comme un acte psychologique ;decernereetstatuere, comme un acte politique.2.Destinare, prendre un parti décisif dont les conséquences sont prévues ;obstinare, prendre une résolution irrévocable dans laquelle on persiste avec opiniâtreté ou entêtement.3.Decerneredésigne comme conclure le résultat définitif d’une délibération en forme ou pour le moins d’un examen conduit avec la gravité qui préside à une discussion entre collègues ;statueremarque comme résoudre le terme d’une situation incertaine, et on emploie dans le même casconstituere, quand le sujet ou le régime de l’action est au pluriel.Cic.Fr. Tull.[1]“Hoc judicium sic exspectatur, ut nonunæreistatui, sed omnibusconstituiputetur.”“Ce qu’on attend de ce jugement, ce n’est pas tant une décision sur un intérêt particulier qu’un règlement sur un intérêt général.”1Tome XXXVI, p. 269, §9 dans le Cicéron de la collection Panckoucke.Destinatio, v.Pervicacia.Destituere, v.Relinquere.Destruere. Demoliri.Destruere, abattre une œuvre d’art ;demoliri, une construction solide.Deterior. Pejor.Deteriorse dit, commeχείρων, de celui qui est inférieur aux autres, qui est moins estimable ;pejor, commeϰαϰίωνet pire, de celui qui est plus corrompu, plus dangereux. On trouve dansSall.Or. Phil. 3.“Æmilius omnium flagitiorum postremus, quipejoranignaviorsit deliberari non potest.”“Æmilius, le dernier de tous les misérables. Est-il plus méchant que lâche ou plus lâche que méchant ? c’est ce qu’il est impossible de décider.”Et dans ce passagedeteriorne formerait pas un contraste avecignavior. Catulle emploie, en badinant, le superlatifpessimi, qui contient l’idée d’une certaine énergie ;deterrimus, pitoyable ou chétif, ne se dit jamais par plaisanterie.Detestari, v.Abominari.Detrectatio, v.Invidia.Deus, v.Numen.Detinere, v.Manere.Detrimentum, v.Damnum.Deversorium. Hospitium. Caupona. Taberna. Popina. Ganeum.Deversorium, tout quartier où l’on descend tant que dure un voyage, dans une propriété à soi, chez des amis, chez des hôteliers ;hospitium, l’asile qu’on trouve chez un ami avec lequel on est en relation d’hospitalité ;caupona, l’auberge ; tous ces lieux fournissent le logement comme des hôtelleries. Lestabernæ,popinæ,ganeane fournissent que la pension, comme les restaurants : lestabernæ, pour les gens du commun, comme les cabarets ; lespopinæ, pour les gens du grand monde et les gastronomes, comme certaines maisons de traiteurs ; lesganea, pour ces deux sortes de gens et en outre pour les voluptueux.Devincire, v.Ligare.Dicare, v.Sacrare.Dicacitas, v.Lepidus.Dicere. Aio. Inquam. Asseverare. Affirmare. Contendere. Fari. Fabulari.1.Dicere, parler pour instruire ; il se rapporte à celui qui écoute, par opposition àtacere, comme le neutreloquietλέγειν;aio, parler pour affirmer ; il se rapporte à celui qui parle, par opposition ànego, commeφημί.2.Aitse joint au discours indirect et régit un infinitif ;inquit, au discours direct ; il amène un indicatif, un impératif ou un subjonctif.3.Aiomarque la simple affirmation d’une proposition qu’on se borne à énoncer ;asseverare,affirmare,contendere, marquent une affirmation énergique ;asseverare, c’est affirmer sérieusement, par opposition à une affirmation plaisante ou légère, àjocari;affirmare, affirmer en garantissant la certitude, par opposition au doute et aux rumeurs, àdubitare;contendere, affirmer en dépit des contradicteurs et soutenir son opinion envers et contre tous, par opposition à céder et à renoncer.4.Dicere, dire, sans idée accessoire ;loqui, pris comme verbe actif, contient une idée accessoire de mépris : ce qu’on dit n’est que vains propos.Cic.Att. XIV, 4.“Horribile est quæloquantur, quæ minitentur.”“Leurs propos, leurs menaces font horreur.”5.Loqui, pris comme verbe intransitif, parler en général ;fabulari, parler sans façon ou du moins sans gêne, pour passer le temps, sans donner une grande attention au fond ou à la gravité du discours, causer,λαλεῖν; enfin,dicere, pris comme verbe neutre, parler avec art, en s’étudiant, particulièrement à la tribune,λέγειν.Liv.XLV, 39.“Tu, centurio, miles, quid de imperatore Paulo senatus decreverit potius quam quid Sergio Galbafabuletur, audi, et hocdicereme potius quam illum audi ; ille nihil præterquamloqui, et id ipsum maledice et maligne didicit.”“Centurions et soldats, prêtez l’oreille au décret du sénat sur la victoire de votre général plutôt qu’aux déclamations mensongères de Galba. Prêtez l’oreille à mon langage plutôt qu’au sien. C’est un homme qui n’a rien étudié, hors l’art de parler, et encore pour insulter et pour nuire.”Cic.Brut. 58.“Scipio sane mihi bene etloquividetur etdicere.”“Il me semble que Scipion brille également dans le langage ordinaire et dans le langage étudié.”Orat. III, 10.“Neque enim conamur docere eumdicerequiloquinesciat.”“Nous n’entreprenons point d’enseigner l’art de la parole à celui qui ne sait pas ce que c’est que parler.”Suet.Claud. 4.“Qui tamἀσαῶςloquatur, quî possit quum declamatσαφῶςdicerequæ dicenda sunt, non video.”C“omment, avec une parole aussi confuse, on pourrait, parlant en public, dire clairement ce qu’il faut dire, c’est ce que je ne vois pas.”6.Fariprésente la parole comme le simple usage mécanique des organes de la voix pour former des sons et des mots articulés, par opposition àinfantem esse;loqui, comme le moyen d’exprimer ses pensées, par opposition àtacere. Et commefaripeut se réduire à prononcer des paroles isolées, on y rattache aisément l’idée d’un laconisme extraordinaire, imposant, digne d’un oracle, comme dans les arrêts du destin,fati, tandis queloquifait songer aux discours ordinaires des hommes qui dégénèrent souvent en loquacité,loquacitas.Dicterium, v.Verbum.Dicto audientem esse, v.Parere.Dies. Tempus. Tempestas. Die. Interdiu.1.Dies, le temps envisagé dans sa nature purement abstraite, comme simple extension et simple progression ;tempusettempestas, le temps de la météorologie et de l’astronomie, latempérature, les rapports de la durée.Tempusmarque plutôt un simple point, un moment, une époque ;tempestas, tout un espace, une période.Dies docebita trait à un long espace de temps qui doit s’écouler avant que nous soyons instruits, commeχρόνος;tempus docebit, au moment favorable qui nous instruira, commeϰαιρός.2.Die, par jour, chaque jour, par opposition à l’heure et à l’année ;interdiuetdiu, de jour, par opposition ànoctu; maisinterdiuse prend dans toute sorte de circonstances ;diuest toujours joint ànoctuque.Cic.Att. XIII, 28.“Credibile non est quantum scribamdie.”“Vous auriez peine à croire combien j’écris chaque jour.”Cels.Med. I, 3.“Qui semel et qui bisdiecibum... assumit.”“Celui qui mange une fois et celui qui mange deux fois par jour.”Tac.H. II., 5.“Noctudiuque.”“Nuit et jour.”Dies festi, v.Solemnia.Differre. Proferre. Procrastinare. Prorogare.1.Differremarque le renvoi à un autre temps considéré par son côté négatif : loin de faire la chose présentement, on la laisse là ;proferreetprocrastinaremarquent le délai pris par le côté positif : la chose aura lieu dans un temps à venir ; une autre fois, sans dire quand, si l’on se sert deproferre; dans un avenir très-rapproché, si l’on se sert deprocrastinare.2.Differre, etc., se disent d’une action qu’on tarde å commencer ;prorogare, d’un état auquel on tarde à mettre fin, comme prolonger.Difficilis, v.ArduusetAusterus.Digladiari, v.Pugnare.Diligentia, v.Opera.Dignum esse, v.Merere.Diligere. Amare. Deamare. Adamare. Caritas. Amor.pietas.1.Diligere, c’est l’amour qui naît de l’estime, le résultat de nos réflexions sur le mérite de l’objet aimé, commeφιλεῖν;amare, c’est l’amour par inclination, celui qui a son origine dans le sentiment, qui est involontaire ou même irrésistible, commeἐρᾷν,ἔρασθαι.Diligeredésigne l’amour pur, dégagé du joug des sens et de l’égoïsme, calme et paisible :amare, l’amour ardent qui confine à la passion, qu’il soit d’ailleurs sensuel ou platonique.Cic.Att. XIV, 17.“Tantum accessit ut mihi nunc deniqueamarevidear, antedilexisse.”“Il me semble, tant mon amour a grandi, qu’il ne mérite ce nom que d’aujourd’hui et que je n’avais auparavant que de l’affection.”2.Amare, aimer en général ;deamare, verbe augmentatif, aimer à en mourir, commeamore deperire; etadamare, verbe inchoatif, commencer à aimer.3.Caritas, entendu de l’effet qu’on produit, c’est l’affection que les autres ont pour nous. C’est une sorte de substantif à sens neutre par rapport au substantif à sens actif,amor, le penchant que nous éprouvons pour un autre ; d’où viennent ces constructions :caritasapud aliquem; maisamorerga aliquem.4.Caritas, entendu de l’effet qu’on ressent, tout amour qui tourne à la tendresse, particulièrement celui des parents pour les enfants, sans aucun mélange de sensualité, il ne se dit que des personnes, commeἀγάπηouστοργή;amor, l’amour ardent et passionné pour des personnes ou des choses, commeἔρως; enfin,pietas, c’est l’amour instinctif pour des personnes et des choses que les liens sacrés de la nature nous obligent à aimer, dieux, parents, patrie, bienfaiteurs. Lacaritasse complaît dans l’objet aimé, se réjouit de le posséder et se manifeste par des prévenances et des sacrifices ; l’amorvise à réduire toujours davantage le même objet en son pouvoir ; il estdifficile à satisfaire ; lapietasse laisse aller à un penchant naturel et à un sentiment religieux.Diluculum, v.Mane.Dimicare, v.Pugnare.Dirimere, v.Dividere.Dimetari,dimetiri, v.Metiri.Dimittere, v.Mittere.Diripere, v.Vastare.Dirus, v.Atrox.Disceptatio. Litigatio. Controversia. Contentio. Altercatio. Jurgium. Rixa.1.Disceptatio,litigatioetcontroversia, différends susceptibles d’être terminés à l’amiable et par des voies régulières ;contentio,altercatioetjurgium, différends entachés de passion et de violence, mais qui se passent néanmoins en paroles ;rixæ, différends qui se traduisent ou menacent de se traduire en voies de fait, comme les querelles et les batteries, et qui tiennent le milieu entrejurgiumetpugna.Liv.XXXV, 17.“Exdisceptationealtercationemfecerunt.”“La dispute dégénéra en altercation.”Tac.H. I, 64.“Jurgiaprimum, moxrixæinter Batavos et legionarios.”“Il y eut d’abord de gros mots, puis des rixes entre les Bataves et les légionnaires.”Dial. 26.“Cassius Severus non pugnat, sedrixatur.”“Cassius Sévérus cherche des rixes, sinon des batailles.”2. Il y a lutte,controversia, entre deux partis dès qu’ils sont opposés l’un à l’autre ; débat,disceptatio, dès qu’ils s’engagent dans une dispute sous prétexte de rechercher la vérité ou de démêler le droit sans avoir dans le principe des intentions hostiles ; contestation,litigatio, dès qu’ils s’inspirent d’un esprit d’hostilité et d’intérêt personnel.3. Lacontentioveut absolument avoir raison et atteindre son but en mettant toutes ses forces en jeu dans quelque intention que ce soit ; l’altercatioou échange de paroles ne veut pas demeurer en reste de propos avec sonadversaire, elle veut avoir le dernier mot ; lejurgiumn’écoute rien et décharge sa mauvaise humeur par des paroles dures. Lacontentiooffre une image sérieuse, celle d’un effort vigoureux ; l’altercatio, l’image comique de personnes qui s’échauffent à la manière des femmes ; lejurgium, l’image repoussante de la colère brutale.Discernere. Distinguere.Discernere, discerner, diviser conformément à des notions acquises ;distinguere, distinguer par des signes et des marques.Disciplinæ, v.Litteræ.Discrimen, v.Tentare.

Culmus. Calamus. Stipula. Spica. Arista. Arundo. Canna.1.Culmus, tige mince et élancée, en particulier celle du blé ;calamus, même tige considérée comme un tuyau, en particulier celle du roseau.2.Culmus, la tige du blé qui supporte l’épi de même que le corps supporte la tête, partie intégrante du tout ;stipula, la tige considérée comme la partie inutile, sans valeur en comparaison de l’épi, le chaume.3.Spica, l’épi plein, le fruit du blé, sans égard à la forme ;arista, l’épi barbu, la pointe ou partie supérieure de la tige, sans égard au contenu, parfois les barbes seules.Quintil.I, 3, 5.“Imitatæspicasherbulæ inanibusaristisante messem flavescunt.”“Mauvaises herbes qui imitent l’épi plein, mais dont la tête barbue est vide et qui jaunissent avant la moisson.”4.Calamus, dans le sens de roseau, est le terme général ;arundo, roseau long et fort ;canna, roseau petit et mince.Colum.IV, 32.“Ea est arundineti senectus, cum ita densatum est, ut gracilis etcannæsimilisarundoprodeat.”“Une plantation de roseaux est vieille lorsqu’elle s’est épaissie au point de ne plus fournir que des roseaux grêles, semblables à ceux de la petite espèce.”

1.Culmus, tige mince et élancée, en particulier celle du blé ;calamus, même tige considérée comme un tuyau, en particulier celle du roseau.

2.Culmus, la tige du blé qui supporte l’épi de même que le corps supporte la tête, partie intégrante du tout ;stipula, la tige considérée comme la partie inutile, sans valeur en comparaison de l’épi, le chaume.

3.Spica, l’épi plein, le fruit du blé, sans égard à la forme ;arista, l’épi barbu, la pointe ou partie supérieure de la tige, sans égard au contenu, parfois les barbes seules.Quintil.I, 3, 5.“Imitatæspicasherbulæ inanibusaristisante messem flavescunt.”“Mauvaises herbes qui imitent l’épi plein, mais dont la tête barbue est vide et qui jaunissent avant la moisson.”

4.Calamus, dans le sens de roseau, est le terme général ;arundo, roseau long et fort ;canna, roseau petit et mince.Colum.IV, 32.“Ea est arundineti senectus, cum ita densatum est, ut gracilis etcannæsimilisarundoprodeat.”“Une plantation de roseaux est vieille lorsqu’elle s’est épaissie au point de ne plus fournir que des roseaux grêles, semblables à ceux de la petite espèce.”

Culpa. Noxia. Noxius. Nocens. Sons.1.Culpa, cas de celui qui doit répondre d’un dommage (peccatum,delictum,maleficium,flagitiumounefas) ; ce mot suppose une responsabilité, et par suite un être raisonnable, il est opposé àcasusou ànecessitas;noxia, cas de celui qui a causé un dommage, il peut être imputé à tout être capable d’agir, par opposition àinnocentia.Liv.III, 42, 2.“Illa modo in ducibusculpa, quod ut odio essent civibus fecerant ; alia omnis penes militesnoxiaerat.”“Les chefs n’avaient qu’un tort, qui était de s’être rendus odieux à leurs concitoyens ; tout le mal venait d’ailleurs des soldats.”Cic.Marc. 13.“Etsi aliquaculpatenemur erroris humani, ascelerecerte liberati sumus.”“Et s’il nous reste un tort, c’est d’être tombés dans une erreur familière à l’homme ; quant au crime, nous en sommes certainement débarrassés.”EtOvid.Trist. IV, 1, 23.“Etculpamin facto, nonscelusesse meo.”“Et s’il y a faute dans mon fait, il n’y a point de crime.”Dans ces exemples le terme le plus général pour toute espèce de faute,culpa, se prend particulièrement pour la plus petite de toutes, pour ledelictum.2.Culpaetnoxiasupposent une action dommageable ;vitium, une action ou une qualité blâmable, et même un défaut naturel dont personne ne peut nous faire un crime.3.Nocens,innocensdésignent la culpabilité ou l’innocence dans un cas déterminé, à propos d’une action isolée ; maisnoxiusetinnoxiusainsi que les adjectifs poétiquesnocuusetinnocuusse rapportent à l’être et au caractère en général.Plaut.Capt. III, 5, 7.“Decetinnocentemservum atqueinnoxiumconfidentem esse”; c’est-à-dire“un esclave qui se sait innocent”dans le cas particulier dont il s’agit, et qui en général ne fait rien de mal.4.Noxius, le coupable au sens matériel, comme auteur et cause d’un dommage,ϐλαϐερός;sons, au sens moral et judiciaire, comme condamné ou méritant d’être condamné,θῶος.

1.Culpa, cas de celui qui doit répondre d’un dommage (peccatum,delictum,maleficium,flagitiumounefas) ; ce mot suppose une responsabilité, et par suite un être raisonnable, il est opposé àcasusou ànecessitas;noxia, cas de celui qui a causé un dommage, il peut être imputé à tout être capable d’agir, par opposition àinnocentia.Liv.III, 42, 2.“Illa modo in ducibusculpa, quod ut odio essent civibus fecerant ; alia omnis penes militesnoxiaerat.”“Les chefs n’avaient qu’un tort, qui était de s’être rendus odieux à leurs concitoyens ; tout le mal venait d’ailleurs des soldats.”Cic.Marc. 13.“Etsi aliquaculpatenemur erroris humani, ascelerecerte liberati sumus.”“Et s’il nous reste un tort, c’est d’être tombés dans une erreur familière à l’homme ; quant au crime, nous en sommes certainement débarrassés.”EtOvid.Trist. IV, 1, 23.“Etculpamin facto, nonscelusesse meo.”“Et s’il y a faute dans mon fait, il n’y a point de crime.”Dans ces exemples le terme le plus général pour toute espèce de faute,culpa, se prend particulièrement pour la plus petite de toutes, pour ledelictum.

2.Culpaetnoxiasupposent une action dommageable ;vitium, une action ou une qualité blâmable, et même un défaut naturel dont personne ne peut nous faire un crime.

3.Nocens,innocensdésignent la culpabilité ou l’innocence dans un cas déterminé, à propos d’une action isolée ; maisnoxiusetinnoxiusainsi que les adjectifs poétiquesnocuusetinnocuusse rapportent à l’être et au caractère en général.Plaut.Capt. III, 5, 7.“Decetinnocentemservum atqueinnoxiumconfidentem esse”; c’est-à-dire“un esclave qui se sait innocent”dans le cas particulier dont il s’agit, et qui en général ne fait rien de mal.

4.Noxius, le coupable au sens matériel, comme auteur et cause d’un dommage,ϐλαϐερός;sons, au sens moral et judiciaire, comme condamné ou méritant d’être condamné,θῶος.

Cunæ. Cunabula.Cunæ, le berceau même ;incunabula, la literie et les autres accessoires du berceau.Plaut.Truc. V, 13[1].“Fasciis opus est, pulvinis,cunis,incunabulis.”“Il faut des bandes, des coussins, un berceau, de la literie et du linge.”1Ce qui reste du cinquième acte n’est pas divisé en scènes.

Cunæ, le berceau même ;incunabula, la literie et les autres accessoires du berceau.Plaut.Truc. V, 13[1].“Fasciis opus est, pulvinis,cunis,incunabulis.”“Il faut des bandes, des coussins, un berceau, de la literie et du linge.”

Cunctari. Hæsitare. Cessare.Cunctari, hésiter par réflexion,μέλλειν;hæsitare, par défaut de résolution ;cessare, par manque de force et d’énergie,ὀϰνεῖν. Lecunctansremet à commencer ; lecessans, à poursuivre.

Cunctari, hésiter par réflexion,μέλλειν;hæsitare, par défaut de résolution ;cessare, par manque de force et d’énergie,ὀϰνεῖν. Lecunctansremet à commencer ; lecessans, à poursuivre.

Cupido. Cupiditas. Libido. Voluptas.1.Cupido, le désir qui nous porte vers quelque chose conçu comme un principe d’activité par opposition à la répugnance ;cupiditas, la passion conçue comme un état par opposition au calme de l’âme. Il faut quecupidosoit joint, etcupiditaspeut être joint à un génitif exprimé ou sous-entendu ;cupidose rapporte alors par préférence aux biens ordinaires et à l’argent ;cupiditas, à des biens de toute sorte.Vell.P. II, 33.“Pecuniæcupidine”,“par un vif amour de l’argent”. Et tout à la suite :“interminatam imperiicupiditatem”.“Une passion démesurée d’autorité.”2.Cupidoetcupiditassont opposés au désir modéré ; maislibido, c’est la fantaisie et le caprice par opposition à la volonté raisonnable,ratioouvoluntas.Libidines, les caprices par rapport au défaut d’empire sur soi-même ;voluptates, les plaisirs par opposition aux goûts sérieux ou au chagrin.Tac.H. II, 31.“Minus Vitellii ignarævoluptatesquam Othonis flagrantissimælibidinestimebantur.”“Les plaisirs paresseux de Vitellius paraissaient moins redoutables que les caprices ardents d’Othon.”

1.Cupido, le désir qui nous porte vers quelque chose conçu comme un principe d’activité par opposition à la répugnance ;cupiditas, la passion conçue comme un état par opposition au calme de l’âme. Il faut quecupidosoit joint, etcupiditaspeut être joint à un génitif exprimé ou sous-entendu ;cupidose rapporte alors par préférence aux biens ordinaires et à l’argent ;cupiditas, à des biens de toute sorte.Vell.P. II, 33.“Pecuniæcupidine”,“par un vif amour de l’argent”. Et tout à la suite :“interminatam imperiicupiditatem”.“Une passion démesurée d’autorité.”

2.Cupidoetcupiditassont opposés au désir modéré ; maislibido, c’est la fantaisie et le caprice par opposition à la volonté raisonnable,ratioouvoluntas.Libidines, les caprices par rapport au défaut d’empire sur soi-même ;voluptates, les plaisirs par opposition aux goûts sérieux ou au chagrin.Tac.H. II, 31.“Minus Vitellii ignarævoluptatesquam Othonis flagrantissimælibidinestimebantur.”“Les plaisirs paresseux de Vitellius paraissaient moins redoutables que les caprices ardents d’Othon.”

Cur. Quare.Cursert aussi bien pour de véritables questions que pour des exclamations sous forme de questions ;quarene s’emploie que pour des questions qui exigent une réponse.

Cursert aussi bien pour de véritables questions que pour des exclamations sous forme de questions ;quarene s’emploie que pour des questions qui exigent une réponse.

Cura. Sollicitudo. Angor. Dolor. Ægritudo.Cura,sollicitudoetangor, impression pénible causée par l’idée d’un mal, d’un danger à venir :cura, sous forme de pensée, le souci, la sollicitude,φροντὶς, par opposition àincuria;sollicitudo, sous forme de sentiment, l’inquiétude, l’agitation,μέριμνα, par opposition àsecuritas;angor, sous forme de passion, l’angoisse, l’anxiété, par opposition àsolutus animus.Doloretægritudose rapportent à un mal présent :dolorexprime un désagrément, la douleur, paropposition àgaudium,ἄλγος;ægritudo, une maladie, la tristesse noire,ἀνία, par opposition àalacritas.Cic.Finn. I, 22.“Nec præterea res ulla est, quæ sua natura autsollicitarepossit autangere.”“Et il n’y a rien hors de là qui soit de nature à causer de l’inquiétude ou de l’anxiété.”Accius dansNonius.“Ubicura, ibianxitudo.”“Les soucis ne vont point sans humeur.”Plin.Ep. II, 11.“Cæsar mihi tantum studium, tantam etiamcuram(nimium est diceresollicitudinem) præstitit ut...”“César s’est montré si zélé pour moi, si soucieux même (car, de dire inquiet, ce serait trop) que...”Quintil.VIII, pr. 20.“Curamego verborum, rerum volo essesollicitudinem.”“J’entends que les mots donnent du souci, les choses de l’inquiétude.”

Cura,sollicitudoetangor, impression pénible causée par l’idée d’un mal, d’un danger à venir :cura, sous forme de pensée, le souci, la sollicitude,φροντὶς, par opposition àincuria;sollicitudo, sous forme de sentiment, l’inquiétude, l’agitation,μέριμνα, par opposition àsecuritas;angor, sous forme de passion, l’angoisse, l’anxiété, par opposition àsolutus animus.Doloretægritudose rapportent à un mal présent :dolorexprime un désagrément, la douleur, paropposition àgaudium,ἄλγος;ægritudo, une maladie, la tristesse noire,ἀνία, par opposition àalacritas.Cic.Finn. I, 22.“Nec præterea res ulla est, quæ sua natura autsollicitarepossit autangere.”“Et il n’y a rien hors de là qui soit de nature à causer de l’inquiétude ou de l’anxiété.”Accius dansNonius.“Ubicura, ibianxitudo.”“Les soucis ne vont point sans humeur.”Plin.Ep. II, 11.“Cæsar mihi tantum studium, tantam etiamcuram(nimium est diceresollicitudinem) præstitit ut...”“César s’est montré si zélé pour moi, si soucieux même (car, de dire inquiet, ce serait trop) que...”Quintil.VIII, pr. 20.“Curamego verborum, rerum volo essesollicitudinem.”“J’entends que les mots donnent du souci, les choses de l’inquiétude.”

Curvus. Uncus. Pandus. Incurvus. Recurvus. Reduncus. Repandus. Aduncus.1.Curvusou en prosecurvatus, terme général pour tout ce qui est courbé, depuis la courbe la plus faible jusqu’à la circonférence parfaite ;uncussuppose une forte courbure qui se rapproche du demi-cercle, comme un crochet ;pandus, une courbure faible qui s’éloigne peu de la ligne droite, comme une échancrure.2. Lescurvaforment une courbe continue ; lesincurvasupposent une ligne droite dont l’extrémité seule dégénère et se termine en courbe, commeἐπιϰαμπὴς, par exemple, le bâton augural ou le corps d’un homme qui se baisse, etc.3.Recurvus,reduncusetrepandusdésignent des courbes tournées en dehors ;aduncus, une courbe tournée en dedans.Plin.H. N. XI, 37.“Cornua aliisadunca, aliisredunca.”“Chez les uns les cornes sont tournées en dedans, chez les autres en dehors.”

1.Curvusou en prosecurvatus, terme général pour tout ce qui est courbé, depuis la courbe la plus faible jusqu’à la circonférence parfaite ;uncussuppose une forte courbure qui se rapproche du demi-cercle, comme un crochet ;pandus, une courbure faible qui s’éloigne peu de la ligne droite, comme une échancrure.

2. Lescurvaforment une courbe continue ; lesincurvasupposent une ligne droite dont l’extrémité seule dégénère et se termine en courbe, commeἐπιϰαμπὴς, par exemple, le bâton augural ou le corps d’un homme qui se baisse, etc.

3.Recurvus,reduncusetrepandusdésignent des courbes tournées en dehors ;aduncus, une courbe tournée en dedans.Plin.H. N. XI, 37.“Cornua aliisadunca, aliisredunca.”“Chez les uns les cornes sont tournées en dedans, chez les autres en dehors.”

Custodia. Carcer. Ergastulum.Custodia, lieu quel qu’il soit où sont retenus des prisonniers, fourrière ;carcer, prison bâtie exprès surtout pour les citoyens ;ergastulum, maison de correction pour des esclaves.

Custodia, lieu quel qu’il soit où sont retenus des prisonniers, fourrière ;carcer, prison bâtie exprès surtout pour les citoyens ;ergastulum, maison de correction pour des esclaves.

Damnum. Detrimentum. Jactura.Damnum, perte qu’on fait par sa faute par opposition àlucrum;detrimentum, perte qu’on éprouve par opposition àemolumentum; enfinjactura, perte volontaire par laquelle on prétend échapper à une perte ou à un mal plus considérable.Damnumse dit seul d’une amende, tandis que dans la formule :“Videant consules ne quid respublicadetrimenticapiat”, on ne rencontre jamaisdamnum.

Damnum, perte qu’on fait par sa faute par opposition àlucrum;detrimentum, perte qu’on éprouve par opposition àemolumentum; enfinjactura, perte volontaire par laquelle on prétend échapper à une perte ou à un mal plus considérable.Damnumse dit seul d’une amende, tandis que dans la formule :“Videant consules ne quid respublicadetrimenticapiat”, on ne rencontre jamaisdamnum.

Delibutus. Unctus. Oblitus.Delibutus, mouillé avec un corps gras ; c’est le terme générique par rapport àunctus, oint d’une matière agréable, et àoblitus, enduit d’une matière malpropre.

Delibutus, mouillé avec un corps gras ; c’est le terme générique par rapport àunctus, oint d’une matière agréable, et àoblitus, enduit d’une matière malpropre.

Delictum. Peccatum. Malefactum. Maleficium. Facinus. Flagitium. Scelus. Nefas. Impietas.1.Delictumetpeccatum, transgression légère :delictum, des lois positives, par légèreté ;peccatum, des lois de la nature et de la raison, par sottise.2.Malefactumest un synonyme et une sorte de périphrase des deux mots précédents.Maleficiumetfacinusengagent directement la morale dans la question.Maleficium, tout méfait qui mérite un châtiment, parce qu’il procède d’une mauvaise intention.Facinus, quand on le prend en mauvaise part, c’est, commeδεινόν τι, un forfait qui excite de l’étonnement ou de l’épouvante, à cause du degré extraordinaire d’audace qu’il exigeait.3. Il y a autant de sortes de mauvaises actions que de sortes de devoirs, envers soi-même, envers les autres, envers les dieux.Flagitiumest un manquement contre soi-même, contre son propre honneur, par débauche, inconduite, lâcheté, bref, par des actions qui proviennent de faiblesse morale plutôt que d’une force déréglée, par des manifestations de l’ignavia; c’est une turpitude.Scelusest un manquement contre les autres, contre les droits des particuliers ou la paix de la société, par brigandage, meurtre et surtout par sédition, bref, par des manifestations de lamalitia, un crime.Nefasest un manquement contre les dieux ou la nature, par blasphème, pillage d’un temple, meurtre de parents, trahison envers la patrie, bref, par des manifestations de l’impietas, un sacrilége.

1.Delictumetpeccatum, transgression légère :delictum, des lois positives, par légèreté ;peccatum, des lois de la nature et de la raison, par sottise.

2.Malefactumest un synonyme et une sorte de périphrase des deux mots précédents.Maleficiumetfacinusengagent directement la morale dans la question.Maleficium, tout méfait qui mérite un châtiment, parce qu’il procède d’une mauvaise intention.Facinus, quand on le prend en mauvaise part, c’est, commeδεινόν τι, un forfait qui excite de l’étonnement ou de l’épouvante, à cause du degré extraordinaire d’audace qu’il exigeait.

3. Il y a autant de sortes de mauvaises actions que de sortes de devoirs, envers soi-même, envers les autres, envers les dieux.Flagitiumest un manquement contre soi-même, contre son propre honneur, par débauche, inconduite, lâcheté, bref, par des actions qui proviennent de faiblesse morale plutôt que d’une force déréglée, par des manifestations de l’ignavia; c’est une turpitude.Scelusest un manquement contre les autres, contre les droits des particuliers ou la paix de la société, par brigandage, meurtre et surtout par sédition, bref, par des manifestations de lamalitia, un crime.Nefasest un manquement contre les dieux ou la nature, par blasphème, pillage d’un temple, meurtre de parents, trahison envers la patrie, bref, par des manifestations de l’impietas, un sacrilége.

Deligere. Eligere.Deligere, faire son choix, ne pas laisser plus longtemps le choix en suspens ;eligere, choisir et ne pas prendre le premier venu.

Deligere, faire son choix, ne pas laisser plus longtemps le choix en suspens ;eligere, choisir et ne pas prendre le premier venu.

Demere. Adimere. Eximere. Auferre. Eripere. Surripere. Furari.1.Demere,adimereeteximere, enlever sans violence et sans ruse.Demere, séparer une partie d’un tout qui se trouve diminué par là ; il a pour opposéaddereetadjicere;adimere, prendre un bien à un propriétaire qui en devient plus pauvre ; il a pour opposésdareetreddere; enfin,eximere, ôter un mal à une personne qui se sent alors comme allégée d’un fardeau.2.Auferre,eripere,surripereetfurariimpliquent une idée d’arbitraire et d’injustice.Auferreest le terme général ; c’est à peu près prendre.Eripere, prendre par violence, comme arracher ;surripereetfurari, secrètement et par ruse ; maissurripere, par un détournement qui peut avoir pour motif une nécessité de légitime défense et de prudence ;furari, en pratiquant le méprisable métier de voleur.Sen.Prov. 5.“Quid opus fuitauferre? accipere potuistis ; sed ne nunc quidemauferetis, quia nihil eripitur nisi retinenti.”“Où était la nécessité de prendre ? vous n’aviez qu’à ouvrir la main pour recevoir. Et il ne vous sera pas donné de prendre, même à présent, car on n’arrache rien qu’à celui qui veut garder.”Cic.Verr. I, 4, 60.“Si quis clamsurripiatauteripiatpalam atqueauferat.”“Qu’on dérobe secrètement ou qu’on arrache ouvertement et qu’on prenne.”Et II, 1, 13.“Nonfuremsedereptorem.”“Ce n’est pas un voleur, mais un ravisseur.”

1.Demere,adimereeteximere, enlever sans violence et sans ruse.Demere, séparer une partie d’un tout qui se trouve diminué par là ; il a pour opposéaddereetadjicere;adimere, prendre un bien à un propriétaire qui en devient plus pauvre ; il a pour opposésdareetreddere; enfin,eximere, ôter un mal à une personne qui se sent alors comme allégée d’un fardeau.

2.Auferre,eripere,surripereetfurariimpliquent une idée d’arbitraire et d’injustice.Auferreest le terme général ; c’est à peu près prendre.Eripere, prendre par violence, comme arracher ;surripereetfurari, secrètement et par ruse ; maissurripere, par un détournement qui peut avoir pour motif une nécessité de légitime défense et de prudence ;furari, en pratiquant le méprisable métier de voleur.Sen.Prov. 5.“Quid opus fuitauferre? accipere potuistis ; sed ne nunc quidemauferetis, quia nihil eripitur nisi retinenti.”“Où était la nécessité de prendre ? vous n’aviez qu’à ouvrir la main pour recevoir. Et il ne vous sera pas donné de prendre, même à présent, car on n’arrache rien qu’à celui qui veut garder.”Cic.Verr. I, 4, 60.“Si quis clamsurripiatauteripiatpalam atqueauferat.”“Qu’on dérobe secrètement ou qu’on arrache ouvertement et qu’on prenne.”Et II, 1, 13.“Nonfuremsedereptorem.”“Ce n’est pas un voleur, mais un ravisseur.”

Depravare. Corrumpere.Depravare, terme relatif, gâter, mais de manière qu’on puisse encore réparer le mal ; il se dira de ce qui a pris un mauvais pli ;corrumpere, terme absolu, abîmer, mettre hors d’usage, en sorte qu’il n’y ait plus de remède ; il se dira de ce qui est brisé.

Depravare, terme relatif, gâter, mais de manière qu’on puisse encore réparer le mal ; il se dira de ce qui a pris un mauvais pli ;corrumpere, terme absolu, abîmer, mettre hors d’usage, en sorte qu’il n’y ait plus de remède ; il se dira de ce qui est brisé.

Desinere. Desistere.Desineremarque un fait et se dit des personnes, des choses et des actions, comme cesser ;desisteremarque un acte de volonté dont les personnes seules sont capables, comme renoncer.

Desineremarque un fait et se dit des personnes, des choses et des actions, comme cesser ;desisteremarque un acte de volonté dont les personnes seules sont capables, comme renoncer.

Destinare. Obstinare. Decernere. Statuere. Constituere.1.Destinareetobstinareprésentent une résolution à laquelle on s’arrête, comme un acte psychologique ;decernereetstatuere, comme un acte politique.2.Destinare, prendre un parti décisif dont les conséquences sont prévues ;obstinare, prendre une résolution irrévocable dans laquelle on persiste avec opiniâtreté ou entêtement.3.Decerneredésigne comme conclure le résultat définitif d’une délibération en forme ou pour le moins d’un examen conduit avec la gravité qui préside à une discussion entre collègues ;statueremarque comme résoudre le terme d’une situation incertaine, et on emploie dans le même casconstituere, quand le sujet ou le régime de l’action est au pluriel.Cic.Fr. Tull.[1]“Hoc judicium sic exspectatur, ut nonunæreistatui, sed omnibusconstituiputetur.”“Ce qu’on attend de ce jugement, ce n’est pas tant une décision sur un intérêt particulier qu’un règlement sur un intérêt général.”1Tome XXXVI, p. 269, §9 dans le Cicéron de la collection Panckoucke.

1.Destinareetobstinareprésentent une résolution à laquelle on s’arrête, comme un acte psychologique ;decernereetstatuere, comme un acte politique.

2.Destinare, prendre un parti décisif dont les conséquences sont prévues ;obstinare, prendre une résolution irrévocable dans laquelle on persiste avec opiniâtreté ou entêtement.

3.Decerneredésigne comme conclure le résultat définitif d’une délibération en forme ou pour le moins d’un examen conduit avec la gravité qui préside à une discussion entre collègues ;statueremarque comme résoudre le terme d’une situation incertaine, et on emploie dans le même casconstituere, quand le sujet ou le régime de l’action est au pluriel.Cic.Fr. Tull.[1]“Hoc judicium sic exspectatur, ut nonunæreistatui, sed omnibusconstituiputetur.”“Ce qu’on attend de ce jugement, ce n’est pas tant une décision sur un intérêt particulier qu’un règlement sur un intérêt général.”

Destruere. Demoliri.Destruere, abattre une œuvre d’art ;demoliri, une construction solide.

Destruere, abattre une œuvre d’art ;demoliri, une construction solide.

Deterior. Pejor.Deteriorse dit, commeχείρων, de celui qui est inférieur aux autres, qui est moins estimable ;pejor, commeϰαϰίωνet pire, de celui qui est plus corrompu, plus dangereux. On trouve dansSall.Or. Phil. 3.“Æmilius omnium flagitiorum postremus, quipejoranignaviorsit deliberari non potest.”“Æmilius, le dernier de tous les misérables. Est-il plus méchant que lâche ou plus lâche que méchant ? c’est ce qu’il est impossible de décider.”Et dans ce passagedeteriorne formerait pas un contraste avecignavior. Catulle emploie, en badinant, le superlatifpessimi, qui contient l’idée d’une certaine énergie ;deterrimus, pitoyable ou chétif, ne se dit jamais par plaisanterie.

Deteriorse dit, commeχείρων, de celui qui est inférieur aux autres, qui est moins estimable ;pejor, commeϰαϰίωνet pire, de celui qui est plus corrompu, plus dangereux. On trouve dansSall.Or. Phil. 3.“Æmilius omnium flagitiorum postremus, quipejoranignaviorsit deliberari non potest.”“Æmilius, le dernier de tous les misérables. Est-il plus méchant que lâche ou plus lâche que méchant ? c’est ce qu’il est impossible de décider.”Et dans ce passagedeteriorne formerait pas un contraste avecignavior. Catulle emploie, en badinant, le superlatifpessimi, qui contient l’idée d’une certaine énergie ;deterrimus, pitoyable ou chétif, ne se dit jamais par plaisanterie.

Deversorium. Hospitium. Caupona. Taberna. Popina. Ganeum.Deversorium, tout quartier où l’on descend tant que dure un voyage, dans une propriété à soi, chez des amis, chez des hôteliers ;hospitium, l’asile qu’on trouve chez un ami avec lequel on est en relation d’hospitalité ;caupona, l’auberge ; tous ces lieux fournissent le logement comme des hôtelleries. Lestabernæ,popinæ,ganeane fournissent que la pension, comme les restaurants : lestabernæ, pour les gens du commun, comme les cabarets ; lespopinæ, pour les gens du grand monde et les gastronomes, comme certaines maisons de traiteurs ; lesganea, pour ces deux sortes de gens et en outre pour les voluptueux.

Deversorium, tout quartier où l’on descend tant que dure un voyage, dans une propriété à soi, chez des amis, chez des hôteliers ;hospitium, l’asile qu’on trouve chez un ami avec lequel on est en relation d’hospitalité ;caupona, l’auberge ; tous ces lieux fournissent le logement comme des hôtelleries. Lestabernæ,popinæ,ganeane fournissent que la pension, comme les restaurants : lestabernæ, pour les gens du commun, comme les cabarets ; lespopinæ, pour les gens du grand monde et les gastronomes, comme certaines maisons de traiteurs ; lesganea, pour ces deux sortes de gens et en outre pour les voluptueux.

Dicere. Aio. Inquam. Asseverare. Affirmare. Contendere. Fari. Fabulari.1.Dicere, parler pour instruire ; il se rapporte à celui qui écoute, par opposition àtacere, comme le neutreloquietλέγειν;aio, parler pour affirmer ; il se rapporte à celui qui parle, par opposition ànego, commeφημί.2.Aitse joint au discours indirect et régit un infinitif ;inquit, au discours direct ; il amène un indicatif, un impératif ou un subjonctif.3.Aiomarque la simple affirmation d’une proposition qu’on se borne à énoncer ;asseverare,affirmare,contendere, marquent une affirmation énergique ;asseverare, c’est affirmer sérieusement, par opposition à une affirmation plaisante ou légère, àjocari;affirmare, affirmer en garantissant la certitude, par opposition au doute et aux rumeurs, àdubitare;contendere, affirmer en dépit des contradicteurs et soutenir son opinion envers et contre tous, par opposition à céder et à renoncer.4.Dicere, dire, sans idée accessoire ;loqui, pris comme verbe actif, contient une idée accessoire de mépris : ce qu’on dit n’est que vains propos.Cic.Att. XIV, 4.“Horribile est quæloquantur, quæ minitentur.”“Leurs propos, leurs menaces font horreur.”5.Loqui, pris comme verbe intransitif, parler en général ;fabulari, parler sans façon ou du moins sans gêne, pour passer le temps, sans donner une grande attention au fond ou à la gravité du discours, causer,λαλεῖν; enfin,dicere, pris comme verbe neutre, parler avec art, en s’étudiant, particulièrement à la tribune,λέγειν.Liv.XLV, 39.“Tu, centurio, miles, quid de imperatore Paulo senatus decreverit potius quam quid Sergio Galbafabuletur, audi, et hocdicereme potius quam illum audi ; ille nihil præterquamloqui, et id ipsum maledice et maligne didicit.”“Centurions et soldats, prêtez l’oreille au décret du sénat sur la victoire de votre général plutôt qu’aux déclamations mensongères de Galba. Prêtez l’oreille à mon langage plutôt qu’au sien. C’est un homme qui n’a rien étudié, hors l’art de parler, et encore pour insulter et pour nuire.”Cic.Brut. 58.“Scipio sane mihi bene etloquividetur etdicere.”“Il me semble que Scipion brille également dans le langage ordinaire et dans le langage étudié.”Orat. III, 10.“Neque enim conamur docere eumdicerequiloquinesciat.”“Nous n’entreprenons point d’enseigner l’art de la parole à celui qui ne sait pas ce que c’est que parler.”Suet.Claud. 4.“Qui tamἀσαῶςloquatur, quî possit quum declamatσαφῶςdicerequæ dicenda sunt, non video.”C“omment, avec une parole aussi confuse, on pourrait, parlant en public, dire clairement ce qu’il faut dire, c’est ce que je ne vois pas.”6.Fariprésente la parole comme le simple usage mécanique des organes de la voix pour former des sons et des mots articulés, par opposition àinfantem esse;loqui, comme le moyen d’exprimer ses pensées, par opposition àtacere. Et commefaripeut se réduire à prononcer des paroles isolées, on y rattache aisément l’idée d’un laconisme extraordinaire, imposant, digne d’un oracle, comme dans les arrêts du destin,fati, tandis queloquifait songer aux discours ordinaires des hommes qui dégénèrent souvent en loquacité,loquacitas.

1.Dicere, parler pour instruire ; il se rapporte à celui qui écoute, par opposition àtacere, comme le neutreloquietλέγειν;aio, parler pour affirmer ; il se rapporte à celui qui parle, par opposition ànego, commeφημί.

2.Aitse joint au discours indirect et régit un infinitif ;inquit, au discours direct ; il amène un indicatif, un impératif ou un subjonctif.

3.Aiomarque la simple affirmation d’une proposition qu’on se borne à énoncer ;asseverare,affirmare,contendere, marquent une affirmation énergique ;asseverare, c’est affirmer sérieusement, par opposition à une affirmation plaisante ou légère, àjocari;affirmare, affirmer en garantissant la certitude, par opposition au doute et aux rumeurs, àdubitare;contendere, affirmer en dépit des contradicteurs et soutenir son opinion envers et contre tous, par opposition à céder et à renoncer.

4.Dicere, dire, sans idée accessoire ;loqui, pris comme verbe actif, contient une idée accessoire de mépris : ce qu’on dit n’est que vains propos.Cic.Att. XIV, 4.“Horribile est quæloquantur, quæ minitentur.”“Leurs propos, leurs menaces font horreur.”

5.Loqui, pris comme verbe intransitif, parler en général ;fabulari, parler sans façon ou du moins sans gêne, pour passer le temps, sans donner une grande attention au fond ou à la gravité du discours, causer,λαλεῖν; enfin,dicere, pris comme verbe neutre, parler avec art, en s’étudiant, particulièrement à la tribune,λέγειν.Liv.XLV, 39.“Tu, centurio, miles, quid de imperatore Paulo senatus decreverit potius quam quid Sergio Galbafabuletur, audi, et hocdicereme potius quam illum audi ; ille nihil præterquamloqui, et id ipsum maledice et maligne didicit.”“Centurions et soldats, prêtez l’oreille au décret du sénat sur la victoire de votre général plutôt qu’aux déclamations mensongères de Galba. Prêtez l’oreille à mon langage plutôt qu’au sien. C’est un homme qui n’a rien étudié, hors l’art de parler, et encore pour insulter et pour nuire.”Cic.Brut. 58.“Scipio sane mihi bene etloquividetur etdicere.”“Il me semble que Scipion brille également dans le langage ordinaire et dans le langage étudié.”Orat. III, 10.“Neque enim conamur docere eumdicerequiloquinesciat.”“Nous n’entreprenons point d’enseigner l’art de la parole à celui qui ne sait pas ce que c’est que parler.”Suet.Claud. 4.“Qui tamἀσαῶςloquatur, quî possit quum declamatσαφῶςdicerequæ dicenda sunt, non video.”C“omment, avec une parole aussi confuse, on pourrait, parlant en public, dire clairement ce qu’il faut dire, c’est ce que je ne vois pas.”

6.Fariprésente la parole comme le simple usage mécanique des organes de la voix pour former des sons et des mots articulés, par opposition àinfantem esse;loqui, comme le moyen d’exprimer ses pensées, par opposition àtacere. Et commefaripeut se réduire à prononcer des paroles isolées, on y rattache aisément l’idée d’un laconisme extraordinaire, imposant, digne d’un oracle, comme dans les arrêts du destin,fati, tandis queloquifait songer aux discours ordinaires des hommes qui dégénèrent souvent en loquacité,loquacitas.

Dies. Tempus. Tempestas. Die. Interdiu.1.Dies, le temps envisagé dans sa nature purement abstraite, comme simple extension et simple progression ;tempusettempestas, le temps de la météorologie et de l’astronomie, latempérature, les rapports de la durée.Tempusmarque plutôt un simple point, un moment, une époque ;tempestas, tout un espace, une période.Dies docebita trait à un long espace de temps qui doit s’écouler avant que nous soyons instruits, commeχρόνος;tempus docebit, au moment favorable qui nous instruira, commeϰαιρός.2.Die, par jour, chaque jour, par opposition à l’heure et à l’année ;interdiuetdiu, de jour, par opposition ànoctu; maisinterdiuse prend dans toute sorte de circonstances ;diuest toujours joint ànoctuque.Cic.Att. XIII, 28.“Credibile non est quantum scribamdie.”“Vous auriez peine à croire combien j’écris chaque jour.”Cels.Med. I, 3.“Qui semel et qui bisdiecibum... assumit.”“Celui qui mange une fois et celui qui mange deux fois par jour.”Tac.H. II., 5.“Noctudiuque.”“Nuit et jour.”

1.Dies, le temps envisagé dans sa nature purement abstraite, comme simple extension et simple progression ;tempusettempestas, le temps de la météorologie et de l’astronomie, latempérature, les rapports de la durée.Tempusmarque plutôt un simple point, un moment, une époque ;tempestas, tout un espace, une période.Dies docebita trait à un long espace de temps qui doit s’écouler avant que nous soyons instruits, commeχρόνος;tempus docebit, au moment favorable qui nous instruira, commeϰαιρός.

2.Die, par jour, chaque jour, par opposition à l’heure et à l’année ;interdiuetdiu, de jour, par opposition ànoctu; maisinterdiuse prend dans toute sorte de circonstances ;diuest toujours joint ànoctuque.Cic.Att. XIII, 28.“Credibile non est quantum scribamdie.”“Vous auriez peine à croire combien j’écris chaque jour.”Cels.Med. I, 3.“Qui semel et qui bisdiecibum... assumit.”“Celui qui mange une fois et celui qui mange deux fois par jour.”Tac.H. II., 5.“Noctudiuque.”“Nuit et jour.”

Differre. Proferre. Procrastinare. Prorogare.1.Differremarque le renvoi à un autre temps considéré par son côté négatif : loin de faire la chose présentement, on la laisse là ;proferreetprocrastinaremarquent le délai pris par le côté positif : la chose aura lieu dans un temps à venir ; une autre fois, sans dire quand, si l’on se sert deproferre; dans un avenir très-rapproché, si l’on se sert deprocrastinare.2.Differre, etc., se disent d’une action qu’on tarde å commencer ;prorogare, d’un état auquel on tarde à mettre fin, comme prolonger.

1.Differremarque le renvoi à un autre temps considéré par son côté négatif : loin de faire la chose présentement, on la laisse là ;proferreetprocrastinaremarquent le délai pris par le côté positif : la chose aura lieu dans un temps à venir ; une autre fois, sans dire quand, si l’on se sert deproferre; dans un avenir très-rapproché, si l’on se sert deprocrastinare.

2.Differre, etc., se disent d’une action qu’on tarde å commencer ;prorogare, d’un état auquel on tarde à mettre fin, comme prolonger.

Diligere. Amare. Deamare. Adamare. Caritas. Amor.pietas.1.Diligere, c’est l’amour qui naît de l’estime, le résultat de nos réflexions sur le mérite de l’objet aimé, commeφιλεῖν;amare, c’est l’amour par inclination, celui qui a son origine dans le sentiment, qui est involontaire ou même irrésistible, commeἐρᾷν,ἔρασθαι.Diligeredésigne l’amour pur, dégagé du joug des sens et de l’égoïsme, calme et paisible :amare, l’amour ardent qui confine à la passion, qu’il soit d’ailleurs sensuel ou platonique.Cic.Att. XIV, 17.“Tantum accessit ut mihi nunc deniqueamarevidear, antedilexisse.”“Il me semble, tant mon amour a grandi, qu’il ne mérite ce nom que d’aujourd’hui et que je n’avais auparavant que de l’affection.”2.Amare, aimer en général ;deamare, verbe augmentatif, aimer à en mourir, commeamore deperire; etadamare, verbe inchoatif, commencer à aimer.3.Caritas, entendu de l’effet qu’on produit, c’est l’affection que les autres ont pour nous. C’est une sorte de substantif à sens neutre par rapport au substantif à sens actif,amor, le penchant que nous éprouvons pour un autre ; d’où viennent ces constructions :caritasapud aliquem; maisamorerga aliquem.4.Caritas, entendu de l’effet qu’on ressent, tout amour qui tourne à la tendresse, particulièrement celui des parents pour les enfants, sans aucun mélange de sensualité, il ne se dit que des personnes, commeἀγάπηouστοργή;amor, l’amour ardent et passionné pour des personnes ou des choses, commeἔρως; enfin,pietas, c’est l’amour instinctif pour des personnes et des choses que les liens sacrés de la nature nous obligent à aimer, dieux, parents, patrie, bienfaiteurs. Lacaritasse complaît dans l’objet aimé, se réjouit de le posséder et se manifeste par des prévenances et des sacrifices ; l’amorvise à réduire toujours davantage le même objet en son pouvoir ; il estdifficile à satisfaire ; lapietasse laisse aller à un penchant naturel et à un sentiment religieux.

1.Diligere, c’est l’amour qui naît de l’estime, le résultat de nos réflexions sur le mérite de l’objet aimé, commeφιλεῖν;amare, c’est l’amour par inclination, celui qui a son origine dans le sentiment, qui est involontaire ou même irrésistible, commeἐρᾷν,ἔρασθαι.Diligeredésigne l’amour pur, dégagé du joug des sens et de l’égoïsme, calme et paisible :amare, l’amour ardent qui confine à la passion, qu’il soit d’ailleurs sensuel ou platonique.Cic.Att. XIV, 17.“Tantum accessit ut mihi nunc deniqueamarevidear, antedilexisse.”“Il me semble, tant mon amour a grandi, qu’il ne mérite ce nom que d’aujourd’hui et que je n’avais auparavant que de l’affection.”

2.Amare, aimer en général ;deamare, verbe augmentatif, aimer à en mourir, commeamore deperire; etadamare, verbe inchoatif, commencer à aimer.

3.Caritas, entendu de l’effet qu’on produit, c’est l’affection que les autres ont pour nous. C’est une sorte de substantif à sens neutre par rapport au substantif à sens actif,amor, le penchant que nous éprouvons pour un autre ; d’où viennent ces constructions :caritasapud aliquem; maisamorerga aliquem.

4.Caritas, entendu de l’effet qu’on ressent, tout amour qui tourne à la tendresse, particulièrement celui des parents pour les enfants, sans aucun mélange de sensualité, il ne se dit que des personnes, commeἀγάπηouστοργή;amor, l’amour ardent et passionné pour des personnes ou des choses, commeἔρως; enfin,pietas, c’est l’amour instinctif pour des personnes et des choses que les liens sacrés de la nature nous obligent à aimer, dieux, parents, patrie, bienfaiteurs. Lacaritasse complaît dans l’objet aimé, se réjouit de le posséder et se manifeste par des prévenances et des sacrifices ; l’amorvise à réduire toujours davantage le même objet en son pouvoir ; il estdifficile à satisfaire ; lapietasse laisse aller à un penchant naturel et à un sentiment religieux.

Disceptatio. Litigatio. Controversia. Contentio. Altercatio. Jurgium. Rixa.1.Disceptatio,litigatioetcontroversia, différends susceptibles d’être terminés à l’amiable et par des voies régulières ;contentio,altercatioetjurgium, différends entachés de passion et de violence, mais qui se passent néanmoins en paroles ;rixæ, différends qui se traduisent ou menacent de se traduire en voies de fait, comme les querelles et les batteries, et qui tiennent le milieu entrejurgiumetpugna.Liv.XXXV, 17.“Exdisceptationealtercationemfecerunt.”“La dispute dégénéra en altercation.”Tac.H. I, 64.“Jurgiaprimum, moxrixæinter Batavos et legionarios.”“Il y eut d’abord de gros mots, puis des rixes entre les Bataves et les légionnaires.”Dial. 26.“Cassius Severus non pugnat, sedrixatur.”“Cassius Sévérus cherche des rixes, sinon des batailles.”2. Il y a lutte,controversia, entre deux partis dès qu’ils sont opposés l’un à l’autre ; débat,disceptatio, dès qu’ils s’engagent dans une dispute sous prétexte de rechercher la vérité ou de démêler le droit sans avoir dans le principe des intentions hostiles ; contestation,litigatio, dès qu’ils s’inspirent d’un esprit d’hostilité et d’intérêt personnel.3. Lacontentioveut absolument avoir raison et atteindre son but en mettant toutes ses forces en jeu dans quelque intention que ce soit ; l’altercatioou échange de paroles ne veut pas demeurer en reste de propos avec sonadversaire, elle veut avoir le dernier mot ; lejurgiumn’écoute rien et décharge sa mauvaise humeur par des paroles dures. Lacontentiooffre une image sérieuse, celle d’un effort vigoureux ; l’altercatio, l’image comique de personnes qui s’échauffent à la manière des femmes ; lejurgium, l’image repoussante de la colère brutale.

1.Disceptatio,litigatioetcontroversia, différends susceptibles d’être terminés à l’amiable et par des voies régulières ;contentio,altercatioetjurgium, différends entachés de passion et de violence, mais qui se passent néanmoins en paroles ;rixæ, différends qui se traduisent ou menacent de se traduire en voies de fait, comme les querelles et les batteries, et qui tiennent le milieu entrejurgiumetpugna.Liv.XXXV, 17.“Exdisceptationealtercationemfecerunt.”“La dispute dégénéra en altercation.”Tac.H. I, 64.“Jurgiaprimum, moxrixæinter Batavos et legionarios.”“Il y eut d’abord de gros mots, puis des rixes entre les Bataves et les légionnaires.”Dial. 26.“Cassius Severus non pugnat, sedrixatur.”“Cassius Sévérus cherche des rixes, sinon des batailles.”

2. Il y a lutte,controversia, entre deux partis dès qu’ils sont opposés l’un à l’autre ; débat,disceptatio, dès qu’ils s’engagent dans une dispute sous prétexte de rechercher la vérité ou de démêler le droit sans avoir dans le principe des intentions hostiles ; contestation,litigatio, dès qu’ils s’inspirent d’un esprit d’hostilité et d’intérêt personnel.

3. Lacontentioveut absolument avoir raison et atteindre son but en mettant toutes ses forces en jeu dans quelque intention que ce soit ; l’altercatioou échange de paroles ne veut pas demeurer en reste de propos avec sonadversaire, elle veut avoir le dernier mot ; lejurgiumn’écoute rien et décharge sa mauvaise humeur par des paroles dures. Lacontentiooffre une image sérieuse, celle d’un effort vigoureux ; l’altercatio, l’image comique de personnes qui s’échauffent à la manière des femmes ; lejurgium, l’image repoussante de la colère brutale.

Discernere. Distinguere.Discernere, discerner, diviser conformément à des notions acquises ;distinguere, distinguer par des signes et des marques.

Discernere, discerner, diviser conformément à des notions acquises ;distinguere, distinguer par des signes et des marques.


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