Fig. 42. — Mamelons de microgranites alcalins du Mounio, partiellement ensablés.Du poste de Gouré. — Horizon sud.Le pays est assez pittoresque ; les mamelons granitiques sont enfouis jusqu’à mi-hauteur dans du sable qui, sûrement, a été amené par le vent ; j’ai pu vérifier à plusieurs reprises que c’est bien du sable siliceux assez pur et non un amas de minéraux divers, provenant de la décomposition sur place des granites. Les fonds sont occupés le plus souvent par des mares habituellement éphémères, mais qui suffisent à faire croître de grands arbres parmi lesquels dominent les acacias et les doums, accompagnés parfois de dattiers. Sur les pentes sableuses, la végétation est assez dense et les sommets rocheux eux-mêmes sont couverts presque partout d’euphorbes et d’aderas ; dans les parties dénudées, le granite est rose ou gris bleu et l’ensemble fait un paysage en somme agréable (fig. 61,p. 151).Le Mounio a un aspect jeune ; il est à peine entamé par l’érosion ; vers la périphérie, on peut suivre les lits de quelques rivières ; aucune n’a remonté sa source au cœur du pays ; les différentes cuvettes sont sans lien entre elles et c’est là une circonstance fâcheuse ; chaque cuvette ne peut conserver que la pluie qui esttombée sur le petit bassin dont elle occupe le centre ; nulle part, l’eau ne peut s’accumuler en quantité assez considérable pour qu’il y ait des puits tout à fait permanents. Chaque village est à la merci des averses qui, chaque année, tombent dans son voisinage ; les puits sont peu profonds (5-10 m.), et la nature imperméable du sous-sol granitique ne permet pas de croire qu’en les creusant davantage ils auraient un débit moins inconstant.Aussi les villages sont-ils d’importance très variable ; la population est obligée à de fréquents déplacements. Vers 1850, Barth a évalué la population de Gouré à9000 habitants ; les cases ruinées sont assez nombreuses pour confirmer ce chiffre. Vers 1900, Gouré était presque complètement abandonné ; en 1906, c’était un village de 600 habitants.Malgré ces conditions défavorables, le Mounio est toujours resté assez peuplé ; son relief est trop accentué pour qu’il ne soit pas facile à défendre ; il est traversé par la grande route, assez fréquentée, qui, du Tchad et du Bornou, va au Niger, en sorte que le commerce y a une certaine importance.Fig. 43. — Mamelons de microgranites alcalins du Mounio, partiellement ensablés.Du poste de Gouré. — Horizon ouest.Koutous.— Le Koutous est essentiellement un plateau gréseux dont les dimensions n’excèdent pas une cinquantaine de kilomètres ; son altitude s’abaisse progressivement de l’ouest vers l’est. Auprès de Guesket, la cote du plateau est voisine de 650 ; elle n’est plus que de 500 mètres à Guirbo ; plus à l’est, le Koutous disparaît sous l’erg. Quelques vallées pour la plupart ensablées, presque des cañons, entaillent profondément le plateau et en font une chebka ; vers l’ouest leur sol se raccorde avec celui de la haute plaine voisine et contiguë du Tegama. Les flancs de ces vallées sont toujours envahis par le sable qui, vers l’ouest, à Guesket, masque à peine le pied de la falaise ; à mesure que l’on s’avance vers l’est, on voit le sable arriver à mi-hauteur, comme à Kellé, et enfin au sommet du plateau comme à Guirbo ; la distance verticale entre le sommet de la falaise et l’orifice des puits met bien ce fait en évidence : cette distance est de 120 mètres à Guesket, de 60 à Laraba et de 20 seulement à Guirbo (Planche de coupeshors texte, coupe VI).Les puits, creusés dans les grès du Tegama, sont très profonds surtout vers l’ouest. Sur une carte manuscrite que j’ai pu consulter à Gouré, le lieutenant Paquette donne les chiffres suivants :Bilakora70mètresLaraba58mètres.Boultoum20—Magadji46—Dallacori54—Malammi80—Guesket65—Marthium40—Guirbo28—Mondoa18—Kaokilloum24—Tiokodda60—Kellé18—J’ai pu vérifier l’exactitude de quelques-uns de ces nombres[92].Ces puits ont un diamètre de deux à trois mètres ; tous les matériaux de déblais sont accumulés autour de l’orifice qui se trouve ainsi au milieu d’un monticule haut de quelques mètres ; l’eau en est protégée contre les impuretés ; un coffrage de bois, formé de pieux enfoncés radialement, protège les parties ébouleuses du puits. Pour tirer l’eau, on se sert d’un seau de cuir contenant une quarantaine de litres au moins ; la corde de traction tirée par un bœuf est le plus souvent en cuir et passe sur un tronc d’arbre à peine dégrossi que deux fourches soutiennent à un mètre du sol et qui tient lieu de poulie ; le seau, sorti du puits, est descendu à bras d’homme au pied du monticule de déblais et l’eau est versée dans des auges de bois. L’outre à manche qui se vide toute seule et les canalisations semblent inconnues dans le Koutous.Fig. 44. — Les plateaux du Koutous. Du village de Kellé.Le fond de la vallée, couvert d’une haute brousse (dasi), est indiqué en hachures fines.La principale occupation des habitants est l’extraction de l’eau nécessaire à leurs nombreux troupeaux ; jour et nuit, sans aucunarrêt, on travaille aux puits pour abreuver les zébus, les chèvres et les moutons qui sont nombreux et en très bel état.Les pâturages du Koutous sont permanents et toujours bons ; pendant la saison sèche les troupeaux de chameaux y affluent en grand nombre ; il en vient de loin, même de la région de Zinder.La culture du mil réussit assez bien, sans irrigation, de sorte que, malgré la profondeur de ses puits, le Koutous est un pays moyennement riche ; mais il a un mauvais voisinage ; au nord et à l’est, les Tebbous, à l’ouest, les Touaregs le menacent constamment. Aussi les villages sont-ils presque tous éloignés des puits et établis au voisinage immédiat du plateau qui, en cas de danger, fournit une bonne position défensive : les pierres qui le recouvrent donnent en abondance des munitions qui ont, à maintes reprises, permis aux habitants du Koutous de repousser de puissants ennemis et de rester à peu près indépendants. Pour plus de sécurité, les magasins à mil et à niébé sont établis dans les recoins des falaises, où des réserves d’eau sont installées en cas de nouvelles alarmantes.Fig. 45. — Grès du Koutous.Du puits de Laraba. Le village dont la place est indiquée est Guéréré. La falaise a une vingtaine de mètres.Dans le Koutous et le Mounio réunis, il y aurait environ 20000 habitants (capitaine Chambert), qui font partie du groupe bornouan et parlent des dialectes béri-béri.Alakhos.— L’Alakhos n’est que la partie occidentale du Koutous ; l’érosion y est plus avancée et au lieu qu’il soit un plateau entaillé de vallées, il est constitué par une plaine parsemée de quelques étroits plateaux, derniers témoins des grès du Koutous. Les villages assez nombreux de ce district sont tous adossés à l’un de ces témoins, le plus souvent à mi-côte, au sommet de la partie ensablée (fig. 60,p. 150) ; ils sont donc assez souvent éloignés des puits qui sont habituellement profonds, comme dans toute la zone infracrétacée. Les habitants, une population noire, de langue béri-béri[93],sont apparentés à ceux du Koutous. Mais les villages de l’Alakhos, isolés les uns des autres, n’ont pas pu, comme leurs voisins de l’est, résister à l’invasion des nomades ; ils sont sous la domination des Touaregs qui font paître leurs troupeaux dans la plaine entre les gours. Cette conquête, par une tribu des Ikaskazan, daterait de la fin duXVIIIesiècle.Le Manga.— Contrastant avec ces différents districts qui presque tous vivent essentiellement de culture, entre le Mounio et le Tchad, au nord de la Komadougou-Yobé, s’étend, au milieu de la brousse à mimosées, une région, le Manga, essentiellement industrielle ou plutôt minière. Le Manga est dans l’ensemble une plaine, caractérisée par des dépressions, des cuvettes à contour elliptique, à parois abruptes taillées comme à l’emporte-pièce. Au nord, le long de la ligne Gouré, Mirrh, Woudi, les pluies sont rares ; elles ne suffisent pas pour ramener, de la profondeur, le sel à la surface du sol. Plus au sud, elles deviennent plus abondantes ; quelques dépressions sont occupées par des mares permanentes, d’autres, plus nombreuses, par des mares temporaires dont la dessiccation laisse, comme résidu, une croûte saline. Quelques autres ne s’assèchent qu’à moitié et l’eau y arrive à saturation ; il se forme à leur surface une couche de sel, scintillant au beau soleil du Soudan et qui donne l’illusion d’un étang glacé sous un ciel de feu.Bien que le pays ne présente que de mauvaises dispositions défensives, que l’eau douce y soit rare et la culture difficile, il s’est établi dans le Manga un certain nombre de gros villages qui ont un caractère industriel marqué, comme Garankawa ou Gourselik ; les exploitations sont loin d’occuper tous les bas-fonds où elles seraient possibles ; il semble toutefois que leur nombre tend à s’accroître ; en 1905 un nouveau village, Garé, venait de s’établir près d’une mare jusqu’alors dédaignée.Une richesse minérale a permis à des sédentaires de vivre dans un pays qui convient surtout à l’élevage et où les Peulhs ont de nombreux troupeaux.Kaouar.— A une grande distance vers le nord, se trouvent les oasis du Kaouar ; les conditions géologiques qui ont permis leur création sont encore mal connues. On sait que les terrains crétacés arriventau voisinage ; on sait aussi que les roches anciennes s’y rencontrent. Le sergent Lacombe a rapporté des granites du mont Fosso, et le Dévonien se trouve probablement à peu de distance à l’est de Bilma et de Fachi. Il est donc vraisemblable qu’autour de l’oasis les terrains cristallins (Archéen et Silurien), imperméables, sont recouverts par un manteau peu épais de grès crétacé et que l’eau, provenant du Tibesti où, grâce à l’altitude, il pleut tous les ans, comme dans l’Aïr, se trouve à une profondeur médiocre ; au centre du bassin, dans sa partie la plus déprimée, l’eau est à fleur de sol et les oasis du Kaouar ont pu s’y établir. Ces oasis s’étendent, du nord au sud, sur environ 80 kilomètres ; la largeur de la bande fertile est peu considérable ; Nachtigal lui attribuait 8 à 10 kilomètres ; d’après Gadel elle ne serait que de 4 à 5.Elle contient une dizaine de villages habités par2500 Tebbous et Béribéris (dont 500 captifs) ; le cheptel est négligeable ; il se réduit à 540 chameaux, 43 chevaux, 252 ânes et 980 chèvres et moutons. Il y a environ 100000 palmiers, à l’ombre desquels on cultive des céréales, surtout du blé.Les habitants ont heureusement pour vivre d’autres ressources que celle de la culture ; la plus importante est le commerce du sel, qu’ils peuvent échanger contre du mil. Ils exportent annuellement peut-être 40000 charges qui, prises sur place, ont une bien faible valeur ; d’ailleurs les Kel Aïr, qui, ces dernières années, étaient les maîtres du pays, prétendaient, en cette qualité, ne rien payer en enlevant le sel.En dehors du commerce du sel, Bilma a été un point de transit important ; l’oasis est une halte forcée sur la route de Tripolitaine au Tchad et aux états Bornouans. Cette route était suivie, il y a peu d’années encore, par de nombreuses caravanes. Les attaques trop fréquentes des Tebbous et des Ouled Sliman l’on fait abandonner. Ce délaissement de la plupart des routes caravanières par suite de l’insécurité est un fait constant ; il semble facile d’en indiquer la cause. Au beau temps du commerce des esclaves, les caravanes étaient nombreuses ; les droits qu’elles payaient pour s’assurer la protection des nomades, les chameaux qu’elles leur louaient, procuraient à tous des ressources suffisantes pour vivre ; ils savaient en général s’en contenter.Depuis que la traite des noirs est devenue plus difficile, ou même impossible, ces ressources ont diminué ; la misère s’est accentuée ; le pourcentage que les nomades touchaient ne les a plus contentés et ils ont pris le tout. La même cause a produit dans tout le Sahara lesmêmes effets : Flye Sainte-Marie[94]a mis ce phénomène en évidence pour les routes de l’Iguidi.A Taoudenni même, la situation est devenue particulièrement grave. En 1905 et en 1906, les r’ezzou marocains qui jusqu’alors s’étaient contentés de piller les caravanes venues du sud et de leur enlever des chameaux, trouvant que leurs prises devenaient insuffisantes, s’attaquèrent aux commerçants du ksar. L’un d’eux qui avait vécu en bonne amitié avec les habitants, acceptant chaque jour la diffa, enleva tous les captifs qui travaillaient aux salines et ne les rendit à leurs propriétaires que contre une forte rançon. Ce fait, sans précédents dans l’histoire de la saline, contraire à toutes les bonnes traditions du désert, scandalisa fort les commerçants de Taoudenni[95].L’insécurité au Sahara a été fille de la civilisation ; tout semble indiquer qu’elle ne sera que passagère.A Bilma, la raréfaction des caravanes a obligé les habitants à travailler un peu plus et déjà, au moment du passage d’Ayasse (1905), beaucoup d’entre eux se rendaient compte de la nécessité qu’il y avait pour eux à développer les cultures.Il semble que, depuis fort longtemps, la région de Bilma a formé un centre ethnique distinct : parmi les outils néolithiques que Ayasse a rapportés, à côté des types que l’on trouve à l’ouest et au sud de Bilma, se trouvent quelques pièces très spéciales ; l’une d’elles est très curieuse ; elle a la forme d’une hache étroite et épaisse, mais au lieu d’un tranchant, elle présente à son extrémité la plus large une pointe formée par une sorte de pyramide triangulaire ; l’une des faces de cette pyramide, parallèle au plan sagittal de la pièce, est large, les deux autres beaucoup plus étroites. Jusqu’à présent, on ne connaît aucun spécimen analogue à cette espèce de gouge.On peut donc penser que, à l’époque néolithique, « il s’était constitué en pays tebbou un centre industriel qui, tout en ayant fait des emprunts aux contrées septentrionales et méridionales, n’en avait pas moins conservé des caractères propres. Le fait mérite d’être vérifié, car il permettrait de supposer qu’il a vécu autrefois en ce point un îlot ethnique particulier qui avait cependant des relations avec les tribus du nord et avec celles du sud[96]».Fachi.— L’oasis de Fachi (oasis Agram) située à 150 kilomètresà l’ouest de Bilma, est beaucoup moins importante ; elle couvre 14 kilomètres du nord au sud avec une largeur de 3 ou 4 kilomètres.Sur toute sa longueur, elle est limitée à l’est par une chaîne rocheuse dont le point le plus élevé est le mont Fosso qui domine l’oasis d’une centaine de mètres. Entre cette chaîne granitique (?), surmontée de plateaux gréseux revêtus de la patine du désert, et l’Aïr, s’étend probablement une plaine formée par les grès du Tegama où vont se perdre les eaux de quelques koris d’Aïr (K. Ténéré, K. de Tafidet) ; il est vraisemblable que ce sont ces koris qui alimentent Fachi.L’oasis a été vue pour la première fois par des Européens en octobre 1907 (commandant Mouret, capitaine Martin, sergent Lacombe).Les îles du Tchad.— Les peuplades qui habitent les alentours du Tchad sont assez nombreuses ; au nord les Tebbous, à l’est les Ouled Sliman, au sud les Peuhls représentent les principaux éléments nomades. Les populations du lac sont plus intéressantes ; elles ont trouvé dans les îles du Tchad un refuge presque assuré contre les invasions ; même lorsque les eaux sont basses, il reste dans les bahrs trop de parties marécageuses pour que l’on puisse s’y aventurer sans risques.Il semble que deux peuplades différentes au moins occupent ces îles : les archipels du sud sont occupés par les Kouris ou Kanembous, qui sont venus probablement du Kanem et se rattachent peut-être aux Tebbous. Tous sont musulmans. Ils ont de nombreux troupeaux, mais se déplacent peu ; chez eux l’agriculture est assez développée et ils sont en réalité sédentaires. D’après le colonel Destenave[97]ils seraient environ 25000. La population ne semble pas s’accroître rapidement et l’on a attribué ce fait à l’abus des mariages consanguins. Chevalier [L’Afrique centrale française, p. 406-410] donne quelques statistiques détaillées ; dans trois villages il y a en tout 764 habitants dont 292 enfants ; dans deux d’entre eux, le tiers des unions est stérile ; peu de familles ont plus de deux enfants.Les îles du nord du Tchad sont habitées par les Boudoumas (25000) dont l’origine est obscure ; Destenave, d’après les traditions qu’il a recueillies, pense qu’ils avaient quitté le Sokoto il y a trois siècles ; pour Freydenberg[98], qui donne une longue suite de chefs, ils seraientau contraire venus de l’est, du Chittati. Il est probable qu’ils doivent rentrer dans les groupes peuhls. Ce sont presque exclusivement des éleveurs, restés en général fétichistes et qui ont conservé quelques vieilles coutumes : les mariages entre gens de même clan sont interdits ; le lévirat, c’est-à-dire le mariage obligatoire de la veuve avec le frère aîné du défunt, se retrouve chez les Boudoumas.Complètement à l’abri dans leurs îles, les habitants du Tchad ont longtemps profité de leur position presque inexpugnable pour razzier les caravanes qui passaient sur les bords du lac. Leurs pirogues en jonc, qui nous semblent cependant bien rudimentaires, leur permettaient d’aborder la rive bornouanne, ce qui nécessite deux jours de navigation.[54]En Égypte et dans le désert Libyque, on connaît des grès d’âge albien (Infracrétacé) riches en bois silicifiés (Grès de Nubie).[55]Le Gober est une région actuellement presque inhabitée qui s’étend à l’est de l’Adr’ar’ de Tahoua, au sud du 14° Lat. Barth, qui l’a traversé, donne quelques détails sur son histoire.[56]Freydenberg,Le Tchad et le bassin de Chari.Thèse, 1908.[57]Il n’est certainement pas question de couches calcaires, au moins superficielles (Chevalier).[58]Capitaine Lelean,Geological Magazine, I, 1904, p. 290.[59]Le puits de Tabrichat (30 m.), voisin de Tabankort, contenait 8 mètres d’eau en mars 1904 (Combemorel).[60]Ormaïort est à une demi-journée au nord de Bémba. Combemorel,Rens. col. Bull. Comité Afr. fr., janvier 1909.[61]Rens. col. Bull. Comité de l’Afr. fr., 1907.[62]Cortier écrit Lernachiche.[63]Cortier,La Géographie, 1906. — Cauvin.Bull. Soc. Géogr. commerciale, 1908.[64]Amer. Journal of Sc., XIX, 1905, p. 171.[65]Les premières ont été rapportées par le commandant Gadel. — De Lapparent,C. R. Ac. Sc., CXXXV, 1903, p. 1298. Le capitaine Cauvin en a donné quelques-unes au Muséum.[66]M. Choffat (in litteris) n’ose pas affirmer que les échantillons que je lui ai soumis rentrent bien dans cette espèce. Il faudrait, pour être certain, des matériaux abondants.[67]Nouvelles données sur la zone littorale d’Angola. Lisboa, 1905.[68]De Lapparent,C. R. Ac. Sc., 1901, CXXXII, 388.[69]La Géographie, XVII, 15 février 1908.[70]Beiträge zur Geologie von Kamerun. Stuttgard, 1904, p. 85-241.[71]De Lapparent,C. R. Ac. Sc., CXXXVI, 1903, p. 1118.[72]Ce poste est habituellement désigné sous le nom de Guidambado, village situé à 3 kilomètres à l’est de Bouza.[73]De Lapparent,C. R. Ac. Sc., 26 déc. 1904.[74]Au sud de Tahoua, à Mogguer, une dépression importante est tapissée de concrétions ferrugineuses qui ont peut-être une origine lacustre.[75]Cette observation de Hubert (Thèse, p. 10 et 376) est exacte, mais le fait a si peu d’importance que j’avais jugé inutile de le signaler. Le même auteur nie l’âge éocène des grès du Niger, sans fournir d’arguments sérieux.[76]C’est un débris végétal informe. — Stanislas Meunier,C. R. Congrès des Sociétés Savantes, 1904, p. 156.[77]Choffat,Nouvelles données sur la zone littorale d’Angola, Lisboa, 1905.[78]Bullen Newton,Ann. and Magazine of Natural History, [7], XV, 1905, p. 83-91.[79]Bather,Geological Magazine, [5], 1, 1904, p. 292. — Lambert,Bull. Soc. Géol. de France, [4], 6, 1906, p. 693 ; contrairement à la tendance générale, Lambert place les couches de Tahoua dans l’Éocène inférieur.[80]Cottreau,Bull. Soc. Géol. de France, Séance du 21 déc. 1908.[81]W. Wolff, in Bornhardt,Zur Oberflächengestaltung und Geologie Deutsch-Ostafrikas. Berlin, 1900, p. 572. Wolff fait une nouvelle espèce (Op. africana) qui ne me semble pas distincte deO. canalifera.[82]Bull. Soc. Géol. de France, [4], VII, 1907, p. 334.[83]Chautard,Bull. Soc. Géol. de France, [4], VI, 1906. —État actuel de nos connaissances sur les formations sédimentaires de l’Afrique occidentale Française, Dakar, 1906 (extrait duJournal officiel de l’A. O. F., 20 janvier). Bibliographie étendue.[84]Beiträge zur Geologie von Kamerun, p. 245-285, et communication verbale.[85]On a fort peu de renseignements sur les Touaregs de la rive droite du Niger, encore à peine soumis.[86]Ces tombeaux se trouvent aussi au nord de Tahoua, dans la région des mares et dans l’Azaouak (Pasquier).[87]Il faut probablement rapprocher ce mot de Garamante.[88]Les Mousgou ou Kel Azoua sont une tribu des Oulimminden.[89]Gadel, Notice sur la résidence de Zinder,Revue des troupes coloniales, 1903, 2esem., p. 614.[90]Le dernier sultan, à la suite d’un complot heureusement étouffé, a été déposé et banni en 1906.[91]Jusqu’en 1906, d’importantes caravanes Kel Oui, de 5 à6000 chameaux, ont été enlevées à quelques kilomètres du Damergou. Voir, pour les détails, Jean et Gadel.[92]Ces puits sont la demeure de nombreuses chauves-souris ; le 18 avril 1906, à Marthium, un peu avant le coucher du soleil, elles ont mis près de dix minutes à sortir du puits, en vol serré.[93]Le village de Moa, au sud de l’Alakhos, est encore de langue béribéri ; à l’ouest, commence le domaine du haoussa.[94]Flye Sainte Marie, Le commerce et l’agriculture au Touat.Bull. Soc. Géogr. d’Oran, XXIV, 1904.[95]Nieger,La Géographie, XVI, 1907, p. 375.[96]Verneau,La Géographie, XVII, 1908, p. 116.[97]Destenave,Revue Générale des Sciences, XIV, 1903, p. 717.[98]Freydenberg,Le Tchad et le bassin de Chari, 1908, p. 155.CHAPITRE IIIMÉTÉOROLOGIELe Climat. — La Brume.I. —LE CLIMATUn chapitre sur la météorologie du Sahara central ne peut guère être qu’un constat de carence.On possède seulement plusieurs séries d’observations, de trop courte durée en général, et de valeur souvent médiocre, pour quelques stations du pourtour du désert. Malgré le peu de sécurité qu’offrent la plupart de ces observations, elles mettent bien en évidence l’allure essentiellement différente des saisons, au nord et au sud du Sahara.Fig. 46. — Moyennes des températures à Ghardaïa.Les courbes indiquent les moyennes des maxima et des minima.Dans la région algérienne ou tunisienne, les courbes thermiques présentent un seul maximum en juillet, parfois en août ; les différencesentre les moyennes des maxima et celles des minima sont considérables dans l’intérieur ; les chiffres relatifs à Ghardaïa sont suffisamment caractéristiques à cet égard ; la figure se rapporte à la moyenne de cinq années 1887-1892 ; les températures extrêmes observées pendant cette période ont été + 50° en juillet 1892 et − 1° en décembre 1889 et janvier 1891. Ghardaïa (32°,35′ Lat. N., 1°,20′ Lat. E.) est à 500 mètres d’altitude environ, au fond d’une large vallée, entourée de plateaux calcaires.Fig. 47. — Tozeur.Les courbes indiquent les moyennes des maxima et des minima.Fig. 48. — Bizerte.Lorsque l’on se rapproche du littoral, l’amplitude des variations diminue, mais conserve à peu près les mêmes caractères comme en témoignent les courbes de Tozeur (fig. 47) et de Bizerte (fig. 48) empruntées à Ginestous[99]. Les températures extrêmes observées à Bizerte ont été 0° et + 44°,8 ; à Tozeur − 4° et + 49°. A Paris, lesvariations journalières sont beaucoup moins amples et beaucoup moins fixes : si on les calcule, comme dans les exemples précédents, sur la moyenne des maxima et des minima, on trouve 5°,4 en janvier et 11°,9 en juillet. A Ghardaïa l’amplitude est toujours supérieure à 20° et approche parfois de 30°.Fig. 49. — Kayes.Fig. 50. — Niamey.Au sud du Sahara, les courbes de température présentent une allure toute différente. A Kayes par exemple (fig. 49) (14°,25′ Lat. N., 13°,54 Long. W., Alt. 60m.), la moyenne de quatre années (1902-1905) indique deux maxima, le premier en avril-mai, le second en octobre ; l’amplitude des variations moyennes passe, en chiffres ronds, de 10° en août à près de 20° pendant l’hiver ; les chiffres extrêmes observés ont été de 10° en janvier 1905 ; 47° en mai 1904. Les courbes de Niamey (fig. 50) (1906) et de Tombouctou (fig. 51) (1905-1906) sonttrès analogues ; les quelques chiffres que l’on possède pour Zinder, Guidambado et le territoire du Tchad indiquent tous un minimum au mois d’août. Les maxima extrêmes observés, en mars et avril, sont compris entre 45° et 48° ; les minima de décembre et de janvier varient habituellement de 4° à 7°,5 ; Freydenberg a noté − 2° à Kouloa en 1906. La même courbe subsiste pour Porto-Novo (fig. 52), mais très adoucie par la proximité de la mer.Fig. 51. — Tombouctou.Le contraste très marqué que présentent les courbes thermiques des stations situées au nord et au sud du désert, s’explique facilement par les différences que présente le régime des pluies dans les deux régions (fig. 53).Fig. 52. — Porto Novo.Les courbes indiquent les moyennes des maxima et des minima.Dans le bassin méditerranéen, il pleut surtout pendant l’hiver ; au Soudan, pendant l’été, d’où un abaissement de température marqué et une moindre amplitude des variations diurnes, l’air étant moins sec. Comme pour les températures, les chiffres relatifs à la pluie neportent en général que sur un petit nombre d’années d’observations ; les installations sont parfois médiocres ; les observateurs changent souvent et sont plus ou moins attentifs ; il serait illusoire de vouloir chercher à serrer d’un peu près l’étude du climat du Soudan. La géographie botanique permettra cependant de définir quelques zones, caractérisées, au fond, par l’abondance relative de la pluie. Cependant les différentes courbes sont assez d’accord entre elles, assez conformes à ce que font prévoir les théories météorologiques, pour que l’on puisse admettre quelles représentent en gros l’allure du climat du Soudan.Fig. 53. — Régime des pluies au nord et au sud du Sahara.Les hauteurs de pluie sont données en millimètres.Dès maintenant il est établi qu’il y a de grandes variations dans les quantités de pluie que reçoit annuellement chaque station ; à Kayes on a recueilli 525 mm. 9 en 1902 et1072 mm. 9 en 1905. A Tombouctou, d’après Yacouba, la pluie aurait varié depuis une dizaine d’années entre 150 et 300 millimètres ; les années 1905 avec 230 mm. 6 et 1906 avec 259 mm. 5 peuvent passer pour bonnes[100].Fig. 54. — Moyennes des températures d’In Salah.Les courbes indiquent les moyennes des maxima et des minima.Au Sahara, on a de bonnes séries pour In Salah (27°,17′ Lat. N., 0°,7′ Long. E., Alt. 280 m.) encore un peu courtes malheureusement. Lafigure 54donne la moyenne des minima et celle des maxima pour les années 1903, 1904 et 1905 ; les extrêmes observés ont été − 1°,4, le 19 janvier 1904 ; et 50°,2, le 4 juillet de la même année. C’est bien le même type qu’à Ghardaïa. Chaque année on a noté quelques jours de pluie (9 en 1903), mais la pluie n’a jamais été mesurable.Il semble que dans toutes les parties basses du Sahara, le régime des pluies est le même qu’à In Salah : sur tous les itinéraires ontrouve mentionnés des puits qui cessent de contenir de l’eau deux ans, trois ans, sept ans, après le dernier orage. On parle même aux oasis de périodes de dix-huit ou vingt ans sans pluie. Les nomades, comme les sédentaires, ne tiennent compte dans ces affirmations que des pluies sérieuses ; celles qui ne mouillent pas le sol, qui ne sont pas mesurables, sont complètement négligées.Il ne survient dans la majeure partie du Sahara que des orages accidentels, parfois très violents ; le printemps 1907 a été presque partout pluvieux ; le ksar de Noum en Nas, dans le Timmi (Touat) a été détruit par un torrent descendu du plateau voisin. Le 25 mars 1907[101], un orage de grêle a dévasté l’oasis de Brinken ; la direction suivie par l’orage était exactement sud-nord. Son action s’est fait sentir par bandes parallèles nettement délimitées ; chacune des bandes dévastées était large de 80 à 150 mètres, les bandes indemnes, où n’est pas tombé un seul grêlon, étaient plus étroites (15-60 m.).Au cours de leur rezzou vers l’Ouest en 1906, les Taïtok, au voisinage des puits d’El Ksaïb, à quatre étapes au nord-ouest de Taoudenni, ont été sauvés de la soif par un orage qui leur a permis d’abreuver leurs chameaux et de remplir leurs outres.Aux oasis ces orages accidentels sont considérés comme un malheur ; ils empêchent parfois la fécondation des dattiers et peuvent gravement compromettre la récolte ; ils ramènent, dans les parties basses, le sel de la profondeur à la surface du sol : après un orage, les jardins trop voisins d’une sebkha sont perdus pour plusieurs années ; il faut longtemps pour que l’eau des seguias puisse en laver la terre. Enfin dans les ksour les constructions en terre sèche, en « tin », avec leurs terrasses plates, supportent mal la pluie : chaque averse cause des ruines et nécessite des réparations. A Tombouctou, où malgré des pluies régulières on a conservé le type de construction des ksour, les maçons se chargent, à l’abonnement, de l’entretien des maisons. Chaque année, à Zinder, à Agadez, etc., il faut faire de grosses réparations au poste. Dans la zone vraiment pluvieuse, on ne trouve guère que des toits coniques ; les toits en terrasse disparaissent.Sur les plateaux et les régions élevées, les pluies sont moins rares ; on n’a pas de renseignements sur les Eglab, mais les oueds qui en descendent sont humides et contiennent de nombreux points d’eau ; le Tadmaït arrose le Touat et le Tidikelt et contribue à la fertilité duGourara et des oasis du Sud constantinois ; il faut donc qu’il y pleuve assez régulièrement. Bien que le Tadmaït soit assez mal connu, on sait qu’il y existe des daïa, qui contiennent parfois de l’eau et sont plus souvent couvertes de pâturages.Les pluies ne sont pas très rares sur la Coudia et dans son voisinage immédiat ; elles peuvent survenir en toutes saisons ; d’ordinaire, comme au Soudan, elles arrivent pendant l’été, ou bien parfois, comme dans le bassin méditerranéen, pendant l’hiver.En avril 1880 Flatters a noté 7 jours de pluie.Dans leurs contre-rezzou à l’Ahaggar, Cottenest (printemps 1902) et Guilho-Lohan (hiver 1902)[102]ont reçu des averses. Du 1eraoût au 11 septembre 1905, j’ai noté onze fois de la pluie et il y avait eu des orages dès le mois de juin. Malheureusement il y a des années de sécheresse (1903-1904) ; le pays n’en souffre que peu si la mauvaise série ne dépasse pas trois ans, mais elle en dure souvent quatre ou cinq.En 1906, au cours de sa tournée dans l’Ahaggar, Voinot a eu deux journées entières de pluie (27 et 29 janvier) ; il est tombé quelques gouttes d’eau le 6, 7, 19 et 21 avril. En décembre 1905 il avait plu entre In Salah et Amgad et il est tombé quelques averses en mai 1906 dans l’Ahnet. Enfin Cortier mentionne, dans les contreforts ouest de la Coudia, une petite pluie le 30 mars 1907 et de fortes averses le 31 mars et le 3 avril.Ces orages sont en général assez brusques et très localisés. Le 4 août 1905, dans l’oued Tit, à 15 kilomètres à l’ouest d’Abalessa, la matinée avait été belle et sans vent. A midi et demi, très légère brise du sud-ouest ; à deux heures, tonnerre vers l’est ; le vent, toujours faible, s’établit entre nord et nord-ouest ; le ciel est à moitié couvert et le vent, franchement nord, est devenu grand frais ; à trois heures, toutes nos tentes sont arrachées et l’orage commence à tomber par très grosses gouttes, le vent passe au nord-est ; à cinq heures quarante-cinq, la pluie cesse et il y a une légère brise de l’ouest. La température, au cours de cet orage, a présenté quelques sauts brusques :Thermomètre sec.Thermomètre mouillé.——12h,30m43°,522°,52,43°,525°2,50m32°,5«3,1527°,523°5,4523°,521°,56,4531°,523°,5Le relèvement de température de six heures quarante-cinq, après le soleil couché, est remarquable. A Abalessa, il n’était tombé qu’une averse insignifiante, et cette localisation des tornades explique que de l’air plus chaud puisse être amené par le moindre coup de vent au point refroidi par l’orage.Des observations plus suivies ont été faites à Tamanr’asset[103]; elles portent sur une année.Août 1905.Chaleur très modérée ; les températures moyennes pendant la seconde quinzaine ont été 20°,8 à six heures du matin ; 36°,2 à deux heures et demie ; 30°,5, à six heures du soir.Cinq ou six forts coups de vent durant quelques heures. Deux ou trois fortes averses durant de une à quatre heures.Septembre.Température moyenne. Très peu de vent. Un fort orage avec pluie pendant cinq ou six heures.Octobre.Température moyenne. Très peu de vent, pas de pluie.Novembre.Nuits fraîches, mais non froides ; journées tempérées. Très peu de vent, pas de pluie.Décembre.Nuits fraîches, mais non froides, journées tempérées. Dans les premiers jours du mois deux ou trois pluies légères de trois à quatre heures chacune ; l’oued coule pendant deux jours à Tamanr’asset.Janvier 1906.Assez froid la nuit, tempéré le jour. Très peu de vent, pas de pluie. Rosée. Ni glace ni gelée blanche.Février.Froid la nuit, frais le jour. Très peu de vent ; deux fortes pluies d’environ douze heures chacune dans les premiers jours du mois. Rosée abondante, ni glace, ni gelée blanche. L’oued coule pendant quatre jours à Tamanr’asset.Mars. Du 1erau 10.Froid la nuit, frais le jour. Très peu de vent. Pas de pluie.A partir du 10.La température change brusquement et devient tempérée le jour ; les nuits, ni chaudes ni froides. Presque tous les jours grand vent venant du sud et amenant brume et chaleur. Pas de pluie.Avril.Température moyenne. Presque tous les jours grand vent venant souvent du sud. Pas de pluie.Mai. Du 1erau 20.Température modérée. De dix heures du matin au coucher du soleil, grand vent venant ordinairement de l’ouest ; le reste du temps pas de vent. Le 11, quelques gouttes de pluie ; le 12 quelques très légères averses.A partir du 20, la température change brusquement, les journées deviennent chaudes, les nuits restent tempérées et fraîches. De dix heures du matin au coucher du soleil, vent modéré venant souvent du sud ; le reste du temps, pas de vent. Une très petite averse le 30.Juin.La moyenne des températures est 14° à cinq heures, 36° à midi, 30° à six heures. De dix heures du matin au coucher du soleil vent modéré, venant souvent du sud ; le reste du temps, pas de vent.Les 8, 25 et 26, quelques gouttes de pluie. De minuit au lever du soleil, l’air est souvent humide.Juillet.Moyenne des températures : cinq heures 15° ; midi 37° ; six heures 31°. De dix heures du matin au coucher du soleil vent modéré venant souvent de l’est ; le reste du temps, presque pas de vent. Ciel souvent couvert le jour, ordinairement découvert la nuit. Le 1eret le 2, quelques gouttes de pluie.Pour la pluie, l’année 1905-1906 a été exceptionnelle ; d’ordinaire, il pleut en été plutôt qu’en hiver.D’après Duveyrier, la neige serait assez fréquente sur la Coudia et tiendrait parfois trois mois sur l’Ilamane. Au cours de la période août 1905-juillet 1906, l’absence de neige est expressément mentionnée sur l’Ilamane qui, de Tamanr’asset, est très en vue. L’indication de Duveyrier est probablement erronée et tient à une faute de traduction : le tamahek n’a qu’un seul mot (ar’eris) pour désigner l’eau solide sous toutes ses formes (glace, grêle, neige, gelée blanche).Le sol de l’Ahaggar est d’ordinaire imperméable, de sorte que toute l’eau tombée se rassemble rapidement dans les vallées et s’écoule parfois à de grandes distances : les crues de l’oued Tamanr’asset dépassent parfois Timissao.Ces crues sont extrêmement brusques : le 5 août 1905, un orage survint vers trois heures de l’après-midi à notre campement près de l’oued Tit (15 km. est d’Abalessa) ; vers cinq heures, l’oued commence à couler avec une vitesse d’environ 2 mètres par seconde ; il contient 0 m. 25 d’eau ; vers sept heures, il n’en contient plus que 0,12 et sa vitesse n’est guère que de 1 mètre ; vers neuf heures il est à sec.Cet exemple est insignifiant ; mais parfois l’eau est assez profonde pour noyer un homme ; on trouve souvent accrochés aux branches, à deux ou trois mètres du sol, des débris qui n’ont pu être amenés que par les crues. A la suite de ces orages, les alluvions sont largement mouillées et peuvent conserver d’importantes réserves d’humidité,que la structure du pays rend assez facilement utilisables.Plus au sud, les régions élevées comme l’Aïr ou l’Adr’ar’ des Ifor’as appartiennent, par leur climat, au Soudan et présentent une saison de pluies régulières.A notre arrivée dans l’Adra’r’, à In Ouzel, le 23 juin 1905, il pleuvait depuis deux ou trois semaines ; l’état de la végétation herbeuse qui sortait du sol toute fraîche, confirmait les indications des indigènes ; jusqu’à la fin de notre séjour (28 juillet) il a été noté 10 jours de pluie.En 1907[104], le 6 mai, un gros orage forme dans l’oued Tekakand de beaux aguelmans. Il est probable que cet orage isolé est exceptionnel et que la saison pluvieuse ne commence régulièrement qu’un peu plus tard. Voici, pour la première quinzaine de juin, les observations de Dinaux : le 30 mai, une heure de pluie violente à quatre heures du soir ; le 2 juin, trois heures de pluie torrentielle (entre trois heures et huit heures du soir) : l’oued Eferir est transformé en un marécage de deux kilomètres de large ; le 8 juin, une demi-heure de pluie violente (trois heures du soir) ; le 9 juin une heure d’averses intermittentes (quatre heures) ; le 12 juin, pluie torrentielle de trois à six heures du soir. L’Oued in Ouzel coula une partie de la nuit.Le caractère particulier de ces crues a déjà été indiqué ; à cause de la largeur des vallées, elles ne sont jamais violentes ; la nappe d’eau n’a pas de profondeur et le courant n’est pas rapide, sauf peut-être dans quelques oueds de montagne.Cette saison des pluies de juin, juillet, août paraît très régulière et chaque région de l’Adr’ar’ reçoit trois ou quatre grandes tornades chaque année, habituellement dans la soirée : c’est vers quatre ou cinq heures de l’après-midi que le ciel commence à se couvrir ; les nuages apparaissent souvent au sud-est.Parfois cependant une seconde période pluvieuse se produit deux mois après la fin des orages réguliers. Les crues qui peuvent survenir ainsi à la fin d’octobre sont en général redoutées ; elles détruisent la végétation herbacée qui s’était établie dans les oueds et restreignent singulièrement les pâturages.Les observations thermométriques sont encore peu nombreuses ; cependant, pendant la saison des pluies, les maxima sont relativement peu élevés ; pendant la première quinzaine de juin 1905, dans le tanezrouft d’In Zize, la température dépassait tous les jours 45° etapprochait parfois de 50° ; dans la seconde quinzaine de juin et de juillet, dans l’Adr’ar’, le thermomètre a rarement indiqué plus de 40° ; dix-huit fois sur trente-quatre, c’est-à-dire dans la majorité des cas, le maximum est resté inférieur à ce chiffre ; le 9 juillet, il a été de 31° ; la plus haute température observée (44°) a été notée une seule fois. A cinq heures du matin les lectures sont en général voisines de 25°.Il est probable que, si l’on pouvait la construire, la courbe aurait une allure voisine de celle de Tombouctou ; mais on ne sait rien sur les températures de l’hiver dans l’Adr’ar’ ; il est vraisemblable que dans les mois de décembre, janvier et février, le thermomètre descend parfois au voisinage de 5° ou 6°, mais ce n’est là qu’une impression.Dans l’Adr’ar’, comme dans toute la zone sahélienne, l’air est en général sec ; même pendant la saison des pluies, l’écart entre les deux thermomètres, sec et humide, atteint facilement 15° dans l’après-midi ; le matin cependant l’humidité est parfois sensible ; l’écart entre les deux thermomètres est souvent faible, 4° ou 5° ; il tombe rarement à 2°.Le climat de l’Aïr est très comparable à celui de l’Adr’ar’ ; il présente aussi une saison de pluies régulières, mais plus tardive ; le Teloua, qui passe à Agadez, coule habituellement, d’après les renseignements qu’a bien voulu me donner Lefebvre, six à sept fois par an ; les années sèches, il ne présente que deux ou trois crues ; en 1905, qui a été une année particulièrement pluvieuse, il a coulé 19 fois. Du 17 septembre 1905, date d’arrivée à l’oued Tidek, jusqu’au 5 novembre, départ d’Agadez, j’ai noté neuf fois de la pluie.Foureau pendant son séjour dans l’Aïr (mars-juillet 1899) a noté trente-trois jours de pluie ; pour la plupart des jours, il s’agit seulement de quelques gouttes d’eau et la Mission Saharienne n’a reçu que quatre averses sérieuses.Les températures paraissent les mêmes que dans l’Adr’ar’ ; du 17 septembre au 5 novembre 1906, j’ai noté deux fois 40°, le 27 septembre dans l’oued Kadamellet et le 26 octobre à Alar’sess ; une seule fois 43°, le 14 octobre, près d’Iférouane. Les températures de 38° ou 39° ont été fréquentes. En septembre, les minima ont toujours été supérieurs à 20° ; en octobre, ils sont descendus quelquefois à 19°. Le 6 novembre, j’ai observé 13° à quelques kilomètres à l’ouest d’Agadez. Dans l’Aïr comme partout, un temps couvert s’oppose au rayonnement : le 7 octobre à Iférouane, après une nuit couverte qui avait amené la pluie sur le Timgué, il y avait 36° à six heures du matin ; 39° à deux heures et 36° à six heures du soir.L’état hygrométrique a été le même que dans l’Adr’ar’.La région de Tombouctou, le Télemsi, le Tégama, le bassin du Tchad qui appartiennent eux aussi à la zone sahélienne, ne se distinguent guère, au point de vue climatérique, de l’Adr’ar’ ou de l’Aïr. Du 27 juillet ou 22 août 1905, de Tabankort à Tombouctou, Gautier a noté dix tornades dont deux d’une extrême violence ; à Bourem, d’après le lieutenant Barbeyrac, il tombe en moyenne 8 à 9 tornades par an ; il est très remarquable que ces tornades soient amenées par vent du nord-est ; l’humidité ne peut cependant provenir que de l’Atlantique. Pendant les reconnaissances qu’il a exécutées à l’intérieur de la partie nord du Tchad (juin-août 1905), le capitaine Freydenberg a observé dix tornades suivies de pluie, cinq venant du nord-est et cinq du sud-ouest. Un peu plus au sud, à Massakory, le lieutenant Deschamps a compté, du 19 mai au 26 septembre 1905, 269 heures de pluies. Du 1ermai au 12 août 1906, en allant de Zinder à Tombouctou, j’ai suivi jusqu’à Niamey la limite méridionale de la zone sahélienne ; j’ai reçu, pendant ce voyage, 28 averses ; à partir du 15 mai surtout, presque chaque jour on voyait une ou deux tornades à l’horizon. L’année 1906 a cependant été plutôt sèche, du moins au début de l’hivernage ; au moment de mon passage dans la région de Tahoua, pendant la première quinzaine de juin, on n’avait pas encore pu, faute de pluie, semer le mil ; les indigènes commençaient à être inquiets.Il pleut d’ailleurs accidentellement, dans tout le Soudan, en dehors de la saison d’hivernage : en février 1906, on a recueilli à Tombouctou 2 mm. 3 d’eau ; Foureau, en janvier 1900, a noté trois ondées au Tchad.Les tornades de l’été présentent les mêmes caractères dans toute la zone sahélienne, mais, dans l’Adr’ar’ et dans l’Aïr, l’horizon est toujours borné, de sorte qu’on voit mal l’ensemble des phénomènes. Dans les pays de plaine, on les voit au contraire fort bien ; de loin, les tornades sont nettement délimitées et on peut les embrasser d’un seul coup d’œil. Elles sont habituellement d’une violence extrême ; sur le fleuve, les chalands sont obligés de se mettre à l’abri et malgré cette précaution, ils sont violemment agités par la houle qui accompagne le coup de vent ; malgré l’abri que procurent les berges du fleuve, les vagues embarquent fréquemment. La tornade pousse le plus souvent devant elle une colonne de poussière que l’on voit s’avancer de loin comme un grand mur jaunâtre ou rougeâtre et qui semblé être l’origine des brumes du Soudan. Au-dessus de cette colonne, on aperçoit souvent un cumulo-nimbus.Parfois il n’y a pas autre chose et la tornade est sèche ; souvent aussi elle amène la pluie ; dès qu’il pleut, le vent change complètement de direction et diminue de vitesse.Les cyclones (?) qui donnent naissance à ces tornades sont de très petit diamètre, aussi sont-ils en général sans influence sur le baromètre.La plupart de ces tornades sont de courte durée ; elles sont accompagnées d’ordinaire d’éclairs et de tonnerre et apparaissent le plus souvent le soir ou la nuit ; parfois aussi elles commencent à minuit ou une heure du matin.Ces perturbations violentes et brèves sont certainement les plus fréquentes dans la zone sahélienne ; cependant la pluie prend quelquefois un caractère différent. Le 22 juin 1906, à l’est de Matankari (13°,40′ Lat. N.) tout près de la limite des zones soudanaise et sahélienne, de huit heures et demie à huit heures trois quarts du matin, j’ai noté un fort orage, accompagné de grêle, par vent d’est ; à neuf heures le vent (3)[105]était passé au sud-est et une pluie fine, très continue et peu abondante, d’un type familier en Europe, commençait à tomber ; vers dix heures le vent devenait sud-ouest (2) ; la pluie cessa à onze heures ; pendant ces deux dernières heures, il n’y a eu ni éclair ni tonnerre.Le 26 juin au soir, le vent était assez faible et soufflait du sud ; vers minuit il passait brusquement à l’ouest ; dès que la pluie, qui dura de minuit à onze heures du matin, le 27, commença à tomber, le vent assez faible s’établit à l’est ; à 11 heures, il était passé au sud-ouest (4) ; toute l’après-midi, il se maintenait à l’ouest (1).Dans la majeure partie du Sahara, le vent dominant souffle du nord-est ; les dunes fournissent à cet égard un excellent enregistreur et il ne saurait y avoir de doute ; les dunes fossiles qui s’étendent du Sénégal au Tchad montrent qu’à une époque antérieure le régime était le même, comme il fallait s’y attendre puisque les causes qui déterminent les alizés sont permanentes.Il y a cependant quelques exceptions. Les unes sont très locales et probablement négligeables : le bras d’erg qui borde à quelques cents mètres la falaise orientale du tassili Tan Adr’ar’ indique des vents d’ouest. D’autres sont plus importantes ; dans la région du Cap Blanc les vents viennent du nord d’une façon presque constante. La même direction domine entre Araouan et Taoudenni : les bras d’erg s’étendent de l’est à l’ouest sur 300 kilomètres et il ne peut êtrequestion ici de remous locaux. Les dunes fossiles entre Araouan et Tombouctou indiquent au contraire des vents du sud ; l’asséchement du lac de Taoudenni n’est peut-être pas étranger à ce changement de régime.D’ailleurs les dunes ne peuvent donner que la résultante du vent ; les quelques observations que l’on a montrent des variations saisonnières considérables. Tamanr’asset, d’après les observations relatées plus haut, en fournit un bon exemple. A In Salah, en 1905, on a noté 460 fois le vent du nord-est ; 194 fois du nord ; 84 fois du sud-ouest ; à Tombouctou, 215 fois du nord, 194 fois du nord-est, 188 fois du nord-ouest, 166 fois du sud-ouest et 146 fois de l’ouest ; les autres directions sont rares. La même année, à Zinder, le vent dominant a été est-nord-est de janvier à fin avril ; il a été sud-ouest en mai et juin, variable en juillet et août ; en septembre et octobre, le vent d’ouest a été le plus fréquent ; celui d’est, en novembre et décembre.Ces changements sont évidemment liés à la saison des pluies ; il semble que l’Adr’ar’ est un centre de pressions basses pendant l’été, hautes pendant l’hiver. Gautier [cf. t. I,p. 52] a insisté sur le rôle possible des grands ergs, plus chauds en été et plus froids en hiver que les hammadas voisines, dans la distribution des pressions : les hammadas et les ergs constituent peut-être au Sahara, au point de vue météorologique, des entités aussi distinctes que, à la surface du globe, les mers et les continents.Malgré les nombreux documents déjà connus, il semble qu’un essai de synthèse serait prématuré.II. —LA BRUMELa brume est fréquente au Sahara où elle se présente sous deux aspects essentiellement différents. Par beau temps, le sol est surchauffé, la température du sable dépasse souvent 60°. Les couches d’air voisines du sol acquièrent une température élevée ; les filets d’air chaud qui s’élèvent à travers l’air plus froid ne s’y mélangent pas de suite. Les parties basses de l’atmosphère ne sont pas homogènes et perdent leur transparence ; les différences entre les indices de réfraction de l’air chaud et de l’air froid amènent des déformations des images qui sont le plus souvent très allongées dans le sens vertical ; une touffe d’herbe prend figure d’un arbre ; un méhariste simule un peuplier. Ce phénomène extrêmement fréquent se compliquesouvent de mirage, dû lui aussi à des différences de température entre couches d’air voisines.Cette brume de réfraction et le mirage sont visibles surtout pendant les heures chaudes de la journée ; un vent moyen ne fait disparaître ni l’un ni l’autre ; on les observe dans tout le Sahara et dans le nord du Soudan.Dans les parties méridionales du Sahara, au sud d’In Zize comme au sud de l’oued Tagrira, ainsi que dans l’Ahaggar, une brume d’origine toute différente, et que l’on retrouve au Soudan, accompagne la saison des pluies tropicales. C’est une brume aussi opaque que n’importe quel brouillard septentrional, épaisse à ne pas voir un chameau à 5 mètres ; elle atténue considérablement l’éclat du soleil qui prend une couleur blanche et ressemble à la pleine lune ; parfois même la brume est assez épaisse pour masquer complètement le soleil ; en plein midi, on ne voit même pas où il est et il devient impossible de s’orienter sans boussole.Cette brume est souvent presque journalière ; entre Timissao et In Ouzel, nous l’avons notée les 19, 20, 21 et 22 juin 1905. A cette dernière date, la caravane a passé au pied de la gara Tirek, sans pouvoir la distinguer ; des gazelles, habituellement plus farouches, ont marché quelque temps au milieu du convoi. Cette brume se manifeste fréquemment la nuit, ce qui montre son indépendance des phénomènes thermiques : dans la nuit du 23 au 24 juin, à In Ouzel, un coup de vent d’une violence extraordinaire amène une obscurité absolue ; on a l’impression de la cécité la plus complète ; jamais la nuit la plus sombre n’a donné une pareille sensation.Cette brume n’a rien à voir avec le brouillard ; elle n’est pas humide ; le 19 juin, en pleine brume, les thermomètres, sec et humide, indiquent respectivement 27° et 14° ; le 30 juin, 32°,5 et 21° ; le 22 juin, 28° et 18° ; le 30 juillet, 42° et 24°,5. Elle est due à de fines particules argileuses en suspension dans l’atmosphère ; ces poussières très ténues sont impalpables ; elles ne décèlent leur présence que par un dépôt jaunâtre qu’elles laissent sur les vêtements et les cheveux. On les voit bien surtout lorsqu’il commence à pleuvoir : chaque goutte de pluie aussitôt évaporée laisse sur la peau une tache de boue.Parfois la nuée argileuse est nettement visible et les deux observations suivantes permettront de saisir le mécanisme de sa formation.Le 25 juillet 1905, dans la vallée de l’oued En Néfis, au sud de Timissao, la journée avait été assez belle ; la brume, légère le matin, avait disparu vers midi ; il y avait eu peu de vent, sauf une brise légère de l’ouest, vers trois heures.A six heures et demie un arc-en-ciel double était visible vers l’est ; vers le sud, il y avait une menace d’orage ; quelques minutes plus tard un nuage de poussière, couleur terre de Sienne, bien délimité, venait rapidement sur nous ; il suivait assez exactement la vallée, large en ce point de 3 km. 5 à peu près et bordée de falaises hautes d’une quarantaine de mètres. Ce nuage était amené par un fort coup de vent du sud qui dura une heure environ. Après une heure de calme, le vent se remettait à souffler du nord ; il était accompagné de pluie et il y eut plusieurs averses dans la nuit.Le lendemain l’atmosphère était claire.Le 8 août, à Tit, dans l’Ahaggar, la journée avait été belle ; depuis le lever du soleil jusqu’à midi, un peu de vent d’est avait atteint sa plus grande intensité vers neuf heures (petite brise). De midi à trois heures, le vent était venu du sud, pour repasser à l’est dans la soirée ; il était resté plus faible que le matin.
Fig. 42. — Mamelons de microgranites alcalins du Mounio, partiellement ensablés.Du poste de Gouré. — Horizon sud.
Fig. 42. — Mamelons de microgranites alcalins du Mounio, partiellement ensablés.Du poste de Gouré. — Horizon sud.
Fig. 42. — Mamelons de microgranites alcalins du Mounio, partiellement ensablés.
Du poste de Gouré. — Horizon sud.
Le pays est assez pittoresque ; les mamelons granitiques sont enfouis jusqu’à mi-hauteur dans du sable qui, sûrement, a été amené par le vent ; j’ai pu vérifier à plusieurs reprises que c’est bien du sable siliceux assez pur et non un amas de minéraux divers, provenant de la décomposition sur place des granites. Les fonds sont occupés le plus souvent par des mares habituellement éphémères, mais qui suffisent à faire croître de grands arbres parmi lesquels dominent les acacias et les doums, accompagnés parfois de dattiers. Sur les pentes sableuses, la végétation est assez dense et les sommets rocheux eux-mêmes sont couverts presque partout d’euphorbes et d’aderas ; dans les parties dénudées, le granite est rose ou gris bleu et l’ensemble fait un paysage en somme agréable (fig. 61,p. 151).
Le Mounio a un aspect jeune ; il est à peine entamé par l’érosion ; vers la périphérie, on peut suivre les lits de quelques rivières ; aucune n’a remonté sa source au cœur du pays ; les différentes cuvettes sont sans lien entre elles et c’est là une circonstance fâcheuse ; chaque cuvette ne peut conserver que la pluie qui esttombée sur le petit bassin dont elle occupe le centre ; nulle part, l’eau ne peut s’accumuler en quantité assez considérable pour qu’il y ait des puits tout à fait permanents. Chaque village est à la merci des averses qui, chaque année, tombent dans son voisinage ; les puits sont peu profonds (5-10 m.), et la nature imperméable du sous-sol granitique ne permet pas de croire qu’en les creusant davantage ils auraient un débit moins inconstant.
Aussi les villages sont-ils d’importance très variable ; la population est obligée à de fréquents déplacements. Vers 1850, Barth a évalué la population de Gouré à9000 habitants ; les cases ruinées sont assez nombreuses pour confirmer ce chiffre. Vers 1900, Gouré était presque complètement abandonné ; en 1906, c’était un village de 600 habitants.
Malgré ces conditions défavorables, le Mounio est toujours resté assez peuplé ; son relief est trop accentué pour qu’il ne soit pas facile à défendre ; il est traversé par la grande route, assez fréquentée, qui, du Tchad et du Bornou, va au Niger, en sorte que le commerce y a une certaine importance.
Fig. 43. — Mamelons de microgranites alcalins du Mounio, partiellement ensablés.Du poste de Gouré. — Horizon ouest.
Fig. 43. — Mamelons de microgranites alcalins du Mounio, partiellement ensablés.Du poste de Gouré. — Horizon ouest.
Fig. 43. — Mamelons de microgranites alcalins du Mounio, partiellement ensablés.
Du poste de Gouré. — Horizon ouest.
Koutous.— Le Koutous est essentiellement un plateau gréseux dont les dimensions n’excèdent pas une cinquantaine de kilomètres ; son altitude s’abaisse progressivement de l’ouest vers l’est. Auprès de Guesket, la cote du plateau est voisine de 650 ; elle n’est plus que de 500 mètres à Guirbo ; plus à l’est, le Koutous disparaît sous l’erg. Quelques vallées pour la plupart ensablées, presque des cañons, entaillent profondément le plateau et en font une chebka ; vers l’ouest leur sol se raccorde avec celui de la haute plaine voisine et contiguë du Tegama. Les flancs de ces vallées sont toujours envahis par le sable qui, vers l’ouest, à Guesket, masque à peine le pied de la falaise ; à mesure que l’on s’avance vers l’est, on voit le sable arriver à mi-hauteur, comme à Kellé, et enfin au sommet du plateau comme à Guirbo ; la distance verticale entre le sommet de la falaise et l’orifice des puits met bien ce fait en évidence : cette distance est de 120 mètres à Guesket, de 60 à Laraba et de 20 seulement à Guirbo (Planche de coupeshors texte, coupe VI).
Les puits, creusés dans les grès du Tegama, sont très profonds surtout vers l’ouest. Sur une carte manuscrite que j’ai pu consulter à Gouré, le lieutenant Paquette donne les chiffres suivants :
J’ai pu vérifier l’exactitude de quelques-uns de ces nombres[92].
Ces puits ont un diamètre de deux à trois mètres ; tous les matériaux de déblais sont accumulés autour de l’orifice qui se trouve ainsi au milieu d’un monticule haut de quelques mètres ; l’eau en est protégée contre les impuretés ; un coffrage de bois, formé de pieux enfoncés radialement, protège les parties ébouleuses du puits. Pour tirer l’eau, on se sert d’un seau de cuir contenant une quarantaine de litres au moins ; la corde de traction tirée par un bœuf est le plus souvent en cuir et passe sur un tronc d’arbre à peine dégrossi que deux fourches soutiennent à un mètre du sol et qui tient lieu de poulie ; le seau, sorti du puits, est descendu à bras d’homme au pied du monticule de déblais et l’eau est versée dans des auges de bois. L’outre à manche qui se vide toute seule et les canalisations semblent inconnues dans le Koutous.
Fig. 44. — Les plateaux du Koutous. Du village de Kellé.Le fond de la vallée, couvert d’une haute brousse (dasi), est indiqué en hachures fines.
Fig. 44. — Les plateaux du Koutous. Du village de Kellé.Le fond de la vallée, couvert d’une haute brousse (dasi), est indiqué en hachures fines.
Fig. 44. — Les plateaux du Koutous. Du village de Kellé.
Le fond de la vallée, couvert d’une haute brousse (dasi), est indiqué en hachures fines.
La principale occupation des habitants est l’extraction de l’eau nécessaire à leurs nombreux troupeaux ; jour et nuit, sans aucunarrêt, on travaille aux puits pour abreuver les zébus, les chèvres et les moutons qui sont nombreux et en très bel état.
Les pâturages du Koutous sont permanents et toujours bons ; pendant la saison sèche les troupeaux de chameaux y affluent en grand nombre ; il en vient de loin, même de la région de Zinder.
La culture du mil réussit assez bien, sans irrigation, de sorte que, malgré la profondeur de ses puits, le Koutous est un pays moyennement riche ; mais il a un mauvais voisinage ; au nord et à l’est, les Tebbous, à l’ouest, les Touaregs le menacent constamment. Aussi les villages sont-ils presque tous éloignés des puits et établis au voisinage immédiat du plateau qui, en cas de danger, fournit une bonne position défensive : les pierres qui le recouvrent donnent en abondance des munitions qui ont, à maintes reprises, permis aux habitants du Koutous de repousser de puissants ennemis et de rester à peu près indépendants. Pour plus de sécurité, les magasins à mil et à niébé sont établis dans les recoins des falaises, où des réserves d’eau sont installées en cas de nouvelles alarmantes.
Fig. 45. — Grès du Koutous.Du puits de Laraba. Le village dont la place est indiquée est Guéréré. La falaise a une vingtaine de mètres.
Fig. 45. — Grès du Koutous.Du puits de Laraba. Le village dont la place est indiquée est Guéréré. La falaise a une vingtaine de mètres.
Fig. 45. — Grès du Koutous.
Du puits de Laraba. Le village dont la place est indiquée est Guéréré. La falaise a une vingtaine de mètres.
Dans le Koutous et le Mounio réunis, il y aurait environ 20000 habitants (capitaine Chambert), qui font partie du groupe bornouan et parlent des dialectes béri-béri.
Alakhos.— L’Alakhos n’est que la partie occidentale du Koutous ; l’érosion y est plus avancée et au lieu qu’il soit un plateau entaillé de vallées, il est constitué par une plaine parsemée de quelques étroits plateaux, derniers témoins des grès du Koutous. Les villages assez nombreux de ce district sont tous adossés à l’un de ces témoins, le plus souvent à mi-côte, au sommet de la partie ensablée (fig. 60,p. 150) ; ils sont donc assez souvent éloignés des puits qui sont habituellement profonds, comme dans toute la zone infracrétacée. Les habitants, une population noire, de langue béri-béri[93],sont apparentés à ceux du Koutous. Mais les villages de l’Alakhos, isolés les uns des autres, n’ont pas pu, comme leurs voisins de l’est, résister à l’invasion des nomades ; ils sont sous la domination des Touaregs qui font paître leurs troupeaux dans la plaine entre les gours. Cette conquête, par une tribu des Ikaskazan, daterait de la fin duXVIIIesiècle.
Le Manga.— Contrastant avec ces différents districts qui presque tous vivent essentiellement de culture, entre le Mounio et le Tchad, au nord de la Komadougou-Yobé, s’étend, au milieu de la brousse à mimosées, une région, le Manga, essentiellement industrielle ou plutôt minière. Le Manga est dans l’ensemble une plaine, caractérisée par des dépressions, des cuvettes à contour elliptique, à parois abruptes taillées comme à l’emporte-pièce. Au nord, le long de la ligne Gouré, Mirrh, Woudi, les pluies sont rares ; elles ne suffisent pas pour ramener, de la profondeur, le sel à la surface du sol. Plus au sud, elles deviennent plus abondantes ; quelques dépressions sont occupées par des mares permanentes, d’autres, plus nombreuses, par des mares temporaires dont la dessiccation laisse, comme résidu, une croûte saline. Quelques autres ne s’assèchent qu’à moitié et l’eau y arrive à saturation ; il se forme à leur surface une couche de sel, scintillant au beau soleil du Soudan et qui donne l’illusion d’un étang glacé sous un ciel de feu.
Bien que le pays ne présente que de mauvaises dispositions défensives, que l’eau douce y soit rare et la culture difficile, il s’est établi dans le Manga un certain nombre de gros villages qui ont un caractère industriel marqué, comme Garankawa ou Gourselik ; les exploitations sont loin d’occuper tous les bas-fonds où elles seraient possibles ; il semble toutefois que leur nombre tend à s’accroître ; en 1905 un nouveau village, Garé, venait de s’établir près d’une mare jusqu’alors dédaignée.
Une richesse minérale a permis à des sédentaires de vivre dans un pays qui convient surtout à l’élevage et où les Peulhs ont de nombreux troupeaux.
Kaouar.— A une grande distance vers le nord, se trouvent les oasis du Kaouar ; les conditions géologiques qui ont permis leur création sont encore mal connues. On sait que les terrains crétacés arriventau voisinage ; on sait aussi que les roches anciennes s’y rencontrent. Le sergent Lacombe a rapporté des granites du mont Fosso, et le Dévonien se trouve probablement à peu de distance à l’est de Bilma et de Fachi. Il est donc vraisemblable qu’autour de l’oasis les terrains cristallins (Archéen et Silurien), imperméables, sont recouverts par un manteau peu épais de grès crétacé et que l’eau, provenant du Tibesti où, grâce à l’altitude, il pleut tous les ans, comme dans l’Aïr, se trouve à une profondeur médiocre ; au centre du bassin, dans sa partie la plus déprimée, l’eau est à fleur de sol et les oasis du Kaouar ont pu s’y établir. Ces oasis s’étendent, du nord au sud, sur environ 80 kilomètres ; la largeur de la bande fertile est peu considérable ; Nachtigal lui attribuait 8 à 10 kilomètres ; d’après Gadel elle ne serait que de 4 à 5.
Elle contient une dizaine de villages habités par2500 Tebbous et Béribéris (dont 500 captifs) ; le cheptel est négligeable ; il se réduit à 540 chameaux, 43 chevaux, 252 ânes et 980 chèvres et moutons. Il y a environ 100000 palmiers, à l’ombre desquels on cultive des céréales, surtout du blé.
Les habitants ont heureusement pour vivre d’autres ressources que celle de la culture ; la plus importante est le commerce du sel, qu’ils peuvent échanger contre du mil. Ils exportent annuellement peut-être 40000 charges qui, prises sur place, ont une bien faible valeur ; d’ailleurs les Kel Aïr, qui, ces dernières années, étaient les maîtres du pays, prétendaient, en cette qualité, ne rien payer en enlevant le sel.
En dehors du commerce du sel, Bilma a été un point de transit important ; l’oasis est une halte forcée sur la route de Tripolitaine au Tchad et aux états Bornouans. Cette route était suivie, il y a peu d’années encore, par de nombreuses caravanes. Les attaques trop fréquentes des Tebbous et des Ouled Sliman l’on fait abandonner. Ce délaissement de la plupart des routes caravanières par suite de l’insécurité est un fait constant ; il semble facile d’en indiquer la cause. Au beau temps du commerce des esclaves, les caravanes étaient nombreuses ; les droits qu’elles payaient pour s’assurer la protection des nomades, les chameaux qu’elles leur louaient, procuraient à tous des ressources suffisantes pour vivre ; ils savaient en général s’en contenter.
Depuis que la traite des noirs est devenue plus difficile, ou même impossible, ces ressources ont diminué ; la misère s’est accentuée ; le pourcentage que les nomades touchaient ne les a plus contentés et ils ont pris le tout. La même cause a produit dans tout le Sahara lesmêmes effets : Flye Sainte-Marie[94]a mis ce phénomène en évidence pour les routes de l’Iguidi.
A Taoudenni même, la situation est devenue particulièrement grave. En 1905 et en 1906, les r’ezzou marocains qui jusqu’alors s’étaient contentés de piller les caravanes venues du sud et de leur enlever des chameaux, trouvant que leurs prises devenaient insuffisantes, s’attaquèrent aux commerçants du ksar. L’un d’eux qui avait vécu en bonne amitié avec les habitants, acceptant chaque jour la diffa, enleva tous les captifs qui travaillaient aux salines et ne les rendit à leurs propriétaires que contre une forte rançon. Ce fait, sans précédents dans l’histoire de la saline, contraire à toutes les bonnes traditions du désert, scandalisa fort les commerçants de Taoudenni[95].
L’insécurité au Sahara a été fille de la civilisation ; tout semble indiquer qu’elle ne sera que passagère.
A Bilma, la raréfaction des caravanes a obligé les habitants à travailler un peu plus et déjà, au moment du passage d’Ayasse (1905), beaucoup d’entre eux se rendaient compte de la nécessité qu’il y avait pour eux à développer les cultures.
Il semble que, depuis fort longtemps, la région de Bilma a formé un centre ethnique distinct : parmi les outils néolithiques que Ayasse a rapportés, à côté des types que l’on trouve à l’ouest et au sud de Bilma, se trouvent quelques pièces très spéciales ; l’une d’elles est très curieuse ; elle a la forme d’une hache étroite et épaisse, mais au lieu d’un tranchant, elle présente à son extrémité la plus large une pointe formée par une sorte de pyramide triangulaire ; l’une des faces de cette pyramide, parallèle au plan sagittal de la pièce, est large, les deux autres beaucoup plus étroites. Jusqu’à présent, on ne connaît aucun spécimen analogue à cette espèce de gouge.
On peut donc penser que, à l’époque néolithique, « il s’était constitué en pays tebbou un centre industriel qui, tout en ayant fait des emprunts aux contrées septentrionales et méridionales, n’en avait pas moins conservé des caractères propres. Le fait mérite d’être vérifié, car il permettrait de supposer qu’il a vécu autrefois en ce point un îlot ethnique particulier qui avait cependant des relations avec les tribus du nord et avec celles du sud[96]».
Fachi.— L’oasis de Fachi (oasis Agram) située à 150 kilomètresà l’ouest de Bilma, est beaucoup moins importante ; elle couvre 14 kilomètres du nord au sud avec une largeur de 3 ou 4 kilomètres.
Sur toute sa longueur, elle est limitée à l’est par une chaîne rocheuse dont le point le plus élevé est le mont Fosso qui domine l’oasis d’une centaine de mètres. Entre cette chaîne granitique (?), surmontée de plateaux gréseux revêtus de la patine du désert, et l’Aïr, s’étend probablement une plaine formée par les grès du Tegama où vont se perdre les eaux de quelques koris d’Aïr (K. Ténéré, K. de Tafidet) ; il est vraisemblable que ce sont ces koris qui alimentent Fachi.
L’oasis a été vue pour la première fois par des Européens en octobre 1907 (commandant Mouret, capitaine Martin, sergent Lacombe).
Les îles du Tchad.— Les peuplades qui habitent les alentours du Tchad sont assez nombreuses ; au nord les Tebbous, à l’est les Ouled Sliman, au sud les Peuhls représentent les principaux éléments nomades. Les populations du lac sont plus intéressantes ; elles ont trouvé dans les îles du Tchad un refuge presque assuré contre les invasions ; même lorsque les eaux sont basses, il reste dans les bahrs trop de parties marécageuses pour que l’on puisse s’y aventurer sans risques.
Il semble que deux peuplades différentes au moins occupent ces îles : les archipels du sud sont occupés par les Kouris ou Kanembous, qui sont venus probablement du Kanem et se rattachent peut-être aux Tebbous. Tous sont musulmans. Ils ont de nombreux troupeaux, mais se déplacent peu ; chez eux l’agriculture est assez développée et ils sont en réalité sédentaires. D’après le colonel Destenave[97]ils seraient environ 25000. La population ne semble pas s’accroître rapidement et l’on a attribué ce fait à l’abus des mariages consanguins. Chevalier [L’Afrique centrale française, p. 406-410] donne quelques statistiques détaillées ; dans trois villages il y a en tout 764 habitants dont 292 enfants ; dans deux d’entre eux, le tiers des unions est stérile ; peu de familles ont plus de deux enfants.
Les îles du nord du Tchad sont habitées par les Boudoumas (25000) dont l’origine est obscure ; Destenave, d’après les traditions qu’il a recueillies, pense qu’ils avaient quitté le Sokoto il y a trois siècles ; pour Freydenberg[98], qui donne une longue suite de chefs, ils seraientau contraire venus de l’est, du Chittati. Il est probable qu’ils doivent rentrer dans les groupes peuhls. Ce sont presque exclusivement des éleveurs, restés en général fétichistes et qui ont conservé quelques vieilles coutumes : les mariages entre gens de même clan sont interdits ; le lévirat, c’est-à-dire le mariage obligatoire de la veuve avec le frère aîné du défunt, se retrouve chez les Boudoumas.
Complètement à l’abri dans leurs îles, les habitants du Tchad ont longtemps profité de leur position presque inexpugnable pour razzier les caravanes qui passaient sur les bords du lac. Leurs pirogues en jonc, qui nous semblent cependant bien rudimentaires, leur permettaient d’aborder la rive bornouanne, ce qui nécessite deux jours de navigation.
[54]En Égypte et dans le désert Libyque, on connaît des grès d’âge albien (Infracrétacé) riches en bois silicifiés (Grès de Nubie).[55]Le Gober est une région actuellement presque inhabitée qui s’étend à l’est de l’Adr’ar’ de Tahoua, au sud du 14° Lat. Barth, qui l’a traversé, donne quelques détails sur son histoire.[56]Freydenberg,Le Tchad et le bassin de Chari.Thèse, 1908.[57]Il n’est certainement pas question de couches calcaires, au moins superficielles (Chevalier).[58]Capitaine Lelean,Geological Magazine, I, 1904, p. 290.[59]Le puits de Tabrichat (30 m.), voisin de Tabankort, contenait 8 mètres d’eau en mars 1904 (Combemorel).[60]Ormaïort est à une demi-journée au nord de Bémba. Combemorel,Rens. col. Bull. Comité Afr. fr., janvier 1909.[61]Rens. col. Bull. Comité de l’Afr. fr., 1907.[62]Cortier écrit Lernachiche.[63]Cortier,La Géographie, 1906. — Cauvin.Bull. Soc. Géogr. commerciale, 1908.[64]Amer. Journal of Sc., XIX, 1905, p. 171.[65]Les premières ont été rapportées par le commandant Gadel. — De Lapparent,C. R. Ac. Sc., CXXXV, 1903, p. 1298. Le capitaine Cauvin en a donné quelques-unes au Muséum.[66]M. Choffat (in litteris) n’ose pas affirmer que les échantillons que je lui ai soumis rentrent bien dans cette espèce. Il faudrait, pour être certain, des matériaux abondants.[67]Nouvelles données sur la zone littorale d’Angola. Lisboa, 1905.[68]De Lapparent,C. R. Ac. Sc., 1901, CXXXII, 388.[69]La Géographie, XVII, 15 février 1908.[70]Beiträge zur Geologie von Kamerun. Stuttgard, 1904, p. 85-241.[71]De Lapparent,C. R. Ac. Sc., CXXXVI, 1903, p. 1118.[72]Ce poste est habituellement désigné sous le nom de Guidambado, village situé à 3 kilomètres à l’est de Bouza.[73]De Lapparent,C. R. Ac. Sc., 26 déc. 1904.[74]Au sud de Tahoua, à Mogguer, une dépression importante est tapissée de concrétions ferrugineuses qui ont peut-être une origine lacustre.[75]Cette observation de Hubert (Thèse, p. 10 et 376) est exacte, mais le fait a si peu d’importance que j’avais jugé inutile de le signaler. Le même auteur nie l’âge éocène des grès du Niger, sans fournir d’arguments sérieux.[76]C’est un débris végétal informe. — Stanislas Meunier,C. R. Congrès des Sociétés Savantes, 1904, p. 156.[77]Choffat,Nouvelles données sur la zone littorale d’Angola, Lisboa, 1905.[78]Bullen Newton,Ann. and Magazine of Natural History, [7], XV, 1905, p. 83-91.[79]Bather,Geological Magazine, [5], 1, 1904, p. 292. — Lambert,Bull. Soc. Géol. de France, [4], 6, 1906, p. 693 ; contrairement à la tendance générale, Lambert place les couches de Tahoua dans l’Éocène inférieur.[80]Cottreau,Bull. Soc. Géol. de France, Séance du 21 déc. 1908.[81]W. Wolff, in Bornhardt,Zur Oberflächengestaltung und Geologie Deutsch-Ostafrikas. Berlin, 1900, p. 572. Wolff fait une nouvelle espèce (Op. africana) qui ne me semble pas distincte deO. canalifera.[82]Bull. Soc. Géol. de France, [4], VII, 1907, p. 334.[83]Chautard,Bull. Soc. Géol. de France, [4], VI, 1906. —État actuel de nos connaissances sur les formations sédimentaires de l’Afrique occidentale Française, Dakar, 1906 (extrait duJournal officiel de l’A. O. F., 20 janvier). Bibliographie étendue.[84]Beiträge zur Geologie von Kamerun, p. 245-285, et communication verbale.[85]On a fort peu de renseignements sur les Touaregs de la rive droite du Niger, encore à peine soumis.[86]Ces tombeaux se trouvent aussi au nord de Tahoua, dans la région des mares et dans l’Azaouak (Pasquier).[87]Il faut probablement rapprocher ce mot de Garamante.[88]Les Mousgou ou Kel Azoua sont une tribu des Oulimminden.[89]Gadel, Notice sur la résidence de Zinder,Revue des troupes coloniales, 1903, 2esem., p. 614.[90]Le dernier sultan, à la suite d’un complot heureusement étouffé, a été déposé et banni en 1906.[91]Jusqu’en 1906, d’importantes caravanes Kel Oui, de 5 à6000 chameaux, ont été enlevées à quelques kilomètres du Damergou. Voir, pour les détails, Jean et Gadel.[92]Ces puits sont la demeure de nombreuses chauves-souris ; le 18 avril 1906, à Marthium, un peu avant le coucher du soleil, elles ont mis près de dix minutes à sortir du puits, en vol serré.[93]Le village de Moa, au sud de l’Alakhos, est encore de langue béribéri ; à l’ouest, commence le domaine du haoussa.[94]Flye Sainte Marie, Le commerce et l’agriculture au Touat.Bull. Soc. Géogr. d’Oran, XXIV, 1904.[95]Nieger,La Géographie, XVI, 1907, p. 375.[96]Verneau,La Géographie, XVII, 1908, p. 116.[97]Destenave,Revue Générale des Sciences, XIV, 1903, p. 717.[98]Freydenberg,Le Tchad et le bassin de Chari, 1908, p. 155.
[54]En Égypte et dans le désert Libyque, on connaît des grès d’âge albien (Infracrétacé) riches en bois silicifiés (Grès de Nubie).
[54]En Égypte et dans le désert Libyque, on connaît des grès d’âge albien (Infracrétacé) riches en bois silicifiés (Grès de Nubie).
[55]Le Gober est une région actuellement presque inhabitée qui s’étend à l’est de l’Adr’ar’ de Tahoua, au sud du 14° Lat. Barth, qui l’a traversé, donne quelques détails sur son histoire.
[55]Le Gober est une région actuellement presque inhabitée qui s’étend à l’est de l’Adr’ar’ de Tahoua, au sud du 14° Lat. Barth, qui l’a traversé, donne quelques détails sur son histoire.
[56]Freydenberg,Le Tchad et le bassin de Chari.Thèse, 1908.
[56]Freydenberg,Le Tchad et le bassin de Chari.Thèse, 1908.
[57]Il n’est certainement pas question de couches calcaires, au moins superficielles (Chevalier).
[57]Il n’est certainement pas question de couches calcaires, au moins superficielles (Chevalier).
[58]Capitaine Lelean,Geological Magazine, I, 1904, p. 290.
[58]Capitaine Lelean,Geological Magazine, I, 1904, p. 290.
[59]Le puits de Tabrichat (30 m.), voisin de Tabankort, contenait 8 mètres d’eau en mars 1904 (Combemorel).
[59]Le puits de Tabrichat (30 m.), voisin de Tabankort, contenait 8 mètres d’eau en mars 1904 (Combemorel).
[60]Ormaïort est à une demi-journée au nord de Bémba. Combemorel,Rens. col. Bull. Comité Afr. fr., janvier 1909.
[60]Ormaïort est à une demi-journée au nord de Bémba. Combemorel,Rens. col. Bull. Comité Afr. fr., janvier 1909.
[61]Rens. col. Bull. Comité de l’Afr. fr., 1907.
[61]Rens. col. Bull. Comité de l’Afr. fr., 1907.
[62]Cortier écrit Lernachiche.
[62]Cortier écrit Lernachiche.
[63]Cortier,La Géographie, 1906. — Cauvin.Bull. Soc. Géogr. commerciale, 1908.
[63]Cortier,La Géographie, 1906. — Cauvin.Bull. Soc. Géogr. commerciale, 1908.
[64]Amer. Journal of Sc., XIX, 1905, p. 171.
[64]Amer. Journal of Sc., XIX, 1905, p. 171.
[65]Les premières ont été rapportées par le commandant Gadel. — De Lapparent,C. R. Ac. Sc., CXXXV, 1903, p. 1298. Le capitaine Cauvin en a donné quelques-unes au Muséum.
[65]Les premières ont été rapportées par le commandant Gadel. — De Lapparent,C. R. Ac. Sc., CXXXV, 1903, p. 1298. Le capitaine Cauvin en a donné quelques-unes au Muséum.
[66]M. Choffat (in litteris) n’ose pas affirmer que les échantillons que je lui ai soumis rentrent bien dans cette espèce. Il faudrait, pour être certain, des matériaux abondants.
[66]M. Choffat (in litteris) n’ose pas affirmer que les échantillons que je lui ai soumis rentrent bien dans cette espèce. Il faudrait, pour être certain, des matériaux abondants.
[67]Nouvelles données sur la zone littorale d’Angola. Lisboa, 1905.
[67]Nouvelles données sur la zone littorale d’Angola. Lisboa, 1905.
[68]De Lapparent,C. R. Ac. Sc., 1901, CXXXII, 388.
[68]De Lapparent,C. R. Ac. Sc., 1901, CXXXII, 388.
[69]La Géographie, XVII, 15 février 1908.
[69]La Géographie, XVII, 15 février 1908.
[70]Beiträge zur Geologie von Kamerun. Stuttgard, 1904, p. 85-241.
[70]Beiträge zur Geologie von Kamerun. Stuttgard, 1904, p. 85-241.
[71]De Lapparent,C. R. Ac. Sc., CXXXVI, 1903, p. 1118.
[71]De Lapparent,C. R. Ac. Sc., CXXXVI, 1903, p. 1118.
[72]Ce poste est habituellement désigné sous le nom de Guidambado, village situé à 3 kilomètres à l’est de Bouza.
[72]Ce poste est habituellement désigné sous le nom de Guidambado, village situé à 3 kilomètres à l’est de Bouza.
[73]De Lapparent,C. R. Ac. Sc., 26 déc. 1904.
[73]De Lapparent,C. R. Ac. Sc., 26 déc. 1904.
[74]Au sud de Tahoua, à Mogguer, une dépression importante est tapissée de concrétions ferrugineuses qui ont peut-être une origine lacustre.
[74]Au sud de Tahoua, à Mogguer, une dépression importante est tapissée de concrétions ferrugineuses qui ont peut-être une origine lacustre.
[75]Cette observation de Hubert (Thèse, p. 10 et 376) est exacte, mais le fait a si peu d’importance que j’avais jugé inutile de le signaler. Le même auteur nie l’âge éocène des grès du Niger, sans fournir d’arguments sérieux.
[75]Cette observation de Hubert (Thèse, p. 10 et 376) est exacte, mais le fait a si peu d’importance que j’avais jugé inutile de le signaler. Le même auteur nie l’âge éocène des grès du Niger, sans fournir d’arguments sérieux.
[76]C’est un débris végétal informe. — Stanislas Meunier,C. R. Congrès des Sociétés Savantes, 1904, p. 156.
[76]C’est un débris végétal informe. — Stanislas Meunier,C. R. Congrès des Sociétés Savantes, 1904, p. 156.
[77]Choffat,Nouvelles données sur la zone littorale d’Angola, Lisboa, 1905.
[77]Choffat,Nouvelles données sur la zone littorale d’Angola, Lisboa, 1905.
[78]Bullen Newton,Ann. and Magazine of Natural History, [7], XV, 1905, p. 83-91.
[78]Bullen Newton,Ann. and Magazine of Natural History, [7], XV, 1905, p. 83-91.
[79]Bather,Geological Magazine, [5], 1, 1904, p. 292. — Lambert,Bull. Soc. Géol. de France, [4], 6, 1906, p. 693 ; contrairement à la tendance générale, Lambert place les couches de Tahoua dans l’Éocène inférieur.
[79]Bather,Geological Magazine, [5], 1, 1904, p. 292. — Lambert,Bull. Soc. Géol. de France, [4], 6, 1906, p. 693 ; contrairement à la tendance générale, Lambert place les couches de Tahoua dans l’Éocène inférieur.
[80]Cottreau,Bull. Soc. Géol. de France, Séance du 21 déc. 1908.
[80]Cottreau,Bull. Soc. Géol. de France, Séance du 21 déc. 1908.
[81]W. Wolff, in Bornhardt,Zur Oberflächengestaltung und Geologie Deutsch-Ostafrikas. Berlin, 1900, p. 572. Wolff fait une nouvelle espèce (Op. africana) qui ne me semble pas distincte deO. canalifera.
[81]W. Wolff, in Bornhardt,Zur Oberflächengestaltung und Geologie Deutsch-Ostafrikas. Berlin, 1900, p. 572. Wolff fait une nouvelle espèce (Op. africana) qui ne me semble pas distincte deO. canalifera.
[82]Bull. Soc. Géol. de France, [4], VII, 1907, p. 334.
[82]Bull. Soc. Géol. de France, [4], VII, 1907, p. 334.
[83]Chautard,Bull. Soc. Géol. de France, [4], VI, 1906. —État actuel de nos connaissances sur les formations sédimentaires de l’Afrique occidentale Française, Dakar, 1906 (extrait duJournal officiel de l’A. O. F., 20 janvier). Bibliographie étendue.
[83]Chautard,Bull. Soc. Géol. de France, [4], VI, 1906. —État actuel de nos connaissances sur les formations sédimentaires de l’Afrique occidentale Française, Dakar, 1906 (extrait duJournal officiel de l’A. O. F., 20 janvier). Bibliographie étendue.
[84]Beiträge zur Geologie von Kamerun, p. 245-285, et communication verbale.
[84]Beiträge zur Geologie von Kamerun, p. 245-285, et communication verbale.
[85]On a fort peu de renseignements sur les Touaregs de la rive droite du Niger, encore à peine soumis.
[85]On a fort peu de renseignements sur les Touaregs de la rive droite du Niger, encore à peine soumis.
[86]Ces tombeaux se trouvent aussi au nord de Tahoua, dans la région des mares et dans l’Azaouak (Pasquier).
[86]Ces tombeaux se trouvent aussi au nord de Tahoua, dans la région des mares et dans l’Azaouak (Pasquier).
[87]Il faut probablement rapprocher ce mot de Garamante.
[87]Il faut probablement rapprocher ce mot de Garamante.
[88]Les Mousgou ou Kel Azoua sont une tribu des Oulimminden.
[88]Les Mousgou ou Kel Azoua sont une tribu des Oulimminden.
[89]Gadel, Notice sur la résidence de Zinder,Revue des troupes coloniales, 1903, 2esem., p. 614.
[89]Gadel, Notice sur la résidence de Zinder,Revue des troupes coloniales, 1903, 2esem., p. 614.
[90]Le dernier sultan, à la suite d’un complot heureusement étouffé, a été déposé et banni en 1906.
[90]Le dernier sultan, à la suite d’un complot heureusement étouffé, a été déposé et banni en 1906.
[91]Jusqu’en 1906, d’importantes caravanes Kel Oui, de 5 à6000 chameaux, ont été enlevées à quelques kilomètres du Damergou. Voir, pour les détails, Jean et Gadel.
[91]Jusqu’en 1906, d’importantes caravanes Kel Oui, de 5 à6000 chameaux, ont été enlevées à quelques kilomètres du Damergou. Voir, pour les détails, Jean et Gadel.
[92]Ces puits sont la demeure de nombreuses chauves-souris ; le 18 avril 1906, à Marthium, un peu avant le coucher du soleil, elles ont mis près de dix minutes à sortir du puits, en vol serré.
[92]Ces puits sont la demeure de nombreuses chauves-souris ; le 18 avril 1906, à Marthium, un peu avant le coucher du soleil, elles ont mis près de dix minutes à sortir du puits, en vol serré.
[93]Le village de Moa, au sud de l’Alakhos, est encore de langue béribéri ; à l’ouest, commence le domaine du haoussa.
[93]Le village de Moa, au sud de l’Alakhos, est encore de langue béribéri ; à l’ouest, commence le domaine du haoussa.
[94]Flye Sainte Marie, Le commerce et l’agriculture au Touat.Bull. Soc. Géogr. d’Oran, XXIV, 1904.
[94]Flye Sainte Marie, Le commerce et l’agriculture au Touat.Bull. Soc. Géogr. d’Oran, XXIV, 1904.
[95]Nieger,La Géographie, XVI, 1907, p. 375.
[95]Nieger,La Géographie, XVI, 1907, p. 375.
[96]Verneau,La Géographie, XVII, 1908, p. 116.
[96]Verneau,La Géographie, XVII, 1908, p. 116.
[97]Destenave,Revue Générale des Sciences, XIV, 1903, p. 717.
[97]Destenave,Revue Générale des Sciences, XIV, 1903, p. 717.
[98]Freydenberg,Le Tchad et le bassin de Chari, 1908, p. 155.
[98]Freydenberg,Le Tchad et le bassin de Chari, 1908, p. 155.
MÉTÉOROLOGIE
Le Climat. — La Brume.
Un chapitre sur la météorologie du Sahara central ne peut guère être qu’un constat de carence.
On possède seulement plusieurs séries d’observations, de trop courte durée en général, et de valeur souvent médiocre, pour quelques stations du pourtour du désert. Malgré le peu de sécurité qu’offrent la plupart de ces observations, elles mettent bien en évidence l’allure essentiellement différente des saisons, au nord et au sud du Sahara.
Fig. 46. — Moyennes des températures à Ghardaïa.Les courbes indiquent les moyennes des maxima et des minima.
Fig. 46. — Moyennes des températures à Ghardaïa.Les courbes indiquent les moyennes des maxima et des minima.
Fig. 46. — Moyennes des températures à Ghardaïa.
Les courbes indiquent les moyennes des maxima et des minima.
Dans la région algérienne ou tunisienne, les courbes thermiques présentent un seul maximum en juillet, parfois en août ; les différencesentre les moyennes des maxima et celles des minima sont considérables dans l’intérieur ; les chiffres relatifs à Ghardaïa sont suffisamment caractéristiques à cet égard ; la figure se rapporte à la moyenne de cinq années 1887-1892 ; les températures extrêmes observées pendant cette période ont été + 50° en juillet 1892 et − 1° en décembre 1889 et janvier 1891. Ghardaïa (32°,35′ Lat. N., 1°,20′ Lat. E.) est à 500 mètres d’altitude environ, au fond d’une large vallée, entourée de plateaux calcaires.
Fig. 47. — Tozeur.Les courbes indiquent les moyennes des maxima et des minima.
Fig. 47. — Tozeur.Les courbes indiquent les moyennes des maxima et des minima.
Fig. 47. — Tozeur.
Les courbes indiquent les moyennes des maxima et des minima.
Fig. 48. — Bizerte.
Fig. 48. — Bizerte.
Fig. 48. — Bizerte.
Lorsque l’on se rapproche du littoral, l’amplitude des variations diminue, mais conserve à peu près les mêmes caractères comme en témoignent les courbes de Tozeur (fig. 47) et de Bizerte (fig. 48) empruntées à Ginestous[99]. Les températures extrêmes observées à Bizerte ont été 0° et + 44°,8 ; à Tozeur − 4° et + 49°. A Paris, lesvariations journalières sont beaucoup moins amples et beaucoup moins fixes : si on les calcule, comme dans les exemples précédents, sur la moyenne des maxima et des minima, on trouve 5°,4 en janvier et 11°,9 en juillet. A Ghardaïa l’amplitude est toujours supérieure à 20° et approche parfois de 30°.
Fig. 49. — Kayes.
Fig. 49. — Kayes.
Fig. 49. — Kayes.
Fig. 50. — Niamey.
Fig. 50. — Niamey.
Fig. 50. — Niamey.
Au sud du Sahara, les courbes de température présentent une allure toute différente. A Kayes par exemple (fig. 49) (14°,25′ Lat. N., 13°,54 Long. W., Alt. 60m.), la moyenne de quatre années (1902-1905) indique deux maxima, le premier en avril-mai, le second en octobre ; l’amplitude des variations moyennes passe, en chiffres ronds, de 10° en août à près de 20° pendant l’hiver ; les chiffres extrêmes observés ont été de 10° en janvier 1905 ; 47° en mai 1904. Les courbes de Niamey (fig. 50) (1906) et de Tombouctou (fig. 51) (1905-1906) sonttrès analogues ; les quelques chiffres que l’on possède pour Zinder, Guidambado et le territoire du Tchad indiquent tous un minimum au mois d’août. Les maxima extrêmes observés, en mars et avril, sont compris entre 45° et 48° ; les minima de décembre et de janvier varient habituellement de 4° à 7°,5 ; Freydenberg a noté − 2° à Kouloa en 1906. La même courbe subsiste pour Porto-Novo (fig. 52), mais très adoucie par la proximité de la mer.
Fig. 51. — Tombouctou.
Fig. 51. — Tombouctou.
Fig. 51. — Tombouctou.
Le contraste très marqué que présentent les courbes thermiques des stations situées au nord et au sud du désert, s’explique facilement par les différences que présente le régime des pluies dans les deux régions (fig. 53).
Fig. 52. — Porto Novo.Les courbes indiquent les moyennes des maxima et des minima.
Fig. 52. — Porto Novo.Les courbes indiquent les moyennes des maxima et des minima.
Fig. 52. — Porto Novo.
Les courbes indiquent les moyennes des maxima et des minima.
Dans le bassin méditerranéen, il pleut surtout pendant l’hiver ; au Soudan, pendant l’été, d’où un abaissement de température marqué et une moindre amplitude des variations diurnes, l’air étant moins sec. Comme pour les températures, les chiffres relatifs à la pluie neportent en général que sur un petit nombre d’années d’observations ; les installations sont parfois médiocres ; les observateurs changent souvent et sont plus ou moins attentifs ; il serait illusoire de vouloir chercher à serrer d’un peu près l’étude du climat du Soudan. La géographie botanique permettra cependant de définir quelques zones, caractérisées, au fond, par l’abondance relative de la pluie. Cependant les différentes courbes sont assez d’accord entre elles, assez conformes à ce que font prévoir les théories météorologiques, pour que l’on puisse admettre quelles représentent en gros l’allure du climat du Soudan.
Fig. 53. — Régime des pluies au nord et au sud du Sahara.Les hauteurs de pluie sont données en millimètres.
Fig. 53. — Régime des pluies au nord et au sud du Sahara.Les hauteurs de pluie sont données en millimètres.
Fig. 53. — Régime des pluies au nord et au sud du Sahara.
Les hauteurs de pluie sont données en millimètres.
Dès maintenant il est établi qu’il y a de grandes variations dans les quantités de pluie que reçoit annuellement chaque station ; à Kayes on a recueilli 525 mm. 9 en 1902 et1072 mm. 9 en 1905. A Tombouctou, d’après Yacouba, la pluie aurait varié depuis une dizaine d’années entre 150 et 300 millimètres ; les années 1905 avec 230 mm. 6 et 1906 avec 259 mm. 5 peuvent passer pour bonnes[100].
Fig. 54. — Moyennes des températures d’In Salah.Les courbes indiquent les moyennes des maxima et des minima.
Fig. 54. — Moyennes des températures d’In Salah.Les courbes indiquent les moyennes des maxima et des minima.
Fig. 54. — Moyennes des températures d’In Salah.
Les courbes indiquent les moyennes des maxima et des minima.
Au Sahara, on a de bonnes séries pour In Salah (27°,17′ Lat. N., 0°,7′ Long. E., Alt. 280 m.) encore un peu courtes malheureusement. Lafigure 54donne la moyenne des minima et celle des maxima pour les années 1903, 1904 et 1905 ; les extrêmes observés ont été − 1°,4, le 19 janvier 1904 ; et 50°,2, le 4 juillet de la même année. C’est bien le même type qu’à Ghardaïa. Chaque année on a noté quelques jours de pluie (9 en 1903), mais la pluie n’a jamais été mesurable.
Il semble que dans toutes les parties basses du Sahara, le régime des pluies est le même qu’à In Salah : sur tous les itinéraires ontrouve mentionnés des puits qui cessent de contenir de l’eau deux ans, trois ans, sept ans, après le dernier orage. On parle même aux oasis de périodes de dix-huit ou vingt ans sans pluie. Les nomades, comme les sédentaires, ne tiennent compte dans ces affirmations que des pluies sérieuses ; celles qui ne mouillent pas le sol, qui ne sont pas mesurables, sont complètement négligées.
Il ne survient dans la majeure partie du Sahara que des orages accidentels, parfois très violents ; le printemps 1907 a été presque partout pluvieux ; le ksar de Noum en Nas, dans le Timmi (Touat) a été détruit par un torrent descendu du plateau voisin. Le 25 mars 1907[101], un orage de grêle a dévasté l’oasis de Brinken ; la direction suivie par l’orage était exactement sud-nord. Son action s’est fait sentir par bandes parallèles nettement délimitées ; chacune des bandes dévastées était large de 80 à 150 mètres, les bandes indemnes, où n’est pas tombé un seul grêlon, étaient plus étroites (15-60 m.).
Au cours de leur rezzou vers l’Ouest en 1906, les Taïtok, au voisinage des puits d’El Ksaïb, à quatre étapes au nord-ouest de Taoudenni, ont été sauvés de la soif par un orage qui leur a permis d’abreuver leurs chameaux et de remplir leurs outres.
Aux oasis ces orages accidentels sont considérés comme un malheur ; ils empêchent parfois la fécondation des dattiers et peuvent gravement compromettre la récolte ; ils ramènent, dans les parties basses, le sel de la profondeur à la surface du sol : après un orage, les jardins trop voisins d’une sebkha sont perdus pour plusieurs années ; il faut longtemps pour que l’eau des seguias puisse en laver la terre. Enfin dans les ksour les constructions en terre sèche, en « tin », avec leurs terrasses plates, supportent mal la pluie : chaque averse cause des ruines et nécessite des réparations. A Tombouctou, où malgré des pluies régulières on a conservé le type de construction des ksour, les maçons se chargent, à l’abonnement, de l’entretien des maisons. Chaque année, à Zinder, à Agadez, etc., il faut faire de grosses réparations au poste. Dans la zone vraiment pluvieuse, on ne trouve guère que des toits coniques ; les toits en terrasse disparaissent.
Sur les plateaux et les régions élevées, les pluies sont moins rares ; on n’a pas de renseignements sur les Eglab, mais les oueds qui en descendent sont humides et contiennent de nombreux points d’eau ; le Tadmaït arrose le Touat et le Tidikelt et contribue à la fertilité duGourara et des oasis du Sud constantinois ; il faut donc qu’il y pleuve assez régulièrement. Bien que le Tadmaït soit assez mal connu, on sait qu’il y existe des daïa, qui contiennent parfois de l’eau et sont plus souvent couvertes de pâturages.
Les pluies ne sont pas très rares sur la Coudia et dans son voisinage immédiat ; elles peuvent survenir en toutes saisons ; d’ordinaire, comme au Soudan, elles arrivent pendant l’été, ou bien parfois, comme dans le bassin méditerranéen, pendant l’hiver.
En avril 1880 Flatters a noté 7 jours de pluie.
Dans leurs contre-rezzou à l’Ahaggar, Cottenest (printemps 1902) et Guilho-Lohan (hiver 1902)[102]ont reçu des averses. Du 1eraoût au 11 septembre 1905, j’ai noté onze fois de la pluie et il y avait eu des orages dès le mois de juin. Malheureusement il y a des années de sécheresse (1903-1904) ; le pays n’en souffre que peu si la mauvaise série ne dépasse pas trois ans, mais elle en dure souvent quatre ou cinq.
En 1906, au cours de sa tournée dans l’Ahaggar, Voinot a eu deux journées entières de pluie (27 et 29 janvier) ; il est tombé quelques gouttes d’eau le 6, 7, 19 et 21 avril. En décembre 1905 il avait plu entre In Salah et Amgad et il est tombé quelques averses en mai 1906 dans l’Ahnet. Enfin Cortier mentionne, dans les contreforts ouest de la Coudia, une petite pluie le 30 mars 1907 et de fortes averses le 31 mars et le 3 avril.
Ces orages sont en général assez brusques et très localisés. Le 4 août 1905, dans l’oued Tit, à 15 kilomètres à l’ouest d’Abalessa, la matinée avait été belle et sans vent. A midi et demi, très légère brise du sud-ouest ; à deux heures, tonnerre vers l’est ; le vent, toujours faible, s’établit entre nord et nord-ouest ; le ciel est à moitié couvert et le vent, franchement nord, est devenu grand frais ; à trois heures, toutes nos tentes sont arrachées et l’orage commence à tomber par très grosses gouttes, le vent passe au nord-est ; à cinq heures quarante-cinq, la pluie cesse et il y a une légère brise de l’ouest. La température, au cours de cet orage, a présenté quelques sauts brusques :
Le relèvement de température de six heures quarante-cinq, après le soleil couché, est remarquable. A Abalessa, il n’était tombé qu’une averse insignifiante, et cette localisation des tornades explique que de l’air plus chaud puisse être amené par le moindre coup de vent au point refroidi par l’orage.
Des observations plus suivies ont été faites à Tamanr’asset[103]; elles portent sur une année.
Août 1905.Chaleur très modérée ; les températures moyennes pendant la seconde quinzaine ont été 20°,8 à six heures du matin ; 36°,2 à deux heures et demie ; 30°,5, à six heures du soir.
Cinq ou six forts coups de vent durant quelques heures. Deux ou trois fortes averses durant de une à quatre heures.
Septembre.Température moyenne. Très peu de vent. Un fort orage avec pluie pendant cinq ou six heures.
Octobre.Température moyenne. Très peu de vent, pas de pluie.
Novembre.Nuits fraîches, mais non froides ; journées tempérées. Très peu de vent, pas de pluie.
Décembre.Nuits fraîches, mais non froides, journées tempérées. Dans les premiers jours du mois deux ou trois pluies légères de trois à quatre heures chacune ; l’oued coule pendant deux jours à Tamanr’asset.
Janvier 1906.Assez froid la nuit, tempéré le jour. Très peu de vent, pas de pluie. Rosée. Ni glace ni gelée blanche.
Février.Froid la nuit, frais le jour. Très peu de vent ; deux fortes pluies d’environ douze heures chacune dans les premiers jours du mois. Rosée abondante, ni glace, ni gelée blanche. L’oued coule pendant quatre jours à Tamanr’asset.
Mars. Du 1erau 10.Froid la nuit, frais le jour. Très peu de vent. Pas de pluie.
A partir du 10.La température change brusquement et devient tempérée le jour ; les nuits, ni chaudes ni froides. Presque tous les jours grand vent venant du sud et amenant brume et chaleur. Pas de pluie.
Avril.Température moyenne. Presque tous les jours grand vent venant souvent du sud. Pas de pluie.
Mai. Du 1erau 20.Température modérée. De dix heures du matin au coucher du soleil, grand vent venant ordinairement de l’ouest ; le reste du temps pas de vent. Le 11, quelques gouttes de pluie ; le 12 quelques très légères averses.
A partir du 20, la température change brusquement, les journées deviennent chaudes, les nuits restent tempérées et fraîches. De dix heures du matin au coucher du soleil, vent modéré venant souvent du sud ; le reste du temps, pas de vent. Une très petite averse le 30.
Juin.La moyenne des températures est 14° à cinq heures, 36° à midi, 30° à six heures. De dix heures du matin au coucher du soleil vent modéré, venant souvent du sud ; le reste du temps, pas de vent.
Les 8, 25 et 26, quelques gouttes de pluie. De minuit au lever du soleil, l’air est souvent humide.
Juillet.Moyenne des températures : cinq heures 15° ; midi 37° ; six heures 31°. De dix heures du matin au coucher du soleil vent modéré venant souvent de l’est ; le reste du temps, presque pas de vent. Ciel souvent couvert le jour, ordinairement découvert la nuit. Le 1eret le 2, quelques gouttes de pluie.
Pour la pluie, l’année 1905-1906 a été exceptionnelle ; d’ordinaire, il pleut en été plutôt qu’en hiver.
D’après Duveyrier, la neige serait assez fréquente sur la Coudia et tiendrait parfois trois mois sur l’Ilamane. Au cours de la période août 1905-juillet 1906, l’absence de neige est expressément mentionnée sur l’Ilamane qui, de Tamanr’asset, est très en vue. L’indication de Duveyrier est probablement erronée et tient à une faute de traduction : le tamahek n’a qu’un seul mot (ar’eris) pour désigner l’eau solide sous toutes ses formes (glace, grêle, neige, gelée blanche).
Le sol de l’Ahaggar est d’ordinaire imperméable, de sorte que toute l’eau tombée se rassemble rapidement dans les vallées et s’écoule parfois à de grandes distances : les crues de l’oued Tamanr’asset dépassent parfois Timissao.
Ces crues sont extrêmement brusques : le 5 août 1905, un orage survint vers trois heures de l’après-midi à notre campement près de l’oued Tit (15 km. est d’Abalessa) ; vers cinq heures, l’oued commence à couler avec une vitesse d’environ 2 mètres par seconde ; il contient 0 m. 25 d’eau ; vers sept heures, il n’en contient plus que 0,12 et sa vitesse n’est guère que de 1 mètre ; vers neuf heures il est à sec.
Cet exemple est insignifiant ; mais parfois l’eau est assez profonde pour noyer un homme ; on trouve souvent accrochés aux branches, à deux ou trois mètres du sol, des débris qui n’ont pu être amenés que par les crues. A la suite de ces orages, les alluvions sont largement mouillées et peuvent conserver d’importantes réserves d’humidité,que la structure du pays rend assez facilement utilisables.
Plus au sud, les régions élevées comme l’Aïr ou l’Adr’ar’ des Ifor’as appartiennent, par leur climat, au Soudan et présentent une saison de pluies régulières.
A notre arrivée dans l’Adra’r’, à In Ouzel, le 23 juin 1905, il pleuvait depuis deux ou trois semaines ; l’état de la végétation herbeuse qui sortait du sol toute fraîche, confirmait les indications des indigènes ; jusqu’à la fin de notre séjour (28 juillet) il a été noté 10 jours de pluie.
En 1907[104], le 6 mai, un gros orage forme dans l’oued Tekakand de beaux aguelmans. Il est probable que cet orage isolé est exceptionnel et que la saison pluvieuse ne commence régulièrement qu’un peu plus tard. Voici, pour la première quinzaine de juin, les observations de Dinaux : le 30 mai, une heure de pluie violente à quatre heures du soir ; le 2 juin, trois heures de pluie torrentielle (entre trois heures et huit heures du soir) : l’oued Eferir est transformé en un marécage de deux kilomètres de large ; le 8 juin, une demi-heure de pluie violente (trois heures du soir) ; le 9 juin une heure d’averses intermittentes (quatre heures) ; le 12 juin, pluie torrentielle de trois à six heures du soir. L’Oued in Ouzel coula une partie de la nuit.
Le caractère particulier de ces crues a déjà été indiqué ; à cause de la largeur des vallées, elles ne sont jamais violentes ; la nappe d’eau n’a pas de profondeur et le courant n’est pas rapide, sauf peut-être dans quelques oueds de montagne.
Cette saison des pluies de juin, juillet, août paraît très régulière et chaque région de l’Adr’ar’ reçoit trois ou quatre grandes tornades chaque année, habituellement dans la soirée : c’est vers quatre ou cinq heures de l’après-midi que le ciel commence à se couvrir ; les nuages apparaissent souvent au sud-est.
Parfois cependant une seconde période pluvieuse se produit deux mois après la fin des orages réguliers. Les crues qui peuvent survenir ainsi à la fin d’octobre sont en général redoutées ; elles détruisent la végétation herbacée qui s’était établie dans les oueds et restreignent singulièrement les pâturages.
Les observations thermométriques sont encore peu nombreuses ; cependant, pendant la saison des pluies, les maxima sont relativement peu élevés ; pendant la première quinzaine de juin 1905, dans le tanezrouft d’In Zize, la température dépassait tous les jours 45° etapprochait parfois de 50° ; dans la seconde quinzaine de juin et de juillet, dans l’Adr’ar’, le thermomètre a rarement indiqué plus de 40° ; dix-huit fois sur trente-quatre, c’est-à-dire dans la majorité des cas, le maximum est resté inférieur à ce chiffre ; le 9 juillet, il a été de 31° ; la plus haute température observée (44°) a été notée une seule fois. A cinq heures du matin les lectures sont en général voisines de 25°.
Il est probable que, si l’on pouvait la construire, la courbe aurait une allure voisine de celle de Tombouctou ; mais on ne sait rien sur les températures de l’hiver dans l’Adr’ar’ ; il est vraisemblable que dans les mois de décembre, janvier et février, le thermomètre descend parfois au voisinage de 5° ou 6°, mais ce n’est là qu’une impression.
Dans l’Adr’ar’, comme dans toute la zone sahélienne, l’air est en général sec ; même pendant la saison des pluies, l’écart entre les deux thermomètres, sec et humide, atteint facilement 15° dans l’après-midi ; le matin cependant l’humidité est parfois sensible ; l’écart entre les deux thermomètres est souvent faible, 4° ou 5° ; il tombe rarement à 2°.
Le climat de l’Aïr est très comparable à celui de l’Adr’ar’ ; il présente aussi une saison de pluies régulières, mais plus tardive ; le Teloua, qui passe à Agadez, coule habituellement, d’après les renseignements qu’a bien voulu me donner Lefebvre, six à sept fois par an ; les années sèches, il ne présente que deux ou trois crues ; en 1905, qui a été une année particulièrement pluvieuse, il a coulé 19 fois. Du 17 septembre 1905, date d’arrivée à l’oued Tidek, jusqu’au 5 novembre, départ d’Agadez, j’ai noté neuf fois de la pluie.
Foureau pendant son séjour dans l’Aïr (mars-juillet 1899) a noté trente-trois jours de pluie ; pour la plupart des jours, il s’agit seulement de quelques gouttes d’eau et la Mission Saharienne n’a reçu que quatre averses sérieuses.
Les températures paraissent les mêmes que dans l’Adr’ar’ ; du 17 septembre au 5 novembre 1906, j’ai noté deux fois 40°, le 27 septembre dans l’oued Kadamellet et le 26 octobre à Alar’sess ; une seule fois 43°, le 14 octobre, près d’Iférouane. Les températures de 38° ou 39° ont été fréquentes. En septembre, les minima ont toujours été supérieurs à 20° ; en octobre, ils sont descendus quelquefois à 19°. Le 6 novembre, j’ai observé 13° à quelques kilomètres à l’ouest d’Agadez. Dans l’Aïr comme partout, un temps couvert s’oppose au rayonnement : le 7 octobre à Iférouane, après une nuit couverte qui avait amené la pluie sur le Timgué, il y avait 36° à six heures du matin ; 39° à deux heures et 36° à six heures du soir.
L’état hygrométrique a été le même que dans l’Adr’ar’.
La région de Tombouctou, le Télemsi, le Tégama, le bassin du Tchad qui appartiennent eux aussi à la zone sahélienne, ne se distinguent guère, au point de vue climatérique, de l’Adr’ar’ ou de l’Aïr. Du 27 juillet ou 22 août 1905, de Tabankort à Tombouctou, Gautier a noté dix tornades dont deux d’une extrême violence ; à Bourem, d’après le lieutenant Barbeyrac, il tombe en moyenne 8 à 9 tornades par an ; il est très remarquable que ces tornades soient amenées par vent du nord-est ; l’humidité ne peut cependant provenir que de l’Atlantique. Pendant les reconnaissances qu’il a exécutées à l’intérieur de la partie nord du Tchad (juin-août 1905), le capitaine Freydenberg a observé dix tornades suivies de pluie, cinq venant du nord-est et cinq du sud-ouest. Un peu plus au sud, à Massakory, le lieutenant Deschamps a compté, du 19 mai au 26 septembre 1905, 269 heures de pluies. Du 1ermai au 12 août 1906, en allant de Zinder à Tombouctou, j’ai suivi jusqu’à Niamey la limite méridionale de la zone sahélienne ; j’ai reçu, pendant ce voyage, 28 averses ; à partir du 15 mai surtout, presque chaque jour on voyait une ou deux tornades à l’horizon. L’année 1906 a cependant été plutôt sèche, du moins au début de l’hivernage ; au moment de mon passage dans la région de Tahoua, pendant la première quinzaine de juin, on n’avait pas encore pu, faute de pluie, semer le mil ; les indigènes commençaient à être inquiets.
Il pleut d’ailleurs accidentellement, dans tout le Soudan, en dehors de la saison d’hivernage : en février 1906, on a recueilli à Tombouctou 2 mm. 3 d’eau ; Foureau, en janvier 1900, a noté trois ondées au Tchad.
Les tornades de l’été présentent les mêmes caractères dans toute la zone sahélienne, mais, dans l’Adr’ar’ et dans l’Aïr, l’horizon est toujours borné, de sorte qu’on voit mal l’ensemble des phénomènes. Dans les pays de plaine, on les voit au contraire fort bien ; de loin, les tornades sont nettement délimitées et on peut les embrasser d’un seul coup d’œil. Elles sont habituellement d’une violence extrême ; sur le fleuve, les chalands sont obligés de se mettre à l’abri et malgré cette précaution, ils sont violemment agités par la houle qui accompagne le coup de vent ; malgré l’abri que procurent les berges du fleuve, les vagues embarquent fréquemment. La tornade pousse le plus souvent devant elle une colonne de poussière que l’on voit s’avancer de loin comme un grand mur jaunâtre ou rougeâtre et qui semblé être l’origine des brumes du Soudan. Au-dessus de cette colonne, on aperçoit souvent un cumulo-nimbus.
Parfois il n’y a pas autre chose et la tornade est sèche ; souvent aussi elle amène la pluie ; dès qu’il pleut, le vent change complètement de direction et diminue de vitesse.
Les cyclones (?) qui donnent naissance à ces tornades sont de très petit diamètre, aussi sont-ils en général sans influence sur le baromètre.
La plupart de ces tornades sont de courte durée ; elles sont accompagnées d’ordinaire d’éclairs et de tonnerre et apparaissent le plus souvent le soir ou la nuit ; parfois aussi elles commencent à minuit ou une heure du matin.
Ces perturbations violentes et brèves sont certainement les plus fréquentes dans la zone sahélienne ; cependant la pluie prend quelquefois un caractère différent. Le 22 juin 1906, à l’est de Matankari (13°,40′ Lat. N.) tout près de la limite des zones soudanaise et sahélienne, de huit heures et demie à huit heures trois quarts du matin, j’ai noté un fort orage, accompagné de grêle, par vent d’est ; à neuf heures le vent (3)[105]était passé au sud-est et une pluie fine, très continue et peu abondante, d’un type familier en Europe, commençait à tomber ; vers dix heures le vent devenait sud-ouest (2) ; la pluie cessa à onze heures ; pendant ces deux dernières heures, il n’y a eu ni éclair ni tonnerre.
Le 26 juin au soir, le vent était assez faible et soufflait du sud ; vers minuit il passait brusquement à l’ouest ; dès que la pluie, qui dura de minuit à onze heures du matin, le 27, commença à tomber, le vent assez faible s’établit à l’est ; à 11 heures, il était passé au sud-ouest (4) ; toute l’après-midi, il se maintenait à l’ouest (1).
Dans la majeure partie du Sahara, le vent dominant souffle du nord-est ; les dunes fournissent à cet égard un excellent enregistreur et il ne saurait y avoir de doute ; les dunes fossiles qui s’étendent du Sénégal au Tchad montrent qu’à une époque antérieure le régime était le même, comme il fallait s’y attendre puisque les causes qui déterminent les alizés sont permanentes.
Il y a cependant quelques exceptions. Les unes sont très locales et probablement négligeables : le bras d’erg qui borde à quelques cents mètres la falaise orientale du tassili Tan Adr’ar’ indique des vents d’ouest. D’autres sont plus importantes ; dans la région du Cap Blanc les vents viennent du nord d’une façon presque constante. La même direction domine entre Araouan et Taoudenni : les bras d’erg s’étendent de l’est à l’ouest sur 300 kilomètres et il ne peut êtrequestion ici de remous locaux. Les dunes fossiles entre Araouan et Tombouctou indiquent au contraire des vents du sud ; l’asséchement du lac de Taoudenni n’est peut-être pas étranger à ce changement de régime.
D’ailleurs les dunes ne peuvent donner que la résultante du vent ; les quelques observations que l’on a montrent des variations saisonnières considérables. Tamanr’asset, d’après les observations relatées plus haut, en fournit un bon exemple. A In Salah, en 1905, on a noté 460 fois le vent du nord-est ; 194 fois du nord ; 84 fois du sud-ouest ; à Tombouctou, 215 fois du nord, 194 fois du nord-est, 188 fois du nord-ouest, 166 fois du sud-ouest et 146 fois de l’ouest ; les autres directions sont rares. La même année, à Zinder, le vent dominant a été est-nord-est de janvier à fin avril ; il a été sud-ouest en mai et juin, variable en juillet et août ; en septembre et octobre, le vent d’ouest a été le plus fréquent ; celui d’est, en novembre et décembre.
Ces changements sont évidemment liés à la saison des pluies ; il semble que l’Adr’ar’ est un centre de pressions basses pendant l’été, hautes pendant l’hiver. Gautier [cf. t. I,p. 52] a insisté sur le rôle possible des grands ergs, plus chauds en été et plus froids en hiver que les hammadas voisines, dans la distribution des pressions : les hammadas et les ergs constituent peut-être au Sahara, au point de vue météorologique, des entités aussi distinctes que, à la surface du globe, les mers et les continents.
Malgré les nombreux documents déjà connus, il semble qu’un essai de synthèse serait prématuré.
La brume est fréquente au Sahara où elle se présente sous deux aspects essentiellement différents. Par beau temps, le sol est surchauffé, la température du sable dépasse souvent 60°. Les couches d’air voisines du sol acquièrent une température élevée ; les filets d’air chaud qui s’élèvent à travers l’air plus froid ne s’y mélangent pas de suite. Les parties basses de l’atmosphère ne sont pas homogènes et perdent leur transparence ; les différences entre les indices de réfraction de l’air chaud et de l’air froid amènent des déformations des images qui sont le plus souvent très allongées dans le sens vertical ; une touffe d’herbe prend figure d’un arbre ; un méhariste simule un peuplier. Ce phénomène extrêmement fréquent se compliquesouvent de mirage, dû lui aussi à des différences de température entre couches d’air voisines.
Cette brume de réfraction et le mirage sont visibles surtout pendant les heures chaudes de la journée ; un vent moyen ne fait disparaître ni l’un ni l’autre ; on les observe dans tout le Sahara et dans le nord du Soudan.
Dans les parties méridionales du Sahara, au sud d’In Zize comme au sud de l’oued Tagrira, ainsi que dans l’Ahaggar, une brume d’origine toute différente, et que l’on retrouve au Soudan, accompagne la saison des pluies tropicales. C’est une brume aussi opaque que n’importe quel brouillard septentrional, épaisse à ne pas voir un chameau à 5 mètres ; elle atténue considérablement l’éclat du soleil qui prend une couleur blanche et ressemble à la pleine lune ; parfois même la brume est assez épaisse pour masquer complètement le soleil ; en plein midi, on ne voit même pas où il est et il devient impossible de s’orienter sans boussole.
Cette brume est souvent presque journalière ; entre Timissao et In Ouzel, nous l’avons notée les 19, 20, 21 et 22 juin 1905. A cette dernière date, la caravane a passé au pied de la gara Tirek, sans pouvoir la distinguer ; des gazelles, habituellement plus farouches, ont marché quelque temps au milieu du convoi. Cette brume se manifeste fréquemment la nuit, ce qui montre son indépendance des phénomènes thermiques : dans la nuit du 23 au 24 juin, à In Ouzel, un coup de vent d’une violence extraordinaire amène une obscurité absolue ; on a l’impression de la cécité la plus complète ; jamais la nuit la plus sombre n’a donné une pareille sensation.
Cette brume n’a rien à voir avec le brouillard ; elle n’est pas humide ; le 19 juin, en pleine brume, les thermomètres, sec et humide, indiquent respectivement 27° et 14° ; le 30 juin, 32°,5 et 21° ; le 22 juin, 28° et 18° ; le 30 juillet, 42° et 24°,5. Elle est due à de fines particules argileuses en suspension dans l’atmosphère ; ces poussières très ténues sont impalpables ; elles ne décèlent leur présence que par un dépôt jaunâtre qu’elles laissent sur les vêtements et les cheveux. On les voit bien surtout lorsqu’il commence à pleuvoir : chaque goutte de pluie aussitôt évaporée laisse sur la peau une tache de boue.
Parfois la nuée argileuse est nettement visible et les deux observations suivantes permettront de saisir le mécanisme de sa formation.
Le 25 juillet 1905, dans la vallée de l’oued En Néfis, au sud de Timissao, la journée avait été assez belle ; la brume, légère le matin, avait disparu vers midi ; il y avait eu peu de vent, sauf une brise légère de l’ouest, vers trois heures.
A six heures et demie un arc-en-ciel double était visible vers l’est ; vers le sud, il y avait une menace d’orage ; quelques minutes plus tard un nuage de poussière, couleur terre de Sienne, bien délimité, venait rapidement sur nous ; il suivait assez exactement la vallée, large en ce point de 3 km. 5 à peu près et bordée de falaises hautes d’une quarantaine de mètres. Ce nuage était amené par un fort coup de vent du sud qui dura une heure environ. Après une heure de calme, le vent se remettait à souffler du nord ; il était accompagné de pluie et il y eut plusieurs averses dans la nuit.
Le lendemain l’atmosphère était claire.
Le 8 août, à Tit, dans l’Ahaggar, la journée avait été belle ; depuis le lever du soleil jusqu’à midi, un peu de vent d’est avait atteint sa plus grande intensité vers neuf heures (petite brise). De midi à trois heures, le vent était venu du sud, pour repasser à l’est dans la soirée ; il était resté plus faible que le matin.