EAU, s. f. Nous disons:Crier à l'eau! Les cris d'à l'eau! à l'eau! se répétaient dans toutes les rues.On dit en France: «Crier au feu!»ÉBALOURDIR, v. a. Abalourdir, étourdir, troubler. R.balourd, homme stupide.ÉBARAGNER, v. a. Enlever, au moyen d'unébaragnoir, les toiles d'araignée.Ébaragner un plafond, ébaragner un corridor.ÉBARAGNOIR, s. m. Longue époussette, long balai à tête ronde, destiné à ôter les toiles d'araignée. R.aragne.ÉBAU ou ÉBAUD, s. m. Terme des campagnards. Signifie: 1oUn feu clair, un feu flamboyant, un feu de joie dans les champs; 2oUn flambeau de poix. Ce mot est probablement l'origine du verbe «Ébaudir» (égayer, divertir, réjouir).ÉBAUCHE (UN).Un petit ébauche.Ce mot est féminin.ÉBÉNISTRE, s. m. Écrivez sansr, et prononcez «Ébéniste.»Ébénistrese dit aussi en Lorraine, et sans doute ailleurs.ÉBERCHER, v. actif.Couteau éberché, assiette éberchée.Terme français populaire. Dites: «Ébrécher.»ÉBERCHURE, s. f.Faire une éberchure à une tasse, à uneassiette, à un couteau.On devrait dire en français: «Ébréchure,» mais ce mot utile ne se trouve pas dans les dictionnaires.ÉBOÉLER, ÉBOILER, ou ÉBOUELLER, v. a. Éventrer, faire sortir les boyaux, arracher les entrailles. Terme vaudois et vieux français. R.boël, boyau.† ÉBOLUTION, s. f. Ébullition, éruption passagère qui survient à la peau.ÉBORNICLER, v. a. Éborgner.Le soleil nous éborniclait.ÉBOURIFFLER, v. a.Cheveux ébourifflés. Cette grosse bise m'a ébourifflée.Le verbe français est «Ébouriffer.»ÉBRAISER, v. a. Remuer la braise d'une chaufferette ou d'un brasier. Ce terme, usité aussi chez nos proches voisins, mérite d'être observé.ÉBRIQUER, v. a. Briser, mettre en pièces, effondrer.Ébriquer une caisse. Écuelle ébriquée; pipe ébriquée.Terme suisse-roman et savoisien. R.brique. Voyez ce mot.ÉCAGNER QUELQU'UN. L'écarter, le mettre de côté, le supplanter, le chasser.ÉCALABRER, v. a. Ouvrir entièrement.La porte resta écalabrée. Portes et fenêtres étaient écalabrées.A Lausanne et à Neuchâtel on dit:Écalambrer. Dans le patois dauphinois,eicalambra, et dans le dialecte languedocien,escarlamba, signifient: Écarquiller les jambes. Tous ces termes, fort expressifs, n'ont point d'équivalents en français.ÉCAMBOUILLI ou ESCAMBOUILLI, IE, adj. ou partic. Ébouilli, trop cuit, diminué par la cuisson.Bouillon écambouilli; sauce écambouillie; viande écambouillie.ÉCARABILLER, v. a. Écarquiller.Tout en dormant, il avait les yeux écarabillés.Dans le dialecte provençal,escarabihasignifie: Éveillé, gai, de bonne humeur. Le dictionnaire de l'Académie (édition de 1760) enregistre encorele mot d'Escarbillard, et lui fait signifier: Éveillé, gai, enjoué.ÉCARAFLER, v. a. Aplatir, écacher, écraser.Il s'est écaraflé le genou en tombant. En remuant cette pierre, je m'écaraflai le pouce.ECCÉTÉRA ou ECCÉTRA. Expression qui a passé du latin dans le français. Écrivez et prononcez «et cétéra,» en faisant sonner letdu motet.ÉCHAFFOURÉE, s. f. Échauffourée.ÉCHALAS, s. m. La syllabe finale est longue, comme dans les motsappāsettrépās; mais les Genevois la prononcent aussi brève que la dernière syllabe des motsprélăt,plăt,éclăt, etc.ÉCHANGE (UNE).Une échange avantageuse.Solécisme fort répandu. «Échange» est masculin, aussi bien que «Change.»ÉCHAPPER, v. actif.Tu as échappé une occasion excellente.Dites: «Tu as laissé échapper, tu as manqué une occasion excellente.»ÉCHARAVOÛTÉE, s. f. Rossée, étrillée.Ils se sont donné là une fameuse écharavoûtée.On dit dans le même sens:Ils se sont fameusement écharavoûtés. Terme énergique, mais trivial.ÉCHARAVOÛTER, v. a. Mettre en désordre, embrouiller (au sens propre).Fil écharavoûté; cheveux écharavoûtés; femme écharavoûtée.ÉCHARBOTTER, v. a. Mêler, embrouiller.Écheveau écharbotté; crinière écharbottée.Terme savoisien, dauphinois et vieux français. Dans le patois de Dijon,encharbôtai, et dans le patois franc-comtois,encharbouter, signifient: «Embarrasser.»† ÉCHARPE, s. f.Une écharpe au doigt.Dites: «Écharde.»ÉCHARPINER ou ÉCHARPIGNER, v. a. Se dit du chanvrequ'on ouvre, qu'on ébouriffe après qu'il a été battu, et avant qu'il passe dans les mains de ceux qui doivent le peigner. Figurément,écharpinésignifie: Échevelé, ébouriffé.Cheveux écharpinés; coiffure écharpinée.Terme vaudois, valaisan et savoisien. Dans le patois franc-comtois on dit:Encharpé. En languedocien et en provençal,escarpinasignifie: Écheveler, tirer par les cheveux, écharper, déchirer. Dans ces mêmes dialectes,charpineuxse dit d'un arbre hérissé de pointes. R. lat.carpere.ÉCHART, ÉCHARTE, adj. Terme de couturière. Se dit de ce qui manque d'ampleur, de ce qui est étriqué.Robe écharte; manteau échart; rideau échart.Terme suisse-roman et franc-comtois. Dans le vieux français,échars, et en italien,scarso, signifient: Chiche, mesquin, avare.ÉCHEMI, IE, adj. Terme culinaire. Se dit de certains mets qui manquent de suc et qui sont, par cela même, desséchés.Viande échemie, légume échemi. Un bouilli échemiest un bouilli maigre et comme desséché.ÉCHEVETTE, s. f. Écheveau.Échevette de fil; échevette de soie; échevette embrouillée.Terme suisse-roman, savoisien, lyonnais, comtois, lorrain et vieux français.ÉCHILLE, s. f. Esquille, écharde, éclat de bois. [P. G.]ÉCHINANT, ANTE, adj. Très-fatigant, accablant, tuant.Travail échinant; occupation échinante.«Échinant,» en français, est un participe et non un adjectif; du moins, ce mot n'existe-t-il, sous cette dernière forme, dans aucun dictionnaire usuel.† ÉCHIRER, v. a. Déchirer.Fais donc attention, Lise, tu me marches et tu vas m'échirer.ÉCHIRURE, s. f. Déchirure.ÉCHOPPLE, s. f. Terme d'art. Échoppe, pointe dont se servent plusieurs artistes, et surtout les graveurs.ÉCHOPPLER, v. a. Échopper, travailler avec l'échoppe.ÉCLAFFER, v. a. Écraser avec le pied un objet qui éclate et rend un bruit ou exprime un suc par le fait même de l'écrasement.Éclaffer une poire; éclaffer une grenouille; éclaffer un escargot. Il lui éclaffa le nez d'un coup de poing.Terme vaudois, neuchâtelois et franc-comtois. Dans le dialecte languedocien,esclafa. En vieux français,esclafferveut dire: «Éclater» (s'esclaffer de rire); en limousin,escloffa, aplatir, ouvrir en pressant, comme on le fait pour une noix; en picard,éclifer, fendre, déchirer. Tous ces termes sont des onomatopées évidentes; mais la plus remarquable de toutes est notre mot patoisécllafà(llmouillés).† ÉCLAIR (UNE). Ce mot est masculin.ÉCLAIRCI (UN).Au premier éclairci nous partirons.Terme bordelais, etc. Dites: Éclaircie.ÉCLAIREMENT, s. m. Éclairage. «Dans l'hiver de 1755 à 1756, un grand nombre de particuliers firent allumer la nuit des lanternes devant leurs maisons, pour éclairer la rue, et ils continuèrent cetéclairementpendant tout l'hiver.» [J. Picot,Histoire de Genève, t. III, p. 303.]ÉCLAIRER, v. a. Allumer, faire brûler.Éclairer les quinquets; éclairer le feu.Terme méridional, etc.ÉCLATER (S'), v. pron. Se gercer, se crevasser.Le froid fait éclater les mains(fait gercer les mains).ÉCLATER (S'), v. pron.S'éclater de rire.Terme vieux français. On dit aujourd'hui: «Éclater de rire.»ÉCLIFFE, s. f. Seringue en sureau avec laquelle les enfants se jettent de l'eau.J.-J. Rousseau, dans sesConfessions, livre Ier, dit:Équiffles. «A Bossey... nous faisions des cages, des flûtes, des volants, des tambours, des maisons, deséquiffles, des arbalètes.» C'est le motécliffe, avec une prononciation différente: la véritable esteykllieffa(llmouillés etapresque muet).ÉCLÔPÉ, PÉE, adj. et partic.Comme tu es éclôpé, Daniel!Prononciation genevoise du motécloppé, dont l'oest bref, comme dansdéveloppé.ÉCOLAI ou ÉCOULAI, s. m. Terme des campagnards. Mère-goutte, surmoût, vin qui coule du pressoir dans la cuve avant que le raisin soit pressé.ÉCORCE NOIRE, s. f.Un plat d'écorces noires.Terme suisse-roman et savoisien. On dit en français: «Scorsonère.»ÉCORCES, s. f. pl.Sécher des écorces; brûler des écorces.Le mot français est «Tannée.»ÉCOT DE BOIS, s. m. Bûchette, ramille, menu bois que les pauvres gens vont ramasser dans les forêts, ou au bord des haies, ou près des ruisseaux. Sismondi n'a pas hésité d'adopter ce mot. «Quelques petitsécotsrecueillis le long des chemins, etc.» [L'Irlande en 1834; article de la Bibliothèque Universelle, mai 1836.] Terme suisse-roman et jurassien. Montaigne dit:Escot; on le dit encore dans le patois limousin (esco de boï). Au sens figuré nous disons:Être maigre comme un écot; être sec comme un écot.ÉCOTER, v. n. Ramasser desécots, c'est-à-dire, du menu bois.Où allez-vous, brave femme?—Pauvre Monsieur, je vais écoter le long d'Arve.ÉCOUAIRU, UE, s. et adj. Petit, maigre, débile, chétif.Un écouairu comme toi, vouloir camper! Dis voir, Cabot, connaîtrais-tu par hasard la femme de Jean Lorrain, cette petite écouairue, qui tient une boutique brisée darnier le Rhône?Dans quelques provinces de France,écouersignifie: Couper la queue à un animal (écouer un chien), et c'est là peut-être l'origine de notre motécouairu. Dans le patois vaudois,écouairuveut dire: «Écureuil.»ÉCOUAIRÙLE, s. f. C'est un féminin du mot précédent.ÉCOUENNE, s. f. Force, vigueur.Il y va de toutes sesécouennes, c'est-à-dire, de toute sa force.Tu n'as pas l'écouenne, tu ne peux pas, tu n'es pas assez fort.ÉCOUENNER (S), v. pron. S'efforcer. VoyezCOUANNE.ÉCOULER, v. a. Terme de tricoteuse. Laisser couler, laisser tomber, laisser échapper.Écouler une maille; maille écoulée.ÉCOVET ou ÉCOVÉ, s. m. Écouvillon, linge fixé à l'extrémité d'une perche et servant à nettoyer le four. Terme suisse-roman. En provençal,escoubo, en vieux français,escouve, et en français, «écouvette,» signifient: «Balai.»ÉCRELET ou LÉCRELET, s. m. Sorte de nougat.Des écrelets de Bâle.Terme suisse-roman, formé du mot allemandLeckerei, friandise.ÉCREMÉ, ÉE, adj.Étang écremé, rivière écremée.Étang, rivière dont les froids de l'hiver commencent à congeler la surface.ÉCREMER, v. a.Écrémer du lait.Écrivez et prononcez «Écrémer,» avec un accent aigu sur les deuxé.ÉCRITOIRE (UN).Un petit écritoire.Ce mot est féminin.ÉCRIVISSE, s. f.Pêcher aux écrivisses.Terme suisse-roman, savoisien et franc-comtois. Dans le vieux français on écrivait et on prononçaitEscrivisse, et l'on ne dit pas autrement dans plusieurs villages de notre canton.ÉCU, s. m.Écu changé, écu mangé.Ce proverbe, peu répandu à Genève, mais qui nous appartient réellement, signifie qu'une pièce d'argent, dès qu'elle est changée, est bientôt dépensée. Ce proverbe a été recueilli par deux dictionnaires modernes, savoir, leComplémentdu dictionnaire de l'Académie (au mot Manger), et le Dictionnaire national de M. Bescherelle.ÉCUELLE, s. f.Écuelle de lait.Dites: Écuellée de lait.ÉCUELLE, s. f. Nous disons figurément:Verser son écuelle, pour signifier: «Faire mal ses affaires.»Un tel a verséson écuelle; c'est-à-dire: Un tel a perdu, en tout ou en partie, ce qu'il possédait.ÉCUELLE, s. f. Ricochet, bond que fait une pierre plate et légère jetée obliquement sur la surface de l'eau.Faire des écuelles.ÉCUERNE ou ÉTIEURNE, s. des 2 genres. Idiot, hébaté, ahuri.J'avais beau vous appeler à mon secours, vous restiez là tous deux comme des écuernes.Terme savoisien.ÉCUÉRU, UE, s. VoyezÉCOUAIRU.ÉCUISSETER ou ÉCUISSOTER, v. a. Signifie: Fendre, partager en deux.La foudre, en tombant sur cet arbre, l'a écuisseté.Au sens figuré: Fatiguer à l'excès, harasser.Une marche de six jours consécutifs nous avait écuissotés.[P. G.]ÉCUIT, ÉCUITE, adj. Se dit de la peau des petits enfants, lorsqu'elle s'écorche ou se crevasse.Notre pauvre Lolotte est tout écuite.Terme suisse-roman. On dit à Lyon:Entrecuit.ÉCUMOIRE (UN). Ce mot est féminin.ÉDUQUER, v. a. Élever un enfant, l'instruire, le former.Suis-je assez misérable! s'écriait la Simonne; j'ai tout sacréfié pour faire éduquer mon Janot, et j'y ai pardu, avec ma peine, tous mes petits argents!Ce mot d'éduquerappartient au langage le plus négligé et le plus populaire. Cependant on peut fort bien dire d'un homme incivil et grossier: «Voyez ce mal éduqué.»EFFARCLÉ, ÉE, adj. et partic. Se dit principalement des ustensiles en bois, et signifie: Brisé, mis en pièces.Seille effarclée; cuvier effarclé; bagnolet effarclé.En patois,farclle(llmouillés) veut dire: «Cercle.»EFFEUILLES (LES). L'opération d'effeuiller la vigne.Le temps des effeuilles. Les femmes sont aux effeuilles.Les dictionnaires disent: «L'effeuillaison» et «L'effeuillage.»† EFFINI, NIE, ou ÉFINI, NIE, adj. Infini.Depuis un temps effini la voisine me rocandait ce crou-ye paravent.ÉGANCE, s. f. Répartition de charges, distribution d'impositions entre divers copropriétaires. Ce terme est mentionné dans leGlossaire de l'ancien droit français, parMM. DupinetLaboulaye.ÉGANCER, v. a. Fixer les proportions, régler les parts d'une contribution,faire les égances. Expression consacrée.ÉGANGUILLÉ, ÉE, adj. Se dit d'une personne dont les vêtements sont pleins de trous, sont en lambeaux, en loques.Ce petit drôle veut toujours grimper sur les arbres, et toujours il en redescend éganguillé.VoyezGANGUILLER.ÉGATTER (S'), v. pron. S'ébattre, se divertir, courir la prétantaine. VoyezGATTES.ÉGLEDON, s. m. Édredon.ÉGRAVETER, v. a. Gratter la terre.Les poules égravetaient dans le jardin.R.gravier?ÉGRÉGE, adj. m. Honorable. «Ordonné aux secrétaires de la Justice de ne point qualifier de Nobles ceux des Auditeurs desquels les pères n'auront été ni Syndics, ni Conseillers, mais simplement d'Égrégesou honorables.» [Fragments historiques deGrenus.] Ce terme, qui appartient à l'ancienne langue genevoise, manque dans les dictionnaires, et en particulier dans leGlossaire romandeRoquefort. «Égrégiat,» s. m., est dans Bescherelle. R.egregius.ÉGRENÉ, ÉE, adj. Se dit des personnes et des choses, et signifie: Isolé, incomplet, éparpillé.Quelques soldats égrenés furent surpris et massacrés. Quand on commence à étudier une langue quelconque, des leçons égrenées sont d'un médiocre profit. La bibliothèque du bateau à vapeur ne nous offrit que quelques volumes égrenés de Buffon et de Voltaire.On lit dans leJournal de Genève, du 27 mai 1851: «Suffrages en faveur de la liste jaune, 1900; enfaveur de la liste rouge, 1050; le reste se répartit envoix égrenées.» Cette expression utile n'a pas d'équivalent exact en français. «Égrené,» ou plutôt «égréné,» est français dans un autre sens.ÉGRILLÉ, ÉE, adj. Desséché, éraillé par l'action du soleil.Un vernis égrillé; un bagnolet égrillé; une brande égrillée.Terme suisse-roman et jurassien. R.grillé, desséché.ÉGROUGNER, v. a. Frapper rudement, meurtrir, abîmer de coups une personne ou une chose.Il prenait plaisir à égrougner la poupée de sa sœur. En tombant sur ces cailloux, elle s'égrougna le bras. Ils se battirent dans le cabaret et s'egrougnèrent.Terme trivial. En provençal,eigoourignasignifie: Charcuter, couper malproprement de la viande à table.ÉGRUFFÉ, ÉE, adj. et s. Éveillé, vif, étourdi. On dit plus souvent:Dégruffé.ÉJARRATER, v. a. et n. Se dit de certains animaux qui creusent la terre avec leurs pattes, comme les chiens, les lapins et les poules.Éjarratersignifie aussi, en parlant des personnes: Se démener avec les bras ou les jambes pour se débarrasser d'une chose dont le poids nous incommode. [P. G.]ÉJAVETER (S'), v. pron. Se débattre, s'ébattre, remuer vivement les pieds et les mains.Etendez votre enfant sur le gazon et laissez-le s'éjaveter.ÉLANCÉE, s. f. Élancement, impression que fait en quelque partie du corps une douleur subite et de peu de durée.Avoir des élancées; son abcès lui causait des élancées cruelles.Dans le français populaire on dit:Une lancée.ÉLEVER (S'), v. pron. En parlant du temps. Se lever, se mettre au beau.Quand le temps s'élèvera, nous partirons.Dites: Quand le temps se lèvera.ÉLÉXIR, s. m.Éléxir de longue vie.Dans le français populaire on dit:Élexir(emuet). L'expression véritable est «Élixir.»ÉLOURDI, IE, partic. Alourdi, appesanti.Cette maudite voiture m'a tant secoué, que j'en suis tout élourdi.Terme vieux français.† ÉLUMINER, v. a. Illuminer.† ÉMAGINER, v. a. Imaginer.Peut-on s'émaginer rien de plus laid, de plus-z-hideux? T'émagines-tu bien la tarente que j'ai eue là!Dans le patois rouchi on dit:S'émagéner. Chez nous il n'est pas rare d'entendre:Magine-toi, maginez-vous, pour: «Imagine-toi, imaginez-vous.»EMBARBOUILLER, v. a. Barbouiller, salir. Au réfléchi:S'embarbouiller. Le ciel s'embarbouille, le temps s'embarbouille; c'est-à-dire: Se dérange, se met à la pluie. Terme français populaire.EMBARDOUFFLER, v. a. Salir, barbouiller. Terme vaudois, etc.EMBARRAS, s. m. (fig.)Ce n'est pas l'embarras, est une locution adverbiale qui répond à: Au surplus, après tout.Ce n'est pas l'embarras, il pourrait bien y avoir de l'orage cette nuit. Ce n'est pas l'embarras, nos deux garçons peuvent bien faire toute la route à pied.Français populaire.EMBAUMER, v. impers.Il embaume dans cette orangerie; il embaume dans ce salon.Locution méridionale. Dites: Cette orangerie embaume; ce salon embaume. [Acad.]EMBEGUIGNÉ, ÉE. part. Embéguiné, ée.EMBERLICOQUER, v. a. VoyezEMBRELICOQUER.EMBIBER (S'), v. pron. S'imbiber.L'eau s'embibait dans la mollasse et la pourrissait.EMBIJÔLER, v. a. Cajoler, caresser, endormir par des paroles flatteuses. Augmentatif du verbe «Enjôler.»EMBIJÔLEUR, EMBIJÔLEUSE, s. Enjôleur, enjôleuse.EMBIJÔNER, v. a. A la même signification qu'embijôler, dont il n'est qu'une corruption.EMBLOUSER QUELQU'UN. Le mettre dedans, le duper, le friponner dans une affaire. [P. G.]EMBLOUSER (S'), v. pron. Se fourvoyer dans une affaire, se mettre dedans, être dupe par sa faute. [P. G.]EMBOIRE, v. neutre. Boire.Ce papier emboit.«S'emboire» est français, mais il ne se dit qu'en peinture. «Les couleurs de ce tableau s'emboivent,» c'est-à-dire: S'imbibent dans la toile. «Tableau embu.» [Acad.]EMBOIRE, v. neutre. Boire.Faire emboire une étoffe, faire emboire du linge, signifie: Plissoter deux morceaux d'étoffe ou deux morceaux de linge inégaux, pour les égaliser. On dit en français: Faire boire une étoffe, faire boire du linge,» c'est-à-dire: Les tenir lâches en les cousant.EMBOUTI, s. m. Sorte d'étoffe piquée.Une jupe d'embouti.EMBOUYONNER, v. n. Tremper la lessive. Terme des campagnards. R.bouïe, lessive.EMBRELICOCAGE, s. m. Confusion, brouillamini, quiproquo.Il y a là-dessous un embrelicocage auquel je ne comprends rien.EMBRELICOQUER, v. a. Emberlucoquer, troubler, embarrasser. S'emploie surtout au réfléchi:S'embrelicoquer.R.brelue, berlue.EMBRELIFICOTER (S'), v. pron. S'emberlucoquer, s'embrouiller. Terme suisse-roman et français populaire. Nous disons aussi:S'embrelificoquerets'emberlificoquer: toutes expressions qui appartiennent au français populaire.EMBRESAILLE, s. f. Sorte d'arbrisseau. Voy.AMBRESAILLE.EMBRINGUER (S'), v. pron. Se mettre dans l'embarras, être dans l'embarras.Cette maison de commerce est, dit-on, un peu embringuée.R.En bringues.EMBRONCHE, adj. Sombre, soucieux, inquiet, de mauvaise humeur.Un air embronche. Un visage embronche. Vous me semblez embronche, Monsieur Nicolas.Dans le vieux français on dit:Embronché, terme connu en Suisse, et recueilli par plusieurs dictionnaires modernes.EMBROUILLAGE, s. m. Embrouillement, confusion, mic-mac. Terme méridional.EMBROUILLAMINI, s. m. Brouillamini.EMBROUILLE, s. f. Embrouillement, confusion, gâchis.EMBROUILLER, v. a. Brouiller, mêler.Embrouiller du fil. Écheveau embrouillé; ficelle embrouillée.Ce sens du verbe «Embrouiller» manque dans les dictionnaires.EMBUMANTER, v. a. Mettre de l'engrais, mettre du fumier.ÉMINE, s. f. Mouture, salaire du meunier. Voyez le mot suivant.ÉMINER, v. a. et n. Terme de meunier. Prendre une certaine quantité de farine ou de grains pour se payer quand la personne qui a donné à moudre n'a pas d'argent. [P. G.]EMME, ÉME, ou EIME, s. m. Esprit, intelligence, jugement.Il n'a point d'eime.Terme jurassien, dauphinois et vieux français. R.anima?ÉMOTTER, v. a. Émonder.Émotter un ormeau.C'est le mot patoisémotà.ÉMOURGER (S'), v. pron. S'animer, se réveiller, se donner de la peine.Courage, Adolphe, émourge-toi. C'est aujourd'hui qu'il faut s'émourger.A l'actif,émourger, mettre en train.EMPAFFER (S'), v. pron. Signifie: 1oS'empiffrer, se gorger de nourriture; 2oFaire excès de vin ou de liqueurs. Terme français populaire.EMPARE, s. f. Marge, champ. (fig.)Prendre de l'empare(prendre de la marge);avoir de l'empare(avoir de la marge).En évaluant à 25,000 francs nos frais d'établissement,nous avons de l'empare.En vieux français,emparersignifie: Prendre, saisir.EMPARER, v. a. Soutenir le parti de quelqu'un.Emparer quelqu'un; emparer une gageure.En vieux français,emparersignifie: Protéger, fortifier;emparement, protection.EMPÂTIÈRE, s. f. Huche, pétrin, pétrissoire. Dans notre patois,patîrea le même sens.EMPATOUFFLER (S'), v. pron. Se couvrir, se remplir involontairement les mains ou le visage d'une matière gluante ou épaisse.S'empatouffler de miel; s'empatouffler de suif; s'empatouffler de beurre. L'enfant niait avoir visité l'armoire des provisions; mais son visage empatoufflé de confitures le trahissait.R.patte?EMPÊCHER À QUELQU'UN DE. Dites: Empêcher quelqu'un de.Je lui empêcherai bien d'entrer. Empêche-leur de se battre. Notre plus belle vache a une maladie qui empêche au lait de sortir.EMPÉGÉ, ÉE, adj. et part. Embarrassé, empêtré, pris, arrêté.Nous fûmes accostés et empégés par ton babillard de cousin.En provençal,empeigasignifie: Enduire de poix, coller. R.pége. Voyez ce mot.EMPELOTONNER, v. a. Pelotonner.EMPESTIFÉRÉ, ÉE, adj. et part.Une chambre empestiférée.Dites: Une chambre empuantie, empestée, puante.EMPLÂTRE (UNE). Ce mot est masculin; mais il était encore féminin au dix-septième siècle, et il l'est encore dans plusieurs dialectes populaires de France.EMPLÂTRE, s. m. (fig.) Coup bien appliqué, horion, soufflet.Donner un emplâtre. Si tu répliques un seul mot, tu as un emplâtre.Terme méridional.EMPLÂTRER, v. a. (fig.) Choyer, dorloter, traiter avec une délicatesse outrée.Emplâtrer un enfant. Eugénie est emplâtréepar sa mère.Au réfléchi,s'emplâtrersignifie: Se dorloter, se choyer. «Emplâtre,» s. m., homme mou, femme sans vigueur, est français.EMPLÂTRER (S'), v. pron. Se salir, se couvrir les mains de matières sales ou glutineuses.Je voulus prendre le coquemar et je m'emplâtrai.Terme méridional. Ce sens manque dans les dictionnaires.EMPLÉTER, v. a. Faire emplette.Empléter une robe; empléter du sucre et du café.Terme suisse-roman et savoisien.EMPLETTE, s. f. Nous disons:J'ai fait l'emplette d'une table. J'ai fait l'emplette d'un canapé, etc. On doit retrancher l'article et dire: J'ai fait emplette d'une table, j'ai fait emplette d'un canapé.EMPOIGNÉE, s. f. Lutte, conflit.Ils se rencontrèrent et eurent ensemble une rude empoignée.EMPOIS, s. f.Empois blanche; empois cuite, etc. Ce mot est masculin: Empois blanc, empois cuit.EMPOISONNER, v. actif. Puer, communiquer une mauvaise odeur.Recule-toi, tu empoisonnes la pipe. Cette vieille mendiante empoisonnait l'eau-de-vie. Votre chambre empoisonne le brûle.EMPOISONNER, v. a. (fig.) Infecter, infester.Votre prairie est empoisonnée de mauvaises herbes; ce champ est empoisonné de rats et de sauterelles. La France nous empoisonne de mauvais romans.Ces diverses significations du mot «Empoisonner» manquent dans les dictionnaires.EMPOUTOUILLE, s. f. Terme des campagnards. Brouillamini, discours confus et embrouillé, bagout inintelligible.Quelle empoutouille tu nous fais là!EMPOUTOUILLER, v. a. Embrouiller (au sens propre et au sens figuré).Échevette empoutouillée.EMPRÔGER, v. n. VoyezAMPRÔGER.EMPUANTER, v. a. Empuantir, infecter.EN, prép. Pour.Une tailleuse en hommes.Dites: Une tailleuse pour hommes. Dans une comédie deLe Sage, intitulée:Les trois Commères(acte I, scène 9), on trouve cette phrase: «Je suis cordonnierPOURfemmes.»EN, prép. À (avec mouvement devant un nom de ville).Aller en Carouge, aller en Seyssel, etc. Expression de nos campagnards, fort usitée en Savoie, à Lyon et dans le Midi. Un guide de Chamouny me disait:Je pris ces deux Anglais à La Roche, je passai avec eux le Petit-Bornand, et je les conduisis jusqu'en Thônes. «Un tel fut conduit captifenAlger,» est une phrase que chacun de nous a rencontrée dans les vieux romans.EN, prép. À la (avec mouvement).Aller en Diète. Ils quittèrent la campagne le 15 septembre et ils rentrèrent en ville.Phrases incorrectes.EN, prép. Est retranché à tort dans l'expression suivante:Il ne fit ni un ni deux et lui appliqua un soufflet. Dites: Il n'ENfit ni un ni deux. [Acad.]† EN, prép. Est inutile et vicieux dans les phrases suivantes:Cela ne fait en rien; cela ne signifie en rien.EN AGIR.En agir bien, en agir mal, en agir librement, etc., ne sont pas des expressions avouées par les grammairiens. Il faut dire: Agir bien, agir mal, agir librement; ou: En user bien, en user mal, en user librement.EN BAS, prép.En bas la Tour de Bois; en bas la rue Verdaine; en bas Coutance; en bas Chevelu.«En bas» n'est pas une préposition, c'est un adverbe. Pour être correct il faut dire: En basDEla rue Verdaine, en basDECoutance, en basDEChevelu; ou mieux encore: Au bas de la rue Verdaine, au bas de Coutance, etc.EN BONNE FOI, loc. adv. De bonne foi, sincèrement.EN-ÇÀ, adv. Çà, ici.Joson, mon ami, viens en-çà, et saluetoute la companie.Dites: Joson, mon ami, viens çà, viens ici.ENCABOURNER (S'), v. pron. Se tenir enfermé, se tenir caché chez soi.Il reste tout le jour encabourné.Terme neuchâtelois et languedocien. Dans le dialecte vaudois on dit:S'encabiborner. R.cabourne. Voyez ce mot.EN CAMPE. En course, en campagne.Être en campe, être sur pied, courir çà et là.Mettre en campe, mettre en campagne, envoyer à la découverte.Toute la gendarmerie est en campe.ENCANTER, v. a. Acheter à l'encan.ENCAVAGE, s. m. Encavement, action d'encaver.ENCHEBROTTER ou ENCHEVROTTER, v. a. Bredouiller, parler dans un langage confus et embrouillé.Qu'est-ce que tu nous enchebrottes là? Qu'as-tu tant à enchebrotter?On dit aussi:Lanchebrotter.ENCHENAILLER, v. a. Terme de charpentier, qui signifie: 1oAjuster le tenon dans la mortaise; 2oLier fortement.ENCHEVALER, v. a. Ranger des colis les uns sur les autres, les mettre, pour ainsi dire,à chevalles uns au-dessus des autres.ENCLINTE, adj. fém. Encline.Votre tante Judith a le visage bien échauffé; ne serait-elle point enclinte à la boisson?† ENCOMPAGNER, v. a. Accompagner.Allez dire à la Mariette qu'elle nous encompagne.ENCOQUER, v. a. Terme de pêcheur. Étourdir le poisson ou l'enivrer au moyen de la coque du Levant. Terme méridional.ENCORE PASSE.Faire un tel voyage à pied!... Encore passe, si nous étions dans la belle saison.Dites: Passe encore, si, etc.ENCOUBLE, s. f. Signifie: 1oEntraves, liens dont on embarrasseles pieds d'un cheval; 2oObstacle, empêchement, embarras.Ces deux cousines, qui arrivent la veille de notre déménagement, sont une fière encouble.Terme provençal. R.couble, tresses de paille qui servent d'entraves aux pieds des chevaux.ENCOUBLER, v. a. Gêner, embarrasser.Un paillasson troué m'encoubla. La jeune fille s'encoubla dans sa robe et tomba.ENCOURAGER (S'), v. pron.S'encourager à l'ouvrage, signifie, dans notre dialecte: Travailler avec ardeur.Encourage-toi, Justine, si tu veux nous faire plaisir.«S'encourager» est un verbe réciproque.† ENCRE, s. masc.De l'encre épais.Ce solécisme est une tradition du vieux français. Dites: «De l'encre épaisse.»ENCRE À LA CHINE, s. f. Encre de Chine.ENCROIRE (FAIRE).T'imagines-tu me faire encroire une semblable bêtise?Terme méridional. Dites: T'imagines-tu me faire accroire? etc.EN CROIRE (S'). S'en faire accroire, être glorieux, se pavaner, faire le faraud.Voyez donc comme il s'en croit! Tu t'en crois, toi, parce que tu as un paletot neuf.Terme méridional.ENCROTTER, v. a. Enfouir, enterrer.Encrotter un chien, encrotter un cheval.Terme suisse-roman, savoisien, berrichon, etc. Nos campagnards disent aussi:Encrotter un tison dans les cendres. En vieux français,crotsignifie: «Creux.»ENCUCHER, v. a. Terme rural. Envélioter, mettre le foin en véliotes. VoyezCUCHET.EN DERNIER, loc. adv. VoyezDERNIER.EN DESSUS DE, prép. Au-dessus de.Le village de Gingins est à une lieue en dessus de Nyon.ENDOLORÉ, ÉE, adj. Terme vieux français. Dites: «Endolori, ie.»ENDOSE, s. f. Orthographe et prononciation vicieuses du mot «Endosse.» Les dictionnaires disent: «Avoir l'endosse, tu en auras l'endosse.» Nous disons:Porter l'endose, tu en porteras l'endose.ENDRUGER, v. a. Mettre de l'engrais dans un champ. VoyezDRUGE.† EN EFFET DE, loc. adv. En fait de.En effet d'habit des dimanches, je n'ai que ma blouse neuve. En effet de linge, j'ai deux chemises et un vieux paire de bas. En effet de légume, parlez-moi des écorces noires. En effet de viande, parlez-moi d'une lièvre.Expression fort usitée.EN ÉTÉ.Se mettre en été, signifie: Quitter les habillements d'hiver et se vêtir légèrement.Chez nous il n'est jamais prudent de se mettre en été avant le milieu du mois de mai.ENFANTIAU, s. m. et adj. Celui qui fait des enfantillages.Faire l'enfantiau; être très-enfantiau.Dans le vieux français,enfanteausignifiait: Petit enfant.ENFANTIOLE, s. f. et adj. C'est le féminin du motenfantiau.À ton âge, Albertine, s'amuser de la sorte, c'est être bien enfantiole. Tu es une véritable enfantiole.ENFANTISE, s. f. Enfantillage.ENFARÉ, ÉE, adj. Enfariné, ée.Il est accouru, la bouche tout enfarée, m'apprendre... que les sauteurs viennent d'arriver.ENFAUFILER, v. a. Se glisser dans.Enfaufiler un sentier.S'enfaufiler, v. pron. Se faufiler, s'introduire, se glisser.ENFILÉE, s. f. Enfilade.On nous fit traverser une longue enfilée de chambres et de corridors.EN FIN DE COMPTE, loc. adv. Au bout du compte, en résumé, enfin.ENFLAMMATION, s. f. Inflammation.ENFLAMMATOIRE, adj.Rhume enflammatoire.Dites: «Inflammatoire.»† ENFLE, adj. Enflé.À la suite d'une tombure, son genou devint tout enfle.Français populaire.ENFONCE, s. f. Enfoncement.Il demeure dans un certain recoin, dans une certaine longue, vilaine enfonce de la rue du Perron.ENFOURNER (S'), v. pron. S'enfoncer, se fourrer.Quand la nuit on crie à l'eau! mon poltron s'enfourne dans son lit et laisse crier.Dans le dialecte languedocien,s'enfournase dit du vent qui entre avec impétuosité et s'engouffre dans un lieu étroit. Ces deux sens du verbes'enfournermanquent dans les dictionnaires.ENGLAUDINER, v. a. Enjôler, endoctriner, duper.Par tes paroles mielleuses tu espères peut-être m'englaudiner, mais bernicle.Dans le Jura on dit:Englauder. R.GlaudeouClaude, nom propre, qui est quelquefois synonyme de «niais.»† ENGOND, s. m. Gond.Poser les engonds; arracher les engonds.ENGORGELER et ENGORGER, v. a. Faire entrer par force un aliment dans lagorge; ingurgiter.Il fallut lui desserrer les dents et lui engorger sa potion.ENGRINGER, v. a. Chagriner, rendre triste, peiner. Terme suisse-roman. Dans le vieux français,engraignera le même sens. R.gringe. Voyez ce mot.ENGRENER (S'), v. pron. Se dit surtout des personnes, et signifie: S'engager dans une affaire, y participer. Se prend d'ordinaire en mauvaise part.Si tu t'engrènes une fois dans cette spéculation, je crains pour ta bourse.Terme recueilli par Boiste et par Chapsal. Nous disons aussi à l'actif:Engrener, dans le sens de «Commencer.»Engrener une affaire. Engrener des relations. La chose fut mal engrenéeet elle échoua.Le dictionnaire de l'Académie et celui de MrBescherelle ne disent rien de satisfaisant.ENGUEUSEUR, EUSE, s. Celui ou celle qui engueuse, qui endoctrine, qui trompe par de belles paroles. Terme familier, qui ne s'emploie guère qu'en plaisantant.ENGUIGNACHÉ, CHÉE, adj. Qui a du guignon, qui est en guignon. Augmentatif d'enguignonné.ENGUIGNÔCHER (S'), v. pron. S'habiller étrangement, s'accoutrer d'une manière qui apprête à rire. Ne se dit que des femmes.ENGUIGNONNÉ, NÉE, adj. Qui a du guignon, qui est en guignon.Permettez-moi de quitter le jeu, je suis trop enguignonnée aujourd'hui.Terme parisien populaire.EN HAUT ou EN HAUT DE, prép.En haut la Cité; en haut la Treille; en haut de Coutance.Dites: Au haut de la Cité, au haut de la Treille, etc.ÉNIERLER (S') ou S'ÉNIARLER, v. pron. Se fatiguer à l'excès, s'éreinter. L'ancienGlossairedérive le moténierlerde la préposition latinee, et denerio, force, puissance. Le motnerione se trouve pas dans les dictionnaires. Mais, sans recourir aux langues anciennes, les mots genevois populairesNière,nierf, ouniarf, nous fournissent spontanément la véritable étymologie de ces deux termes.ENJOUER, v. a. Mettre en joue, coucher en joue.Le garde-chasse enjoua notre braconnier.Ce mot n'est pas dans les dictionnaires.EN LÀ, adv. En delà, plus loin.S'il vous plaît, Messieurs, tirez-vous en là, placez-vous tant soit peu en là. Aide-moi, Drion, à mettre ce placard plus en là.Terme languedocien, etc.ENLESSIVER, v. n. Encuver le linge destiné à la lessive.ENLIASSER, v. a. Mettre en liasse.Enliasser du linge, c'est: En faire une trousse, l'accoupler. Terme méridional.ENLIER, v. a. et n. Agacer.Être enlié, signifie: 1oAvoir les dents agacées; 2oAvaler avec difficulté. [P. G.]† EN MÊME DE. À même de, en position de, capable de.Tu n'es pas en même de me rattraper. Si M'sieu voulait m'avancer deux écus de cinq francs, je serais en même de les lui rendre dans trois mois.Terme lyonnais et méridional.ENNIFLÉ, ÉE, adj. Enchiffrené, ée. [P. G.]ENNIÔLER, v. a. Terme d'écolier.Je t'enniôle, c'est-à-dire: Je me moque de toi.Je vous enniôle tous, c'est-à-dire: Vous pouvez tous aller au d.....ENNOSSER, v. a. Engouer, embarrasser le passage du gosier en mangeant ou en buvant trop vite.S'ennosser, s'engouer, perdre la respiration en buvant de travers, ou en mangeant trop vite.Il s'ennossa au point qu'il fut obligé de quitter la table.Dans le vieux français,énossersignifie: Boucher le gosier avec unos.ENNUYANT, ANTE, s. Ennuyeux, euse.Tu es une ennuyante. Va-t'en, petite ennuyante, et laisse-nous tranquilles.Terme méridional. «Ennuyant» n'est pas un substantif; c'est un adjectif et un participe.ENNUYER (S'), v. pron.S'ennuyer de quelqu'unou dequelque chose, signifie: S'ennuyer de l'absence de quelqu'un; regretter la privation d'une chose dont on avait joui.Tu fais bien de revenir, Baptiste, car tout le monde s'ennuyait de toi. MmeN** s'ennuie de son appartement(elle regrette de l'avoir quitté). On dit dans le même sens, et cette expression est plus usitée que la précédente:S'ennuyer après quelqu'un; s'ennuyer après quelque chose. Je m'ennuie après ces deux aimables étrangers.Expression connue en Lorraine, et sans doute ailleurs.† ÉNONDÉ, DÉE, part. Inondé, dée.La seille coulait, et la pauvre Marguerite en fut tout énondée. Cette averse nous a énondés.ÉNOSSER, v. a. VoyezENNOSSER.EN OUTRE DE CELA, loc. adv. Outre cela.EN PLACE DE, prép. Au lieu de.En place de vin, donnez-nous une cruche de bière. En place d'un mur, établissez une bonne haie. En place d'étudier, tu babilles.Français populaire.† EN PREMIER, adv. Premièrement, d'abord.Nous irons en premier chez l'oncle, et ensuite chez le cousin.Français populaire.ENRAIDI, IE, adj. et part. VoyezENROIDI.ENRAUFER ou ENRÔFER, v. a. Salir, couvrir d'ordures. En vieux français,rofféesignifie: Gale, croûte de gale. [VoyezRoquefort,Glossaire de la langue romane.]ENROIDI, IE, adj. et part. Roidi, devenu roide par le froid ou par une cause quelconque.Je me sens tout enroidi, tout enraidi; j'ai le cou enraidi. S'enroidirous'enraidir, v. pron. Se roidir.Mon bras et ma main s'enraidissent.Terme méridional.ENROSSER, v. a. Flouer, attraper, mettre dedans.On t'a joliment enrossé avec ce cheval. Il s'est laissé enrosser d'un tas de rossignols(rebuts de magasin).Le croyez-vous assez enrossé avec sa vieille comtesse?R.rosse.† ENROUCHÉ, ÉE, adj. Enroué, qui a de l'enrouement.Le froid l'a enrouché. Pauvre Suzon, te voilà donc bien enrouchée.R.rouche. Voyez ce mot.ENROUURE, s. f. Enrouement, maladie du gosier.Une forte enrouure.Terme suisse-roman, dauphinois et languedocien.† ENSAUVER (S'), v. pron. Se sauver, s'enfuir.Ensauve-toi, ensauve-toi! on te court après. Voilà l'hussier: ensauvez-vous!ENSEIGNE, s. f.À bonne enseigne, c'est-à-dire: À justetitre, avec des sûretés.Si ton frère a pris cette résolution, ce n'est qu'à bonne enseigne.On dit en français: «À bonnes enseignes.»ENSEVELIR et ENTERRER n'ont point le même sens. «Ensevelir,» c'est: Envelopper un corps mort dans le drap appelé linceul. «Enterrer,» c'est: Mettre en terre le corps mort. L'historien suisse, Ruchat, s'est donc exprimé peu correctement dans la phrase suivante: «Calvin mourut le 27 mai (1564), et futensevelitout simplement au cimetière commun de Plainpalais.» Il fallait dire: Enterré, ou Inhumé.ENSEVELISSEMENT, s. m. Ne dites pas:Accompagner un ensevelissement. Regarder passer un ensevelissement. L'ensevelissement défila pendant plus d'une demi-heure. Dites: Accompagner un convoi, accompagner un enterrement, accompagner une pompe funèbre, etc.† ENSOUVENIR (S'), v. pron. Se souvenir.Ensouviens-t'en, Gabriel, ensouviens-t'en bien: je t'attends demain à la Jonction.ENSUITE, adv. D'ailleurs, de plus, au surplus.Devais-tu, André, te gendarmer de la sorte, quand ton père te réprimandait? Premièrement il en a le droit; ensuite tu es véritablement dans tes torts.Expression gasconne, etc.ENSUITE (D').L'année d'ensuite.Dites: L'année suivante, l'année d'après. [Acad.]ENTAILLER (S'). Se couper, se faire une coupure, une incision dans la chair.S'entailler le doigt; s'entailler la main.Ce verbe, pris dans cette acception, manque dans les dictionnaires.ENTE (LA).La ente d'un poirier; la ente d'un rosier. La ente a bien réussi.L'einitial de ce mot ne s'aspire pas. Il faut écrire et prononcer «L'ente.» L'ente a bien réussi, etc.ENTE, s. f. Terme de couturière. VoyezENTER, no2.ENTÉCHER, v. a. Mettre en tas. Se dit particulièrement des fourrages. VoyezTÈCHE.ENTENDU (UN). Un plan concerté, un plan combiné, une collusion secrète.C'est un entendu entre eux(c'est une affaire arrangée et calculée entre eux). Terme méridional.† ENTENTION, s. f. Attention.Faites entention, ma bonne Dame, vous pourriez glisser.Terme vieux français, que l'on trouve déjà dans leRoman de la Rose, ainsi que l'adjectifententif(attentif).ENTER, v. a. Greffer. Nous aspirons l'einitial de ce mot, comme s'il s'écrivaithenter. C'est une faute aussi grossière que fréquente. Ne dites donc pas:Je soigne cet arbrisseau pour le enter quand le moment sera favorable; dites: «Pour l'enter.»ENTER, v. a. Terme de couturière.Enter des bas, veut dire: Remonter des bas, les raccommoder en y ajoutant des bouts. Terme suisse-roman et méridional. Dans l'évêché de Bâle on dit:Renter.ENTERREUR, s. m. Fossoyeur, celui qui creuse les fosses destinées aux morts. Terme dauphinois et languedocien. On dit à Marseille:Un enterre-mort.ENTICHER (S'), v. pron. S'entêter, s'éprendre d'une personne.Il s'enticha d'une comédienne, et il l'épousa. Il est entiché de lui-même et il s'admire.L'Académie dit: «S'enticher d'une opinion, s'enticher d'un système;» mais elle ne dit pas: S'enticher d'une personne. Expression fort admissible.ENTORSE, s. f. Nous disons:Se faire une entorse; il se fit une entorse au pied. Il faut dire: «Se donner une entorse.»EN TOUT ET PARTOUT. Sorte d'adverbe, qui signifie: En total.À la fin de ce long voyage, il ne leur restait en tout et partout que trois francs.ENTRAIN, s. m. Ardeur au travail.Étudier avec entrain. Travailler avec entrain. Je n'ai point d'entrain, je n'ai aucun entrain aujourd'hui.Ce substantif, si usité chez nous et si remarquable, n'existe pas en français.ENTRE, prép.Ils n'avaient entre eux tous que sept francs à dépenser.Ce sens de la prépositionentren'est pas français. Il faut dire: «Ils n'avaient ensemble que sept francs à dépenser.»ENTRECOT, s. m. (obref.) Ruelle, ruelle formée par les boutiques ou échoppes qui bordent nos Rues basses.Traverser un entrecot; s'échapper par l'entrecot. On nous fit passer par un corridor étroit, ou, pour mieux dire, par un entrecot.ENTRE DEUX. Nous disons:Être entre deux, pour signifier: Être indécis, être en balance, hésiter.Partirai-je? Resterai-je? Je suis là entre deux.Expression méridionale.ENTREPOSER, v. a. Déposer.Entreposer sa canne, entreposer son ombrelle à l'entrée d'un lieu public.«Entreposer,» en français, n'a aucun autre sens que celui de: Déposer des marchandises dans un entrepôt.ENTRER, v. actif. Mettre dedans ce qui était dehors.Entrer le bois au grenier; entrer les fauteuils dans le salon; entrer les vases dans la serre, etc.Entrer son chapeau(l'enfoncer dans sa tête).Elle s'est entré une écharde dans le doigt.Expressions incorrectes, ou qui, du moins, n'ont pas l'autorité des dictionnaires.† ÉNUTILE, adj. Inutile. ÉNUTILEMENT, adv. Inutilement.ENVERJURE, s. f. Envergure, que l'on prononceenverghure(commefigure). R.vergue.ENVERS, s. m. Clou, furoncle.Il dormit sur l'herbe humide, et il lui sortit des envers par tout le corps.Terme suisse-roman.EN VEUX-TU? EN VOILÀ. Cette locution adverbiale signifie:À foison, abondamment, en grande quantité.C'était un bal magnifique: il y avait des glaces en veux-tu? en voilà.ENVIER QUELQU'UN.Envier les riches. Tu vas demain aux Treize Arbres, Catherine: ah! que je t'envie.On dit: «Envier une chose;» on ne dit pas:Envier quelqu'un.ENVIRONS (AUX), prép.J'irai te voir aux environs de Noël. Quel âge a ton garçon, compère?—Il a aux environs de douze ans. Quelle heure est-il?—Il est aux environs de quatre heures.Dites: Près de Noël. Il est quatre heures environ, etc.ÉPARE, s. f. Penture, bande de fer pour soutenir les portes et les fenêtres. Terme suisse-roman. A Lyon on dit:Empare.ÉPARGNE, s. f. Binet, petit instrument qu'on adapte au chandelier pour brûler les bouts de chandelle. A Neuchâtel, en Dauphiné, en Languedoc et en Lorraine on dit:Une ménagère; en Picardie,un profit; en Limousin,une économie.ÉPAULE, s. f. (fig.) Grappillon au haut d'une grappe et qui en dépend.Accepterais-tu ce raisin, Fanny?—C'est beaucoup trop; mais j'en prendrai avec plaisir une épaule.Expression très-juste.ÉPAUTE, s. f. Épeautre, sorte de froment.ÉPENALET, s. m. Tranche de lard coupée au dos d'un cochon. C'est un morceau estimé des paysans gourmets. [P. G.]ÉPICACUANA ou ÉPÉCACUANA, s. m.Tablettes d'épicacuana.Écrivez et prononcez «Ipécacuana.»ÉPIDERME.Épiderme délicate.Ce mot est masculin.ÉPINARDS. Ce substantif est masculin; mais beaucoup de personnes le font féminin et disent:De bonnes épinards. Cette faute nous vient du patois, où le motépenoches(épinards) est féminin.ÉPINGLE D'ÉPOUSE, s. f. Camion. [Voyez leVocabulaire françaisde MrPautex, 9eédition, p. 57.]ÉPINGOLER, v. a. Épingler, déboucher la lumière d'une arme à feu avec une épinglette.ÉPINGOLOIR, s. m. Épinglette.ÉPINGUE, s. f. Prononciation vicieuse du mot «Épingle.»ÉPINIACHER ou ÉPINASSER, v. a. Au sens propre ce mot signifie: Peigner les échappes ou tresses de chanvre; défaire les échappes et les mettre en quenouilles. Au sens figuré il signifie: Ébouriffer les cheveux, les mettre en désordre.Les trois quarts du temps vous rencontrez cette jeune personne tout épiniachée.ÉPION, s. m. Espion. ÉPIONNER, v. a. Espionner.ÉPISODE, s. fém. Au milieu du dernier siècle, le genre de ce mot n'était pas encore fixé; aujourd'hui il est masculin. «Un court épisode; un charmant épisode.»ÉPIZOOTIE, s. f. L'Académie veut que l'on prononceépizo-o-tie, en donnant autun son dur, comme dansrôtie.ÉPOULAILLÉ, ÉE, part. Épouvanté, ée; effrayé, ée.Elle vint tout époulaillée me dire qu'elle croyait avoir vu un loup. Tu t'époulailles de rien, Dorothée.Dans notre patois,poulailleoupolaillesignifie: «Poule.»ÉPOUSE (L'). La femme d'un tel.Je vous présente mon épouse. Je vais monter en char avec mes deux garçons et mon épouse. Si Monsieur avait occasion d'une excellente courtepointière, je lui recommanderais mon épouse.Dans tous ces exemples il faut dire: «Ma femme.» Voyez l'articleÉPOUX.ÉPOUSE, s. f. Nous disons d'une femme parée avec affectation ou avec un soin outré:Elle est parée comme une épouse. Il faut dire: Elle est parée comme une épousée; ou mieux: Comme une épousée de village. [Acad.]ÉPOUSES DU MOIS DE MAI (LES). Jeunes villageoises qui, dans un costume aussi gracieux qu'elles le peuvent, vont, le premier dimanche du mois de mai, offrir desbouquets aux promeneurs et leur demander une étrenne.ÉPOUSSETER QUELQU'UN. L'expulser, le chasser d'un lieu où il était importun. En français, «Épousseter» veut dire: Battre, châtier.ÉPOUSSOIR, s. m. Époussette, sorte de grande brosse.ÉPOUSTACHER ou ÉPOUSTATER, v. a. Chasser quelqu'un, le renvoyer avec humeur. Augmentatif d'épousseter. Voyez ce mot.ÉPOUX, s. m. Ne signifie point: «Fiancé.»Épousene signifie point: «Fiancée.» «Époux» veut dire: Mari, dans le style noble; «Épouse» veut dire: Femme, dans le style poétique et oratoire, ou quand on parle de la femme d'un roi, d'un prince ou d'un seigneur.ÉPUISETTE, s. f. Écope, sorte de pelle creuse pour ôter l'eau d'un bateau.ÉQUIFFLE, s. f. Canonnière. VoyezÉCLIFFE.ÉQUIPAGE, s. m. Voiture, cabriolet, etc.Aller en équipage; mettre les chevaux à l'équipage; laver un équipage.En français on appelle «Équipage» la voiture et le cheval. La voiture seule ne s'appelle paséquipage.ÉRAILLÉ, ÉE, adj.Visage éraillé, teint éraillé, peau éraillée.Ces divers sens du mot «Éraillé» manquent dans les dictionnaires; mais on y trouve: «Œil éraillé.»ERCE, s. f. Gerce, larve de la teigne des pelleteries.ÉREINTE, s. f. Outrance.À toute éreinte, à toute outrance.Il y allait à toute éreinte; il le battait à toute éreinte.Français populaire.ÉREINTÉE, s. f. Volée de coups.Appliquer une éreintée. Recevoir une éreintée.† ERGENT, s. m. Argent.Une cueillère en ergent.ÉRINIÈRES, s. f. pl. Douleur de reins, lumbago, courbature.Avoir les érinières.On dit à Lyon:Les enreinières.ERREUR, s. f. Écart, différence.Je demande six francs dece beau dinde, et vous m'en offrez trois!... Il y a trop d'erreur.† ERRIÈRE, adv. Arrière.Il fit trois pas en errière.Terme français populaire.† ERTEUIL, s. m. VoyezARTEUIL.ÉRYSIPÈLE ou ÉRÉSIPÈLE (UNE). Ce mot est masculin. «Érésipèle ou Érysipèle dartreux.»ÈS. Aux (à les). Nos paysans disent:La boîte ès lettres, pour: La boîte aux lettres.La soupe ès faviûles, pour: La soupe aux haricots.D'ei étà ès pommes(j'ai été aux pommes), etc. Ce vieux terme ne s'est conservé en français que dans trois ou quatre dénominations: Bachelier ès lettres, Docteur ès sciences, Maître ès arts, et dans quelques phrases de pratique. L'emploi de ce mot, chez nous, est continuel dans la bouche des campagnards.ESCALIER, s. m. C'est une erreur de confondre les mots «Escalier» et «Degré.» Un escalier n'est pas undegré. Ne dites donc pas:Le clocher du temple de Saint-Pierre a cent cinquante-six escaliers. Les jeunes garçons aiment à sauter les escaliers quatre à quatre. Dans ces exemples et les analogues il faut se servir des mots «Degré» ou «Marche.» Descendre les degrés, sauter les degrés; monter les marches, descendre les marches, etc. «Un escalier,» en français, est ce que nous appelons vulgairementune montée, c'est-à-dire: La réunion de toutes les marches, de tous les degrés, depuis le rez-de-chaussée jusqu'à l'étage le plus élevé. On dira donc: Éclairer un escalier, monter un escalier, glisser dans l'escalier, tomber dans l'escalier, jouer dans l'escalier, etc.ESCAMPETTE, s. f. Ce mot est français; mais, selon les dictionnaires, il ne s'emploie que dans cette locution: «Prendre la poudre d'escampette,» c'est-à-dire: S'enfuir. A Genève nous disons:Faire une escampette; faire des escampettes;je commence à m'inquiéter de ses fréquentes escampettes.Escamper, en vieux français, signifie: Décamper.† ESCANDALE, s. m. Scandale.ESCANDALISER, v. a. Scandaliser.Oui, Messieurs, elle m'a dit: Fayasse; elle m'a dit: Vieille cauque; et j'en suis encore tout émotionnée, tout escandalisée.Terme méridional et vieux français.† ESCARAMOUCHE, s. f. Escarmouche.† ESCARTER (S'). S'écarter.Escartez-vous, Messieurs, s'il vous plaît. Jâques, tu ne t'escarteras pas de là.Terme vieux français, conservé dans le langage des paysans.ESCAVALANT (EN), ou EN ESCAVALON, loc. adv. En désordre, en déroute, sens dessus dessous.La chambre était en escavalon, en escavalant. Gaudichon revint soû(soûl)du cabaret, et mit toute sa maison en escavalant.ESCIENT, s. m. Bon sens, raison, jugement, judiciaire.Avoir de l'escient; manquer d'escient; faire preuve d'escient. Les dents d'escient(dents de sagesse). Expressions d'un emploi journalier dans la Suisse romane. En français le mot «Escient» ne s'emploie que dans cette phrase: «À bon escient,» c'est-à-dire: Sciemment, avec connaissance de cause.ESCLANDRE (UNE).Une grande esclandre, une fameuse esclandre.Ce mot est aujourd'hui masculin, après avoir été féminin jusqu'au milieu du dix-septième siècle. R.scandalum.ESCORMANCHER (S'), v. pron. S'échiner à travailler, s'escrimer, se tourmenter, s'excéder. Terme suisse-roman.ESCÔTE, s. f. Terme de batelier. Écoute, corde qui sert à diriger la voile.Tirer l'escôte.En vieux français:Escoute.ESCUSE, s. f. Excuse. ESCUSER, v. a. Excuser.ESPADRON, s. m. Espadon. ESPADRONNER, v. n. Espadonner.ESPARGEOLER ou ASPARGEOLER, v. a. Asperger, jeter de l'eau avec un balai mouillé à cette intention.† ESPÉTÂCLE, s. m. Spectacle.C'était un espétâcle à vous fendre l'âme.Terme méridional.ESPICERIE, s. f. Épicerie. ESPICES, s. f. pl. Épices. ESPICIER, s. m. Épicier. Ces trois termes appartiennent au vieux français.ESPINCHER, v. a. Épier, découvrir avec adresse, rechercher, poursuivre.ESPLICATION, s. f. Explication. ESPLIQUER, v. a. Expliquer.† ESQUELETTE (UNE). Un squelette.ESSARTIR ou ESSERTER, v. n. Essarter, défricher en arrachant les bois et les épines. Du motessertersont venus les noms propresEssertines,Les EssertsetBelesserts, ouBellexserd, ouBallexserd, hameaux ou habitations voisines de Genève. R.essart, terre défrichée.ESSEMER, v. n.Les deux ruches ont essemé le même jour.Orthographe et prononciation vicieuses du mot «Essaimer.»ESSENCILLER, v. a. et n. (llmouillés.) Terme de lessive. Faire égoutter le linge, l'étendre quand il vient d'être lavé et qu'il dégoutte encore.Mettez ce linge essenciller au soleil. Ne rentrez pas ces draps: ils sont à peine essencillés.ESSERTER, v. a. Essarter, défricher. VoyezESSARTIR.ESSOURDELER, v. a. Assourdir.Finis, Charles, avec ton tambour: tu nous essourdelles. Il parlait si haut qu'il m'essourdelait.Terme suisse-roman. En Franche-Comté,essourder, en Lorraine,essourdir, ont le même sens.ESSOURER (S'), v. pron. Sortir de chez soi pour prendre l'air.Il faut que l'on s'essoure un peu aujourd'hui. Ce n'est pas s'essourer que de se promener dans des rues humides et étroites.Nous disons aussi à l'actif:Essourerdes couvertures, essourer des coussins, essourer un lit; c'est-à-dire: Les mettre à l'air. L'Académie dit: «Essorer du linge,» en ajoutant que ce terme est peu usité.Essourerets'essourersont fort usités dans le dialecte genevois.† ESTATUE, s. f. Statue.Il restait là planté comme un idoine, comme une estatue.Terme méridional et vieux français.ESTIME, s. f. Estimation.Acheter des meubles à l'estime.Terme méridional.ESTOC, s. m. Esprit, imagination, sagacité, capacité.Avoir de l'estoc, signifie: Avoir de la tête, trouver facilement des ressources, se tirer d'affaire aisément. Le contraire est:Manquer d'estoc, être sans estoc. Terme picard et lorrain. En Dauphiné,cela ne vient pas de son estoc, signifie: Cela ne vient pas de lui. En vieux français,estocavait le sens de: Race, extraction, lignée; et dans le dialecte de Valenciennes on appellehomme d'estoc«Un homme comme il faut.»ESTOMAC (UNE).Estomac dérangée, estomac serrée.Ce mot est masculin, et il se prononceestoma.ESTOMACHIQUE, adj. Stomachique.† ESTRAIT, s. m.Estrait d'absinthe. Un verre d'estrait.Écrivez «Extrait,» et donnez à l'xle son qui lui est propre.ESTRANGALA, s. f. Grand filet de pêche. Terme vaudois.† ESTRÉMENT, adv. Extrêmement.Le temps n'est pas, pour dire, estrément mauvais. N'as-tu pas estrément soif, Carizot?ESTRIFFE, s. f. Discussion, dispute, querelle, castille. Dans le vieux français ce mot était masculin et il s'écrivaitestrif.ESTRINGOLER, v. a. Étrangler.Que le d..... t'estringole!Terme vaudois, berrichon et rouchi. Le peuple de Paris dit:Espringoler.S'estringoler, v. pron., signifie: Se donner beaucoup de peine, se tourmenter, se fatiguer, s'échiner.Je suis là à m'estringoler toute seule, pendant que cette charoupe d'homme me regarde faire. Nous nous sommes toutes trois estringolées à cette lessive.R.stringooustrangulo?† ESTRORDINAIRE, adj. Orthographe et prononciation vicieuses du mot Extraordinaire.ÉTABLISSEUR, s. m.Un établisseur d'horlogerie, est Celui qui fait confectionner,établirles montres, par opposition au marchand qui les vend.ÉTALABOURDI, IE. Augmentatif d'élourdi. Voyez ce mot.† ÉTALIE. Italie. ÉTALIEN. Italien.ÉTARTIR (S'), v. pron. S'étendre par terre, tomber tout de son long.Il resta étarti et sans connaissance.R.stratus.ÉTATS, s. m. pl.Être dans tous ses états, signifie: Être fort troublé, être fort agité, se désoler, ne pas se posséder. Nous disons dans le même sens:Se mettre dans tous ses états; se mettre dans des états affreux. Terme suisse-roman.ÉTATS, s. m. pl.Prendre les états, se dit d'une domestique qui, ayant quitté le service, s'habille à la façon des dames.Félicie a pris les états.† ÉTENAILLES, s. f. pl. Tenailles.Tends-me voir les étenailles.Terme méridional, etc.ÉTENDRE, v. a.Étendre du fumier.Dites: «Épandre du fumier,» c'est-à-dire: Le jeter çà et là en plusieurs endroits, l'éparpiller.ÉTIEURNE, s. des 2 genres. VoyezÉCUERNE.ÉTIRE, s. f. Sorte de gaffe ou grande perche ferrée pour conduire les barques.Aller à l'étire.ÉTONNER (S'), v. pron.Je m'étonne si... Je m'étonne comment... Je m'étonne pourquoi... Je m'étonne où...Ces expressions signifient: Je voudrais bien savoir si... J'aimerais bien savoir comment... Il me tarde de savoir pourquoi...Je m'étonne si je recevrai ce soir une réponse à ma lettre. Je m'étonne si le mariage en question aura lieu. Je m'étonne s'il fera beau temps demain. Je m'étonne comment finira leur procès. Je m'étonne où l'on peut se procurer d'excellentes chaussures. Je m'étonne où est ma clef d'armoire. Je m'étonne pourquoi notre Ernest n'est pas invité à ce bal. Je m'étonne quand notre contingent reviendra, etc. Les grammairiens condamneront sans doute cette expression, et diront doctoralement qu'ons'étonned'une chose qui est arrivée, mais non pas d'une chose incertaine et non avenue. Pour nous, passant condamnation là-dessus, nous ferons observer: 1oQue les expressions:Je m'étonne si, je m'étonne quand, je m'étonne pourquoi, sont universellement usitées dans la Suisse romane; 2oQu'elles ont une rapidité, une concision et une originalité remarquables; 3oQu'elles n'ont aucun équivalent meilleur en français.ÉTOUFFÉE, s. f.Des haricots à l'étouffée.Terme vaudois, neuchâtelois, savoisien, etc. Dites: À l'étuvée.ÉTOUFFER DE RIRE (S'), v. pron. Étouffer de rire. [Acad.]ÉTOUILLER (S'), v. pron. Étendre les bras en bâillant, s'étirer. Terme des campagnards. [P. G.]ÉTRAMER, v. a. Terme des campagnards. Serrer, renfermer, abriter, mettre à couvert. En vieux français,estransignifie: Couverture de paille, chaume. En Picardie, en Normandie, en Franche-Comté et en Lorraine,étraina le même sens. R.stramen.ÉTRANGER, v. actif. Surfaire.Étranger les Anglais, étranger les voyageurs.«Étranger,» v. a., est français, mais dans une autre acception.ÉTRANGER, s. m. Pays étranger.Vivre dans l'étranger; s'établir dans l'étranger; il s'est marié dans l'étranger.Les dictionnaires disent: «À l'étranger.» PasserÀl'étranger.ÊTRE, v. auxil. Ce verbe est mal employé dans les phrasessuivantes:Quatre et quatre sont huit; sept et sept sont quatorze. Dites: Quatre et quatreFONThuit; sept et septFONTquatorze.ÊTRE, v. auxil.C'est incroyable les belles vaches qu'il y avait à la foire de Nyon. C'est immense le nombre des curieux qui entourait l'escamoteur.Construction claire, simple, concise, mais qui ne soutiendrait pas l'examen grammatical.ÉTRET, ÉTRETTE, adj. C'est ainsi que nos campagnards prononcent les mots «Étroit, Étroite»: prononciation qui était encore usitée en France au milieu du dix-huitième siècle. Le grammairien Féraud, qui vivait à cette époque, dit positivement: «On écrit Étroit, mais l'on prononce indifféremmentétroitouétret.»ÉTRILLÉE, s. f. Rossée, volée de coups.† ÉTROICEUR, s. f. Étroitesse.L'étroiceur d'une planche; l'étroiceur d'un passage, etc. Terme vieux français. Le dictionnaire de Cotgrave écrit:Estroisseur.† ÉTROICIR, v. a. Étrécir.Étroicir un gilet, étroicir une manche d'habit, etc. Terme franc-comtois, bordelais et vieux français. Par une opposition bizarre, la langue française dit: «Étroit» et «Étrécir,» tandis que nos campagnards disent:ÉtraitetÉtroicir.ÉTROUBLES, s. f. pl. Éteules ou esteubles, chaume; ce qui reste sur la terre du tuyau des épis après la moisson.Tourner les étroubles.Terme connu dans le Berry. Figurément:Être dans les étroubles, signifie: 1oÊtre dans l'embarras, être perplexe, s'embrouiller dans un discours; 2oEn parlant des choses: Avoir disparu, être égaré, être perdu.Ton canif, Joseph, a donc passé par les étroubles.En Normandie,étoubles, et en vieux français,estoubles, signifient: Chaume nouveau. L'ancienGlossairepense que le motétroublesest formé, par contraction, des deux motseaux troubles. Étymologie inadmissible.† EUX, pron. pers.Euxest mis pour «lui» dans la phrase suivante et phrases analogues, qui sont familières aux gamins.Dis-moi, enfant, où va ce petit garçon qui pleure?—M'sieu, il s'est donné un coup à la tête, et il se rentourne chez eusse (chez eux).† ÉVALANCHE, s. f. Avalanche. ÉVALANCHER, v. n. S'ébouler.ÉVEILLON, s. m. Soufflet, mornifle, coup quiréveille.Il lui flanqua un éveillon qui le fit taire.A Neuchâtel on dit:Un réveillon.ÉVENTAIRE, s. m. Inventaire.On fit l'éventaire de la petite commode et du placard.Terme parisien populaire.ÉVITATION, s. f.En évitation de frais.Terme consacré. Dites: Pour éviter des frais.ÉVITER, v. a.Éviter une peine à quelqu'un, éviter un embarras à un ami, s'éviter un souci, ne sont pas des expressions correctes. Dans ces phrases et les analogues, il faut se servir du mot «Épargner.» Épargnez-moi ce travail; épargnez-lui cette course; épargne-toi cette peine; épargnons-leur cette confusion.ÉVOUATER ou ÉVOUÉTER, v. a. Terme des campagnards. Grappiller.EXCROC, s. m. Écrivez «escroc,» et prononcezescrô.EXCROQUER, v. a. Escroquer.EXCOFFIER, v. a. Escoffier, tuer, faire disparaître.EXCUSE, s. f.Demander excuse. Je vous demande excuse. Demande-moi excuse, Louisa.Ces phrases ne sont pas correctes, quoique fort usitées en Suisse et ailleurs. Dites: Demander pardon; je vous demande pardon; ou dites: Faire des excuses; je vous demande de m'excuser; je vous prie de m'excuser.EXERCICE, s. m. Nous disons:Prendre de l'exercice. On dit en français: «Faire de l'exercice.» «Vu son embonpoint,il faut qu'il fasse de l'exercice.» [Picard,Le Collatéral, IV, I.]† EXERCICE (UNE).Le caporal Gandinaud est aux arrêts pour avoir manqué la première exercice.Ce mot est masculin.EXPÉDIER (S'), v. pron. Se dépêcher, se hâter, accélérer.Expédions-nous, Messieurs, l'heure approche.† EXPRÈS (PAR), adv. Exprès.Tu m'as rejiclé de la gouille, Urbain, et tu y as fait par exprès.Français populaire.EXTERMINER, v. a. Battre à outrance.Il se jeta sur l'agresseur, et l'extermina de coups.«Exterminer» est français, mais dans des acceptions différentes.EXTRAIT DE BAPTÊME, s. m. Extrait baptistaire.EXTRAVAGUÉ, GUÉE, s. Extravagant, extravagante.Ne va pas couriater avec tes cousins, petite extravaguée.
EAU, s. f. Nous disons:Crier à l'eau! Les cris d'à l'eau! à l'eau! se répétaient dans toutes les rues.On dit en France: «Crier au feu!»
ÉBALOURDIR, v. a. Abalourdir, étourdir, troubler. R.balourd, homme stupide.
ÉBARAGNER, v. a. Enlever, au moyen d'unébaragnoir, les toiles d'araignée.Ébaragner un plafond, ébaragner un corridor.
ÉBARAGNOIR, s. m. Longue époussette, long balai à tête ronde, destiné à ôter les toiles d'araignée. R.aragne.
ÉBAU ou ÉBAUD, s. m. Terme des campagnards. Signifie: 1oUn feu clair, un feu flamboyant, un feu de joie dans les champs; 2oUn flambeau de poix. Ce mot est probablement l'origine du verbe «Ébaudir» (égayer, divertir, réjouir).
ÉBAUCHE (UN).Un petit ébauche.Ce mot est féminin.
ÉBÉNISTRE, s. m. Écrivez sansr, et prononcez «Ébéniste.»Ébénistrese dit aussi en Lorraine, et sans doute ailleurs.
ÉBERCHER, v. actif.Couteau éberché, assiette éberchée.Terme français populaire. Dites: «Ébrécher.»
ÉBERCHURE, s. f.Faire une éberchure à une tasse, à uneassiette, à un couteau.On devrait dire en français: «Ébréchure,» mais ce mot utile ne se trouve pas dans les dictionnaires.
ÉBOÉLER, ÉBOILER, ou ÉBOUELLER, v. a. Éventrer, faire sortir les boyaux, arracher les entrailles. Terme vaudois et vieux français. R.boël, boyau.
† ÉBOLUTION, s. f. Ébullition, éruption passagère qui survient à la peau.
ÉBORNICLER, v. a. Éborgner.Le soleil nous éborniclait.
ÉBOURIFFLER, v. a.Cheveux ébourifflés. Cette grosse bise m'a ébourifflée.Le verbe français est «Ébouriffer.»
ÉBRAISER, v. a. Remuer la braise d'une chaufferette ou d'un brasier. Ce terme, usité aussi chez nos proches voisins, mérite d'être observé.
ÉBRIQUER, v. a. Briser, mettre en pièces, effondrer.Ébriquer une caisse. Écuelle ébriquée; pipe ébriquée.Terme suisse-roman et savoisien. R.brique. Voyez ce mot.
ÉCAGNER QUELQU'UN. L'écarter, le mettre de côté, le supplanter, le chasser.
ÉCALABRER, v. a. Ouvrir entièrement.La porte resta écalabrée. Portes et fenêtres étaient écalabrées.A Lausanne et à Neuchâtel on dit:Écalambrer. Dans le patois dauphinois,eicalambra, et dans le dialecte languedocien,escarlamba, signifient: Écarquiller les jambes. Tous ces termes, fort expressifs, n'ont point d'équivalents en français.
ÉCAMBOUILLI ou ESCAMBOUILLI, IE, adj. ou partic. Ébouilli, trop cuit, diminué par la cuisson.Bouillon écambouilli; sauce écambouillie; viande écambouillie.
ÉCARABILLER, v. a. Écarquiller.Tout en dormant, il avait les yeux écarabillés.Dans le dialecte provençal,escarabihasignifie: Éveillé, gai, de bonne humeur. Le dictionnaire de l'Académie (édition de 1760) enregistre encorele mot d'Escarbillard, et lui fait signifier: Éveillé, gai, enjoué.
ÉCARAFLER, v. a. Aplatir, écacher, écraser.Il s'est écaraflé le genou en tombant. En remuant cette pierre, je m'écaraflai le pouce.
ECCÉTÉRA ou ECCÉTRA. Expression qui a passé du latin dans le français. Écrivez et prononcez «et cétéra,» en faisant sonner letdu motet.
ÉCHAFFOURÉE, s. f. Échauffourée.
ÉCHALAS, s. m. La syllabe finale est longue, comme dans les motsappāsettrépās; mais les Genevois la prononcent aussi brève que la dernière syllabe des motsprélăt,plăt,éclăt, etc.
ÉCHANGE (UNE).Une échange avantageuse.Solécisme fort répandu. «Échange» est masculin, aussi bien que «Change.»
ÉCHAPPER, v. actif.Tu as échappé une occasion excellente.Dites: «Tu as laissé échapper, tu as manqué une occasion excellente.»
ÉCHARAVOÛTÉE, s. f. Rossée, étrillée.Ils se sont donné là une fameuse écharavoûtée.On dit dans le même sens:Ils se sont fameusement écharavoûtés. Terme énergique, mais trivial.
ÉCHARAVOÛTER, v. a. Mettre en désordre, embrouiller (au sens propre).Fil écharavoûté; cheveux écharavoûtés; femme écharavoûtée.
ÉCHARBOTTER, v. a. Mêler, embrouiller.Écheveau écharbotté; crinière écharbottée.Terme savoisien, dauphinois et vieux français. Dans le patois de Dijon,encharbôtai, et dans le patois franc-comtois,encharbouter, signifient: «Embarrasser.»
† ÉCHARPE, s. f.Une écharpe au doigt.Dites: «Écharde.»
ÉCHARPINER ou ÉCHARPIGNER, v. a. Se dit du chanvrequ'on ouvre, qu'on ébouriffe après qu'il a été battu, et avant qu'il passe dans les mains de ceux qui doivent le peigner. Figurément,écharpinésignifie: Échevelé, ébouriffé.Cheveux écharpinés; coiffure écharpinée.Terme vaudois, valaisan et savoisien. Dans le patois franc-comtois on dit:Encharpé. En languedocien et en provençal,escarpinasignifie: Écheveler, tirer par les cheveux, écharper, déchirer. Dans ces mêmes dialectes,charpineuxse dit d'un arbre hérissé de pointes. R. lat.carpere.
ÉCHART, ÉCHARTE, adj. Terme de couturière. Se dit de ce qui manque d'ampleur, de ce qui est étriqué.Robe écharte; manteau échart; rideau échart.Terme suisse-roman et franc-comtois. Dans le vieux français,échars, et en italien,scarso, signifient: Chiche, mesquin, avare.
ÉCHEMI, IE, adj. Terme culinaire. Se dit de certains mets qui manquent de suc et qui sont, par cela même, desséchés.Viande échemie, légume échemi. Un bouilli échemiest un bouilli maigre et comme desséché.
ÉCHEVETTE, s. f. Écheveau.Échevette de fil; échevette de soie; échevette embrouillée.Terme suisse-roman, savoisien, lyonnais, comtois, lorrain et vieux français.
ÉCHILLE, s. f. Esquille, écharde, éclat de bois. [P. G.]
ÉCHINANT, ANTE, adj. Très-fatigant, accablant, tuant.Travail échinant; occupation échinante.«Échinant,» en français, est un participe et non un adjectif; du moins, ce mot n'existe-t-il, sous cette dernière forme, dans aucun dictionnaire usuel.
† ÉCHIRER, v. a. Déchirer.Fais donc attention, Lise, tu me marches et tu vas m'échirer.
ÉCHIRURE, s. f. Déchirure.
ÉCHOPPLE, s. f. Terme d'art. Échoppe, pointe dont se servent plusieurs artistes, et surtout les graveurs.
ÉCHOPPLER, v. a. Échopper, travailler avec l'échoppe.
ÉCLAFFER, v. a. Écraser avec le pied un objet qui éclate et rend un bruit ou exprime un suc par le fait même de l'écrasement.Éclaffer une poire; éclaffer une grenouille; éclaffer un escargot. Il lui éclaffa le nez d'un coup de poing.Terme vaudois, neuchâtelois et franc-comtois. Dans le dialecte languedocien,esclafa. En vieux français,esclafferveut dire: «Éclater» (s'esclaffer de rire); en limousin,escloffa, aplatir, ouvrir en pressant, comme on le fait pour une noix; en picard,éclifer, fendre, déchirer. Tous ces termes sont des onomatopées évidentes; mais la plus remarquable de toutes est notre mot patoisécllafà(llmouillés).
† ÉCLAIR (UNE). Ce mot est masculin.
ÉCLAIRCI (UN).Au premier éclairci nous partirons.Terme bordelais, etc. Dites: Éclaircie.
ÉCLAIREMENT, s. m. Éclairage. «Dans l'hiver de 1755 à 1756, un grand nombre de particuliers firent allumer la nuit des lanternes devant leurs maisons, pour éclairer la rue, et ils continuèrent cetéclairementpendant tout l'hiver.» [J. Picot,Histoire de Genève, t. III, p. 303.]
ÉCLAIRER, v. a. Allumer, faire brûler.Éclairer les quinquets; éclairer le feu.Terme méridional, etc.
ÉCLATER (S'), v. pron. Se gercer, se crevasser.Le froid fait éclater les mains(fait gercer les mains).
ÉCLATER (S'), v. pron.S'éclater de rire.Terme vieux français. On dit aujourd'hui: «Éclater de rire.»
ÉCLIFFE, s. f. Seringue en sureau avec laquelle les enfants se jettent de l'eau.J.-J. Rousseau, dans sesConfessions, livre Ier, dit:Équiffles. «A Bossey... nous faisions des cages, des flûtes, des volants, des tambours, des maisons, deséquiffles, des arbalètes.» C'est le motécliffe, avec une prononciation différente: la véritable esteykllieffa(llmouillés etapresque muet).
ÉCLÔPÉ, PÉE, adj. et partic.Comme tu es éclôpé, Daniel!Prononciation genevoise du motécloppé, dont l'oest bref, comme dansdéveloppé.
ÉCOLAI ou ÉCOULAI, s. m. Terme des campagnards. Mère-goutte, surmoût, vin qui coule du pressoir dans la cuve avant que le raisin soit pressé.
ÉCORCE NOIRE, s. f.Un plat d'écorces noires.Terme suisse-roman et savoisien. On dit en français: «Scorsonère.»
ÉCORCES, s. f. pl.Sécher des écorces; brûler des écorces.Le mot français est «Tannée.»
ÉCOT DE BOIS, s. m. Bûchette, ramille, menu bois que les pauvres gens vont ramasser dans les forêts, ou au bord des haies, ou près des ruisseaux. Sismondi n'a pas hésité d'adopter ce mot. «Quelques petitsécotsrecueillis le long des chemins, etc.» [L'Irlande en 1834; article de la Bibliothèque Universelle, mai 1836.] Terme suisse-roman et jurassien. Montaigne dit:Escot; on le dit encore dans le patois limousin (esco de boï). Au sens figuré nous disons:Être maigre comme un écot; être sec comme un écot.
ÉCOTER, v. n. Ramasser desécots, c'est-à-dire, du menu bois.Où allez-vous, brave femme?—Pauvre Monsieur, je vais écoter le long d'Arve.
ÉCOUAIRU, UE, s. et adj. Petit, maigre, débile, chétif.Un écouairu comme toi, vouloir camper! Dis voir, Cabot, connaîtrais-tu par hasard la femme de Jean Lorrain, cette petite écouairue, qui tient une boutique brisée darnier le Rhône?Dans quelques provinces de France,écouersignifie: Couper la queue à un animal (écouer un chien), et c'est là peut-être l'origine de notre motécouairu. Dans le patois vaudois,écouairuveut dire: «Écureuil.»
ÉCOUAIRÙLE, s. f. C'est un féminin du mot précédent.
ÉCOUENNE, s. f. Force, vigueur.Il y va de toutes sesécouennes, c'est-à-dire, de toute sa force.Tu n'as pas l'écouenne, tu ne peux pas, tu n'es pas assez fort.
ÉCOUENNER (S), v. pron. S'efforcer. VoyezCOUANNE.
ÉCOULER, v. a. Terme de tricoteuse. Laisser couler, laisser tomber, laisser échapper.Écouler une maille; maille écoulée.
ÉCOVET ou ÉCOVÉ, s. m. Écouvillon, linge fixé à l'extrémité d'une perche et servant à nettoyer le four. Terme suisse-roman. En provençal,escoubo, en vieux français,escouve, et en français, «écouvette,» signifient: «Balai.»
ÉCRELET ou LÉCRELET, s. m. Sorte de nougat.Des écrelets de Bâle.Terme suisse-roman, formé du mot allemandLeckerei, friandise.
ÉCREMÉ, ÉE, adj.Étang écremé, rivière écremée.Étang, rivière dont les froids de l'hiver commencent à congeler la surface.
ÉCREMER, v. a.Écrémer du lait.Écrivez et prononcez «Écrémer,» avec un accent aigu sur les deuxé.
ÉCRITOIRE (UN).Un petit écritoire.Ce mot est féminin.
ÉCRIVISSE, s. f.Pêcher aux écrivisses.Terme suisse-roman, savoisien et franc-comtois. Dans le vieux français on écrivait et on prononçaitEscrivisse, et l'on ne dit pas autrement dans plusieurs villages de notre canton.
ÉCU, s. m.Écu changé, écu mangé.Ce proverbe, peu répandu à Genève, mais qui nous appartient réellement, signifie qu'une pièce d'argent, dès qu'elle est changée, est bientôt dépensée. Ce proverbe a été recueilli par deux dictionnaires modernes, savoir, leComplémentdu dictionnaire de l'Académie (au mot Manger), et le Dictionnaire national de M. Bescherelle.
ÉCUELLE, s. f.Écuelle de lait.Dites: Écuellée de lait.
ÉCUELLE, s. f. Nous disons figurément:Verser son écuelle, pour signifier: «Faire mal ses affaires.»Un tel a verséson écuelle; c'est-à-dire: Un tel a perdu, en tout ou en partie, ce qu'il possédait.
ÉCUELLE, s. f. Ricochet, bond que fait une pierre plate et légère jetée obliquement sur la surface de l'eau.Faire des écuelles.
ÉCUERNE ou ÉTIEURNE, s. des 2 genres. Idiot, hébaté, ahuri.J'avais beau vous appeler à mon secours, vous restiez là tous deux comme des écuernes.Terme savoisien.
ÉCUÉRU, UE, s. VoyezÉCOUAIRU.
ÉCUISSETER ou ÉCUISSOTER, v. a. Signifie: Fendre, partager en deux.La foudre, en tombant sur cet arbre, l'a écuisseté.Au sens figuré: Fatiguer à l'excès, harasser.Une marche de six jours consécutifs nous avait écuissotés.[P. G.]
ÉCUIT, ÉCUITE, adj. Se dit de la peau des petits enfants, lorsqu'elle s'écorche ou se crevasse.Notre pauvre Lolotte est tout écuite.Terme suisse-roman. On dit à Lyon:Entrecuit.
ÉCUMOIRE (UN). Ce mot est féminin.
ÉDUQUER, v. a. Élever un enfant, l'instruire, le former.Suis-je assez misérable! s'écriait la Simonne; j'ai tout sacréfié pour faire éduquer mon Janot, et j'y ai pardu, avec ma peine, tous mes petits argents!Ce mot d'éduquerappartient au langage le plus négligé et le plus populaire. Cependant on peut fort bien dire d'un homme incivil et grossier: «Voyez ce mal éduqué.»
EFFARCLÉ, ÉE, adj. et partic. Se dit principalement des ustensiles en bois, et signifie: Brisé, mis en pièces.Seille effarclée; cuvier effarclé; bagnolet effarclé.En patois,farclle(llmouillés) veut dire: «Cercle.»
EFFEUILLES (LES). L'opération d'effeuiller la vigne.Le temps des effeuilles. Les femmes sont aux effeuilles.Les dictionnaires disent: «L'effeuillaison» et «L'effeuillage.»
† EFFINI, NIE, ou ÉFINI, NIE, adj. Infini.Depuis un temps effini la voisine me rocandait ce crou-ye paravent.
ÉGANCE, s. f. Répartition de charges, distribution d'impositions entre divers copropriétaires. Ce terme est mentionné dans leGlossaire de l'ancien droit français, parMM. DupinetLaboulaye.
ÉGANCER, v. a. Fixer les proportions, régler les parts d'une contribution,faire les égances. Expression consacrée.
ÉGANGUILLÉ, ÉE, adj. Se dit d'une personne dont les vêtements sont pleins de trous, sont en lambeaux, en loques.Ce petit drôle veut toujours grimper sur les arbres, et toujours il en redescend éganguillé.VoyezGANGUILLER.
ÉGATTER (S'), v. pron. S'ébattre, se divertir, courir la prétantaine. VoyezGATTES.
ÉGLEDON, s. m. Édredon.
ÉGRAVETER, v. a. Gratter la terre.Les poules égravetaient dans le jardin.R.gravier?
ÉGRÉGE, adj. m. Honorable. «Ordonné aux secrétaires de la Justice de ne point qualifier de Nobles ceux des Auditeurs desquels les pères n'auront été ni Syndics, ni Conseillers, mais simplement d'Égrégesou honorables.» [Fragments historiques deGrenus.] Ce terme, qui appartient à l'ancienne langue genevoise, manque dans les dictionnaires, et en particulier dans leGlossaire romandeRoquefort. «Égrégiat,» s. m., est dans Bescherelle. R.egregius.
ÉGRENÉ, ÉE, adj. Se dit des personnes et des choses, et signifie: Isolé, incomplet, éparpillé.Quelques soldats égrenés furent surpris et massacrés. Quand on commence à étudier une langue quelconque, des leçons égrenées sont d'un médiocre profit. La bibliothèque du bateau à vapeur ne nous offrit que quelques volumes égrenés de Buffon et de Voltaire.On lit dans leJournal de Genève, du 27 mai 1851: «Suffrages en faveur de la liste jaune, 1900; enfaveur de la liste rouge, 1050; le reste se répartit envoix égrenées.» Cette expression utile n'a pas d'équivalent exact en français. «Égrené,» ou plutôt «égréné,» est français dans un autre sens.
ÉGRILLÉ, ÉE, adj. Desséché, éraillé par l'action du soleil.Un vernis égrillé; un bagnolet égrillé; une brande égrillée.Terme suisse-roman et jurassien. R.grillé, desséché.
ÉGROUGNER, v. a. Frapper rudement, meurtrir, abîmer de coups une personne ou une chose.Il prenait plaisir à égrougner la poupée de sa sœur. En tombant sur ces cailloux, elle s'égrougna le bras. Ils se battirent dans le cabaret et s'egrougnèrent.Terme trivial. En provençal,eigoourignasignifie: Charcuter, couper malproprement de la viande à table.
ÉGRUFFÉ, ÉE, adj. et s. Éveillé, vif, étourdi. On dit plus souvent:Dégruffé.
ÉJARRATER, v. a. et n. Se dit de certains animaux qui creusent la terre avec leurs pattes, comme les chiens, les lapins et les poules.Éjarratersignifie aussi, en parlant des personnes: Se démener avec les bras ou les jambes pour se débarrasser d'une chose dont le poids nous incommode. [P. G.]
ÉJAVETER (S'), v. pron. Se débattre, s'ébattre, remuer vivement les pieds et les mains.Etendez votre enfant sur le gazon et laissez-le s'éjaveter.
ÉLANCÉE, s. f. Élancement, impression que fait en quelque partie du corps une douleur subite et de peu de durée.Avoir des élancées; son abcès lui causait des élancées cruelles.Dans le français populaire on dit:Une lancée.
ÉLEVER (S'), v. pron. En parlant du temps. Se lever, se mettre au beau.Quand le temps s'élèvera, nous partirons.Dites: Quand le temps se lèvera.
ÉLÉXIR, s. m.Éléxir de longue vie.Dans le français populaire on dit:Élexir(emuet). L'expression véritable est «Élixir.»
ÉLOURDI, IE, partic. Alourdi, appesanti.Cette maudite voiture m'a tant secoué, que j'en suis tout élourdi.Terme vieux français.
† ÉLUMINER, v. a. Illuminer.
† ÉMAGINER, v. a. Imaginer.Peut-on s'émaginer rien de plus laid, de plus-z-hideux? T'émagines-tu bien la tarente que j'ai eue là!Dans le patois rouchi on dit:S'émagéner. Chez nous il n'est pas rare d'entendre:Magine-toi, maginez-vous, pour: «Imagine-toi, imaginez-vous.»
EMBARBOUILLER, v. a. Barbouiller, salir. Au réfléchi:S'embarbouiller. Le ciel s'embarbouille, le temps s'embarbouille; c'est-à-dire: Se dérange, se met à la pluie. Terme français populaire.
EMBARDOUFFLER, v. a. Salir, barbouiller. Terme vaudois, etc.
EMBARRAS, s. m. (fig.)Ce n'est pas l'embarras, est une locution adverbiale qui répond à: Au surplus, après tout.Ce n'est pas l'embarras, il pourrait bien y avoir de l'orage cette nuit. Ce n'est pas l'embarras, nos deux garçons peuvent bien faire toute la route à pied.Français populaire.
EMBAUMER, v. impers.Il embaume dans cette orangerie; il embaume dans ce salon.Locution méridionale. Dites: Cette orangerie embaume; ce salon embaume. [Acad.]
EMBEGUIGNÉ, ÉE. part. Embéguiné, ée.
EMBERLICOQUER, v. a. VoyezEMBRELICOQUER.
EMBIBER (S'), v. pron. S'imbiber.L'eau s'embibait dans la mollasse et la pourrissait.
EMBIJÔLER, v. a. Cajoler, caresser, endormir par des paroles flatteuses. Augmentatif du verbe «Enjôler.»
EMBIJÔLEUR, EMBIJÔLEUSE, s. Enjôleur, enjôleuse.
EMBIJÔNER, v. a. A la même signification qu'embijôler, dont il n'est qu'une corruption.
EMBLOUSER QUELQU'UN. Le mettre dedans, le duper, le friponner dans une affaire. [P. G.]
EMBLOUSER (S'), v. pron. Se fourvoyer dans une affaire, se mettre dedans, être dupe par sa faute. [P. G.]
EMBOIRE, v. neutre. Boire.Ce papier emboit.«S'emboire» est français, mais il ne se dit qu'en peinture. «Les couleurs de ce tableau s'emboivent,» c'est-à-dire: S'imbibent dans la toile. «Tableau embu.» [Acad.]
EMBOIRE, v. neutre. Boire.Faire emboire une étoffe, faire emboire du linge, signifie: Plissoter deux morceaux d'étoffe ou deux morceaux de linge inégaux, pour les égaliser. On dit en français: Faire boire une étoffe, faire boire du linge,» c'est-à-dire: Les tenir lâches en les cousant.
EMBOUTI, s. m. Sorte d'étoffe piquée.Une jupe d'embouti.
EMBOUYONNER, v. n. Tremper la lessive. Terme des campagnards. R.bouïe, lessive.
EMBRELICOCAGE, s. m. Confusion, brouillamini, quiproquo.Il y a là-dessous un embrelicocage auquel je ne comprends rien.
EMBRELICOQUER, v. a. Emberlucoquer, troubler, embarrasser. S'emploie surtout au réfléchi:S'embrelicoquer.R.brelue, berlue.
EMBRELIFICOTER (S'), v. pron. S'emberlucoquer, s'embrouiller. Terme suisse-roman et français populaire. Nous disons aussi:S'embrelificoquerets'emberlificoquer: toutes expressions qui appartiennent au français populaire.
EMBRESAILLE, s. f. Sorte d'arbrisseau. Voy.AMBRESAILLE.
EMBRINGUER (S'), v. pron. Se mettre dans l'embarras, être dans l'embarras.Cette maison de commerce est, dit-on, un peu embringuée.R.En bringues.
EMBRONCHE, adj. Sombre, soucieux, inquiet, de mauvaise humeur.Un air embronche. Un visage embronche. Vous me semblez embronche, Monsieur Nicolas.Dans le vieux français on dit:Embronché, terme connu en Suisse, et recueilli par plusieurs dictionnaires modernes.
EMBROUILLAGE, s. m. Embrouillement, confusion, mic-mac. Terme méridional.
EMBROUILLAMINI, s. m. Brouillamini.
EMBROUILLE, s. f. Embrouillement, confusion, gâchis.
EMBROUILLER, v. a. Brouiller, mêler.Embrouiller du fil. Écheveau embrouillé; ficelle embrouillée.Ce sens du verbe «Embrouiller» manque dans les dictionnaires.
EMBUMANTER, v. a. Mettre de l'engrais, mettre du fumier.
ÉMINE, s. f. Mouture, salaire du meunier. Voyez le mot suivant.
ÉMINER, v. a. et n. Terme de meunier. Prendre une certaine quantité de farine ou de grains pour se payer quand la personne qui a donné à moudre n'a pas d'argent. [P. G.]
EMME, ÉME, ou EIME, s. m. Esprit, intelligence, jugement.Il n'a point d'eime.Terme jurassien, dauphinois et vieux français. R.anima?
ÉMOTTER, v. a. Émonder.Émotter un ormeau.C'est le mot patoisémotà.
ÉMOURGER (S'), v. pron. S'animer, se réveiller, se donner de la peine.Courage, Adolphe, émourge-toi. C'est aujourd'hui qu'il faut s'émourger.A l'actif,émourger, mettre en train.
EMPAFFER (S'), v. pron. Signifie: 1oS'empiffrer, se gorger de nourriture; 2oFaire excès de vin ou de liqueurs. Terme français populaire.
EMPARE, s. f. Marge, champ. (fig.)Prendre de l'empare(prendre de la marge);avoir de l'empare(avoir de la marge).En évaluant à 25,000 francs nos frais d'établissement,nous avons de l'empare.En vieux français,emparersignifie: Prendre, saisir.
EMPARER, v. a. Soutenir le parti de quelqu'un.Emparer quelqu'un; emparer une gageure.En vieux français,emparersignifie: Protéger, fortifier;emparement, protection.
EMPÂTIÈRE, s. f. Huche, pétrin, pétrissoire. Dans notre patois,patîrea le même sens.
EMPATOUFFLER (S'), v. pron. Se couvrir, se remplir involontairement les mains ou le visage d'une matière gluante ou épaisse.S'empatouffler de miel; s'empatouffler de suif; s'empatouffler de beurre. L'enfant niait avoir visité l'armoire des provisions; mais son visage empatoufflé de confitures le trahissait.R.patte?
EMPÊCHER À QUELQU'UN DE. Dites: Empêcher quelqu'un de.Je lui empêcherai bien d'entrer. Empêche-leur de se battre. Notre plus belle vache a une maladie qui empêche au lait de sortir.
EMPÉGÉ, ÉE, adj. et part. Embarrassé, empêtré, pris, arrêté.Nous fûmes accostés et empégés par ton babillard de cousin.En provençal,empeigasignifie: Enduire de poix, coller. R.pége. Voyez ce mot.
EMPELOTONNER, v. a. Pelotonner.
EMPESTIFÉRÉ, ÉE, adj. et part.Une chambre empestiférée.Dites: Une chambre empuantie, empestée, puante.
EMPLÂTRE (UNE). Ce mot est masculin; mais il était encore féminin au dix-septième siècle, et il l'est encore dans plusieurs dialectes populaires de France.
EMPLÂTRE, s. m. (fig.) Coup bien appliqué, horion, soufflet.Donner un emplâtre. Si tu répliques un seul mot, tu as un emplâtre.Terme méridional.
EMPLÂTRER, v. a. (fig.) Choyer, dorloter, traiter avec une délicatesse outrée.Emplâtrer un enfant. Eugénie est emplâtréepar sa mère.Au réfléchi,s'emplâtrersignifie: Se dorloter, se choyer. «Emplâtre,» s. m., homme mou, femme sans vigueur, est français.
EMPLÂTRER (S'), v. pron. Se salir, se couvrir les mains de matières sales ou glutineuses.Je voulus prendre le coquemar et je m'emplâtrai.Terme méridional. Ce sens manque dans les dictionnaires.
EMPLÉTER, v. a. Faire emplette.Empléter une robe; empléter du sucre et du café.Terme suisse-roman et savoisien.
EMPLETTE, s. f. Nous disons:J'ai fait l'emplette d'une table. J'ai fait l'emplette d'un canapé, etc. On doit retrancher l'article et dire: J'ai fait emplette d'une table, j'ai fait emplette d'un canapé.
EMPOIGNÉE, s. f. Lutte, conflit.Ils se rencontrèrent et eurent ensemble une rude empoignée.
EMPOIS, s. f.Empois blanche; empois cuite, etc. Ce mot est masculin: Empois blanc, empois cuit.
EMPOISONNER, v. actif. Puer, communiquer une mauvaise odeur.Recule-toi, tu empoisonnes la pipe. Cette vieille mendiante empoisonnait l'eau-de-vie. Votre chambre empoisonne le brûle.
EMPOISONNER, v. a. (fig.) Infecter, infester.Votre prairie est empoisonnée de mauvaises herbes; ce champ est empoisonné de rats et de sauterelles. La France nous empoisonne de mauvais romans.Ces diverses significations du mot «Empoisonner» manquent dans les dictionnaires.
EMPOUTOUILLE, s. f. Terme des campagnards. Brouillamini, discours confus et embrouillé, bagout inintelligible.Quelle empoutouille tu nous fais là!
EMPOUTOUILLER, v. a. Embrouiller (au sens propre et au sens figuré).Échevette empoutouillée.
EMPRÔGER, v. n. VoyezAMPRÔGER.
EMPUANTER, v. a. Empuantir, infecter.
EN, prép. Pour.Une tailleuse en hommes.Dites: Une tailleuse pour hommes. Dans une comédie deLe Sage, intitulée:Les trois Commères(acte I, scène 9), on trouve cette phrase: «Je suis cordonnierPOURfemmes.»
EN, prép. À (avec mouvement devant un nom de ville).Aller en Carouge, aller en Seyssel, etc. Expression de nos campagnards, fort usitée en Savoie, à Lyon et dans le Midi. Un guide de Chamouny me disait:Je pris ces deux Anglais à La Roche, je passai avec eux le Petit-Bornand, et je les conduisis jusqu'en Thônes. «Un tel fut conduit captifenAlger,» est une phrase que chacun de nous a rencontrée dans les vieux romans.
EN, prép. À la (avec mouvement).Aller en Diète. Ils quittèrent la campagne le 15 septembre et ils rentrèrent en ville.Phrases incorrectes.
EN, prép. Est retranché à tort dans l'expression suivante:Il ne fit ni un ni deux et lui appliqua un soufflet. Dites: Il n'ENfit ni un ni deux. [Acad.]
† EN, prép. Est inutile et vicieux dans les phrases suivantes:Cela ne fait en rien; cela ne signifie en rien.
EN AGIR.En agir bien, en agir mal, en agir librement, etc., ne sont pas des expressions avouées par les grammairiens. Il faut dire: Agir bien, agir mal, agir librement; ou: En user bien, en user mal, en user librement.
EN BAS, prép.En bas la Tour de Bois; en bas la rue Verdaine; en bas Coutance; en bas Chevelu.«En bas» n'est pas une préposition, c'est un adverbe. Pour être correct il faut dire: En basDEla rue Verdaine, en basDECoutance, en basDEChevelu; ou mieux encore: Au bas de la rue Verdaine, au bas de Coutance, etc.
EN BONNE FOI, loc. adv. De bonne foi, sincèrement.
EN-ÇÀ, adv. Çà, ici.Joson, mon ami, viens en-çà, et saluetoute la companie.Dites: Joson, mon ami, viens çà, viens ici.
ENCABOURNER (S'), v. pron. Se tenir enfermé, se tenir caché chez soi.Il reste tout le jour encabourné.Terme neuchâtelois et languedocien. Dans le dialecte vaudois on dit:S'encabiborner. R.cabourne. Voyez ce mot.
EN CAMPE. En course, en campagne.Être en campe, être sur pied, courir çà et là.Mettre en campe, mettre en campagne, envoyer à la découverte.Toute la gendarmerie est en campe.
ENCANTER, v. a. Acheter à l'encan.
ENCAVAGE, s. m. Encavement, action d'encaver.
ENCHEBROTTER ou ENCHEVROTTER, v. a. Bredouiller, parler dans un langage confus et embrouillé.Qu'est-ce que tu nous enchebrottes là? Qu'as-tu tant à enchebrotter?On dit aussi:Lanchebrotter.
ENCHENAILLER, v. a. Terme de charpentier, qui signifie: 1oAjuster le tenon dans la mortaise; 2oLier fortement.
ENCHEVALER, v. a. Ranger des colis les uns sur les autres, les mettre, pour ainsi dire,à chevalles uns au-dessus des autres.
ENCLINTE, adj. fém. Encline.Votre tante Judith a le visage bien échauffé; ne serait-elle point enclinte à la boisson?
† ENCOMPAGNER, v. a. Accompagner.Allez dire à la Mariette qu'elle nous encompagne.
ENCOQUER, v. a. Terme de pêcheur. Étourdir le poisson ou l'enivrer au moyen de la coque du Levant. Terme méridional.
ENCORE PASSE.Faire un tel voyage à pied!... Encore passe, si nous étions dans la belle saison.Dites: Passe encore, si, etc.
ENCOUBLE, s. f. Signifie: 1oEntraves, liens dont on embarrasseles pieds d'un cheval; 2oObstacle, empêchement, embarras.Ces deux cousines, qui arrivent la veille de notre déménagement, sont une fière encouble.Terme provençal. R.couble, tresses de paille qui servent d'entraves aux pieds des chevaux.
ENCOUBLER, v. a. Gêner, embarrasser.Un paillasson troué m'encoubla. La jeune fille s'encoubla dans sa robe et tomba.
ENCOURAGER (S'), v. pron.S'encourager à l'ouvrage, signifie, dans notre dialecte: Travailler avec ardeur.Encourage-toi, Justine, si tu veux nous faire plaisir.«S'encourager» est un verbe réciproque.
† ENCRE, s. masc.De l'encre épais.Ce solécisme est une tradition du vieux français. Dites: «De l'encre épaisse.»
ENCRE À LA CHINE, s. f. Encre de Chine.
ENCROIRE (FAIRE).T'imagines-tu me faire encroire une semblable bêtise?Terme méridional. Dites: T'imagines-tu me faire accroire? etc.
EN CROIRE (S'). S'en faire accroire, être glorieux, se pavaner, faire le faraud.Voyez donc comme il s'en croit! Tu t'en crois, toi, parce que tu as un paletot neuf.Terme méridional.
ENCROTTER, v. a. Enfouir, enterrer.Encrotter un chien, encrotter un cheval.Terme suisse-roman, savoisien, berrichon, etc. Nos campagnards disent aussi:Encrotter un tison dans les cendres. En vieux français,crotsignifie: «Creux.»
ENCUCHER, v. a. Terme rural. Envélioter, mettre le foin en véliotes. VoyezCUCHET.
EN DERNIER, loc. adv. VoyezDERNIER.
EN DESSUS DE, prép. Au-dessus de.Le village de Gingins est à une lieue en dessus de Nyon.
ENDOLORÉ, ÉE, adj. Terme vieux français. Dites: «Endolori, ie.»
ENDOSE, s. f. Orthographe et prononciation vicieuses du mot «Endosse.» Les dictionnaires disent: «Avoir l'endosse, tu en auras l'endosse.» Nous disons:Porter l'endose, tu en porteras l'endose.
ENDRUGER, v. a. Mettre de l'engrais dans un champ. VoyezDRUGE.
† EN EFFET DE, loc. adv. En fait de.En effet d'habit des dimanches, je n'ai que ma blouse neuve. En effet de linge, j'ai deux chemises et un vieux paire de bas. En effet de légume, parlez-moi des écorces noires. En effet de viande, parlez-moi d'une lièvre.Expression fort usitée.
EN ÉTÉ.Se mettre en été, signifie: Quitter les habillements d'hiver et se vêtir légèrement.Chez nous il n'est jamais prudent de se mettre en été avant le milieu du mois de mai.
ENFANTIAU, s. m. et adj. Celui qui fait des enfantillages.Faire l'enfantiau; être très-enfantiau.Dans le vieux français,enfanteausignifiait: Petit enfant.
ENFANTIOLE, s. f. et adj. C'est le féminin du motenfantiau.À ton âge, Albertine, s'amuser de la sorte, c'est être bien enfantiole. Tu es une véritable enfantiole.
ENFANTISE, s. f. Enfantillage.
ENFARÉ, ÉE, adj. Enfariné, ée.Il est accouru, la bouche tout enfarée, m'apprendre... que les sauteurs viennent d'arriver.
ENFAUFILER, v. a. Se glisser dans.Enfaufiler un sentier.S'enfaufiler, v. pron. Se faufiler, s'introduire, se glisser.
ENFILÉE, s. f. Enfilade.On nous fit traverser une longue enfilée de chambres et de corridors.
EN FIN DE COMPTE, loc. adv. Au bout du compte, en résumé, enfin.
ENFLAMMATION, s. f. Inflammation.
ENFLAMMATOIRE, adj.Rhume enflammatoire.Dites: «Inflammatoire.»
† ENFLE, adj. Enflé.À la suite d'une tombure, son genou devint tout enfle.Français populaire.
ENFONCE, s. f. Enfoncement.Il demeure dans un certain recoin, dans une certaine longue, vilaine enfonce de la rue du Perron.
ENFOURNER (S'), v. pron. S'enfoncer, se fourrer.Quand la nuit on crie à l'eau! mon poltron s'enfourne dans son lit et laisse crier.Dans le dialecte languedocien,s'enfournase dit du vent qui entre avec impétuosité et s'engouffre dans un lieu étroit. Ces deux sens du verbes'enfournermanquent dans les dictionnaires.
ENGLAUDINER, v. a. Enjôler, endoctriner, duper.Par tes paroles mielleuses tu espères peut-être m'englaudiner, mais bernicle.Dans le Jura on dit:Englauder. R.GlaudeouClaude, nom propre, qui est quelquefois synonyme de «niais.»
† ENGOND, s. m. Gond.Poser les engonds; arracher les engonds.
ENGORGELER et ENGORGER, v. a. Faire entrer par force un aliment dans lagorge; ingurgiter.Il fallut lui desserrer les dents et lui engorger sa potion.
ENGRINGER, v. a. Chagriner, rendre triste, peiner. Terme suisse-roman. Dans le vieux français,engraignera le même sens. R.gringe. Voyez ce mot.
ENGRENER (S'), v. pron. Se dit surtout des personnes, et signifie: S'engager dans une affaire, y participer. Se prend d'ordinaire en mauvaise part.Si tu t'engrènes une fois dans cette spéculation, je crains pour ta bourse.Terme recueilli par Boiste et par Chapsal. Nous disons aussi à l'actif:Engrener, dans le sens de «Commencer.»Engrener une affaire. Engrener des relations. La chose fut mal engrenéeet elle échoua.Le dictionnaire de l'Académie et celui de MrBescherelle ne disent rien de satisfaisant.
ENGUEUSEUR, EUSE, s. Celui ou celle qui engueuse, qui endoctrine, qui trompe par de belles paroles. Terme familier, qui ne s'emploie guère qu'en plaisantant.
ENGUIGNACHÉ, CHÉE, adj. Qui a du guignon, qui est en guignon. Augmentatif d'enguignonné.
ENGUIGNÔCHER (S'), v. pron. S'habiller étrangement, s'accoutrer d'une manière qui apprête à rire. Ne se dit que des femmes.
ENGUIGNONNÉ, NÉE, adj. Qui a du guignon, qui est en guignon.Permettez-moi de quitter le jeu, je suis trop enguignonnée aujourd'hui.Terme parisien populaire.
EN HAUT ou EN HAUT DE, prép.En haut la Cité; en haut la Treille; en haut de Coutance.Dites: Au haut de la Cité, au haut de la Treille, etc.
ÉNIERLER (S') ou S'ÉNIARLER, v. pron. Se fatiguer à l'excès, s'éreinter. L'ancienGlossairedérive le moténierlerde la préposition latinee, et denerio, force, puissance. Le motnerione se trouve pas dans les dictionnaires. Mais, sans recourir aux langues anciennes, les mots genevois populairesNière,nierf, ouniarf, nous fournissent spontanément la véritable étymologie de ces deux termes.
ENJOUER, v. a. Mettre en joue, coucher en joue.Le garde-chasse enjoua notre braconnier.Ce mot n'est pas dans les dictionnaires.
EN LÀ, adv. En delà, plus loin.S'il vous plaît, Messieurs, tirez-vous en là, placez-vous tant soit peu en là. Aide-moi, Drion, à mettre ce placard plus en là.Terme languedocien, etc.
ENLESSIVER, v. n. Encuver le linge destiné à la lessive.
ENLIASSER, v. a. Mettre en liasse.Enliasser du linge, c'est: En faire une trousse, l'accoupler. Terme méridional.
ENLIER, v. a. et n. Agacer.Être enlié, signifie: 1oAvoir les dents agacées; 2oAvaler avec difficulté. [P. G.]
† EN MÊME DE. À même de, en position de, capable de.Tu n'es pas en même de me rattraper. Si M'sieu voulait m'avancer deux écus de cinq francs, je serais en même de les lui rendre dans trois mois.Terme lyonnais et méridional.
ENNIFLÉ, ÉE, adj. Enchiffrené, ée. [P. G.]
ENNIÔLER, v. a. Terme d'écolier.Je t'enniôle, c'est-à-dire: Je me moque de toi.Je vous enniôle tous, c'est-à-dire: Vous pouvez tous aller au d.....
ENNOSSER, v. a. Engouer, embarrasser le passage du gosier en mangeant ou en buvant trop vite.S'ennosser, s'engouer, perdre la respiration en buvant de travers, ou en mangeant trop vite.Il s'ennossa au point qu'il fut obligé de quitter la table.Dans le vieux français,énossersignifie: Boucher le gosier avec unos.
ENNUYANT, ANTE, s. Ennuyeux, euse.Tu es une ennuyante. Va-t'en, petite ennuyante, et laisse-nous tranquilles.Terme méridional. «Ennuyant» n'est pas un substantif; c'est un adjectif et un participe.
ENNUYER (S'), v. pron.S'ennuyer de quelqu'unou dequelque chose, signifie: S'ennuyer de l'absence de quelqu'un; regretter la privation d'une chose dont on avait joui.Tu fais bien de revenir, Baptiste, car tout le monde s'ennuyait de toi. MmeN** s'ennuie de son appartement(elle regrette de l'avoir quitté). On dit dans le même sens, et cette expression est plus usitée que la précédente:S'ennuyer après quelqu'un; s'ennuyer après quelque chose. Je m'ennuie après ces deux aimables étrangers.Expression connue en Lorraine, et sans doute ailleurs.
† ÉNONDÉ, DÉE, part. Inondé, dée.La seille coulait, et la pauvre Marguerite en fut tout énondée. Cette averse nous a énondés.
ÉNOSSER, v. a. VoyezENNOSSER.
EN OUTRE DE CELA, loc. adv. Outre cela.
EN PLACE DE, prép. Au lieu de.En place de vin, donnez-nous une cruche de bière. En place d'un mur, établissez une bonne haie. En place d'étudier, tu babilles.Français populaire.
† EN PREMIER, adv. Premièrement, d'abord.Nous irons en premier chez l'oncle, et ensuite chez le cousin.Français populaire.
ENRAIDI, IE, adj. et part. VoyezENROIDI.
ENRAUFER ou ENRÔFER, v. a. Salir, couvrir d'ordures. En vieux français,rofféesignifie: Gale, croûte de gale. [VoyezRoquefort,Glossaire de la langue romane.]
ENROIDI, IE, adj. et part. Roidi, devenu roide par le froid ou par une cause quelconque.Je me sens tout enroidi, tout enraidi; j'ai le cou enraidi. S'enroidirous'enraidir, v. pron. Se roidir.Mon bras et ma main s'enraidissent.Terme méridional.
ENROSSER, v. a. Flouer, attraper, mettre dedans.On t'a joliment enrossé avec ce cheval. Il s'est laissé enrosser d'un tas de rossignols(rebuts de magasin).Le croyez-vous assez enrossé avec sa vieille comtesse?R.rosse.
† ENROUCHÉ, ÉE, adj. Enroué, qui a de l'enrouement.Le froid l'a enrouché. Pauvre Suzon, te voilà donc bien enrouchée.R.rouche. Voyez ce mot.
ENROUURE, s. f. Enrouement, maladie du gosier.Une forte enrouure.Terme suisse-roman, dauphinois et languedocien.
† ENSAUVER (S'), v. pron. Se sauver, s'enfuir.Ensauve-toi, ensauve-toi! on te court après. Voilà l'hussier: ensauvez-vous!
ENSEIGNE, s. f.À bonne enseigne, c'est-à-dire: À justetitre, avec des sûretés.Si ton frère a pris cette résolution, ce n'est qu'à bonne enseigne.On dit en français: «À bonnes enseignes.»
ENSEVELIR et ENTERRER n'ont point le même sens. «Ensevelir,» c'est: Envelopper un corps mort dans le drap appelé linceul. «Enterrer,» c'est: Mettre en terre le corps mort. L'historien suisse, Ruchat, s'est donc exprimé peu correctement dans la phrase suivante: «Calvin mourut le 27 mai (1564), et futensevelitout simplement au cimetière commun de Plainpalais.» Il fallait dire: Enterré, ou Inhumé.
ENSEVELISSEMENT, s. m. Ne dites pas:Accompagner un ensevelissement. Regarder passer un ensevelissement. L'ensevelissement défila pendant plus d'une demi-heure. Dites: Accompagner un convoi, accompagner un enterrement, accompagner une pompe funèbre, etc.
† ENSOUVENIR (S'), v. pron. Se souvenir.Ensouviens-t'en, Gabriel, ensouviens-t'en bien: je t'attends demain à la Jonction.
ENSUITE, adv. D'ailleurs, de plus, au surplus.Devais-tu, André, te gendarmer de la sorte, quand ton père te réprimandait? Premièrement il en a le droit; ensuite tu es véritablement dans tes torts.Expression gasconne, etc.
ENSUITE (D').L'année d'ensuite.Dites: L'année suivante, l'année d'après. [Acad.]
ENTAILLER (S'). Se couper, se faire une coupure, une incision dans la chair.S'entailler le doigt; s'entailler la main.Ce verbe, pris dans cette acception, manque dans les dictionnaires.
ENTE (LA).La ente d'un poirier; la ente d'un rosier. La ente a bien réussi.L'einitial de ce mot ne s'aspire pas. Il faut écrire et prononcer «L'ente.» L'ente a bien réussi, etc.
ENTE, s. f. Terme de couturière. VoyezENTER, no2.
ENTÉCHER, v. a. Mettre en tas. Se dit particulièrement des fourrages. VoyezTÈCHE.
ENTENDU (UN). Un plan concerté, un plan combiné, une collusion secrète.C'est un entendu entre eux(c'est une affaire arrangée et calculée entre eux). Terme méridional.
† ENTENTION, s. f. Attention.Faites entention, ma bonne Dame, vous pourriez glisser.Terme vieux français, que l'on trouve déjà dans leRoman de la Rose, ainsi que l'adjectifententif(attentif).
ENTER, v. a. Greffer. Nous aspirons l'einitial de ce mot, comme s'il s'écrivaithenter. C'est une faute aussi grossière que fréquente. Ne dites donc pas:Je soigne cet arbrisseau pour le enter quand le moment sera favorable; dites: «Pour l'enter.»
ENTER, v. a. Terme de couturière.Enter des bas, veut dire: Remonter des bas, les raccommoder en y ajoutant des bouts. Terme suisse-roman et méridional. Dans l'évêché de Bâle on dit:Renter.
ENTERREUR, s. m. Fossoyeur, celui qui creuse les fosses destinées aux morts. Terme dauphinois et languedocien. On dit à Marseille:Un enterre-mort.
ENTICHER (S'), v. pron. S'entêter, s'éprendre d'une personne.Il s'enticha d'une comédienne, et il l'épousa. Il est entiché de lui-même et il s'admire.L'Académie dit: «S'enticher d'une opinion, s'enticher d'un système;» mais elle ne dit pas: S'enticher d'une personne. Expression fort admissible.
ENTORSE, s. f. Nous disons:Se faire une entorse; il se fit une entorse au pied. Il faut dire: «Se donner une entorse.»
EN TOUT ET PARTOUT. Sorte d'adverbe, qui signifie: En total.À la fin de ce long voyage, il ne leur restait en tout et partout que trois francs.
ENTRAIN, s. m. Ardeur au travail.Étudier avec entrain. Travailler avec entrain. Je n'ai point d'entrain, je n'ai aucun entrain aujourd'hui.Ce substantif, si usité chez nous et si remarquable, n'existe pas en français.
ENTRE, prép.Ils n'avaient entre eux tous que sept francs à dépenser.Ce sens de la prépositionentren'est pas français. Il faut dire: «Ils n'avaient ensemble que sept francs à dépenser.»
ENTRECOT, s. m. (obref.) Ruelle, ruelle formée par les boutiques ou échoppes qui bordent nos Rues basses.Traverser un entrecot; s'échapper par l'entrecot. On nous fit passer par un corridor étroit, ou, pour mieux dire, par un entrecot.
ENTRE DEUX. Nous disons:Être entre deux, pour signifier: Être indécis, être en balance, hésiter.Partirai-je? Resterai-je? Je suis là entre deux.Expression méridionale.
ENTREPOSER, v. a. Déposer.Entreposer sa canne, entreposer son ombrelle à l'entrée d'un lieu public.«Entreposer,» en français, n'a aucun autre sens que celui de: Déposer des marchandises dans un entrepôt.
ENTRER, v. actif. Mettre dedans ce qui était dehors.Entrer le bois au grenier; entrer les fauteuils dans le salon; entrer les vases dans la serre, etc.Entrer son chapeau(l'enfoncer dans sa tête).Elle s'est entré une écharde dans le doigt.Expressions incorrectes, ou qui, du moins, n'ont pas l'autorité des dictionnaires.
† ÉNUTILE, adj. Inutile. ÉNUTILEMENT, adv. Inutilement.
ENVERJURE, s. f. Envergure, que l'on prononceenverghure(commefigure). R.vergue.
ENVERS, s. m. Clou, furoncle.Il dormit sur l'herbe humide, et il lui sortit des envers par tout le corps.Terme suisse-roman.
EN VEUX-TU? EN VOILÀ. Cette locution adverbiale signifie:À foison, abondamment, en grande quantité.C'était un bal magnifique: il y avait des glaces en veux-tu? en voilà.
ENVIER QUELQU'UN.Envier les riches. Tu vas demain aux Treize Arbres, Catherine: ah! que je t'envie.On dit: «Envier une chose;» on ne dit pas:Envier quelqu'un.
ENVIRONS (AUX), prép.J'irai te voir aux environs de Noël. Quel âge a ton garçon, compère?—Il a aux environs de douze ans. Quelle heure est-il?—Il est aux environs de quatre heures.Dites: Près de Noël. Il est quatre heures environ, etc.
ÉPARE, s. f. Penture, bande de fer pour soutenir les portes et les fenêtres. Terme suisse-roman. A Lyon on dit:Empare.
ÉPARGNE, s. f. Binet, petit instrument qu'on adapte au chandelier pour brûler les bouts de chandelle. A Neuchâtel, en Dauphiné, en Languedoc et en Lorraine on dit:Une ménagère; en Picardie,un profit; en Limousin,une économie.
ÉPAULE, s. f. (fig.) Grappillon au haut d'une grappe et qui en dépend.Accepterais-tu ce raisin, Fanny?—C'est beaucoup trop; mais j'en prendrai avec plaisir une épaule.Expression très-juste.
ÉPAUTE, s. f. Épeautre, sorte de froment.
ÉPENALET, s. m. Tranche de lard coupée au dos d'un cochon. C'est un morceau estimé des paysans gourmets. [P. G.]
ÉPICACUANA ou ÉPÉCACUANA, s. m.Tablettes d'épicacuana.Écrivez et prononcez «Ipécacuana.»
ÉPIDERME.Épiderme délicate.Ce mot est masculin.
ÉPINARDS. Ce substantif est masculin; mais beaucoup de personnes le font féminin et disent:De bonnes épinards. Cette faute nous vient du patois, où le motépenoches(épinards) est féminin.
ÉPINGLE D'ÉPOUSE, s. f. Camion. [Voyez leVocabulaire françaisde MrPautex, 9eédition, p. 57.]
ÉPINGOLER, v. a. Épingler, déboucher la lumière d'une arme à feu avec une épinglette.
ÉPINGOLOIR, s. m. Épinglette.
ÉPINGUE, s. f. Prononciation vicieuse du mot «Épingle.»
ÉPINIACHER ou ÉPINASSER, v. a. Au sens propre ce mot signifie: Peigner les échappes ou tresses de chanvre; défaire les échappes et les mettre en quenouilles. Au sens figuré il signifie: Ébouriffer les cheveux, les mettre en désordre.Les trois quarts du temps vous rencontrez cette jeune personne tout épiniachée.
ÉPION, s. m. Espion. ÉPIONNER, v. a. Espionner.
ÉPISODE, s. fém. Au milieu du dernier siècle, le genre de ce mot n'était pas encore fixé; aujourd'hui il est masculin. «Un court épisode; un charmant épisode.»
ÉPIZOOTIE, s. f. L'Académie veut que l'on prononceépizo-o-tie, en donnant autun son dur, comme dansrôtie.
ÉPOULAILLÉ, ÉE, part. Épouvanté, ée; effrayé, ée.Elle vint tout époulaillée me dire qu'elle croyait avoir vu un loup. Tu t'époulailles de rien, Dorothée.Dans notre patois,poulailleoupolaillesignifie: «Poule.»
ÉPOUSE (L'). La femme d'un tel.Je vous présente mon épouse. Je vais monter en char avec mes deux garçons et mon épouse. Si Monsieur avait occasion d'une excellente courtepointière, je lui recommanderais mon épouse.Dans tous ces exemples il faut dire: «Ma femme.» Voyez l'articleÉPOUX.
ÉPOUSE, s. f. Nous disons d'une femme parée avec affectation ou avec un soin outré:Elle est parée comme une épouse. Il faut dire: Elle est parée comme une épousée; ou mieux: Comme une épousée de village. [Acad.]
ÉPOUSES DU MOIS DE MAI (LES). Jeunes villageoises qui, dans un costume aussi gracieux qu'elles le peuvent, vont, le premier dimanche du mois de mai, offrir desbouquets aux promeneurs et leur demander une étrenne.
ÉPOUSSETER QUELQU'UN. L'expulser, le chasser d'un lieu où il était importun. En français, «Épousseter» veut dire: Battre, châtier.
ÉPOUSSOIR, s. m. Époussette, sorte de grande brosse.
ÉPOUSTACHER ou ÉPOUSTATER, v. a. Chasser quelqu'un, le renvoyer avec humeur. Augmentatif d'épousseter. Voyez ce mot.
ÉPOUX, s. m. Ne signifie point: «Fiancé.»Épousene signifie point: «Fiancée.» «Époux» veut dire: Mari, dans le style noble; «Épouse» veut dire: Femme, dans le style poétique et oratoire, ou quand on parle de la femme d'un roi, d'un prince ou d'un seigneur.
ÉPUISETTE, s. f. Écope, sorte de pelle creuse pour ôter l'eau d'un bateau.
ÉQUIFFLE, s. f. Canonnière. VoyezÉCLIFFE.
ÉQUIPAGE, s. m. Voiture, cabriolet, etc.Aller en équipage; mettre les chevaux à l'équipage; laver un équipage.En français on appelle «Équipage» la voiture et le cheval. La voiture seule ne s'appelle paséquipage.
ÉRAILLÉ, ÉE, adj.Visage éraillé, teint éraillé, peau éraillée.Ces divers sens du mot «Éraillé» manquent dans les dictionnaires; mais on y trouve: «Œil éraillé.»
ERCE, s. f. Gerce, larve de la teigne des pelleteries.
ÉREINTE, s. f. Outrance.À toute éreinte, à toute outrance.Il y allait à toute éreinte; il le battait à toute éreinte.Français populaire.
ÉREINTÉE, s. f. Volée de coups.Appliquer une éreintée. Recevoir une éreintée.
† ERGENT, s. m. Argent.Une cueillère en ergent.
ÉRINIÈRES, s. f. pl. Douleur de reins, lumbago, courbature.Avoir les érinières.On dit à Lyon:Les enreinières.
ERREUR, s. f. Écart, différence.Je demande six francs dece beau dinde, et vous m'en offrez trois!... Il y a trop d'erreur.
† ERRIÈRE, adv. Arrière.Il fit trois pas en errière.Terme français populaire.
† ERTEUIL, s. m. VoyezARTEUIL.
ÉRYSIPÈLE ou ÉRÉSIPÈLE (UNE). Ce mot est masculin. «Érésipèle ou Érysipèle dartreux.»
ÈS. Aux (à les). Nos paysans disent:La boîte ès lettres, pour: La boîte aux lettres.La soupe ès faviûles, pour: La soupe aux haricots.D'ei étà ès pommes(j'ai été aux pommes), etc. Ce vieux terme ne s'est conservé en français que dans trois ou quatre dénominations: Bachelier ès lettres, Docteur ès sciences, Maître ès arts, et dans quelques phrases de pratique. L'emploi de ce mot, chez nous, est continuel dans la bouche des campagnards.
ESCALIER, s. m. C'est une erreur de confondre les mots «Escalier» et «Degré.» Un escalier n'est pas undegré. Ne dites donc pas:Le clocher du temple de Saint-Pierre a cent cinquante-six escaliers. Les jeunes garçons aiment à sauter les escaliers quatre à quatre. Dans ces exemples et les analogues il faut se servir des mots «Degré» ou «Marche.» Descendre les degrés, sauter les degrés; monter les marches, descendre les marches, etc. «Un escalier,» en français, est ce que nous appelons vulgairementune montée, c'est-à-dire: La réunion de toutes les marches, de tous les degrés, depuis le rez-de-chaussée jusqu'à l'étage le plus élevé. On dira donc: Éclairer un escalier, monter un escalier, glisser dans l'escalier, tomber dans l'escalier, jouer dans l'escalier, etc.
ESCAMPETTE, s. f. Ce mot est français; mais, selon les dictionnaires, il ne s'emploie que dans cette locution: «Prendre la poudre d'escampette,» c'est-à-dire: S'enfuir. A Genève nous disons:Faire une escampette; faire des escampettes;je commence à m'inquiéter de ses fréquentes escampettes.Escamper, en vieux français, signifie: Décamper.
† ESCANDALE, s. m. Scandale.
ESCANDALISER, v. a. Scandaliser.Oui, Messieurs, elle m'a dit: Fayasse; elle m'a dit: Vieille cauque; et j'en suis encore tout émotionnée, tout escandalisée.Terme méridional et vieux français.
† ESCARAMOUCHE, s. f. Escarmouche.
† ESCARTER (S'). S'écarter.Escartez-vous, Messieurs, s'il vous plaît. Jâques, tu ne t'escarteras pas de là.Terme vieux français, conservé dans le langage des paysans.
ESCAVALANT (EN), ou EN ESCAVALON, loc. adv. En désordre, en déroute, sens dessus dessous.La chambre était en escavalon, en escavalant. Gaudichon revint soû(soûl)du cabaret, et mit toute sa maison en escavalant.
ESCIENT, s. m. Bon sens, raison, jugement, judiciaire.Avoir de l'escient; manquer d'escient; faire preuve d'escient. Les dents d'escient(dents de sagesse). Expressions d'un emploi journalier dans la Suisse romane. En français le mot «Escient» ne s'emploie que dans cette phrase: «À bon escient,» c'est-à-dire: Sciemment, avec connaissance de cause.
ESCLANDRE (UNE).Une grande esclandre, une fameuse esclandre.Ce mot est aujourd'hui masculin, après avoir été féminin jusqu'au milieu du dix-septième siècle. R.scandalum.
ESCORMANCHER (S'), v. pron. S'échiner à travailler, s'escrimer, se tourmenter, s'excéder. Terme suisse-roman.
ESCÔTE, s. f. Terme de batelier. Écoute, corde qui sert à diriger la voile.Tirer l'escôte.En vieux français:Escoute.
ESCUSE, s. f. Excuse. ESCUSER, v. a. Excuser.
ESPADRON, s. m. Espadon. ESPADRONNER, v. n. Espadonner.
ESPARGEOLER ou ASPARGEOLER, v. a. Asperger, jeter de l'eau avec un balai mouillé à cette intention.
† ESPÉTÂCLE, s. m. Spectacle.C'était un espétâcle à vous fendre l'âme.Terme méridional.
ESPICERIE, s. f. Épicerie. ESPICES, s. f. pl. Épices. ESPICIER, s. m. Épicier. Ces trois termes appartiennent au vieux français.
ESPINCHER, v. a. Épier, découvrir avec adresse, rechercher, poursuivre.
ESPLICATION, s. f. Explication. ESPLIQUER, v. a. Expliquer.
† ESQUELETTE (UNE). Un squelette.
ESSARTIR ou ESSERTER, v. n. Essarter, défricher en arrachant les bois et les épines. Du motessertersont venus les noms propresEssertines,Les EssertsetBelesserts, ouBellexserd, ouBallexserd, hameaux ou habitations voisines de Genève. R.essart, terre défrichée.
ESSEMER, v. n.Les deux ruches ont essemé le même jour.Orthographe et prononciation vicieuses du mot «Essaimer.»
ESSENCILLER, v. a. et n. (llmouillés.) Terme de lessive. Faire égoutter le linge, l'étendre quand il vient d'être lavé et qu'il dégoutte encore.Mettez ce linge essenciller au soleil. Ne rentrez pas ces draps: ils sont à peine essencillés.
ESSERTER, v. a. Essarter, défricher. VoyezESSARTIR.
ESSOURDELER, v. a. Assourdir.Finis, Charles, avec ton tambour: tu nous essourdelles. Il parlait si haut qu'il m'essourdelait.Terme suisse-roman. En Franche-Comté,essourder, en Lorraine,essourdir, ont le même sens.
ESSOURER (S'), v. pron. Sortir de chez soi pour prendre l'air.Il faut que l'on s'essoure un peu aujourd'hui. Ce n'est pas s'essourer que de se promener dans des rues humides et étroites.Nous disons aussi à l'actif:Essourerdes couvertures, essourer des coussins, essourer un lit; c'est-à-dire: Les mettre à l'air. L'Académie dit: «Essorer du linge,» en ajoutant que ce terme est peu usité.Essourerets'essourersont fort usités dans le dialecte genevois.
† ESTATUE, s. f. Statue.Il restait là planté comme un idoine, comme une estatue.Terme méridional et vieux français.
ESTIME, s. f. Estimation.Acheter des meubles à l'estime.Terme méridional.
ESTOC, s. m. Esprit, imagination, sagacité, capacité.Avoir de l'estoc, signifie: Avoir de la tête, trouver facilement des ressources, se tirer d'affaire aisément. Le contraire est:Manquer d'estoc, être sans estoc. Terme picard et lorrain. En Dauphiné,cela ne vient pas de son estoc, signifie: Cela ne vient pas de lui. En vieux français,estocavait le sens de: Race, extraction, lignée; et dans le dialecte de Valenciennes on appellehomme d'estoc«Un homme comme il faut.»
ESTOMAC (UNE).Estomac dérangée, estomac serrée.Ce mot est masculin, et il se prononceestoma.
ESTOMACHIQUE, adj. Stomachique.
† ESTRAIT, s. m.Estrait d'absinthe. Un verre d'estrait.Écrivez «Extrait,» et donnez à l'xle son qui lui est propre.
ESTRANGALA, s. f. Grand filet de pêche. Terme vaudois.
† ESTRÉMENT, adv. Extrêmement.Le temps n'est pas, pour dire, estrément mauvais. N'as-tu pas estrément soif, Carizot?
ESTRIFFE, s. f. Discussion, dispute, querelle, castille. Dans le vieux français ce mot était masculin et il s'écrivaitestrif.
ESTRINGOLER, v. a. Étrangler.Que le d..... t'estringole!Terme vaudois, berrichon et rouchi. Le peuple de Paris dit:Espringoler.S'estringoler, v. pron., signifie: Se donner beaucoup de peine, se tourmenter, se fatiguer, s'échiner.Je suis là à m'estringoler toute seule, pendant que cette charoupe d'homme me regarde faire. Nous nous sommes toutes trois estringolées à cette lessive.R.stringooustrangulo?
† ESTRORDINAIRE, adj. Orthographe et prononciation vicieuses du mot Extraordinaire.
ÉTABLISSEUR, s. m.Un établisseur d'horlogerie, est Celui qui fait confectionner,établirles montres, par opposition au marchand qui les vend.
ÉTALABOURDI, IE. Augmentatif d'élourdi. Voyez ce mot.
† ÉTALIE. Italie. ÉTALIEN. Italien.
ÉTARTIR (S'), v. pron. S'étendre par terre, tomber tout de son long.Il resta étarti et sans connaissance.R.stratus.
ÉTATS, s. m. pl.Être dans tous ses états, signifie: Être fort troublé, être fort agité, se désoler, ne pas se posséder. Nous disons dans le même sens:Se mettre dans tous ses états; se mettre dans des états affreux. Terme suisse-roman.
ÉTATS, s. m. pl.Prendre les états, se dit d'une domestique qui, ayant quitté le service, s'habille à la façon des dames.Félicie a pris les états.
† ÉTENAILLES, s. f. pl. Tenailles.Tends-me voir les étenailles.Terme méridional, etc.
ÉTENDRE, v. a.Étendre du fumier.Dites: «Épandre du fumier,» c'est-à-dire: Le jeter çà et là en plusieurs endroits, l'éparpiller.
ÉTIEURNE, s. des 2 genres. VoyezÉCUERNE.
ÉTIRE, s. f. Sorte de gaffe ou grande perche ferrée pour conduire les barques.Aller à l'étire.
ÉTONNER (S'), v. pron.Je m'étonne si... Je m'étonne comment... Je m'étonne pourquoi... Je m'étonne où...Ces expressions signifient: Je voudrais bien savoir si... J'aimerais bien savoir comment... Il me tarde de savoir pourquoi...Je m'étonne si je recevrai ce soir une réponse à ma lettre. Je m'étonne si le mariage en question aura lieu. Je m'étonne s'il fera beau temps demain. Je m'étonne comment finira leur procès. Je m'étonne où l'on peut se procurer d'excellentes chaussures. Je m'étonne où est ma clef d'armoire. Je m'étonne pourquoi notre Ernest n'est pas invité à ce bal. Je m'étonne quand notre contingent reviendra, etc. Les grammairiens condamneront sans doute cette expression, et diront doctoralement qu'ons'étonned'une chose qui est arrivée, mais non pas d'une chose incertaine et non avenue. Pour nous, passant condamnation là-dessus, nous ferons observer: 1oQue les expressions:Je m'étonne si, je m'étonne quand, je m'étonne pourquoi, sont universellement usitées dans la Suisse romane; 2oQu'elles ont une rapidité, une concision et une originalité remarquables; 3oQu'elles n'ont aucun équivalent meilleur en français.
ÉTOUFFÉE, s. f.Des haricots à l'étouffée.Terme vaudois, neuchâtelois, savoisien, etc. Dites: À l'étuvée.
ÉTOUFFER DE RIRE (S'), v. pron. Étouffer de rire. [Acad.]
ÉTOUILLER (S'), v. pron. Étendre les bras en bâillant, s'étirer. Terme des campagnards. [P. G.]
ÉTRAMER, v. a. Terme des campagnards. Serrer, renfermer, abriter, mettre à couvert. En vieux français,estransignifie: Couverture de paille, chaume. En Picardie, en Normandie, en Franche-Comté et en Lorraine,étraina le même sens. R.stramen.
ÉTRANGER, v. actif. Surfaire.Étranger les Anglais, étranger les voyageurs.«Étranger,» v. a., est français, mais dans une autre acception.
ÉTRANGER, s. m. Pays étranger.Vivre dans l'étranger; s'établir dans l'étranger; il s'est marié dans l'étranger.Les dictionnaires disent: «À l'étranger.» PasserÀl'étranger.
ÊTRE, v. auxil. Ce verbe est mal employé dans les phrasessuivantes:Quatre et quatre sont huit; sept et sept sont quatorze. Dites: Quatre et quatreFONThuit; sept et septFONTquatorze.
ÊTRE, v. auxil.C'est incroyable les belles vaches qu'il y avait à la foire de Nyon. C'est immense le nombre des curieux qui entourait l'escamoteur.Construction claire, simple, concise, mais qui ne soutiendrait pas l'examen grammatical.
ÉTRET, ÉTRETTE, adj. C'est ainsi que nos campagnards prononcent les mots «Étroit, Étroite»: prononciation qui était encore usitée en France au milieu du dix-huitième siècle. Le grammairien Féraud, qui vivait à cette époque, dit positivement: «On écrit Étroit, mais l'on prononce indifféremmentétroitouétret.»
ÉTRILLÉE, s. f. Rossée, volée de coups.
† ÉTROICEUR, s. f. Étroitesse.L'étroiceur d'une planche; l'étroiceur d'un passage, etc. Terme vieux français. Le dictionnaire de Cotgrave écrit:Estroisseur.
† ÉTROICIR, v. a. Étrécir.Étroicir un gilet, étroicir une manche d'habit, etc. Terme franc-comtois, bordelais et vieux français. Par une opposition bizarre, la langue française dit: «Étroit» et «Étrécir,» tandis que nos campagnards disent:ÉtraitetÉtroicir.
ÉTROUBLES, s. f. pl. Éteules ou esteubles, chaume; ce qui reste sur la terre du tuyau des épis après la moisson.Tourner les étroubles.Terme connu dans le Berry. Figurément:Être dans les étroubles, signifie: 1oÊtre dans l'embarras, être perplexe, s'embrouiller dans un discours; 2oEn parlant des choses: Avoir disparu, être égaré, être perdu.Ton canif, Joseph, a donc passé par les étroubles.En Normandie,étoubles, et en vieux français,estoubles, signifient: Chaume nouveau. L'ancienGlossairepense que le motétroublesest formé, par contraction, des deux motseaux troubles. Étymologie inadmissible.
† EUX, pron. pers.Euxest mis pour «lui» dans la phrase suivante et phrases analogues, qui sont familières aux gamins.Dis-moi, enfant, où va ce petit garçon qui pleure?—M'sieu, il s'est donné un coup à la tête, et il se rentourne chez eusse (chez eux).
† ÉVALANCHE, s. f. Avalanche. ÉVALANCHER, v. n. S'ébouler.
ÉVEILLON, s. m. Soufflet, mornifle, coup quiréveille.Il lui flanqua un éveillon qui le fit taire.A Neuchâtel on dit:Un réveillon.
ÉVENTAIRE, s. m. Inventaire.On fit l'éventaire de la petite commode et du placard.Terme parisien populaire.
ÉVITATION, s. f.En évitation de frais.Terme consacré. Dites: Pour éviter des frais.
ÉVITER, v. a.Éviter une peine à quelqu'un, éviter un embarras à un ami, s'éviter un souci, ne sont pas des expressions correctes. Dans ces phrases et les analogues, il faut se servir du mot «Épargner.» Épargnez-moi ce travail; épargnez-lui cette course; épargne-toi cette peine; épargnons-leur cette confusion.
ÉVOUATER ou ÉVOUÉTER, v. a. Terme des campagnards. Grappiller.
EXCROC, s. m. Écrivez «escroc,» et prononcezescrô.
EXCROQUER, v. a. Escroquer.
EXCOFFIER, v. a. Escoffier, tuer, faire disparaître.
EXCUSE, s. f.Demander excuse. Je vous demande excuse. Demande-moi excuse, Louisa.Ces phrases ne sont pas correctes, quoique fort usitées en Suisse et ailleurs. Dites: Demander pardon; je vous demande pardon; ou dites: Faire des excuses; je vous demande de m'excuser; je vous prie de m'excuser.
EXERCICE, s. m. Nous disons:Prendre de l'exercice. On dit en français: «Faire de l'exercice.» «Vu son embonpoint,il faut qu'il fasse de l'exercice.» [Picard,Le Collatéral, IV, I.]
† EXERCICE (UNE).Le caporal Gandinaud est aux arrêts pour avoir manqué la première exercice.Ce mot est masculin.
EXPÉDIER (S'), v. pron. Se dépêcher, se hâter, accélérer.Expédions-nous, Messieurs, l'heure approche.
† EXPRÈS (PAR), adv. Exprès.Tu m'as rejiclé de la gouille, Urbain, et tu y as fait par exprès.Français populaire.
EXTERMINER, v. a. Battre à outrance.Il se jeta sur l'agresseur, et l'extermina de coups.«Exterminer» est français, mais dans des acceptions différentes.
EXTRAIT DE BAPTÊME, s. m. Extrait baptistaire.
EXTRAVAGUÉ, GUÉE, s. Extravagant, extravagante.Ne va pas couriater avec tes cousins, petite extravaguée.