FAÇON, s. f.Faites de façon à ce que l'affaire marche promptement. De façon à ce que...est une expression incorrecte. Il faut dire: De façon que, de manière que.FAC-SIMIL, s. m. Prononciation et orthographe vicieuses du mot «fac-simile,» lequel se prononce «fac-similé.»FAÏASSE ou FAYASSE, s. f. et adj. Femme qui se fait remarquer par une mise étrange, par un accoutrement bizarre et même choquant, et dont elle semble satisfaite.Quel air faïasse! Quelle tournure faïasse! Une vieille faïasse. Se mettre comme une faïasse; avoir l'air d'une faïasse.Dans le dialecte rouchi on dit:Fouïasse. VoyezFÂYE.FAIBLER, v. n. Faiblir, céder.La poutre commençait à faibler;elle faiblait; elle a faiblé; elle faiblera.Terme très-connu des artisans.† FAIGNIANT, s. et adj. Orthographe et prononciation vicieuses du mot «Fainéant.»C'est un faigniant; c'est une faigniante.Français populaire.FAIGNIANTISE, s. f. Fainéantise.FAILLI-FAILLETTE (À).Jouer à failli-faillette, jouer à coup faillant, jouer à coup failli.FAIRE, v. a.Faire plusieurs maîtres, se dit des domestiques qui changent souvent de condition.Elle a fait six maîtres en deux ans.Nous disons pareillement:Faire plusieurs domestiques, pour: Changer plusieurs fois de domestiques: expressions qui appartiennent aux dialectes du Midi. En Dauphiné, et ailleurs sans doute, on dit dans le même sens:Cet enfant a fait plusieurs nourrices.FAIRE, v. a.Il fait son homme d'importance; elle fait sa grande dame; ne fais pas ton rodomont.Dites avec les dictionnaires: Il fait l'homme d'importance; elle fait la grande dame; ne fais pas le rodomont.FAIRE À UN JEU.Faire à colin-maillard; faire à barre; faire à passe-Jean, etc. Fautes suisses et méridionales. Les dictionnaires disent: Jouer à un jeu; jouer à colin-maillard, jouer aux barres, etc.FAIRE BON DE.Il fait bon de connaître son monde; il fait bon de boire frais en été; il fait bon en hiver de travailler dans une chambre chaude.Dites: IlESTbon de connaître son monde; ilESTagréable de boire frais en été; ou dites, en retranchant la prépositionde: Il fait bon connaître son monde, il fait bon boire frais en été, etc.FAIRE CHERCHER. Envoyer chercher, appeler.Qu'on fasse chercher le médecin; qu'on fasse chercher le notaire, etc. Dites: Qu'on appelle, qu'on envoie chercher lemédecin, le notaire, le confesseur, etc. Germanisme qu'on retrouve en Lorraine et sans doute ailleurs.FAIRE DANS.Ce marchand fait dans les draps; Francillon fait dans les spiritueux; Antoine fait dans les denrées coloniales.Dites: Ce marchand fait le commerce des draps; Francillon fait le commerce des spiritueux, etc.FAIRE DEMANDER. Envoyer savoir.J'ai fait demander de vos nouvelles. A-t-on fait demander des nouvelles de mon beau-frère?Locution de la Suisse romane.FAIRE LES CARTES. Mêler les cartes. En France, «faire les cartes» signifie: Donner. [Acad.]FAIRE TENIR. Assujettir, consolider.Faire tenir une patère; faire tenir un contrevent, etc. Terme suisse-roman.FAIRE (À). Affaire.Il s'aperçut bien vite qu'il avait à faire à un fripon.Écrivez en un seul mot: Affaire. «Avoir affaire à un fripon.»FAIRE (À).Avoir à faire, avoir des affaires.Qu'on ne reçoive personne ce matin, car j'ai beaucoup à faire.Expression fort répandue, mais que le bon usage n'a pas consacrée. Il faut dire: J'ai beaucoup d'affaires, je suis occupé.FAIRE (S'EN).Je croyais m'en tirer avec cent sous, je m'en suis fait pour quinze francs.Dites: J'ai dû y mettre quinze francs.Dans un seul dîner, il s'en firent chacun pour dix francs, c'est-à-dire: Un seul dîner coûta à chacun d'eux dix francs. Expression méridionale, etc.FAISANT, ANTE, adj. Agissant, actif, qui met la main à tout.Je vous recommande notre Pernette, c'est une domestique très-fesante.FAJOLE et FAJULE, s. f. Terme des campagnards. Haricot. On dit à Lyon:Fiageole; à Cambray,fageole; dans le Faucigny,fajouleetfajole; en vieux français,fasol. R.phaseolus. VoyezFAVIOLE.FALET, adj. masc. Rouan. Se dit des chevaux dont le poil est mêlé de blanc, de gris et de bai.† FALLOIR, v. impers.Il faudrait mieux(il vaudrait mieux).Il faudrait mieux se taire que de parler aussi sottement.Français populaire. Plus populairement encore, quelques-uns disent:Il fadrait; il fadrait mieux.FALOT, s. m. Lanterne.Allumez votre falot, Isaline, et partons.En Français, on appelle «falot» une grande lanterne faite de toile, et que l'on porte d'ordinaire au bout d'un bâton.FAMEUSEMENT, adv. Très, fort, extrêmement.Il resta fameusement capot. Nous eûmes tous fameusement peur.Français populaire.FAMINER, v. n. Avoir grand faim.Ces pauvres enfants faminaient.Expression très-adoptable.† FANTÔME (UNE). Une femme ridicule, folle,folache.Sa fantôme de cousine n'était pas faite pour nous attirer. La Louison est toujours mise comme une fantôme.Le peuple de Lyon donne aussi à ce mot le genre féminin.Il crut voir une fantôme.FANTÔMERIE, s. f. Enfantillage, billevesée.FAQUINER, v. n. Faire le faquin.† FARÂ, s. f. VoyezFÉRA.FARATTE, s. f. Se dit d'une femme indiscrète, épilogueuse, bavarde, tatillonne, marchandailleuse,barbouillonneenfin.N'ayez rien à faire avec la Michaude: c'est une faratte.FARATTER, v. n. Faire lafaratte. Voyez ce mot.† FARBALA, s. m. Falbala.Une robe à grands farbalas.Terme lyonnais, rouchi, etc.FARCE, adj. Bouffon, plaisant, facétieux.Un comédien farce, une actrice farce. Voilà qui est farce.Français populaire.FARCELLE, s. f. Faisselle, sorte de plat criblé de trous pourégoutter les fromages. Terme vaudois. Dans notre patois on dit, suivant les localités:Farcela,faikala,facel-lăetfăchó-lă. Dans le Jura on dit:Fachalle; dans le Berry,fachelle.FARCEMENT, s. m. Terme culinaire. Farce, chou farci avec des épinards, des châtaignes et des raisins secs. A Lausanne et à Neuchâtel on dit:Farçon; en Languedoc et en Provence:farsun.FARCEMENT, adv. Drôlement, plaisamment.L'affaire se termina farcement. Il joua ce rôle assez farcement.FARÇONNETTES, s. f. pl. Laitues farcies.FARET, s. m. Mèche d'une lampe ou d'une chandelle.Couper le faret.Terme vaudois, savoisien et dauphinois.Faret, au sens figuré, se dit d'une personne maigre, malade, et dont la vie semble près de s'éteindre.Un tel n'a plus que le faret.On le dit aussi d'une étoffe qui n'a que l'apparence.Cette étoffe n'a que le faret.FARETTES, s. f. pl.Faire ses farettes, signifie: Réussir, faire bien ses affaires, faire ses orges.FARFOUINER, v. a. Farfouiller.Farfouiner des livres; farfouiner une armoire.FASCINE, s. f. Sorte de gros fagot destiné au foyer, falourde.Une centaine de belles fascines coûte environ vingt-sept francs.Terme suisse-roman et savoisien. A Bordeaux, on dit:Faissonnat; dans le patois de l'évêché de Bâle et dans le patois lorrain,faichin.FASTES, s. f. pl. «Il travaille pour dérouler à ses concitoyens lesfastesglorieuses de leurs annales.» [Journal de Genève, janvier 1833.] Ce mot est du genre masculin. «Fastes glorieux, fastes brillants.»FATRASSER (SE), v. pr. S'accoutrer, s'affubler, se fagoter. En vieux français,fatrasser, v. n., a ce même sens. [VoyezRoquefort,Glossaire roman, t. I, p. 577.]FAÜLAY, FAÜLET et FEULET, s. m. Terme des campagnards.Tourbillon, ventfollet, qui fait tournoyer la poussière et autres corps légers, et les élève fort haut en colonne. Dans le Berry on dit:Foulot.FAUTE, s. f. Besoin, nécessité naturelle.Avoir faute.Terme berrichon, etc. Chez les campagnards,avoir faute d'une chose, signifie: En avoir besoin.D'ei fauta d'eună robă(j'ai besoin d'une robe).Attache ce sac, Jean-Pierre.—Non, il n'y a pas faute.FAUTIF, IVE, adj. Coupable.Ne persiste pas à nier, et avoue que tu es fautif.FAUX, s. m.Avoir du faux, c'est: Vouloir paraître plus qu'on n'est, plus riche surtout, et d'un rang plus élevé.Les parvenus sont d'ordinaire pleins de faux. Notre jeune tailleuse était charmante avant son mariage: elle a pris dès lors beaucoup de faux. Avoir du fauxet «être faux» sont deux choses très-différentes. On méprise et on fuit les gens qui sont faux. On rit de ceux quiont du faux, on s'en amuse quelquefois: le plus souvent on les regarde en pitié.FAUX CLAIR, s. m. Terme des tonneliers. Vin au bas, baissière, ripopée.FAUX FIL, s. m.Passer un faux fil, faufiler.† FAVETTE, s. f.Un nid de favettes.Terme vieux français. Dans le patois lorrain on dit:Fâvatte. En français: «Fauvette.»FAVIOLE, s. f. Haricot.Faviole à bouquets.Terme suisse-roman et franc-comtois. En vieux français,favouillesignifie: Petite fève. Au sens figuré,favioleoufavioulese disent d'un sot, d'un nigaud, d'un niais qui ajoute foi à toutes les sornettes, à tous les contes qui se débitent.Oh! la faviole, qui ne voit pas qu'on se moque de lui!FAVIOLON, s. m. Graine de haricot.FAYARD, s. m. (Prononcezfaïard.) Hêtre.Du bois de fayard. Un moule de fayard.Terme suisse-roman, savoisienet méridional. Boiste et Gattel ont recueilli ce terme, en indiquant que c'est un provincialisme. A Neuchâtel on dit:Foyard; on le dit aussi dans l'évêché de Bâle, en Franche-Comté et dans le Berry.FAYASSE, s. f. VoyezFAÏASSE.FÂYE, s. f. Femme qui veut se singulariser par une mise bizarre, par un accoutrement choquant et ridicule, et dont elle semble tirer vanité.Pense-t-elle, cette vieille fâye, qu'on la remarque? Avouez, Rosine, que votre jeune maîtresse s'habille quelquefois comme une fâye. Il n'y a qu'une fâye qui puisse mettre autant de fleurs voyantes à son chapeau.En patois,fâyeveut dire: Fée, sorcière.FÂYES (LES), s. f. pl. Les brandons, lesalouilles.FELIN, s. m. Entrailles, fiel.Ils se mangeaient le felin; c'est-à-dire: Ils se querellaient vivement.FELOGNE, s. f. Felougne, grande chélidoine, plante.FÉMELIN, INE, adj. Frêle, délicat, qui a un tempérament de femme.Visage fémelin; voix fémeline. Votre neveu est trop fémelin pour devenir jamais un soldat.Terme vaudois, savoisien et vieux français.FENALET, s. m. Sorte de pierre fort dure, excellente pour bâtir, et qui se tire des rochers de Meillerie.Un mur en fenalet.FENDANT, adj. m. Un raisinfendantest celui qui sefendsous la dent, celui dont la gousse reste adhérente à la pulpe lorsqu'on le mange. L'opposé de raisinfendantest raisinrafeux.FEND-L'AIR, s. m. Cheval qui fend l'air, coursier.FENER, v. n. Faner, tourner et retourner l'herbe d'un pré fauché, pour la faire sécher.Les dames elles-mêmes fenaient à côté des ouvrières.Terme suisse-roman et français populaire.Féner, avec un accent sur l'e, se trouve dans quelques dictionnaires.FENEUR, FENEUSE, s. Faneur, faneuse.On invita les feneuses à ce bal champêtre.Terme français populaire.FENICULES, s. f. pl. Follicules de séné.FENIÈRE, s. f. Fenil, grenier dans lequel on serre le foin. Terme méridional et vieux français.FÉRÂ, s. f. Poisson qui est propre à notre lac.Une belle férâ pèse jusqu'à trois livres.On appelleférâ du travers, celle que l'on pêche sur le travers, c'est-à-dire, sur le banc de sable qui coupe le lac près de Genève, entre Cologny et Sécheron. De Saussure fait le motférâmasculin. [Voyage dans les Alpes, t. 1er, p. 16.]FÉRÂ, s. f. Au sens figuré ce mot signifie: «Le cœur.»Dis voir, Christophe, la vue de cette exécution (1850) ne t'a-t-elle pas diantrement remué la férâ?Nous disons proverbialement de deux personnes qui se querellent à outrance:Elles se mangent le foie et la férâ.FERLATER, v. a.Du vin ferlaté.Terme méridional. A Paris le peuple dit:Farlaté. Le mot français est: «Frelaté.»FERMATURE, s. f. Fermeture.FERMENTE, s. f. Ferrure, garniture de fer.La fermente d'un buffet.Terme suisse-roman. En Dauphiné et en Languedoc on dit:Féramente.FERMENTER, v. n.Le foin fermente.Dites: Le foin sue.FERRATAILLE, s. f. Vieille ferraille, fer inutile et rouillé. Terme savoisien.FERRON, s. m. Petit traîneauferré, à l'usage des jeunes garçons, pour glisser sur la neige ou sur la glace.Aller en ferron. Tomber de ferron.FERRONNEUR, s. m. Celui qui va enferron.FERTIER ou MARCHAND FERTIER, s. m. Ferronnier, marchand de fer. Terme vaudois et savoisien. On dit à Lyon:Ferratier.FÊTE À DIEU, s. f. Fête-Dieu.FEU (LE).Jouer au feu.Ce jeu d'enfant est appelé en France: «Jeu du moulin.»FEU, s. m. Hêtre, fayard.Feuse dit au village de Veirier, à Monetier et lieux circonvoisins. En Languedoc on dit:Fâou; en vieux français,fau.FEUILLE, s. f. Feuillet, deux pages d'un livre.Distrait dans ma lecture, je tournai deux feuilles à la fois.FEVROTTER, v. n. Avoir la fièvre. Ce verbe n'est employé, je crois, que dans ce proverbe des campagnards:Se fevry ne fevrotte, mâr marmotte. «Si février ne tremble pas la fièvre,» c'est-à-dire: Si les rigueurs du froid ne tombent pas sur le mois de février, «c'est mars qui en souffre,» c'est-à-dire: Les rigueurs tombent sur le mois de mars. Voici le proverbe vaudois:Se févrai ne févrotte, mar vein ke to debliotte(mars vient quidéblotteet détruit tout). VoyezDÉBLOTTER, p. 137.FIBRE (UN).Fibres délicats; fibres tendus; longs fibres.Solécisme fréquent, qui nous vient du vieux français, où ce mot était masculin. Au milieu du dix-huitième siècle, le grammairien Féraud faisait encorefibremasculin.FICHAISE, s. f. Terme trivial. Chose de peu d'importance, bagatelle, vétille, niaiserie.La belle fichaise! Dire des fichaises.Français populaire.FICHIMASSER, v. n. Terme trivial. Vétiller, s'amuser à des bagatelles. Français populaire.FIDÉS, s. f. pl.Des fidés blanches, des fidés jaunes.Terme suisse-roman et savoisien. Le mot français est: «Vermicelle.» En gênois on dit:Fidei; en languedocien,fidêou. Le mot espagnolfideosveut dire: Corde de luth. R. latin,fides.FIELLEUX, EUSE, adj. Atrabilaire, rancunier, haineux, froidement méchant, vindicatif.Un homme fielleux; un caractère fielleux.Terme fort expressif, qui manque dansl'Académie et même dans Boiste (6eédition). MrBescherelle lui donne un sens qu'il n'a pas chez nous.FIERTE, adj. fém. Fière.Tu fais bien la fierte, Marion. Tu es fierte de ton joli bonnet à dentelle.Terme fort usité à Carouge et qui n'est pas inconnu dans les autres cantons de la Suisse romane.FI ET FAIT ou FIEFFET, adj. masc.Un fieffet menteur; un fi et fait bandit.Écrivez «Fieffé,» et prononcez la dernière syllabe comme celle du motétouffé.FIÈVRE DES VEAUX, s. f. Tremblement, frisson après le repas. L'expression française est: «FièvreDEveau. Avoir la fièvreDEveau.»FIFRER, v. a. (fig.) Avaler, dévorer, dissiper.Il a fifré six verres de vin de suite. Ce jeune homme a fifré tout son bien.[P. G.] Quelques-uns disent:Fifer.FIGÂCE, s. f. Galette, gâteau plat fait de fleur de farine.Figâce aux pommes, figâce aux prunes, etc. Dans le midi de la France on dit:Fougasse; en Bourgogne,fouace, terme recueilli par les dictionnaires.FIGEAU, adj. masc. Penaud, consterné, pris, attrapé, dupé.Être figeau.On dit aussi:Fligeau.FIGER (SE), v. pron. (fig.) Rester immobile d'étonnement, être stupéfait.FIGUETTE, s. f. Fiole, flacon.FIGURE, s. f.Se laver la figure. Avoir la figure mâchurée. Il reçut un coup de poing à la figure.Dans ces exemples et les analogues, employez le mot «Visage.» Se laver le visage; recevoir un coup au visage, etc.FIGURER (SE).Il se figure de pouvoir réussir.Retranchez la préposition et dites: «Il se figure pouvoir réussir.»FIL, s. m. Main, vrille.Les fils de la vigne; les fils des fraisiers.Terme dauphinois et languedocien.FIL, s. m. (fig.)Le fil de la langue. On ne lui a, certes,pas coupé le fil de la langue.Le mot français est: «Filet.» Le filet de la langue.FIL, s. m.Parler à fil.Se dit d'un babillard, et signifie: Avoir un flux de bouche, bavarder.FILAGRAMME, s. m. Filigrane, ouvrage d'orfévrerie en filets à jour. Français populaire.FILÉE, s. f. Longue file.Une filée de voitures; une filée de chambres. Sur ce propos il lui lâcha une filée de sottises. On voyait une filée considérable de promeneurs monter le Pas de l'Échelle.FILER, v. a. (fig.) Nous disons proverbialement d'un homme dont la santé, ou les affaires, ou la réputation déclinent:Il file un mauvais coton.Tous les dictionnaires disent: «Il jette un mauvais coton.»FILET DE CHEVAL, s. m. Le mot français est: Émouchette.FILIÈRE, s. f. Terme de maçon. Brancard pour porter les pierres.FILLASSE, s. f. (llmouillés.) Signifie: 1oUne fille de mœurs irrégulières; 2oUne grande et grosse fille dégingandée et débraillée. Terme méridional.FILLE DE CHAMBRE. On dit aujourd'hui: Femme de chambre.FILLERET, s. m. (llmouillés.) Dameret, damoiseau.FILLEULE ou FILLOLE, s. f. (llmouillés.) Terme de jardinier. Bouture, œilleton pris au pied des artichauts.Lever des filleules.Expression méridionale. Dans le canton de Vaud on dit:Filleuse; dans le Berry, et ailleurs sans doute, on dit:Fille(des filles d'artichaut).FILLIOL, FILLIOLE, s. Filleul, filleule.Il nous montrait d'un air satisfait la page d'écriture de son filliol.Terme vieux français et français populaire. Dans le dialecte parisien on dit:Fillot.FILOCHER, v. a. Faire de la filoche ou du filet.Un fichufiloché. Elle apprenait à son jeune garçon à filocher.Terme utile et bien fait.FILS (LE).As-tu rencontré le fils Bazoche depuis son retour?... Et le fils Meytral, l'as-tu vu?Cette expression triviale doit se remplacer par celle-ci: As-tu rencontré Bazoche le fils? As-tu vu Meytral le fils? Mais on peut dire: La mère Bazoche, le père Meytral, etc.† FINITION, s. f. Fin, dénouement, achèvement, conclusion.La finition du procès.FISTE, s. f. Foi. Ne s'emploie que dans cette exclamation:Ma fiste! Par ma fiste!Terme provençal.FIOU. Terme d'écolier, qui équivaut à: Fini, achevé, terminé.C'est fiou; voilà qui est fiou; fiou tâche et ouvrage!FIOÛLER et FIULER, v. a. Fioler, boire à longs traits, siroter.Ils fioûlèrent toute la nuit. En un clin d'œil les quatre bouteilles furent fioûlées.FIOÛLEUR, s. m. Fioleur, buveur intrépide.FITRIPIS ou FITREPIS, s. m. pl. (smuet.) Chiffons, vieilles nippes.Un tas de fitripis; un tiroir plein de fitrepis.FIXER QUELQU'UN. Le regarder fixement.Je t'ai longtemps fixée, Augustine, sans te reconnaître.Cette expression, blâmée de tous les grammairiens, a eu récemment pour avocat MrBescherelle aîné, dans sonDictionnaire National: ouvrage d'ailleurs très-remarquable, mais où la plupart des barbarismes de la langue ont trouvé asile et protection.FLAIRER, v. n.Ce réséda flaire comme baume.Dites: Ce réséda fleure comme baume. Flairer est un verbe actif. («Flairer un bouquet.») Fleurer est un verbe neutre.FLAÎRON, s. m. Enfant qui se fait soigner à l'excès, enfant gâté et pleurard. Le portrait duFlaîrona été tracé parMrJ.-F. Chaponnière, dans l'Album de la Suisse romane, t. Ier.FLAÎRONNER, v. a. Gâter un enfant, le dorloter, le choyer.Juliette aime à se faire flaîronner.FLAMBANT, ANTE, adj. (fig.) Brillant, éclatant, myrobolant.Un repas flambant; un discours flambant; un habit flambant; une toilette flambante.Expression heureuse, qui n'a pas d'équivalent exact dans la langue des dictionnaires.FLAMBÉE, s. fém. Feu clair, vif et qui n'est fait que pour un instant.Allons! vite une flambée et nous partons. Cette petite flambée nous avait tout ragaillardis.Terme berrichon, normand, picard, etc.† FLAMBOISE, s. f. Framboise.Confiture aux flamboises.Terme lyonnais et méridional. En rouchi on dit:Flambesse.FLAMMER, v. n. Flamber, jeter ou donner de la flamme.Ce feu ne veut pas flammer.Terme suisse-roman, etc. Dans leRoman de la Rose,flammantsignifie: Flamboyant.FLÂNÉE, s. f. Rossée,fouettéeà coups de verges.FLÂNER, v. a. Donner, appliquer, sangler, flanquer.Flâner une volée. Elle lui flâna un soufflet. Se flâner, v. pron. se donner.Se flâner un verre de vin sur la conscience.FLANQUER (SE), v. pron. Ne se dit qu'en mauvaise part, et signifie: Commencer à, se mettre à.Au lieu de répondre à ton professeur, tu te flanques à rire. Nos deux nigauds ne font ni un ni deux, ils se flanquent à table les premiers.«Flanquer,» terme français populaire, signifie: Lancer, jeter brusquement. «Flanquer un coup de poing. Se flanquer dans la boue.» [Acad.]FLAPPE, adj. Signifie: 1oFlétri, fané, blet, pourri; 2oFlasque, mou, lâche.Une poire flappe, une rave flappe.Termefort connu de nos campagnards et de ceux du canton de Vaud.FLAPPET, ETTE, adj. Diminutif deflappe. Dans ces deux mots la lettrelétant mouillée, forme une onomatopée.FLAQUE, adj. Mou, sans vigueur, sans ressort. Se dit des personnes et des choses.Flaque, dans le dialecte rouchi, signifie: Poltron.S'aflaqui, dans le patois languedocien, signifie: Devenir lâche, s'amollir.FLÂR, s. m. Senteur, odeur, vapeur.Le flâr du rôti. Le flâr d'un estaminet. Il venait de cette allée un flâr empesté.En vieux français,flâreur, s. f., a le même sens.FLASQUE, s. fém. Poire à poudre, sorte de bouteille pour mettre soit la grenaille, soit la poudre.Une flasque en peau. Une flasque en corne.Terme suisse-roman, savoisien, méridional et vieux français. On disait anciennement:Flasconpour «Flacon.»FLATIBOLAGE, s. m. Action deflatiboler. Voyez ce mot.FLATIBOLER, v. a. Flatter, cajoler, enjôler.Rusé que tu es, après nous avoir fait endêver toute la semaine, tu viens le samedi soir nous flatiboler.Expression charmante, connue dans le canton de Vaud, et peut-être ailleurs.FLATIBOLEUR, s. m. Flatteur, cajoleur, enjôleur, patelin.Petit flatiboleur, je vois assez clairement où tu en veux venir.FLAU, s. m. Prononciation vicieuse du mot Fléau (instrument à battre le blé), lequel mot forme deux syllabes. La prononciationflause retrouve à Lyon, en Dauphiné, dans le Limousin, et ailleurs.FLÉCHON, s. m. Petite flèche pour l'arbalète.FLEGME (UNE).Une flegme épaisse.Ce mot est du genre masculin. «Un flegme épais.»FLEUME ou FLEMME, s. m. Flegme, pituite, glaire.Rejeterdes fleumes.Terme picard et vieux français. A Paris le peuple dit:Flume.FLEUR DE PÊCHE, s. f. Fleur de pêcher. L'expressionEau de fleur d'orangese trouve dans le dictionnaire de l'Académie, t. II, p. 730, au mot «Sentir.»FLEURIER, s. m. Drap de toile forte qu'on étend sous la table pendant le repas.Mettre le fleurier. Ôter le fleurier. Secouer le fleurier.Terme vaudois. A Chambéry on dit:Florier. Dans le Jura on appellefleurierune pièce de grosse toile qu'on met sur la lessive pour contenir les cendres. Cette même toile s'appelle en Dauphiné et dans tout le Midi:Flourier; en français, «Charrier.»† FLEUTRE, s. m.Chapeau de fleutre.Dites: «Feutre.»FLIBUSTER, v. a. Tromper.FLIGEAU ou FLIGEOT, adj. masc. Ne se dit que des personnes et signifie: 1oDupé, trompé, floué; 2oFlambé, perdu.Il se retira tout fligeau. Je vois bien qu'ils m'ont mis dedans et que je suis fligeau.On dit aussi:Figeau.FLON, s. m. Flan, tarte faite avec des œufs, du sucre et de la crème. Terme français populaire.Flans'écrivait autrefoisflaon, que les uns prononçaientflon, et les autresflan, comme nous prononçonstonettanle mot «Taon.»FLORIN, s. m. Nous disons proverbialement de quelqu'un qui a fait une mauvaise spéculation commerciale ou autre:Il a fait de son florin cinq sous. (Leflorinde Genève, aboli depuis quelques années, valait quarante-six centimes.) L'expression française proverbiale est celle-ci: «Il a fait de cent sous quatre livres, et de quatre livres rien.» [Acad.]FLOTTE, s. f. Écheveau.Flotte de fil; flotte de soie; flotte de chanvre.Terme vaudois et méridional.FLÛTE, s. f. L'Académie dit: «Ce qui vient de la flûte s'en retourne au tambour.» Nous disons à Genève:Ce qui vient par la flûte s'en va par le tambour; et l'on trouve ce proverbeexprimé de la même manière dans leDictionnaire des ProverbesdeLe Roux[Lyon, 1735].FOIE, s. m. Nous disons d'un homme bizarre, original, et qui ne fait rien comme les autres:Il a le foie blanc.FOIN, s. m. Nous disons proverbialement:Année de foin, année de rien; ce qui veut dire que les années pluvieuses ne sont pas, dans notre pays, favorables à l'ensemble des récoltes.FOIS (LA).La fois que tu es venu me voir; la fois que nous voyageâmes ensemble, etc. Ces phrases ne sont pas correctes. Il faut dire: «Le jour que tu es venu me voir,» ou il faut chercher une tournure différente.FOIS (DES). Locution adverbiale qui signifie: 1oQuelquefois, de temps à autre; 2oD'aventure, par hasard.Je suis des fois obligé de me fâcher. Que me voulez-vous, brave femme?—Oh là, Madame, on m'envoye vers ces dames, pour si des fois elles avaient occasion de fil ou de chevillères.Français populaire.FOLACHE, s. f. Femme bizarre, singulière, extravagante, femme qui a le timbre un peu fêlé.Laissons cette folache, et partons. Folacheest aussi adjectif.Convenez que votre amie est tant soit peu folache.FOLÂTRE (UN). Un homme qui a des singularités, des bizarreries choquantes.Ce folâtre ne va-t-il pas lui-même acheter son beurre et ses œufs au marché?En français, «Folâtre» a un autre sens.FOLIU ou FOLLIU, s. m. (llmouillés.) Lefoliuest une réjouissance que font les petits bouviers oubovaironsle premier dimanche de mai. L'un se couvre le buste d'une enveloppe de feuillage garnie de fleurs et de rubans, et va avec quelques camarades faire la quête chez les particuliers, dont les uns donnent de l'argent, les autres du pain, ceux-ci du vin, ceux-là de la farine, des œufs ou des fruits. Cesjeunes gens s'amusent le reste de la journée à friper le produit de leur quête. [P. G.] En patois,foliusignifie: «Garni de feuilles.» On disait en vieux français:Foillu.FONCÉ, ÉE, adj. Entièrement plein.Un cuvier foncé.FOND, s. m. Nous disons:Un fond d'artichaut. Dans quelques provinces de France on dit:Un portefeuille d'artichaut. Les dictionnaires disent: «Un cul d'artichaut.»FOND, s. m. Ampleur.Cette culotte manque de fond. Ce caleçon a trop de fond.Terme méridional, etc.FOND, s. m. Terme de baigneur. Endroit où l'eau arrive au-dessus des épaules du baigneur.Prendre son fond. Avoir son fond. Nager plus loin que son fond.FONDRAILLONS, s. m. pl. Fondrilles, effondrilles, résidu, dépôt, sédiment. Terme suisse-roman.FONFONNER, v. a. Remplir à tel point une tasse, une écuelle, un pot plein, que le liquide s'en répand par les bords.FORT, adv.La voiture allait très-fort.Dites: La voiture allait très-vite, très-rapidement.FORT, adv.Je sais fort, signifie: Qu'en sais-je? Le sais-je moi-même? Comment le pourrais-je savoir?Sais-tu, Nicolette, si tu auras la permission de sortir dimanche?—Je sais fort: notre bourgeoise est si quinteuse.Cette expression,Je sais fort, marque le plus souvent un doute désagréable, et s'emploie quand on est de mauvaise humeur.FORTUNE (LA BONNE).Se faire dire la bonne fortune, signifie: Se faire dire la bonne aventure.FORTUNÉ, NÉE, adj. Beaucoup de personnes, dans tous les pays où l'on parle français, croient que l'adjectiffortunésignifie: Riche, opulent.Vous pouvez faire cette dépense, vous autres qui êtes fortunés. Si j'étais fortuné, je m'achèterais une campagne et j'y vivrais.Ce sens du motfortunén'est pas français. Ouvrez les dictionnaires, et vousverrez que «fortuné» signifie: Heureux, qui a du bonheur. On peut être fortuné et n'être pas riche.FOSSOYEUR, s. m. Ouvrier qui fossoie. En français «fossoyeur» ne se dit que de celui qui creuse les fosses pour les morts.FOU (DE). Nous disons:Un mal de tête de fou. Le nouveau roman de George Sand a obtenu un succès de fou. Ce petit volume nous a coûté un argent de fou, etc. Il faut dire: Un mal de tête fou; un succès fou; un argent fou, c'est-à-dire: Excessif, prodigieux. Cette faute, si fréquente à Genève, n'est signalée nulle part.FOUDRES, s. m. pl.Faire les foudres.Se mettre dans une extrême colère, s'emporter jusqu'à la rage.Tu es bien agitée, Janneton?—On le serait à moins. J'ai eu le malheur de payer une tomme 20 centimes au lieu de 18, et voilà que notre maîtresse m'agonise et fait les foudres.FOUETTE, s. f. Terme de pêcheur. Sorte de ligne.Pêcher à la fouette.FOUETTE ou FOUATTE, s. f. Terme de tir. Sorte de baguette dont lecibarre(ou marqueur) se sert pour signaler et montrer les coups au fur et à mesure qu'ils se font.FOUETTÉE (UNE).Mériter la fouettée. Donner, appliquer une fouettée à un enfant. Recevoir la fouettée.L'Académie dit: «Une fessée.»FOUETTER, v. a. (fig.) Terme de tir. Se dit du marqueur oucibarre, et signifie: Indiquer par un signe convenu que le coup du tireur n'a pas touché la cible.Un coup fouetté, est un coup perdu, un coup qui n'a pas touché la cible.Sur six coups, Walter en a eu quatre de fouettés.FOUGNER, v. a. Fouiller.Les gabeloux négligèrent de nous fougner.FOUINE, s. f. Coïncidence de rayons du soleil avec la pluie.FOUINER, v. n. et act. Fouiller, fureter comme unefouine.Il va fouinant partout. Que fouines-tu là? Quand cesseras-tu de fouiner dans cette dépense?Terme valaisan, savoisien et limousin. Dans les dialectes de la France septentrionale,fouinersignifie: Fuir comme une fouine.FOUINET ou FOUINEUR, s. m. Furet, fureteur.C'est un fouinet, qui fourre son nez où il n'a que faire.FOUR, s. m. Nous disons:Faire au four. On dit en français: Cuire au four.Les boulangers ne font pas au four le jour de Noël.Expression suisse-romane et gasconne.FOUR, s. m.Commander au four.Retenir place au four.FOUR, s. m. Le proverbe:On ne peut pas être à la fois au four et au moulin, proverbe si connu chez nous, n'est pas dans les dictionnaires usuels; mais le vieuxDictionnaire français-anglaisdeCotgraveen fait mention.FOURCHU, CHUE, adj.Pied fourchu.Pied fourché, pied fendu.FOURGOUNER, v. a. Fourgonner, remuer la braise, tisonner.† FOURMI (UN). Une fourmi. Dans le Berry et ailleurs, les campagnards font aussi ce mot masculin.FOURNEAU, s. m.Se chauffer à un fourneau. Plusieurs personnes préfèrent les fourneaux aux cheminées.Ce que nous appelonsfourneaus'appelle en France «Poêle.» Le mot «Fourneau» est français dans un autre sens.FOURRE, s. f. Fourreau, taie, têt.Une fourre d'oreiller. Une fourre de parapluie. La fourre du canapé.Terme suisse-roman. Dans le patois du Faucigny,fó-ră(fourre) signifie: Bogue, enveloppe épineuse de la châtaigne.FOUSSOIR, s. m. Fossoir, houe.FOUSSOYER, s. m. Fossoyer, labourer au hoyau.FRACTION, s. f. Effraction.Un vol avec fraction.Terme languedocien.FRAIDIEU, s. f. Nom que les bateliers du lac de Genèvedonnent au vent quand il fraîchit ou qu'il devient plus fort. [P. G.]FRANC, CHE, adj.Être franc comme l'or. Il est franc comme l'or, se dit de quelqu'un d'honnête, de probe, de loyal. Expression languedocienne, etc.FRANC DE COLLIER.Cheval franc de collier.Dites: Cheval francDUcollier. Au sens figuré: «Être francDUcollier,» signifie: Suivre toujours la ligne du devoir et de l'honneur. [Acad.]FRANCHIPANE, s. f. Frangipane.FRANCHIR, v. a. Affranchir, couper, tailler.Franchir l'extrémité d'une branche; franchir les racines d'un arbuste avant de le replanter.Terme des campagnards et des ouvriers.FRANCILLON (UN). Un Français. Terme de dénigrement, créé vers la fin du dix-septième siècle, lorsque, à la révocation de l'Édit de Nantes, un très-grand nombre de familles françaises se réfugièrent dans notre ville et y exercèrent leur industrie, aux dépens et au grand déplaisir de quelques artisans nationaux. Une chanson composée à cette époque, et que nous avons sous les yeux, témoigne de cette mauvaise disposition des fabricants genevois.FRAUDÉ, DÉE, part.Du vin fraudé; de l'eau-de-vie fraudée.Ce sens très-répandu du verbe «Frauder» n'est pas dans les dictionnaires. L'expression française est: «Frelater.» Vin frelaté. Eau-de-vie frelatée.FREGALE, s. f. Rondin de bois à brûler.FREGALON, s. m. Grosse bûche ronde.FRELOQUE, s. f. Caprice, boutade, lubie.Il lui prit une freloque, et il nous planta là.FRELORE, adj. Perdu.Voilà mon argent frelore. Me voilà frelore.R. allem.verloren.FRENÉSIE, s. f. Écrivez et prononcez «Frénésie.»FREPPE, s. f. Frette, lien de fer qui retient le moyeu de la roue.FRÉQUENTATION, s. f. Cour honnête et avouée que reçoit une jeune ouvrière ou une domestique, et qui doit aboutir au mariage.Avoir une fréquentation.Expression consacrée.FRÉQUENTER, v. n. Dans le langage des ouvrières et des domestiques, ce mot se prend en bonne part et signifie: Recevoir la cour d'un jeune homme, avoir un bon ami.Elle n'est pas encore mariée, elle fréquente.FRÉSURE, s. f. Terme de boucherie. Fressure.FRÊTE, s. f. Faîtage, crête.La frête d'un toit; la frête d'une montagne.«En suivant la frête de la montagne noire, etc.» [De Saussure,Voyage dans les Alpes, t. Ier, p. 500.] Terme suisse-roman et savoisien. Dans l'évêché de Bâle on dit:Le frête. Dans le dialecte rouchi,frêtesignifie: Élévation le long d'un fossé qui borde un champ.FRICASSER, v. neutre. Avoir excessivement chaud.Touche voir mes mains, comme je fricasse. On fricasse dans cette chambre vers ce fourneau.Terme suisse-roman.FRICASSER (SE)., v. pron. Se brûler involontairement une partie du corps.La pauvre Drion s'est toute fricassée en fondant son beurre.FRIGOUSSE (LA). Le fricot, la bonne chère.Faire la frigousse. La femme N** entend bien la frigousse; c'est une bonneFRIGOUSSEUSE. Terme français populaire.FRILIEUX, EUSE, adj. Frileux, qui est sensible au froid. Faute générale qui nous vient du vieux français, où ce mot s'écrivaitFrilleux(llmouillés).FRINGALLE, s. f. Faim-valle, appétit dévorant.Avoir la fringalle.Terme français populaire.FRISQUIN (LE). Le frusquin, le saint-frusquin, l'avoir d'une personne, le petit argent qu'elle a épargné.Il a gaspillétout son frisquin, tout son saint-frisquin.Terme français populaire.FRITIÈRE, s. f. VoyezFRUITIÈRE.† FROID (LA).Endurer la froid.Solécisme très-répandu en Suisse et en France.FROID (PRENDRE). Être surpris par le froid, avoir un refroidissement.Ôte-toi de cette fenêtre, tu prendras froid.Cette expression, si familière en Suisse, n'est pas inconnue en France, mais elle n'a l'autorité d'aucun dictionnaire usuel.FROISSURE, s. f.Froissure de chevreau.Terme suisse-roman et savoisien. On dit en français: «Fressure.»FROMENT ou FROUMAIN. Terme des campagnards. Bœuf dont le poil est d'un rouge tendre comme lefroment.Zouli, Froment!sont des dénominations aussi usitées en Savoie et dans le Jura que chez nous.FRONCER, v. neutre. Terme de modiste. Goder, faire des faux plis.Cette robe fronçait; cette manche fronce encore.«Froncer,» v. actif, est français.FRONÇURE, s. f. Le mot véritable est: «Froncis.»FROUILLE, s. f. Tricherie, fraude au jeu.FROUILLER, v. n. Tromper au jeu, tricher.Si tu frouilles encore une fois, je ne joue plus.Terme suisse-roman.FROUILLERIE, s. f. Tricherie, fraude au jeu.FROUILLEUR ou FROUILLON, s. m. Tricheur.FROÛLER (SE), v. pron. Se frôler, se frotter.† FROUMILIÈRE, s. f.Détruire une froumilière.Dites: «Fourmilière.» Dans le Berry on dit:Froumipour: «fourmi;» en vieux français,fromi; à Reims,freumi, et dans notre patois,fremi.FRUIT, s. m.Manger un fruit. Mangeriez-vous un fruit?Cette locution n'est pas admise. L'Académie et les grammairiens veulent qu'on dise: MangerDUfruit, ou qu'on spécifiele fruit dont il est question. «Mangeriez-vous une pêche? Mangeriez-vous un abricot?»FRUITE, s. f. Terme des campagnards. Cidre, vin de fruit.Faire la fruite.FRUITIER, s. m. Fromager, celui qui fait le beurre et le fromage dans lesfruitières. Terme suisse-roman et franc-comtois.FRUITIÈRE, s. f. Fromagerie, laiterie, établissement où l'on fait le beurre et le fromage.FUMERIE, s. f. Habitude de fumer du tabac, habitude de beaucoup fumer.Crois-moi, Gustave, renonce à la fumerie. La fumerie prend chaque jour plus d'extension.FUMET, s. m. Fumeron.Prenez mon chauffe-pied, Fanchon, et ôtez-en le fumet.Terme vaudois, neuchâtelois et savoisien. On dit en Lorraine:Un fumant.FUMETERRE (LE). Plante très-commune dans les champs. Ce mot est du genre féminin. «Une fumeterre.»FUMIER, s. m. (fig.) Vieille chose, objet de rebut et qui embarrasse dans une maison.À notre prochain déménagement nous nous débarrasserons de tous nos fumiers.FUR ET MESURE (AU).Travaillez sans crainte, on vous payera au fur et mesure.Il faut dire, selon les dictionnaires: «Au fur et à mesure,» ou bien: «À fur et mesure,» ou: «À fur et à mesure.»FURON (LE). Le furet, amusement de société, qui consiste à se passer l'un à l'autre un objet, une clef, par exemple, avec assez de rapidité et d'adresse pour que cet objet échappe à la personne qui doit le saisir.Faire au furon. Jouer au furon.«Il a passé par ici, lefurondu bois, Mesdames; il a passé par ici, lefurondu bois joli.» Ces rimes se chantent pendant que lefuroncircule entre les joueurs. Le nom français de ce jeu est: «Jeu de la savatte.»FUSÉ, SÉE, adj. Se dit surtout du bois qui est vieux et vermoulu.Poutre fusée. Sapin fusé.On appellelinge fusé,celui que l'humidité, ou le soleil, ou le laps du temps ont endommagé.Un rideau fusé.FUSÉES, s. f. pl. (fig.)Faire des fusées.Vomir. Dans le langage parisien populaire on dit:Jeter des fusées. [Voyez leDictionnaire du Bas langage, t. II.]FUSER (SE), v. pron. Se dit des personnes, et signifie: Tomber en langueur, se consumer, dépérir.Depuis la mort de son enfant, cette jeune dame est inconsolable; elle ne dort plus, elle ne mange plus, elle se fuse.Ce verbe s'emploie aussi à l'actif:La jeune Éléonore a un esprit ardent et une imagination qui la fusent. Expressions remarquables, inconnues aux dictionnaires.FUSTE, s. f. Sorte de tonneau. Terme suisse-roman et savoisien. En provençalfusto, et en vieux françaisfust, signifient: Pièce de bois de charpenterie. De ce motfusts'est formé le vieux mot defusterie, qui veut dire: Chantier, atelier de charpenterie. Une de nos principales places publiques s'appellePlace de la Fusterie.FUSTIER, s. m. Marchand de planches, de chaux et de gypse. Terme vieux français. Dans le midi de la France,fustiersignifie: «Charpentier.»
FAÇON, s. f.Faites de façon à ce que l'affaire marche promptement. De façon à ce que...est une expression incorrecte. Il faut dire: De façon que, de manière que.
FAC-SIMIL, s. m. Prononciation et orthographe vicieuses du mot «fac-simile,» lequel se prononce «fac-similé.»
FAÏASSE ou FAYASSE, s. f. et adj. Femme qui se fait remarquer par une mise étrange, par un accoutrement bizarre et même choquant, et dont elle semble satisfaite.Quel air faïasse! Quelle tournure faïasse! Une vieille faïasse. Se mettre comme une faïasse; avoir l'air d'une faïasse.Dans le dialecte rouchi on dit:Fouïasse. VoyezFÂYE.
FAIBLER, v. n. Faiblir, céder.La poutre commençait à faibler;elle faiblait; elle a faiblé; elle faiblera.Terme très-connu des artisans.
† FAIGNIANT, s. et adj. Orthographe et prononciation vicieuses du mot «Fainéant.»C'est un faigniant; c'est une faigniante.Français populaire.
FAIGNIANTISE, s. f. Fainéantise.
FAILLI-FAILLETTE (À).Jouer à failli-faillette, jouer à coup faillant, jouer à coup failli.
FAIRE, v. a.Faire plusieurs maîtres, se dit des domestiques qui changent souvent de condition.Elle a fait six maîtres en deux ans.Nous disons pareillement:Faire plusieurs domestiques, pour: Changer plusieurs fois de domestiques: expressions qui appartiennent aux dialectes du Midi. En Dauphiné, et ailleurs sans doute, on dit dans le même sens:Cet enfant a fait plusieurs nourrices.
FAIRE, v. a.Il fait son homme d'importance; elle fait sa grande dame; ne fais pas ton rodomont.Dites avec les dictionnaires: Il fait l'homme d'importance; elle fait la grande dame; ne fais pas le rodomont.
FAIRE À UN JEU.Faire à colin-maillard; faire à barre; faire à passe-Jean, etc. Fautes suisses et méridionales. Les dictionnaires disent: Jouer à un jeu; jouer à colin-maillard, jouer aux barres, etc.
FAIRE BON DE.Il fait bon de connaître son monde; il fait bon de boire frais en été; il fait bon en hiver de travailler dans une chambre chaude.Dites: IlESTbon de connaître son monde; ilESTagréable de boire frais en été; ou dites, en retranchant la prépositionde: Il fait bon connaître son monde, il fait bon boire frais en été, etc.
FAIRE CHERCHER. Envoyer chercher, appeler.Qu'on fasse chercher le médecin; qu'on fasse chercher le notaire, etc. Dites: Qu'on appelle, qu'on envoie chercher lemédecin, le notaire, le confesseur, etc. Germanisme qu'on retrouve en Lorraine et sans doute ailleurs.
FAIRE DANS.Ce marchand fait dans les draps; Francillon fait dans les spiritueux; Antoine fait dans les denrées coloniales.Dites: Ce marchand fait le commerce des draps; Francillon fait le commerce des spiritueux, etc.
FAIRE DEMANDER. Envoyer savoir.J'ai fait demander de vos nouvelles. A-t-on fait demander des nouvelles de mon beau-frère?Locution de la Suisse romane.
FAIRE LES CARTES. Mêler les cartes. En France, «faire les cartes» signifie: Donner. [Acad.]
FAIRE TENIR. Assujettir, consolider.Faire tenir une patère; faire tenir un contrevent, etc. Terme suisse-roman.
FAIRE (À). Affaire.Il s'aperçut bien vite qu'il avait à faire à un fripon.Écrivez en un seul mot: Affaire. «Avoir affaire à un fripon.»
FAIRE (À).Avoir à faire, avoir des affaires.Qu'on ne reçoive personne ce matin, car j'ai beaucoup à faire.Expression fort répandue, mais que le bon usage n'a pas consacrée. Il faut dire: J'ai beaucoup d'affaires, je suis occupé.
FAIRE (S'EN).Je croyais m'en tirer avec cent sous, je m'en suis fait pour quinze francs.Dites: J'ai dû y mettre quinze francs.Dans un seul dîner, il s'en firent chacun pour dix francs, c'est-à-dire: Un seul dîner coûta à chacun d'eux dix francs. Expression méridionale, etc.
FAISANT, ANTE, adj. Agissant, actif, qui met la main à tout.Je vous recommande notre Pernette, c'est une domestique très-fesante.
FAJOLE et FAJULE, s. f. Terme des campagnards. Haricot. On dit à Lyon:Fiageole; à Cambray,fageole; dans le Faucigny,fajouleetfajole; en vieux français,fasol. R.phaseolus. VoyezFAVIOLE.
FALET, adj. masc. Rouan. Se dit des chevaux dont le poil est mêlé de blanc, de gris et de bai.
† FALLOIR, v. impers.Il faudrait mieux(il vaudrait mieux).Il faudrait mieux se taire que de parler aussi sottement.Français populaire. Plus populairement encore, quelques-uns disent:Il fadrait; il fadrait mieux.
FALOT, s. m. Lanterne.Allumez votre falot, Isaline, et partons.En Français, on appelle «falot» une grande lanterne faite de toile, et que l'on porte d'ordinaire au bout d'un bâton.
FAMEUSEMENT, adv. Très, fort, extrêmement.Il resta fameusement capot. Nous eûmes tous fameusement peur.Français populaire.
FAMINER, v. n. Avoir grand faim.Ces pauvres enfants faminaient.Expression très-adoptable.
† FANTÔME (UNE). Une femme ridicule, folle,folache.Sa fantôme de cousine n'était pas faite pour nous attirer. La Louison est toujours mise comme une fantôme.Le peuple de Lyon donne aussi à ce mot le genre féminin.Il crut voir une fantôme.
FANTÔMERIE, s. f. Enfantillage, billevesée.
FAQUINER, v. n. Faire le faquin.
† FARÂ, s. f. VoyezFÉRA.
FARATTE, s. f. Se dit d'une femme indiscrète, épilogueuse, bavarde, tatillonne, marchandailleuse,barbouillonneenfin.N'ayez rien à faire avec la Michaude: c'est une faratte.
FARATTER, v. n. Faire lafaratte. Voyez ce mot.
† FARBALA, s. m. Falbala.Une robe à grands farbalas.Terme lyonnais, rouchi, etc.
FARCE, adj. Bouffon, plaisant, facétieux.Un comédien farce, une actrice farce. Voilà qui est farce.Français populaire.
FARCELLE, s. f. Faisselle, sorte de plat criblé de trous pourégoutter les fromages. Terme vaudois. Dans notre patois on dit, suivant les localités:Farcela,faikala,facel-lăetfăchó-lă. Dans le Jura on dit:Fachalle; dans le Berry,fachelle.
FARCEMENT, s. m. Terme culinaire. Farce, chou farci avec des épinards, des châtaignes et des raisins secs. A Lausanne et à Neuchâtel on dit:Farçon; en Languedoc et en Provence:farsun.
FARCEMENT, adv. Drôlement, plaisamment.L'affaire se termina farcement. Il joua ce rôle assez farcement.
FARÇONNETTES, s. f. pl. Laitues farcies.
FARET, s. m. Mèche d'une lampe ou d'une chandelle.Couper le faret.Terme vaudois, savoisien et dauphinois.Faret, au sens figuré, se dit d'une personne maigre, malade, et dont la vie semble près de s'éteindre.Un tel n'a plus que le faret.On le dit aussi d'une étoffe qui n'a que l'apparence.Cette étoffe n'a que le faret.
FARETTES, s. f. pl.Faire ses farettes, signifie: Réussir, faire bien ses affaires, faire ses orges.
FARFOUINER, v. a. Farfouiller.Farfouiner des livres; farfouiner une armoire.
FASCINE, s. f. Sorte de gros fagot destiné au foyer, falourde.Une centaine de belles fascines coûte environ vingt-sept francs.Terme suisse-roman et savoisien. A Bordeaux, on dit:Faissonnat; dans le patois de l'évêché de Bâle et dans le patois lorrain,faichin.
FASTES, s. f. pl. «Il travaille pour dérouler à ses concitoyens lesfastesglorieuses de leurs annales.» [Journal de Genève, janvier 1833.] Ce mot est du genre masculin. «Fastes glorieux, fastes brillants.»
FATRASSER (SE), v. pr. S'accoutrer, s'affubler, se fagoter. En vieux français,fatrasser, v. n., a ce même sens. [VoyezRoquefort,Glossaire roman, t. I, p. 577.]
FAÜLAY, FAÜLET et FEULET, s. m. Terme des campagnards.Tourbillon, ventfollet, qui fait tournoyer la poussière et autres corps légers, et les élève fort haut en colonne. Dans le Berry on dit:Foulot.
FAUTE, s. f. Besoin, nécessité naturelle.Avoir faute.Terme berrichon, etc. Chez les campagnards,avoir faute d'une chose, signifie: En avoir besoin.D'ei fauta d'eună robă(j'ai besoin d'une robe).Attache ce sac, Jean-Pierre.—Non, il n'y a pas faute.
FAUTIF, IVE, adj. Coupable.Ne persiste pas à nier, et avoue que tu es fautif.
FAUX, s. m.Avoir du faux, c'est: Vouloir paraître plus qu'on n'est, plus riche surtout, et d'un rang plus élevé.Les parvenus sont d'ordinaire pleins de faux. Notre jeune tailleuse était charmante avant son mariage: elle a pris dès lors beaucoup de faux. Avoir du fauxet «être faux» sont deux choses très-différentes. On méprise et on fuit les gens qui sont faux. On rit de ceux quiont du faux, on s'en amuse quelquefois: le plus souvent on les regarde en pitié.
FAUX CLAIR, s. m. Terme des tonneliers. Vin au bas, baissière, ripopée.
FAUX FIL, s. m.Passer un faux fil, faufiler.
† FAVETTE, s. f.Un nid de favettes.Terme vieux français. Dans le patois lorrain on dit:Fâvatte. En français: «Fauvette.»
FAVIOLE, s. f. Haricot.Faviole à bouquets.Terme suisse-roman et franc-comtois. En vieux français,favouillesignifie: Petite fève. Au sens figuré,favioleoufavioulese disent d'un sot, d'un nigaud, d'un niais qui ajoute foi à toutes les sornettes, à tous les contes qui se débitent.Oh! la faviole, qui ne voit pas qu'on se moque de lui!
FAVIOLON, s. m. Graine de haricot.
FAYARD, s. m. (Prononcezfaïard.) Hêtre.Du bois de fayard. Un moule de fayard.Terme suisse-roman, savoisienet méridional. Boiste et Gattel ont recueilli ce terme, en indiquant que c'est un provincialisme. A Neuchâtel on dit:Foyard; on le dit aussi dans l'évêché de Bâle, en Franche-Comté et dans le Berry.
FAYASSE, s. f. VoyezFAÏASSE.
FÂYE, s. f. Femme qui veut se singulariser par une mise bizarre, par un accoutrement choquant et ridicule, et dont elle semble tirer vanité.Pense-t-elle, cette vieille fâye, qu'on la remarque? Avouez, Rosine, que votre jeune maîtresse s'habille quelquefois comme une fâye. Il n'y a qu'une fâye qui puisse mettre autant de fleurs voyantes à son chapeau.En patois,fâyeveut dire: Fée, sorcière.
FÂYES (LES), s. f. pl. Les brandons, lesalouilles.
FELIN, s. m. Entrailles, fiel.Ils se mangeaient le felin; c'est-à-dire: Ils se querellaient vivement.
FELOGNE, s. f. Felougne, grande chélidoine, plante.
FÉMELIN, INE, adj. Frêle, délicat, qui a un tempérament de femme.Visage fémelin; voix fémeline. Votre neveu est trop fémelin pour devenir jamais un soldat.Terme vaudois, savoisien et vieux français.
FENALET, s. m. Sorte de pierre fort dure, excellente pour bâtir, et qui se tire des rochers de Meillerie.Un mur en fenalet.
FENDANT, adj. m. Un raisinfendantest celui qui sefendsous la dent, celui dont la gousse reste adhérente à la pulpe lorsqu'on le mange. L'opposé de raisinfendantest raisinrafeux.
FEND-L'AIR, s. m. Cheval qui fend l'air, coursier.
FENER, v. n. Faner, tourner et retourner l'herbe d'un pré fauché, pour la faire sécher.Les dames elles-mêmes fenaient à côté des ouvrières.Terme suisse-roman et français populaire.Féner, avec un accent sur l'e, se trouve dans quelques dictionnaires.
FENEUR, FENEUSE, s. Faneur, faneuse.On invita les feneuses à ce bal champêtre.Terme français populaire.
FENICULES, s. f. pl. Follicules de séné.
FENIÈRE, s. f. Fenil, grenier dans lequel on serre le foin. Terme méridional et vieux français.
FÉRÂ, s. f. Poisson qui est propre à notre lac.Une belle férâ pèse jusqu'à trois livres.On appelleférâ du travers, celle que l'on pêche sur le travers, c'est-à-dire, sur le banc de sable qui coupe le lac près de Genève, entre Cologny et Sécheron. De Saussure fait le motférâmasculin. [Voyage dans les Alpes, t. 1er, p. 16.]
FÉRÂ, s. f. Au sens figuré ce mot signifie: «Le cœur.»Dis voir, Christophe, la vue de cette exécution (1850) ne t'a-t-elle pas diantrement remué la férâ?Nous disons proverbialement de deux personnes qui se querellent à outrance:Elles se mangent le foie et la férâ.
FERLATER, v. a.Du vin ferlaté.Terme méridional. A Paris le peuple dit:Farlaté. Le mot français est: «Frelaté.»
FERMATURE, s. f. Fermeture.
FERMENTE, s. f. Ferrure, garniture de fer.La fermente d'un buffet.Terme suisse-roman. En Dauphiné et en Languedoc on dit:Féramente.
FERMENTER, v. n.Le foin fermente.Dites: Le foin sue.
FERRATAILLE, s. f. Vieille ferraille, fer inutile et rouillé. Terme savoisien.
FERRON, s. m. Petit traîneauferré, à l'usage des jeunes garçons, pour glisser sur la neige ou sur la glace.Aller en ferron. Tomber de ferron.
FERRONNEUR, s. m. Celui qui va enferron.
FERTIER ou MARCHAND FERTIER, s. m. Ferronnier, marchand de fer. Terme vaudois et savoisien. On dit à Lyon:Ferratier.
FÊTE À DIEU, s. f. Fête-Dieu.
FEU (LE).Jouer au feu.Ce jeu d'enfant est appelé en France: «Jeu du moulin.»
FEU, s. m. Hêtre, fayard.Feuse dit au village de Veirier, à Monetier et lieux circonvoisins. En Languedoc on dit:Fâou; en vieux français,fau.
FEUILLE, s. f. Feuillet, deux pages d'un livre.Distrait dans ma lecture, je tournai deux feuilles à la fois.
FEVROTTER, v. n. Avoir la fièvre. Ce verbe n'est employé, je crois, que dans ce proverbe des campagnards:Se fevry ne fevrotte, mâr marmotte. «Si février ne tremble pas la fièvre,» c'est-à-dire: Si les rigueurs du froid ne tombent pas sur le mois de février, «c'est mars qui en souffre,» c'est-à-dire: Les rigueurs tombent sur le mois de mars. Voici le proverbe vaudois:Se févrai ne févrotte, mar vein ke to debliotte(mars vient quidéblotteet détruit tout). VoyezDÉBLOTTER, p. 137.
FIBRE (UN).Fibres délicats; fibres tendus; longs fibres.Solécisme fréquent, qui nous vient du vieux français, où ce mot était masculin. Au milieu du dix-huitième siècle, le grammairien Féraud faisait encorefibremasculin.
FICHAISE, s. f. Terme trivial. Chose de peu d'importance, bagatelle, vétille, niaiserie.La belle fichaise! Dire des fichaises.Français populaire.
FICHIMASSER, v. n. Terme trivial. Vétiller, s'amuser à des bagatelles. Français populaire.
FIDÉS, s. f. pl.Des fidés blanches, des fidés jaunes.Terme suisse-roman et savoisien. Le mot français est: «Vermicelle.» En gênois on dit:Fidei; en languedocien,fidêou. Le mot espagnolfideosveut dire: Corde de luth. R. latin,fides.
FIELLEUX, EUSE, adj. Atrabilaire, rancunier, haineux, froidement méchant, vindicatif.Un homme fielleux; un caractère fielleux.Terme fort expressif, qui manque dansl'Académie et même dans Boiste (6eédition). MrBescherelle lui donne un sens qu'il n'a pas chez nous.
FIERTE, adj. fém. Fière.Tu fais bien la fierte, Marion. Tu es fierte de ton joli bonnet à dentelle.Terme fort usité à Carouge et qui n'est pas inconnu dans les autres cantons de la Suisse romane.
FI ET FAIT ou FIEFFET, adj. masc.Un fieffet menteur; un fi et fait bandit.Écrivez «Fieffé,» et prononcez la dernière syllabe comme celle du motétouffé.
FIÈVRE DES VEAUX, s. f. Tremblement, frisson après le repas. L'expression française est: «FièvreDEveau. Avoir la fièvreDEveau.»
FIFRER, v. a. (fig.) Avaler, dévorer, dissiper.Il a fifré six verres de vin de suite. Ce jeune homme a fifré tout son bien.[P. G.] Quelques-uns disent:Fifer.
FIGÂCE, s. f. Galette, gâteau plat fait de fleur de farine.Figâce aux pommes, figâce aux prunes, etc. Dans le midi de la France on dit:Fougasse; en Bourgogne,fouace, terme recueilli par les dictionnaires.
FIGEAU, adj. masc. Penaud, consterné, pris, attrapé, dupé.Être figeau.On dit aussi:Fligeau.
FIGER (SE), v. pron. (fig.) Rester immobile d'étonnement, être stupéfait.
FIGUETTE, s. f. Fiole, flacon.
FIGURE, s. f.Se laver la figure. Avoir la figure mâchurée. Il reçut un coup de poing à la figure.Dans ces exemples et les analogues, employez le mot «Visage.» Se laver le visage; recevoir un coup au visage, etc.
FIGURER (SE).Il se figure de pouvoir réussir.Retranchez la préposition et dites: «Il se figure pouvoir réussir.»
FIL, s. m. Main, vrille.Les fils de la vigne; les fils des fraisiers.Terme dauphinois et languedocien.
FIL, s. m. (fig.)Le fil de la langue. On ne lui a, certes,pas coupé le fil de la langue.Le mot français est: «Filet.» Le filet de la langue.
FIL, s. m.Parler à fil.Se dit d'un babillard, et signifie: Avoir un flux de bouche, bavarder.
FILAGRAMME, s. m. Filigrane, ouvrage d'orfévrerie en filets à jour. Français populaire.
FILÉE, s. f. Longue file.Une filée de voitures; une filée de chambres. Sur ce propos il lui lâcha une filée de sottises. On voyait une filée considérable de promeneurs monter le Pas de l'Échelle.
FILER, v. a. (fig.) Nous disons proverbialement d'un homme dont la santé, ou les affaires, ou la réputation déclinent:Il file un mauvais coton.Tous les dictionnaires disent: «Il jette un mauvais coton.»
FILET DE CHEVAL, s. m. Le mot français est: Émouchette.
FILIÈRE, s. f. Terme de maçon. Brancard pour porter les pierres.
FILLASSE, s. f. (llmouillés.) Signifie: 1oUne fille de mœurs irrégulières; 2oUne grande et grosse fille dégingandée et débraillée. Terme méridional.
FILLE DE CHAMBRE. On dit aujourd'hui: Femme de chambre.
FILLERET, s. m. (llmouillés.) Dameret, damoiseau.
FILLEULE ou FILLOLE, s. f. (llmouillés.) Terme de jardinier. Bouture, œilleton pris au pied des artichauts.Lever des filleules.Expression méridionale. Dans le canton de Vaud on dit:Filleuse; dans le Berry, et ailleurs sans doute, on dit:Fille(des filles d'artichaut).
FILLIOL, FILLIOLE, s. Filleul, filleule.Il nous montrait d'un air satisfait la page d'écriture de son filliol.Terme vieux français et français populaire. Dans le dialecte parisien on dit:Fillot.
FILOCHER, v. a. Faire de la filoche ou du filet.Un fichufiloché. Elle apprenait à son jeune garçon à filocher.Terme utile et bien fait.
FILS (LE).As-tu rencontré le fils Bazoche depuis son retour?... Et le fils Meytral, l'as-tu vu?Cette expression triviale doit se remplacer par celle-ci: As-tu rencontré Bazoche le fils? As-tu vu Meytral le fils? Mais on peut dire: La mère Bazoche, le père Meytral, etc.
† FINITION, s. f. Fin, dénouement, achèvement, conclusion.La finition du procès.
FISTE, s. f. Foi. Ne s'emploie que dans cette exclamation:Ma fiste! Par ma fiste!Terme provençal.
FIOU. Terme d'écolier, qui équivaut à: Fini, achevé, terminé.C'est fiou; voilà qui est fiou; fiou tâche et ouvrage!
FIOÛLER et FIULER, v. a. Fioler, boire à longs traits, siroter.Ils fioûlèrent toute la nuit. En un clin d'œil les quatre bouteilles furent fioûlées.
FIOÛLEUR, s. m. Fioleur, buveur intrépide.
FITRIPIS ou FITREPIS, s. m. pl. (smuet.) Chiffons, vieilles nippes.Un tas de fitripis; un tiroir plein de fitrepis.
FIXER QUELQU'UN. Le regarder fixement.Je t'ai longtemps fixée, Augustine, sans te reconnaître.Cette expression, blâmée de tous les grammairiens, a eu récemment pour avocat MrBescherelle aîné, dans sonDictionnaire National: ouvrage d'ailleurs très-remarquable, mais où la plupart des barbarismes de la langue ont trouvé asile et protection.
FLAIRER, v. n.Ce réséda flaire comme baume.Dites: Ce réséda fleure comme baume. Flairer est un verbe actif. («Flairer un bouquet.») Fleurer est un verbe neutre.
FLAÎRON, s. m. Enfant qui se fait soigner à l'excès, enfant gâté et pleurard. Le portrait duFlaîrona été tracé parMrJ.-F. Chaponnière, dans l'Album de la Suisse romane, t. Ier.
FLAÎRONNER, v. a. Gâter un enfant, le dorloter, le choyer.Juliette aime à se faire flaîronner.
FLAMBANT, ANTE, adj. (fig.) Brillant, éclatant, myrobolant.Un repas flambant; un discours flambant; un habit flambant; une toilette flambante.Expression heureuse, qui n'a pas d'équivalent exact dans la langue des dictionnaires.
FLAMBÉE, s. fém. Feu clair, vif et qui n'est fait que pour un instant.Allons! vite une flambée et nous partons. Cette petite flambée nous avait tout ragaillardis.Terme berrichon, normand, picard, etc.
† FLAMBOISE, s. f. Framboise.Confiture aux flamboises.Terme lyonnais et méridional. En rouchi on dit:Flambesse.
FLAMMER, v. n. Flamber, jeter ou donner de la flamme.Ce feu ne veut pas flammer.Terme suisse-roman, etc. Dans leRoman de la Rose,flammantsignifie: Flamboyant.
FLÂNÉE, s. f. Rossée,fouettéeà coups de verges.
FLÂNER, v. a. Donner, appliquer, sangler, flanquer.Flâner une volée. Elle lui flâna un soufflet. Se flâner, v. pron. se donner.Se flâner un verre de vin sur la conscience.
FLANQUER (SE), v. pron. Ne se dit qu'en mauvaise part, et signifie: Commencer à, se mettre à.Au lieu de répondre à ton professeur, tu te flanques à rire. Nos deux nigauds ne font ni un ni deux, ils se flanquent à table les premiers.«Flanquer,» terme français populaire, signifie: Lancer, jeter brusquement. «Flanquer un coup de poing. Se flanquer dans la boue.» [Acad.]
FLAPPE, adj. Signifie: 1oFlétri, fané, blet, pourri; 2oFlasque, mou, lâche.Une poire flappe, une rave flappe.Termefort connu de nos campagnards et de ceux du canton de Vaud.
FLAPPET, ETTE, adj. Diminutif deflappe. Dans ces deux mots la lettrelétant mouillée, forme une onomatopée.
FLAQUE, adj. Mou, sans vigueur, sans ressort. Se dit des personnes et des choses.Flaque, dans le dialecte rouchi, signifie: Poltron.S'aflaqui, dans le patois languedocien, signifie: Devenir lâche, s'amollir.
FLÂR, s. m. Senteur, odeur, vapeur.Le flâr du rôti. Le flâr d'un estaminet. Il venait de cette allée un flâr empesté.En vieux français,flâreur, s. f., a le même sens.
FLASQUE, s. fém. Poire à poudre, sorte de bouteille pour mettre soit la grenaille, soit la poudre.Une flasque en peau. Une flasque en corne.Terme suisse-roman, savoisien, méridional et vieux français. On disait anciennement:Flasconpour «Flacon.»
FLATIBOLAGE, s. m. Action deflatiboler. Voyez ce mot.
FLATIBOLER, v. a. Flatter, cajoler, enjôler.Rusé que tu es, après nous avoir fait endêver toute la semaine, tu viens le samedi soir nous flatiboler.Expression charmante, connue dans le canton de Vaud, et peut-être ailleurs.
FLATIBOLEUR, s. m. Flatteur, cajoleur, enjôleur, patelin.Petit flatiboleur, je vois assez clairement où tu en veux venir.
FLAU, s. m. Prononciation vicieuse du mot Fléau (instrument à battre le blé), lequel mot forme deux syllabes. La prononciationflause retrouve à Lyon, en Dauphiné, dans le Limousin, et ailleurs.
FLÉCHON, s. m. Petite flèche pour l'arbalète.
FLEGME (UNE).Une flegme épaisse.Ce mot est du genre masculin. «Un flegme épais.»
FLEUME ou FLEMME, s. m. Flegme, pituite, glaire.Rejeterdes fleumes.Terme picard et vieux français. A Paris le peuple dit:Flume.
FLEUR DE PÊCHE, s. f. Fleur de pêcher. L'expressionEau de fleur d'orangese trouve dans le dictionnaire de l'Académie, t. II, p. 730, au mot «Sentir.»
FLEURIER, s. m. Drap de toile forte qu'on étend sous la table pendant le repas.Mettre le fleurier. Ôter le fleurier. Secouer le fleurier.Terme vaudois. A Chambéry on dit:Florier. Dans le Jura on appellefleurierune pièce de grosse toile qu'on met sur la lessive pour contenir les cendres. Cette même toile s'appelle en Dauphiné et dans tout le Midi:Flourier; en français, «Charrier.»
† FLEUTRE, s. m.Chapeau de fleutre.Dites: «Feutre.»
FLIBUSTER, v. a. Tromper.
FLIGEAU ou FLIGEOT, adj. masc. Ne se dit que des personnes et signifie: 1oDupé, trompé, floué; 2oFlambé, perdu.Il se retira tout fligeau. Je vois bien qu'ils m'ont mis dedans et que je suis fligeau.On dit aussi:Figeau.
FLON, s. m. Flan, tarte faite avec des œufs, du sucre et de la crème. Terme français populaire.Flans'écrivait autrefoisflaon, que les uns prononçaientflon, et les autresflan, comme nous prononçonstonettanle mot «Taon.»
FLORIN, s. m. Nous disons proverbialement de quelqu'un qui a fait une mauvaise spéculation commerciale ou autre:Il a fait de son florin cinq sous. (Leflorinde Genève, aboli depuis quelques années, valait quarante-six centimes.) L'expression française proverbiale est celle-ci: «Il a fait de cent sous quatre livres, et de quatre livres rien.» [Acad.]
FLOTTE, s. f. Écheveau.Flotte de fil; flotte de soie; flotte de chanvre.Terme vaudois et méridional.
FLÛTE, s. f. L'Académie dit: «Ce qui vient de la flûte s'en retourne au tambour.» Nous disons à Genève:Ce qui vient par la flûte s'en va par le tambour; et l'on trouve ce proverbeexprimé de la même manière dans leDictionnaire des ProverbesdeLe Roux[Lyon, 1735].
FOIE, s. m. Nous disons d'un homme bizarre, original, et qui ne fait rien comme les autres:Il a le foie blanc.
FOIN, s. m. Nous disons proverbialement:Année de foin, année de rien; ce qui veut dire que les années pluvieuses ne sont pas, dans notre pays, favorables à l'ensemble des récoltes.
FOIS (LA).La fois que tu es venu me voir; la fois que nous voyageâmes ensemble, etc. Ces phrases ne sont pas correctes. Il faut dire: «Le jour que tu es venu me voir,» ou il faut chercher une tournure différente.
FOIS (DES). Locution adverbiale qui signifie: 1oQuelquefois, de temps à autre; 2oD'aventure, par hasard.Je suis des fois obligé de me fâcher. Que me voulez-vous, brave femme?—Oh là, Madame, on m'envoye vers ces dames, pour si des fois elles avaient occasion de fil ou de chevillères.Français populaire.
FOLACHE, s. f. Femme bizarre, singulière, extravagante, femme qui a le timbre un peu fêlé.Laissons cette folache, et partons. Folacheest aussi adjectif.Convenez que votre amie est tant soit peu folache.
FOLÂTRE (UN). Un homme qui a des singularités, des bizarreries choquantes.Ce folâtre ne va-t-il pas lui-même acheter son beurre et ses œufs au marché?En français, «Folâtre» a un autre sens.
FOLIU ou FOLLIU, s. m. (llmouillés.) Lefoliuest une réjouissance que font les petits bouviers oubovaironsle premier dimanche de mai. L'un se couvre le buste d'une enveloppe de feuillage garnie de fleurs et de rubans, et va avec quelques camarades faire la quête chez les particuliers, dont les uns donnent de l'argent, les autres du pain, ceux-ci du vin, ceux-là de la farine, des œufs ou des fruits. Cesjeunes gens s'amusent le reste de la journée à friper le produit de leur quête. [P. G.] En patois,foliusignifie: «Garni de feuilles.» On disait en vieux français:Foillu.
FONCÉ, ÉE, adj. Entièrement plein.Un cuvier foncé.
FOND, s. m. Nous disons:Un fond d'artichaut. Dans quelques provinces de France on dit:Un portefeuille d'artichaut. Les dictionnaires disent: «Un cul d'artichaut.»
FOND, s. m. Ampleur.Cette culotte manque de fond. Ce caleçon a trop de fond.Terme méridional, etc.
FOND, s. m. Terme de baigneur. Endroit où l'eau arrive au-dessus des épaules du baigneur.Prendre son fond. Avoir son fond. Nager plus loin que son fond.
FONDRAILLONS, s. m. pl. Fondrilles, effondrilles, résidu, dépôt, sédiment. Terme suisse-roman.
FONFONNER, v. a. Remplir à tel point une tasse, une écuelle, un pot plein, que le liquide s'en répand par les bords.
FORT, adv.La voiture allait très-fort.Dites: La voiture allait très-vite, très-rapidement.
FORT, adv.Je sais fort, signifie: Qu'en sais-je? Le sais-je moi-même? Comment le pourrais-je savoir?Sais-tu, Nicolette, si tu auras la permission de sortir dimanche?—Je sais fort: notre bourgeoise est si quinteuse.Cette expression,Je sais fort, marque le plus souvent un doute désagréable, et s'emploie quand on est de mauvaise humeur.
FORTUNE (LA BONNE).Se faire dire la bonne fortune, signifie: Se faire dire la bonne aventure.
FORTUNÉ, NÉE, adj. Beaucoup de personnes, dans tous les pays où l'on parle français, croient que l'adjectiffortunésignifie: Riche, opulent.Vous pouvez faire cette dépense, vous autres qui êtes fortunés. Si j'étais fortuné, je m'achèterais une campagne et j'y vivrais.Ce sens du motfortunén'est pas français. Ouvrez les dictionnaires, et vousverrez que «fortuné» signifie: Heureux, qui a du bonheur. On peut être fortuné et n'être pas riche.
FOSSOYEUR, s. m. Ouvrier qui fossoie. En français «fossoyeur» ne se dit que de celui qui creuse les fosses pour les morts.
FOU (DE). Nous disons:Un mal de tête de fou. Le nouveau roman de George Sand a obtenu un succès de fou. Ce petit volume nous a coûté un argent de fou, etc. Il faut dire: Un mal de tête fou; un succès fou; un argent fou, c'est-à-dire: Excessif, prodigieux. Cette faute, si fréquente à Genève, n'est signalée nulle part.
FOUDRES, s. m. pl.Faire les foudres.Se mettre dans une extrême colère, s'emporter jusqu'à la rage.Tu es bien agitée, Janneton?—On le serait à moins. J'ai eu le malheur de payer une tomme 20 centimes au lieu de 18, et voilà que notre maîtresse m'agonise et fait les foudres.
FOUETTE, s. f. Terme de pêcheur. Sorte de ligne.Pêcher à la fouette.
FOUETTE ou FOUATTE, s. f. Terme de tir. Sorte de baguette dont lecibarre(ou marqueur) se sert pour signaler et montrer les coups au fur et à mesure qu'ils se font.
FOUETTÉE (UNE).Mériter la fouettée. Donner, appliquer une fouettée à un enfant. Recevoir la fouettée.L'Académie dit: «Une fessée.»
FOUETTER, v. a. (fig.) Terme de tir. Se dit du marqueur oucibarre, et signifie: Indiquer par un signe convenu que le coup du tireur n'a pas touché la cible.Un coup fouetté, est un coup perdu, un coup qui n'a pas touché la cible.Sur six coups, Walter en a eu quatre de fouettés.
FOUGNER, v. a. Fouiller.Les gabeloux négligèrent de nous fougner.
FOUINE, s. f. Coïncidence de rayons du soleil avec la pluie.
FOUINER, v. n. et act. Fouiller, fureter comme unefouine.Il va fouinant partout. Que fouines-tu là? Quand cesseras-tu de fouiner dans cette dépense?Terme valaisan, savoisien et limousin. Dans les dialectes de la France septentrionale,fouinersignifie: Fuir comme une fouine.
FOUINET ou FOUINEUR, s. m. Furet, fureteur.C'est un fouinet, qui fourre son nez où il n'a que faire.
FOUR, s. m. Nous disons:Faire au four. On dit en français: Cuire au four.Les boulangers ne font pas au four le jour de Noël.Expression suisse-romane et gasconne.
FOUR, s. m.Commander au four.Retenir place au four.
FOUR, s. m. Le proverbe:On ne peut pas être à la fois au four et au moulin, proverbe si connu chez nous, n'est pas dans les dictionnaires usuels; mais le vieuxDictionnaire français-anglaisdeCotgraveen fait mention.
FOURCHU, CHUE, adj.Pied fourchu.Pied fourché, pied fendu.
FOURGOUNER, v. a. Fourgonner, remuer la braise, tisonner.
† FOURMI (UN). Une fourmi. Dans le Berry et ailleurs, les campagnards font aussi ce mot masculin.
FOURNEAU, s. m.Se chauffer à un fourneau. Plusieurs personnes préfèrent les fourneaux aux cheminées.Ce que nous appelonsfourneaus'appelle en France «Poêle.» Le mot «Fourneau» est français dans un autre sens.
FOURRE, s. f. Fourreau, taie, têt.Une fourre d'oreiller. Une fourre de parapluie. La fourre du canapé.Terme suisse-roman. Dans le patois du Faucigny,fó-ră(fourre) signifie: Bogue, enveloppe épineuse de la châtaigne.
FOUSSOIR, s. m. Fossoir, houe.
FOUSSOYER, s. m. Fossoyer, labourer au hoyau.
FRACTION, s. f. Effraction.Un vol avec fraction.Terme languedocien.
FRAIDIEU, s. f. Nom que les bateliers du lac de Genèvedonnent au vent quand il fraîchit ou qu'il devient plus fort. [P. G.]
FRANC, CHE, adj.Être franc comme l'or. Il est franc comme l'or, se dit de quelqu'un d'honnête, de probe, de loyal. Expression languedocienne, etc.
FRANC DE COLLIER.Cheval franc de collier.Dites: Cheval francDUcollier. Au sens figuré: «Être francDUcollier,» signifie: Suivre toujours la ligne du devoir et de l'honneur. [Acad.]
FRANCHIPANE, s. f. Frangipane.
FRANCHIR, v. a. Affranchir, couper, tailler.Franchir l'extrémité d'une branche; franchir les racines d'un arbuste avant de le replanter.Terme des campagnards et des ouvriers.
FRANCILLON (UN). Un Français. Terme de dénigrement, créé vers la fin du dix-septième siècle, lorsque, à la révocation de l'Édit de Nantes, un très-grand nombre de familles françaises se réfugièrent dans notre ville et y exercèrent leur industrie, aux dépens et au grand déplaisir de quelques artisans nationaux. Une chanson composée à cette époque, et que nous avons sous les yeux, témoigne de cette mauvaise disposition des fabricants genevois.
FRAUDÉ, DÉE, part.Du vin fraudé; de l'eau-de-vie fraudée.Ce sens très-répandu du verbe «Frauder» n'est pas dans les dictionnaires. L'expression française est: «Frelater.» Vin frelaté. Eau-de-vie frelatée.
FREGALE, s. f. Rondin de bois à brûler.
FREGALON, s. m. Grosse bûche ronde.
FRELOQUE, s. f. Caprice, boutade, lubie.Il lui prit une freloque, et il nous planta là.
FRELORE, adj. Perdu.Voilà mon argent frelore. Me voilà frelore.R. allem.verloren.
FRENÉSIE, s. f. Écrivez et prononcez «Frénésie.»
FREPPE, s. f. Frette, lien de fer qui retient le moyeu de la roue.
FRÉQUENTATION, s. f. Cour honnête et avouée que reçoit une jeune ouvrière ou une domestique, et qui doit aboutir au mariage.Avoir une fréquentation.Expression consacrée.
FRÉQUENTER, v. n. Dans le langage des ouvrières et des domestiques, ce mot se prend en bonne part et signifie: Recevoir la cour d'un jeune homme, avoir un bon ami.Elle n'est pas encore mariée, elle fréquente.
FRÉSURE, s. f. Terme de boucherie. Fressure.
FRÊTE, s. f. Faîtage, crête.La frête d'un toit; la frête d'une montagne.«En suivant la frête de la montagne noire, etc.» [De Saussure,Voyage dans les Alpes, t. Ier, p. 500.] Terme suisse-roman et savoisien. Dans l'évêché de Bâle on dit:Le frête. Dans le dialecte rouchi,frêtesignifie: Élévation le long d'un fossé qui borde un champ.
FRICASSER, v. neutre. Avoir excessivement chaud.Touche voir mes mains, comme je fricasse. On fricasse dans cette chambre vers ce fourneau.Terme suisse-roman.
FRICASSER (SE)., v. pron. Se brûler involontairement une partie du corps.La pauvre Drion s'est toute fricassée en fondant son beurre.
FRIGOUSSE (LA). Le fricot, la bonne chère.Faire la frigousse. La femme N** entend bien la frigousse; c'est une bonneFRIGOUSSEUSE. Terme français populaire.
FRILIEUX, EUSE, adj. Frileux, qui est sensible au froid. Faute générale qui nous vient du vieux français, où ce mot s'écrivaitFrilleux(llmouillés).
FRINGALLE, s. f. Faim-valle, appétit dévorant.Avoir la fringalle.Terme français populaire.
FRISQUIN (LE). Le frusquin, le saint-frusquin, l'avoir d'une personne, le petit argent qu'elle a épargné.Il a gaspillétout son frisquin, tout son saint-frisquin.Terme français populaire.
FRITIÈRE, s. f. VoyezFRUITIÈRE.
† FROID (LA).Endurer la froid.Solécisme très-répandu en Suisse et en France.
FROID (PRENDRE). Être surpris par le froid, avoir un refroidissement.Ôte-toi de cette fenêtre, tu prendras froid.Cette expression, si familière en Suisse, n'est pas inconnue en France, mais elle n'a l'autorité d'aucun dictionnaire usuel.
FROISSURE, s. f.Froissure de chevreau.Terme suisse-roman et savoisien. On dit en français: «Fressure.»
FROMENT ou FROUMAIN. Terme des campagnards. Bœuf dont le poil est d'un rouge tendre comme lefroment.Zouli, Froment!sont des dénominations aussi usitées en Savoie et dans le Jura que chez nous.
FRONCER, v. neutre. Terme de modiste. Goder, faire des faux plis.Cette robe fronçait; cette manche fronce encore.«Froncer,» v. actif, est français.
FRONÇURE, s. f. Le mot véritable est: «Froncis.»
FROUILLE, s. f. Tricherie, fraude au jeu.
FROUILLER, v. n. Tromper au jeu, tricher.Si tu frouilles encore une fois, je ne joue plus.Terme suisse-roman.
FROUILLERIE, s. f. Tricherie, fraude au jeu.
FROUILLEUR ou FROUILLON, s. m. Tricheur.
FROÛLER (SE), v. pron. Se frôler, se frotter.
† FROUMILIÈRE, s. f.Détruire une froumilière.Dites: «Fourmilière.» Dans le Berry on dit:Froumipour: «fourmi;» en vieux français,fromi; à Reims,freumi, et dans notre patois,fremi.
FRUIT, s. m.Manger un fruit. Mangeriez-vous un fruit?Cette locution n'est pas admise. L'Académie et les grammairiens veulent qu'on dise: MangerDUfruit, ou qu'on spécifiele fruit dont il est question. «Mangeriez-vous une pêche? Mangeriez-vous un abricot?»
FRUITE, s. f. Terme des campagnards. Cidre, vin de fruit.Faire la fruite.
FRUITIER, s. m. Fromager, celui qui fait le beurre et le fromage dans lesfruitières. Terme suisse-roman et franc-comtois.
FRUITIÈRE, s. f. Fromagerie, laiterie, établissement où l'on fait le beurre et le fromage.
FUMERIE, s. f. Habitude de fumer du tabac, habitude de beaucoup fumer.Crois-moi, Gustave, renonce à la fumerie. La fumerie prend chaque jour plus d'extension.
FUMET, s. m. Fumeron.Prenez mon chauffe-pied, Fanchon, et ôtez-en le fumet.Terme vaudois, neuchâtelois et savoisien. On dit en Lorraine:Un fumant.
FUMETERRE (LE). Plante très-commune dans les champs. Ce mot est du genre féminin. «Une fumeterre.»
FUMIER, s. m. (fig.) Vieille chose, objet de rebut et qui embarrasse dans une maison.À notre prochain déménagement nous nous débarrasserons de tous nos fumiers.
FUR ET MESURE (AU).Travaillez sans crainte, on vous payera au fur et mesure.Il faut dire, selon les dictionnaires: «Au fur et à mesure,» ou bien: «À fur et mesure,» ou: «À fur et à mesure.»
FURON (LE). Le furet, amusement de société, qui consiste à se passer l'un à l'autre un objet, une clef, par exemple, avec assez de rapidité et d'adresse pour que cet objet échappe à la personne qui doit le saisir.Faire au furon. Jouer au furon.«Il a passé par ici, lefurondu bois, Mesdames; il a passé par ici, lefurondu bois joli.» Ces rimes se chantent pendant que lefuroncircule entre les joueurs. Le nom français de ce jeu est: «Jeu de la savatte.»
FUSÉ, SÉE, adj. Se dit surtout du bois qui est vieux et vermoulu.Poutre fusée. Sapin fusé.On appellelinge fusé,celui que l'humidité, ou le soleil, ou le laps du temps ont endommagé.Un rideau fusé.
FUSÉES, s. f. pl. (fig.)Faire des fusées.Vomir. Dans le langage parisien populaire on dit:Jeter des fusées. [Voyez leDictionnaire du Bas langage, t. II.]
FUSER (SE), v. pron. Se dit des personnes, et signifie: Tomber en langueur, se consumer, dépérir.Depuis la mort de son enfant, cette jeune dame est inconsolable; elle ne dort plus, elle ne mange plus, elle se fuse.Ce verbe s'emploie aussi à l'actif:La jeune Éléonore a un esprit ardent et une imagination qui la fusent. Expressions remarquables, inconnues aux dictionnaires.
FUSTE, s. f. Sorte de tonneau. Terme suisse-roman et savoisien. En provençalfusto, et en vieux françaisfust, signifient: Pièce de bois de charpenterie. De ce motfusts'est formé le vieux mot defusterie, qui veut dire: Chantier, atelier de charpenterie. Une de nos principales places publiques s'appellePlace de la Fusterie.
FUSTIER, s. m. Marchand de planches, de chaux et de gypse. Terme vieux français. Dans le midi de la France,fustiersignifie: «Charpentier.»