† GABINET, s. m.Un gabinet sur le devant. Un gabinet à six fenêtres, etc. Terme vieux français. On dit aujourd'hui: «Cabinet.»GABIOLON, s. m. Cabinet borgne, petitgabion. [P. G.]GABION, s. m. Bouge, cabinet qui sert de galetas.Loger dans un gabion.En languedocien,gabioveut dire: Une cage. En provençal,gabiolosignifie: Prison, maison de détention.GÂCHE, s. f. Foin qui a crû dans un pré gâcheux.GADIN, s. m. Layette; c'est-à-dire: Linge, langes, maillot et tout ce qui est à l'usage d'un enfant nouveau-né.Faire le gadin. Donner le gadin.Expression consacrée.GADROUILLAGE, s. m. Action degadrouiller, ou résultat de cette action.Faire un gadrouillage; faire des gadrouillages.GADROUILLE, s. f. Mauvaise sauce, mauvaise boisson.Ce n'est pas de la soupe que vous nous donnez là: c'est une gadrouille, c'est de la gadrouille.Terme suisse-roman.GADROUILLER, v. n. Se dit ordinairement des enfants, et signifie: Tripoter avec de l'eau, agiter sans précaution ou salement de l'eau avec les mains.Les deux petites filles trouvèrent la seille pleine, et se mirent à gadrouiller.Terme suisse-roman. Dans le dialecte rouchi on dit:Gadouiller; à Lyon,gabouiller.GADROUILLON, ONNE, subst. Celui ou celle quigadrouille.GAFOUILLER, v. a. et n. Tacher avec de l'eau sale, salir. Se dit surtout des petits garçons et des petites filles.On t'avait mis ce matin un tablier propre, Elisabeth, et le voilà gafouillé.Au sens réfléchi,se gafouiller, signifie: Se salir en tripotant avec de l'eau malpropre; en provençal,gaffouya, barboter dans l'eau comme font les canards.GAGE, s. m.Le gage d'une domestique, le gage d'un cocher. Augmenter le gage d'un commis.Pris dans cette acception,gagene s'emploie qu'au pluriel: «Payer les gages, diminuer les gages.»GAGER, s. m. Fripier.GAGÈRE, s. f.La gagère fera l'estime des meubles.Terme vaudois et savoisien. On dit en français: «Fripière.»GAGNER, v. a.MrR** gagne d'être connu.Dites: MrR** gagneÀêtre connu. [Acad.]GAGNER À SON AVANTAGE.À mesure que notre petiteAlexandrine grandit, elle gagne beaucoup à son avantage.Gagne-t-on à son désavantage?GAGUI, s. f. Femme ou fille éhontée, dont la mise annonce le désordre et la crapule.Une dégoûtante gagui.Terme vaudois et neuchâtelois. Dans le vieux français,gaguiougaguiese disait d'une grosse femme, fraîche et enjouée.GAI, GAIE, adj. Se dit figurément d'une chose qui est au large dans sa place, dans son lieu.Cette vis est trop gaie, trop libre, elle ne tient pas. Ma tabatière était trop gaie, elle s'est ouverte dans ma poche. Cette nourrice a le lait gai.Terme dauphinois, lorrain, etc., qui n'a point d'équivalent exact en français. Le dictionnaire de Trévoux [1721] avait relevé ce sens, qui a été abandonné à tort par la plupart des lexicographes subséquents. Laveaux l'a recueilli, mais il ne le donne que comme terme de marine: Un mât libre.GAIEMENT, adv. (Au sens figuré.)Cette vis entre trop gaiement, c'est-à-dire: Elle est trop libre, elle ne serre pas assez.GAILLEMÂFRER, v. a. Bâfrer, dissiper en excès de table.GAILLEPAN, s. m. Mauvais drôle, chenapan, bandit, vagabond. En Normandie, on dit:Galapian; dans le Berry et en Picardie,gaillepat; dans le bas Limousin,golopian, etc.GALAMAR, s. m. Écritoire. VoyezCALAMAR.GALANCER (SE), v. pron. Terme des campagnards. Se balancer.GALANDAGE, s. m. Cloison hourdée, cloison faite de bois et de gypse.Ce n'est pas un mur, c'est un simple galandage. Deux coups de hache ont suffi pour enfoncer le galandage.Terme lyonnais. En Franche-Comté on dit:Galandure. Dans le canton de Vaud,un galandageest une cloison en briques.GALAVARDE, s. f. Petite fille qui aime à courir avec les garçons,ou qui en imite les manières.Faire la galavarde.Dans le midi de la France,galavardsignifie: Goulu, goinfre, gouliafre; dans le vieux français il signifie: Gros réjoui, homme sans souci, vaurien.GALAVARDER, v. n. Se dit des petites filles, et signifie: Garçonner, imiter les ébats des garçons, faire des jeux de garçons.GALÈRE, s. f. Tombereau dont se servent les maçons et qu'ils traînent eux-mêmes.Tirer la galère; transporter du mortier dans la galère.GALETAS, s. m. Ce mot ne signifie pas: Grenier; il signifie: 1oLogement pratiqué sous les combles; 2oLogement pauvre et mal en ordre. [Acad.]GALIAUFRE, subst. des 2 genres. Gouliafre, goinfre, glouton. En vieux français,galiofe.GALIAUFRER, v. n. S'empiffrer, bâfrer, manger avidement et malproprement.GALIET, s. m. Caille-lait, sorte de plante.GALIMAUFRÉE, s. f. Galimafrée, fricassée composée de restes de viandes.GALOP, s. m. Algarade, forte réprimande.Donner un galop; recevoir un galop; il a eu son galop.Français populaire.GAMBÉE, s. f.D'une gambée on le vit franchir le ruisseau.Nos campagnards disent:Une écambée. Faire une écambée. Dans le canton de Vaud,cambée; en Dauphiné,jambée. Le mot français est: «Enjambée.»GAMBER, v. a.Gamber un fossé.Le mot français est: Enjamber. Nos campagnards disent:Écamber. Écamber une gouille. Dans le canton de Vaud,camber. En vieux français,gambeoucambese disaient pour: «Jambe.»GAMBION, s. m. Celui qui est contrefait des jambes, celui qui boite en marchant; bancroche. On dit à Lyon:Gambille; dans le Jura, en Bourgogne et dans le Berry,gambi;en Picardie,gambète. Dans le dialecte provençal,bouès gambisignifie: «Bois tortu.»GAMBIROLET, ETTE, s. et adj. Bancroche, qui a les jambes arquées. En languedocien on dit:Gambèrlié.GANDIN, s. m. Tapage, grand tapage, scandale.Dis voir, Bosson, quel gandin il y a eu cette nuit dans la montée.GANDOISES, s. f. pl. Fariboles, sornettes, gravelures, fleurettes.Dire des gandoises; conter des gandoises.Terme suisse-roman, savoisien et méridional.GANDROUILLE, s. f. Personne malpropre; sale cuisinière. [P. G.]GANGALER, v. n. Trimbaler, balancer dans ses bras. [P. G.]GANGANER (SE), v. pron. Se suspendre, grimper pour atteindre à quelque chose.N'allez pas vous ganganer là-haut.GANGUILLER, v. n. Pendre, être pendu, se pendre. Se dit des personnes et des choses.Il faudra couper ces branches qui ganguillent. Une affreuse pannosse ganguillait à la croisée. Ne te ganguille pas à cette échelle, Pauline, tu pourrais tomber.GANGUILLES, s. f. pl. Guenilles ou lambeaux qui pendent.Une robe en ganguilles.† GANIF, s. m. Canif.Tout en flânant darnier le Rhône, je trouva un beau ganif à six lames.Terme suisse-roman, savoisien, franc-comtois, dauphinois, bordelais, parisien populaire et vieux français.GÂPÉE, s. f. Trotte, longue course.Faire une gâpée.† GÂPER, v. n. Faire une longue trotte, arpenter beaucoup de terrain.Nos gamins se dépêchèrent de voler des noix et gâpèrent à travers champs.Terme trivial.GÂPION ou GÂPIAN, s. m. Terme de dénigrement par lequel on désigne les Employés subalternes des douanes, de l'octroi et de la police.Il se prit de querelle avec les gâpions.Terme vaudois, savoisien, limousin, etc. En provençal et en languedocien:Gâbian.GARAUDE, s. f. Mauvaise poupée, et, figurément, femme ou fille de mœurs relâchées. Terme vaudois. En vieux français,carauldesignifie: Vieille sorcière. Dans le patois de l'Isère,garaudiéveut dire: Chenapan, maraud; dans le Berry,garaud, Celui qui ne marche pas d'aplomb.GARAUDER, v. a. Manier sans soin ou brusquement, maltraiter.Garauder une poupée. Ne lui donnez pas cet enfant à garauder.GARÇON, s. m.Le garçon à David s'est enrôlé. Notre garçon vient d'être placé dans la Fabrique.Dites: Le fils de David, etc.GARDE-PAILLE, s. m. Paillasse.Garnir un garde-paille.Terme suisse-roman, savoisien, parisien populaire, etc.† GARDE-ROBE (UN).Un petit garde-robe. Un mauvais garde-robe.Ce mot est féminin.GARDE-ROBE, s. f. Armoire.Garde-robe en noyer, garde-robe en sapin; les tablats d'une garde-robe.En Suisse, en Savoie, à Lyon, en Languedoc,garde-robese dit, comme chez nous, d'une armoire destinée à recevoir les habits, les hardes; mais ce sens n'est pas admis par le bon usage, ni par les dictionnaires. «Garde-robe» signifie: 1oLe cabinet destiné à renfermer des hardes; 2oTous les habits, toutes les hardes à l'usage d'une personne; 3oEtc. Voyez les dictionnaires.GARDE-VIGNE, s. m. Surveillant préposé aux vignes, durant l'époque des vendanges.GARDIATEUR, s. m. Gardien, la personne qui est chargée de garder une saisie. [P. G.]GARDIATURE, s. f. Garde, surveillance. [P. G.]GARGATAINE et GARGATE, s. f. Gosier, gorge, cou.Couper la gargataine. Cette soupe m'a brûlé la gargataine.Envieux français, et dans le dialecte parisien populaire, on dit:Gargate. En languedocien,s'engargaterveut dire: S'embarrasser le gosier en mangeant trop vite.GARGORISER (SE), v. pron. Se gargariser. Nous disons aussi:Se gargoliser.GARGORISME, s. m. Gargarisme.GARGOTER, v. n. Se dit d'un liquide qui bout fortement.Ton bouillon gargote, Tiennette.Se dit, par analogie, du bruit que fait à la surface de l'eau le souffle d'une personne qui est sous l'eau.Le jeune garçon tomba du bateau, et déjà il gargotait, lorsque... etc. Terme méridional.GARGOUILLE, s. f. Égout.Les gargouilles se trouvaient bouchées.«Gargouille» est français, mais dans une acception différente.GARGOUILLER, v. n. Grouiller.Le ventre me gargouille. Les boyaux lui gargouillaient.Français populaire.GARNEÇON, s. f. Terme de boucherie. Basse viande, réjouissance.Mon boucher croit-il bonnement que je me contenterai d'os et de garneçon?Dans le canton de Vaud et à Rumilly (Savoie), on dit:Garnison. Ce mot degarnisonvient degarnir(compléter), et notre mot degarneçonn'est vraisemblablement qu'une corruption de ce terme.GARNI EN.Une robe garnie en dentelle; une bague garnie en diamants, etc. Dans ces phrases et dans les phrases analogues, mettez la préposition «de,» et dites: Une robe garnieDEdentelle; une bague garnieDEdiamants.GARNIR, v. a.Garnir la salade.Expression méridionale.GARNISSAIRE, s. m. Écrivez avec un seuls, «Garnisaire.»GASEMATE, s. f. Écrivez et prononcez «Casemate.»GASPILLER, v. a. Voler, filouter.Prends-y garde, Madeleine: on nous gaspille.Expression dauphinoise, lorraine, etc. Dans la langue des dictionnaires, «Gaspiller» signifie: 1oGâter; 2oProdiguer, dissiper.GASTRIQUE, s. f. Gastrite. «Gastrique» est l'adjectif; «Gastrite» est le substantif.GÂTER (SE), v. pron. Se dit du temps et signifie: Se déranger, devenir mauvais.Le ciel se gâte; le temps se gâte, nous aurons de l'eau.Expression fort répandue, mais qui n'est pas consignée dans les dictionnaires.GATILLON, s. m. Détente d'un fusil, d'un pistolet, etc.Lâcher le gatillon.GATOLION, s. m. Grumeau, caillot.GATTANCE, s. f.Faire une gattance.Terme d'écolier. Faire l'école buissonnière, manquer la classe pour aller jouer.GATTELION, s. m. Fleur et fruit de la bardane.GATTER, v. n. Faire l'école buissonnière, manquer l'école pour aller jouer.La moitié des écoliers a gatté hier. Si tu gattes encore une fois, Jean-Louis, je te punis sans miséricorde.Terme consacré. Nous disons aussi à l'actif:Gatter l'école.GATTES (LES). L'école buissonnière.Faire les gattes.GAUDIR DE QUELQU'UN. Venir à bout de le dompter, se rendre maître de lui.J'ai beau être sévère avec tous ces jeunes garçons, je ne peux pas en gaudir.Le mot français correspondant, mais qui commence à vieillir, estchevir.GAUFRE (UN).Des gaufres plats.Solécisme fréquent dans la Suisse romane. On doit dire:Une gaufre; une gaufre plate.GAULÉE, s. f. Averse considérable.GAULER (SE), v. pron. Se crotter, se salir. Se dit principalement de la crotte qui s'attache au bas des robes.Être gaulésignifie: Être crotté.GAUME, s. m. Seau traversé par un long manche de bois, et servant à puiser de l'eau ou dulisier.GAUPE, s. f. Dans le dialecte de nos villageois, ce mot ne seprend point en mauvaise part. Ainsi, pour eux,une belle gaupeest une grosse femme ou une grosse fille, fraîche et attrayante. Dans le canton de Vaud,gaupese dit d'une femme grosse et robuste.GAZETTE, s. f.Lire la gazette, se dit d'un cheval ou d'une autre bête de somme, que son maître laisse exposée à l'injure du temps, pendant que lui se tranquillise au cabaret.Le maître fioûle sa bouteille, la jument lit la gazette.GAZOUILLON, s. m. Terme des campagnards. Margouillis. Se dit surtout du margouillis qui provient d'un mélange de neige fraîchement tombée et de pluie.GazouillonetMargouillissont des onomatopées.GÉANE, s. f. Géante.La merveilleuse géane étonna toute l'assemblée.Français populaire.GEL, s. m. Gelée. Le motgelmanque dans plusieurs dictionnaires et en particulier dans celui de l'Académie française. LeComplémentde ce même dictionnaire, et leDictionnaire nationalde Bescherelle [1846], disent quegel, dans le sens de «Gelée,» a vieilli. Nous pouvons affirmer que le motgel, signifiant: «Gelée,» est d'un emploi habituel chez nous et chez nos proches voisins.GELÉE AUX GROSEILLES, s. f. Dites: «GeléeDEgroseilles.» Dites aussi: GeléeDEpomme, geléeDEframboise, etc.GELER DE FROID. Geler.Faites-moi vite un grand feu, je gèle de froid.Français populaire.GELER (SE), v. pron. Geler.Je me gèle ici à vous attendre.Faute très-répandue. «Se geler» n'est français qu'en parlant des choses. «Le mercure peut se geler. Le nez de MmeZ*** se gela au passage du grand Saint-Bernard.»GEMOTTER, v. n. Signifie: 1oS'impatienter, pester; 2oLanguir, être languissant.La pauvre drôlesse, abandonnée de tout le monde, était là à gemotter dans son lit. Ranimezdonc ce feu qui ne fait que gemotter.Dans le patois vaudois,gemottaveut dire: Gémir, et dans le patois neuchâtelois,gemiller, s'impatienter. R.Gemo.GENDRE, s. m.Se faire gendre, signifie, dans son sens le plus large: Se procurer, par un riche mariage, une position douce, confortable, oisive, à laquelle on ne serait jamais arrivé d'une autre manière. Dans un sens plus restreint,se faire gendrese dit facétieusement et dérisoirement d'un jeune homme duhaut, qui, ayant une fortune exiguë, des habitudes un peu dispendieuses et un extérieur agréable, choisit pour femme une riche héritière dans la classe bourgeoise. Cette expression originale,se faire gendre, a été créée ou mise en circulation par un charmant article du journal de MrPetit-Senn. [Voyezle Fantasquede 1835, no81, p. 322, et laRevue suisse de 1850, livraison du mois de mai, p. 328.]GENÈVRE, s. m.Des grains de genèvre.Ce terme nous vient du vieux français. Au commencement du dix-huitième siècle, on disait encore indifféremmentgenèvreetgenièvre. «Genièvre» a prévalu.GENILLÉ, s. m. Nous appelonsgoût de genillé, un mauvais goût que contractent les volailles qui ont été nourries dans un poulailler petit et malpropre.Genillerveut dire «Poulailler» dans le dialecte du Berry.Djeneuille, dans le patois vaudois, signifie: Poule. Par métathèse, c'est-à-dire par transposition de lettres, ces mots viennent du mot latingallina, poule.GENOU, s. m. Nous disons d'un couteau qui coupe mal:Il coupe comme les genoux d'une vieille femme, comme les genoux de ma grand'mère. Expression triviale, consignée dans leDictionnaire du Bas langage, t. II, p. 10.GERLE, s. f. Corbeille ronde et peu profonde, destinée à recevoir le légume qu'on porte au marché. En Dauphiné,gerlesignifie: Jarre, grand vase de terre. En languedocien, unegerleest un baquet, un grand seau. VoyezJARLOT.GÉROFLÉE, s. f.Géroflée blanche. Bouquet de géroflées.Terme français populaire. On doit dire: «Giroflée.»GÉROLE, s. f. Chervis, racine potagère. Dans quelques provinces de France, on dit:Gyrole.GESSION, s. f.On vient d'ôter à ce jeune dissipateur la gession de sa fortune.Terme parisien populaire, etc. On doit écrire «Gestion» et prononcergess-tion.GICLÉE ou JICLÉE, s. f. Signifie: 1oJaillissement, liquide qui jaillit; 2oÉclaboussure, flaquée.En deux ou trois giclées, on se rendit maître du feu. Une giclée de mortier suffira contre ce mur.Dans le Jura,gicle, s. f., se dit d'une petite seringue de sureau, avec laquelle les polissons s'évertuent à arroser les passants. [VoyezMonnier,Vocabulaire du Jura.]GICLER ou JICLER, v. n. et a. Signifie: 1oJaillir, saillir, sortir impétueusement; 2oFaire jaillir, jeter de l'eau.Faire gicler de l'eau; faire gicler de la boue. Finis-donc, André, tu me gicles.Terme suisse-roman, savoisien, franc-comtois et lyonnais. En provençal et en languedocien:Jhiscla. Onomatopée remarquable. Dans le patois bourguignon,chicclaisignifie: «Faire jaillir,» etchicclese dit d'une «Canonnière» ou seringue de bois dont s'amusent les enfants pour jeter de l'eau. [Voyez lesNoëls bourguignonsdeLa Monnoye.]GIFFLARD, DE, s. Joufflu, mouflard, qui a le visage bouffi et rebondi.Un gros gifflard.On disait en vieux français:Giffard, giffarde, terme formé degiffeougiffle, joue.GIFLÉE, s. f. Giffle, mornifle, taloche.GIGASSE, s. f. Se dit d'une personne démesurément grande et un peu dégingandée.GIGIER, s. m. Gésier, second ventricule de certains oiseaux.Ne jetez pas ces gigiers, ils serviront pour le bouillon.Terme généralement usité en Suisse et en France, mais que les dictionnaires n'ont pas recueilli. Nous disons aussi:Gisier.GIGNER, v. a. Guigner, regarder du coin de l'œil.GIGOT DE MOUTON, s. m. Dites simplement: «Gigot,» puisque «gigot» signifie: Cuisse de mouton séparée du corps de l'animal pour être mangée. [Acad.]GIGUE, s. f. Se dit d'une personne dont la taille est grande et toute d'une venue.Vois-tu là-bas cette grande gigue, cette perche?En Normandie, unegigueest une jeune fille qui a de grandes jambes. En français, «Gigue» veut dire: Jambe; et «Giguer,» aller vite, courir, sauter, danser.GILLOTIN, s. m. (llmouillés.) Pantin, jeune garçon qui est toujours en mouvement, et qui cherche à divertir par ses perpétuelles pasquinades.Faire le gillotin.GILLOTINER, v. n. Faire legillotin.GINGEOLET, ETTE, adj. Ginguet, court, étriqué.Habit gingeolet.GINGUER ou JINGUER, v. n. Jouer, rire, sauter, folâtrer.Elle est toujours à ginguer.Terme limousin, normand et vieux français. En Picardie on dit:Jingler.GIRADE, s. f. Girarde ou julienne, fleur.GIRANIUM, s. m. Écrivez «Géranium» et prononcezgéraniome. Prononcez aussialbome,peinsomeetlaudanomeles mots Album, Pensum et Laudanum.GIRAUD, nom propre. Nous disons proverbialement et facétieusement à une personne qui nous fait une demande inadmissible, à une personne qui porte très-haut ses prétentions et dont l'attente sera trompée:As-tu connu Giraud?... Eh bien, torche Miraud; ou plus laconiquement:As-tu connu Giraud?c'est-à-dire: Bernicle; à d'autres; adresse ta demande à un autre.Tu voudrais que je te prêtasse encorecinquante francs? As-tu connu Giraud? Quoi! ton vilain cousin se flatte d'épouser cette jeune et jolie Anna!... As-tu connu Giraud?GISIER, s. m. VoyezGIGIER.GISPINER, v. a. Expression adoucissante, pour signifier: Filouter, attraper, enlever habilement et sans scrupule, comme le font quelquefois des amis entre eux.Ce joli volume était à sa potte: il me l'a tout bonnement gispiné.En Lorraine on dit:Gaspinerougabsiner, et à Valenciennes,gobsiner.GIVRÉ, ÉE, part. et adj. Couvert de givre.C'est givré; c'est tout givré. Il a beaucoup givré cette nuit.Terme des campagnards.GLACE, s. f. Ne dites pas: «Manger une glace.» Dites: «Prendre une glace, prendre des glaces.»GLACE, s. f.Être froid comme la glace; être uni comme la glace.Retranchez l'article et dites: Être froid comme glace; être uni comme glace.GLACER UN PLAFOND. Terme de plâtrier. L'expression française est: Enduire un plafond.GLAFFER ou GLLAFFER, v. a. (llmouillés.) Terme des campagnards. Manger gloutonnement quelque chose qui croque sous la dent. On le dit des pourceaux et de ceux qui, de près ou de loin, leur ressemblent. Ce motgllafer, quand on le prononce comme il faut, imite parfaitement la chose qu'il doit peindre.GLAÎNE ou GLÈNE, s. f.Faire glaîne, terme d'écolier, signifie: Faire rafle, prendre à l'improviste les jouets, et surtout lesmâpisdes joueurs.Ce polisson, ce voleur s'approcha doucement du carré et nous fit glaîne.VoyezGLENNE, no1.GLAPPE, s. f. Signifie: 1oTerre glaise; 2oPisé. [P. G.]GLAIRE, s. m.Le glaire d'un œuf.«Glaire» est féminin.GLÉNER ou GLAÎNER, v. a. et n. Glaner, ramasser les épis après la moisson. Terme français populaire et vieux français.GLÉNEUR, GLÉNEUSE, s. Glaneur, glaneuse.GLENNE, s. f. Glane, produit du glanage, glanure.Un bandit lui enleva toutes ses glennes.Terme français populaire et vieux français.GLENNE, s. f. Sorte de renoncule des champs.GLIN-GLIN, s. m. Terme enfantin. Le petit doigt.Il a bobo à son glin-glin.Cette expression, usitée aussi dans les cantons voisins, vient probablement des mots allemandsklein, klein, qui signifient: Petit, petit.GLISSE, s. f. Terme de pâtissier. Cressin, sorte de petit pain long, qui est fort léger à l'estomac.GLISSE, s. f. Glissoire, chemin frayé sur la glace pour y glisser par divertissement.Faire une bonne glisse, faire une longue glisse. Gare, gare, sur la glisse!Terme suisse-roman et savoisien. On dit à Lyon:Une glissière; en Lorraine,un glissant; à Paris,une glissade.GLISSER, v. neutre.La rue du Perron glisse souvent en hiver.Dites: La rue du Perron est souvent glissante en hiver; ou dites: On glisse souvent en hiver dans la rue du Perron.GLISSER (SE), v. pron. Glisser, s'amuser à glisser.Les fossés sont gelés: allons nous y glisser tous ensemble.Il faut dire: «Allons y glisser tous ensemble.»GLOPET, s. m. Sieste, méridienne. VoyezCLOPET.GLU, s. masc.Du bon glu.Solécisme répandu aussi dans le reste de la Suisse romane, en Savoie, en Dauphiné, en Franche-Comté, en Lorraine et ailleurs.GNIABLE, s. m. Sobriquet qu'on donne aux cordonniers.GNIANIOU, s. m. VoyezNIANIOU.GNIFFE-GNIAFFE, s. m. Ce terme fort expressif signifie:1oNigaud, niais, benêt; 2oFlasque, lâche, mou et sans ressort. En Picardie on dit:Gniouffe.GOBE-LA LUNE, s. m. Gobe-mouche, niais, grand niais qui marche la tête levée comme s'il regardait lalune. Dans le patois du bas Limousin,gobo-lunose dit de celui qui s'occupe niaisement de bagatelles. [VoyezBéronie,Dictionnaire du patois du bas Limousin.]GOBERGER (SE), v. pron. Faire grande chère, bâfrer, faire bombance, se régaler.Nos quatre amis allèrent à une auberge de Coppet, où ils demandèrent des feras et des volailles, dont ils se gobergèrent. Voyez donc comme ces enfants se gobergent et s'empiffrent de raisins et de noix!En français, «Se goberger» signifie: Prendre ses aises, se dorloter, se divertir.GODAILLE, s. f. Débauche de bouche, bâfre, grande ribote.Faire une godaille. Ce fut une godaille complète, une godaille de mâlevie.Le dictionnaire de l'Académie ne fait pas mention de ce terme; et, selon les dictionnaires de Boiste, de Landais et de Bescherelle,godaillesignifie: 1oIvrognerie; 2oMauvais vin. Ce n'est point là le sens que nous lui donnons à Genève; ce n'est pas non plus le sens qu'il a dans le langage français populaire. [Voyez leDictionnaire du Bas langage, t. II, p. 17, et leDictionnaire rouchi-français, aux motsgodaïeretgodalier.]GODAILLER, v. n. Faire une grande ribote, une bâfre, unegodaille. Dans les dictionnaires ce verbe a un autre sens.GODAILLEUR, s. m. Riboteur, bambocheur, bâfreur.Un tas de godailleurs.Ce mot et les deux précédents sont probablement originaires du nord de la France, où le motgodalesignifie: «Bière, petite bière.»GODICHE, s. et adj. Plaisant, risible.Être godiche, être plaisamment bête.Tu es godiche, toi! Voilà qui est vraiment godiche.Terme parisien populaire recueilli par MM. Noël etChapsal. Les autres dictionnaires donnent à ce mot le sens de: «Gauche, emprunté, maladroit.»GODICHON, s. m. Diminutif degodiche.GODRON, s. m. Goudron. GODRONNER, v. a. Goudronner. Les motsgodronetgodronnerappartenaient encore à la langue des dictionnaires, il y a un siècle.GOFFETTE, adj. fém. Nous appelonsmains goffettes, des mains grassettes, des mains potelées.GOGNE, s. f. Courage, cœur, hardiesse, capacité.Avoir la gogne, oser.Aurais-tu la gogne de sauter ce ruisseau? Non, tu n'en as pas la gogne; tu n'as point de gogne.GOGNE, s. f. Rebut, lie, crasse, crapule. Se dit des personnes et des choses.Quelle gogne de bâton tu as là! Dis donc, Jacques, et ce bal d'hier! Quel bal! Quelle gogne! Qu'as tu donc appris sur le compte de Robillard?—J'ai appris que c'est une gogne.—Et sa famille?—Sa famille? C'est tout de la gogne. Tomber dans la gogne, veut dire: Tomber dans la crapule. Terme vaudois. Chez nos voisins du Jura,gonese dit d'une femme méprisable. [VoyezC. Monnier,Vocabulaire du Jura.]GÔGNES, s. f. pl. Compliments, cérémonies.Faire des gôgnes.GOGNEUX, EUSE, adj. et s. Crasseux, dégoûtant, repoussant, crapuleux. Se dit des personnes et des choses.Un chapeau gogneux. Une tournure gogneuse; un air gogneux. Tu te promenais hier avec deux individus bien gogneux.Dans le bas limousin,gognou, et en vieux français,gognon, signifient: Pourceau, cochon, et se disent de toute personne sale et malpropre.Gognounà, faire grossièrement et salement un ouvrage.GOGUINETTE, s. f. Propos gaillard, parole un peu libre.Dire la goguinette. Dire une goguinette; dire des goguinettes.En Lorraine,goguenettessignifie: Propos joyeux. En vieux français,goguer, v. n., veut dire: «Plaisanter.»GOISE ou GOËZE, s. f. Serpe, grosse serpe. En Franche-Comté on dit:Goisseetgouisse.GOISET, GOAZET, ou GOINZET, s. m. Serpette. Se dit aussi d'un couteau et principalement d'un mauvais couteau.GOLÉE, s. f. Gorgée.Avales-en une seule golée. J'ai bu deux petites golées de ton sirop, et j'en ai eu assez.En Picardie on dit:Goulée. «Goulée» est un mot français; mais il signifie: «Grande bouchée.»GOLÉRON ou GOLAIRON, s. m. Ouverture, trou.Le goléron d'une nasse.Dans l'ancienne langue provençale,golairossignifiait: «Gosier.»GOLET, s. m., et GOLETTE, s. f. Goulot, trou, orifice.Le golet d'une bouteille.Terme jurassien et savoisien. Dans notre patois ces mots ont une signification plus étendue.GONFLE, s. f. Signifie: 1oVessie des quadrupèdes; 2oPetite ampoule sur la peau, cloche, élevure; 3oBulle de savon.Sa brûlure lui a fait lever des gonfles. Percer une gonfle. Se soutenir sur l'eau avec des gonfles.Terme suisse-roman et savoisien.GONFLE, adj. Gonflé.Il a tant marché aujourd'hui, qu'il en a les pieds gonfles.Terme français populaire. A Lyon on écrit et on prononceconfle.GONGON, s. des 2 genres. Grognon, celui ou celle qui bougonne, qui grogne.Cette gongon finira-t-elle une fois de nous ennuyer? Le mari et la femme sont aussi gongons l'un que l'autre.GONGONNER, v. a. Bougonner, marmonner, se fâcher, gronder.Notre vieux raufin ne s'arrête pas de gongonner. Il gongonne ses enfants, il gongonne sa servante, il gongonne tout le monde.Terme suisse-roman, savoisien et lyonnais.GONVÉ, s. m.Une odeur de gonvé, est une odeur de renfermé, une odeur de linge sale et gras.Votre Baby Chailloux sentait terriblement le gonvé.GONVER, v. a. et n. Couver.L'incendie éclata le matin; mais le feu avait gonvé toute la nuit. Ne crois-tu pas, femme, que notre Françoise gonve une maladie?—Je crois qu'elle gonve la rougeole. Ta seille, Madelon, est égrillée: il faut la faire gonver(c'est-à-dire: Gonfler dans l'eau). Terme connu dans le canton de Vaud. En Franche-Comté on dit:Gouver.GONVIÈRE, s. f. Signifie: 1oFondrière, creux plein de boue; 2oTas de neige amoncelé par le vent.GOTRET, s. m. Terme de boucherie. Ris de veau.GOTTE, s. f. Mauvais ouvrage, mauvaise marchandise, chose de nulle valeur, et dont on ne fait aucun cas.GOUAILLER, v. n. Crier. VoyezCOUAILLER.GOUGNAUD, AUDE, s. et adj. Se dit d'une personne ou d'une chose de rebut.Quel gougnaud de chapeau tu as là! Notre nouvelle voisine N** est une gougnaude; elle s'habille comme une gougnaude.GOUGNAUDER, v. a. Manier maladroitement, gâter en maniant, déformer, froisser, chiffonner.GOUGNAUDS ou GOUGNEAUX, s. m. pl. Vieux chiffons, mauvais linge, vieilles nippes, et, en général, objets vieux et sans valeur.GOUILLARD, ARDE, s. et adj. VoyezGOULIARD.GOUILLE, s. f. Petite mare, endroit où la boue séjourne, flaque.Marcher dans la gouille; tomber dans la gouille.Terme suisse-roman, savoisien, dauphinois et franc-comtois. Dans le bas Limousin on dit:Ga-oullio, et dans le Berry,gouillat.GOUJATER, v. a. et n. Travailler comme un goujat. Prendre des manières de goujat.Un ouvrage goujatéest un ouvrage bousillé, un ouvrage fait vite et sans soin.GOULIAFE, s. m. Glouton malpropre. A Paris on dit:Gouliafre; dans le vieux français et en Picardie,goulafre.GOULIARD, ARDE, s. et adj. Gourmet, friand.Oh! la gouliarde, qui trempe son doigt dans le sirop! Ces petits gouliards eurent fripé en un clin d'œil tous les bonbons.Terme vaudois, savoisien et vieux français. Dans le Limousin, en Normandie et sans doute ailleurs,goulardsignifie: Goulu, gourmand.GOULIARDISE, s. f. Friandise.Comment, Élisa! du beurre et de la confiture sur ton pain? quelle gouliardise! Tu n'aimes que les gouliardises, Georgette, et tu vivrais de gouliardises.En vieux français on disait:Goulardiseetgouillardise. R.gula.GOURLLE, s. f. (llmouillés.) Cep de vigne arraché. Dans le canton de Vaud on dit:Gourgne.GOURMANDISE (UNE).Un plat de gourmandises. Si vous êtes sages, vous aurez chacun pour votre goûter une petite gourmandise.Cette expression, fort usitée en Suisse et en Savoie, n'est pas inconnue en France, quoique les dictionnaires ne l'aient pas relevée. «Je t'avais préparé lesgourmandisesque tu aimes,» dit feu MrDe Balzac, dans un de ses romans. L'expression française consacrée est: «Friandise.» Un plat de friandises.GOURMANDS (POIS). Pois goulus, pois dont la cosse est tendre et se mange.GOURME, s. m.Jeter son gourme.Ce mot est féminin.GOÛTER SOUPATOIRE, s. m. Goûter qui tient lieu de souper.GOUTTE AU NEZ, s. f. Expression méridionale, etc. Les dictionnaires disent: «Roupie.»GOUTTIÈRE, s. f. Voie d'eau, fente, trou, ouverture à un toit par où l'eau de la pluie pénètre et coule en dedans.L'orage souleva les tuiles et occasionna une gouttière. Le plafond, qui était tout neuf, fut entièrement taché par les gouttières.Terme suisse-roman, méridional, etc. On appelleen français Gouttière: 1oLe chéneau qui reçoit et recueille les eaux de la pluie; 2oLe tuyau de descente.GOYARDE, s. f. Serpe. Dans le Berry on dit:Goyard.GRABEAU, s. m. Mercuriale, censure.Bon grabeau, mauvais grabeau. Faire le grabeau des étudiants. Être soumis au grabeau; recevoir son grabeau.On lit dans notre Constitution de 1814: «Les membres du Conseil d'État qui ne sont point sujets augrabeau, n'y assisteront pas.» Terme vaudois et neuchâtelois.GRABELER, v. a. Faire legrabeau. «La Compagnie des Pasteurs élira chacun de ses membres; ellese grabellera elle-même.» [Constitution de 1814.] «Tous les Conseillers d'État qui ne sont ni Syndics, ni Lieutenant, ni Syndics sortant de charge, ni Trésorier, ni membres du Tribunal civil et de la Cour suprême,seront grabelésun à un à la balotte.» [Ibid.] Le motgrabeler, en vieux français, signifiait: Examiner, éplucher, débattre, choisir.GRABOT, s. m. VoyezGRABEAU.GRABOTER, v. a. Se dit quelquefois pourgrabeler.GRADUATION, s. f. Dans le langage académique on appelleExamen de graduation, un examen à la suite duquel l'étudiant reçoit le grade de bachelier, ou celui de licencié, ou celui de docteur.GRAIFION, s. m. VoyezGREFFION.GRAILET, s. m. Plat d'étain donné pour prix dans les tirs.GRAILETTE ou GREULETTE, s. f. Sorte de terrine, sorte de casserole à trois pieds, laquelle sert à réchauffer les ragoûts.GRAILLON, s. m. Ce mot est français; mais à Genève il se dit, entre autres: 1oD'un mets quelconque (viande, poisson, légume, lait, etc.) qui, réchauffé, a contracté une mauvaise odeur, un mauvais goût. Il se dit: 2oDes tabliers, torchons, mauvais linges, etc., dont la cuisinière s'est servie.En français: Goût de graillon, odeur de graillon, signifient: «Goût, odeur de viande ou de graisse brûlée.» [Acad.]GRAIN DE SEL, s. m. Quand les jeunes enfants voient voltiger près d'eux un oiseau, et qu'ils demandent comment il faut s'y prendre pour l'attraper, on leur répond que l'infaillible moyen est de leur mettre un grain de sel sur la queue. De là a pris naissance notre expression figurée:Mettre un grain de sel sur la queue de quelqu'un; c'est-à-dire: «Faire d'inutiles efforts pour le capter et pour l'attirer dans le filet.»GRAIN DE SUCRE, s. m. Morceau de sucre.Fais attention, Caroline, tu coupes les grains de sucre trop gros.GRAINGE, adj. VoyezGRINGE.GRAISSE, s. f. Réprimande, semonce sévère.Donner une graisse; recevoir une graisse. Tu as eu ta graisse.Terme français populaire.GRAISSE DE CHAR, s. f. Vieux oing, cambouis.GRAISSE-MOLLE, s. f. Saindoux, graisse de porc. En Dauphiné, en Provence et en Languedoc, on dit:Graisse blanche; à Bordeaux,graisse douce.GRAMON, s. m. Gramen, chien-dent, plante dont les racines sont d'un grand usage pour les tisanes apéritives.Boire sur le gramon.En Dauphiné, on dit:Grame.GRAND, adj. Les expressions suivantes:Ce n'est pas grand chose; j'ai eu grand peine; voici la grand route, etc., sont des expressions correctes, mais étranges, et qui nous viennent du vieux français. Au treizième siècle,grandougrantétait un adjectif des deux genres.GRAND, s. f. Terme des campagnards. Grand'mère.Dis-moi, Colette, comment se porte ta grand? Pauvre Monsieur, cette bonne grand, nous l'avons perdue il y a huit jours.GRANDE-MAISON (LA). Terme adoucissant, euphémismepour dire: L'hôpital, la maison de charité.Jamais, non jamais, Monsieur le Directeur, je ne consentirai à entrer dans la Grande-maison.GRANDET, ETTE, adj. Grandelet.Notre Stéphanie est déjà grandette.Terme excellent, employé dans tout le Midi et sans doute ailleurs.GRAND-LOUIS ou GRAND-SIFFLET, s. m. Courlis ou courlieu cendré, oiseau aquatique.GRANGER, s. m. Métayer, fermier partiaire, fermier qui partage le produit des champs avec le propriétaire. Ce terme, si connu dans la Suisse romane, en Savoie et en Franche-Comté, n'a été recueilli ni par le dictionnaire de l'Académie, ni par M. Poitevin, le plus récent des lexicographes, ni par Gattel, ni par M. Bescherelle; mais Boiste et N. Landais l'ont mentionné.GRANGERIE, s. f. Grangeage.Mettre un domaine en grangerie, ouà grangerie, c'est: En confier l'exploitation à ungranger. Voyez ce mot. Le motgrangerie, très-usité chez nous, n'a été enregistré que par un seul dictionnaire moderne, leComplémentde l'Académie.GRATON, s. m. Aspérité sur le papier, sur le terrain, etc.Sa boule rencontra un graton.GRATTE-À-CUL, s. m. Gratte-cul, fruit de l'églantier.GRATTE-BOISSEUSE ou GRATTE-BOESSEUSE, s. f. Polisseuse de boîtes de montres. Boesse ou gratte-boesse se disent d'une sorte d'outil de ciseleur.GRATTE-LOTON, s. m. Sobriquet qu'on donne aux ouvriers horlogers. VoyezLOTON.GRATTER, v. a.Gratter la rogne à quelqu'un, signifie: Le flatter pour en obtenir une faveur, le cajoler, le flagorner dans des vues intéressées.Il s'aperçut enfin que sa nièce lui grattait la rogne, et qu'elle en voulait, par-dessus tout, à l'héritage.Expression triviale. Dans le français populaire,on dit en ce même sens: «Gratter l'oreille,» ou «gratter l'épaule à quelqu'un.» [Voyez leDictionnaire du Bas langage, t. II.]GRATUISE, s. f. Râpe de fer-blanc, ustensile de cuisine. En Dauphiné et en Languedoc, on dit:Gratuse; dans le patois provençal,gratuè. En vieux français,gratusersignifie: Râper.GRAVANCHE, s. f. Sorte deférâ. Voyez ce mot.† GRAVATE, s. f. Cravate.Dis voir, femme, fadrait-il pas mettre une gravate à notre petit, qui a un commencement de rouche?Terme suisse-roman, savoisien, franc-comtois et méridional.GRAVE, s. f. Grève, endroit au bord d'une rivière couvert de gravier. Terme dauphinois et vieux français.GRAVELAGE, s. m. Action degraveler.GRAVELER, v. a. Couvrir de gravier.Graveler les allées d'un jardin; graveler une promenade.Terme indispensable, et qu'on cherche vainement dans les dictionnaires. En Languedoc on dit:Agraver.GRAVELLE, s. f. Maladie des moutons, clavelée.GREBATTER, v. a. Rouler.Se grebatter, se rouler. Expressions très-familières aux campagnards.GRÈBE (UNE). Sorte d'oiseau plongeur. Dites au masculin: Un grèbe. Grèbe cornu, grèbe huppé.GRÈBION, s. m. Grèbe esclavon, grèbe oreillard.GREBOLER, v. n. Grelotter, trembler de froid.Je le trouvai tout greulant, tout grebolant.En Savoie on dit:Grevoler; dans le patois dauphinois,gromolà.GREDON ou GREUDON, s. m. Guenilles, vieilleries, objets de rebut.GREGNOLU, UE, adj. Qui a beaucoup de nœuds.Bois gregnolu.Terme des campagnards.GREIFION, s. m. Gros bigarreau.Une livre de greifions.Terme suisse-roman, savoisien et jurassien. En provençal, en piémontais et en vieux français, on dit:Graffion; dans le Languedoc,agrefion.GREINGE, adj. VoyezGRINGE.GRELON, s. m. Écrivez et prononcez «Grêlon.»GREMILLETTE, s. f. (llmouillés.) Lézard gris, lézard de murailles. [P. G.] Dans le patois de Rolle (canton de Vaud) on dit:Gremeillette.GREMOLLION ou GREMAILLON, s. m. Grumeau, portion durcie d'un liquide.La soupe s'était mise en gremollions. Notre pauvre Estelle vomissait des gremollions de sang.Terme connu aussi chez nos voisins du canton de Vaud. Dans le Berry et en Lorraine on dit:Gremillion.GRENÉ, ÉE, adj.Épi grené.Terme méridional et vieux français. Dites: «Épi grenu.» Le verbe «grener» est français.GRENETTE, s. f. Ce mot signifiait jadis: Marché aux grains; et c'est le nom que porte encore aujourd'hui notre halle au blé. Terme vaudois, savoisien, etc.GRENETTE, s. f. Semen contra, poudre contre les vers, barbotine.GRENIER À LESSIVE, s. m. Séchoir, sécherie, étendage.GRENOUILLE, s. f. (fig.) Sorte de petit instrument formé d'une tête de bouteille recouverte d'un morceau de parchemin traversé par du crin. En le faisant tourner comme une crécelle, il imite assez bien le cri desgrenouilles, quand elles commencent à crier au printemps. [P. G.]GRÈSE, adj. fém. VoyezGRÈZE.GRÉSILLER, v. neutre. Croquer sous la dent, comme le pain lorsqu'il s'y est mêlé du sable ou du menu gravier. En Languedoc on dit:Gréziner.GREUBE, s. f. Tuf, terre sèche et dure qui sert à écurer, à nettoyer les ustensiles de cuisine, les tablettes de sapin, etc.Patte à greube.Terme suisse-roman et savoisien. Le vendeur de greube s'appelle, dans notre patois:Le greubi.GREUBIÈRE, s. f. Carrière d'où l'on tire lagreube.GREUBONS, s. m. pl. Peau croustillante qui reste quand on vient de fondre du lard.Un plat de greubons.A Neuchâtel et dans quelques parties du canton de Vaud, on dit:Grabon; dans l'allemand-suisse,Grieben.GREUGER, v. a. Gruger, friper, dissiper en folles dépenses.Il avait hérité trois mille francs: c'est tout greugé.En vieux français,gréugesignifie: Perte, dommage.GREULER, v. actif. Secouer un arbre pour en faire tomber les fruits.Greuler un cerisier, greuler un pommier.En Savoie on dit:Creuler; en Franche-Comté,crôler; en vieux français,crosleretcrouller. Figurément et familièrement,creulers'emploie dans le sens de: Questionner quelqu'un, lui arracher des nouvelles, le forcer, de façon ou d'autre, à dire ce qu'il sait et qu'il se soucie peu ou point de raconter.Nous l'avons tant pressé, nous l'avons tant greulé, qu'il a fini par nous débiter tout le journal.Voyez le mot suivant.GREULER, v. neutre. Grelotter, trembler de froid ou de peur.Ce pauvre diable, blotti dans un fossé, greulait comme la feuille du tremble.Terme suisse-roman, qu'on retrouve tel quel dans le patois lorrain. Dans le Jura on dit:Grouller; en Bourgogne et en vieux français,gruler. Nous disons à l'actif:Greuler la fièvre, pour: Trembler la fièvre, avoir le tremblement qui résulte de la fièvre. Nos campagnards disent en ce même sens ou sens analogue:Greuler le marmot.GREULETTE ou GREULAISON, s. f. Frisson, tremblement que donne la fièvre ou la peur.Avoir la greulette; avoir la greulaison.Cette dernière expression est surtout familière aux campagnards.GREULETTE, s. f. Sorte de terrine appelée aussi:Grailette.GRÉVÉ, VÉE, adj. et part.Un fonds grévé; un domaine grévé d'hypothèques.On doit écrire et prononcer «Grever,» sans accent sur l'e.GREVURE, s. f. Blessure. Ce terme vieillit.GRÈZE ou GRÈSE, adj. f.Soie grèze.Soie qui est tirée de dessus le coton. Terme lyonnais. Dites: «Soie grége.»GRIBICHE, s. f. Signifie: 1oFemme ou fille maligne, méchante, pie-grièche; 2oEt plus souvent, Fille ou femme de mœurs dissolues. En Normandie,gribichese dit d'une vieille femme méchante dont on fait peur aux enfants.GRIE, s. f. Plâtre gris, gypse. Terme de nos campagnards et de ceux du canton de Vaud. Il existe à Bernex une ancienne carrière degrie, qui a fait donner le nom degrisseaux terrains environnants.GRIFFÉE, s. f. Griffade, coup de griffe.GRILLE, s. f. Cheville du pied.S'écorcher la grille.Terme suisse-roman, savoisien et franc-comtois.GRILLER, v. a. Rôtir.Griller du café; griller des châtaignes; griller des glands.Terme savoisien. En français «Griller» signifie: Rôtir sur le gril. «J'avais couché mes pincettes sur la braise pour faire griller mon pain.» [Xav.De Maistre,Voyage autour de ma chambre, ch. VIII.]GRILLET, s. m. (llmouillés.) Sorte d'insecte.Le cri des grillets. Un trou de grillet.Terme suisse-roman, savoisien, lyonnais, franc-comtois et méridional. En Poitou et dans le Berry on dit:Grelet; en limousin et en vieux français,gril. Les dictionnaires et le bon usage veulent qu'on dise: «Grillon.» R. lat.gryllus.GRILLOIRE, s. f. Sorte de petite casserole à manche, surmontée d'un couvercle, et qui sert à rôtir le café. Dans le canton de Vaud on dit:Un grilloir. Le grilloir à café.GRILLOIRE, s. f. (fig.) Endroit où la chaleur est insupportable; endroit où l'on grille.Ce cabinet au midi est une grilloire pendant l'été.GRILLOTTER, v. actif. Griller, frire.GRIMPER, v. n. Dans notre langage énergique,faire grimper les murs à quelqu'un, signifie: L'impatienter outre mesure, le vexer, le dépiter à l'excès. Les dictionnaires disent en ce même sens: «Faire sauter quelqu'un au plancher, le faire sauter aux nues.» On dit en Languedoc:Faire monter quelqu'un au ciel sans échelle.GRIMPION, s. m. Grimpereau, oiseau bien connu. Au sens figuré, nous appelonsgrimpion, grimpionne, celui ou celle qui cherche par des politesses, par des avances répétées, par des flatteries, à s'introduire, à se glisser dans une société plus élevée, plus haut placée que la sienne. De là ont pris naissance les phrases suivantes familières:C'est un grimpion; il fait le grimpion; elle fait la grimpionne. Ces jeunes époux veulent grimper. Les grimpions doivent éprouver quelquefois de fameux déboires.GRIMPIONNER, v. n. Faire legrimpion, faire lagrimpionne.Tu ne t'aperçois pas que cette jeune femme veut absolument grimpionner.GRINGALET, ETTE, adj. Faible, chétif.Cheval gringalet; veau gringalet. Ton beau-frère est bien gringalet, etc. LeComplémentdu dictionnaire de l'Académie, et le dictionnaire de M. Bescherelle ne présentent ce mot que comme substantif, et ne l'emploient qu'en parlant de l'homme. Nous l'employons très-souvent comme adjectif, et nous lui donnons des sens fort étendus.GRINGE, adj. Triste, ennuyé, chagrin, de mauvaise humeur, maussade, malingre.Rosalie est toute gringe aujourd'hui, et je crains qu'elle ne soit malade. Qu'avez-vous donc, Monsieur le notaire? Vous paraissez sombre et préoccupé?—Eneffet, je suis gringe. J'attendais mes enfants par le bateau à vapeur, et voilà le bateau qui arrive sans eux.Terme suisse-roman. Dans le patois de l'évêché de Bâle, on dit:Graigne; en Franche-Comté,grigne, et en Bourgogne,greigne; dans le Berry,grignaut; dans le patois rouchi,engraigné. Tous ces mots, qui sont fort usités, n'ont point de correspondants exacts en français. Dans le dialecte normand,grignersignifie: «Être maussade.» En Picardie,grigneuxetgrignardveulent dire: Pleurnicheur.GRINGERIE, s. f. Mauvaise humeur, malingrerie.Après une pareille mésaventure, un peu de gringerie est bien permis.GRIOTTE, s. f. En français, ce mot désigne une espèce de cerise grosse et noirâtre, plus douce que les autres. En Suisse, au contraire, nous appelonsgriotteune cerise acide.GRIPPÉ, ÉE, adj. Atteint de la grippe.Toute la famille est grippée.Ce mot, si connu en Suisse et en France, n'est dans aucun dictionnaire usuel.GRISAILLE, s. f. Ribotte, excès de table, excès de boisson. [P. G.]GRISE, s. fém. Tour malin, malice, espièglerie.En faire des grises, en faire voir de grises, signifie: Jouer des tours, faire des malices, attraper, tourmenter.Voilà un bambin qui en fera voir de grises à son père et à sa mère. Vous m'en faites des grises, malins enfants que vous êtes.Locution dauphinoise, limousine, etc.GRISPER et GRISPOUILLER, v. a. Crisper, agacer, impatienter.Cela me grispouille, c'est-à-dire: Cela me tarabuste.GRISPILLE, s. f. Sorte de jeu ou d'amusement, appelé aussitire-poils, et en français: La gribouillette. [P. G.]À la grispille, locution adverbiale, signifie: Au pillage.Tout était à la grispille dans cette maison.GRISPILLER, v. a. Voler, filouter, friponner.GRISSE ou GRITZE, s. m. Gruau d'avoine ou d'orge. Ce terme, usité dans toute la Suisse romane, est formé du mot allemandGrütze, qu'on prononcegritze, et qui a le même sens.GROGNASSER, v. n. Grogner, se plaindre en grognant. Terme parisien populaire.GROGNE, s. f. Mauvaise humeur, disposition à se plaindre.Avoir la grogne.GROGNER QUELQU'UN. Le gronder, le réprimander avec humeur.Il grogne tout son monde; il ne cesse de nous grogner.«Grogner,» verbe neutre, est français. «Cette femme ne fait que grogner.»GROGNONNE, adj. et s. féminin.Sa maladie l'a rendue un peu grognonne.Dites: «Grogneuse.»GROLLE, s. f. Vieux soulier fort usé, savate.Mettre des grolles. Porter des grolles. Comment donc, Madame Bonnard? vous nous donnez là du pain qui est sec comme de la grolle.Terme vieux français et français populaire.GRONDÉE, s. f. Gronderie, réprimande.Faire une grondée. Recevoir une grondée.GROS, s. m.Le gros de l'hiver; le gros de l'été.Dites: «Le fort de l'hiver; le fort de l'été.»GROS (LES). Les notables, les riches, les principaux de l'endroit.Nos gros se montrèrent, en toute occasion, humains et charitables.GROS, s. m. Terme de calligraphie.Écrire en gros, c'est Écrire en gros caractères. Il faut dire: «Écrire la grosse.»GROS, adj.De gros en gros, locution adverbiale.Il consentit à nous raconter de gros en gros cette singulière aventure. Il faut dire: «En gros.» Raconter en gros.GROS-BLÉ, s. m. Nonnette, variété de froment. Legros-blés'appelle aussi en français: «Blé barbu» et «Blé poulard.»GROS-FORT, s. m. Grande absinthe, plante.† GROS MAL, s. m. Haut mal, épilepsie, mal caduc.Tomber du gros mal.Terme vaudois et savoisien. Dans le Limousin on dit:Le grand mal.GROS NEIRET ou GROS NOIRET, s. m. Canard garrot.GROSSET, ETTE, adj. Un peu gros.Un poulet grosset; une perdrix grossette.GROUP, s. m. Angine du larynx. Écrivez et prononcez «Croup.»GRUER, v. a.Faire gruer de l'avoine.Dites: «Monder.» Monder de l'avoine.GRUGEUR, s. m. Celui qui gruge.GRUMEAU, s. m. Terme de boucherie. La pièce du devant de la poitrine de l'animal entre les deux jambes.Grumeau de bœuf; grumeau de mouton.Terme méridional.GRUMEAU, s. m. Cerneau, noix cassée. Terme de la Suisse romane.GRUS, s. m. pl. Gruau, orge mondé, avoine mondée.De la soupe aux grus.Terme suisse-roman, savoisien et franc-comtois. En Champagne,grusignifie: Son de farine; et en vieux français,greu, farine d'avoine et de froment.GRUS (DES). Terme de fromagerie. Du caillé, duséretmêlé de crême. «La Fanchon nous servit desgruset de la céracée.» [J.-J. Rousseau,Nouvelle Héloïse.]GUENAPIN, s. m. Polisson, bandit, chenapan.GUENICHE, s. f. Femme débraillée, sale et d'un aspect repoussant. Terme lorrain. En vieux français, «guenuche» ouguenocheveulent dire: Sorcière, enchanteresse. Dans l'évêché de Bâle,genachea le même sens.GUENILLERIE, s. f. Guenille, rebut, objet de rebut. Se dit des personnes et des choses.GUERRER, v. n. Terme enfantin, en usage surtout chez les campagnards.Cette petite folle d'Ernestine veut toujoursguerrer avec nous, c'est-à-dire: Veut toujours être en guerre avec nous, guerroyer, batailler.† GUETTE, s. f. Guêtre.De vieilles guettes.Français populaire.GUETTON, s. m. Petite guêtre, guêtron.Une paire de guettons.Terme savoisien, rouchi, etc.GUEULÉE, s. f. Cri éclatant, clameur perçante.Pousser des gueulées. Faire des gueulées. Ce n'étaient pas des chants, c'étaient des gueulées d'enfer.Ce mot est français, mais dans une acception différente.GUEULER, v. a.Gueuler quelqu'un, l'appeler à voix forte.Tu ne m'entends donc pas, Colombier: il y a une demi-heure que je te gueule.«Gueuler,» v. n., est français.GUEUSER, v. n. Faire une action de gueux, se conduire mal, faire unegueuserie.Priver cette petite fille de son bal, c'est gueuser, c'est coquiner, c'est être par trop sévère et méchant.En français, «Gueuser» signifie: Mendier.GUEUSERIE, s. f. Tour malin, méchanceté, action coupable.Sevrer un enfant de quatre mois, c'est une gueuserie.GUICHE, s. f. Jambe.Tirer la guiche, traîner la guiche. Après douze heures de marche, le sac au dos, on commence joliment à tirer la guiche.GUIDE, s. f. Terme des campagnards. Digue.Élever des guides contre le torrent. Guidevient-il de «digue» par une transposition de lettres?Guideest-il au contraire le terme primitif et véritable? Une digue n'est autre chose, en effet, qu'une barrière établie pourguiderles eaux. Voyez dans Gattel l'étymologie banale.GUIGNACHE, s. f. Guignon, guignon achevé.GUIGNAUCHE, s. f. Guenuche, femme de mauvaise façon, femme mal mise, fagotée, vêtue salement. Dans le canton de Vaud,guignaucheouguegnauchesignifie: Sorcière.GUIGNE-EN-L'AIR. Badaud, imbécile.GUILLAME, s. m.Grand guillame, grand flandrin.† GUILLE, s. f. Quille.Jouer aux guilles. Terme suisse-roman, franc-comtois et lorrain.GUILLE, s. f. Terme des campagnards. Fine pointe, sommet, sommité.La guille d'un clocher, la guille d'un arbre, la guille d'une tour. Guillon, dans le canton de Vaud, a le même sens. A notre fête du Tir fédéral [1851], un Vaudois disait: J'ai vu planter le drapeau de la Confédération sur le finguillonde la Tour de l'Isle. En Franche-Comté, la pointe du jour s'appelle:L'aube guillerole. [Vocabulaire jurassiendeM. Monnier.] De cette racineguille, viennent indubitablement les mots genevoisdéguiller,aguiller,guille(à jouer), etc.GUILLE, adj. À moitié ivre, gris. R.Guille, pointe. On dit en français: Avoir une pointe de vin.GUILLEMETTE (EN), loc. adv.Être en guillemette, signifie: Être en pile, être l'un sur l'autre.Ces livres sont trop en guillemette, ils vont tomber.GUILLERETTE, s. f.Être à la guilleretteouêtre en guillerette, se disent d'un objet mis dans une position d'où il risque de tomber.Guillet, dans notre patois, etguilleret, dans le patois vaudois, signifient: Sommet d'un arbre, d'un rocher, d'un bâtiment. VoyezGUILLE, no2.GUILLERI, s. m.Courir le guilleri.Terme dauphinois, etc. Les dictionnaires disent: «Courir le guilledou.»GUILLETTE, s. f. (Prononcezghillette.) Signifie: 1oBoulette de pâte dont on engraisse les dindes; 2oFusée de poudre. VoyezGUILLE, no2.GUILLON, s. m. (Prononcezghillon.) Fausset de tonneau, petite broche de bois servant à boucher le trou qu'on fait à un tonneau pour donner de l'air ou pour goûter le vin.Mettre un guillon. Ôter le guillon.Terme vaudois, savoisienet jurassien. A Lyon, on dit:Une guille; dans les environs de Dôle,une guillotte. VoyezGUILLE, no2.GUILLONNER, v. a. Mettre leguillon, mettre le fausset.GUINCHE, adj. Louche, qui a la vue de travers. En provençal on dit:Guèchou. Dans le Berry,faire la guinche, signifie: Baisser la tête après une mauvaise action.GUINCHER, v. a. et n. Signifie: 1oLorgner du coin de l'œil, guigner; 2oLoucher, regarder de travers. Terme provençal.GUINGOINE (DE), adv. De guingois, de travers, de biais, en biaisant.Il marche tout de guingoine. Son habit allait tout de guingoine.Nous disons aussi:De guingouarneet deguingouaine. En Picardie, on dit:De guingoin.GUIZE, s. f. (Prononcezghize.) Terme de forge. Gueuse, fonte de fer, fer coulé. «Un tuyau de gueuse.»GY ou GI, s. m.Un tonneau de gy.Terme suisse, savoisien, franc-comtois, méridional et vieux français. On doit dire: «Gypse, ou plâtre.»GYPER, v. a. Plâtrer, enduire de plâtre.GYPERIE, s. f. Plâtrage, ouvrages en plâtre.La gyperie de cette seule chambre avait coûté six cents francs.GYPIER, s. m. Plâtrier.GYSSAGE, s. m. Plâtrage.GYSSER, v. a. Appliquer du plâtre, enduire de plâtre, plâtrer.Gysser un plafond, gysser une paroi.GYSSEUR, s. m. Ouvrier qui emploie le gypse, plafonneur. Dans le Valais on dit:Gypseur.
† GABINET, s. m.Un gabinet sur le devant. Un gabinet à six fenêtres, etc. Terme vieux français. On dit aujourd'hui: «Cabinet.»
GABIOLON, s. m. Cabinet borgne, petitgabion. [P. G.]
GABION, s. m. Bouge, cabinet qui sert de galetas.Loger dans un gabion.En languedocien,gabioveut dire: Une cage. En provençal,gabiolosignifie: Prison, maison de détention.
GÂCHE, s. f. Foin qui a crû dans un pré gâcheux.
GADIN, s. m. Layette; c'est-à-dire: Linge, langes, maillot et tout ce qui est à l'usage d'un enfant nouveau-né.Faire le gadin. Donner le gadin.Expression consacrée.
GADROUILLAGE, s. m. Action degadrouiller, ou résultat de cette action.Faire un gadrouillage; faire des gadrouillages.
GADROUILLE, s. f. Mauvaise sauce, mauvaise boisson.Ce n'est pas de la soupe que vous nous donnez là: c'est une gadrouille, c'est de la gadrouille.Terme suisse-roman.
GADROUILLER, v. n. Se dit ordinairement des enfants, et signifie: Tripoter avec de l'eau, agiter sans précaution ou salement de l'eau avec les mains.Les deux petites filles trouvèrent la seille pleine, et se mirent à gadrouiller.Terme suisse-roman. Dans le dialecte rouchi on dit:Gadouiller; à Lyon,gabouiller.
GADROUILLON, ONNE, subst. Celui ou celle quigadrouille.
GAFOUILLER, v. a. et n. Tacher avec de l'eau sale, salir. Se dit surtout des petits garçons et des petites filles.On t'avait mis ce matin un tablier propre, Elisabeth, et le voilà gafouillé.Au sens réfléchi,se gafouiller, signifie: Se salir en tripotant avec de l'eau malpropre; en provençal,gaffouya, barboter dans l'eau comme font les canards.
GAGE, s. m.Le gage d'une domestique, le gage d'un cocher. Augmenter le gage d'un commis.Pris dans cette acception,gagene s'emploie qu'au pluriel: «Payer les gages, diminuer les gages.»
GAGER, s. m. Fripier.
GAGÈRE, s. f.La gagère fera l'estime des meubles.Terme vaudois et savoisien. On dit en français: «Fripière.»
GAGNER, v. a.MrR** gagne d'être connu.Dites: MrR** gagneÀêtre connu. [Acad.]
GAGNER À SON AVANTAGE.À mesure que notre petiteAlexandrine grandit, elle gagne beaucoup à son avantage.Gagne-t-on à son désavantage?
GAGUI, s. f. Femme ou fille éhontée, dont la mise annonce le désordre et la crapule.Une dégoûtante gagui.Terme vaudois et neuchâtelois. Dans le vieux français,gaguiougaguiese disait d'une grosse femme, fraîche et enjouée.
GAI, GAIE, adj. Se dit figurément d'une chose qui est au large dans sa place, dans son lieu.Cette vis est trop gaie, trop libre, elle ne tient pas. Ma tabatière était trop gaie, elle s'est ouverte dans ma poche. Cette nourrice a le lait gai.Terme dauphinois, lorrain, etc., qui n'a point d'équivalent exact en français. Le dictionnaire de Trévoux [1721] avait relevé ce sens, qui a été abandonné à tort par la plupart des lexicographes subséquents. Laveaux l'a recueilli, mais il ne le donne que comme terme de marine: Un mât libre.
GAIEMENT, adv. (Au sens figuré.)Cette vis entre trop gaiement, c'est-à-dire: Elle est trop libre, elle ne serre pas assez.
GAILLEMÂFRER, v. a. Bâfrer, dissiper en excès de table.
GAILLEPAN, s. m. Mauvais drôle, chenapan, bandit, vagabond. En Normandie, on dit:Galapian; dans le Berry et en Picardie,gaillepat; dans le bas Limousin,golopian, etc.
GALAMAR, s. m. Écritoire. VoyezCALAMAR.
GALANCER (SE), v. pron. Terme des campagnards. Se balancer.
GALANDAGE, s. m. Cloison hourdée, cloison faite de bois et de gypse.Ce n'est pas un mur, c'est un simple galandage. Deux coups de hache ont suffi pour enfoncer le galandage.Terme lyonnais. En Franche-Comté on dit:Galandure. Dans le canton de Vaud,un galandageest une cloison en briques.
GALAVARDE, s. f. Petite fille qui aime à courir avec les garçons,ou qui en imite les manières.Faire la galavarde.Dans le midi de la France,galavardsignifie: Goulu, goinfre, gouliafre; dans le vieux français il signifie: Gros réjoui, homme sans souci, vaurien.
GALAVARDER, v. n. Se dit des petites filles, et signifie: Garçonner, imiter les ébats des garçons, faire des jeux de garçons.
GALÈRE, s. f. Tombereau dont se servent les maçons et qu'ils traînent eux-mêmes.Tirer la galère; transporter du mortier dans la galère.
GALETAS, s. m. Ce mot ne signifie pas: Grenier; il signifie: 1oLogement pratiqué sous les combles; 2oLogement pauvre et mal en ordre. [Acad.]
GALIAUFRE, subst. des 2 genres. Gouliafre, goinfre, glouton. En vieux français,galiofe.
GALIAUFRER, v. n. S'empiffrer, bâfrer, manger avidement et malproprement.
GALIET, s. m. Caille-lait, sorte de plante.
GALIMAUFRÉE, s. f. Galimafrée, fricassée composée de restes de viandes.
GALOP, s. m. Algarade, forte réprimande.Donner un galop; recevoir un galop; il a eu son galop.Français populaire.
GAMBÉE, s. f.D'une gambée on le vit franchir le ruisseau.Nos campagnards disent:Une écambée. Faire une écambée. Dans le canton de Vaud,cambée; en Dauphiné,jambée. Le mot français est: «Enjambée.»
GAMBER, v. a.Gamber un fossé.Le mot français est: Enjamber. Nos campagnards disent:Écamber. Écamber une gouille. Dans le canton de Vaud,camber. En vieux français,gambeoucambese disaient pour: «Jambe.»
GAMBION, s. m. Celui qui est contrefait des jambes, celui qui boite en marchant; bancroche. On dit à Lyon:Gambille; dans le Jura, en Bourgogne et dans le Berry,gambi;en Picardie,gambète. Dans le dialecte provençal,bouès gambisignifie: «Bois tortu.»
GAMBIROLET, ETTE, s. et adj. Bancroche, qui a les jambes arquées. En languedocien on dit:Gambèrlié.
GANDIN, s. m. Tapage, grand tapage, scandale.Dis voir, Bosson, quel gandin il y a eu cette nuit dans la montée.
GANDOISES, s. f. pl. Fariboles, sornettes, gravelures, fleurettes.Dire des gandoises; conter des gandoises.Terme suisse-roman, savoisien et méridional.
GANDROUILLE, s. f. Personne malpropre; sale cuisinière. [P. G.]
GANGALER, v. n. Trimbaler, balancer dans ses bras. [P. G.]
GANGANER (SE), v. pron. Se suspendre, grimper pour atteindre à quelque chose.N'allez pas vous ganganer là-haut.
GANGUILLER, v. n. Pendre, être pendu, se pendre. Se dit des personnes et des choses.Il faudra couper ces branches qui ganguillent. Une affreuse pannosse ganguillait à la croisée. Ne te ganguille pas à cette échelle, Pauline, tu pourrais tomber.
GANGUILLES, s. f. pl. Guenilles ou lambeaux qui pendent.Une robe en ganguilles.
† GANIF, s. m. Canif.Tout en flânant darnier le Rhône, je trouva un beau ganif à six lames.Terme suisse-roman, savoisien, franc-comtois, dauphinois, bordelais, parisien populaire et vieux français.
GÂPÉE, s. f. Trotte, longue course.Faire une gâpée.
† GÂPER, v. n. Faire une longue trotte, arpenter beaucoup de terrain.Nos gamins se dépêchèrent de voler des noix et gâpèrent à travers champs.Terme trivial.
GÂPION ou GÂPIAN, s. m. Terme de dénigrement par lequel on désigne les Employés subalternes des douanes, de l'octroi et de la police.Il se prit de querelle avec les gâpions.Terme vaudois, savoisien, limousin, etc. En provençal et en languedocien:Gâbian.
GARAUDE, s. f. Mauvaise poupée, et, figurément, femme ou fille de mœurs relâchées. Terme vaudois. En vieux français,carauldesignifie: Vieille sorcière. Dans le patois de l'Isère,garaudiéveut dire: Chenapan, maraud; dans le Berry,garaud, Celui qui ne marche pas d'aplomb.
GARAUDER, v. a. Manier sans soin ou brusquement, maltraiter.Garauder une poupée. Ne lui donnez pas cet enfant à garauder.
GARÇON, s. m.Le garçon à David s'est enrôlé. Notre garçon vient d'être placé dans la Fabrique.Dites: Le fils de David, etc.
GARDE-PAILLE, s. m. Paillasse.Garnir un garde-paille.Terme suisse-roman, savoisien, parisien populaire, etc.
† GARDE-ROBE (UN).Un petit garde-robe. Un mauvais garde-robe.Ce mot est féminin.
GARDE-ROBE, s. f. Armoire.Garde-robe en noyer, garde-robe en sapin; les tablats d'une garde-robe.En Suisse, en Savoie, à Lyon, en Languedoc,garde-robese dit, comme chez nous, d'une armoire destinée à recevoir les habits, les hardes; mais ce sens n'est pas admis par le bon usage, ni par les dictionnaires. «Garde-robe» signifie: 1oLe cabinet destiné à renfermer des hardes; 2oTous les habits, toutes les hardes à l'usage d'une personne; 3oEtc. Voyez les dictionnaires.
GARDE-VIGNE, s. m. Surveillant préposé aux vignes, durant l'époque des vendanges.
GARDIATEUR, s. m. Gardien, la personne qui est chargée de garder une saisie. [P. G.]
GARDIATURE, s. f. Garde, surveillance. [P. G.]
GARGATAINE et GARGATE, s. f. Gosier, gorge, cou.Couper la gargataine. Cette soupe m'a brûlé la gargataine.Envieux français, et dans le dialecte parisien populaire, on dit:Gargate. En languedocien,s'engargaterveut dire: S'embarrasser le gosier en mangeant trop vite.
GARGORISER (SE), v. pron. Se gargariser. Nous disons aussi:Se gargoliser.
GARGORISME, s. m. Gargarisme.
GARGOTER, v. n. Se dit d'un liquide qui bout fortement.Ton bouillon gargote, Tiennette.Se dit, par analogie, du bruit que fait à la surface de l'eau le souffle d'une personne qui est sous l'eau.Le jeune garçon tomba du bateau, et déjà il gargotait, lorsque... etc. Terme méridional.
GARGOUILLE, s. f. Égout.Les gargouilles se trouvaient bouchées.«Gargouille» est français, mais dans une acception différente.
GARGOUILLER, v. n. Grouiller.Le ventre me gargouille. Les boyaux lui gargouillaient.Français populaire.
GARNEÇON, s. f. Terme de boucherie. Basse viande, réjouissance.Mon boucher croit-il bonnement que je me contenterai d'os et de garneçon?Dans le canton de Vaud et à Rumilly (Savoie), on dit:Garnison. Ce mot degarnisonvient degarnir(compléter), et notre mot degarneçonn'est vraisemblablement qu'une corruption de ce terme.
GARNI EN.Une robe garnie en dentelle; une bague garnie en diamants, etc. Dans ces phrases et dans les phrases analogues, mettez la préposition «de,» et dites: Une robe garnieDEdentelle; une bague garnieDEdiamants.
GARNIR, v. a.Garnir la salade.Expression méridionale.
GARNISSAIRE, s. m. Écrivez avec un seuls, «Garnisaire.»
GASEMATE, s. f. Écrivez et prononcez «Casemate.»
GASPILLER, v. a. Voler, filouter.Prends-y garde, Madeleine: on nous gaspille.Expression dauphinoise, lorraine, etc. Dans la langue des dictionnaires, «Gaspiller» signifie: 1oGâter; 2oProdiguer, dissiper.
GASTRIQUE, s. f. Gastrite. «Gastrique» est l'adjectif; «Gastrite» est le substantif.
GÂTER (SE), v. pron. Se dit du temps et signifie: Se déranger, devenir mauvais.Le ciel se gâte; le temps se gâte, nous aurons de l'eau.Expression fort répandue, mais qui n'est pas consignée dans les dictionnaires.
GATILLON, s. m. Détente d'un fusil, d'un pistolet, etc.Lâcher le gatillon.
GATOLION, s. m. Grumeau, caillot.
GATTANCE, s. f.Faire une gattance.Terme d'écolier. Faire l'école buissonnière, manquer la classe pour aller jouer.
GATTELION, s. m. Fleur et fruit de la bardane.
GATTER, v. n. Faire l'école buissonnière, manquer l'école pour aller jouer.La moitié des écoliers a gatté hier. Si tu gattes encore une fois, Jean-Louis, je te punis sans miséricorde.Terme consacré. Nous disons aussi à l'actif:Gatter l'école.
GATTES (LES). L'école buissonnière.Faire les gattes.
GAUDIR DE QUELQU'UN. Venir à bout de le dompter, se rendre maître de lui.J'ai beau être sévère avec tous ces jeunes garçons, je ne peux pas en gaudir.Le mot français correspondant, mais qui commence à vieillir, estchevir.
GAUFRE (UN).Des gaufres plats.Solécisme fréquent dans la Suisse romane. On doit dire:Une gaufre; une gaufre plate.
GAULÉE, s. f. Averse considérable.
GAULER (SE), v. pron. Se crotter, se salir. Se dit principalement de la crotte qui s'attache au bas des robes.Être gaulésignifie: Être crotté.
GAUME, s. m. Seau traversé par un long manche de bois, et servant à puiser de l'eau ou dulisier.
GAUPE, s. f. Dans le dialecte de nos villageois, ce mot ne seprend point en mauvaise part. Ainsi, pour eux,une belle gaupeest une grosse femme ou une grosse fille, fraîche et attrayante. Dans le canton de Vaud,gaupese dit d'une femme grosse et robuste.
GAZETTE, s. f.Lire la gazette, se dit d'un cheval ou d'une autre bête de somme, que son maître laisse exposée à l'injure du temps, pendant que lui se tranquillise au cabaret.Le maître fioûle sa bouteille, la jument lit la gazette.
GAZOUILLON, s. m. Terme des campagnards. Margouillis. Se dit surtout du margouillis qui provient d'un mélange de neige fraîchement tombée et de pluie.GazouillonetMargouillissont des onomatopées.
GÉANE, s. f. Géante.La merveilleuse géane étonna toute l'assemblée.Français populaire.
GEL, s. m. Gelée. Le motgelmanque dans plusieurs dictionnaires et en particulier dans celui de l'Académie française. LeComplémentde ce même dictionnaire, et leDictionnaire nationalde Bescherelle [1846], disent quegel, dans le sens de «Gelée,» a vieilli. Nous pouvons affirmer que le motgel, signifiant: «Gelée,» est d'un emploi habituel chez nous et chez nos proches voisins.
GELÉE AUX GROSEILLES, s. f. Dites: «GeléeDEgroseilles.» Dites aussi: GeléeDEpomme, geléeDEframboise, etc.
GELER DE FROID. Geler.Faites-moi vite un grand feu, je gèle de froid.Français populaire.
GELER (SE), v. pron. Geler.Je me gèle ici à vous attendre.Faute très-répandue. «Se geler» n'est français qu'en parlant des choses. «Le mercure peut se geler. Le nez de MmeZ*** se gela au passage du grand Saint-Bernard.»
GEMOTTER, v. n. Signifie: 1oS'impatienter, pester; 2oLanguir, être languissant.La pauvre drôlesse, abandonnée de tout le monde, était là à gemotter dans son lit. Ranimezdonc ce feu qui ne fait que gemotter.Dans le patois vaudois,gemottaveut dire: Gémir, et dans le patois neuchâtelois,gemiller, s'impatienter. R.Gemo.
GENDRE, s. m.Se faire gendre, signifie, dans son sens le plus large: Se procurer, par un riche mariage, une position douce, confortable, oisive, à laquelle on ne serait jamais arrivé d'une autre manière. Dans un sens plus restreint,se faire gendrese dit facétieusement et dérisoirement d'un jeune homme duhaut, qui, ayant une fortune exiguë, des habitudes un peu dispendieuses et un extérieur agréable, choisit pour femme une riche héritière dans la classe bourgeoise. Cette expression originale,se faire gendre, a été créée ou mise en circulation par un charmant article du journal de MrPetit-Senn. [Voyezle Fantasquede 1835, no81, p. 322, et laRevue suisse de 1850, livraison du mois de mai, p. 328.]
GENÈVRE, s. m.Des grains de genèvre.Ce terme nous vient du vieux français. Au commencement du dix-huitième siècle, on disait encore indifféremmentgenèvreetgenièvre. «Genièvre» a prévalu.
GENILLÉ, s. m. Nous appelonsgoût de genillé, un mauvais goût que contractent les volailles qui ont été nourries dans un poulailler petit et malpropre.Genillerveut dire «Poulailler» dans le dialecte du Berry.Djeneuille, dans le patois vaudois, signifie: Poule. Par métathèse, c'est-à-dire par transposition de lettres, ces mots viennent du mot latingallina, poule.
GENOU, s. m. Nous disons d'un couteau qui coupe mal:Il coupe comme les genoux d'une vieille femme, comme les genoux de ma grand'mère. Expression triviale, consignée dans leDictionnaire du Bas langage, t. II, p. 10.
GERLE, s. f. Corbeille ronde et peu profonde, destinée à recevoir le légume qu'on porte au marché. En Dauphiné,gerlesignifie: Jarre, grand vase de terre. En languedocien, unegerleest un baquet, un grand seau. VoyezJARLOT.
GÉROFLÉE, s. f.Géroflée blanche. Bouquet de géroflées.Terme français populaire. On doit dire: «Giroflée.»
GÉROLE, s. f. Chervis, racine potagère. Dans quelques provinces de France, on dit:Gyrole.
GESSION, s. f.On vient d'ôter à ce jeune dissipateur la gession de sa fortune.Terme parisien populaire, etc. On doit écrire «Gestion» et prononcergess-tion.
GICLÉE ou JICLÉE, s. f. Signifie: 1oJaillissement, liquide qui jaillit; 2oÉclaboussure, flaquée.En deux ou trois giclées, on se rendit maître du feu. Une giclée de mortier suffira contre ce mur.Dans le Jura,gicle, s. f., se dit d'une petite seringue de sureau, avec laquelle les polissons s'évertuent à arroser les passants. [VoyezMonnier,Vocabulaire du Jura.]
GICLER ou JICLER, v. n. et a. Signifie: 1oJaillir, saillir, sortir impétueusement; 2oFaire jaillir, jeter de l'eau.Faire gicler de l'eau; faire gicler de la boue. Finis-donc, André, tu me gicles.Terme suisse-roman, savoisien, franc-comtois et lyonnais. En provençal et en languedocien:Jhiscla. Onomatopée remarquable. Dans le patois bourguignon,chicclaisignifie: «Faire jaillir,» etchicclese dit d'une «Canonnière» ou seringue de bois dont s'amusent les enfants pour jeter de l'eau. [Voyez lesNoëls bourguignonsdeLa Monnoye.]
GIFFLARD, DE, s. Joufflu, mouflard, qui a le visage bouffi et rebondi.Un gros gifflard.On disait en vieux français:Giffard, giffarde, terme formé degiffeougiffle, joue.
GIFLÉE, s. f. Giffle, mornifle, taloche.
GIGASSE, s. f. Se dit d'une personne démesurément grande et un peu dégingandée.
GIGIER, s. m. Gésier, second ventricule de certains oiseaux.Ne jetez pas ces gigiers, ils serviront pour le bouillon.Terme généralement usité en Suisse et en France, mais que les dictionnaires n'ont pas recueilli. Nous disons aussi:Gisier.
GIGNER, v. a. Guigner, regarder du coin de l'œil.
GIGOT DE MOUTON, s. m. Dites simplement: «Gigot,» puisque «gigot» signifie: Cuisse de mouton séparée du corps de l'animal pour être mangée. [Acad.]
GIGUE, s. f. Se dit d'une personne dont la taille est grande et toute d'une venue.Vois-tu là-bas cette grande gigue, cette perche?En Normandie, unegigueest une jeune fille qui a de grandes jambes. En français, «Gigue» veut dire: Jambe; et «Giguer,» aller vite, courir, sauter, danser.
GILLOTIN, s. m. (llmouillés.) Pantin, jeune garçon qui est toujours en mouvement, et qui cherche à divertir par ses perpétuelles pasquinades.Faire le gillotin.
GILLOTINER, v. n. Faire legillotin.
GINGEOLET, ETTE, adj. Ginguet, court, étriqué.Habit gingeolet.
GINGUER ou JINGUER, v. n. Jouer, rire, sauter, folâtrer.Elle est toujours à ginguer.Terme limousin, normand et vieux français. En Picardie on dit:Jingler.
GIRADE, s. f. Girarde ou julienne, fleur.
GIRANIUM, s. m. Écrivez «Géranium» et prononcezgéraniome. Prononcez aussialbome,peinsomeetlaudanomeles mots Album, Pensum et Laudanum.
GIRAUD, nom propre. Nous disons proverbialement et facétieusement à une personne qui nous fait une demande inadmissible, à une personne qui porte très-haut ses prétentions et dont l'attente sera trompée:As-tu connu Giraud?... Eh bien, torche Miraud; ou plus laconiquement:As-tu connu Giraud?c'est-à-dire: Bernicle; à d'autres; adresse ta demande à un autre.Tu voudrais que je te prêtasse encorecinquante francs? As-tu connu Giraud? Quoi! ton vilain cousin se flatte d'épouser cette jeune et jolie Anna!... As-tu connu Giraud?
GISIER, s. m. VoyezGIGIER.
GISPINER, v. a. Expression adoucissante, pour signifier: Filouter, attraper, enlever habilement et sans scrupule, comme le font quelquefois des amis entre eux.Ce joli volume était à sa potte: il me l'a tout bonnement gispiné.En Lorraine on dit:Gaspinerougabsiner, et à Valenciennes,gobsiner.
GIVRÉ, ÉE, part. et adj. Couvert de givre.C'est givré; c'est tout givré. Il a beaucoup givré cette nuit.Terme des campagnards.
GLACE, s. f. Ne dites pas: «Manger une glace.» Dites: «Prendre une glace, prendre des glaces.»
GLACE, s. f.Être froid comme la glace; être uni comme la glace.Retranchez l'article et dites: Être froid comme glace; être uni comme glace.
GLACER UN PLAFOND. Terme de plâtrier. L'expression française est: Enduire un plafond.
GLAFFER ou GLLAFFER, v. a. (llmouillés.) Terme des campagnards. Manger gloutonnement quelque chose qui croque sous la dent. On le dit des pourceaux et de ceux qui, de près ou de loin, leur ressemblent. Ce motgllafer, quand on le prononce comme il faut, imite parfaitement la chose qu'il doit peindre.
GLAÎNE ou GLÈNE, s. f.Faire glaîne, terme d'écolier, signifie: Faire rafle, prendre à l'improviste les jouets, et surtout lesmâpisdes joueurs.Ce polisson, ce voleur s'approcha doucement du carré et nous fit glaîne.VoyezGLENNE, no1.
GLAPPE, s. f. Signifie: 1oTerre glaise; 2oPisé. [P. G.]
GLAIRE, s. m.Le glaire d'un œuf.«Glaire» est féminin.
GLÉNER ou GLAÎNER, v. a. et n. Glaner, ramasser les épis après la moisson. Terme français populaire et vieux français.
GLÉNEUR, GLÉNEUSE, s. Glaneur, glaneuse.
GLENNE, s. f. Glane, produit du glanage, glanure.Un bandit lui enleva toutes ses glennes.Terme français populaire et vieux français.
GLENNE, s. f. Sorte de renoncule des champs.
GLIN-GLIN, s. m. Terme enfantin. Le petit doigt.Il a bobo à son glin-glin.Cette expression, usitée aussi dans les cantons voisins, vient probablement des mots allemandsklein, klein, qui signifient: Petit, petit.
GLISSE, s. f. Terme de pâtissier. Cressin, sorte de petit pain long, qui est fort léger à l'estomac.
GLISSE, s. f. Glissoire, chemin frayé sur la glace pour y glisser par divertissement.Faire une bonne glisse, faire une longue glisse. Gare, gare, sur la glisse!Terme suisse-roman et savoisien. On dit à Lyon:Une glissière; en Lorraine,un glissant; à Paris,une glissade.
GLISSER, v. neutre.La rue du Perron glisse souvent en hiver.Dites: La rue du Perron est souvent glissante en hiver; ou dites: On glisse souvent en hiver dans la rue du Perron.
GLISSER (SE), v. pron. Glisser, s'amuser à glisser.Les fossés sont gelés: allons nous y glisser tous ensemble.Il faut dire: «Allons y glisser tous ensemble.»
GLOPET, s. m. Sieste, méridienne. VoyezCLOPET.
GLU, s. masc.Du bon glu.Solécisme répandu aussi dans le reste de la Suisse romane, en Savoie, en Dauphiné, en Franche-Comté, en Lorraine et ailleurs.
GNIABLE, s. m. Sobriquet qu'on donne aux cordonniers.
GNIANIOU, s. m. VoyezNIANIOU.
GNIFFE-GNIAFFE, s. m. Ce terme fort expressif signifie:1oNigaud, niais, benêt; 2oFlasque, lâche, mou et sans ressort. En Picardie on dit:Gniouffe.
GOBE-LA LUNE, s. m. Gobe-mouche, niais, grand niais qui marche la tête levée comme s'il regardait lalune. Dans le patois du bas Limousin,gobo-lunose dit de celui qui s'occupe niaisement de bagatelles. [VoyezBéronie,Dictionnaire du patois du bas Limousin.]
GOBERGER (SE), v. pron. Faire grande chère, bâfrer, faire bombance, se régaler.Nos quatre amis allèrent à une auberge de Coppet, où ils demandèrent des feras et des volailles, dont ils se gobergèrent. Voyez donc comme ces enfants se gobergent et s'empiffrent de raisins et de noix!En français, «Se goberger» signifie: Prendre ses aises, se dorloter, se divertir.
GODAILLE, s. f. Débauche de bouche, bâfre, grande ribote.Faire une godaille. Ce fut une godaille complète, une godaille de mâlevie.Le dictionnaire de l'Académie ne fait pas mention de ce terme; et, selon les dictionnaires de Boiste, de Landais et de Bescherelle,godaillesignifie: 1oIvrognerie; 2oMauvais vin. Ce n'est point là le sens que nous lui donnons à Genève; ce n'est pas non plus le sens qu'il a dans le langage français populaire. [Voyez leDictionnaire du Bas langage, t. II, p. 17, et leDictionnaire rouchi-français, aux motsgodaïeretgodalier.]
GODAILLER, v. n. Faire une grande ribote, une bâfre, unegodaille. Dans les dictionnaires ce verbe a un autre sens.
GODAILLEUR, s. m. Riboteur, bambocheur, bâfreur.Un tas de godailleurs.Ce mot et les deux précédents sont probablement originaires du nord de la France, où le motgodalesignifie: «Bière, petite bière.»
GODICHE, s. et adj. Plaisant, risible.Être godiche, être plaisamment bête.Tu es godiche, toi! Voilà qui est vraiment godiche.Terme parisien populaire recueilli par MM. Noël etChapsal. Les autres dictionnaires donnent à ce mot le sens de: «Gauche, emprunté, maladroit.»
GODICHON, s. m. Diminutif degodiche.
GODRON, s. m. Goudron. GODRONNER, v. a. Goudronner. Les motsgodronetgodronnerappartenaient encore à la langue des dictionnaires, il y a un siècle.
GOFFETTE, adj. fém. Nous appelonsmains goffettes, des mains grassettes, des mains potelées.
GOGNE, s. f. Courage, cœur, hardiesse, capacité.Avoir la gogne, oser.Aurais-tu la gogne de sauter ce ruisseau? Non, tu n'en as pas la gogne; tu n'as point de gogne.
GOGNE, s. f. Rebut, lie, crasse, crapule. Se dit des personnes et des choses.Quelle gogne de bâton tu as là! Dis donc, Jacques, et ce bal d'hier! Quel bal! Quelle gogne! Qu'as tu donc appris sur le compte de Robillard?—J'ai appris que c'est une gogne.—Et sa famille?—Sa famille? C'est tout de la gogne. Tomber dans la gogne, veut dire: Tomber dans la crapule. Terme vaudois. Chez nos voisins du Jura,gonese dit d'une femme méprisable. [VoyezC. Monnier,Vocabulaire du Jura.]
GÔGNES, s. f. pl. Compliments, cérémonies.Faire des gôgnes.
GOGNEUX, EUSE, adj. et s. Crasseux, dégoûtant, repoussant, crapuleux. Se dit des personnes et des choses.Un chapeau gogneux. Une tournure gogneuse; un air gogneux. Tu te promenais hier avec deux individus bien gogneux.Dans le bas limousin,gognou, et en vieux français,gognon, signifient: Pourceau, cochon, et se disent de toute personne sale et malpropre.Gognounà, faire grossièrement et salement un ouvrage.
GOGUINETTE, s. f. Propos gaillard, parole un peu libre.Dire la goguinette. Dire une goguinette; dire des goguinettes.En Lorraine,goguenettessignifie: Propos joyeux. En vieux français,goguer, v. n., veut dire: «Plaisanter.»
GOISE ou GOËZE, s. f. Serpe, grosse serpe. En Franche-Comté on dit:Goisseetgouisse.
GOISET, GOAZET, ou GOINZET, s. m. Serpette. Se dit aussi d'un couteau et principalement d'un mauvais couteau.
GOLÉE, s. f. Gorgée.Avales-en une seule golée. J'ai bu deux petites golées de ton sirop, et j'en ai eu assez.En Picardie on dit:Goulée. «Goulée» est un mot français; mais il signifie: «Grande bouchée.»
GOLÉRON ou GOLAIRON, s. m. Ouverture, trou.Le goléron d'une nasse.Dans l'ancienne langue provençale,golairossignifiait: «Gosier.»
GOLET, s. m., et GOLETTE, s. f. Goulot, trou, orifice.Le golet d'une bouteille.Terme jurassien et savoisien. Dans notre patois ces mots ont une signification plus étendue.
GONFLE, s. f. Signifie: 1oVessie des quadrupèdes; 2oPetite ampoule sur la peau, cloche, élevure; 3oBulle de savon.Sa brûlure lui a fait lever des gonfles. Percer une gonfle. Se soutenir sur l'eau avec des gonfles.Terme suisse-roman et savoisien.
GONFLE, adj. Gonflé.Il a tant marché aujourd'hui, qu'il en a les pieds gonfles.Terme français populaire. A Lyon on écrit et on prononceconfle.
GONGON, s. des 2 genres. Grognon, celui ou celle qui bougonne, qui grogne.Cette gongon finira-t-elle une fois de nous ennuyer? Le mari et la femme sont aussi gongons l'un que l'autre.
GONGONNER, v. a. Bougonner, marmonner, se fâcher, gronder.Notre vieux raufin ne s'arrête pas de gongonner. Il gongonne ses enfants, il gongonne sa servante, il gongonne tout le monde.Terme suisse-roman, savoisien et lyonnais.
GONVÉ, s. m.Une odeur de gonvé, est une odeur de renfermé, une odeur de linge sale et gras.Votre Baby Chailloux sentait terriblement le gonvé.
GONVER, v. a. et n. Couver.L'incendie éclata le matin; mais le feu avait gonvé toute la nuit. Ne crois-tu pas, femme, que notre Françoise gonve une maladie?—Je crois qu'elle gonve la rougeole. Ta seille, Madelon, est égrillée: il faut la faire gonver(c'est-à-dire: Gonfler dans l'eau). Terme connu dans le canton de Vaud. En Franche-Comté on dit:Gouver.
GONVIÈRE, s. f. Signifie: 1oFondrière, creux plein de boue; 2oTas de neige amoncelé par le vent.
GOTRET, s. m. Terme de boucherie. Ris de veau.
GOTTE, s. f. Mauvais ouvrage, mauvaise marchandise, chose de nulle valeur, et dont on ne fait aucun cas.
GOUAILLER, v. n. Crier. VoyezCOUAILLER.
GOUGNAUD, AUDE, s. et adj. Se dit d'une personne ou d'une chose de rebut.Quel gougnaud de chapeau tu as là! Notre nouvelle voisine N** est une gougnaude; elle s'habille comme une gougnaude.
GOUGNAUDER, v. a. Manier maladroitement, gâter en maniant, déformer, froisser, chiffonner.
GOUGNAUDS ou GOUGNEAUX, s. m. pl. Vieux chiffons, mauvais linge, vieilles nippes, et, en général, objets vieux et sans valeur.
GOUILLARD, ARDE, s. et adj. VoyezGOULIARD.
GOUILLE, s. f. Petite mare, endroit où la boue séjourne, flaque.Marcher dans la gouille; tomber dans la gouille.Terme suisse-roman, savoisien, dauphinois et franc-comtois. Dans le bas Limousin on dit:Ga-oullio, et dans le Berry,gouillat.
GOUJATER, v. a. et n. Travailler comme un goujat. Prendre des manières de goujat.Un ouvrage goujatéest un ouvrage bousillé, un ouvrage fait vite et sans soin.
GOULIAFE, s. m. Glouton malpropre. A Paris on dit:Gouliafre; dans le vieux français et en Picardie,goulafre.
GOULIARD, ARDE, s. et adj. Gourmet, friand.Oh! la gouliarde, qui trempe son doigt dans le sirop! Ces petits gouliards eurent fripé en un clin d'œil tous les bonbons.Terme vaudois, savoisien et vieux français. Dans le Limousin, en Normandie et sans doute ailleurs,goulardsignifie: Goulu, gourmand.
GOULIARDISE, s. f. Friandise.Comment, Élisa! du beurre et de la confiture sur ton pain? quelle gouliardise! Tu n'aimes que les gouliardises, Georgette, et tu vivrais de gouliardises.En vieux français on disait:Goulardiseetgouillardise. R.gula.
GOURLLE, s. f. (llmouillés.) Cep de vigne arraché. Dans le canton de Vaud on dit:Gourgne.
GOURMANDISE (UNE).Un plat de gourmandises. Si vous êtes sages, vous aurez chacun pour votre goûter une petite gourmandise.Cette expression, fort usitée en Suisse et en Savoie, n'est pas inconnue en France, quoique les dictionnaires ne l'aient pas relevée. «Je t'avais préparé lesgourmandisesque tu aimes,» dit feu MrDe Balzac, dans un de ses romans. L'expression française consacrée est: «Friandise.» Un plat de friandises.
GOURMANDS (POIS). Pois goulus, pois dont la cosse est tendre et se mange.
GOURME, s. m.Jeter son gourme.Ce mot est féminin.
GOÛTER SOUPATOIRE, s. m. Goûter qui tient lieu de souper.
GOUTTE AU NEZ, s. f. Expression méridionale, etc. Les dictionnaires disent: «Roupie.»
GOUTTIÈRE, s. f. Voie d'eau, fente, trou, ouverture à un toit par où l'eau de la pluie pénètre et coule en dedans.L'orage souleva les tuiles et occasionna une gouttière. Le plafond, qui était tout neuf, fut entièrement taché par les gouttières.Terme suisse-roman, méridional, etc. On appelleen français Gouttière: 1oLe chéneau qui reçoit et recueille les eaux de la pluie; 2oLe tuyau de descente.
GOYARDE, s. f. Serpe. Dans le Berry on dit:Goyard.
GRABEAU, s. m. Mercuriale, censure.Bon grabeau, mauvais grabeau. Faire le grabeau des étudiants. Être soumis au grabeau; recevoir son grabeau.On lit dans notre Constitution de 1814: «Les membres du Conseil d'État qui ne sont point sujets augrabeau, n'y assisteront pas.» Terme vaudois et neuchâtelois.
GRABELER, v. a. Faire legrabeau. «La Compagnie des Pasteurs élira chacun de ses membres; ellese grabellera elle-même.» [Constitution de 1814.] «Tous les Conseillers d'État qui ne sont ni Syndics, ni Lieutenant, ni Syndics sortant de charge, ni Trésorier, ni membres du Tribunal civil et de la Cour suprême,seront grabelésun à un à la balotte.» [Ibid.] Le motgrabeler, en vieux français, signifiait: Examiner, éplucher, débattre, choisir.
GRABOT, s. m. VoyezGRABEAU.
GRABOTER, v. a. Se dit quelquefois pourgrabeler.
GRADUATION, s. f. Dans le langage académique on appelleExamen de graduation, un examen à la suite duquel l'étudiant reçoit le grade de bachelier, ou celui de licencié, ou celui de docteur.
GRAIFION, s. m. VoyezGREFFION.
GRAILET, s. m. Plat d'étain donné pour prix dans les tirs.
GRAILETTE ou GREULETTE, s. f. Sorte de terrine, sorte de casserole à trois pieds, laquelle sert à réchauffer les ragoûts.
GRAILLON, s. m. Ce mot est français; mais à Genève il se dit, entre autres: 1oD'un mets quelconque (viande, poisson, légume, lait, etc.) qui, réchauffé, a contracté une mauvaise odeur, un mauvais goût. Il se dit: 2oDes tabliers, torchons, mauvais linges, etc., dont la cuisinière s'est servie.En français: Goût de graillon, odeur de graillon, signifient: «Goût, odeur de viande ou de graisse brûlée.» [Acad.]
GRAIN DE SEL, s. m. Quand les jeunes enfants voient voltiger près d'eux un oiseau, et qu'ils demandent comment il faut s'y prendre pour l'attraper, on leur répond que l'infaillible moyen est de leur mettre un grain de sel sur la queue. De là a pris naissance notre expression figurée:Mettre un grain de sel sur la queue de quelqu'un; c'est-à-dire: «Faire d'inutiles efforts pour le capter et pour l'attirer dans le filet.»
GRAIN DE SUCRE, s. m. Morceau de sucre.Fais attention, Caroline, tu coupes les grains de sucre trop gros.
GRAINGE, adj. VoyezGRINGE.
GRAISSE, s. f. Réprimande, semonce sévère.Donner une graisse; recevoir une graisse. Tu as eu ta graisse.Terme français populaire.
GRAISSE DE CHAR, s. f. Vieux oing, cambouis.
GRAISSE-MOLLE, s. f. Saindoux, graisse de porc. En Dauphiné, en Provence et en Languedoc, on dit:Graisse blanche; à Bordeaux,graisse douce.
GRAMON, s. m. Gramen, chien-dent, plante dont les racines sont d'un grand usage pour les tisanes apéritives.Boire sur le gramon.En Dauphiné, on dit:Grame.
GRAND, adj. Les expressions suivantes:Ce n'est pas grand chose; j'ai eu grand peine; voici la grand route, etc., sont des expressions correctes, mais étranges, et qui nous viennent du vieux français. Au treizième siècle,grandougrantétait un adjectif des deux genres.
GRAND, s. f. Terme des campagnards. Grand'mère.Dis-moi, Colette, comment se porte ta grand? Pauvre Monsieur, cette bonne grand, nous l'avons perdue il y a huit jours.
GRANDE-MAISON (LA). Terme adoucissant, euphémismepour dire: L'hôpital, la maison de charité.Jamais, non jamais, Monsieur le Directeur, je ne consentirai à entrer dans la Grande-maison.
GRANDET, ETTE, adj. Grandelet.Notre Stéphanie est déjà grandette.Terme excellent, employé dans tout le Midi et sans doute ailleurs.
GRAND-LOUIS ou GRAND-SIFFLET, s. m. Courlis ou courlieu cendré, oiseau aquatique.
GRANGER, s. m. Métayer, fermier partiaire, fermier qui partage le produit des champs avec le propriétaire. Ce terme, si connu dans la Suisse romane, en Savoie et en Franche-Comté, n'a été recueilli ni par le dictionnaire de l'Académie, ni par M. Poitevin, le plus récent des lexicographes, ni par Gattel, ni par M. Bescherelle; mais Boiste et N. Landais l'ont mentionné.
GRANGERIE, s. f. Grangeage.Mettre un domaine en grangerie, ouà grangerie, c'est: En confier l'exploitation à ungranger. Voyez ce mot. Le motgrangerie, très-usité chez nous, n'a été enregistré que par un seul dictionnaire moderne, leComplémentde l'Académie.
GRATON, s. m. Aspérité sur le papier, sur le terrain, etc.Sa boule rencontra un graton.
GRATTE-À-CUL, s. m. Gratte-cul, fruit de l'églantier.
GRATTE-BOISSEUSE ou GRATTE-BOESSEUSE, s. f. Polisseuse de boîtes de montres. Boesse ou gratte-boesse se disent d'une sorte d'outil de ciseleur.
GRATTE-LOTON, s. m. Sobriquet qu'on donne aux ouvriers horlogers. VoyezLOTON.
GRATTER, v. a.Gratter la rogne à quelqu'un, signifie: Le flatter pour en obtenir une faveur, le cajoler, le flagorner dans des vues intéressées.Il s'aperçut enfin que sa nièce lui grattait la rogne, et qu'elle en voulait, par-dessus tout, à l'héritage.Expression triviale. Dans le français populaire,on dit en ce même sens: «Gratter l'oreille,» ou «gratter l'épaule à quelqu'un.» [Voyez leDictionnaire du Bas langage, t. II.]
GRATUISE, s. f. Râpe de fer-blanc, ustensile de cuisine. En Dauphiné et en Languedoc, on dit:Gratuse; dans le patois provençal,gratuè. En vieux français,gratusersignifie: Râper.
GRAVANCHE, s. f. Sorte deférâ. Voyez ce mot.
† GRAVATE, s. f. Cravate.Dis voir, femme, fadrait-il pas mettre une gravate à notre petit, qui a un commencement de rouche?Terme suisse-roman, savoisien, franc-comtois et méridional.
GRAVE, s. f. Grève, endroit au bord d'une rivière couvert de gravier. Terme dauphinois et vieux français.
GRAVELAGE, s. m. Action degraveler.
GRAVELER, v. a. Couvrir de gravier.Graveler les allées d'un jardin; graveler une promenade.Terme indispensable, et qu'on cherche vainement dans les dictionnaires. En Languedoc on dit:Agraver.
GRAVELLE, s. f. Maladie des moutons, clavelée.
GREBATTER, v. a. Rouler.Se grebatter, se rouler. Expressions très-familières aux campagnards.
GRÈBE (UNE). Sorte d'oiseau plongeur. Dites au masculin: Un grèbe. Grèbe cornu, grèbe huppé.
GRÈBION, s. m. Grèbe esclavon, grèbe oreillard.
GREBOLER, v. n. Grelotter, trembler de froid.Je le trouvai tout greulant, tout grebolant.En Savoie on dit:Grevoler; dans le patois dauphinois,gromolà.
GREDON ou GREUDON, s. m. Guenilles, vieilleries, objets de rebut.
GREGNOLU, UE, adj. Qui a beaucoup de nœuds.Bois gregnolu.Terme des campagnards.
GREIFION, s. m. Gros bigarreau.Une livre de greifions.Terme suisse-roman, savoisien et jurassien. En provençal, en piémontais et en vieux français, on dit:Graffion; dans le Languedoc,agrefion.
GREINGE, adj. VoyezGRINGE.
GRELON, s. m. Écrivez et prononcez «Grêlon.»
GREMILLETTE, s. f. (llmouillés.) Lézard gris, lézard de murailles. [P. G.] Dans le patois de Rolle (canton de Vaud) on dit:Gremeillette.
GREMOLLION ou GREMAILLON, s. m. Grumeau, portion durcie d'un liquide.La soupe s'était mise en gremollions. Notre pauvre Estelle vomissait des gremollions de sang.Terme connu aussi chez nos voisins du canton de Vaud. Dans le Berry et en Lorraine on dit:Gremillion.
GRENÉ, ÉE, adj.Épi grené.Terme méridional et vieux français. Dites: «Épi grenu.» Le verbe «grener» est français.
GRENETTE, s. f. Ce mot signifiait jadis: Marché aux grains; et c'est le nom que porte encore aujourd'hui notre halle au blé. Terme vaudois, savoisien, etc.
GRENETTE, s. f. Semen contra, poudre contre les vers, barbotine.
GRENIER À LESSIVE, s. m. Séchoir, sécherie, étendage.
GRENOUILLE, s. f. (fig.) Sorte de petit instrument formé d'une tête de bouteille recouverte d'un morceau de parchemin traversé par du crin. En le faisant tourner comme une crécelle, il imite assez bien le cri desgrenouilles, quand elles commencent à crier au printemps. [P. G.]
GRÈSE, adj. fém. VoyezGRÈZE.
GRÉSILLER, v. neutre. Croquer sous la dent, comme le pain lorsqu'il s'y est mêlé du sable ou du menu gravier. En Languedoc on dit:Gréziner.
GREUBE, s. f. Tuf, terre sèche et dure qui sert à écurer, à nettoyer les ustensiles de cuisine, les tablettes de sapin, etc.Patte à greube.Terme suisse-roman et savoisien. Le vendeur de greube s'appelle, dans notre patois:Le greubi.
GREUBIÈRE, s. f. Carrière d'où l'on tire lagreube.
GREUBONS, s. m. pl. Peau croustillante qui reste quand on vient de fondre du lard.Un plat de greubons.A Neuchâtel et dans quelques parties du canton de Vaud, on dit:Grabon; dans l'allemand-suisse,Grieben.
GREUGER, v. a. Gruger, friper, dissiper en folles dépenses.Il avait hérité trois mille francs: c'est tout greugé.En vieux français,gréugesignifie: Perte, dommage.
GREULER, v. actif. Secouer un arbre pour en faire tomber les fruits.Greuler un cerisier, greuler un pommier.En Savoie on dit:Creuler; en Franche-Comté,crôler; en vieux français,crosleretcrouller. Figurément et familièrement,creulers'emploie dans le sens de: Questionner quelqu'un, lui arracher des nouvelles, le forcer, de façon ou d'autre, à dire ce qu'il sait et qu'il se soucie peu ou point de raconter.Nous l'avons tant pressé, nous l'avons tant greulé, qu'il a fini par nous débiter tout le journal.Voyez le mot suivant.
GREULER, v. neutre. Grelotter, trembler de froid ou de peur.Ce pauvre diable, blotti dans un fossé, greulait comme la feuille du tremble.Terme suisse-roman, qu'on retrouve tel quel dans le patois lorrain. Dans le Jura on dit:Grouller; en Bourgogne et en vieux français,gruler. Nous disons à l'actif:Greuler la fièvre, pour: Trembler la fièvre, avoir le tremblement qui résulte de la fièvre. Nos campagnards disent en ce même sens ou sens analogue:Greuler le marmot.
GREULETTE ou GREULAISON, s. f. Frisson, tremblement que donne la fièvre ou la peur.Avoir la greulette; avoir la greulaison.Cette dernière expression est surtout familière aux campagnards.
GREULETTE, s. f. Sorte de terrine appelée aussi:Grailette.
GRÉVÉ, VÉE, adj. et part.Un fonds grévé; un domaine grévé d'hypothèques.On doit écrire et prononcer «Grever,» sans accent sur l'e.
GREVURE, s. f. Blessure. Ce terme vieillit.
GRÈZE ou GRÈSE, adj. f.Soie grèze.Soie qui est tirée de dessus le coton. Terme lyonnais. Dites: «Soie grége.»
GRIBICHE, s. f. Signifie: 1oFemme ou fille maligne, méchante, pie-grièche; 2oEt plus souvent, Fille ou femme de mœurs dissolues. En Normandie,gribichese dit d'une vieille femme méchante dont on fait peur aux enfants.
GRIE, s. f. Plâtre gris, gypse. Terme de nos campagnards et de ceux du canton de Vaud. Il existe à Bernex une ancienne carrière degrie, qui a fait donner le nom degrisseaux terrains environnants.
GRIFFÉE, s. f. Griffade, coup de griffe.
GRILLE, s. f. Cheville du pied.S'écorcher la grille.Terme suisse-roman, savoisien et franc-comtois.
GRILLER, v. a. Rôtir.Griller du café; griller des châtaignes; griller des glands.Terme savoisien. En français «Griller» signifie: Rôtir sur le gril. «J'avais couché mes pincettes sur la braise pour faire griller mon pain.» [Xav.De Maistre,Voyage autour de ma chambre, ch. VIII.]
GRILLET, s. m. (llmouillés.) Sorte d'insecte.Le cri des grillets. Un trou de grillet.Terme suisse-roman, savoisien, lyonnais, franc-comtois et méridional. En Poitou et dans le Berry on dit:Grelet; en limousin et en vieux français,gril. Les dictionnaires et le bon usage veulent qu'on dise: «Grillon.» R. lat.gryllus.
GRILLOIRE, s. f. Sorte de petite casserole à manche, surmontée d'un couvercle, et qui sert à rôtir le café. Dans le canton de Vaud on dit:Un grilloir. Le grilloir à café.
GRILLOIRE, s. f. (fig.) Endroit où la chaleur est insupportable; endroit où l'on grille.Ce cabinet au midi est une grilloire pendant l'été.
GRILLOTTER, v. actif. Griller, frire.
GRIMPER, v. n. Dans notre langage énergique,faire grimper les murs à quelqu'un, signifie: L'impatienter outre mesure, le vexer, le dépiter à l'excès. Les dictionnaires disent en ce même sens: «Faire sauter quelqu'un au plancher, le faire sauter aux nues.» On dit en Languedoc:Faire monter quelqu'un au ciel sans échelle.
GRIMPION, s. m. Grimpereau, oiseau bien connu. Au sens figuré, nous appelonsgrimpion, grimpionne, celui ou celle qui cherche par des politesses, par des avances répétées, par des flatteries, à s'introduire, à se glisser dans une société plus élevée, plus haut placée que la sienne. De là ont pris naissance les phrases suivantes familières:C'est un grimpion; il fait le grimpion; elle fait la grimpionne. Ces jeunes époux veulent grimper. Les grimpions doivent éprouver quelquefois de fameux déboires.
GRIMPIONNER, v. n. Faire legrimpion, faire lagrimpionne.Tu ne t'aperçois pas que cette jeune femme veut absolument grimpionner.
GRINGALET, ETTE, adj. Faible, chétif.Cheval gringalet; veau gringalet. Ton beau-frère est bien gringalet, etc. LeComplémentdu dictionnaire de l'Académie, et le dictionnaire de M. Bescherelle ne présentent ce mot que comme substantif, et ne l'emploient qu'en parlant de l'homme. Nous l'employons très-souvent comme adjectif, et nous lui donnons des sens fort étendus.
GRINGE, adj. Triste, ennuyé, chagrin, de mauvaise humeur, maussade, malingre.Rosalie est toute gringe aujourd'hui, et je crains qu'elle ne soit malade. Qu'avez-vous donc, Monsieur le notaire? Vous paraissez sombre et préoccupé?—Eneffet, je suis gringe. J'attendais mes enfants par le bateau à vapeur, et voilà le bateau qui arrive sans eux.Terme suisse-roman. Dans le patois de l'évêché de Bâle, on dit:Graigne; en Franche-Comté,grigne, et en Bourgogne,greigne; dans le Berry,grignaut; dans le patois rouchi,engraigné. Tous ces mots, qui sont fort usités, n'ont point de correspondants exacts en français. Dans le dialecte normand,grignersignifie: «Être maussade.» En Picardie,grigneuxetgrignardveulent dire: Pleurnicheur.
GRINGERIE, s. f. Mauvaise humeur, malingrerie.Après une pareille mésaventure, un peu de gringerie est bien permis.
GRIOTTE, s. f. En français, ce mot désigne une espèce de cerise grosse et noirâtre, plus douce que les autres. En Suisse, au contraire, nous appelonsgriotteune cerise acide.
GRIPPÉ, ÉE, adj. Atteint de la grippe.Toute la famille est grippée.Ce mot, si connu en Suisse et en France, n'est dans aucun dictionnaire usuel.
GRISAILLE, s. f. Ribotte, excès de table, excès de boisson. [P. G.]
GRISE, s. fém. Tour malin, malice, espièglerie.En faire des grises, en faire voir de grises, signifie: Jouer des tours, faire des malices, attraper, tourmenter.Voilà un bambin qui en fera voir de grises à son père et à sa mère. Vous m'en faites des grises, malins enfants que vous êtes.Locution dauphinoise, limousine, etc.
GRISPER et GRISPOUILLER, v. a. Crisper, agacer, impatienter.Cela me grispouille, c'est-à-dire: Cela me tarabuste.
GRISPILLE, s. f. Sorte de jeu ou d'amusement, appelé aussitire-poils, et en français: La gribouillette. [P. G.]À la grispille, locution adverbiale, signifie: Au pillage.Tout était à la grispille dans cette maison.
GRISPILLER, v. a. Voler, filouter, friponner.
GRISSE ou GRITZE, s. m. Gruau d'avoine ou d'orge. Ce terme, usité dans toute la Suisse romane, est formé du mot allemandGrütze, qu'on prononcegritze, et qui a le même sens.
GROGNASSER, v. n. Grogner, se plaindre en grognant. Terme parisien populaire.
GROGNE, s. f. Mauvaise humeur, disposition à se plaindre.Avoir la grogne.
GROGNER QUELQU'UN. Le gronder, le réprimander avec humeur.Il grogne tout son monde; il ne cesse de nous grogner.«Grogner,» verbe neutre, est français. «Cette femme ne fait que grogner.»
GROGNONNE, adj. et s. féminin.Sa maladie l'a rendue un peu grognonne.Dites: «Grogneuse.»
GROLLE, s. f. Vieux soulier fort usé, savate.Mettre des grolles. Porter des grolles. Comment donc, Madame Bonnard? vous nous donnez là du pain qui est sec comme de la grolle.Terme vieux français et français populaire.
GRONDÉE, s. f. Gronderie, réprimande.Faire une grondée. Recevoir une grondée.
GROS, s. m.Le gros de l'hiver; le gros de l'été.Dites: «Le fort de l'hiver; le fort de l'été.»
GROS (LES). Les notables, les riches, les principaux de l'endroit.Nos gros se montrèrent, en toute occasion, humains et charitables.
GROS, s. m. Terme de calligraphie.Écrire en gros, c'est Écrire en gros caractères. Il faut dire: «Écrire la grosse.»
GROS, adj.De gros en gros, locution adverbiale.Il consentit à nous raconter de gros en gros cette singulière aventure. Il faut dire: «En gros.» Raconter en gros.
GROS-BLÉ, s. m. Nonnette, variété de froment. Legros-blés'appelle aussi en français: «Blé barbu» et «Blé poulard.»
GROS-FORT, s. m. Grande absinthe, plante.
† GROS MAL, s. m. Haut mal, épilepsie, mal caduc.Tomber du gros mal.Terme vaudois et savoisien. Dans le Limousin on dit:Le grand mal.
GROS NEIRET ou GROS NOIRET, s. m. Canard garrot.
GROSSET, ETTE, adj. Un peu gros.Un poulet grosset; une perdrix grossette.
GROUP, s. m. Angine du larynx. Écrivez et prononcez «Croup.»
GRUER, v. a.Faire gruer de l'avoine.Dites: «Monder.» Monder de l'avoine.
GRUGEUR, s. m. Celui qui gruge.
GRUMEAU, s. m. Terme de boucherie. La pièce du devant de la poitrine de l'animal entre les deux jambes.Grumeau de bœuf; grumeau de mouton.Terme méridional.
GRUMEAU, s. m. Cerneau, noix cassée. Terme de la Suisse romane.
GRUS, s. m. pl. Gruau, orge mondé, avoine mondée.De la soupe aux grus.Terme suisse-roman, savoisien et franc-comtois. En Champagne,grusignifie: Son de farine; et en vieux français,greu, farine d'avoine et de froment.
GRUS (DES). Terme de fromagerie. Du caillé, duséretmêlé de crême. «La Fanchon nous servit desgruset de la céracée.» [J.-J. Rousseau,Nouvelle Héloïse.]
GUENAPIN, s. m. Polisson, bandit, chenapan.
GUENICHE, s. f. Femme débraillée, sale et d'un aspect repoussant. Terme lorrain. En vieux français, «guenuche» ouguenocheveulent dire: Sorcière, enchanteresse. Dans l'évêché de Bâle,genachea le même sens.
GUENILLERIE, s. f. Guenille, rebut, objet de rebut. Se dit des personnes et des choses.
GUERRER, v. n. Terme enfantin, en usage surtout chez les campagnards.Cette petite folle d'Ernestine veut toujoursguerrer avec nous, c'est-à-dire: Veut toujours être en guerre avec nous, guerroyer, batailler.
† GUETTE, s. f. Guêtre.De vieilles guettes.Français populaire.
GUETTON, s. m. Petite guêtre, guêtron.Une paire de guettons.Terme savoisien, rouchi, etc.
GUEULÉE, s. f. Cri éclatant, clameur perçante.Pousser des gueulées. Faire des gueulées. Ce n'étaient pas des chants, c'étaient des gueulées d'enfer.Ce mot est français, mais dans une acception différente.
GUEULER, v. a.Gueuler quelqu'un, l'appeler à voix forte.Tu ne m'entends donc pas, Colombier: il y a une demi-heure que je te gueule.«Gueuler,» v. n., est français.
GUEUSER, v. n. Faire une action de gueux, se conduire mal, faire unegueuserie.Priver cette petite fille de son bal, c'est gueuser, c'est coquiner, c'est être par trop sévère et méchant.En français, «Gueuser» signifie: Mendier.
GUEUSERIE, s. f. Tour malin, méchanceté, action coupable.Sevrer un enfant de quatre mois, c'est une gueuserie.
GUICHE, s. f. Jambe.Tirer la guiche, traîner la guiche. Après douze heures de marche, le sac au dos, on commence joliment à tirer la guiche.
GUIDE, s. f. Terme des campagnards. Digue.Élever des guides contre le torrent. Guidevient-il de «digue» par une transposition de lettres?Guideest-il au contraire le terme primitif et véritable? Une digue n'est autre chose, en effet, qu'une barrière établie pourguiderles eaux. Voyez dans Gattel l'étymologie banale.
GUIGNACHE, s. f. Guignon, guignon achevé.
GUIGNAUCHE, s. f. Guenuche, femme de mauvaise façon, femme mal mise, fagotée, vêtue salement. Dans le canton de Vaud,guignaucheouguegnauchesignifie: Sorcière.
GUIGNE-EN-L'AIR. Badaud, imbécile.
GUILLAME, s. m.Grand guillame, grand flandrin.
† GUILLE, s. f. Quille.Jouer aux guilles. Terme suisse-roman, franc-comtois et lorrain.
GUILLE, s. f. Terme des campagnards. Fine pointe, sommet, sommité.La guille d'un clocher, la guille d'un arbre, la guille d'une tour. Guillon, dans le canton de Vaud, a le même sens. A notre fête du Tir fédéral [1851], un Vaudois disait: J'ai vu planter le drapeau de la Confédération sur le finguillonde la Tour de l'Isle. En Franche-Comté, la pointe du jour s'appelle:L'aube guillerole. [Vocabulaire jurassiendeM. Monnier.] De cette racineguille, viennent indubitablement les mots genevoisdéguiller,aguiller,guille(à jouer), etc.
GUILLE, adj. À moitié ivre, gris. R.Guille, pointe. On dit en français: Avoir une pointe de vin.
GUILLEMETTE (EN), loc. adv.Être en guillemette, signifie: Être en pile, être l'un sur l'autre.Ces livres sont trop en guillemette, ils vont tomber.
GUILLERETTE, s. f.Être à la guilleretteouêtre en guillerette, se disent d'un objet mis dans une position d'où il risque de tomber.Guillet, dans notre patois, etguilleret, dans le patois vaudois, signifient: Sommet d'un arbre, d'un rocher, d'un bâtiment. VoyezGUILLE, no2.
GUILLERI, s. m.Courir le guilleri.Terme dauphinois, etc. Les dictionnaires disent: «Courir le guilledou.»
GUILLETTE, s. f. (Prononcezghillette.) Signifie: 1oBoulette de pâte dont on engraisse les dindes; 2oFusée de poudre. VoyezGUILLE, no2.
GUILLON, s. m. (Prononcezghillon.) Fausset de tonneau, petite broche de bois servant à boucher le trou qu'on fait à un tonneau pour donner de l'air ou pour goûter le vin.Mettre un guillon. Ôter le guillon.Terme vaudois, savoisienet jurassien. A Lyon, on dit:Une guille; dans les environs de Dôle,une guillotte. VoyezGUILLE, no2.
GUILLONNER, v. a. Mettre leguillon, mettre le fausset.
GUINCHE, adj. Louche, qui a la vue de travers. En provençal on dit:Guèchou. Dans le Berry,faire la guinche, signifie: Baisser la tête après une mauvaise action.
GUINCHER, v. a. et n. Signifie: 1oLorgner du coin de l'œil, guigner; 2oLoucher, regarder de travers. Terme provençal.
GUINGOINE (DE), adv. De guingois, de travers, de biais, en biaisant.Il marche tout de guingoine. Son habit allait tout de guingoine.Nous disons aussi:De guingouarneet deguingouaine. En Picardie, on dit:De guingoin.
GUIZE, s. f. (Prononcezghize.) Terme de forge. Gueuse, fonte de fer, fer coulé. «Un tuyau de gueuse.»
GY ou GI, s. m.Un tonneau de gy.Terme suisse, savoisien, franc-comtois, méridional et vieux français. On doit dire: «Gypse, ou plâtre.»
GYPER, v. a. Plâtrer, enduire de plâtre.
GYPERIE, s. f. Plâtrage, ouvrages en plâtre.La gyperie de cette seule chambre avait coûté six cents francs.
GYPIER, s. m. Plâtrier.
GYSSAGE, s. m. Plâtrage.
GYSSER, v. a. Appliquer du plâtre, enduire de plâtre, plâtrer.Gysser un plafond, gysser une paroi.
GYSSEUR, s. m. Ouvrier qui emploie le gypse, plafonneur. Dans le Valais on dit:Gypseur.