PACHE, s. f. Accord, transaction, marché.Bonne pache; mauvaise pache. La pache est faite.Terme suisse-roman, savoisien, méridional et vieux français. Dans le vieux français,pacheétait masculin. R.pactum.PACOT, s. m. Boue épaisse, gâchis.S'enfoncer dans le pacot.Terme suisse-roman et savoisien.PACOTER, v. a. et n. S'enfoncer dans lepacot.Nous pacotions dans ce chemin.SE PACOTER, v. pron. Se salir de boue, entrer dans lepacot.PACOTEUX, EUSE, adj. Plein depacot.Sentier pacoteux; route pacoteuse.PAFFE, adj. Signifie: 1oGorgé de nourriture; 2oIvre, plein de vin.Ils s'en revinrent tellement paffes, qu'ils avaient peine à se soutenir.Terme trivial. Dans le dialecte rouchi,s'empaffersignifie: Se bourrer d'aliments; et dans le dialecte lorrain, ce même verbe signifie: Boire avec excès de l'eau-de-vie ou d'autres liqueurs.PAGNON, s. m. Gros morceau de pain. Terme suisse-roman et savoisien. En vieux français:Paignon. R.panis.PAGNOT, s. m. Nigaud, dadais.Un vrai pagnot; un franc pagnot.Dans le vieux français,pagnotesignifiait: Homme de rien, chenapan, lâche, poltron; et ce terme, subsiste encore dans le patois du Dauphiné (pagnota).PAGNOTERIE, s. f. Sottise, bêtise, stupidité. Dans le vieux français,pagnoteriesignifiait: Lâcheté, action lâche.PAILLASSON, s. m. Banneton, panier à pâte, sorte de jatte de paille où l'on met la pâte pour donner la forme au pain. Terme savoisien et méridional.PAILLER, v. a.Pailler une chaise, pailler un tabouret, c'est: Les garnir de paille. On dit en français: Empailler.PAILLEUR DE CHAISES, s. m. Empailleur de chaises.PAIN, s. m. Nous disons figurément de quelqu'un qui peut vivre sans travailler:Il a du pain sur la planche. On dit en français: «Il a du pain cuit; il a son pain cuit.» [Acad.]PAIN CUIT. Ce qu'on appelle en français «Panade,» s'appelle à Genève:Soupe au pain cuit. Terme savoisien, marseillais, etc.PAIN DE LOUP, s. m. Baie ou fruit de la viorne.PAIR, s. m. Nous disons:Jouer à pair ou impair; on dit en français: «Jouer à pair ou non.»† PAIRE (UN).Un paire de bas, un vieux paire de grolles. Il n'y a qu'un paire de jours que je le rencontra en rue.Ce solécisme, très-fréquent en Savoie et dans le Midi, appartient au vieux français.PAIR ET COMPAGNON. Nous disons de deux hommes qui, étant d'une condition fort différente, vivent néanmoins dans une grande intimité:Ils sont pairs et compagnons; ils vivent comme pairs et compagnons.L'Académie dit: «Ils viventDEpairÀcompagnon.»PÂLET, ETTE, adj. Pâlot, un peu pâle.Notre Louisa était pâlette ce matin.PALETTE, s. f. Abécédaire, petit livre destiné à l'enseignement de l'alphabet. Terme suisse-roman et savoisien.PALOURD, OURDE, s. Terme de mépris. Balourd, pataud, homme grossier.PAN, s. m. Mesure de longueur. Au sens figuré:Cela fait le pan, signifie: Cela solde, cela balance. La mesure appeléepanest encore connue dans le Midi.PAN, s. m. Terme d'écolier. Brin de paille pour mesurer une petite distance.PANACHE (UNE). Ce mot est masculin. «Panache ondoyant.»PANCHER D'EAU. Faire de l'eau.PANER, v. a. Terme des campagnards. Torcher, essuyer. Voyez plus bas,PANNER.PANET, PANÉ ou PANAIS, s. m. Sorte de millet dont certains petits oiseaux sont friands. Terme suisse-roman et savoisien. On dit en français: Panic ou Panis.PANETIER, s. f. Vannier, faiseur de paniers, [P. G.]PANFU, UE, s. Terme des campagnards. Ce mot n'est autre chose que le mot français «Pansu,» la lettresse changeant fréquemment enf, dans le patois, comme nous l'avons remarqué plus haut, tome Ier, p. 61.Panfuse dit d'un homme qui a une grosse panse. Nous disons aussi:Panflu.PANIER, s. m. Figurément et proverbialement, nous disons d'un homme très-maladroit:Il est lourd comme un panier.PANIÈRE, s. f. Sorte de grande corbeille à anses. Ce terme, très-répandu en France, et principalement à Lyon et dans le Midi, manque dans les dictionnaires. Nous appelons aussipanièreun grand cabas, un grand panier couvert.PANIÉRÉE, s. f. Panerée, le contenu d'un panier extrêmement rempli. En provençal:Panieirado.PANNER ou PANER, v. a. Terme des campagnards. Essuyer. Ce verbepanerse retrouve non-seulement dans les divers patois de la Suisse romane et de la Savoie, mais aussi dans le Berry, en Dauphiné, en Franche-Comté et dans le vieux français. Dans le patois des Vosges,panneurveut dire:Balai; en Normandie,pannas, plumeau; dans le canton de Vaud,panaman, essuie-mains.PANOSSE, s. f. Torchon, vieux morceau de linge servant dans les cuisines à frotter et à nettoyer les meubles et ustensiles sales. Terme suisse-roman. En provençal:Panoucho. Dansle vieux français,panoseuxsignifiait: Couvert de haillons. R.pannus, drap, linge, chiffon.PANOSSER, v. a. Laver avec une panosse.N'écurez pas ce plancher, Jeannette, mais contentez-vous de le panosser.PANTALON, s. m. Râle d'eau, oiseau.PANTET, s. m. Signifie: 1oUn pan de chemise, un bout de chemise qui pend; 2oLa chemise elle-même.Être en pantet, être en chemise, avoir une simple chemise.On criait: Au feu! à l'eau! Les voisins y coururent en pantet.Terme suisse, savoisien et franc-comtois.PANTOMINE, s. f. Écrivez et prononcez «Pantomime.»† PA-ONNE, s. f. Se dit d'une femme qui s'attife ou qui fait la glorieuse.A-t-on rien vu de pareil à cette Jenny? Elle se met comme une guignauche à la maison, et comme une pa-onne dès qu'elle sort.Le féminin de «Paon» est bien «Paonne,» mais ce mot doit se prononcerpanne.PAPACOLON, s. m. Joubarbe, plante grasse et toujours verte, dont l'espèce la plus commune croît ordinairement sur les toits et sur les murs.PAPEROCHES, s. f. pl. Paperasses.PAPET, s. m. Soupe très-épaisse, telle qu'est celle qu'on donne aux moissonneurs. Terme suisse, savoisien, dauphinois et languedocien. Figurément,Il ne peut plus dire papet, se dit d'un homme qui a tellement bu, qu'il ne peut plus parler distinctement. Dans l'évêché de Bâle et en Franche-Comté on dit:Paipay; en Belgique,pape, etc.PAPET CORDET, s. m. Soupe à la courge. Dans le vieux français,coordeoucohordesignifiait: Gourde, citrouille. En latin,cucurbita, dont on a fait d'abordcoucourde. [VoyezRobert Estienne,Dictionnaire français-latin, édition de 1605.] Nos campagnards appellent une courge,nă courdăoukœurdă.PAPETTE, s. f. VoyezPAPET, qui a le même sens.PAPIER CASSÉ, adj. m. Nous appelonspapier casséce qu'on appelle, en français: Papier brouillard, papier qu'on emploie à sécher l'encre d'une écriture fraîche.Une compresse de papier cassé.Terme parisien populaire.PAPIER DE POSTE, s. m. Papier à lettres.Une rame de papier de poste.Terme neuchâtelois, etc.PAPIERS, s. m. pl.J'ai lu dans les papiers.Dites: J'ai lu dans les Papiers publics, c'est-à-dire: Dans les journaux, dans les feuilles publiques, dans les gazettes.PAPILLOTES, s. f. pl. Figurément:Avoir les yeux en papillotes, signifie: Ne pas les avoir bien ouverts en se réveillant.PAQUET, s. m. Fagot, faisceau de menu bois.J'aime mieux brûler des paquets que des fascines. Un cent de paquets coûte de huit à douze francs.PAQUET, s. m. Nous disons:Donner à quelqu'un son paquet, pour: Le congédier, le renvoyer. Les dictionnaires ne mentionnent pas cette expression, mais bien la suivante: «Recevoir son paquet,» c'est-à-dire: Être congédié.PAQUETIER, IÈRE, s. et adj. Cancanier, faiseur de paquets, tripotier, médisant.N'ayez plus rien de commun avec ce paquetier.Terme savoisien.PAQUIS, s. m. Terme des campagnards. Troisième coupe du foin.PAR, prépos.Il vendit brique par brique(brique à brique)tout son mobilier.Vous arracherez ces herbes brin par brin(brin à brin).Dictez-moi votre nom de famille lettre par lettre(lettre à lettre).PAR, prépos.Il y a deux ans jour par jour(jour pour jour)que MrN** est mort.Vous me copierez ce manuscrit page par page(page pour page), etc. Mais on dira fort bien: Écrivez jour par jour toutes vos dépenses, etc.PARAFE (UNE).Une belle parafe.Ce mot est masculin.† PARAÎTRE (SE), v. pron. Paraître, être aperçu, s'apercevoir.Pour raccommoder les manches et le collet, vous prendrez dans le pan de l'habit: cela ne veut pas se paraître.PARAPEL, s. m. Parapet. Français populaire.PARBOUILLIR, v. a. Faire bien bouillir.Des épinards parbouillis.Terme vieux français.PAR CONTRE, adv.Si le vin est cher cette année, par contre il est bon. Le petit Ernest a une figure peu attrayante, mais il a par contre une belle santé. Le paysan gagne peu, mais par contre il ne hasarde guère.Dans ces exemples, et dans les exemples analogues, dites: En revanche, en récompense.PAR-CONTRE (LE). L'équivalent.Recevoir le par-contre.Terme suisse-roman et savoisien.PAR-DESSUS, adv. Nous disons d'un homme adroit, rusé, et qui se tire toujours d'affaire dans les circonstances les plus critiques:Il les sait toutes et une par-dessus.Expression qui se prend d'ordinaire en mauvaise part.PÂRE, s. f. Croûte, pelure du fromage et de latomme.Ôter la pâre, manger la pâre; donner la pâre aux poulets.Terme suisse-roman et savoisien. VoyezPÂRER.† PAR ENSEMBLE, adv. En commun, en société.On achètera ces deux lards par ensemble.Terme vieux français.† PAR ENSUITE, adv. Ensuite. Terme vieux français.PAREPLUIE, s. m. Parapluie.PÂRER, v. a.Pârer son fromage, pârer sa tomme, en ôter la croûte. Terme très-connu dans les Alpes qui nous avoisinent. En Languedoc,parer le laitsignifie: «En ôter la crême.» Dans le vieux français,parerveut dire: Peler.PARESOL, s. m. Parasol.PAREVENT, s. m. Paravent.† PAR HASARD, loc. adv. En revanche, en compensation, du moins.Il n'a pas grand'chose, lui; mais sa femme, par hasard, a beaucoup de terrain. Comment donc, ce drôle de Joigne vous a répondu si insolemment!—Oui, Monsieur, mais je l'ai remouché par hasard, c'est-à-dire: Mais à mon tour je l'ai arrangé.Que vous est-il donc arrivé, Monsieur Pattey?—Il m'est arrivé que je me suis mis quatre vessicatoires, sans l'ordonnance du médecin; mais j'en ai souffert, par hasard, et l'on ne m'y reprendra pas.Expression fréquente chez les campagnards.PARIURE, s. f. Pari, gageure.J'en ferais bien la pariure.Terme français populaire.PARLENTIN, subst. et adj. Grand parleur, babillard, bavard.Comment as-tu la patience d'écouter ce parlentin?Le fémininparlentine, d'autres disentparlenteuse, est peu usité.PARLER LE RHUME. Expression consacrée chez nous et qui signifie: Parler avec un son de voix qui dénote un rhume.PARLER MAL et MAL PARLER, sont deux expressions différentes. «Parler mal,» c'est: Manquer aux principes de la grammaire. «Mal parler,» c'est: Dire des paroles offensantes, médire. [Acad.] Mais nos grands écrivains n'ont pas observé scrupuleusement cette distinction, et les exemples à l'appui ne manqueraient pas.PARMI, adv. Au milieu, dans le milieu, dans l'intérieur.Ce foin paraît sec, mais il est encore mouillé parmi. Cette paille est mouillée parmi.Cette expression, qui nous vient du vieux français, est fréquente dans la bouche des campagnards.PARMI, prép. S'emploie souvent en sous-entendant son complément.Vos moutons sont chétifs; il y en a pourtant d'assez bons parmi.Expression inconnue aux dictionnaires et blâmée par les grammairiens.PAROI, s. f.Paroi litelée; paroi gyssée; paroi en carrons.Le motparoiest français, mais vieux et inusité dans le sens qui lui est donné chez nous. Le terme véritable est: «Cloison.»PAROLI, s. m. Babil facile, élocution abondante.Ce jeune homme n'a que du paroli.En provençal,paroulisignifie: Langage flatteur et séduisant; dans le vieux français:Paroler, discourir.† PAR PEU QUE, locut. conj. Pour peu que.Par peu que tu lambines, tu arriveras trop tard. Par peu que tu sois diligent, tu pourras nous rattraper.Faute fréquente, mais qui passe inaperçue, à cause de la ressemblance des sonspar peuetpour peu.PARPILLOLE, s. f. Monnaie genevoise du seizième siècle, valant les trois quarts d'un sou, soit neuf deniers. Elle s'appelait aussiparpayole.PARPILLON, s. m. Terme des campagnards. Papillon.Fais voir à ces Monsieurs ton beau parpillon.En Franche-Comté, en Auvergne, en Languedoc et en Gascogne, on dit:Parpillot; en provençal,parpaihoun; en Dauphiné,parpaillou.PARTERET, s. m. Couperet, hachette, sorte de couteau de boucherie fort large, lequel sert à couper la viande. A Rumilly (Savoie), on dit:Partelet; en Dauphiné,partou. R. vieux français,parter, diviser, partager.PARTICIPER, v. a. Communiquer, faire part de, informer de.Participer une nouvelle, participer un événement. MrN** a négligé de nous participer le mariage de sa fille.† PARTICULIARITÉ, s. f.Que dis-tu de ce bon rencontre, Christophe? N'est-ce pas une particuliarité?Terme vieux français. Écrivez et prononcez «Particularité.»PARTIE, s. f. Ne dites pas:Faire une partie aux boules, faire une partie aux quilles, etc. Dites: Faire une partieDEboules, faire une partieDEquilles, une partieDEbillard.PARTI-MEYTI. Locution moitié patoise, moitié barbare, qui revient à: «Partageons,» et qui se dit ordinairement après une trouvaille faite en commun.Partirouparter, en vieux français, signifie: «Partager,» etmeytioumeytîa, en patois, veulent dire: «Moitié.»PARTI ROULANT, s. m. Se dit d'un jeune homme qui est mûr pour le mariage, riche ou en position de le devenir.MrN** est un parti roulant. Il y avait à ce bal trois ou quatre partis roulants.Cette expression, qui appartient à la conversation familière, n'est pas inconnue en Savoie et dans le canton de Vaud. Je demandais à une bonne paysanne du Chablais quel âge à peu près devait avoir un riche célibataire pour être appeléparti roulant: «Tant plus vieux, tant meilleur,» me répondit-elle.† PAS, adv. interrogatif. N'est-ce pas?C'est après-demain la foire à Gaillard, pas? Dis-donc, Moïse, les raisins sont mûrs, on ira à la picôte, pas?Terme des gamins.PAS MOINS, conj. Cependant, néanmoins.Elle avait dit et répété: «Je n'irai plus au bal,» et pas moins elle y retourne.Terme français populaire.PAS PLUS, loc. adv. Non certes, point du tout, aucunement.Votre cousin a-t-il réussi dans sa requête?—Pas plus. On dit que vous pensez à vous marier, Mamzelle Gothon.—Moi, Monsieur, pas plus: et qui est-ce qui me voudrait?PAS RIEN QUE, est une expression incorrecte dans les phrases suivantes:Il n'y a pas rien que lui qui souffre. Il n'y aura pas rien que vous deux de punis, etc. Dites: Il n'est pas le seul qui souffre. Il y en aura d'autres que vous deux de punis.PASSAGER, ÈRE, adj. Passant, passante; fréquenté, fréquentée.Chemin passager, rue passagère.Terme français populaire.PASSÉE, s. f. Terme de vigneron. Le temps de la floraison des vignes.Il faut beaucoup de chaleur pour que la passée se fasse bien.[Glossaire deGaudy.]PASSÉE, subst. f. Tournée, passage de quelqu'un.Première passée, deuxième passée du facteur de la poste aux lettres. As-tu soin, Octavie, de cueillir mes graines de capucines?—J'ai déjà fait ce matin deux passées.PASSE-GENT, s. m. Nos jeunes garçons appellent ainsi un jeu qui consiste à sauter, de distance en distance, les uns par-dessus les autres.Jouer à passe-gent.Terme languedocien. En français, ce jeu s'appelle Coupe-tête.PASSER AU BLEU, v. a. (fig.) Tuer, faire mourir.Quelle nouvelle a-t-on de notre lieutenant?—Il a été passé au bleu.Français populaire.PASSE-ROSE (UN).Un beau passe-rose.Ce mot est féminin.PASSET ou PASSEY, s. m. Échalas. La plupart des dialectes populaires de France, de Suisse et de Savoie ont ce terme, plus ou moins modifié. Dans le vieux français on disait:Pesseau; en grec,passalos, et en latin,paxillus.PASSIONNER, v. a. Ce verbe n'est pas français, dans le sens de: Aimer avec passion. Ne dites donc pas:Cette dame passionne les romans. La jeunesse passionne les voyages. Nous passionnons tous la paix et la liberté.PASSIORET, s. m. Petit passage, ouverture pratiquée dans une haie pour les piétons. Terme savoisien. Dans le dialecte du Berry,passièreveut dire: «Chemin.»PASSON, s. m. Terme des campagnards. Échelon. En Champagne,passetveut dire: Petit marche-pied.PATACHE ou PATASSE, adj. et subst. Lambin, lambine.PATACHER ou PATASSER, v. n. Lambiner.PATACHERIE et PATASSERIE, s. f. Lenteur extrême, nonchalance.PATAPOUF, s. m. Homme corpulent et lourd.Un gros patapouf.Terme savoisien, picard, rouchi, etc.† PATARAFE, s. f.Mettre sa patarafe.Terme français populaire. L'expression véritable est: Mettre son parafe.† PATARAFER (SE). Faire son parafe.PATENAILLE, s. f. Pastenade, carotte jaune.Plucher des patenailles. Salade aux patenailles.Terme vaudois, valaisan et jurassien, usité aussi dans le Chablais et le Faucigny. A Rumilly (Savoie), on dit:Parsenaille; en vieux français,pastenaille. R. lat.pastinaca.PATENOCHAGE, s. m. ou PATENOCHERIE, s. f. Lambinerie.PATENOCHE, s. f. Lambin, lambine; nonchalant, nonchalante.PATENOCHER, v. n. Lambiner.PÂTÈRE (UN).Un pâtère à vis. Assujettir un pâtère.Dites: «Une patère» (abref). Sorte de crochet qui sert dans l'ameublement à différents usages. R. lat.patera, coupe.PATET, ÈTE, subst. et adj. Lambin, qui fait tout lentement et mollement.Un écolier patet; une servante patète. Il est si patet qu'il vous ferait grimper les murs.Terme suisse-roman, savoisien, lyonnais et méridional. Dans le Midi,patetsignifie plutôt: Vétilleur, chipotier, tatillon, scrupuleux à l'excès, difficile à contenter. A Genève,patetse dit aussi des choses.Un travail patetest celui qui exige des soins très-minutieux.Une bouilloire patèteest celle qui met beaucoup de temps à cuire.PATETAGE, s. m. Lambinerie, acte d'un lambin.PATETER, v. n. Lambiner, s'occuper longuement de minuties.PATÈTERIE, s. f. Lambinerie, barguignage, tatillonnage.Cesse tes patèteries, Joseph, et viens nous aider à scier le bois.PATIENCE, s. f. Sorte de petite pâtisserie ronde, de la grandeur d'une pièce de cent sous et de la nature des massepains.Un cornet de patiences.PATIN, s. m. Braie, linge dont on enveloppe les petits enfants, et par-dessus lequel on met le lange.Faire sécher des patins.Terme suisse-roman et savoisien.PATIÔCAGE, s. m. Lambinerie.PATIÔQUER, v. n. Lambiner. Augmentatif du verbepateter.PATI-PATA. Onomatopée par laquelle on exprime les redites et le bavardage étourdissant d'une personne qui babille sans cesse.PATOCHON, s. m. Lambin.PATOUFLE, s. m. Lourdaud.Un gros patoufle.Terme savoisien. En rouchi:Patouf. Dans le patois du bas Limousin,patouflésignifie: Joufflu; en provençal,patufeouveut dire: Dadais, benêt.† PATRACLE, s. f. Patraque.PATRACLER, v. n. Travailler avec mollesse et lenteur; ne pas avancer dans son ouvrage. [P. G.]PATRIGOT, s. m. Patrouillis, margouillis, boue liquide.Se mettre dans le patrigot.Terme suisse-roman et savoisien.Patrigots'emploie aussi figurément et signifie: Tracas, embarras dont on ne pourra sortir que difficilement; affaire épineuse et désagréable.Le voilà depuis six mois, et par sa faute, dans un fameux patrigot.En provençal,patrigoetpatricotsignifient: 1oMic-mac, manigance, pratique secrète; 2oTracasserie, embarras.PATRIGOTER, v. n. Patauger, marcher ou s'enfoncer dans la boue épaisse, dans lepatrigot.PATRIMONIAL, s. m. Doyen d'un cercle, doyen d'une confrérie.MrN**, patrimonial du cercle des Anonymes, vient de mourir.Le motpatrimonialest français, mais dans une acception différente.PATTE ou PATE, s. f. Chiffon, morceau de vieux linge, lambeau de linge usé et qui n'est bon qu'à faire du papier.Il mit sur sa coupure des toiles d'araignée en guise de patte. Ici on loue la Feuille d'Avis et on achète les pattes.Proverbialement,Avoir son béguin de patte, signifie: Être mort, êtreployé, être dans le linceul. Terme suisse, savoisien, franc-comtois et méridional. En Lorraine,pattesignifie: Étoupes de chanvre. A Lausanne, à Neuchâtel, à Lyon, à Besançon, lepattierest Celui qui ramasse les chiffons dans les rues. En français on appellepattière, La femme qui trie les chiffons à papier. Nous appelonspatte aux aisesoupatte des aises, La lavette, c'est-à-dire: le bout de torchon qui sert à laver la vaisselle. Nous appelonspatte soufrée, Une mèche soufrée;patte à bleuoupatte au bleu, Le sachet pour l'indigo.PATTE À COU, loc. adv.Porter quelqu'un à patte à cou, signifie: Porter à dos une personne qui se tient à notre cou avec ses bras, ou sespattes. Cette expression est surtout familière aux campagnards. A Genève nous disons:A cocochet. [P. G.]PATTE MOUILLÉE, s. f. Se dit d'une personne flasque, molle, lâche au travail et sans énergie.Je ne peux rien faire de votre apprenti: c'est un paresseux, c'est une patte mouillée.Terme suisse, savoisien et lyonnais. On dit en français, dans le même sens: «Un linge mouillé.»PAUFER, s. m. (Prononcez ler.) Levier en fer, avant-pieu.On plante les saules au paufer.Terme suisse. En Savoie:Pauferetpafer; dans le Dauphiné et le Languedoc,palfer. En vieux français,pausignifie: Pieu. Quelquefois, par exagération, nos dames appellentpaufer, Une grosse aiguille.PAUME, s. f. Balle, sorte de pelote ronde servant à divers jeux.Lancer une paume. Renvoyer la paume.Terme méridional.En français, «Paume» se dit du jeu lui-même et non de la balle.PAUME DE NEIGE, s. f. Pelote de neige, boule de neige.Jeter des paumes de neige. Se battre à coups de paumes de neige.Terme suisse.Paumer les passants, c'est: Leur lancer despaumesde neige.PAUNER ou PÔNER, v. a. Payer sa quote-part, acquitter sa dette; contribuer.On saura bien le faire pôner comme les autres.En vieux français,ponersignifie: Poser, mettre, déposer. R.pono.PAUVRE, s. m. Nous disons proverbialement:Rire comme des pauvres, pour: Rire de bon cœur, rire à ventre déboutonné.La soirée fut divertissante: nous y avons ri comme des pauvres.En Bretagne,Être gai comme des peillotoux, signifie: Être gai comme des déguenillés.PAUVRE (UNE). Une mendiante.Ne renvoyez pas cette pauvre.Les dictionnaires disent: «Une pauvresse,» expression inconnue chez nous, et probablement ailleurs.PAVANE, subst. fém. Farce.Regarde ces déguisés, Joson! quelle pavane!S'emploie aussi adjectivement.Que cette chanson est pavane!c'est-à-dire: Qu'elle est plaisante; qu'elle est bouffonne!† PAVIR, v. a. Paver.† PAVISSEUR, s. m. Paveur. Terme savoisien.PAYER, v. a. (fig.)Il me la payera! Vous me la payerez tous! Il faut qu'on me la paye!Dites, avec le masculin: «Il meLEpayera! Vous meLEpayerez! Il faut qu'on meLEpaye!» c'est-à-dire: J'aurai ma revanche.PAYER UN GAGE. Terme de certains jeux. Dites: Donner un gage.Ma lourdise fut grande à tous ces jeux, et l'on me fit payer quatre gages.Expression méridionale. Le gage n'est pas unpayement, c'est une garantie du payement: on ne paye que quand on retire le gage.PEAU DE SOURIS, s. f.Se mettre en peau de souris pour quelqu'un, signifie: Se dévouer à lui corps et biens; embrasser ses intérêts chaleureusement et quoi qu'il en puisse coûter.PEBLACHE, adj. des 2 genres. Terme des campagnards. Sec et mou. Se dit d'un légume de la famille des crucifères, qui n'a plus sa fraîcheur primitive; qui s'est durci en perdant sa saveur.Un ravonet peblache. Des raves peblaches.On dit aussi:Bllache(llmouillés).PÊCHERONGE, s. f. Pavie, sorte de pêche.PÊCHE SANGUINE. VoyezSANGUINEPÊCHIER, s. m. Pêcher, arbre qui porte la pêche.Des pêchiers en plein vent.Terme français populaire et vieux français.PÉCLET, s. m. Loquet d'une porte.Trouvant la porte fermée, nous commençâmes à sigougner le péclet.Terme suisse et savoisien. En Franche-Comté on dit:Pècle.PÉCLET, s. m. Montre, petite horloge de poche. Terme badin.PÉCLOTIER, s. m. Horloger. Terme badin ou dérisoire.Un pauvre péclotier; un mauvais péclotier.PECOU ou PÉKEU, s. m. Terme des campagnards. Le pédoncule, la queue d'un fruit.Le pecou d'une poire; le pecou d'une cerise, etc. Mot provençal et vieux français. On dit à Lyon:Picou, et en Languedoc,pecoul.PÉCUGNE, s. f. Pécune, argent comptant.PÈGE ou PÈGUE, s. f. Poix, matière résineuse. Ces motspègeetpègueappartiennent aux dialectes du Midi et au vieux français. Nous disons figurément d'une personne dont les conversations ou les visites fatiguent par leur longueur:C'est une pège. Quelle scie! quelle pège que ce Dorival!Pèges'emploie aussi adjectivement.T'aperçois-tu que le papa N** devient un peu pège?PÉGEUX, EUSE, subst. Lambin, traînard.PÉGUER, v. n. Enrager, pester.Regardez tous comme il bisque! Regardez comme il pègue!Terme trivial.PEIGNE, s. m. Nous disons proverbialement:Être sot comme un peigne, pour: Être ébahi, être stupéfait.Il persistait à nier; mais quand on lui montra sa signature, il demeura sot comme un peigne.PEIGNER (SE), v. récip. Se battre. Nous disons figurément et proverbialement:Voilà où les chats se peignent, pour: Voilà où est la difficulté, voilà où est l'obstacle.PEIGNETTE, s. f. Peigne fin.PEILLE, PEILLOT, PEILLON, et PEILLOU, s. m. Brou, écale, coque, couverture extérieure des noix, des noisettes et des amandes. Terme vaudois et savoisien. Dans le canton de Vaud,piller des noixsignifie: Écaler des noix; etnoix pillettesveut dire: Noix débarrassées de leur enveloppe. En Lorraine,piller des pois, piller des fèves, signifie: Les écosser.PÈLE, s. m. Nom que les enfants des environs de Genève donnent à une noix ou à un noyau de pêche, qu'ils façonnent et polissent avec du grès, et dont ils se servent pour jouer à la droite, aux noix ou aux noyaux de pêche. [P. G.]PÈLERINE, s. f. Biscuit long et mince, très-léger, qu'on appelle à Paris: Biscuit à la cuiller.Saucer des pèlerines dans du sirop.Terme savoisien.PELLE, s. f. Rame, aviron.Aller à la pelle, signifie: Ramer, naviguer à l'aide des rames. En français, «Pelle d'aviron» se dit quelquefois de la partie plate de l'aviron, laquelle entre dans l'eau quand on rame.PELLE, s. f. Bêche.Labourer à la pelle, c'est: Labourer à la bêche. LeComplémentdu dictionnaire de l'Académie dit: «Pelle-bêche, espèce de bêche.»P'ENCORE, loc. adv. Pas encore. [P. G.]PENDEAU, s. m. Trochet, bouquet, glane, botte.Un pendeau de cerisess'appelle en français: Un trochet de cerises.Un pendeau de poiress'appelle: Une glane de poires. Ce terme dependeauest connu à Moudon (canton de Vaud), à Neuchâtel et sans doute ailleurs.PENDILLON, s. m. Morceau d'étoffe, ruban qui pendille et annonce le désordre ou le manque de goût.PENIN, s. m. Salaire, argent qui est le produit d'un travail.PENNE, s. f. Panne, graisse du ventre d'un porc.Une penne de lard.Terme suisse et savoisien.PENOT, OTTE, adj. (obref.) Penaud, penaude.A cette rencontre imprévue, elle demeura penotte et interdite.PENSER DE. Projeter, avoir l'intention de, avoir dans l'idée de.Penses-tu de sortir dimanche, s'il fait beau?—Sans doute, je pense de t'accompagner à la Bellotte.Dites: Je pense à t'accompagner. [Acad.]PENSER (SE). Penser, croire, s'imaginer.Quand on a frappé à la porte, nous nous sommes bien pensé que c'était toi. En voyant les hirondelles voler si bas, je m'étais bien pensé qu'il pleuvrait.Cette locution, fort répandue en Suisse, en Savoie, en Franche-Comté, en Dauphiné et dans tout le Midi, appartient au vieux français. Ce n'est donc point une locution qui soit particulière à notrepatois, comme le ditM. Sainte-Beuve, dans laBiographie de Töpffer.PENSION, s. f. L'expression:Prendre pension, si connue, si usitée chez nous, ne se trouve dans aucun dictionnaire, ni dans aucun Glossaire.Vous voilà donc, Monsieur, pour quelque temps à Genève: où prendrez-vous pension?c'est-à-dire: Où prendrez-vous vos repas?PENTE, s. f. (fig.)Se donner une pente de quelque chose, signifie: En prendre autant que l'on peut, en user largement et à cœur joie.Se donner une pente de travail; sedonner une pente de petit blanc; se donner une pente de bals masqués, une pente de concerts, etc. Expression qui appartient au style le plus familier.PENTECÔTE, s. f. Nous disons comme les Gascons:La fête de Pentecôte; le jour de Pentecôte, etc.; et je trouve dansSENEBIERla phrase suivante: «Les décisions du Synode de Lausanne sur les fêtes de Noël, de l'Ascension etde Pentecôte.» [Histoire littéraire de Genève, t. Ier, p. 186.] Il faut dire, en ajoutant l'article: La fête deLAPentecôte, le jour deLAPentecôte; les sermons deLAPentecôte.PÉPINÉRISTE, s. m.Un pépinériste achalandé.Terme français populaire. On doit écrire et prononcer Pépiniériste.PERCE-NEIGE (UN). Sorte de plante qui fleurit en plein hiver. Ce mot est féminin. «Une perce-neige.»PERCER, v. a. Nous disons d'un petit enfant à qui les premières dents viennent:Il a percé ses premières dents. L'expression française est: Les premières dents ont percé à cet enfant; les premières dents sont venues à cet enfant.PERCET, s. m. Foret, vrille, perçoir, percerette. On dit en Valais:Perceret.PERCHETTE, s. f. Sorte de menu poisson, petite perche.PERCLUE, adj. f.Cette pauvre femme était perclue de froid, perclue de douleurs.Terme français populaire. L'adjectif «perclus» fait au féminin «percluse» et non pasperclue.PERDRE, v. n. Quand nous disons d'une jeune fille, d'une jeune dame:Elle perd, elle a perdu, elle commence à perdre, cela signifie que: Sa beauté, sa fraîcheur, son éclat diminuent, ont diminué, commencent à diminuer. Ce sens du verbe «Perdre,» si usité chez nous, n'est pas dans les dictionnaires.PERDRIGONE, adj. f.Une prune perdrigone.Dites: Une prune de perdrigon, ou: Un perdrigon. Un perdrigon blanc, un perdrigon violet. Dans le Languedoc, le Limousin et leDauphiné, on dit:Une perdigone; à Marseille,une prune pardigone.PERD-TEMPS, s. m. Se dit de tout objet qui invite à muser et à perdre le temps.Un chien, un oiseau, un chat, une pipe, deviennent quelquefois un perd-temps, un agréable perd-temps.PÉRIN ou PÉRAIN, s. m. Canepin, pessonure, rognures de peau blanche et fine, pour effacer les traits au fusain.PERNETTE, s. f. Petit scarabée, d'un beau rouge moucheté de noir. C'est la définition qu'en donneTöpfferlui-même dans lePresbytère.PÉRORER, v. a.Pérorer une assemblée. Il nous pérora de son mieux, mais il ne parvint pas à nous convaincre.«Pérorer» est un verbe neutre. «Voyez comme il pérore! Écoutez-le pérorer.»PERRUQUE, s. f. (fig.) Remontrance, mercuriale.On lui a donné sa perruque.PERRUTIER, s. m. Orthographe et prononciation vicieuses du mot «Perruquier.»PERSÉCUTER DE, suivi de l'infinitif.Je le persécute de partir; il me persécute de le suivre, etc. Ce régime du verbe «persécuter» est inconnu aux dictionnaires: ce qui ne veut pas dire qu'il soit vicieux.PESATU, s. m. Terme rural. Blé, seigle et vesces (pesettes) que l'on sème pêle-mêle et que l'on récolte à la fois sans faire de triage.Farine de pesatu; pain de pesatu.[P. G.]PERTANTAINE, s. f.Courir la pertantaine.Dites: Courir la pretantaine.PÉTALE (UNE). Ce mot est masculin: «Un pétale,» c'est-à-dire: Chacune des pièces qui composent la corolle d'une fleur.PETARD, s. m. (fig.) Nous appelonsfront de petard, le front d'un homme qui ne rougit plus, le front d'un hommeéhonté.Insensible à ce reproche, il continua de se défendre avec un front de petard, c'est-à-dire: Avec une audace et une effronterie achevées. Expression fort triviale, mais fort répandue.PETARD, s. m. (fig.) Horion, mornifle.Donner un petard; flanquer un petard; appliquer un petard.PETARD, s. m. Canonnière, tube de sureau dont on ôte la moelle, et dont les enfants se servent pour chasser, par le moyen d'un piston, de petits tampons de papier mâché. Terme méridional.PÉTAVIN, s. m. Espèce de framboise noire, qui croît dans les lieux humides et surtout le long des rivières. Selon leVocabulaire dauphinoisde MrChampollionaîné,peitavinsignifie: Osier.PETÉE, s. f. Foule, quantité.Une petée de monde; une petée de curieux. Vite, vite, tire ton cerceau: tu as une petée de perchettes.PETER, v. n.Faire peter son fouet.Dites: Faire claquer son fouet.PETER, v. n. Nous disons d'un vin dur et acide:C'est un vin à faire peter les chèvres.Les dictionnaires disent plus décemment: «C'est un vin à faire danser les chèvres.»PETEUX, s. m. Lâche, poltron, pleutre, couard, peteur.Dans le plus fort de la dispute, il s'alla cacher comme un peteux.Terme français populaire.PÉTIAFFE, adj. des 2 genres. Sans force, sans vigueur, faible, bon à rien.Je suis encore tout pétiaffe, et je puis à peine me soutenir.Se dit aussi d'un fruit pourri:Une pomme pétiaffe.PETIOLET, ETTE, adj. Très-petit, très-chétif.PETIOT, OTE, adj. Petit, très-petit, exigu.Tu me donnes là un morceau de pain bien petiot.Terme vieux français.Petiotest aussi substantif.Où sont vos petiots?(où sont vosjeunes enfants?)Montrez-nous donc vos braves petiots?Petiouse dit quelquefois pour:Petiot.PETIT (LE). Terme du jeu de boules. Le but, le cochonnet.Lancer le petit; s'approcher du petit; baucher le petit.Terme méridional, etc.PETIT, s. m. Jeune enfant, jeune fils d'un tel.Vos petits sont-ils en bonne santé?—Notre petit a la rougeole.Petit, dans ce sens, n'est pas français. Le fémininpetitepourrait mieux se dire.PETIT-BOIS, s. m. Menu bois.PETIT-LOUIS, s. m. Courlis ou courlieu, oiseau aquatique.PETIT-PEU (UN). Très-peu, tant soit peu.PETOLLE, s. f. Crotte, fiente de certains animaux, comme chèvres, brebis, lapins, souris. En vieux français:Petelle; en provençal,peto.PETON, s. m. Terme enfantin. Le pied d'un petit enfant.Elle a bobo à son peton.Dans le canton de Vaud on dit:Piétonoupioton.PÈTRÀ ou PEITRÀ, s. m. Manant, rustre, pacant, butor, grossier personnage. Terme normand, breton, etc.PÈTRE ou PEITRE, s. m. Gésier, estomac.Le pètre d'une poule; le pètre d'une dinde.Terme suisse et savoisien. On le dit quelquefois, mais trivialement, en parlant des personnes.Nos individus ne quittèrent la table qu'ayant le pètre bien garni.Pètrese dit aussi d'un gros goître.PÉTREUX, s. m. Goîtreux.PÉTRISSOIRE, s. f. Pétrin, huche, coffre à pétrir le pain. Terme suisse, savoisien, franc-comtois, etc. Quelques dictionnaires modernes disent au masculin: «Un pétrissoir.»PÉTRONER (SE), ou SE PÉTROGNER, v. pron. Se dit d'un enfant qui, dans les bras de sa nourrice ou de sa mère, a l'air de se dorloter, et témoigne son contentement par un certain bruit du gosier.PETTE, s. f. Bagatelle, chose de nulle valeur.Pour toutes vos peines, vos courses, vos écritures, vos correspondances, la famille du défunt vous a envoyé deux couverts d'argent: la belle pette! Voilà vraiment une belle pette! Ils ont fait là une belle pette!Ce terme, très-familier et même trivial, se retrouve dans le patois rouchi, où il signifie: Peu de chose, rien. [Voyez leDictionnaire rouchi-françaisdeHécart, 3meédition.] Voyez aussi le motpeto, dans leDictionnaire provençaldeM. J.-F. Avril.PEU (UN), s. m. N'est pas français dans le sens de: Un peu de temps.Il y a un peu que je n'ai vu ton frère. Il y a un peu que la diligence est partie.PEU (UN).Prête-moi un peu ton couteau. Donne-moi un peu cette échelle, etc. Dans cette phrase et les phrases analogues,un peuest inutile et vicieux.PEUGET, s. m. Suc ou jus qui se forme dans le tuyau et le fond d'une pipe par la salive et la vapeur du tabac.PEUR, s. f.À moi la peur si.....Espèce d'affirmation qui revient à la suivante: Je veux être pendu si.....Tu veux donc toujours me désobéir, Janot; mais à moi la peur si je ne t'enferme pas dimanche prochain. Puisque Du Rosier refuse obstinément de me payer, à moi la peur si je ne lui envoie pas une assignation.PEUR, s. f.Qu'as-tu peur? Qu'avez-vous peur?Expressions fort usitées chez nous et ailleurs. Pour parler grammaticalement il faut dire: De quoi as-tu peur? De quoi avez-vous peur?PHIBOSETTE, s. f. Fille ou femme démesurément petite et contrefaite. VoyezMÉPHIBOSET.PIÂLER, v. n. Piailler, piauler.PIAILLARD, ARDE, adj. et s. Piailleur, criard. Français populaire.PIAILLÉE, s. f. Piaillerie, criaillerie.Faire des piaillées. Finissez donc vos piaillées.PIANOTTER, v. n. Terme dérisoire. Jouer du piano.PIAPEU, s. m. Renoncule des champs. Terme connu aussi dans le canton de Vaud. Le dictionnaire de MrBescherelledit: «Piapan.»† PIASTRE (UN). Une piastre.Aimer le piastre, aimer l'argent.Goûts piastreux, goûts excessifs de s'enrichir.Homme piastreux, homme riche.PIAUTE, s. f. VoyezPIÔTE.PIC, s. m. Terme français, qui signifie: Pivert. Nous disons proverbialement d'une personne maigre et sèche:Elle est maigre comme un pic. Cette expression est sans doute moins usitée ailleurs que chez nous, puisqu'elle n'est pas consignée dans les dictionnaires.PICAILLONNER, v. n. Liarder, lésiner, faire des économies mesquines, mettre avaricieusement sou sur sou.Son plus grand bonheur est de picaillonner.Lepicaillonétait une petite monnaie en usage dans le Piémont et la Savoie, et qui valait un centime. Nous disons encore d'une chose de nulle valeur:Cela ne vaut pas un picaillon; je n'en donnerais pas un picaillon.PICAILLONNEUR, s. m. Liardeur, avare.PICÂTA ou PECÂTA. Terme injurieux dont les paysans savoisiens se servent pour désigner les habitants de Genève et particulièrement les protestants. On explique très-diversement l'origine de cette dénomination. Dans le Berry,peccatasignifie: «Baudet.»PICAIRNE, s. f. VoyezPIQUERNE.PICATALON, s. m. Fourmi.Un nid de picatalons.PICHE, s. f. Chopine, petite mesure du pays. En français, «Pichet» est une sorte de vase à vin.PICHENETTE, s. f. Coup, taloche.Flanquer une pichenette.PICHOLETTE, s. f. Chopine, petite mesure du pays.Une picholette de vin. Boire picholette. Payer picholette.Terme vaudois et savoisien.PICOLON, s. m. Petit point.Indienne à petits picolons.Terme vaudois.Dîner au picolon de midi, signifie: Dîner au coup de midi, à midi sonnant. Nous disons qu'une montrefend le picolon, lorsqu'elle marche avec une parfaite régularité.Je puis vous donner l'heure exacte, car ma montre fend le picolon.PICOT, s. m. Sorte d'épingle longue et à grosse tête. En français, «Picot» signifie: Petite pointe qui demeure sur le bois quand ce bois n'a pas été coupé net.PICÔTE, s. f. Picorée, maraude.Aller à la picôte des raisins, à la picôte des noix.Terme consacré parmi les jeunes garçons.PIDANCE, s. f. Pitance.Le pain et la pidance.Terme français populaire. VoyezS'APIDANCER.PIDE, s. f. Semonce, réprimande.Donner une pide. Recevoir une pide. Tu as eu ta pide, et cela te venait.Terme vaudois.PIDE, s. f. Terme de certains jeux. Mesure, action de mesurer.Je veux de la pide(je veux mesurer).PIDER, v. n. Mesurer la distance d'un palet à un autre, la distance d'une boule à une autre, etc.Tu t'imagines tenir, mais je pense le contraire, et j'en veux de la pide, je veux pider.Terme vaudois et savoisien. R. lat.pes, pedis.PIDER, v. n. Abuter, c'est-à-dire: Jeter au but, tirer au but pour savoir qui jouera le premier.À qui est-ce à pider? Commence, Daniel, et ne pidons pas.PIDER, v. a. Terme des collégiens. Voler, dérober, filouter.Quel est celui de vous qui m'a pidé mon agate?PIED, s. m. Braie, drapeau, pièce de toile dont on enveloppe les petits enfants, et par-dessus laquelle on met les langes.Sécher un pied; changer un pied.Terme vaudois et savoisien. En Dauphiné,Donner les pieds à un enfant, signifie: Lui donner sa première robe.PIED, s. m.Tenir pied, est un terme du jeu de boules qui signifie: Piéter, c'est-à-dire: Tenir le pied à l'endroit qui a été marqué pour cela.PIED POTENT, s. m. Jeu d'écolier.PIEDS, s. m. pl. Nous disons figurément de quelqu'un qui, par des spéculations ambitieuses ou sottes, a perdu la position aisée où il se trouvait:Il s'est mis aux pieds ce qu'il avait aux mains.PIEDS, s. m. pl.Ne pas mettre deux pieds dans un soulier, est une expression figurée qui signifie: Agir promptement, mettre à l'exécution d'un message toute la diligence possible.Va nous louer un cabriolet, et surtout ne mets pas deux pieds dans un soulier.PIEDS AU CHAUD.Tenir à quelqu'un les pieds au chaud.Se dit d'une personne qui en soigne une autre dans des vues intéressées. On dira, par exemple, d'un neveu qui a de grands égards pour un oncle célibataire:Voyez comme il le cajole et le prévient; voyez comme il lui tient les pieds au chaud.PIEDS BLANCS, s. m. pl.Il a les quatre pieds blancs.Se dit de quelqu'un qui a ses entrées libres et ses coudées franches dans une maison.PIERRE À BERNARD ou PIERRE À BERNADE. Se dit d'une distribution d'argent ou de bonbons que les riches paysans, le jour de leurs noces, font aux enfants de la commune. L'ancienGlossairefait erreur quand il dit que cet usage a cessé dans notre canton. [P. G.]PIERRE À FEU, s. f. Pierre à fusil, pierre à briquet.Les capsules auront bientôt remplacé partout les pierres à feu.Terme suisse et savoisien.PIERRES, s. f. pl. Nous disons figurément d'une personne qui est au comble du malheur:Elle est malheureuse comme les pierres. Expression proverbiale connue en Picardie, et sans doute ailleurs. Les dictionnaires français disent: «Être malheureux comme un chien qui se noie.»PIF-POUF, s. m. Homme gros, ventru et de petite taille. En français, «Piffre» signifie: Gros, replet.PIGEONNIÈRE, s. f. Pigeonnier, colombier.PIGNOCHER, v. n. Peindre à petits coups, peindre sans hardiesse. Dans les dictionnaires, «Pignocher» signifie: Manger négligemment, manger sans appétit et du bout des dents.PIGNOCHEUR, s. m. Tatillon,patet.PIGNOLET, s. m. Nom que les campagnards donnent à la plante appelée en français: «Thym.»Brouter le pignolet.Terme vaudois.PILE, s. f. Volée de coups, étrillée.Donner une pile à quelqu'un, le rosser. Terme connu dans le Berry, en Savoie et ailleurs.PILON, s. m. Mortier.Pilon de fonte, pilon de marbre. L'escamoteur mit la montre dans le pilon et la brisa.Terme suisse et savoisien. En français, «le Pilon» est l'instrument avec lequel on pile dans le mortier.PILVINETTE, s. f. Épine-vinette, sorte d'arbrisseau.Tablettes à la pilvinette.Dans le français populaire on dit:Pinevinette.† PIMPILVINETTE, s. f. Épine-vinette.† PIMPINIÈRE, s. f. Pépinière. PIMPINIÉRISTE, s. m. Pépiniériste.PINCE, s. f. Terme de couturière. Troussis, pli fait à une robe, à une jupe pour la raccourcir.PINÇOTTER, v. n. Terme de nos anciennes fabriques d'indienne. Travailler au pinceau.PINÇOTTEUSE, s. f. Ouvrière qui, dans nos anciennes fabriques d'indienne, mettait les couleurs.PINIOUF ou PIGNOUF, s. m. Dénomination dérisoire. Soldat du centre dans la réserve.PINTE, s. f. Cabaret, taverne, gargote, bouchon.Hanter les pintes. S'attabler dans une pinte.Terme suisse-roman. En français, «Pinte» est le nom d'une mesure pour le vin, et «Pinter» signifie: Faire débauche de vin.» [Acad.]PIOCHAT, s. m. Sittelle torche-pot, oiseau.PIOGRE ou PIOGUE.Envoyer quelqu'un à Piogre, c'est: L'envoyer promener bien loin, l'envoyer se faire pendre, l'envoyer au di....Si tu répliques encore, petit drôle, je t'envoie à Piogre, je t'envoie à Piogre ferrer les chats.Ce mot dePiogreest peut-être une altération du motpiautre; car dans le français populaire,Envoyer au piautre, c'est: Envoyer au di.... Peut-être aussiPiogreest-il le nom d'une ville imaginaire, censée fort éloignée de nous. En Languedoc on dit dans ce dernier sens: Envoyer quelqu'un àPampeligoust: c'est le nom languedocien de la ville de Pampelune.PION, PIONNE, adj.Être pion, être ivre.PIONS, s. m. pl. Nom d'un jeu que les petits garçons jouent assis à terre avec neuf petits cailloux, qu'ils font sauter alternativement en l'air pour les recevoir dans la main. On ne peut se faire une idée exacte de ce jeu qu'en le voyant jouer aux enfants. [P. G.]PIORNE, s. f. VoyezPIOURNE.PIÔTE, s. f. Patte.La piôte d'un oiseau, la piôte d'un chien, d'un chat, etc.Une écriture en piôtes de mouche.Terme vaudois et savoisien. Les chasseurs donnent les noms depiôtes rougesetpiôtes noiresà certains oiseaux qui vivent sur les bords du lac.† PIOTON, s. m. Piéton.Trottoir pour les piotons.PIOTONNER, v. n. Piétiner, remuer les pieds avec vivacité. Se dit des enfants qui s'essaient à marcher. Dans le français populaire on dit:Piétonner.PIÔTU, UE, adj. et subst. Boiteux, clopinel.PIOULER ou PIULER, v. n. Piauler, crier comme les poulets. Se dit aussi des jeunes enfants qui pleurent et se lamentent.Piulerappartient au vieux français.PIOU-PIOU, s. m. Dénomination badine par laquelle on désigne un soldat du centre dans le contingent. On appellepiou, dans le dialecte du Berry, le plus petit poulet d'une couvée. [Vocabulaire du Berry, p. 85.]PIOURNE ou PIORNE, s. f. Femme ennuyeuse, qui se plaint et qui gronde habituellement.Oh! la sotte piourne! Tais-toi, piourne!Terme vaudois.PIOURNER et PIORNER, v. n. Se plaindre continuellement. Terme vaudois.PIPER, v. n. et act. S'emploie surtout avec la négation:Ne pas piper, ne pas piper mot, et signifie: Ne pas souffler mot, ne pas répondre.On l'a fortement réprimandé et il n'a pas pipé mot.Terme français populaire.PIPETTE, s. f. Pipe de tabac, petite et mauvaise pipe. Terme languedocien. A Genève,pipettene s'emploie que dans cette locution:Cela ne vaut pas pipette, c'est-à-dire: Cela ne vaut rien, cela ne vaut absolument rien. En français on dit: Cela ne vaut pas une pipe de tabac.PIPI, s. f. Pépie, petite peau blanche qui vient sur la langue des oiseaux et qui les empêche de boire.Avoir la pipi: ôter la pipi.PIQUÉE, s. fém. Douleur vive et de courte durée.Une piquée de mal de ventre.PIQUE-PRUNES, s. m. Garçon tailleur. Dénomination badine ou dérisoire.PIQUER, v. a. Picoter.Piquer des raisins. Cueillez des grappes, mes amis, je vous le permets; mais ne piquez pas.Terme savoisien, gascon, etc.PIQUER, v. a. Se dit des oiseaux, et signifie: Manger.Nos deux chardonnerets commencent à piquer seuls.Expression languedocienne, etc.PIQUER UNE FAUX. Terme des campagnards. Rebattre une faux, l'aiguiser.Piquer, dans le sens d'affiler, est une expression méridionale.PIQUE-RAVES, s. m. Tarier, oiseau.PIQUERNE, s. f. Chassie, humeur gluante des yeux. Terme suisse et dauphinois, formé par corruption du vieux mot françaisbigane, qui a le même sens, et qui n'est point inconnu dans la Franche-Comté.PIQUERNEUX, EUSE, adj. Chassieux.Des yeux piquerneux.PIRE, adv. Dans le langage populaire,pirea souvent le sens de «plus» et de «mieux.»Les deux cousines se chérissent: elles sont pires que des sœurs. Mon domestique fait tout dans la maison: il est pire qu'une servante.PIRE, adv.Comment va la santé, Guillaume?—Ça va de mal en pire.Dites: «De mal enPIS.»Pisest un adverbe qui signifie: «Plus mal.» (Mettre les choses au pis.) «Pire» est un adjectif, qui signifie: «Plus mauvais, plus méchant.» «Mon vin n'est pas bon, j'en conviens: mais le vôtre est pire.»PISSE, s. f. Urine.PITATEMENT, s. m. Course au galop, etc. VoyezPITATER.PITATER, v. n. Courir au galop, prendre le galop.Les jeunes garçons se plaisent à pitater dans la neige. Je les voyais pitater dans les sables limoneux de l'Arve.PITAUD, AUDE, s. et adj. Pataud, pesant, épais, patu.Un gros pitaud; une grosse pitaude. Quel pitaud d'enfant vousavez là!Dans le vieux français,pitaudsignifiait: Rustre, paysan. [Voyez leDictionnairedeRichelet.]PITON, s. m. Fouloir de vendange. [P. G.]PITONNER, v. a. Fouler aux pieds.Pitonner la vendange.Pitonner un duvet, comme font les chats avant de s'y endormir. Dans notre patois,pitenàsignifie: Piler, etpiton, s. m., signifie: Pilon. A Lyon,pitrognerveut dire: Écraser et broyer d'une manière malpropre.PIULER, v. n. VoyezPIOULER.PIVOINE, s. m. Sorte de fleur.Un beau pivoine.Ce mot est féminin.PLACARD, s. m. Armoire.Remuer un placard; transporter un placard.On appelle en françaisplacard, une armoire pratiquée dans un mur. En Suisse, en Savoie et dans le Midi, on désigne par ce terme toute espèce d'armoire.PLACARD, s. m. Grosse tache sur un plancher, sur une table, sur un vêtement.Un placard d'huile; un placard de suif; un placard de graisse.PLACE, s. f. Condition.Aller en place, dans le langage des domestiques, signifie: Aller en condition, aller servir.Entrer en place, signifie: Entrer en condition.L'Henriette part demain pour entrer en place.PLAINDRE, v. n. Gémir, pousser des gémissements, geindre.La pauvre Colette n'a pas cessé de plaindre toute la nuit; elle plaignait même en dormant; elle plaignait à nous fendre l'âme.Expression suisse, savoisienne et méridionale, qui se retrouve dans l'ancien français, et qui n'a point d'équivalent exact dans la langue des dictionnaires.PLAIN-PIED, s. m. Rez-de-chaussée.Habiter un plain-pied. Loger au plain-pied.Expression universellement répandue dans notre Suisse et en Savoie. Le mot de «Plain-pied» est français, mais il signifie autre chose. Voyez les dictionnaires.PLAINT (UN). Gémissement d'un malade.Faire des plaints; pousser des plaints. C'étaient des plaints déchirants.Terme vaudois, neuchâtelois, savoisien, limousin, etc. En vieux français,plaintveut dire: Complainte.PLAISIR, s. m.Se faire plaisir d'une chose, signifie: S'en donner le plaisir et en user largement; en jouir tout à l'aise.Voici une corbeille de cerises, mes enfants: faites-vous-en plaisir.Cette expression familière, très-usitée et très-originale, ne se trouve pas, que je sache, dans les dictionnaires.Ah! Marguerite, comme je t'envie ton joli châle jaune.—Ce châle jaune? tu peux facilement t'en faire plaisir: il ne coûte que 8 francs. J'ai trouvé ton aiguille de bas, Rosine.—Eh bien, fais-t'en plaisir, c'est-à-dire: Garde-la, et qu'elle te serve longtemps.PLAN ou PLANT, s. m.Laisser quelqu'un en plant, signifie: Le faire attendre fort longtemps, l'abandonner, le laisser dans l'embarras, le planter là.Ils me laissèrent en plant sur la route, c'est-à-dire: Ils me laissèrent sur la route comme si j'étais unplantet comme s'ils voulaient que j'y prisse racine. On dit dans le même sens:Rester en plant, être en plant, mettre en plant.Terme parisien populaire. Aucun dictionnaire n'a recueilli cette expression, qui a bien son mérite.PLAN, s. m. Gage.Mettre un habit en plan, le mettre en gage. Expression connue aussi à Paris et sans doute ailleurs.PLANCHER, v. a. Planchéier, garnir de planches le plancher inférieur d'un appartement.Il vaudrait mieux plancher cette cuisine que de la carronner.Terme français populaire. On disait en vieux français:Planchierouplanchéer. [VoyezGlossaire romandeRoquefort.]PLANELLE, s. f. Sorte de brique, sorte decarron.La plupart de nos cuisines sont carronnées(carrelées)avec des planelles.PLANTAPORET, s. m. Dénomination badine, par laquelle on désigne les habitants de la commune de Plainpalais, et principalement les jardiniers.Plantaporetest un mot patois qui signifie: Plante-porreaux, planteur de porreaux.PLANTER UN CLOU. Enfoncer un clou, le faire entrer.PLANTEUR D'ÉCHAPPEMENTS, s. m. Ce terme, de la fabrique d'horlogerie, n'a pas d'équivalent dans la langue des dictionnaires.PLANTON, s. m. Terme de jardinier. Jeune plant de fleur ou de légume.Planton de salade; planton de chou; planton de viollier. Plate-bande garnie de plantons.On dit en Dauphiné:Plantun.PLAQUE, s. f. Tache à la peau.Son éruption a entièrement cessé, mais il lui reste quelques plaques aux joues et au front.PLAQUE, s. f. Palet en cuivre ou en fer.Jouer aux plaques. Sa plaque touchait le but.PLAQUER, v. neutre. S'appliquer exactement contre.Il est bien fait, ton habit: il plaque bien. Faites bien plaquer ce miroir contre le mur. Ta bretelle ne plaque pas bien sur ton dos.PLAT, s. m. (fig.) Cancan, commérage, bavardage, médisance.Faire des plats. On vous a dit cela et puis encore cela.—Oui, sans doute.—Eh bien! ce sont autant de plats, autant de mensonges.PLATAISE, s. f. Platitude, bêtise, sottise.Dire des plataises. N'écoutons plus ces plataises.J.-J. Rousseaua dit dans le même sens:Platise, expression qui a été recueillie par quelques dictionnaires.PLAT DE LIT (À).Être à plat de lit, être malade au lit.Comment, Dubreuil, tu viens me voir sans ton frère!—Parbleu, mon frère, il est depuis deux jours à plat de lit.Cette expression remarquable, et qui est d'un constant usageà Genève, n'a pas été négligée parJ.-J. Rousseau. «Il n'y avait que l'excuse d'êtreà plat de litqui pût me dispenser de courir à son premier mot.» Nous disons quelquefois:Être au plat du lit.PLATE, s. f. Poisson de notre lac, sorte deféra. SelonDe Saussure, «laplatevit dans le golfe de Thonon, et se pêche rarement ailleurs.» [Voyage dans les Alpes, t. Ier, p. 16.]PLATEAU, s. m. Madrier, planche fort épaisse. Terme savoisien, franc-comtois et méridional. Dans le canton de Vaud et à Neuchâtel on dit:Éplateau.PLATELÉE, s. f. Platée, plat de nourriture chargé abondamment.Une platelée de raves; une platelée de boudins.Terme vieux français.PLÂTRE, s. m. Nous disons figurément:Faire plâtre de quelqu'un, pour signifier: Le turlupiner, le houspiller malicieusement, en faire le badeau de la compagnie.On a tellement fait plâtre de ce pauvre Delolme, qu'à la fin il s'est fâché tout rouge.Les dictionnaires disent: «Battre quelqu'un comme plâtre,» pour signifier: Le battre à outrance.PLÂTRIR, v. a. Plâtrer, enduire de plâtre.PLÂTRISSAGE, s. m. Plâtrage, action d'enduire de plâtre.PLEIN, prépos. de quantité. Nous disons de quelqu'un ou de quelque chose qui nous a beaucoup ennuyés, fatigués, vexés:J'en ai plein le dos.L'Académie dit: «Je le porte sur mon dos;» mais elle l'applique seulement aux personnes.PLEURER, v. actif.Pleurer la nourriture à quelqu'un, signifie: La lui reprocher, la lui plaindre.Le riche MrColnet est si avare, qu'il pleure le pain à ses domestiques, et qu'il se pleure la vie à lui-même. Léonard vient de faire un magnifique héritage, que personne sans doute nelui pleurera.Les dictionnaires ne donnent point de complément indirect au verbe «Pleurer.»PLEURNICHAGE, s. m. Pleurnicherie, larmes feintes, pleurs répandus sans véritable chagrin.Tes pleurnichages sont bien inutiles, tu seras puni.PLEUVIGNER, PLUVIGNER, PLEUVINER et PLUVINER, v. n. Pleuvoir menu, pleuvoir un peu.Il ne pleut pas, il pleuvigne; il commence à pluvigner.Termes suisses, savoisiens et lyonnais. Le dictionnaire deRobert Estienne(1605) dit:Plouviner. En Franche-Comté on dit:Plevigner: tous mots acceptables et dignes de figurer dans les dictionnaires.PLIANT (UN). Un lit de sangles.L'auberge était pleine, et tous les lits occupés: il fallut dresser quatre pliants.Terme suisse, franc-comtois, marseillais, etc.PLIÉ, PLIÉE, partic. (fig.) Mort, morte. VoyezPLOYÉ.PLIOGE, PLIOZE, ou PLIODZE, s. f. Terme patois fort connu. Pluie.Vaika la plliodze(llmouillés), voici la pluie. En vieux français:Ploge.PLOMBETTE, s. f. Terme d'architecture. Plomb.PLONGEON, s. m. Terme de nageur. Action de plonger, immersion.Faire un plongeon. Il fit deux ou trois plongeons et sortit de l'eau.Terme suisse, savoisien et méridional. L'expression française est: «FaireLEplongeon,» c'est-à-dire: Imiter l'oiseau appelé Plongeon.PLONGER (SE), v. pron. Terme de nageur.Aimes-tu te plonger, Alexis?—Oui.—Eh bien! allons nous plonger à cette barque.Se plongern'est pas français. Dites: Plonger, v. neutre. «Aimes-tu plonger? Allons plonger. Lequel de vous vient plonger?»PLOT, s. m. Billot, tronçon de bois, bloc de bois, tronc de sciage.Couper de la viande sur un plot. Faute de chaises, nous nous reposâmes sur deux plots.Terme suisse, savoisien,franc-comtois, berrichon, provençal, etc. Nous disons au figuré:Dormir comme un plot, pour: «Dormir d'un profond sommeil, dormir comme un sabot.» [Acad.]PLOT, s. m. Tronc pour les aumônes.La clef du plot.Ce terme a vieilli.Plotest aussi un terme de tir:L'arme sera sans coche sur le plot, et sans double détente.[GlossairedeGaudy.]PLOYÉ, ÉE, part. Mort, enveloppé du linceul funèbre.Tu voudrais bien que je fusse ployée, disait brusquement une lavandière à son mari.—Dis plutôt encrottée, répliqua l'époux. «Plié» s'emploie dans le même sens queployé.Depuis sa chute il ne traîna pas longtemps: après cinq jours il était plié.Expression savoisienne.PLUCHER, v. a. Éplucher.Plucher du légume; plucher des haricots; plucher de la salade. Cet enfant est toujours à se plucher le nez.En vieux français:Pluchoter.PLUCHURES, s. f. pl. Épluchures, pelures. On dit aussi:Pluchonsetpluches.PLUMACHE, s. f. Plumes d'ornement, plumet, panache.Un chapeau à plumaches.Terme suisse, savoisien, bressan, provençal, etc.PLUME, s. f.Mettre la plume à la mainsignifie: Se mettre à écrire, commencer à écrire. Les dictionnaires disent: «Mettre la main à la plume.»PLUMER, v. a. (fig.) Ronger, manger, dévorer.Les chenilles plumaient les branches de ce bel arbre.PLURÉSIE, s. f. Pleurésie.Gagner une plurésie.Terme suisse-roman, savoisien et français populaire.PLUS, adv. Est mis pour: «Plus de,» dans les phrases suivantes et phrases analogues:J'en ai plus peur qu'envie. Votre mari, Madame Philibert, va, dit-on, passer en Amérique.—A vous dire le vrai, Monsieur, j'en ai plus peur qu'envie.Dites: J'en ai plusDEpeur queD'envie.† PLUS BON. Meilleur.Prends ce poire, Vincent; il est bien plus bon que l'autre.† PLUS PIRE. Pire.Tu trouves ce vin mauvais; tu en bois du plus pire chez ta grand'mère.Français populaire.PLUVIGNER ou PLUVINER, v. neutre. Pleuvoir un peu. VoyezPLEUVIGNER.POCHÉ, ÉE, adj.Fruits pochés.Fruits que l'on a portés dans la poche pendant quelque temps. On dit en français: «Pocheté.»POCHE-L'ŒIL, s. m. Terme des collégiens et des gamins. Coup violent sur l'œil, et qui le fait enfler et bleuir.Recevoir un poche-l'œil.POCHON, s. m. Cuillère à potage, cuillère profonde et à long manche, dont on se sert à table pour prendre le potage dans la soupière.Pochon d'argent, pochon d'étain.Terme suisse et franc-comtois.POCHURE, s. f. Coup marqué au visage, meurtrissure au visage avec enflure.Pochure à l'œil; pochure au front. Recevoir une pochure; se faire une pochure.«Pocher» et «se pocher» sont français.POINT AU CÔTÉ, s. m. Point de côté, mal, douleur que l'on ressent au côté. Au figuré,point au côté(point de côté), se dit: 1oD'une personne qui nous est à charge; 2oD'une affaire embarrassante ou pénible. Français populaire.POINTET, s. m. Petite flèche qu'on met sur une arbalète pour tirer contre un but. [P. G.]POINTILLEUR, EUSE, adj. Pointilleux, euse. [P. G.]POINTU, UE, adj. (fig.) Malin, satirique, caustique, mordant.As-tu remarqué son air pointu? Elle nous répondit d'un ton bien sec et bien pointu: Cela ne vous regarde pas, Messieurs.Expression languedocienne. En vieux français, le motguillesignifie: «Pointe» et «ruse, malice.»POINTU, s. m. Lâche, insolent.POIRE (UN).Un bon poire; des poires blets. Aux poires! Aux beaux poires!Ce solécisme nous vient du patois, où ce mot est masculin (on peret).POIRE-À-BON-DIEU, s. f. Alize, fruit ou baie de l'aubépine. On dit aussi:Poire-de-bon-Dieuetpoire-au-bon-Dieu. Terme savoisien.POIRE CHARLON, s. f. Poire gros-romain.POIRE-ROME, s. f. Poire de bon chrétien.POIRE SIRE-JEAN, s. f. Poire de Messire-Jean.POIS EN GRAINS, s. m. pl. Petits pois.POIS GOURMANDS, s. m. pl. VoyezGOURMANDS.† POISON (LA).Boire de la poison; prendre de la poison.Ce mot a été féminin jusque vers la fin du dix-septième siècle.C'est une poison, se dit d'une femme très-méchante. Français populaire.POITE, s. f. Méchante femme.POLAILLE, s. f. Terme des campagnards. Poule.Une belle polaille. Une polaille grasse et dodue.En français, «Poulaille» signifie: Volaille.POLAILLON, s. m. Sobriquet que l'on donne populairement à un homme qui s'occupe des soins du ménage ou de choses trop minutieuses.Fanchette, ton Monsieur est un polaillon.On dit en français: «Un tâte-pouls.»POLATAILLE, s. f. Oiseaux d'une basse-cour, volaille.POLICE (LA), ou LA POLISSE. Les polissons, les enfants qui courent les rues pour y faire des espiègleries.Il faudra pourtant une fois mettre à la raison toute cette police. N'est-il pas vrai qu'étant gamins nous faisions la police ensemble?Terme parisien populaire, etc.† POLIE, s. f. Poulie.Ajuster une polie.Français populaire.POLIR, v. a. Dépenser en folles dépenses.Il a su en quatre années polir une fortune de 150,000 francs.POLITESSE (UNE). A Genève,faire une politesse à quelqu'un,veut dire: Lui offrir une collation, un dîner, un thé; l'inviter à une soirée dansante, à une partie de montagne, etc. Expression consacrée.† POLMON, s. m. Poumon.Un ragoût de polmons.En vieux français on dit:Poulmon; en Languedoc,palmon; en Franche-Comté et à Paris,pomon; à Chambéry et dans la Bresse,pormon.POMMEAU, s. m. Terme injurieux, qui équivaut à: Homme pesant, homme ennuyeux, hommesciant.POMMEAU, s. m. Nous disons:Une canne à pommeau d'argent; une canne à pommeau d'or. Il faut dire: Une canne à pomme d'argent, une canne à pomme d'or. Mais on dit très-bien: Le pommeau d'une épée, le pommeau d'une selle.POMMEAU, s. m. C'est ainsi qu'on désigne souvent un petit messager dans une fabrique ou dans un comptoir.POMME EN CAGE, s. f. Pomme enveloppée de pâte et cuite au four.POMME RAINETTE, s. f. Rainette, ou pommeDErainette.POMMIER D'AMOUR, s. m. Tomate, sorte d'arbrisseau, dont le fruit s'appelle:Pomme d'amour.POMPE À FEU, s. f. Ne signifie point en français: «Pompe à incendie.» Une pompe à feu est une machine hydraulique mise en jeu par la vapeur. Ne dites donc pas:Les pompes à feu arrivèrent quand le bâtiment était déjà consumé. Faute fréquente en Suisse et en Savoie.POMPER, v. n. Ce mot se dit d'un poêle ou d'une cheminée où le feu est allumé, et il signifie: Attirer l'air.Tu as bien de la fumée dans ta chambre, Édouard.—En effet, c'est que mon poêle ne pompe pas assez.POMPON, s. m.À nous le coq, à nous le pompon.Expression un peu vulgaire qui signifie: A nous le fion, à nous la supériorité. VoyezCOQ.PONT, s. m. Terme de maçon et de plâtrier.Dresser un pont; enlever un pont. Choisissez pour votre pont des planches solides.En France on dit: Échafaudage. Dresser un échafaudage.PONTENAGE, s. m.Payer les droits de pontenage.Terme suisse, savoisien et vieux français. On dit actuellement: Pontonage.PONTET, s. m. Chantier, pièce de bois sur laquelle on pose les tonneaux dans une cave.Établir des pontets.Terme suisse-roman.PORPE ou POURPE, s. f. Poulpe, partie charnue de la viande.Prenez ce morceau, Madame, c'est tout pourpe.PORPU, UE, adj. Charnu, garni de chair. Au sens figuré, nous disons d'une chose excellente, d'une chose très-belle en son genre:C'est du chenu et du porpu, c'est-à-dire: C'est du très-beau, c'est du très-bon.PORTAIL ou PORTAL, s. m. Grille.Portail en fer; portail en bois. Ouvrir les portails.Terme méridional. En français, «Portail» se dit de la façade ou de la principale porte d'une église.PORTÉE, s. f. Distance convenable.Mettez-vous à portée(à la portée)afin de pouvoir entendre.Ne lâche pas encore ton coup de fusil: tu n'es pas à portée(à la portée).Mettez ce fumier à portée, c'est-à-dire: Mettez-le près de l'endroit où il doit être employé.Les canons n'étaient pas à portée.Selon les dictionnaires, «Être à portée» se dit des personnes et signifie: Être dans une situation convenable pour faire quelque chose.PORTER PERTE. Nuire, être nuisible, tourner à préjudice.Ce nouveau magasin nous portera perte. Si tu renvoies Marguerite, elle cherchera à nous porter perte.Expression consacrée.PORTEUR, s. m. Terme de vigneron. Cource, bout de sarmentd'environ demi-pouce de longueur, qu'on laisse au sommet d'un cep de vigne pour rapporter des raisins. [P. G.]PORTILLON, s. m. Petite porte basse dans la fermeture d'une boutique.PORTION, s. f. (Prononcezpor-cion.) Potion, remède liquide qu'on boit.Prends ta portion, mon valet, tu auras du bonbon ensuite.Terme français populaire.PORTRAIT EN TROIS QUARTS. Dites: PortraitDEtrois quarts. Dites aussi: Se faire peindreDEtrois quarts, et non:Se faire peindre en trois quarts.† PORVISION, s. f. Provision.Vous faites votre petit marché, Madame Dulignage?—Vous le voyez, Monsieur: je fais une petite porvision de raves et de patenailles.POSE ou PAUSE, s. f. Mesure agraire, qui équivaut à 400 toises de Genève, c'est-à-dire, à un peu moins d'un arpent.Notre plaine de Plainpalais a trente poses; la plaine du Pré-l'Évêque en a trois et un tiers.Terme vaudois et jurassien.POSÉE, s. f. Écriture moyenne.Écrire en posée. Passer de la posée à la fine.POSER, v. a. Quitter.Poser son habit, poser son chapeau. Si Monsieur voulait poser son manteau, les chevilles sont là.POSER LE DEUIL. Quitter le deuil.A Genève, une veuve ne pose qu'après quatre ans le deuil de son mari.POSER LES SCELLÉS. Apposer les scellés, mettre les scellés.POSSÉDÉE (UNE). Nous disons d'une femme qui se démène et qui jette des cris perçants:Elle s'agite comme une possédée; elle crie comme une possédée. Ce féminin, qui manque dans les dictionnaires, est fort admissible.† POTACHE, s. f. Potasse.POT À EAU, s. m. Pot à l'eau; c'est-à-dire: Pot destiné à recevoir de l'eau.POT À LAIT, s. m. PotAUlait.POTET, s. m. Terme des campagnards. Petit pot. En vieux français:Poutet.POTRINGUE, s. f. Médecine, breuvage purgatif, drogue. Se dit aussi de toute mauvaise boisson.Votre cidre a un goût de potringue; c'est une vraie potringue. Le docteur voulait me purger: je l'ai dispensé de sa potringue.Être toujours en potringues, signifie: Être toujours dans les remèdes. Terme suisse, savoisien et méridional.POTRINGUER, v. a. Droguer, médicamenter.Dis voir, Michel, on dit comme ça que tu te laisses potringuer par ta cauque(par ta femme);pour moi, je ne me potringue jamais, et je n'en suis pas plus malade pour tout ça.POTTES, s. f. pl. Lèvres.S'essuyer les pottes; se lécher les pottes. Je vois bien, gouillard, que tu as touché à mes confitures: il t'en reste encore par les pottes.Terme suisse, savoisien, méridional, lorrain, etc.Ce ragoût est à sa potte, signifie: Ce ragoût lui plaît.La soupe était à sa potte, et il s'en est piffré.POTTE, s. f. Moue, mine refrognée, grimace.Faire la potte, c'est faire la moue, bouder, témoigner de la mauvaise humeur par son silence et par son air. On dit à un enfant qui pleurniche:Tu fais là une bien vilaine potte; va donc te cacher avec ta potte.POTTU, UE, adj. Qui fait la moue, qui a mauvaise grâce, qui rechigne. Terme vaudois et savoisien.POU, s. m.Chercher les poux parmi la paille, est une locution proverbiale qui signifie: Vétiller, s'attacher à des minuties, chercher noise à propos de rien. On dit à Paris, dans le langage populaire:Chercher des poux à la tête de quelqu'un. Expression plus triviale que la nôtre, mais qui a le même sens.POUARE, POUAIRE ou POUAI, s. m. Sale, malpropre, sagouin, porc.Fi donc, le pouaire!... Va-t'en, pouaire,te ronger les ongles ailleurs.Terme vaudois, savoisien, jurassien et provençal. En vieux français,pouercsignifie: Pourceau. Dans le français populaire,pouacresignifie: Homme mal propre, et «pouah!» est une interjection qui indique le dégoût.POU DE SERPENT, s. m. Insecte à corps très-long, qui fréquente surtout les cours d'eau, et qui s'appelle en français: «Une demoiselle.» [P. G.]POUFFE ou POUF, s. m.Faire du pouffe, signifie: Déployer de l'ostentation, s'étaler, tirer vanité de son costume. On dit en français: «Faire pouf.»POUGNE ou POGNE, s. f. Poignet, force du poignet.Avoir de la pougne; avoir une bonne pougne.Dans le français populaire on dit:Poigneoupogne.POUINE, s. f. et adj. Femme ou fille malicieuse, taquine, espiègle, pie-grièche, chipie.Elle fait la pouine. Elle est jolie, mais pouine. C'est une méchante pouine.Terme suisse.POUINET, ETTE, adj. et subst. Se dit des personnes et des choses.Un ton pouinetest un ton tranchant, aigre, malin, pointu.Air pouinet, mine pouinette.POULAINE ou POULINE, s. f. Pouliche, cavale nouvellement née. Terme vaudois, savoisien, etc.POULAINTE ou POULINTE, s. f. Farine de maïs, gaudes.Soupe à la poulainte.En provençal:Poulento; en Valais et en Italie,polenta.POULET, s. m. Robinet, clef d'un robinet.Tourner le poulet.Terme vaudois et neuchâtelois. Le mot allemandHahnsignifie tout à la fois un coq et un robinet, et c'est de là probablement qu'est venue notre expression:Poulet.POUPONNER (SE), v. pron. Se pomponner, s'ajuster avec un soin minutieux, mettre à sa toilette du temps et de la recherche.On ne le rencontre jamais que pouponné, musquéet tiré à quatre épingles.A Lyon et dans le Midi,se pouponnersignifie: Se choyer, se traiter délicatement et comme unpoupon.POUR BON, loc. adv. Tout de bon.Ne jouons plus pour semblant, jouons pour bon; jouons pour de bon.Français populaire.POUR ÇA, loc. adv. Assurément, certainement.Moi, t'accompagner par cette pluie battante! Ah! pour ça, non.—Pour ça, oui, tu m'accompagneras.Ne s'emploie que suivi deouiou denon.POUR DIRE, loc. adv. À vrai dire, à dire vrai, pour m'exprimer exactement.Notre petite Caroline n'est pas menteuse, pour dire, mais elle pourrait être plus franche.POURE, adj. m. POURA, adj. f. Terme patois qui signifie: pauvre.Poûră fénă, vă-z-ive don bein fan(pauvre femme, vous avez donc bien faim). Terme vaudois, savoisien, berrichon, normand et vieux français. En anglais:Poor.POURPE, s. f. Pulpe. VoyezPORPE.POUR QUANT À, loc. adv. Quant à.Partez, vous autres, par le bateau: pour quant à moi, je prendrai la diligence.Terme savoisien et lyonnais.POURREAU, s. m.Soupe aux pourreaux.Terme suisse, savoisien, lyonnais, etc. On dit en français: «Porreau» ou «Poireau.»† POUR TANT QU'À, loc. adv. Quant à.Jouez aux boules vous deux; pour tant qu'à moi, je préfère de jouer aux guilles.Expression très-répandue.POUSSÉE, subst. fém. Se dit des arbres et des plantes et signifie: Pousse.La poussée des acacias est chaque année d'environ six pieds.Terme suisse, savoisien, dauphinois, lorrain, etc.POUSSÉE, subst. fém. Éruption à la peau. Terme connu de tous ceux qui fréquentent les établissements d'eau thermales.Il n'est pas prudent, dit-on, d'interrompre les bains quand une fois la poussée a commencé.POUSSER (SE), v. pron. S'éloigner, se retirer, se reculer.Pousse-toi, John, tu me gênes. Poussez-vous un peu, Messieurs, et faites place aux dames.POUSSETTE, s. f. Lycopode, plante dont les capsules sont remplies d'une poussière abondante qui prend feu comme la résine.POUSSIÉRÉ, ÉE, adj.Chemin poussiéré.Dites: Poussiéreux, ou plutôt dites: Poudreux. Chemin poudreux.POUTET, s. m. Mâle de la fouine.Noir comme un poutet; noir comme le poutet.Terme savoisien.POUTET, s. m. Enfant joufflu,pottuet d'une figure désagréable.Quel poutet! J'ai bien vu des poutets dans ma vie, mais jamais de pareils à celui-ci.Terme fort connu de nos campagnards.POUTRAISON, s. f. Charpente d'un édifice.La poutraison qui était fort vieille, a consenti.Terme neuchâtelois, etc.† POUTRE (UN).Un gros poutre. Aide-nous à mettre ce poutre en place.Dites: «Une poutre.»PRAILLE, s. f. Prairies, pâturages.La praille de Carouge; la praille de Lancy; la praille de Chêne-Thônex.Dans le patois du canton de Vaud,prahiasignifie: Pièce de terre avec un fenil. En vieux français:Praillet, petit pré, prairie. Du mot depraillenous avons formé celui d'emprailler, qui veut dire: Gazonner, semer du gazon, mettre en prairie.PRÊCHER, v. n.Prêcher à un converti.Dites: «Prêcher un converti.»PRÉCIPITÉE (À LA), loc. adv. Précipitamment, en toute hâte.Partir à la précipitée. Les choses qu'on fait à la précipitée sont rarement bien faites.Expression savoisienne et dauphinoise, digne de prendre place dans les dictionnaires.PRÉCO, s. m. (Prononcezprœcau.) Celui qui est le principal personnage dans un petit endroit, celui qu'on y écoute le plus et y exerce le plus d'influence.Le préco du village; le préco de la paroisse; le préco du cercle.Terme savoisien. En français, ce personnage s'appelle figurément et familièrement: «Le coq.» Le coq du village; un coq de paroisse, etc.PRÉFÉRER, suivi de l'infinitif.Je préfère partir. Elle préféra ne pas nous suivre, etc. Dites, avec les dictionnaires et les meilleurs auteurs: Je préfèreDEpartir; elle préféraDEne pas nous suivre. «J'eusse préféréD'être jeté aux crocodiles.» [Chateaubriand,Atala, les Chasseurs.]PREMIÈRE CHOSE (LA), loc. adv. En premier lieu, d'abord.Tu iras la première chose à la boucherie, et ensuite chez la gagère de Longemalle.PREMIÈRE MAIN (DE),J'ai eu ce meuble et ces beaux draps de première main. Il achète ses vins de première main.Dites avec l'article: «DeLApremière main.»PREMIÈRE VUE (À), loc. adv. Dites, en employant l'article: À la première vue. «Elle déchiffrait les plus difficiles musiques àLApremière vue.» «Je les reconnus tous deux àLApremière vue.»PRENDRE, v. n.L'idée lui a pris de voyager. Si l'idée te prend de m'écrire, tant mieux. Quand l'idée vous en prendra, venez me voir.Dans ces diverses phrases et dans les semblables, dites: L'idée lui est venue de voyager. Si l'idée te vient de m'écrire, tant mieux, etc.PRENDRE, v. a. Nous disons:Un tel a pris la fièvre; il a pris un mal de dents, un gros rhume, une extinction de voix, etc. Nous disons de même:Prendre froid; prendre la coqueluche; prendre des convulsions; prendre un catarrhe: toutes expressions qui ne sont pas françaises. Lesdictionnaires disent: La fièvre l'a pris; il lui a pris un mal de dents; il a gagné un rhume, etc., etc.PRENDRE FEU. Employé impersonnellement.Il a pris feu à la maison de l'Escarcelle; il a pris feu au Molard, etc. Dites avec les dictionnaires français: Le feu a pris à telle et telle maison, à tel et tel quartier, etc.PRENDRE MAL. Se trouver mal, tomber en faiblesse, s'évanouir.MmeN*** prit mal à l'église, et fut transportée chez elle.PRENDRE PEUR. Prendre de l'épouvante, s'effrayer.Georgette a pris peur. Si tu prenais peur, appelle-moi.Dites: La peurLEprit. Si la peurLEprenait, etc. [DictionnairedePoitevin, p. 787.]† PRENDRE (S'EN). S'y prendre.Il faudra s'en prendre de bien bonne heure, si l'on veut trouver ce soir des places au Cirque olympique. Notre Joseph ne sait pas s'en prendre; il est encore bien emprunté et bien maladroit. Cette opération, pour dire, n'est pas difficile; tout dépend de la manière qu'on s'en prend.PRÈS, employé adjectivement, est un barbarisme. Ne dites donc pas:Un tel est mon plus près parent; un tel est leur plus près cousin; nous étions leurs plus près voisins.Substituez, dans ces phrases, l'adjectif «proche» à l'adverbeprès, et dites: «Un tel est mon plus proche parent,» etc.PRESSER, v. a. Pressurer, mettre sous le pressoir.Presser la vendange; presser les raisins; presser les poires et les pommes pour en faire du cidre.PRESSER, v. neutre. Nous disons à un ouvrier:Faites-moi promptement cette table et ce canapé, car ils me pressent, c'est-à-dire: Car je suis pressé de les avoir. Nous disons de même:Ces cravates pressent, ces robes pressent, ces souliers pressent.Il faut dire: Ces cravates sont pressées,ces robes, ces souliers sont pressés, etc.; ou: Nous sommes pressés de les avoir.PRESSON, s. m. Barre de fer, levier. Terme savoisien et lyonnais.PRESSURE, s. f. Présure, acide pour faire cailler le lait.Plus on garde la pressure, meilleure elle est.Terme français populaire et vieux français. A Genève on dit aussi:Presure.PRÊTER, v. a. À table, on entend souvent dire:Prêtez-moi la carafe; prêtez-moi la salière; veuillez me prêter l'huilier, etc. Cette locution est un gasconisme, qu'il faut remplacer par l'expression toute simple: Donnez-moi la carafe; donnez-moi la salière; veuillez me passer l'huilier.PRÊTER À RIRE. Apprêter à rire.La jeune Adélaïde avait une toilette qui prêtait un peu à rire.Terme suisse, savoisien, etc. Mais on dira fort bien: Prêter au ridicule, prêter à la critique, etc.† PRÉVENIR, v. n. Provenir.PRIÉ À. Nous disons:Être prié à un enterrement; être prié à une cérémonie; être prié à une fête.Il faut dire: Être priéD'un enterrement; être priéD'une fête, etc.PRIER QUE.Je prie que l'on se taise. Le président agitait la sonnette et priait qu'on l'écoutât.Dites: Je demande que l'on se taise. Le président demandait qu'on l'écoutât.PRIEUR, s. m. Nous appelonsprieurouprieur d'enterrement, celui des porteurs que la famille du défunt charge d'allerprierau convoi les parents et les amis du défunt.PRIEUSE, s. f. Nous appelonsprieuse, la femme dont l'emploi est, dans les enterrements protestants, de marcher à la tête du cortége. A côté d'elle marchent, vêtus de noir, les deuxporteurs d'escabelle.PRIMBÊCHE, s. f. Pimbêche.C'est une primbêche. Quelleprimbêche!Les campagnards ne s'expriment pas autrement.PRIMÒ D'ABORD, loc. adv. L'un de ces deux mots est inutile à côté de l'autre, puisqued'abord, en français, a le même sens queprimòen latin. Dans le langage parisien populaire on dit:Premièrement d'abord; ce qui ne vaut pas mieux.PRIN, adv. Dans le langage des campagnards,Parler prinsignifie: Parler du bout des lèvres et avec affectation.Voyez donc cette primbêche: quels airs elle se donne, et comme elle s'étudie à parler prin!PRIN ou PRIN BOIS, s. m. Menu bois, brins de fagot.Pour mettre ce feu en train, il nous faudrait du prin bois.Terme suisse, savoisien, lyonnais, franc-comtois, etc.Prinouprim(primus), appartiennent au vieux français, et signifient: 1oPremier; 2oMenu, fin, mince, délié. Nos campagnards appellentprimes graines, Les graines qu'on sème au printemps; ils appellentprin terrain, Un terrain léger, etc. Dans le patois du canton de Vaud:Prin bec, blanc bec;primes bêtes, menu bétail.PRIN-FORT, s. m. La petite absinthe. Terme vaudois et savoisien.PRIS, PRISE, adj. Entrepris, embarrassé, endolori, perclus.Avoir la tête prise; avoir la gorge prise; être pris des deux bras, etc. Terme méridional.PROCURE, s. f. Procuration.Ils envoyèrent les deux procures au notaire.Terme vieux français, conservé chez nos proches voisins.PROFITAGE, s. m.Faire un profitage(un profit).PROFITER DE, suivi d'un infinitif.Je profite de venir te voir pendant que mes marmots dorment. Nous profiterons de faire notre voyage pendant les vacances de l'Académie. Tu dois profiter d'aller au théâtre pendant qu'on joue leDomino noir.Cette expression, qui me semble claire, commode et concise, n'est dans aucun dictionnaire français.PROMENER, v. actif. (fig.)Il m'a promené deux ans avant que de me payer.Les dictionnaires disent: Il m'a traîné deux ans.† PROMONTIONS, s. f. pl. Promotions, distribution solennelle des prix aux écoliers du collége dans la cathédrale de Saint-Pierre.Le jour des Promontions; la fête des Promontions.PROPREMENT, adv. Entièrement, à fond.Hier soir, Jean Couzineau s'est soûlé proprement.Français populaire.PROPRÎTAIRE, s. m. Propriétaire.PROPRÎTÉ, s. f. Propriété.PROVIGNURE, s. f. Provin, rejeton d'un cep de vigne provigné. Terme vaudois et savoisien.PRUNEAU, s. m. Nous appelonspruneauune espèce de grosse prune très-allongée.Cueillir des pruneaux; abattre des pruneaux; sécher des pruneaux.En français, «Pruneau» signifie: «Prune sèche.» L'espèce de prune que nous appelonspruneau, se nomme «Île verte.»PRUNEAULIER ou PRUNEAUDIER, s. m. Arbre qui porte lespruneaux. Voyez l'article précédent.PSAUME (UN). Il faut dire: Des psaumes, ou: Un psautier, quand on parle du recueil des cantiques de David. Les phrases suivantes sont donc, à ce point de vue, incorrectes.Tu te placeras auprès de moi, Betsi, et nous chanterons sur le même psaume. Fais donc relier ton psaume. Achète-toi un psaume plus sortable que celui-là.Dites: Fais relier tes psaumes. Achète-toi des psaumes plus sortables, etc.PUCER, v. a. Épucer, ôter les puces.PUIQUE. Prononciation vicieuse de la conjonction «puisque,» dont lesdoit se faire entendre. Les grammaires sont toutes d'accord sur ce point.PUISERANDE, s. f. Danaïde, roue à augets établie dans le Rhône, près de Genève: elles sont au nombre de deux, et servent aux irrigations de plusieurs jardins potagers. Ce mot depuiserandenous vient du Midi. Dans le Languedoc,pouzaranguesignifie: «Puits à roue.» Nous appelons aussipuiserande, des puits à roue établis à une très-petite distance de l'Arve, et dont un cheval est la force motrice. [VoyezVilla,Nouveaux Gasconismes corrigés, t. II, p. 164.]PUNAIS, AISE, adj. En français, ce mot ne se dit que des personnes. A Genève on l'emploie surtout en parlant des choses, et comme synonyme de désagréable, incommode, et qui affecte péniblement. Nous disons:Un vent punais, un air punais, un froid punais, un temps punais, etc.Rue punaiseest le nom que portait, il y a quelques années, la rue appelée aujourd'hui «Traversière.»PURE, s. f. Le moment de la plus grande abondance d'un légume, d'un fruit, d'un poisson.La pure des abricots, la pure des cerises, des melons, des féras, etc.J'attends la pure des framboises pour faire mes confitures.Quelques-uns écriventl'apure. VoyezAPURE.† PURÉZIE, s. f. Pleurésie.La purézie se déclara et il fallut en venir à une saigne.Terme savoisien, lyonnais et bas limousin. En Languedoc et en Franche-Comté on dit:Un purézi.PURGE, s. f. Purgation, purgatif.Prendre une purge.Ce terme, fort usité en Suisse, en Savoie et en France, appartient au vieux français.PURPURALE, adj. fém.Fièvre purpurale.Dites: Fièvre puerpérale. R. lat.puerpera.PUSSIN ou PUCIN, s. m. Poussin, poulet nouvellement éclos.La poule et ses pussins.Terme suisse, lorrain, vieux français, etc.PUSSINE, s. f. Jeune poule, poulette. Ce joli mot «pussine» manque à la langue française, puisque «Poulette» ne s'emploie guère qu'au sens figuré. Dans le patois vaudois on dit:Pudjenaoupuzene.PUTRIFIER, v. a. Putréfier, faire pourrir.
PACHE, s. f. Accord, transaction, marché.Bonne pache; mauvaise pache. La pache est faite.Terme suisse-roman, savoisien, méridional et vieux français. Dans le vieux français,pacheétait masculin. R.pactum.
PACOT, s. m. Boue épaisse, gâchis.S'enfoncer dans le pacot.Terme suisse-roman et savoisien.
PACOTER, v. a. et n. S'enfoncer dans lepacot.Nous pacotions dans ce chemin.SE PACOTER, v. pron. Se salir de boue, entrer dans lepacot.
PACOTEUX, EUSE, adj. Plein depacot.Sentier pacoteux; route pacoteuse.
PAFFE, adj. Signifie: 1oGorgé de nourriture; 2oIvre, plein de vin.Ils s'en revinrent tellement paffes, qu'ils avaient peine à se soutenir.Terme trivial. Dans le dialecte rouchi,s'empaffersignifie: Se bourrer d'aliments; et dans le dialecte lorrain, ce même verbe signifie: Boire avec excès de l'eau-de-vie ou d'autres liqueurs.
PAGNON, s. m. Gros morceau de pain. Terme suisse-roman et savoisien. En vieux français:Paignon. R.panis.
PAGNOT, s. m. Nigaud, dadais.Un vrai pagnot; un franc pagnot.Dans le vieux français,pagnotesignifiait: Homme de rien, chenapan, lâche, poltron; et ce terme, subsiste encore dans le patois du Dauphiné (pagnota).
PAGNOTERIE, s. f. Sottise, bêtise, stupidité. Dans le vieux français,pagnoteriesignifiait: Lâcheté, action lâche.
PAILLASSON, s. m. Banneton, panier à pâte, sorte de jatte de paille où l'on met la pâte pour donner la forme au pain. Terme savoisien et méridional.
PAILLER, v. a.Pailler une chaise, pailler un tabouret, c'est: Les garnir de paille. On dit en français: Empailler.
PAILLEUR DE CHAISES, s. m. Empailleur de chaises.
PAIN, s. m. Nous disons figurément de quelqu'un qui peut vivre sans travailler:Il a du pain sur la planche. On dit en français: «Il a du pain cuit; il a son pain cuit.» [Acad.]
PAIN CUIT. Ce qu'on appelle en français «Panade,» s'appelle à Genève:Soupe au pain cuit. Terme savoisien, marseillais, etc.
PAIN DE LOUP, s. m. Baie ou fruit de la viorne.
PAIR, s. m. Nous disons:Jouer à pair ou impair; on dit en français: «Jouer à pair ou non.»
† PAIRE (UN).Un paire de bas, un vieux paire de grolles. Il n'y a qu'un paire de jours que je le rencontra en rue.Ce solécisme, très-fréquent en Savoie et dans le Midi, appartient au vieux français.
PAIR ET COMPAGNON. Nous disons de deux hommes qui, étant d'une condition fort différente, vivent néanmoins dans une grande intimité:Ils sont pairs et compagnons; ils vivent comme pairs et compagnons.L'Académie dit: «Ils viventDEpairÀcompagnon.»
PÂLET, ETTE, adj. Pâlot, un peu pâle.Notre Louisa était pâlette ce matin.
PALETTE, s. f. Abécédaire, petit livre destiné à l'enseignement de l'alphabet. Terme suisse-roman et savoisien.
PALOURD, OURDE, s. Terme de mépris. Balourd, pataud, homme grossier.
PAN, s. m. Mesure de longueur. Au sens figuré:Cela fait le pan, signifie: Cela solde, cela balance. La mesure appeléepanest encore connue dans le Midi.
PAN, s. m. Terme d'écolier. Brin de paille pour mesurer une petite distance.
PANACHE (UNE). Ce mot est masculin. «Panache ondoyant.»
PANCHER D'EAU. Faire de l'eau.
PANER, v. a. Terme des campagnards. Torcher, essuyer. Voyez plus bas,PANNER.
PANET, PANÉ ou PANAIS, s. m. Sorte de millet dont certains petits oiseaux sont friands. Terme suisse-roman et savoisien. On dit en français: Panic ou Panis.
PANETIER, s. f. Vannier, faiseur de paniers, [P. G.]
PANFU, UE, s. Terme des campagnards. Ce mot n'est autre chose que le mot français «Pansu,» la lettresse changeant fréquemment enf, dans le patois, comme nous l'avons remarqué plus haut, tome Ier, p. 61.Panfuse dit d'un homme qui a une grosse panse. Nous disons aussi:Panflu.
PANIER, s. m. Figurément et proverbialement, nous disons d'un homme très-maladroit:Il est lourd comme un panier.
PANIÈRE, s. f. Sorte de grande corbeille à anses. Ce terme, très-répandu en France, et principalement à Lyon et dans le Midi, manque dans les dictionnaires. Nous appelons aussipanièreun grand cabas, un grand panier couvert.
PANIÉRÉE, s. f. Panerée, le contenu d'un panier extrêmement rempli. En provençal:Panieirado.
PANNER ou PANER, v. a. Terme des campagnards. Essuyer. Ce verbepanerse retrouve non-seulement dans les divers patois de la Suisse romane et de la Savoie, mais aussi dans le Berry, en Dauphiné, en Franche-Comté et dans le vieux français. Dans le patois des Vosges,panneurveut dire:Balai; en Normandie,pannas, plumeau; dans le canton de Vaud,panaman, essuie-mains.
PANOSSE, s. f. Torchon, vieux morceau de linge servant dans les cuisines à frotter et à nettoyer les meubles et ustensiles sales. Terme suisse-roman. En provençal:Panoucho. Dansle vieux français,panoseuxsignifiait: Couvert de haillons. R.pannus, drap, linge, chiffon.
PANOSSER, v. a. Laver avec une panosse.N'écurez pas ce plancher, Jeannette, mais contentez-vous de le panosser.
PANTALON, s. m. Râle d'eau, oiseau.
PANTET, s. m. Signifie: 1oUn pan de chemise, un bout de chemise qui pend; 2oLa chemise elle-même.Être en pantet, être en chemise, avoir une simple chemise.On criait: Au feu! à l'eau! Les voisins y coururent en pantet.Terme suisse, savoisien et franc-comtois.
PANTOMINE, s. f. Écrivez et prononcez «Pantomime.»
† PA-ONNE, s. f. Se dit d'une femme qui s'attife ou qui fait la glorieuse.A-t-on rien vu de pareil à cette Jenny? Elle se met comme une guignauche à la maison, et comme une pa-onne dès qu'elle sort.Le féminin de «Paon» est bien «Paonne,» mais ce mot doit se prononcerpanne.
PAPACOLON, s. m. Joubarbe, plante grasse et toujours verte, dont l'espèce la plus commune croît ordinairement sur les toits et sur les murs.
PAPEROCHES, s. f. pl. Paperasses.
PAPET, s. m. Soupe très-épaisse, telle qu'est celle qu'on donne aux moissonneurs. Terme suisse, savoisien, dauphinois et languedocien. Figurément,Il ne peut plus dire papet, se dit d'un homme qui a tellement bu, qu'il ne peut plus parler distinctement. Dans l'évêché de Bâle et en Franche-Comté on dit:Paipay; en Belgique,pape, etc.
PAPET CORDET, s. m. Soupe à la courge. Dans le vieux français,coordeoucohordesignifiait: Gourde, citrouille. En latin,cucurbita, dont on a fait d'abordcoucourde. [VoyezRobert Estienne,Dictionnaire français-latin, édition de 1605.] Nos campagnards appellent une courge,nă courdăoukœurdă.
PAPETTE, s. f. VoyezPAPET, qui a le même sens.
PAPIER CASSÉ, adj. m. Nous appelonspapier casséce qu'on appelle, en français: Papier brouillard, papier qu'on emploie à sécher l'encre d'une écriture fraîche.Une compresse de papier cassé.Terme parisien populaire.
PAPIER DE POSTE, s. m. Papier à lettres.Une rame de papier de poste.Terme neuchâtelois, etc.
PAPIERS, s. m. pl.J'ai lu dans les papiers.Dites: J'ai lu dans les Papiers publics, c'est-à-dire: Dans les journaux, dans les feuilles publiques, dans les gazettes.
PAPILLOTES, s. f. pl. Figurément:Avoir les yeux en papillotes, signifie: Ne pas les avoir bien ouverts en se réveillant.
PAQUET, s. m. Fagot, faisceau de menu bois.J'aime mieux brûler des paquets que des fascines. Un cent de paquets coûte de huit à douze francs.
PAQUET, s. m. Nous disons:Donner à quelqu'un son paquet, pour: Le congédier, le renvoyer. Les dictionnaires ne mentionnent pas cette expression, mais bien la suivante: «Recevoir son paquet,» c'est-à-dire: Être congédié.
PAQUETIER, IÈRE, s. et adj. Cancanier, faiseur de paquets, tripotier, médisant.N'ayez plus rien de commun avec ce paquetier.Terme savoisien.
PAQUIS, s. m. Terme des campagnards. Troisième coupe du foin.
PAR, prépos.Il vendit brique par brique(brique à brique)tout son mobilier.Vous arracherez ces herbes brin par brin(brin à brin).Dictez-moi votre nom de famille lettre par lettre(lettre à lettre).
PAR, prépos.Il y a deux ans jour par jour(jour pour jour)que MrN** est mort.Vous me copierez ce manuscrit page par page(page pour page), etc. Mais on dira fort bien: Écrivez jour par jour toutes vos dépenses, etc.
PARAFE (UNE).Une belle parafe.Ce mot est masculin.
† PARAÎTRE (SE), v. pron. Paraître, être aperçu, s'apercevoir.Pour raccommoder les manches et le collet, vous prendrez dans le pan de l'habit: cela ne veut pas se paraître.
PARAPEL, s. m. Parapet. Français populaire.
PARBOUILLIR, v. a. Faire bien bouillir.Des épinards parbouillis.Terme vieux français.
PAR CONTRE, adv.Si le vin est cher cette année, par contre il est bon. Le petit Ernest a une figure peu attrayante, mais il a par contre une belle santé. Le paysan gagne peu, mais par contre il ne hasarde guère.Dans ces exemples, et dans les exemples analogues, dites: En revanche, en récompense.
PAR-CONTRE (LE). L'équivalent.Recevoir le par-contre.Terme suisse-roman et savoisien.
PAR-DESSUS, adv. Nous disons d'un homme adroit, rusé, et qui se tire toujours d'affaire dans les circonstances les plus critiques:Il les sait toutes et une par-dessus.Expression qui se prend d'ordinaire en mauvaise part.
PÂRE, s. f. Croûte, pelure du fromage et de latomme.Ôter la pâre, manger la pâre; donner la pâre aux poulets.Terme suisse-roman et savoisien. VoyezPÂRER.
† PAR ENSEMBLE, adv. En commun, en société.On achètera ces deux lards par ensemble.Terme vieux français.
† PAR ENSUITE, adv. Ensuite. Terme vieux français.
PAREPLUIE, s. m. Parapluie.
PÂRER, v. a.Pârer son fromage, pârer sa tomme, en ôter la croûte. Terme très-connu dans les Alpes qui nous avoisinent. En Languedoc,parer le laitsignifie: «En ôter la crême.» Dans le vieux français,parerveut dire: Peler.
PARESOL, s. m. Parasol.
PAREVENT, s. m. Paravent.
† PAR HASARD, loc. adv. En revanche, en compensation, du moins.Il n'a pas grand'chose, lui; mais sa femme, par hasard, a beaucoup de terrain. Comment donc, ce drôle de Joigne vous a répondu si insolemment!—Oui, Monsieur, mais je l'ai remouché par hasard, c'est-à-dire: Mais à mon tour je l'ai arrangé.Que vous est-il donc arrivé, Monsieur Pattey?—Il m'est arrivé que je me suis mis quatre vessicatoires, sans l'ordonnance du médecin; mais j'en ai souffert, par hasard, et l'on ne m'y reprendra pas.Expression fréquente chez les campagnards.
PARIURE, s. f. Pari, gageure.J'en ferais bien la pariure.Terme français populaire.
PARLENTIN, subst. et adj. Grand parleur, babillard, bavard.Comment as-tu la patience d'écouter ce parlentin?Le fémininparlentine, d'autres disentparlenteuse, est peu usité.
PARLER LE RHUME. Expression consacrée chez nous et qui signifie: Parler avec un son de voix qui dénote un rhume.
PARLER MAL et MAL PARLER, sont deux expressions différentes. «Parler mal,» c'est: Manquer aux principes de la grammaire. «Mal parler,» c'est: Dire des paroles offensantes, médire. [Acad.] Mais nos grands écrivains n'ont pas observé scrupuleusement cette distinction, et les exemples à l'appui ne manqueraient pas.
PARMI, adv. Au milieu, dans le milieu, dans l'intérieur.Ce foin paraît sec, mais il est encore mouillé parmi. Cette paille est mouillée parmi.Cette expression, qui nous vient du vieux français, est fréquente dans la bouche des campagnards.
PARMI, prép. S'emploie souvent en sous-entendant son complément.Vos moutons sont chétifs; il y en a pourtant d'assez bons parmi.Expression inconnue aux dictionnaires et blâmée par les grammairiens.
PAROI, s. f.Paroi litelée; paroi gyssée; paroi en carrons.Le motparoiest français, mais vieux et inusité dans le sens qui lui est donné chez nous. Le terme véritable est: «Cloison.»
PAROLI, s. m. Babil facile, élocution abondante.Ce jeune homme n'a que du paroli.En provençal,paroulisignifie: Langage flatteur et séduisant; dans le vieux français:Paroler, discourir.
† PAR PEU QUE, locut. conj. Pour peu que.Par peu que tu lambines, tu arriveras trop tard. Par peu que tu sois diligent, tu pourras nous rattraper.Faute fréquente, mais qui passe inaperçue, à cause de la ressemblance des sonspar peuetpour peu.
PARPILLOLE, s. f. Monnaie genevoise du seizième siècle, valant les trois quarts d'un sou, soit neuf deniers. Elle s'appelait aussiparpayole.
PARPILLON, s. m. Terme des campagnards. Papillon.Fais voir à ces Monsieurs ton beau parpillon.En Franche-Comté, en Auvergne, en Languedoc et en Gascogne, on dit:Parpillot; en provençal,parpaihoun; en Dauphiné,parpaillou.
PARTERET, s. m. Couperet, hachette, sorte de couteau de boucherie fort large, lequel sert à couper la viande. A Rumilly (Savoie), on dit:Partelet; en Dauphiné,partou. R. vieux français,parter, diviser, partager.
PARTICIPER, v. a. Communiquer, faire part de, informer de.Participer une nouvelle, participer un événement. MrN** a négligé de nous participer le mariage de sa fille.
† PARTICULIARITÉ, s. f.Que dis-tu de ce bon rencontre, Christophe? N'est-ce pas une particuliarité?Terme vieux français. Écrivez et prononcez «Particularité.»
PARTIE, s. f. Ne dites pas:Faire une partie aux boules, faire une partie aux quilles, etc. Dites: Faire une partieDEboules, faire une partieDEquilles, une partieDEbillard.
PARTI-MEYTI. Locution moitié patoise, moitié barbare, qui revient à: «Partageons,» et qui se dit ordinairement après une trouvaille faite en commun.Partirouparter, en vieux français, signifie: «Partager,» etmeytioumeytîa, en patois, veulent dire: «Moitié.»
PARTI ROULANT, s. m. Se dit d'un jeune homme qui est mûr pour le mariage, riche ou en position de le devenir.MrN** est un parti roulant. Il y avait à ce bal trois ou quatre partis roulants.Cette expression, qui appartient à la conversation familière, n'est pas inconnue en Savoie et dans le canton de Vaud. Je demandais à une bonne paysanne du Chablais quel âge à peu près devait avoir un riche célibataire pour être appeléparti roulant: «Tant plus vieux, tant meilleur,» me répondit-elle.
† PAS, adv. interrogatif. N'est-ce pas?C'est après-demain la foire à Gaillard, pas? Dis-donc, Moïse, les raisins sont mûrs, on ira à la picôte, pas?Terme des gamins.
PAS MOINS, conj. Cependant, néanmoins.Elle avait dit et répété: «Je n'irai plus au bal,» et pas moins elle y retourne.Terme français populaire.
PAS PLUS, loc. adv. Non certes, point du tout, aucunement.Votre cousin a-t-il réussi dans sa requête?—Pas plus. On dit que vous pensez à vous marier, Mamzelle Gothon.—Moi, Monsieur, pas plus: et qui est-ce qui me voudrait?
PAS RIEN QUE, est une expression incorrecte dans les phrases suivantes:Il n'y a pas rien que lui qui souffre. Il n'y aura pas rien que vous deux de punis, etc. Dites: Il n'est pas le seul qui souffre. Il y en aura d'autres que vous deux de punis.
PASSAGER, ÈRE, adj. Passant, passante; fréquenté, fréquentée.Chemin passager, rue passagère.Terme français populaire.
PASSÉE, s. f. Terme de vigneron. Le temps de la floraison des vignes.Il faut beaucoup de chaleur pour que la passée se fasse bien.[Glossaire deGaudy.]
PASSÉE, subst. f. Tournée, passage de quelqu'un.Première passée, deuxième passée du facteur de la poste aux lettres. As-tu soin, Octavie, de cueillir mes graines de capucines?—J'ai déjà fait ce matin deux passées.
PASSE-GENT, s. m. Nos jeunes garçons appellent ainsi un jeu qui consiste à sauter, de distance en distance, les uns par-dessus les autres.Jouer à passe-gent.Terme languedocien. En français, ce jeu s'appelle Coupe-tête.
PASSER AU BLEU, v. a. (fig.) Tuer, faire mourir.Quelle nouvelle a-t-on de notre lieutenant?—Il a été passé au bleu.Français populaire.
PASSE-ROSE (UN).Un beau passe-rose.Ce mot est féminin.
PASSET ou PASSEY, s. m. Échalas. La plupart des dialectes populaires de France, de Suisse et de Savoie ont ce terme, plus ou moins modifié. Dans le vieux français on disait:Pesseau; en grec,passalos, et en latin,paxillus.
PASSIONNER, v. a. Ce verbe n'est pas français, dans le sens de: Aimer avec passion. Ne dites donc pas:Cette dame passionne les romans. La jeunesse passionne les voyages. Nous passionnons tous la paix et la liberté.
PASSIORET, s. m. Petit passage, ouverture pratiquée dans une haie pour les piétons. Terme savoisien. Dans le dialecte du Berry,passièreveut dire: «Chemin.»
PASSON, s. m. Terme des campagnards. Échelon. En Champagne,passetveut dire: Petit marche-pied.
PATACHE ou PATASSE, adj. et subst. Lambin, lambine.
PATACHER ou PATASSER, v. n. Lambiner.
PATACHERIE et PATASSERIE, s. f. Lenteur extrême, nonchalance.
PATAPOUF, s. m. Homme corpulent et lourd.Un gros patapouf.Terme savoisien, picard, rouchi, etc.
† PATARAFE, s. f.Mettre sa patarafe.Terme français populaire. L'expression véritable est: Mettre son parafe.
† PATARAFER (SE). Faire son parafe.
PATENAILLE, s. f. Pastenade, carotte jaune.Plucher des patenailles. Salade aux patenailles.Terme vaudois, valaisan et jurassien, usité aussi dans le Chablais et le Faucigny. A Rumilly (Savoie), on dit:Parsenaille; en vieux français,pastenaille. R. lat.pastinaca.
PATENOCHAGE, s. m. ou PATENOCHERIE, s. f. Lambinerie.
PATENOCHE, s. f. Lambin, lambine; nonchalant, nonchalante.
PATENOCHER, v. n. Lambiner.
PÂTÈRE (UN).Un pâtère à vis. Assujettir un pâtère.Dites: «Une patère» (abref). Sorte de crochet qui sert dans l'ameublement à différents usages. R. lat.patera, coupe.
PATET, ÈTE, subst. et adj. Lambin, qui fait tout lentement et mollement.Un écolier patet; une servante patète. Il est si patet qu'il vous ferait grimper les murs.Terme suisse-roman, savoisien, lyonnais et méridional. Dans le Midi,patetsignifie plutôt: Vétilleur, chipotier, tatillon, scrupuleux à l'excès, difficile à contenter. A Genève,patetse dit aussi des choses.Un travail patetest celui qui exige des soins très-minutieux.Une bouilloire patèteest celle qui met beaucoup de temps à cuire.
PATETAGE, s. m. Lambinerie, acte d'un lambin.
PATETER, v. n. Lambiner, s'occuper longuement de minuties.
PATÈTERIE, s. f. Lambinerie, barguignage, tatillonnage.Cesse tes patèteries, Joseph, et viens nous aider à scier le bois.
PATIENCE, s. f. Sorte de petite pâtisserie ronde, de la grandeur d'une pièce de cent sous et de la nature des massepains.Un cornet de patiences.
PATIN, s. m. Braie, linge dont on enveloppe les petits enfants, et par-dessus lequel on met le lange.Faire sécher des patins.Terme suisse-roman et savoisien.
PATIÔCAGE, s. m. Lambinerie.
PATIÔQUER, v. n. Lambiner. Augmentatif du verbepateter.
PATI-PATA. Onomatopée par laquelle on exprime les redites et le bavardage étourdissant d'une personne qui babille sans cesse.
PATOCHON, s. m. Lambin.
PATOUFLE, s. m. Lourdaud.Un gros patoufle.Terme savoisien. En rouchi:Patouf. Dans le patois du bas Limousin,patouflésignifie: Joufflu; en provençal,patufeouveut dire: Dadais, benêt.
† PATRACLE, s. f. Patraque.
PATRACLER, v. n. Travailler avec mollesse et lenteur; ne pas avancer dans son ouvrage. [P. G.]
PATRIGOT, s. m. Patrouillis, margouillis, boue liquide.Se mettre dans le patrigot.Terme suisse-roman et savoisien.Patrigots'emploie aussi figurément et signifie: Tracas, embarras dont on ne pourra sortir que difficilement; affaire épineuse et désagréable.Le voilà depuis six mois, et par sa faute, dans un fameux patrigot.En provençal,patrigoetpatricotsignifient: 1oMic-mac, manigance, pratique secrète; 2oTracasserie, embarras.
PATRIGOTER, v. n. Patauger, marcher ou s'enfoncer dans la boue épaisse, dans lepatrigot.
PATRIMONIAL, s. m. Doyen d'un cercle, doyen d'une confrérie.MrN**, patrimonial du cercle des Anonymes, vient de mourir.Le motpatrimonialest français, mais dans une acception différente.
PATTE ou PATE, s. f. Chiffon, morceau de vieux linge, lambeau de linge usé et qui n'est bon qu'à faire du papier.Il mit sur sa coupure des toiles d'araignée en guise de patte. Ici on loue la Feuille d'Avis et on achète les pattes.Proverbialement,Avoir son béguin de patte, signifie: Être mort, êtreployé, être dans le linceul. Terme suisse, savoisien, franc-comtois et méridional. En Lorraine,pattesignifie: Étoupes de chanvre. A Lausanne, à Neuchâtel, à Lyon, à Besançon, lepattierest Celui qui ramasse les chiffons dans les rues. En français on appellepattière, La femme qui trie les chiffons à papier. Nous appelonspatte aux aisesoupatte des aises, La lavette, c'est-à-dire: le bout de torchon qui sert à laver la vaisselle. Nous appelonspatte soufrée, Une mèche soufrée;patte à bleuoupatte au bleu, Le sachet pour l'indigo.
PATTE À COU, loc. adv.Porter quelqu'un à patte à cou, signifie: Porter à dos une personne qui se tient à notre cou avec ses bras, ou sespattes. Cette expression est surtout familière aux campagnards. A Genève nous disons:A cocochet. [P. G.]
PATTE MOUILLÉE, s. f. Se dit d'une personne flasque, molle, lâche au travail et sans énergie.Je ne peux rien faire de votre apprenti: c'est un paresseux, c'est une patte mouillée.Terme suisse, savoisien et lyonnais. On dit en français, dans le même sens: «Un linge mouillé.»
PAUFER, s. m. (Prononcez ler.) Levier en fer, avant-pieu.On plante les saules au paufer.Terme suisse. En Savoie:Pauferetpafer; dans le Dauphiné et le Languedoc,palfer. En vieux français,pausignifie: Pieu. Quelquefois, par exagération, nos dames appellentpaufer, Une grosse aiguille.
PAUME, s. f. Balle, sorte de pelote ronde servant à divers jeux.Lancer une paume. Renvoyer la paume.Terme méridional.En français, «Paume» se dit du jeu lui-même et non de la balle.
PAUME DE NEIGE, s. f. Pelote de neige, boule de neige.Jeter des paumes de neige. Se battre à coups de paumes de neige.Terme suisse.Paumer les passants, c'est: Leur lancer despaumesde neige.
PAUNER ou PÔNER, v. a. Payer sa quote-part, acquitter sa dette; contribuer.On saura bien le faire pôner comme les autres.En vieux français,ponersignifie: Poser, mettre, déposer. R.pono.
PAUVRE, s. m. Nous disons proverbialement:Rire comme des pauvres, pour: Rire de bon cœur, rire à ventre déboutonné.La soirée fut divertissante: nous y avons ri comme des pauvres.En Bretagne,Être gai comme des peillotoux, signifie: Être gai comme des déguenillés.
PAUVRE (UNE). Une mendiante.Ne renvoyez pas cette pauvre.Les dictionnaires disent: «Une pauvresse,» expression inconnue chez nous, et probablement ailleurs.
PAVANE, subst. fém. Farce.Regarde ces déguisés, Joson! quelle pavane!S'emploie aussi adjectivement.Que cette chanson est pavane!c'est-à-dire: Qu'elle est plaisante; qu'elle est bouffonne!
† PAVIR, v. a. Paver.
† PAVISSEUR, s. m. Paveur. Terme savoisien.
PAYER, v. a. (fig.)Il me la payera! Vous me la payerez tous! Il faut qu'on me la paye!Dites, avec le masculin: «Il meLEpayera! Vous meLEpayerez! Il faut qu'on meLEpaye!» c'est-à-dire: J'aurai ma revanche.
PAYER UN GAGE. Terme de certains jeux. Dites: Donner un gage.Ma lourdise fut grande à tous ces jeux, et l'on me fit payer quatre gages.Expression méridionale. Le gage n'est pas unpayement, c'est une garantie du payement: on ne paye que quand on retire le gage.
PEAU DE SOURIS, s. f.Se mettre en peau de souris pour quelqu'un, signifie: Se dévouer à lui corps et biens; embrasser ses intérêts chaleureusement et quoi qu'il en puisse coûter.
PEBLACHE, adj. des 2 genres. Terme des campagnards. Sec et mou. Se dit d'un légume de la famille des crucifères, qui n'a plus sa fraîcheur primitive; qui s'est durci en perdant sa saveur.Un ravonet peblache. Des raves peblaches.On dit aussi:Bllache(llmouillés).
PÊCHERONGE, s. f. Pavie, sorte de pêche.
PÊCHE SANGUINE. VoyezSANGUINE
PÊCHIER, s. m. Pêcher, arbre qui porte la pêche.Des pêchiers en plein vent.Terme français populaire et vieux français.
PÉCLET, s. m. Loquet d'une porte.Trouvant la porte fermée, nous commençâmes à sigougner le péclet.Terme suisse et savoisien. En Franche-Comté on dit:Pècle.
PÉCLET, s. m. Montre, petite horloge de poche. Terme badin.
PÉCLOTIER, s. m. Horloger. Terme badin ou dérisoire.Un pauvre péclotier; un mauvais péclotier.
PECOU ou PÉKEU, s. m. Terme des campagnards. Le pédoncule, la queue d'un fruit.Le pecou d'une poire; le pecou d'une cerise, etc. Mot provençal et vieux français. On dit à Lyon:Picou, et en Languedoc,pecoul.
PÉCUGNE, s. f. Pécune, argent comptant.
PÈGE ou PÈGUE, s. f. Poix, matière résineuse. Ces motspègeetpègueappartiennent aux dialectes du Midi et au vieux français. Nous disons figurément d'une personne dont les conversations ou les visites fatiguent par leur longueur:C'est une pège. Quelle scie! quelle pège que ce Dorival!Pèges'emploie aussi adjectivement.T'aperçois-tu que le papa N** devient un peu pège?
PÉGEUX, EUSE, subst. Lambin, traînard.
PÉGUER, v. n. Enrager, pester.Regardez tous comme il bisque! Regardez comme il pègue!Terme trivial.
PEIGNE, s. m. Nous disons proverbialement:Être sot comme un peigne, pour: Être ébahi, être stupéfait.Il persistait à nier; mais quand on lui montra sa signature, il demeura sot comme un peigne.
PEIGNER (SE), v. récip. Se battre. Nous disons figurément et proverbialement:Voilà où les chats se peignent, pour: Voilà où est la difficulté, voilà où est l'obstacle.
PEIGNETTE, s. f. Peigne fin.
PEILLE, PEILLOT, PEILLON, et PEILLOU, s. m. Brou, écale, coque, couverture extérieure des noix, des noisettes et des amandes. Terme vaudois et savoisien. Dans le canton de Vaud,piller des noixsignifie: Écaler des noix; etnoix pillettesveut dire: Noix débarrassées de leur enveloppe. En Lorraine,piller des pois, piller des fèves, signifie: Les écosser.
PÈLE, s. m. Nom que les enfants des environs de Genève donnent à une noix ou à un noyau de pêche, qu'ils façonnent et polissent avec du grès, et dont ils se servent pour jouer à la droite, aux noix ou aux noyaux de pêche. [P. G.]
PÈLERINE, s. f. Biscuit long et mince, très-léger, qu'on appelle à Paris: Biscuit à la cuiller.Saucer des pèlerines dans du sirop.Terme savoisien.
PELLE, s. f. Rame, aviron.Aller à la pelle, signifie: Ramer, naviguer à l'aide des rames. En français, «Pelle d'aviron» se dit quelquefois de la partie plate de l'aviron, laquelle entre dans l'eau quand on rame.
PELLE, s. f. Bêche.Labourer à la pelle, c'est: Labourer à la bêche. LeComplémentdu dictionnaire de l'Académie dit: «Pelle-bêche, espèce de bêche.»
P'ENCORE, loc. adv. Pas encore. [P. G.]
PENDEAU, s. m. Trochet, bouquet, glane, botte.Un pendeau de cerisess'appelle en français: Un trochet de cerises.Un pendeau de poiress'appelle: Une glane de poires. Ce terme dependeauest connu à Moudon (canton de Vaud), à Neuchâtel et sans doute ailleurs.
PENDILLON, s. m. Morceau d'étoffe, ruban qui pendille et annonce le désordre ou le manque de goût.
PENIN, s. m. Salaire, argent qui est le produit d'un travail.
PENNE, s. f. Panne, graisse du ventre d'un porc.Une penne de lard.Terme suisse et savoisien.
PENOT, OTTE, adj. (obref.) Penaud, penaude.A cette rencontre imprévue, elle demeura penotte et interdite.
PENSER DE. Projeter, avoir l'intention de, avoir dans l'idée de.Penses-tu de sortir dimanche, s'il fait beau?—Sans doute, je pense de t'accompagner à la Bellotte.Dites: Je pense à t'accompagner. [Acad.]
PENSER (SE). Penser, croire, s'imaginer.Quand on a frappé à la porte, nous nous sommes bien pensé que c'était toi. En voyant les hirondelles voler si bas, je m'étais bien pensé qu'il pleuvrait.Cette locution, fort répandue en Suisse, en Savoie, en Franche-Comté, en Dauphiné et dans tout le Midi, appartient au vieux français. Ce n'est donc point une locution qui soit particulière à notrepatois, comme le ditM. Sainte-Beuve, dans laBiographie de Töpffer.
PENSION, s. f. L'expression:Prendre pension, si connue, si usitée chez nous, ne se trouve dans aucun dictionnaire, ni dans aucun Glossaire.Vous voilà donc, Monsieur, pour quelque temps à Genève: où prendrez-vous pension?c'est-à-dire: Où prendrez-vous vos repas?
PENTE, s. f. (fig.)Se donner une pente de quelque chose, signifie: En prendre autant que l'on peut, en user largement et à cœur joie.Se donner une pente de travail; sedonner une pente de petit blanc; se donner une pente de bals masqués, une pente de concerts, etc. Expression qui appartient au style le plus familier.
PENTECÔTE, s. f. Nous disons comme les Gascons:La fête de Pentecôte; le jour de Pentecôte, etc.; et je trouve dansSENEBIERla phrase suivante: «Les décisions du Synode de Lausanne sur les fêtes de Noël, de l'Ascension etde Pentecôte.» [Histoire littéraire de Genève, t. Ier, p. 186.] Il faut dire, en ajoutant l'article: La fête deLAPentecôte, le jour deLAPentecôte; les sermons deLAPentecôte.
PÉPINÉRISTE, s. m.Un pépinériste achalandé.Terme français populaire. On doit écrire et prononcer Pépiniériste.
PERCE-NEIGE (UN). Sorte de plante qui fleurit en plein hiver. Ce mot est féminin. «Une perce-neige.»
PERCER, v. a. Nous disons d'un petit enfant à qui les premières dents viennent:Il a percé ses premières dents. L'expression française est: Les premières dents ont percé à cet enfant; les premières dents sont venues à cet enfant.
PERCET, s. m. Foret, vrille, perçoir, percerette. On dit en Valais:Perceret.
PERCHETTE, s. f. Sorte de menu poisson, petite perche.
PERCLUE, adj. f.Cette pauvre femme était perclue de froid, perclue de douleurs.Terme français populaire. L'adjectif «perclus» fait au féminin «percluse» et non pasperclue.
PERDRE, v. n. Quand nous disons d'une jeune fille, d'une jeune dame:Elle perd, elle a perdu, elle commence à perdre, cela signifie que: Sa beauté, sa fraîcheur, son éclat diminuent, ont diminué, commencent à diminuer. Ce sens du verbe «Perdre,» si usité chez nous, n'est pas dans les dictionnaires.
PERDRIGONE, adj. f.Une prune perdrigone.Dites: Une prune de perdrigon, ou: Un perdrigon. Un perdrigon blanc, un perdrigon violet. Dans le Languedoc, le Limousin et leDauphiné, on dit:Une perdigone; à Marseille,une prune pardigone.
PERD-TEMPS, s. m. Se dit de tout objet qui invite à muser et à perdre le temps.Un chien, un oiseau, un chat, une pipe, deviennent quelquefois un perd-temps, un agréable perd-temps.
PÉRIN ou PÉRAIN, s. m. Canepin, pessonure, rognures de peau blanche et fine, pour effacer les traits au fusain.
PERNETTE, s. f. Petit scarabée, d'un beau rouge moucheté de noir. C'est la définition qu'en donneTöpfferlui-même dans lePresbytère.
PÉRORER, v. a.Pérorer une assemblée. Il nous pérora de son mieux, mais il ne parvint pas à nous convaincre.«Pérorer» est un verbe neutre. «Voyez comme il pérore! Écoutez-le pérorer.»
PERRUQUE, s. f. (fig.) Remontrance, mercuriale.On lui a donné sa perruque.
PERRUTIER, s. m. Orthographe et prononciation vicieuses du mot «Perruquier.»
PERSÉCUTER DE, suivi de l'infinitif.Je le persécute de partir; il me persécute de le suivre, etc. Ce régime du verbe «persécuter» est inconnu aux dictionnaires: ce qui ne veut pas dire qu'il soit vicieux.
PESATU, s. m. Terme rural. Blé, seigle et vesces (pesettes) que l'on sème pêle-mêle et que l'on récolte à la fois sans faire de triage.Farine de pesatu; pain de pesatu.[P. G.]
PERTANTAINE, s. f.Courir la pertantaine.Dites: Courir la pretantaine.
PÉTALE (UNE). Ce mot est masculin: «Un pétale,» c'est-à-dire: Chacune des pièces qui composent la corolle d'une fleur.
PETARD, s. m. (fig.) Nous appelonsfront de petard, le front d'un homme qui ne rougit plus, le front d'un hommeéhonté.Insensible à ce reproche, il continua de se défendre avec un front de petard, c'est-à-dire: Avec une audace et une effronterie achevées. Expression fort triviale, mais fort répandue.
PETARD, s. m. (fig.) Horion, mornifle.Donner un petard; flanquer un petard; appliquer un petard.
PETARD, s. m. Canonnière, tube de sureau dont on ôte la moelle, et dont les enfants se servent pour chasser, par le moyen d'un piston, de petits tampons de papier mâché. Terme méridional.
PÉTAVIN, s. m. Espèce de framboise noire, qui croît dans les lieux humides et surtout le long des rivières. Selon leVocabulaire dauphinoisde MrChampollionaîné,peitavinsignifie: Osier.
PETÉE, s. f. Foule, quantité.Une petée de monde; une petée de curieux. Vite, vite, tire ton cerceau: tu as une petée de perchettes.
PETER, v. n.Faire peter son fouet.Dites: Faire claquer son fouet.
PETER, v. n. Nous disons d'un vin dur et acide:C'est un vin à faire peter les chèvres.Les dictionnaires disent plus décemment: «C'est un vin à faire danser les chèvres.»
PETEUX, s. m. Lâche, poltron, pleutre, couard, peteur.Dans le plus fort de la dispute, il s'alla cacher comme un peteux.Terme français populaire.
PÉTIAFFE, adj. des 2 genres. Sans force, sans vigueur, faible, bon à rien.Je suis encore tout pétiaffe, et je puis à peine me soutenir.Se dit aussi d'un fruit pourri:Une pomme pétiaffe.
PETIOLET, ETTE, adj. Très-petit, très-chétif.
PETIOT, OTE, adj. Petit, très-petit, exigu.Tu me donnes là un morceau de pain bien petiot.Terme vieux français.Petiotest aussi substantif.Où sont vos petiots?(où sont vosjeunes enfants?)Montrez-nous donc vos braves petiots?Petiouse dit quelquefois pour:Petiot.
PETIT (LE). Terme du jeu de boules. Le but, le cochonnet.Lancer le petit; s'approcher du petit; baucher le petit.Terme méridional, etc.
PETIT, s. m. Jeune enfant, jeune fils d'un tel.Vos petits sont-ils en bonne santé?—Notre petit a la rougeole.Petit, dans ce sens, n'est pas français. Le fémininpetitepourrait mieux se dire.
PETIT-BOIS, s. m. Menu bois.
PETIT-LOUIS, s. m. Courlis ou courlieu, oiseau aquatique.
PETIT-PEU (UN). Très-peu, tant soit peu.
PETOLLE, s. f. Crotte, fiente de certains animaux, comme chèvres, brebis, lapins, souris. En vieux français:Petelle; en provençal,peto.
PETON, s. m. Terme enfantin. Le pied d'un petit enfant.Elle a bobo à son peton.Dans le canton de Vaud on dit:Piétonoupioton.
PÈTRÀ ou PEITRÀ, s. m. Manant, rustre, pacant, butor, grossier personnage. Terme normand, breton, etc.
PÈTRE ou PEITRE, s. m. Gésier, estomac.Le pètre d'une poule; le pètre d'une dinde.Terme suisse et savoisien. On le dit quelquefois, mais trivialement, en parlant des personnes.Nos individus ne quittèrent la table qu'ayant le pètre bien garni.Pètrese dit aussi d'un gros goître.
PÉTREUX, s. m. Goîtreux.
PÉTRISSOIRE, s. f. Pétrin, huche, coffre à pétrir le pain. Terme suisse, savoisien, franc-comtois, etc. Quelques dictionnaires modernes disent au masculin: «Un pétrissoir.»
PÉTRONER (SE), ou SE PÉTROGNER, v. pron. Se dit d'un enfant qui, dans les bras de sa nourrice ou de sa mère, a l'air de se dorloter, et témoigne son contentement par un certain bruit du gosier.
PETTE, s. f. Bagatelle, chose de nulle valeur.Pour toutes vos peines, vos courses, vos écritures, vos correspondances, la famille du défunt vous a envoyé deux couverts d'argent: la belle pette! Voilà vraiment une belle pette! Ils ont fait là une belle pette!Ce terme, très-familier et même trivial, se retrouve dans le patois rouchi, où il signifie: Peu de chose, rien. [Voyez leDictionnaire rouchi-françaisdeHécart, 3meédition.] Voyez aussi le motpeto, dans leDictionnaire provençaldeM. J.-F. Avril.
PEU (UN), s. m. N'est pas français dans le sens de: Un peu de temps.Il y a un peu que je n'ai vu ton frère. Il y a un peu que la diligence est partie.
PEU (UN).Prête-moi un peu ton couteau. Donne-moi un peu cette échelle, etc. Dans cette phrase et les phrases analogues,un peuest inutile et vicieux.
PEUGET, s. m. Suc ou jus qui se forme dans le tuyau et le fond d'une pipe par la salive et la vapeur du tabac.
PEUR, s. f.À moi la peur si.....Espèce d'affirmation qui revient à la suivante: Je veux être pendu si.....Tu veux donc toujours me désobéir, Janot; mais à moi la peur si je ne t'enferme pas dimanche prochain. Puisque Du Rosier refuse obstinément de me payer, à moi la peur si je ne lui envoie pas une assignation.
PEUR, s. f.Qu'as-tu peur? Qu'avez-vous peur?Expressions fort usitées chez nous et ailleurs. Pour parler grammaticalement il faut dire: De quoi as-tu peur? De quoi avez-vous peur?
PHIBOSETTE, s. f. Fille ou femme démesurément petite et contrefaite. VoyezMÉPHIBOSET.
PIÂLER, v. n. Piailler, piauler.
PIAILLARD, ARDE, adj. et s. Piailleur, criard. Français populaire.
PIAILLÉE, s. f. Piaillerie, criaillerie.Faire des piaillées. Finissez donc vos piaillées.
PIANOTTER, v. n. Terme dérisoire. Jouer du piano.
PIAPEU, s. m. Renoncule des champs. Terme connu aussi dans le canton de Vaud. Le dictionnaire de MrBescherelledit: «Piapan.»
† PIASTRE (UN). Une piastre.Aimer le piastre, aimer l'argent.Goûts piastreux, goûts excessifs de s'enrichir.Homme piastreux, homme riche.
PIAUTE, s. f. VoyezPIÔTE.
PIC, s. m. Terme français, qui signifie: Pivert. Nous disons proverbialement d'une personne maigre et sèche:Elle est maigre comme un pic. Cette expression est sans doute moins usitée ailleurs que chez nous, puisqu'elle n'est pas consignée dans les dictionnaires.
PICAILLONNER, v. n. Liarder, lésiner, faire des économies mesquines, mettre avaricieusement sou sur sou.Son plus grand bonheur est de picaillonner.Lepicaillonétait une petite monnaie en usage dans le Piémont et la Savoie, et qui valait un centime. Nous disons encore d'une chose de nulle valeur:Cela ne vaut pas un picaillon; je n'en donnerais pas un picaillon.
PICAILLONNEUR, s. m. Liardeur, avare.
PICÂTA ou PECÂTA. Terme injurieux dont les paysans savoisiens se servent pour désigner les habitants de Genève et particulièrement les protestants. On explique très-diversement l'origine de cette dénomination. Dans le Berry,peccatasignifie: «Baudet.»
PICAIRNE, s. f. VoyezPIQUERNE.
PICATALON, s. m. Fourmi.Un nid de picatalons.
PICHE, s. f. Chopine, petite mesure du pays. En français, «Pichet» est une sorte de vase à vin.
PICHENETTE, s. f. Coup, taloche.Flanquer une pichenette.
PICHOLETTE, s. f. Chopine, petite mesure du pays.Une picholette de vin. Boire picholette. Payer picholette.Terme vaudois et savoisien.
PICOLON, s. m. Petit point.Indienne à petits picolons.Terme vaudois.Dîner au picolon de midi, signifie: Dîner au coup de midi, à midi sonnant. Nous disons qu'une montrefend le picolon, lorsqu'elle marche avec une parfaite régularité.Je puis vous donner l'heure exacte, car ma montre fend le picolon.
PICOT, s. m. Sorte d'épingle longue et à grosse tête. En français, «Picot» signifie: Petite pointe qui demeure sur le bois quand ce bois n'a pas été coupé net.
PICÔTE, s. f. Picorée, maraude.Aller à la picôte des raisins, à la picôte des noix.Terme consacré parmi les jeunes garçons.
PIDANCE, s. f. Pitance.Le pain et la pidance.Terme français populaire. VoyezS'APIDANCER.
PIDE, s. f. Semonce, réprimande.Donner une pide. Recevoir une pide. Tu as eu ta pide, et cela te venait.Terme vaudois.
PIDE, s. f. Terme de certains jeux. Mesure, action de mesurer.Je veux de la pide(je veux mesurer).
PIDER, v. n. Mesurer la distance d'un palet à un autre, la distance d'une boule à une autre, etc.Tu t'imagines tenir, mais je pense le contraire, et j'en veux de la pide, je veux pider.Terme vaudois et savoisien. R. lat.pes, pedis.
PIDER, v. n. Abuter, c'est-à-dire: Jeter au but, tirer au but pour savoir qui jouera le premier.À qui est-ce à pider? Commence, Daniel, et ne pidons pas.
PIDER, v. a. Terme des collégiens. Voler, dérober, filouter.Quel est celui de vous qui m'a pidé mon agate?
PIED, s. m. Braie, drapeau, pièce de toile dont on enveloppe les petits enfants, et par-dessus laquelle on met les langes.Sécher un pied; changer un pied.Terme vaudois et savoisien. En Dauphiné,Donner les pieds à un enfant, signifie: Lui donner sa première robe.
PIED, s. m.Tenir pied, est un terme du jeu de boules qui signifie: Piéter, c'est-à-dire: Tenir le pied à l'endroit qui a été marqué pour cela.
PIED POTENT, s. m. Jeu d'écolier.
PIEDS, s. m. pl. Nous disons figurément de quelqu'un qui, par des spéculations ambitieuses ou sottes, a perdu la position aisée où il se trouvait:Il s'est mis aux pieds ce qu'il avait aux mains.
PIEDS, s. m. pl.Ne pas mettre deux pieds dans un soulier, est une expression figurée qui signifie: Agir promptement, mettre à l'exécution d'un message toute la diligence possible.Va nous louer un cabriolet, et surtout ne mets pas deux pieds dans un soulier.
PIEDS AU CHAUD.Tenir à quelqu'un les pieds au chaud.Se dit d'une personne qui en soigne une autre dans des vues intéressées. On dira, par exemple, d'un neveu qui a de grands égards pour un oncle célibataire:Voyez comme il le cajole et le prévient; voyez comme il lui tient les pieds au chaud.
PIEDS BLANCS, s. m. pl.Il a les quatre pieds blancs.Se dit de quelqu'un qui a ses entrées libres et ses coudées franches dans une maison.
PIERRE À BERNARD ou PIERRE À BERNADE. Se dit d'une distribution d'argent ou de bonbons que les riches paysans, le jour de leurs noces, font aux enfants de la commune. L'ancienGlossairefait erreur quand il dit que cet usage a cessé dans notre canton. [P. G.]
PIERRE À FEU, s. f. Pierre à fusil, pierre à briquet.Les capsules auront bientôt remplacé partout les pierres à feu.Terme suisse et savoisien.
PIERRES, s. f. pl. Nous disons figurément d'une personne qui est au comble du malheur:Elle est malheureuse comme les pierres. Expression proverbiale connue en Picardie, et sans doute ailleurs. Les dictionnaires français disent: «Être malheureux comme un chien qui se noie.»
PIF-POUF, s. m. Homme gros, ventru et de petite taille. En français, «Piffre» signifie: Gros, replet.
PIGEONNIÈRE, s. f. Pigeonnier, colombier.
PIGNOCHER, v. n. Peindre à petits coups, peindre sans hardiesse. Dans les dictionnaires, «Pignocher» signifie: Manger négligemment, manger sans appétit et du bout des dents.
PIGNOCHEUR, s. m. Tatillon,patet.
PIGNOLET, s. m. Nom que les campagnards donnent à la plante appelée en français: «Thym.»Brouter le pignolet.Terme vaudois.
PILE, s. f. Volée de coups, étrillée.Donner une pile à quelqu'un, le rosser. Terme connu dans le Berry, en Savoie et ailleurs.
PILON, s. m. Mortier.Pilon de fonte, pilon de marbre. L'escamoteur mit la montre dans le pilon et la brisa.Terme suisse et savoisien. En français, «le Pilon» est l'instrument avec lequel on pile dans le mortier.
PILVINETTE, s. f. Épine-vinette, sorte d'arbrisseau.Tablettes à la pilvinette.Dans le français populaire on dit:Pinevinette.
† PIMPILVINETTE, s. f. Épine-vinette.
† PIMPINIÈRE, s. f. Pépinière. PIMPINIÉRISTE, s. m. Pépiniériste.
PINCE, s. f. Terme de couturière. Troussis, pli fait à une robe, à une jupe pour la raccourcir.
PINÇOTTER, v. n. Terme de nos anciennes fabriques d'indienne. Travailler au pinceau.
PINÇOTTEUSE, s. f. Ouvrière qui, dans nos anciennes fabriques d'indienne, mettait les couleurs.
PINIOUF ou PIGNOUF, s. m. Dénomination dérisoire. Soldat du centre dans la réserve.
PINTE, s. f. Cabaret, taverne, gargote, bouchon.Hanter les pintes. S'attabler dans une pinte.Terme suisse-roman. En français, «Pinte» est le nom d'une mesure pour le vin, et «Pinter» signifie: Faire débauche de vin.» [Acad.]
PIOCHAT, s. m. Sittelle torche-pot, oiseau.
PIOGRE ou PIOGUE.Envoyer quelqu'un à Piogre, c'est: L'envoyer promener bien loin, l'envoyer se faire pendre, l'envoyer au di....Si tu répliques encore, petit drôle, je t'envoie à Piogre, je t'envoie à Piogre ferrer les chats.Ce mot dePiogreest peut-être une altération du motpiautre; car dans le français populaire,Envoyer au piautre, c'est: Envoyer au di.... Peut-être aussiPiogreest-il le nom d'une ville imaginaire, censée fort éloignée de nous. En Languedoc on dit dans ce dernier sens: Envoyer quelqu'un àPampeligoust: c'est le nom languedocien de la ville de Pampelune.
PION, PIONNE, adj.Être pion, être ivre.
PIONS, s. m. pl. Nom d'un jeu que les petits garçons jouent assis à terre avec neuf petits cailloux, qu'ils font sauter alternativement en l'air pour les recevoir dans la main. On ne peut se faire une idée exacte de ce jeu qu'en le voyant jouer aux enfants. [P. G.]
PIORNE, s. f. VoyezPIOURNE.
PIÔTE, s. f. Patte.La piôte d'un oiseau, la piôte d'un chien, d'un chat, etc.Une écriture en piôtes de mouche.Terme vaudois et savoisien. Les chasseurs donnent les noms depiôtes rougesetpiôtes noiresà certains oiseaux qui vivent sur les bords du lac.
† PIOTON, s. m. Piéton.Trottoir pour les piotons.
PIOTONNER, v. n. Piétiner, remuer les pieds avec vivacité. Se dit des enfants qui s'essaient à marcher. Dans le français populaire on dit:Piétonner.
PIÔTU, UE, adj. et subst. Boiteux, clopinel.
PIOULER ou PIULER, v. n. Piauler, crier comme les poulets. Se dit aussi des jeunes enfants qui pleurent et se lamentent.Piulerappartient au vieux français.
PIOU-PIOU, s. m. Dénomination badine par laquelle on désigne un soldat du centre dans le contingent. On appellepiou, dans le dialecte du Berry, le plus petit poulet d'une couvée. [Vocabulaire du Berry, p. 85.]
PIOURNE ou PIORNE, s. f. Femme ennuyeuse, qui se plaint et qui gronde habituellement.Oh! la sotte piourne! Tais-toi, piourne!Terme vaudois.
PIOURNER et PIORNER, v. n. Se plaindre continuellement. Terme vaudois.
PIPER, v. n. et act. S'emploie surtout avec la négation:Ne pas piper, ne pas piper mot, et signifie: Ne pas souffler mot, ne pas répondre.On l'a fortement réprimandé et il n'a pas pipé mot.Terme français populaire.
PIPETTE, s. f. Pipe de tabac, petite et mauvaise pipe. Terme languedocien. A Genève,pipettene s'emploie que dans cette locution:Cela ne vaut pas pipette, c'est-à-dire: Cela ne vaut rien, cela ne vaut absolument rien. En français on dit: Cela ne vaut pas une pipe de tabac.
PIPI, s. f. Pépie, petite peau blanche qui vient sur la langue des oiseaux et qui les empêche de boire.Avoir la pipi: ôter la pipi.
PIQUÉE, s. fém. Douleur vive et de courte durée.Une piquée de mal de ventre.
PIQUE-PRUNES, s. m. Garçon tailleur. Dénomination badine ou dérisoire.
PIQUER, v. a. Picoter.Piquer des raisins. Cueillez des grappes, mes amis, je vous le permets; mais ne piquez pas.Terme savoisien, gascon, etc.
PIQUER, v. a. Se dit des oiseaux, et signifie: Manger.Nos deux chardonnerets commencent à piquer seuls.Expression languedocienne, etc.
PIQUER UNE FAUX. Terme des campagnards. Rebattre une faux, l'aiguiser.Piquer, dans le sens d'affiler, est une expression méridionale.
PIQUE-RAVES, s. m. Tarier, oiseau.
PIQUERNE, s. f. Chassie, humeur gluante des yeux. Terme suisse et dauphinois, formé par corruption du vieux mot françaisbigane, qui a le même sens, et qui n'est point inconnu dans la Franche-Comté.
PIQUERNEUX, EUSE, adj. Chassieux.Des yeux piquerneux.
PIRE, adv. Dans le langage populaire,pirea souvent le sens de «plus» et de «mieux.»Les deux cousines se chérissent: elles sont pires que des sœurs. Mon domestique fait tout dans la maison: il est pire qu'une servante.
PIRE, adv.Comment va la santé, Guillaume?—Ça va de mal en pire.Dites: «De mal enPIS.»Pisest un adverbe qui signifie: «Plus mal.» (Mettre les choses au pis.) «Pire» est un adjectif, qui signifie: «Plus mauvais, plus méchant.» «Mon vin n'est pas bon, j'en conviens: mais le vôtre est pire.»
PISSE, s. f. Urine.
PITATEMENT, s. m. Course au galop, etc. VoyezPITATER.
PITATER, v. n. Courir au galop, prendre le galop.Les jeunes garçons se plaisent à pitater dans la neige. Je les voyais pitater dans les sables limoneux de l'Arve.
PITAUD, AUDE, s. et adj. Pataud, pesant, épais, patu.Un gros pitaud; une grosse pitaude. Quel pitaud d'enfant vousavez là!Dans le vieux français,pitaudsignifiait: Rustre, paysan. [Voyez leDictionnairedeRichelet.]
PITON, s. m. Fouloir de vendange. [P. G.]
PITONNER, v. a. Fouler aux pieds.Pitonner la vendange.Pitonner un duvet, comme font les chats avant de s'y endormir. Dans notre patois,pitenàsignifie: Piler, etpiton, s. m., signifie: Pilon. A Lyon,pitrognerveut dire: Écraser et broyer d'une manière malpropre.
PIULER, v. n. VoyezPIOULER.
PIVOINE, s. m. Sorte de fleur.Un beau pivoine.Ce mot est féminin.
PLACARD, s. m. Armoire.Remuer un placard; transporter un placard.On appelle en françaisplacard, une armoire pratiquée dans un mur. En Suisse, en Savoie et dans le Midi, on désigne par ce terme toute espèce d'armoire.
PLACARD, s. m. Grosse tache sur un plancher, sur une table, sur un vêtement.Un placard d'huile; un placard de suif; un placard de graisse.
PLACE, s. f. Condition.Aller en place, dans le langage des domestiques, signifie: Aller en condition, aller servir.Entrer en place, signifie: Entrer en condition.L'Henriette part demain pour entrer en place.
PLAINDRE, v. n. Gémir, pousser des gémissements, geindre.La pauvre Colette n'a pas cessé de plaindre toute la nuit; elle plaignait même en dormant; elle plaignait à nous fendre l'âme.Expression suisse, savoisienne et méridionale, qui se retrouve dans l'ancien français, et qui n'a point d'équivalent exact dans la langue des dictionnaires.
PLAIN-PIED, s. m. Rez-de-chaussée.Habiter un plain-pied. Loger au plain-pied.Expression universellement répandue dans notre Suisse et en Savoie. Le mot de «Plain-pied» est français, mais il signifie autre chose. Voyez les dictionnaires.
PLAINT (UN). Gémissement d'un malade.Faire des plaints; pousser des plaints. C'étaient des plaints déchirants.Terme vaudois, neuchâtelois, savoisien, limousin, etc. En vieux français,plaintveut dire: Complainte.
PLAISIR, s. m.Se faire plaisir d'une chose, signifie: S'en donner le plaisir et en user largement; en jouir tout à l'aise.Voici une corbeille de cerises, mes enfants: faites-vous-en plaisir.Cette expression familière, très-usitée et très-originale, ne se trouve pas, que je sache, dans les dictionnaires.Ah! Marguerite, comme je t'envie ton joli châle jaune.—Ce châle jaune? tu peux facilement t'en faire plaisir: il ne coûte que 8 francs. J'ai trouvé ton aiguille de bas, Rosine.—Eh bien, fais-t'en plaisir, c'est-à-dire: Garde-la, et qu'elle te serve longtemps.
PLAN ou PLANT, s. m.Laisser quelqu'un en plant, signifie: Le faire attendre fort longtemps, l'abandonner, le laisser dans l'embarras, le planter là.Ils me laissèrent en plant sur la route, c'est-à-dire: Ils me laissèrent sur la route comme si j'étais unplantet comme s'ils voulaient que j'y prisse racine. On dit dans le même sens:Rester en plant, être en plant, mettre en plant.Terme parisien populaire. Aucun dictionnaire n'a recueilli cette expression, qui a bien son mérite.
PLAN, s. m. Gage.Mettre un habit en plan, le mettre en gage. Expression connue aussi à Paris et sans doute ailleurs.
PLANCHER, v. a. Planchéier, garnir de planches le plancher inférieur d'un appartement.Il vaudrait mieux plancher cette cuisine que de la carronner.Terme français populaire. On disait en vieux français:Planchierouplanchéer. [VoyezGlossaire romandeRoquefort.]
PLANELLE, s. f. Sorte de brique, sorte decarron.La plupart de nos cuisines sont carronnées(carrelées)avec des planelles.
PLANTAPORET, s. m. Dénomination badine, par laquelle on désigne les habitants de la commune de Plainpalais, et principalement les jardiniers.Plantaporetest un mot patois qui signifie: Plante-porreaux, planteur de porreaux.
PLANTER UN CLOU. Enfoncer un clou, le faire entrer.
PLANTEUR D'ÉCHAPPEMENTS, s. m. Ce terme, de la fabrique d'horlogerie, n'a pas d'équivalent dans la langue des dictionnaires.
PLANTON, s. m. Terme de jardinier. Jeune plant de fleur ou de légume.Planton de salade; planton de chou; planton de viollier. Plate-bande garnie de plantons.On dit en Dauphiné:Plantun.
PLAQUE, s. f. Tache à la peau.Son éruption a entièrement cessé, mais il lui reste quelques plaques aux joues et au front.
PLAQUE, s. f. Palet en cuivre ou en fer.Jouer aux plaques. Sa plaque touchait le but.
PLAQUER, v. neutre. S'appliquer exactement contre.Il est bien fait, ton habit: il plaque bien. Faites bien plaquer ce miroir contre le mur. Ta bretelle ne plaque pas bien sur ton dos.
PLAT, s. m. (fig.) Cancan, commérage, bavardage, médisance.Faire des plats. On vous a dit cela et puis encore cela.—Oui, sans doute.—Eh bien! ce sont autant de plats, autant de mensonges.
PLATAISE, s. f. Platitude, bêtise, sottise.Dire des plataises. N'écoutons plus ces plataises.J.-J. Rousseaua dit dans le même sens:Platise, expression qui a été recueillie par quelques dictionnaires.
PLAT DE LIT (À).Être à plat de lit, être malade au lit.Comment, Dubreuil, tu viens me voir sans ton frère!—Parbleu, mon frère, il est depuis deux jours à plat de lit.Cette expression remarquable, et qui est d'un constant usageà Genève, n'a pas été négligée parJ.-J. Rousseau. «Il n'y avait que l'excuse d'êtreà plat de litqui pût me dispenser de courir à son premier mot.» Nous disons quelquefois:Être au plat du lit.
PLATE, s. f. Poisson de notre lac, sorte deféra. SelonDe Saussure, «laplatevit dans le golfe de Thonon, et se pêche rarement ailleurs.» [Voyage dans les Alpes, t. Ier, p. 16.]
PLATEAU, s. m. Madrier, planche fort épaisse. Terme savoisien, franc-comtois et méridional. Dans le canton de Vaud et à Neuchâtel on dit:Éplateau.
PLATELÉE, s. f. Platée, plat de nourriture chargé abondamment.Une platelée de raves; une platelée de boudins.Terme vieux français.
PLÂTRE, s. m. Nous disons figurément:Faire plâtre de quelqu'un, pour signifier: Le turlupiner, le houspiller malicieusement, en faire le badeau de la compagnie.On a tellement fait plâtre de ce pauvre Delolme, qu'à la fin il s'est fâché tout rouge.Les dictionnaires disent: «Battre quelqu'un comme plâtre,» pour signifier: Le battre à outrance.
PLÂTRIR, v. a. Plâtrer, enduire de plâtre.
PLÂTRISSAGE, s. m. Plâtrage, action d'enduire de plâtre.
PLEIN, prépos. de quantité. Nous disons de quelqu'un ou de quelque chose qui nous a beaucoup ennuyés, fatigués, vexés:J'en ai plein le dos.L'Académie dit: «Je le porte sur mon dos;» mais elle l'applique seulement aux personnes.
PLEURER, v. actif.Pleurer la nourriture à quelqu'un, signifie: La lui reprocher, la lui plaindre.Le riche MrColnet est si avare, qu'il pleure le pain à ses domestiques, et qu'il se pleure la vie à lui-même. Léonard vient de faire un magnifique héritage, que personne sans doute nelui pleurera.Les dictionnaires ne donnent point de complément indirect au verbe «Pleurer.»
PLEURNICHAGE, s. m. Pleurnicherie, larmes feintes, pleurs répandus sans véritable chagrin.Tes pleurnichages sont bien inutiles, tu seras puni.
PLEUVIGNER, PLUVIGNER, PLEUVINER et PLUVINER, v. n. Pleuvoir menu, pleuvoir un peu.Il ne pleut pas, il pleuvigne; il commence à pluvigner.Termes suisses, savoisiens et lyonnais. Le dictionnaire deRobert Estienne(1605) dit:Plouviner. En Franche-Comté on dit:Plevigner: tous mots acceptables et dignes de figurer dans les dictionnaires.
PLIANT (UN). Un lit de sangles.L'auberge était pleine, et tous les lits occupés: il fallut dresser quatre pliants.Terme suisse, franc-comtois, marseillais, etc.
PLIÉ, PLIÉE, partic. (fig.) Mort, morte. VoyezPLOYÉ.
PLIOGE, PLIOZE, ou PLIODZE, s. f. Terme patois fort connu. Pluie.Vaika la plliodze(llmouillés), voici la pluie. En vieux français:Ploge.
PLOMBETTE, s. f. Terme d'architecture. Plomb.
PLONGEON, s. m. Terme de nageur. Action de plonger, immersion.Faire un plongeon. Il fit deux ou trois plongeons et sortit de l'eau.Terme suisse, savoisien et méridional. L'expression française est: «FaireLEplongeon,» c'est-à-dire: Imiter l'oiseau appelé Plongeon.
PLONGER (SE), v. pron. Terme de nageur.Aimes-tu te plonger, Alexis?—Oui.—Eh bien! allons nous plonger à cette barque.Se plongern'est pas français. Dites: Plonger, v. neutre. «Aimes-tu plonger? Allons plonger. Lequel de vous vient plonger?»
PLOT, s. m. Billot, tronçon de bois, bloc de bois, tronc de sciage.Couper de la viande sur un plot. Faute de chaises, nous nous reposâmes sur deux plots.Terme suisse, savoisien,franc-comtois, berrichon, provençal, etc. Nous disons au figuré:Dormir comme un plot, pour: «Dormir d'un profond sommeil, dormir comme un sabot.» [Acad.]
PLOT, s. m. Tronc pour les aumônes.La clef du plot.Ce terme a vieilli.Plotest aussi un terme de tir:L'arme sera sans coche sur le plot, et sans double détente.[GlossairedeGaudy.]
PLOYÉ, ÉE, part. Mort, enveloppé du linceul funèbre.Tu voudrais bien que je fusse ployée, disait brusquement une lavandière à son mari.—Dis plutôt encrottée, répliqua l'époux. «Plié» s'emploie dans le même sens queployé.Depuis sa chute il ne traîna pas longtemps: après cinq jours il était plié.Expression savoisienne.
PLUCHER, v. a. Éplucher.Plucher du légume; plucher des haricots; plucher de la salade. Cet enfant est toujours à se plucher le nez.En vieux français:Pluchoter.
PLUCHURES, s. f. pl. Épluchures, pelures. On dit aussi:Pluchonsetpluches.
PLUMACHE, s. f. Plumes d'ornement, plumet, panache.Un chapeau à plumaches.Terme suisse, savoisien, bressan, provençal, etc.
PLUME, s. f.Mettre la plume à la mainsignifie: Se mettre à écrire, commencer à écrire. Les dictionnaires disent: «Mettre la main à la plume.»
PLUMER, v. a. (fig.) Ronger, manger, dévorer.Les chenilles plumaient les branches de ce bel arbre.
PLURÉSIE, s. f. Pleurésie.Gagner une plurésie.Terme suisse-roman, savoisien et français populaire.
PLUS, adv. Est mis pour: «Plus de,» dans les phrases suivantes et phrases analogues:J'en ai plus peur qu'envie. Votre mari, Madame Philibert, va, dit-on, passer en Amérique.—A vous dire le vrai, Monsieur, j'en ai plus peur qu'envie.Dites: J'en ai plusDEpeur queD'envie.
† PLUS BON. Meilleur.Prends ce poire, Vincent; il est bien plus bon que l'autre.
† PLUS PIRE. Pire.Tu trouves ce vin mauvais; tu en bois du plus pire chez ta grand'mère.Français populaire.
PLUVIGNER ou PLUVINER, v. neutre. Pleuvoir un peu. VoyezPLEUVIGNER.
POCHÉ, ÉE, adj.Fruits pochés.Fruits que l'on a portés dans la poche pendant quelque temps. On dit en français: «Pocheté.»
POCHE-L'ŒIL, s. m. Terme des collégiens et des gamins. Coup violent sur l'œil, et qui le fait enfler et bleuir.Recevoir un poche-l'œil.
POCHON, s. m. Cuillère à potage, cuillère profonde et à long manche, dont on se sert à table pour prendre le potage dans la soupière.Pochon d'argent, pochon d'étain.Terme suisse et franc-comtois.
POCHURE, s. f. Coup marqué au visage, meurtrissure au visage avec enflure.Pochure à l'œil; pochure au front. Recevoir une pochure; se faire une pochure.«Pocher» et «se pocher» sont français.
POINT AU CÔTÉ, s. m. Point de côté, mal, douleur que l'on ressent au côté. Au figuré,point au côté(point de côté), se dit: 1oD'une personne qui nous est à charge; 2oD'une affaire embarrassante ou pénible. Français populaire.
POINTET, s. m. Petite flèche qu'on met sur une arbalète pour tirer contre un but. [P. G.]
POINTILLEUR, EUSE, adj. Pointilleux, euse. [P. G.]
POINTU, UE, adj. (fig.) Malin, satirique, caustique, mordant.As-tu remarqué son air pointu? Elle nous répondit d'un ton bien sec et bien pointu: Cela ne vous regarde pas, Messieurs.Expression languedocienne. En vieux français, le motguillesignifie: «Pointe» et «ruse, malice.»
POINTU, s. m. Lâche, insolent.
POIRE (UN).Un bon poire; des poires blets. Aux poires! Aux beaux poires!Ce solécisme nous vient du patois, où ce mot est masculin (on peret).
POIRE-À-BON-DIEU, s. f. Alize, fruit ou baie de l'aubépine. On dit aussi:Poire-de-bon-Dieuetpoire-au-bon-Dieu. Terme savoisien.
POIRE CHARLON, s. f. Poire gros-romain.
POIRE-ROME, s. f. Poire de bon chrétien.
POIRE SIRE-JEAN, s. f. Poire de Messire-Jean.
POIS EN GRAINS, s. m. pl. Petits pois.
POIS GOURMANDS, s. m. pl. VoyezGOURMANDS.
† POISON (LA).Boire de la poison; prendre de la poison.Ce mot a été féminin jusque vers la fin du dix-septième siècle.C'est une poison, se dit d'une femme très-méchante. Français populaire.
POITE, s. f. Méchante femme.
POLAILLE, s. f. Terme des campagnards. Poule.Une belle polaille. Une polaille grasse et dodue.En français, «Poulaille» signifie: Volaille.
POLAILLON, s. m. Sobriquet que l'on donne populairement à un homme qui s'occupe des soins du ménage ou de choses trop minutieuses.Fanchette, ton Monsieur est un polaillon.On dit en français: «Un tâte-pouls.»
POLATAILLE, s. f. Oiseaux d'une basse-cour, volaille.
POLICE (LA), ou LA POLISSE. Les polissons, les enfants qui courent les rues pour y faire des espiègleries.Il faudra pourtant une fois mettre à la raison toute cette police. N'est-il pas vrai qu'étant gamins nous faisions la police ensemble?Terme parisien populaire, etc.
† POLIE, s. f. Poulie.Ajuster une polie.Français populaire.
POLIR, v. a. Dépenser en folles dépenses.Il a su en quatre années polir une fortune de 150,000 francs.
POLITESSE (UNE). A Genève,faire une politesse à quelqu'un,veut dire: Lui offrir une collation, un dîner, un thé; l'inviter à une soirée dansante, à une partie de montagne, etc. Expression consacrée.
† POLMON, s. m. Poumon.Un ragoût de polmons.En vieux français on dit:Poulmon; en Languedoc,palmon; en Franche-Comté et à Paris,pomon; à Chambéry et dans la Bresse,pormon.
POMMEAU, s. m. Terme injurieux, qui équivaut à: Homme pesant, homme ennuyeux, hommesciant.
POMMEAU, s. m. Nous disons:Une canne à pommeau d'argent; une canne à pommeau d'or. Il faut dire: Une canne à pomme d'argent, une canne à pomme d'or. Mais on dit très-bien: Le pommeau d'une épée, le pommeau d'une selle.
POMMEAU, s. m. C'est ainsi qu'on désigne souvent un petit messager dans une fabrique ou dans un comptoir.
POMME EN CAGE, s. f. Pomme enveloppée de pâte et cuite au four.
POMME RAINETTE, s. f. Rainette, ou pommeDErainette.
POMMIER D'AMOUR, s. m. Tomate, sorte d'arbrisseau, dont le fruit s'appelle:Pomme d'amour.
POMPE À FEU, s. f. Ne signifie point en français: «Pompe à incendie.» Une pompe à feu est une machine hydraulique mise en jeu par la vapeur. Ne dites donc pas:Les pompes à feu arrivèrent quand le bâtiment était déjà consumé. Faute fréquente en Suisse et en Savoie.
POMPER, v. n. Ce mot se dit d'un poêle ou d'une cheminée où le feu est allumé, et il signifie: Attirer l'air.Tu as bien de la fumée dans ta chambre, Édouard.—En effet, c'est que mon poêle ne pompe pas assez.
POMPON, s. m.À nous le coq, à nous le pompon.Expression un peu vulgaire qui signifie: A nous le fion, à nous la supériorité. VoyezCOQ.
PONT, s. m. Terme de maçon et de plâtrier.Dresser un pont; enlever un pont. Choisissez pour votre pont des planches solides.En France on dit: Échafaudage. Dresser un échafaudage.
PONTENAGE, s. m.Payer les droits de pontenage.Terme suisse, savoisien et vieux français. On dit actuellement: Pontonage.
PONTET, s. m. Chantier, pièce de bois sur laquelle on pose les tonneaux dans une cave.Établir des pontets.Terme suisse-roman.
PORPE ou POURPE, s. f. Poulpe, partie charnue de la viande.Prenez ce morceau, Madame, c'est tout pourpe.
PORPU, UE, adj. Charnu, garni de chair. Au sens figuré, nous disons d'une chose excellente, d'une chose très-belle en son genre:C'est du chenu et du porpu, c'est-à-dire: C'est du très-beau, c'est du très-bon.
PORTAIL ou PORTAL, s. m. Grille.Portail en fer; portail en bois. Ouvrir les portails.Terme méridional. En français, «Portail» se dit de la façade ou de la principale porte d'une église.
PORTÉE, s. f. Distance convenable.Mettez-vous à portée(à la portée)afin de pouvoir entendre.Ne lâche pas encore ton coup de fusil: tu n'es pas à portée(à la portée).Mettez ce fumier à portée, c'est-à-dire: Mettez-le près de l'endroit où il doit être employé.Les canons n'étaient pas à portée.Selon les dictionnaires, «Être à portée» se dit des personnes et signifie: Être dans une situation convenable pour faire quelque chose.
PORTER PERTE. Nuire, être nuisible, tourner à préjudice.Ce nouveau magasin nous portera perte. Si tu renvoies Marguerite, elle cherchera à nous porter perte.Expression consacrée.
PORTEUR, s. m. Terme de vigneron. Cource, bout de sarmentd'environ demi-pouce de longueur, qu'on laisse au sommet d'un cep de vigne pour rapporter des raisins. [P. G.]
PORTILLON, s. m. Petite porte basse dans la fermeture d'une boutique.
PORTION, s. f. (Prononcezpor-cion.) Potion, remède liquide qu'on boit.Prends ta portion, mon valet, tu auras du bonbon ensuite.Terme français populaire.
PORTRAIT EN TROIS QUARTS. Dites: PortraitDEtrois quarts. Dites aussi: Se faire peindreDEtrois quarts, et non:Se faire peindre en trois quarts.
† PORVISION, s. f. Provision.Vous faites votre petit marché, Madame Dulignage?—Vous le voyez, Monsieur: je fais une petite porvision de raves et de patenailles.
POSE ou PAUSE, s. f. Mesure agraire, qui équivaut à 400 toises de Genève, c'est-à-dire, à un peu moins d'un arpent.Notre plaine de Plainpalais a trente poses; la plaine du Pré-l'Évêque en a trois et un tiers.Terme vaudois et jurassien.
POSÉE, s. f. Écriture moyenne.Écrire en posée. Passer de la posée à la fine.
POSER, v. a. Quitter.Poser son habit, poser son chapeau. Si Monsieur voulait poser son manteau, les chevilles sont là.
POSER LE DEUIL. Quitter le deuil.A Genève, une veuve ne pose qu'après quatre ans le deuil de son mari.
POSER LES SCELLÉS. Apposer les scellés, mettre les scellés.
POSSÉDÉE (UNE). Nous disons d'une femme qui se démène et qui jette des cris perçants:Elle s'agite comme une possédée; elle crie comme une possédée. Ce féminin, qui manque dans les dictionnaires, est fort admissible.
† POTACHE, s. f. Potasse.
POT À EAU, s. m. Pot à l'eau; c'est-à-dire: Pot destiné à recevoir de l'eau.
POT À LAIT, s. m. PotAUlait.
POTET, s. m. Terme des campagnards. Petit pot. En vieux français:Poutet.
POTRINGUE, s. f. Médecine, breuvage purgatif, drogue. Se dit aussi de toute mauvaise boisson.Votre cidre a un goût de potringue; c'est une vraie potringue. Le docteur voulait me purger: je l'ai dispensé de sa potringue.Être toujours en potringues, signifie: Être toujours dans les remèdes. Terme suisse, savoisien et méridional.
POTRINGUER, v. a. Droguer, médicamenter.Dis voir, Michel, on dit comme ça que tu te laisses potringuer par ta cauque(par ta femme);pour moi, je ne me potringue jamais, et je n'en suis pas plus malade pour tout ça.
POTTES, s. f. pl. Lèvres.S'essuyer les pottes; se lécher les pottes. Je vois bien, gouillard, que tu as touché à mes confitures: il t'en reste encore par les pottes.Terme suisse, savoisien, méridional, lorrain, etc.Ce ragoût est à sa potte, signifie: Ce ragoût lui plaît.La soupe était à sa potte, et il s'en est piffré.
POTTE, s. f. Moue, mine refrognée, grimace.Faire la potte, c'est faire la moue, bouder, témoigner de la mauvaise humeur par son silence et par son air. On dit à un enfant qui pleurniche:Tu fais là une bien vilaine potte; va donc te cacher avec ta potte.
POTTU, UE, adj. Qui fait la moue, qui a mauvaise grâce, qui rechigne. Terme vaudois et savoisien.
POU, s. m.Chercher les poux parmi la paille, est une locution proverbiale qui signifie: Vétiller, s'attacher à des minuties, chercher noise à propos de rien. On dit à Paris, dans le langage populaire:Chercher des poux à la tête de quelqu'un. Expression plus triviale que la nôtre, mais qui a le même sens.
POUARE, POUAIRE ou POUAI, s. m. Sale, malpropre, sagouin, porc.Fi donc, le pouaire!... Va-t'en, pouaire,te ronger les ongles ailleurs.Terme vaudois, savoisien, jurassien et provençal. En vieux français,pouercsignifie: Pourceau. Dans le français populaire,pouacresignifie: Homme mal propre, et «pouah!» est une interjection qui indique le dégoût.
POU DE SERPENT, s. m. Insecte à corps très-long, qui fréquente surtout les cours d'eau, et qui s'appelle en français: «Une demoiselle.» [P. G.]
POUFFE ou POUF, s. m.Faire du pouffe, signifie: Déployer de l'ostentation, s'étaler, tirer vanité de son costume. On dit en français: «Faire pouf.»
POUGNE ou POGNE, s. f. Poignet, force du poignet.Avoir de la pougne; avoir une bonne pougne.Dans le français populaire on dit:Poigneoupogne.
POUINE, s. f. et adj. Femme ou fille malicieuse, taquine, espiègle, pie-grièche, chipie.Elle fait la pouine. Elle est jolie, mais pouine. C'est une méchante pouine.Terme suisse.
POUINET, ETTE, adj. et subst. Se dit des personnes et des choses.Un ton pouinetest un ton tranchant, aigre, malin, pointu.Air pouinet, mine pouinette.
POULAINE ou POULINE, s. f. Pouliche, cavale nouvellement née. Terme vaudois, savoisien, etc.
POULAINTE ou POULINTE, s. f. Farine de maïs, gaudes.Soupe à la poulainte.En provençal:Poulento; en Valais et en Italie,polenta.
POULET, s. m. Robinet, clef d'un robinet.Tourner le poulet.Terme vaudois et neuchâtelois. Le mot allemandHahnsignifie tout à la fois un coq et un robinet, et c'est de là probablement qu'est venue notre expression:Poulet.
POUPONNER (SE), v. pron. Se pomponner, s'ajuster avec un soin minutieux, mettre à sa toilette du temps et de la recherche.On ne le rencontre jamais que pouponné, musquéet tiré à quatre épingles.A Lyon et dans le Midi,se pouponnersignifie: Se choyer, se traiter délicatement et comme unpoupon.
POUR BON, loc. adv. Tout de bon.Ne jouons plus pour semblant, jouons pour bon; jouons pour de bon.Français populaire.
POUR ÇA, loc. adv. Assurément, certainement.Moi, t'accompagner par cette pluie battante! Ah! pour ça, non.—Pour ça, oui, tu m'accompagneras.Ne s'emploie que suivi deouiou denon.
POUR DIRE, loc. adv. À vrai dire, à dire vrai, pour m'exprimer exactement.Notre petite Caroline n'est pas menteuse, pour dire, mais elle pourrait être plus franche.
POURE, adj. m. POURA, adj. f. Terme patois qui signifie: pauvre.Poûră fénă, vă-z-ive don bein fan(pauvre femme, vous avez donc bien faim). Terme vaudois, savoisien, berrichon, normand et vieux français. En anglais:Poor.
POURPE, s. f. Pulpe. VoyezPORPE.
POUR QUANT À, loc. adv. Quant à.Partez, vous autres, par le bateau: pour quant à moi, je prendrai la diligence.Terme savoisien et lyonnais.
POURREAU, s. m.Soupe aux pourreaux.Terme suisse, savoisien, lyonnais, etc. On dit en français: «Porreau» ou «Poireau.»
† POUR TANT QU'À, loc. adv. Quant à.Jouez aux boules vous deux; pour tant qu'à moi, je préfère de jouer aux guilles.Expression très-répandue.
POUSSÉE, subst. fém. Se dit des arbres et des plantes et signifie: Pousse.La poussée des acacias est chaque année d'environ six pieds.Terme suisse, savoisien, dauphinois, lorrain, etc.
POUSSÉE, subst. fém. Éruption à la peau. Terme connu de tous ceux qui fréquentent les établissements d'eau thermales.Il n'est pas prudent, dit-on, d'interrompre les bains quand une fois la poussée a commencé.
POUSSER (SE), v. pron. S'éloigner, se retirer, se reculer.Pousse-toi, John, tu me gênes. Poussez-vous un peu, Messieurs, et faites place aux dames.
POUSSETTE, s. f. Lycopode, plante dont les capsules sont remplies d'une poussière abondante qui prend feu comme la résine.
POUSSIÉRÉ, ÉE, adj.Chemin poussiéré.Dites: Poussiéreux, ou plutôt dites: Poudreux. Chemin poudreux.
POUTET, s. m. Mâle de la fouine.Noir comme un poutet; noir comme le poutet.Terme savoisien.
POUTET, s. m. Enfant joufflu,pottuet d'une figure désagréable.Quel poutet! J'ai bien vu des poutets dans ma vie, mais jamais de pareils à celui-ci.Terme fort connu de nos campagnards.
POUTRAISON, s. f. Charpente d'un édifice.La poutraison qui était fort vieille, a consenti.Terme neuchâtelois, etc.
† POUTRE (UN).Un gros poutre. Aide-nous à mettre ce poutre en place.Dites: «Une poutre.»
PRAILLE, s. f. Prairies, pâturages.La praille de Carouge; la praille de Lancy; la praille de Chêne-Thônex.Dans le patois du canton de Vaud,prahiasignifie: Pièce de terre avec un fenil. En vieux français:Praillet, petit pré, prairie. Du mot depraillenous avons formé celui d'emprailler, qui veut dire: Gazonner, semer du gazon, mettre en prairie.
PRÊCHER, v. n.Prêcher à un converti.Dites: «Prêcher un converti.»
PRÉCIPITÉE (À LA), loc. adv. Précipitamment, en toute hâte.Partir à la précipitée. Les choses qu'on fait à la précipitée sont rarement bien faites.Expression savoisienne et dauphinoise, digne de prendre place dans les dictionnaires.
PRÉCO, s. m. (Prononcezprœcau.) Celui qui est le principal personnage dans un petit endroit, celui qu'on y écoute le plus et y exerce le plus d'influence.Le préco du village; le préco de la paroisse; le préco du cercle.Terme savoisien. En français, ce personnage s'appelle figurément et familièrement: «Le coq.» Le coq du village; un coq de paroisse, etc.
PRÉFÉRER, suivi de l'infinitif.Je préfère partir. Elle préféra ne pas nous suivre, etc. Dites, avec les dictionnaires et les meilleurs auteurs: Je préfèreDEpartir; elle préféraDEne pas nous suivre. «J'eusse préféréD'être jeté aux crocodiles.» [Chateaubriand,Atala, les Chasseurs.]
PREMIÈRE CHOSE (LA), loc. adv. En premier lieu, d'abord.Tu iras la première chose à la boucherie, et ensuite chez la gagère de Longemalle.
PREMIÈRE MAIN (DE),J'ai eu ce meuble et ces beaux draps de première main. Il achète ses vins de première main.Dites avec l'article: «DeLApremière main.»
PREMIÈRE VUE (À), loc. adv. Dites, en employant l'article: À la première vue. «Elle déchiffrait les plus difficiles musiques àLApremière vue.» «Je les reconnus tous deux àLApremière vue.»
PRENDRE, v. n.L'idée lui a pris de voyager. Si l'idée te prend de m'écrire, tant mieux. Quand l'idée vous en prendra, venez me voir.Dans ces diverses phrases et dans les semblables, dites: L'idée lui est venue de voyager. Si l'idée te vient de m'écrire, tant mieux, etc.
PRENDRE, v. a. Nous disons:Un tel a pris la fièvre; il a pris un mal de dents, un gros rhume, une extinction de voix, etc. Nous disons de même:Prendre froid; prendre la coqueluche; prendre des convulsions; prendre un catarrhe: toutes expressions qui ne sont pas françaises. Lesdictionnaires disent: La fièvre l'a pris; il lui a pris un mal de dents; il a gagné un rhume, etc., etc.
PRENDRE FEU. Employé impersonnellement.Il a pris feu à la maison de l'Escarcelle; il a pris feu au Molard, etc. Dites avec les dictionnaires français: Le feu a pris à telle et telle maison, à tel et tel quartier, etc.
PRENDRE MAL. Se trouver mal, tomber en faiblesse, s'évanouir.MmeN*** prit mal à l'église, et fut transportée chez elle.
PRENDRE PEUR. Prendre de l'épouvante, s'effrayer.Georgette a pris peur. Si tu prenais peur, appelle-moi.Dites: La peurLEprit. Si la peurLEprenait, etc. [DictionnairedePoitevin, p. 787.]
† PRENDRE (S'EN). S'y prendre.Il faudra s'en prendre de bien bonne heure, si l'on veut trouver ce soir des places au Cirque olympique. Notre Joseph ne sait pas s'en prendre; il est encore bien emprunté et bien maladroit. Cette opération, pour dire, n'est pas difficile; tout dépend de la manière qu'on s'en prend.
PRÈS, employé adjectivement, est un barbarisme. Ne dites donc pas:Un tel est mon plus près parent; un tel est leur plus près cousin; nous étions leurs plus près voisins.Substituez, dans ces phrases, l'adjectif «proche» à l'adverbeprès, et dites: «Un tel est mon plus proche parent,» etc.
PRESSER, v. a. Pressurer, mettre sous le pressoir.Presser la vendange; presser les raisins; presser les poires et les pommes pour en faire du cidre.
PRESSER, v. neutre. Nous disons à un ouvrier:Faites-moi promptement cette table et ce canapé, car ils me pressent, c'est-à-dire: Car je suis pressé de les avoir. Nous disons de même:Ces cravates pressent, ces robes pressent, ces souliers pressent.Il faut dire: Ces cravates sont pressées,ces robes, ces souliers sont pressés, etc.; ou: Nous sommes pressés de les avoir.
PRESSON, s. m. Barre de fer, levier. Terme savoisien et lyonnais.
PRESSURE, s. f. Présure, acide pour faire cailler le lait.Plus on garde la pressure, meilleure elle est.Terme français populaire et vieux français. A Genève on dit aussi:Presure.
PRÊTER, v. a. À table, on entend souvent dire:Prêtez-moi la carafe; prêtez-moi la salière; veuillez me prêter l'huilier, etc. Cette locution est un gasconisme, qu'il faut remplacer par l'expression toute simple: Donnez-moi la carafe; donnez-moi la salière; veuillez me passer l'huilier.
PRÊTER À RIRE. Apprêter à rire.La jeune Adélaïde avait une toilette qui prêtait un peu à rire.Terme suisse, savoisien, etc. Mais on dira fort bien: Prêter au ridicule, prêter à la critique, etc.
† PRÉVENIR, v. n. Provenir.
PRIÉ À. Nous disons:Être prié à un enterrement; être prié à une cérémonie; être prié à une fête.Il faut dire: Être priéD'un enterrement; être priéD'une fête, etc.
PRIER QUE.Je prie que l'on se taise. Le président agitait la sonnette et priait qu'on l'écoutât.Dites: Je demande que l'on se taise. Le président demandait qu'on l'écoutât.
PRIEUR, s. m. Nous appelonsprieurouprieur d'enterrement, celui des porteurs que la famille du défunt charge d'allerprierau convoi les parents et les amis du défunt.
PRIEUSE, s. f. Nous appelonsprieuse, la femme dont l'emploi est, dans les enterrements protestants, de marcher à la tête du cortége. A côté d'elle marchent, vêtus de noir, les deuxporteurs d'escabelle.
PRIMBÊCHE, s. f. Pimbêche.C'est une primbêche. Quelleprimbêche!Les campagnards ne s'expriment pas autrement.
PRIMÒ D'ABORD, loc. adv. L'un de ces deux mots est inutile à côté de l'autre, puisqued'abord, en français, a le même sens queprimòen latin. Dans le langage parisien populaire on dit:Premièrement d'abord; ce qui ne vaut pas mieux.
PRIN, adv. Dans le langage des campagnards,Parler prinsignifie: Parler du bout des lèvres et avec affectation.Voyez donc cette primbêche: quels airs elle se donne, et comme elle s'étudie à parler prin!
PRIN ou PRIN BOIS, s. m. Menu bois, brins de fagot.Pour mettre ce feu en train, il nous faudrait du prin bois.Terme suisse, savoisien, lyonnais, franc-comtois, etc.Prinouprim(primus), appartiennent au vieux français, et signifient: 1oPremier; 2oMenu, fin, mince, délié. Nos campagnards appellentprimes graines, Les graines qu'on sème au printemps; ils appellentprin terrain, Un terrain léger, etc. Dans le patois du canton de Vaud:Prin bec, blanc bec;primes bêtes, menu bétail.
PRIN-FORT, s. m. La petite absinthe. Terme vaudois et savoisien.
PRIS, PRISE, adj. Entrepris, embarrassé, endolori, perclus.Avoir la tête prise; avoir la gorge prise; être pris des deux bras, etc. Terme méridional.
PROCURE, s. f. Procuration.Ils envoyèrent les deux procures au notaire.Terme vieux français, conservé chez nos proches voisins.
PROFITAGE, s. m.Faire un profitage(un profit).
PROFITER DE, suivi d'un infinitif.Je profite de venir te voir pendant que mes marmots dorment. Nous profiterons de faire notre voyage pendant les vacances de l'Académie. Tu dois profiter d'aller au théâtre pendant qu'on joue leDomino noir.Cette expression, qui me semble claire, commode et concise, n'est dans aucun dictionnaire français.
PROMENER, v. actif. (fig.)Il m'a promené deux ans avant que de me payer.Les dictionnaires disent: Il m'a traîné deux ans.
† PROMONTIONS, s. f. pl. Promotions, distribution solennelle des prix aux écoliers du collége dans la cathédrale de Saint-Pierre.Le jour des Promontions; la fête des Promontions.
PROPREMENT, adv. Entièrement, à fond.Hier soir, Jean Couzineau s'est soûlé proprement.Français populaire.
PROPRÎTAIRE, s. m. Propriétaire.
PROPRÎTÉ, s. f. Propriété.
PROVIGNURE, s. f. Provin, rejeton d'un cep de vigne provigné. Terme vaudois et savoisien.
PRUNEAU, s. m. Nous appelonspruneauune espèce de grosse prune très-allongée.Cueillir des pruneaux; abattre des pruneaux; sécher des pruneaux.En français, «Pruneau» signifie: «Prune sèche.» L'espèce de prune que nous appelonspruneau, se nomme «Île verte.»
PRUNEAULIER ou PRUNEAUDIER, s. m. Arbre qui porte lespruneaux. Voyez l'article précédent.
PSAUME (UN). Il faut dire: Des psaumes, ou: Un psautier, quand on parle du recueil des cantiques de David. Les phrases suivantes sont donc, à ce point de vue, incorrectes.Tu te placeras auprès de moi, Betsi, et nous chanterons sur le même psaume. Fais donc relier ton psaume. Achète-toi un psaume plus sortable que celui-là.Dites: Fais relier tes psaumes. Achète-toi des psaumes plus sortables, etc.
PUCER, v. a. Épucer, ôter les puces.
PUIQUE. Prononciation vicieuse de la conjonction «puisque,» dont lesdoit se faire entendre. Les grammaires sont toutes d'accord sur ce point.
PUISERANDE, s. f. Danaïde, roue à augets établie dans le Rhône, près de Genève: elles sont au nombre de deux, et servent aux irrigations de plusieurs jardins potagers. Ce mot depuiserandenous vient du Midi. Dans le Languedoc,pouzaranguesignifie: «Puits à roue.» Nous appelons aussipuiserande, des puits à roue établis à une très-petite distance de l'Arve, et dont un cheval est la force motrice. [VoyezVilla,Nouveaux Gasconismes corrigés, t. II, p. 164.]
PUNAIS, AISE, adj. En français, ce mot ne se dit que des personnes. A Genève on l'emploie surtout en parlant des choses, et comme synonyme de désagréable, incommode, et qui affecte péniblement. Nous disons:Un vent punais, un air punais, un froid punais, un temps punais, etc.Rue punaiseest le nom que portait, il y a quelques années, la rue appelée aujourd'hui «Traversière.»
PURE, s. f. Le moment de la plus grande abondance d'un légume, d'un fruit, d'un poisson.La pure des abricots, la pure des cerises, des melons, des féras, etc.J'attends la pure des framboises pour faire mes confitures.Quelques-uns écriventl'apure. VoyezAPURE.
† PURÉZIE, s. f. Pleurésie.La purézie se déclara et il fallut en venir à une saigne.Terme savoisien, lyonnais et bas limousin. En Languedoc et en Franche-Comté on dit:Un purézi.
PURGE, s. f. Purgation, purgatif.Prendre une purge.Ce terme, fort usité en Suisse, en Savoie et en France, appartient au vieux français.
PURPURALE, adj. fém.Fièvre purpurale.Dites: Fièvre puerpérale. R. lat.puerpera.
PUSSIN ou PUCIN, s. m. Poussin, poulet nouvellement éclos.La poule et ses pussins.Terme suisse, lorrain, vieux français, etc.
PUSSINE, s. f. Jeune poule, poulette. Ce joli mot «pussine» manque à la langue française, puisque «Poulette» ne s'emploie guère qu'au sens figuré. Dans le patois vaudois on dit:Pudjenaoupuzene.
PUTRIFIER, v. a. Putréfier, faire pourrir.