Q

QUAND, conj. En même temps que, aussitôt que.J'y serai quand toi, c'est-à-dire: J'y serai aussitôt que toi.Tu partiras quand nous. Vous sortirez quand les autres, c'est-à-dire: Vous sortirez quand les autres sortiront. Ce tour elliptique appartient au vieux français. Le dictionnaire de l'Académie dit: «Il est parti quand et quand nous,» pour signifier: Il est parti en même temps que nous.QUAND QUE..., loc. conj. À quelque moment que.Quand que tu viennes, tu me feras plaisir. Oui, viens, viens, quand que ce soit.QUANTE, adv. Prononciation vicieuse de l'adverbe «quand.»Quante l'occasion se présente, saisissez-la.Français populaire. PrononcezKan.QUANTIÈME, s. m.Le quantième avons-nous? Le quantième tenons-nous? Le quantième du mois sommes-nous?Ces trois expressions sont vicieuses, et l'on doit y substituer les suivantes: Quel quantième avons-nous? Quel est le quantième du mois?QUARANTAIN, s. m.Un bouquet de quarantains.Terme savoisien, rouchi, etc. Le mot français est: Quarantaine.QUART, s. m. Nous disons, en supprimant l'article «Un»:Il est deux heures et quart; il est midi et quart; il est trois heures et quart.Les dictionnaires et le bon usage veulent qu'on dise: Il est deux heures etUNquart; il est midi etUNquart. Ou bien, en retranchant la conjonctionet: Il est deux heuresUNquart; il est midiUNquart, etc. Dites de même: Cet objet pèse trois livres etUNquart; ou: Cet objet pèse trois livresUNquart.QUART, s. m. Nous disons d'un objet qui n'a aucune valeur:Il ne vaut pas six quarts; il ne vaut pas deux quarts.Lequartétait une de nos monnaies valant un centime environ. Il y avait des pièces desix quarts, des pièces detrois quarts, et des pièces dedeux quarts.QUART, s. m. Mesure de capacité pour les grains, laquelle équivaut à un quart decoupe, soit deux décalitres ou à peu près.Un quart de blé; un quart d'avoine.QUARTE ou CARTE, s. f. Mesure de capacité pour les grains, laquelle équivaut à un seizième de lacoupe. Voyez ce mot. A la page quatre-vingtième du tome Ier, il est dit, par erreur,un sixième(de la coupe) au lieu de: «Un seizième.» VoyezCARTE.QUARTERON, s. m. Mesure de capacité pour les liquides, laquelle équivaut à un vingt-quatrième du setier, soit deux pots, soit deux litres et un quart.QUARTERON, s. m.Un quarteron de pailleéquivaut à huit quintaux de paille, soit vingt-cinq grosses gerbes, chacune d'environ sept pieds de tour.QUE, dans les phrases suivantes, est une particule d'impatience et de dépit.Sonne que te sonne! Crie que te crie! Pleure que te pleure!Phrases elliptiques et originales, qui équivalent à: Peste de celui qui ne fait que sonner! La peste soit du bambin qui crie! La peste soit de l'enfant qui pleure!† QUE, sorte de conjonction. Si ce n'est, excepté.Tous ontmenti que mon garçon. Tous ont payé que toi. On peut tout racheter que la mort, est un proverbe de nos campagnards.† QUE. Dont.Dis-voir, Tronchet, comment appelles-tu cette femme d'ici vis-à-vis que son mari est tailleur?(dont le mari est tailleur).Connais-tu Prosper?—Quel Prosper?—Eh! pardine, Prosper Flammel, que sa femme est tant méchante(dont la femme est si méchante).Quel chemin faut-il prendre pour accourcir?—C'est tout simple: le chemin qu'on va au vieux pont(par lequel on va au vieux pont). Expression savoisienne, etc.QUEBER, v. a. Terme d'écolier. VoyezCHEBER.QUEL. Quelque.J'irai te voir après-demain quel temps qu'il fasse.Dites: Quelque temps qu'il fasse.À quel moment que tu viennes(à quelque moment que tu viennes),tu me trouveras. Viens à quelle heure que ce soit(à quelque heure que ce soit.) Faute répandue même parmi des personnes qui se piquent de bien parler.QUEL, QUELLE.À quelle heure dînerons-nous, Antoine?—À quelle heure tu voudras.Dites: À l'heure que tu voudras.À quelle place nous asseyerons-nous?—À quelle place tu voudras.Dites: À la place que tu voudras.QUELQUES, s. m. plur.Nous étions à ce concert quarante et quelques. Le nombre des morts, dans cet horrible incendie, s'éleva à soixante et quelques.Cette expression, très-usitée chez nous, et qui n'a rien de choquant, ne se trouve pas dans les dictionnaires.† QUE NON PAS.Il nous vaut mieux suivre la grand'route que non pas nous perdre.Dites: «Que de nous perdre.»C'est plus sage à nous de patienter que non pas recourir à un procès.Dites: «Que de recourir à un procès.»QUET, adj. masc. Terme d'écolier. Ruiné, qui a tout perdu au jeu.Je ne joue plus, je suis quet.QUEUE, s. f. Nous disons figurément:Il n'y a pas la queue d'un chat, pour signifier: Il n'y a personne.Le temps fut si mauvais, si désastreux, qu'il n'y eut pas la queue d'un chat à la soirée du casino.Les dictionnaires disent: «Il n'y eut pas un chat.»QUEUE CUITE. Dans notre langage populaire:Avoir la queue cuite, signifie: Être penaud, être tout honteux, tout mortifié.Il s'en retourna la queue cuite.QUI, pron. rel. Que.Faites ce qui bon vous semblera.Dites: Faites ceQUEbon vous semblera.† QUIBLE, s. m.Passer au quible.Dites: Crible.† QUIBLER, v. a. Cribler.† QUIBLURE, s. f. Criblure.† QUINAR, s. m.Quinar en bois.Dites: Quina. Quina en bois.QUINARRODON, s. m. Cynorrhodon, fruit de l'églantier.QUINCONCHE, s. m.Planter des arbres en quinconche.Terme vieux français. On dit actuellement: «Quinconce.»QUINE, s. fém. Dites: Un quine, combinaison de cinq numéros pris ensemble à la loterie.QUINER, v. a. Terme d'écolier. Tout gagner, mettre à sec son adversaire., s. f. Femme malingre, souffrante et qui se plaint toujours.QUINQUERNAGE, s. m. Rabâchage, répétition fatigante.Veux-tu donc continuer toute la semaine avec ces quinquernages?QUINQUERNE, s. f. Vielle, instrument de musique.Les sons monotones d'une quinquerne.Au sens figuré,quinquerne, adjectif et substantif, se dit d'une personne ennuyeuse et qui ne fait que rabâcher.La sotte quinquerne que votre dame Du Terrail! Tu es bien quinquerne aujourd'hui, ma petite Rosalie.Terme vaudois et savoisien. En Valais,quinquernese dit d'une femme vaine et coquette. Dans le dialecte rouchi,quinch'terneuxse dit d'un ménétrier qui fait danser dans les guinguettes. En vieux français,quiterne,guiterneetguinternesignifiaient: Guitare.QUINQUERNER, v. a. et neutre. Rabâcher, fatiguer par d'insipides redites, gronder, sermonner.Qu'as-tu tant à nous quinquerner? Elle quinquerne son mari toute la sainte journée.QUINQUERNEUR, s. m. Rabâcheur, celui qui fatigue en répétant ou en demandant toujours la même chose.QUINQUET, adj. masc. Se dit d'un homme faible de corps et malingre.Il est tout quinquet.VoyezQUINQUE.QUINQUET, s. m. (fig.) Œil.Prends donc garde, Félix, tu vas me crever le quinquet.Terme badin.QUINSON, s. m. Pinson.Un nid de quinsons. Élever des quinsons.Terme vaudois, savoisien et méridional. En Franche-Comté on dit:Quinzon, et dans notre patois,quichon.QUINZE, adj. num. Nous disons de deux faits, de deux événements, tout à fait semblables:Cela revient tout à quinze. On dirait en français: C'est tout un; c'est blanc bonnet, bonnet blanc; c'est absolument la même chose.Partir aujourd'hui, partir demain, cela revient tout à quinze.QUIQUAGEON, s. m. Maisonnette, habitation chétive, réduit. Terme dérisoire et badin.QUIQUE, s. f. (Prononcezkike.) Jeu d'enfant, lequel se joue de la manière suivante. On place, derrière un morceau de tuile ou de pierre, de la monnaie, des boutons ou des clous. On prend un palet qu'on tire contre un but pour savoir qui jouera le premier. Celui dont le palet est le plus près du but fait une raie et lance de là son palet contre le morceau de tuile ou de pierre, afin d'amener l'enjeu le plus près possible de son palet. Chaque joueur en fait autant à tourde rôle. Une fois que lepetit(ou cochonnet) est renversé, chaque mise ou partie de mise échoit au palet qui s'en approche le plus. Si par hasard le palet d'un joueur s'arrête sur ou contre le petit, et le touche, on dit qu'ilvougne; c'est un mauvais coup pour tous les joueurs, lesquels ne peuvent rien gagner tant qu'il n'a pas étédévougné, c'est-à-dire, tant que le petit n'a pas été remué par un palet rejoué de nouveau. [P. G.]QUIQUERIKI, s. m. Chant du coq, ou plutôt, sons par lesquels nous imitons ce chant. Terme savoisien. En certaines provinces de France on dit:Coquerico; dans d'autres,coquélicot; ailleurs,cacalakaetquiquelikika. Il en est du chant du coq comme des cloches, auxquelles on fait dire tout ce qu'on veut.QUITTE, adj. Nous disons:Jouer à quitte ou double. Les dictionnaires disent: Jouer à quitte ouÀdouble.QUITTE AVEC.Me voilà enfin quitte avec toi. On n'est jamais quitte avec son pays.Dites: Me voilà quitteENVERStoi: on n'est jamais quitteENVERSson pays.QUOIQUE ÇA, loc. adv. Malgré cela, néanmoins, pourtant.Elle le trompe ouvertement, et quoique ça il l'aime toujours.Français populaire.

QUAND, conj. En même temps que, aussitôt que.J'y serai quand toi, c'est-à-dire: J'y serai aussitôt que toi.Tu partiras quand nous. Vous sortirez quand les autres, c'est-à-dire: Vous sortirez quand les autres sortiront. Ce tour elliptique appartient au vieux français. Le dictionnaire de l'Académie dit: «Il est parti quand et quand nous,» pour signifier: Il est parti en même temps que nous.

QUAND QUE..., loc. conj. À quelque moment que.Quand que tu viennes, tu me feras plaisir. Oui, viens, viens, quand que ce soit.

QUANTE, adv. Prononciation vicieuse de l'adverbe «quand.»Quante l'occasion se présente, saisissez-la.Français populaire. PrononcezKan.

QUANTIÈME, s. m.Le quantième avons-nous? Le quantième tenons-nous? Le quantième du mois sommes-nous?Ces trois expressions sont vicieuses, et l'on doit y substituer les suivantes: Quel quantième avons-nous? Quel est le quantième du mois?

QUARANTAIN, s. m.Un bouquet de quarantains.Terme savoisien, rouchi, etc. Le mot français est: Quarantaine.

QUART, s. m. Nous disons, en supprimant l'article «Un»:Il est deux heures et quart; il est midi et quart; il est trois heures et quart.Les dictionnaires et le bon usage veulent qu'on dise: Il est deux heures etUNquart; il est midi etUNquart. Ou bien, en retranchant la conjonctionet: Il est deux heuresUNquart; il est midiUNquart, etc. Dites de même: Cet objet pèse trois livres etUNquart; ou: Cet objet pèse trois livresUNquart.

QUART, s. m. Nous disons d'un objet qui n'a aucune valeur:Il ne vaut pas six quarts; il ne vaut pas deux quarts.Lequartétait une de nos monnaies valant un centime environ. Il y avait des pièces desix quarts, des pièces detrois quarts, et des pièces dedeux quarts.

QUART, s. m. Mesure de capacité pour les grains, laquelle équivaut à un quart decoupe, soit deux décalitres ou à peu près.Un quart de blé; un quart d'avoine.

QUARTE ou CARTE, s. f. Mesure de capacité pour les grains, laquelle équivaut à un seizième de lacoupe. Voyez ce mot. A la page quatre-vingtième du tome Ier, il est dit, par erreur,un sixième(de la coupe) au lieu de: «Un seizième.» VoyezCARTE.

QUARTERON, s. m. Mesure de capacité pour les liquides, laquelle équivaut à un vingt-quatrième du setier, soit deux pots, soit deux litres et un quart.

QUARTERON, s. m.Un quarteron de pailleéquivaut à huit quintaux de paille, soit vingt-cinq grosses gerbes, chacune d'environ sept pieds de tour.

QUE, dans les phrases suivantes, est une particule d'impatience et de dépit.Sonne que te sonne! Crie que te crie! Pleure que te pleure!Phrases elliptiques et originales, qui équivalent à: Peste de celui qui ne fait que sonner! La peste soit du bambin qui crie! La peste soit de l'enfant qui pleure!

† QUE, sorte de conjonction. Si ce n'est, excepté.Tous ontmenti que mon garçon. Tous ont payé que toi. On peut tout racheter que la mort, est un proverbe de nos campagnards.

† QUE. Dont.Dis-voir, Tronchet, comment appelles-tu cette femme d'ici vis-à-vis que son mari est tailleur?(dont le mari est tailleur).Connais-tu Prosper?—Quel Prosper?—Eh! pardine, Prosper Flammel, que sa femme est tant méchante(dont la femme est si méchante).Quel chemin faut-il prendre pour accourcir?—C'est tout simple: le chemin qu'on va au vieux pont(par lequel on va au vieux pont). Expression savoisienne, etc.

QUEBER, v. a. Terme d'écolier. VoyezCHEBER.

QUEL. Quelque.J'irai te voir après-demain quel temps qu'il fasse.Dites: Quelque temps qu'il fasse.À quel moment que tu viennes(à quelque moment que tu viennes),tu me trouveras. Viens à quelle heure que ce soit(à quelque heure que ce soit.) Faute répandue même parmi des personnes qui se piquent de bien parler.

QUEL, QUELLE.À quelle heure dînerons-nous, Antoine?—À quelle heure tu voudras.Dites: À l'heure que tu voudras.À quelle place nous asseyerons-nous?—À quelle place tu voudras.Dites: À la place que tu voudras.

QUELQUES, s. m. plur.Nous étions à ce concert quarante et quelques. Le nombre des morts, dans cet horrible incendie, s'éleva à soixante et quelques.Cette expression, très-usitée chez nous, et qui n'a rien de choquant, ne se trouve pas dans les dictionnaires.

† QUE NON PAS.Il nous vaut mieux suivre la grand'route que non pas nous perdre.Dites: «Que de nous perdre.»C'est plus sage à nous de patienter que non pas recourir à un procès.Dites: «Que de recourir à un procès.»

QUET, adj. masc. Terme d'écolier. Ruiné, qui a tout perdu au jeu.Je ne joue plus, je suis quet.

QUEUE, s. f. Nous disons figurément:Il n'y a pas la queue d'un chat, pour signifier: Il n'y a personne.Le temps fut si mauvais, si désastreux, qu'il n'y eut pas la queue d'un chat à la soirée du casino.Les dictionnaires disent: «Il n'y eut pas un chat.»

QUEUE CUITE. Dans notre langage populaire:Avoir la queue cuite, signifie: Être penaud, être tout honteux, tout mortifié.Il s'en retourna la queue cuite.

QUI, pron. rel. Que.Faites ce qui bon vous semblera.Dites: Faites ceQUEbon vous semblera.

† QUIBLE, s. m.Passer au quible.Dites: Crible.

† QUIBLER, v. a. Cribler.

† QUIBLURE, s. f. Criblure.

† QUINAR, s. m.Quinar en bois.Dites: Quina. Quina en bois.

QUINARRODON, s. m. Cynorrhodon, fruit de l'églantier.

QUINCONCHE, s. m.Planter des arbres en quinconche.Terme vieux français. On dit actuellement: «Quinconce.»

QUINE, s. fém. Dites: Un quine, combinaison de cinq numéros pris ensemble à la loterie.

QUINER, v. a. Terme d'écolier. Tout gagner, mettre à sec son adversaire.

, s. f. Femme malingre, souffrante et qui se plaint toujours.

QUINQUERNAGE, s. m. Rabâchage, répétition fatigante.Veux-tu donc continuer toute la semaine avec ces quinquernages?

QUINQUERNE, s. f. Vielle, instrument de musique.Les sons monotones d'une quinquerne.Au sens figuré,quinquerne, adjectif et substantif, se dit d'une personne ennuyeuse et qui ne fait que rabâcher.La sotte quinquerne que votre dame Du Terrail! Tu es bien quinquerne aujourd'hui, ma petite Rosalie.Terme vaudois et savoisien. En Valais,quinquernese dit d'une femme vaine et coquette. Dans le dialecte rouchi,quinch'terneuxse dit d'un ménétrier qui fait danser dans les guinguettes. En vieux français,quiterne,guiterneetguinternesignifiaient: Guitare.

QUINQUERNER, v. a. et neutre. Rabâcher, fatiguer par d'insipides redites, gronder, sermonner.Qu'as-tu tant à nous quinquerner? Elle quinquerne son mari toute la sainte journée.

QUINQUERNEUR, s. m. Rabâcheur, celui qui fatigue en répétant ou en demandant toujours la même chose.

QUINQUET, adj. masc. Se dit d'un homme faible de corps et malingre.Il est tout quinquet.VoyezQUINQUE.

QUINQUET, s. m. (fig.) Œil.Prends donc garde, Félix, tu vas me crever le quinquet.Terme badin.

QUINSON, s. m. Pinson.Un nid de quinsons. Élever des quinsons.Terme vaudois, savoisien et méridional. En Franche-Comté on dit:Quinzon, et dans notre patois,quichon.

QUINZE, adj. num. Nous disons de deux faits, de deux événements, tout à fait semblables:Cela revient tout à quinze. On dirait en français: C'est tout un; c'est blanc bonnet, bonnet blanc; c'est absolument la même chose.Partir aujourd'hui, partir demain, cela revient tout à quinze.

QUIQUAGEON, s. m. Maisonnette, habitation chétive, réduit. Terme dérisoire et badin.

QUIQUE, s. f. (Prononcezkike.) Jeu d'enfant, lequel se joue de la manière suivante. On place, derrière un morceau de tuile ou de pierre, de la monnaie, des boutons ou des clous. On prend un palet qu'on tire contre un but pour savoir qui jouera le premier. Celui dont le palet est le plus près du but fait une raie et lance de là son palet contre le morceau de tuile ou de pierre, afin d'amener l'enjeu le plus près possible de son palet. Chaque joueur en fait autant à tourde rôle. Une fois que lepetit(ou cochonnet) est renversé, chaque mise ou partie de mise échoit au palet qui s'en approche le plus. Si par hasard le palet d'un joueur s'arrête sur ou contre le petit, et le touche, on dit qu'ilvougne; c'est un mauvais coup pour tous les joueurs, lesquels ne peuvent rien gagner tant qu'il n'a pas étédévougné, c'est-à-dire, tant que le petit n'a pas été remué par un palet rejoué de nouveau. [P. G.]

QUIQUERIKI, s. m. Chant du coq, ou plutôt, sons par lesquels nous imitons ce chant. Terme savoisien. En certaines provinces de France on dit:Coquerico; dans d'autres,coquélicot; ailleurs,cacalakaetquiquelikika. Il en est du chant du coq comme des cloches, auxquelles on fait dire tout ce qu'on veut.

QUITTE, adj. Nous disons:Jouer à quitte ou double. Les dictionnaires disent: Jouer à quitte ouÀdouble.

QUITTE AVEC.Me voilà enfin quitte avec toi. On n'est jamais quitte avec son pays.Dites: Me voilà quitteENVERStoi: on n'est jamais quitteENVERSson pays.

QUOIQUE ÇA, loc. adv. Malgré cela, néanmoins, pourtant.Elle le trompe ouvertement, et quoique ça il l'aime toujours.Français populaire.

R. Cette lettre joue un grand rôle dans le langage de nos campagnards: ils l'introduisent entre deux voyelles pour éviter les cacophonies. Ainsi, au lieu de dire: À un coin, à une heure, à un village, etc., le paysan dira:À r'un coin, à r'une heure, à r'un village; d'ici à r'un moment. La petite chambre est à r'Auguste. Quel est le prix devos cerises, brave homme?—Oh là, Monsieur, j'en ai à r'un sou la livre et à deux sous.L'introduction de cereuphonique est fréquente aussi dans le langage populaire de la ville.RABATTRE, v. a. Rebattre, répéter jusqu'à satiété.Que viens-tu encore nous rabattre? N'as-tu pas assez rabattu tes ennuyeuses anecdotes et tes vieux contes?RABISTOLER, v. a. Raccommoder. VoyezRAPISTOLER.RABISTOQUER, v. a. Rapiécer, rapiéceter, raccommoder tant bien que mal.Rabistoquer des grolles; rabistoquer un broustou.RABLET ou RABLIET, s. m. Râble, racloir à long manche.RABOBINER, v. a. Raccommoder tant bien que mal, rajuster.Rabobiner une casaque.Terme vaudois et vieux français. S'emploie souvent au sens figuré.Un verre de vin a suffi pour le rabobiner et le remonter.Se rabobinerveut dire: Se rétablir, revenir en santé.RABOTTE, s. f. Pomme enveloppée de pâte, et que l'on cuit au four. Terme connu à Reims, et sans doute ailleurs. En vieux français,rabotesignifie: Boule. Nosrabottesont, en effet, la forme d'une boule.RABOTU, UE, adj. Raboteux.Chemin rabotu.RABOUCLER, v. a. Boucler.Raboucler un soulier.RABOUTONNER, v. a. Boutonner.RACAUQUER, v. a. Attraper, recevoir dans la main une chose jetée en l'air.Jette-moi ta paume: je la racauquerai.Terme de la Suisse romane. A Rumilly (Savoie) on dit:Recauquer.RACCORDER, v. a.Raccorder un piano, raccorder un violon, etc. Dites: Accorder.RÂCHE, s. f. Teigne, gale plate et sèche, qui vient à la tête et dont on guérit difficilement. MrBescherelle, en enregistrantce mot dans son dictionnaire, dit qu'il est inusité. MrBescherelledevait dire que ce terme appartient au vieux français, et qu'il est encore usité en Suisse, en Savoie, en Bourgogne, dans le Berry et dans quelques autres provinces de France.RÂCHE, s. f. Cuscute ou barbe de moine, plante parasite. Terme vaudois, méridional, etc.RACHE-PIED (DE), loc. adv. D'arrache-pied, sans interruption, sans discontinuité, sans relâche.Travailler de rache-pied.Terme français populaire.RACINAGE, s. m. Terme collectif par lequel on désigne les raves, les carottes, les scorsonères, les navets, les betteraves, etc.RÂCLE, s. m. Instrument propre à racler, racloir, râble. Le proverbe suivant:Le râcle se moque de l'écovet, se dit de deux personnes également ridicules et qui se moquent l'une de l'autre. Les dictionnaires français disent: «La pelle se moque du fourgon.»RÂCLE ou RÂCLE-CHEMINÉE, s. m. Ramoneur. Terme jurassien, savoisien, méridional, etc.RACLER, v. a.Racler des scorsonères, racler des radis, racler des navets, ne sont pas des expressions françaises; il faut dire: Râtisser.

R. Cette lettre joue un grand rôle dans le langage de nos campagnards: ils l'introduisent entre deux voyelles pour éviter les cacophonies. Ainsi, au lieu de dire: À un coin, à une heure, à un village, etc., le paysan dira:À r'un coin, à r'une heure, à r'un village; d'ici à r'un moment. La petite chambre est à r'Auguste. Quel est le prix devos cerises, brave homme?—Oh là, Monsieur, j'en ai à r'un sou la livre et à deux sous.L'introduction de cereuphonique est fréquente aussi dans le langage populaire de la ville.

RABATTRE, v. a. Rebattre, répéter jusqu'à satiété.Que viens-tu encore nous rabattre? N'as-tu pas assez rabattu tes ennuyeuses anecdotes et tes vieux contes?

RABISTOLER, v. a. Raccommoder. VoyezRAPISTOLER.

RABISTOQUER, v. a. Rapiécer, rapiéceter, raccommoder tant bien que mal.Rabistoquer des grolles; rabistoquer un broustou.

RABLET ou RABLIET, s. m. Râble, racloir à long manche.

RABOBINER, v. a. Raccommoder tant bien que mal, rajuster.Rabobiner une casaque.Terme vaudois et vieux français. S'emploie souvent au sens figuré.Un verre de vin a suffi pour le rabobiner et le remonter.Se rabobinerveut dire: Se rétablir, revenir en santé.

RABOTTE, s. f. Pomme enveloppée de pâte, et que l'on cuit au four. Terme connu à Reims, et sans doute ailleurs. En vieux français,rabotesignifie: Boule. Nosrabottesont, en effet, la forme d'une boule.

RABOTU, UE, adj. Raboteux.Chemin rabotu.

RABOUCLER, v. a. Boucler.Raboucler un soulier.

RABOUTONNER, v. a. Boutonner.

RACAUQUER, v. a. Attraper, recevoir dans la main une chose jetée en l'air.Jette-moi ta paume: je la racauquerai.Terme de la Suisse romane. A Rumilly (Savoie) on dit:Recauquer.

RACCORDER, v. a.Raccorder un piano, raccorder un violon, etc. Dites: Accorder.

RÂCHE, s. f. Teigne, gale plate et sèche, qui vient à la tête et dont on guérit difficilement. MrBescherelle, en enregistrantce mot dans son dictionnaire, dit qu'il est inusité. MrBescherelledevait dire que ce terme appartient au vieux français, et qu'il est encore usité en Suisse, en Savoie, en Bourgogne, dans le Berry et dans quelques autres provinces de France.

RÂCHE, s. f. Cuscute ou barbe de moine, plante parasite. Terme vaudois, méridional, etc.

RACHE-PIED (DE), loc. adv. D'arrache-pied, sans interruption, sans discontinuité, sans relâche.Travailler de rache-pied.Terme français populaire.

RACINAGE, s. m. Terme collectif par lequel on désigne les raves, les carottes, les scorsonères, les navets, les betteraves, etc.

RÂCLE, s. m. Instrument propre à racler, racloir, râble. Le proverbe suivant:Le râcle se moque de l'écovet, se dit de deux personnes également ridicules et qui se moquent l'une de l'autre. Les dictionnaires français disent: «La pelle se moque du fourgon.»

RÂCLE ou RÂCLE-CHEMINÉE, s. m. Ramoneur. Terme jurassien, savoisien, méridional, etc.

RACLER, v. a.Racler des scorsonères, racler des radis, racler des navets, ne sont pas des expressions françaises; il faut dire: Râtisser.

Que faites-vous, Marguerite?Râtissez-vous des navets?[Théâtre de la Foire, t. III, p. 100.]

Que faites-vous, Marguerite?Râtissez-vous des navets?[Théâtre de la Foire, t. III, p. 100.]

Que faites-vous, Marguerite?Râtissez-vous des navets?

Que faites-vous, Marguerite?

Râtissez-vous des navets?

[Théâtre de la Foire, t. III, p. 100.]

[Théâtre de la Foire, t. III, p. 100.]

RACLER, v. a.Racler un poisson.Dites: Écailler un poisson, c'est-à-dire: Lui enlever l'écaille avec un outil tranchant.RACLER, v. a. Toucher légèrement, frotter contre.J'ai raclé la muraille en passant.RÂCLER, v. n. Grasseyer, parler gras et d'une manière traînante.RACLETTE (À LA), loc. adv. À la rigueur, tout juste.L'examen de mathématiques fut médiocre et l'étudiant ne fut admis qu'à la raclette.Dans le canton de Vaud,raclette, s. f. (en français, «Racloire,» s. f.), se dit de la planchette qui sert à racler le dessus d'une mesure de blé pour la rendre rase, au lieu d'être comble.RACLON, s. m. Se dit de certains objets en mauvais état et usés. Ainsi,un raclon de fusil, un raclon de couteau, un raclon de canif, sont: Un mauvais fusil, un mauvais couteau, un mauvais canif.RACÔQUER, v. a. VoyezRACAUQUER.RACOQUILLER, v. a. Recoquiller, retrousser en forme de coquille.RAFATAILLE, s. f. Vieilleries, objets usés ou de nulle valeur, restes d'un choix qu'on a fait.Un tas de rafatailles.

RACLER, v. a.Racler un poisson.Dites: Écailler un poisson, c'est-à-dire: Lui enlever l'écaille avec un outil tranchant.

RACLER, v. a. Toucher légèrement, frotter contre.J'ai raclé la muraille en passant.

RÂCLER, v. n. Grasseyer, parler gras et d'une manière traînante.

RACLETTE (À LA), loc. adv. À la rigueur, tout juste.L'examen de mathématiques fut médiocre et l'étudiant ne fut admis qu'à la raclette.Dans le canton de Vaud,raclette, s. f. (en français, «Racloire,» s. f.), se dit de la planchette qui sert à racler le dessus d'une mesure de blé pour la rendre rase, au lieu d'être comble.

RACLON, s. m. Se dit de certains objets en mauvais état et usés. Ainsi,un raclon de fusil, un raclon de couteau, un raclon de canif, sont: Un mauvais fusil, un mauvais couteau, un mauvais canif.

RACÔQUER, v. a. VoyezRACAUQUER.

RACOQUILLER, v. a. Recoquiller, retrousser en forme de coquille.

RAFATAILLE, s. f. Vieilleries, objets usés ou de nulle valeur, restes d'un choix qu'on a fait.Un tas de rafatailles.

On voyait dans un plat coineuxNager, sur du bouillon sans yeux,Des raves, de la patenaille,De l'ognon, de larafataille.[Ch.]

On voyait dans un plat coineuxNager, sur du bouillon sans yeux,Des raves, de la patenaille,De l'ognon, de larafataille.[Ch.]

On voyait dans un plat coineuxNager, sur du bouillon sans yeux,Des raves, de la patenaille,De l'ognon, de larafataille.

On voyait dans un plat coineux

Nager, sur du bouillon sans yeux,

Des raves, de la patenaille,

De l'ognon, de larafataille.

[Ch.]

[Ch.]

Terme suisse et méridional. S'emploie figurément comme synonyme de canaille, racaille, rebut.

RAFFE, s. f. Diarrhée, cours de ventre.RAFFER, v. n. Avoir la diarrhée.RAFFEUX, adj. masc. Nous appelons raisinraffeux, celui dont la gousse se détache lorsqu'on le mange. On appelle en Anjou,raffard, une sorte de mauvais raisin.RAFFISTOLER, v. a. Raccommoder, rapiéceter, remettre en état.Raffistoler un manteau; raffistoler un chariot.Terme parisien populaire, etc. Dans le vieux français,affistolersignifie: Parer, orner, embellir, endimancher.RAFLÉE, s. f. Rafle.Les voleurs firent une complète raflée; c'est-à-dire: Emportèrent tout sans rien laisser. Terme français populaire.RAFOUILLER, v. a. Fouiller, farfouiller.RAFOUR, s. m. Four à chaux.Établir un rafour; allumer le rafour.Terme vaudois, savoisien, dauphinois, bressan, franc-comtois et vieux français.† RAFROIDIR, v. a. Refroidir.Le temps s'est rafroidi. Laissons rafroidir la soupe.Français populaire et vieux français.RAGÂCHE ou RAGASSE, adj. Taquin, tenace, avare. En italien:Ragazzo.RAGON, s. m. Salade romaine printanière. Les habitants de la ville appellentragonla «Petite laitue verte.»RAGOTANT, ANTE, adj. Ragoûtant, appétissant.RAISIN, s. m. Nous disons:Cueillir un raisin, manger un raisin, offrir un raisin. Cette locution gasconne n'est autorisée par aucun grammairien, ni aucun dictionnaire. «Un raisin» ne se dit qu'en parlant de toute une espèce (le muscat est un bon raisin). Dans les exemples ci-dessus, il faut dire: Cueillir une grappe de raisin, ou: Cueillir du raisin; manger du raisin; offrir du raisin, ou des raisins, etc.RAISINS DE MARS, s. m. pl. Groseilles rouges.RAISINÉE, s. f.Un pot de raisinée. La raisinée est sujette à se moisir.Terme suisse et savoisien. Le mot français est: «Raisiné.» Du raisiné.RAISON, s. f.Se faire une raison, signifie: Accueillir des idées raisonnables, adopter des mesures sages et prudentes.Tu as eu là une grande épreuve, mon cher Antoine; mais ne t'abandonne pas au découragement, et sache te faire une raison.Terme français populaire.RAISONNER À. Répliquer à.Tu veux nous raisonner, bambin! Raisonner à ton père et à ta mère!... tu verras.Le verbe «Raisonner» a bien le sens de répliquer, maisil ne prend pas de régime. On peut dire à un enfant qui ergote: Ne raisonne pas; cesse de raisonner. Mais il n'est pas correct de lui dire:Ne me raisonne pas.RAISONNER QUELQU'UN. Le faire raisonner, chercher à l'amener à une sage détermination.Il vaut souvent mieux raisonner un enfant que de le gronder.On disait en vieux français:Arraisonner quelqu'un.Se raisonner, v. pron., veut dire: Accueillir des idées raisonnables; soumettre son esprit à la raison.Tu ne sais pas te raisonner, Julie; tu te désoles pour un rien.RAISONS, s. f. pl. Altercation, contestation, démêlés, difficultés, paroles vives.Avoir des raisons avec quelqu'un. Ils ont eu des raisons ensemble. Je me garderai bien d'avoir des raisons avec lui.Expression connue en France, mais qui n'a pas été, jusqu'à présent, admise dans les dictionnaires.RAISSON, s. m. Sciure de bois.Une seille de raisson.Terme vaudois et savoisien. En Franche-Comté on dit:Rasson; dans l'évêché de Bâle,rasun: termes formés du vieux motresse; en patoisrasse, qui signifie: Une scie.RAISSONNET, s. m. Sciure de bois.Au raissonnet! au bon raissonnet!est le cri des paysans qui viennent nous vendre de la sciure de bois.RAJOUTER, v. a. Ajouter de nouveau.Cette salade n'a pas assez d'huile: rajoutez-en.Terme français populaire.RAMASSÉE, s. f. Volée de coups, rossée.Une bonne ramassée le contraignit enfin à se taire.Terme vaudois. Dans le vieux français,donner la ramasse, signifiait: Donner le fouet. Dans le français populaire,ramasserveut dire: Maltraiter de coups.RAMASSER UN MAL. Gagner un mal, gagner une maladie.La phthisie est, dit-on, une maladie qui se ramasse.RAMELÉE, s. f. Ribambelle, grand nombre, quantité.Une ramelée de badauds.Terme vaudois.RAMONÉE, s. f. Forte réprimande.Faisons les gattes, François: on en sera quitte tous deux pour une ramonée.Terme dauphinois, etc.RAMONER, v. a. (fig.) Gronder, tancer. Dans le dialecte rouchi,ramonersignifie: Rosser.RAMPON, s. m. Mâche, herbe potagère.Salade au rampon.Terme suisse-roman et savoisien.RAMURE, s. f. Toiture, couverture d'un édifice.RAMURES, s. f. pl. Terme de jardinier. Rames, menues branches d'arbres qui servent à soutenir les pois et les haricots.Mettre des ramures.RANCHE, s. f. Rangée, ligne.Une longue ranche.Terme lyonnais.RANCHÉE, s. f. Rangée, ligne, rang, suite de plusieurs choses mises sur une même ligne.Une ranchée de livres; une ranchée d'arbres, etc.†RANCO ou RANKO, s. m. Dernier râlement d'un mourant.Être au ranco.Terme vaudois et jurassien. Dans le dialecte provençal,rangouihaveut dire: Râler, c'est-à-dire: Respirer avec bruit et d'une manière pénible. Dans le patois du Jura, le verberancasser, et dans le patois de l'Isère,rancheisié, ont le même sens.RANG ou RANG DE BOIS, s. m. Bûche ronde, rondin.Une douzaine de rangs. Des têtes de rang. A Genève on vend le fayard(le hêtre)soit au moule, soit par rangs.RANGER, v. a.Tranquillisez-vous, nous rangerons bien votre affaire. Va te ranger, Émile, et nous sortirons; mais aie soin de bien ranger ta cravate et tes cheveux.On peut dire: Ranger une chambre, ranger une armoire, ranger des livres; mais dans les exemples ci-dessus,rangerest une expression incorrecte; il faut dire: «Arranger.»RANGUILLE. Jeu d'écolier, qui consiste à placer une pierre, une boule ou une tuile sur un piquet ou sur une butte quelconque, et à tâcher de les abattre à coups de pierre.RANGUILLER, v. a. Terme du jeu de quilles. Relever et replacer les quilles abattues. Terme vaudois.RANGUILLEUR, s. m. Celui qui ranguille.RANQUEMELER, v. n. Râler, être poussif, respirer avec bruit et peine. On dit aussi:Roncemeler.RAPATIN, s. m. Sittelle, genre d'oiseaux grimpeurs.RÂPELU ou RAPÉLU, s. m. Se dit d'un homme qui est vêtu d'habits vieux et râpés, et qui a l'air excessivement misérable.RAPERCHER, v. a. Chercher avec une sorte de soin, trouver, déterrer, raccrocher.Rapercher des bouquins. Où as-tu donc raperché cette vieille hallebarde? Tu as perdu là, par ta faute, une excellente pratique: il faut essayer de la rapercher.Se rapercher, v. pron., signifie: Se rattraper, recouvrer ce qu'on avait perdu.RAPETISSIR, v. a. Rapetisser.RAPETOUILLER, v. a. Raccommoder.RÂPI, s. m. Râpé de copeaux, c'est-à-dire: Certaine quantité de copeaux (belues) qu'on met dans un tonneau pour éclaircir le vin.Boire sur le râpi, signifie: Boire du vin éclairci par les copeaux. Au sens figuré,Être sur le râpi, veut dire: Être harrassé, être rendu, être sans force et sans courage, baisser, décliner.RAPIAMUS. Terme latin qui signifie: Enlevons, prenons tout.Faire rapiamus, signifie: Enlever tout. Terme normand, etc.RAPICOLER, v. a. Ravigoter, ranimer.Repicolera le même sens.RAPIDE, adj. Roide, escarpé, qui a beaucoup de pente.Chemin rapide; montée rapide; côte rapide.RÂPIN, s. m. Avare, ladre, homme dur à la détente.Je te plains d'avoir pour maître de maison un pareil râpin.Terme vaudois. Dans le dialecte normand (arrondissement de Bayeux),un râpinest un homme qui enlève tout ce qu'il peut dans les champs. R.rapio.RAPISTOLER, v. a. Raccommoder grossièrement, rapiécer, rapiéceter, rajuster.Rapistoler une robe.On dit aussi, mais plus rarement:Rafistoler.RAPLATIR, v. a. Rendre plus plat, rendre plus uni, amincir. Terme français populaire.RAPPELER (S'EN), v. pron. Dites: SeLErappeler.T'en rappelles-tu, Toinette?—Non, Madame.—Eh bien, moi, je m'en rappelle: et voici la troisième fois que tu sors de nuit sans ma permission.RAPPELER DE.Rappeler d'un jugement, rappeler d'un arrêt, rappeler d'une sentence, ne sont pas des expressions correctes. Il faut dire: Appeler d'un jugement; appeler d'un arrêt, appeler d'une sentence.RAPPONDRE, v. a. Joindre, rejoindre deux choses séparées.Rappondre une ficelle. Fil rappondu.Onrappond une sauce, en y ajoutant du bouillon ou de l'eau. Terme suisse-roman, savoisien et jurassien.RAPPORT, s. m. Dans notre langage populaire,par rapport que, signifie: Parce que, par la raison que.Fanchette n'est pas allée te voir dans ta maladie, par rapport que toi le premier tu l'avais depuis longtemps négligée.Français populaire.RAPPORT À. Par rapport à, ayant égard à, en considération de, à cause de.Rapport à nos deux cousins, j'ai voulu changer l'heure du goûter. Rapport à vous, je prêterai la somme en question.Français populaire.RAPPORTAPET, s. m. Terme d'écolier. Rapporteur, celui qui rapporte, celui qui dénonce les étourderies de ses camarades.Défiez-vous de lui, ce n'est qu'un rapportapet.Dans le canton de Vaud:Un redipet.RAPPROPRIER, v. a. Approprier, nettoyer.Rapproprier une chambre.Au réfléchi,se rapproprier, veut dire: Se faire propre, se reblanchir, faire sa toilette. Terme français populaire.RAPSODAGE, s. m. Mauvais raccommodage, rhabillage.Vous deviez me raccommoder ce gilet, et je n'y vois qu'un rapsodage.Le verbe «rapsoder,» raccommoder grossièrement, se trouve dans quelques dictionnaires modernes.RARIFIER, v. a. Raréfier.RARRANGER, v. a. Arranger de nouveau, rajuster.RARRIVER, v. n.Tu ne fais que jeter des pierres, Alexis; mais si cela te rarrive, gare! Vous avez fait les gattes, petits drôles: que cela vous rarrive et vous verrez. Je suis sorti hier sans ma bourse; cela ne me rarrivera pas.Ce terme fort commode n'est pas dans les dictionnaires.RAS, adv.Couper les cheveux ras, tondre un chien ras, etc., ne sont pas des expressions françaises, quoique fort usitées en France, en Savoie et chez nous. Il faut dire: Raser les cheveux; raser un chien; raser une moustache, etc.Couper à ras, tondre à ras, couper à ras terre, couper à ras de terre, sont également des expressions vicieuses. Ne dites donc pas:Les hirondelles volaient à ras terre; ni:Elles volaient ras terre; ni:Elles volaient à ras la terre. Dites: Elles volaient en rasant la terre; ou: Elles volaient rez terre. «Rez,» en effet, est une préposition qui signifie: Tout auprès, tout contre, tout joignant, rien entre deux. Abattre une maisonREZterre; couper un arbreREZterre, etc.RASSIS, participe du verberasseoir, ne fait pas au fémininrassie, comme beaucoup de personnes le croient. Il ne faut pas dire:Cette femme est rassie, c'est-à-dire: Calme,posée, réfléchie; il faut dire: Cette femme est rassise. «La jeune Éveline, qui n'a pas encore dix-huit ans, est déjà une personne rassise, prudente et circonspecte.»RASSUJETTI, IE, subst. Jeune homme ou jeune fille qui, ayant fini son apprentissage, travaille encore avec un maître ou une maîtresse pour se perfectionner.RAT, s. m. Nous disons proverbialement:Être trempé comme un rat, pour signifier: Être tout trempé. L'Académie dit: «Être mouillé comme un canard.»RATAPIOLE, s. f. Ribote du lendemain.Faire la ratapiole.RATAQUO, s. f. VoyezRATE, no5.RATASSER, v. a. Signifie: 1oFouiller, chercher; 2oChicaner, taquiner, rabâcher, repasser.RATE, s. f. Souris.Un nid de rates. Prendre des rates. Avoir un sommeil de rate.LeComplémentdu dictionnaire de l'Académie, en enregistrant ce mot, dit qu'il est peu usité. J'ose assurer qu'il est d'un usage journalier en Suisse, en Savoie, en Franche-Comté, dans les Vosges et dans tout le Midi. Nous disons figurément et facétieusement:Avoir les rates au ventre, pour signifier: Avoir grand'faim, avoir le ventre qui grouille de faim.RATE, s. f. Rat, marque blanche, que les écoliers et les gamins font malicieusement sur les habits des passants, au moyen d'un morceau d'étoffe frotté de craie et taillé en forme de rat.RATE, s. f. Dent de petit enfant, quenottes.Montre-nous tes petites rates, Fanny. Laisse-toi arracher cette rate qui branle, et nous la mettrons sous le chenet.Terme vaudois, franc-comtois, limousin, etc. En Languedoc et en Provence on dit:Ratèteetratounette.RATE (FAIRE). Rater, faire faux feu.Son fusil avait fait rate deux fois de suite.Ce mot est une onomatopée.RATE ou RATAQUO, s. f. Réflexion du soleil sur un miroirou sur un corps quelconque réverbérant.Faire la rate aux passants. Ces petits polissons nous aveuglaient avec leur rate, avec leur rataquo. Les vitres de ta fenêtre me font la rate.RÂTE, s. f.Un mal de râte. Souffrir de la râte.Prononciation vicieuse du mot «Rate,» dont l'aest bref.RÂTEAU, s. m. Grille, fermeture, et principalement d'une porte de ville.Fermer le râteau; ouvrir le râteau; enfoncer le râteau.RÂTELET DE MOUTON, s. m. Terme de boucherie. Carré de mouton, haut côté. Terme suisse et savoisien.RÂTELIER, s. m. Terme d'économie domestique. Dressoir, espèce de buffet sans porte, à plusieurs rayons.† RATENIR, v. a. Retenir.Ratiens-moi, David, je tombe! Tâche de te ratenir à ce poutre.Terme vaudois, etc.RATER, v. n. Se dit des chats, et signifie: Prendre les rats, poursuivre les rats.Notre chat rate bien.Les chasseurs le disent aussi des chiens qui s'amusent à poursuivre les rats, au lieu de s'attacher au gibier.RATIONNER, v. a. Faire la part, donner la ration, mettre à la ration.Ces garçons ont un si terrible appétit, qu'il faudra véritablement les rationner.RATIN, s. m. Odeur des rats.Sentir le ratin.RÂTISSOIR (UN). Instrument de fer pour râtisser les allées des jardins.Râtissoir usé, râtissoir démanché.Ce mot est féminin. Une râtissoire usée, une râtissoire démanchée.RATOULIVE ou RATOLIVE, s. f. Chauve-souris. Ce motratouliveest une contraction des motsrate-volive, qui signifient:Rate volante, souris qui vole. A Rumilly (Savoie) et en Valais on dit:rate-volière; dans le patois vaudois,ratta volaire; à Lyon,rate-volage; dans le Jura,ratevolate; dans les Vosges,volant-rette.RAUFE, s. f. Rotengle, poisson du genre de la tanche.RAUFÉE, s. f. Algarade, grognerie, gronderie.Faire une raufée. Recevoir une raufée.RAUFER, v. a. Gronder, grogner.Raufer ses domestiques; raufer ses enfants. Son mari ne cesse de la raufer.Terme suisse-roman. En allemand,raufensignifie: 1oTirer par les cheveux; 2oChamailler.RAUFERIE, s. f. Gronderie, grognerie.RAUFERIES, s. f. pl. Vieux chiffons, vieilles hardes, objets sales et inutiles.RAUFIN, FINE, subst. Grognard, celui ou celle qui gronde par habitude ou par caractère.RAVANTER, v. a. Aveindre,avanterde nouveau.Tâche de me ravanter mon cerf-volant.RAVAUDAGE, s. m. Action deravauder, de marchander.RAVAUDER, v. n. Marchandailler, mésoffrir, offrir d'une marchandise beaucoup moins qu'elle ne vaut.RAVAUDERIE, s. f. Bagatelle, brimborion.As-tu payé ton tailleur?—Je ne lui dois plus qu'une ravauderie. Ta mère a-t-elle acheté quelque chose à cette vente publique?—Oui, quelques ravauderies.RAVAUDEUR, DEUSE, subst. Celui ou celle qui marchandaille, qui aime à marchander, et qui déprécie la marchandise.Allez, ma mie: je vois bien que vous n'êtes qu'une ravaudeuse, et que vous ne voulez rien m'acheter.Terme suisse et franc-comtois.RAVE, s. f. (fig.) Objet de nulle valeur, chose de rien. Se dit des personnes et des choses.Deux francs à votre fils pour ses étrennes! La belle rave! Vous mariez votre Tiennette à Jean Des Verres? La belle rave de mari que vous lui donnez là!On dit de même:Le beau fusil de rave! La belle campagne de rave!etc.RAVE. Employé adverbialement, ce mot est synonyme de: Néant, rien du tout, non, point du tout.Tu ne veux pas cespommes pour ton goûter?... Eh bien, rave, c'est-à-dire: Eh bien, tu t'en passeras, tu n'auras rien autre. Terme vaudois. On dit quelquefois dans le même sens:Une rave.Père, mère, prête-moi les tenailles.—Une rave, c'est-à-dire: Tu ne les auras pas.RAVE, s. f. Nous disons proverbialement:Remettre à quelqu'un ses raves dans le sac, pour: Lui rétorquer ses arguments, lui prouver son erreur ou son ignorance, le réduire à se taire.RAVÉ, ÉE, adj. Terme des campagnards. Cassant, qui se casse facilement.Une branche ravée, est une branche pourrie, et que le moindre effort, le moindre ébranlement pourrait casser.RAVOIR (S'EN). Revenir de sa surprise, se remettre d'un grand étonnement.Vous me racontez là une chose si curieuse et si extraordinaire, que je ne puis m'en ravoir.En français, «se ravoir» signifie: Se calmer, reprendre ses forces.RAVONNET, s. m. Radis, sorte de petite rave.Une liasse de ravonnets.Terme suisse-roman.RAYER, v. a.Rayer un écolier, signifie: Lui rayer son papier, le lui régler.Viens ici, Fanny, je te rayerai, afin que tu écrives droit. Notre petit Eugène écrit déjà sans se rayer.Dites: Sans régler son papier.REBÂCHER, v. a. Rabâcher, répéter souvent et inutilement la même chose.REBÂCHEUR, CHEUSE. Rabâcheur, rabâcheuse.REBARBARATIF, IVE, adj. Rébarbatif, rude, rebutant, repoussant.Visage rebarbaratif, figure rebarbarative.Terme français populaire.REBATTE, s. f. Meule d'un pressoir à huile ou à fruit. Terme savoisien. En patois,rebattasignifie: Rouler, etrebat, rouleau.REBATTE, s. f. Ressac, action des vagues battant contre un mur ou un rocher, et retournant violemment vers le large. Dans le vieux français,rebattreavait le sens de: Répercuter, réverbérer, etrebattementsignifiait: Répercussion.REBÉQUER ou REBECQUER, v. n. Se dit des aliments et signifie: Être antipathique, dégoûter, soulever le cœur.Les choux me rebecquent. Le fromage rebecque à beaucoup de personnes.REBIOLON, s. m. Seconde pousse des choux, seconde pousse de la vigne. Terme suisse-roman.REBLOCHON, REBLOSSON ou REBLAICHON, s. m. Sorte de fromage de Savoie.REBOUILLER ou RABOUILLER, v. a. Remuer, ravauder, farfouiller.Rebouiller un tiroir, rebouiller un pupitre. Il a l'estomac rebouillé.Terme vaudois, fribourgeois, berrichon, etc. Nos campagnards appellentrabouillé-beuze, le bouzier, sorte d'insecte volant qui vit de préférence dans la bouze (en patois,la beuze).REBOURRÉE, s. f. Accueil dur, rebuffade.Faire une rebourrée. Recevoir une rebourrée.REBOURRER, v. a.Rebourrer quelqu'un, c'est: L'accueillir avec des paroles dures, le maltraiter en paroles, le rembarrer.RECAFFÉE ou REKIAFFÉE, s. f. Gros éclat de rire, éclat de rire très-bruyant, forcé et commun.Faire des recaffées. De ce groupe de bonnes d'enfants et de domestiques sortaient, par intervalles, d'énormes recaffées. Riez, si cela vous plaît, mesdemoiselles, mais ne faites pas des recaffées.RECAFFER, v. n. Faire de gros éclats de rire.RECAPER (SE), v. pron. Terme des campagnards. Se dit des femmes et signifie: Se recoiffer, se requinquer. L'opposé de ce verbe est (en patois),se décapà. R.cape, manteau, etc.RECHANGE (À), loc. adv. À tour de rôle, tour à tour.Va à pied, je monterai sur le mulet, et nous ferons à rechange.RECHANGER (SE), v. récipr. Se relayer, se relever l'un l'autre.Pour monter jusqu'à la cime du Jura, MmeN** prit quatre porteurs qui se rechangeaient.Terme franc-comtois, etc.RECHAT, s. m. Terme des campagnards. Repas donné aux ouvriers à la fin d'un travail fait en commun. Dans le canton de Vaud on dit:Ressat.Faire le ressat.RECHIEN ou RECHEIN, s. m. Mauvais accueil, répartie dure, affront, rebuffade.Faire un rechien. Il m'a fait un rechien et une regauffrée de mâlevie.Dans le vieux français,rechinest un adjectif qui signifie: Triste, mélancolique, de mauvaise humeur. «Rechigner» est français.RECHIGNÉE, s. f. Rechignement, action de rechigner.Faire une rechignée.VoyezRECHIEN.RECHINCHÉE, s. f. Prise de tabac.RECHUTER, v. n. Avoir une rechute, faire une rechute, retomber, être attaqué de nouveau d'une maladie dont on paraissait guéri.Tu le croyais au-dessus, mais il a rechuté. S'il rechute encore, c'est fait de lui.Terme suisse-roman et méridional.RECORDAIN, s. m. Terme des campagnards. Deuxième regain. En latin,cordumoufenum cordumveut dire: Regain.RECOU, s. m. Terme patois. Regain, deuxième coupe du foin.

RAFFE, s. f. Diarrhée, cours de ventre.

RAFFER, v. n. Avoir la diarrhée.

RAFFEUX, adj. masc. Nous appelons raisinraffeux, celui dont la gousse se détache lorsqu'on le mange. On appelle en Anjou,raffard, une sorte de mauvais raisin.

RAFFISTOLER, v. a. Raccommoder, rapiéceter, remettre en état.Raffistoler un manteau; raffistoler un chariot.Terme parisien populaire, etc. Dans le vieux français,affistolersignifie: Parer, orner, embellir, endimancher.

RAFLÉE, s. f. Rafle.Les voleurs firent une complète raflée; c'est-à-dire: Emportèrent tout sans rien laisser. Terme français populaire.

RAFOUILLER, v. a. Fouiller, farfouiller.

RAFOUR, s. m. Four à chaux.Établir un rafour; allumer le rafour.Terme vaudois, savoisien, dauphinois, bressan, franc-comtois et vieux français.

† RAFROIDIR, v. a. Refroidir.Le temps s'est rafroidi. Laissons rafroidir la soupe.Français populaire et vieux français.

RAGÂCHE ou RAGASSE, adj. Taquin, tenace, avare. En italien:Ragazzo.

RAGON, s. m. Salade romaine printanière. Les habitants de la ville appellentragonla «Petite laitue verte.»

RAGOTANT, ANTE, adj. Ragoûtant, appétissant.

RAISIN, s. m. Nous disons:Cueillir un raisin, manger un raisin, offrir un raisin. Cette locution gasconne n'est autorisée par aucun grammairien, ni aucun dictionnaire. «Un raisin» ne se dit qu'en parlant de toute une espèce (le muscat est un bon raisin). Dans les exemples ci-dessus, il faut dire: Cueillir une grappe de raisin, ou: Cueillir du raisin; manger du raisin; offrir du raisin, ou des raisins, etc.

RAISINS DE MARS, s. m. pl. Groseilles rouges.

RAISINÉE, s. f.Un pot de raisinée. La raisinée est sujette à se moisir.Terme suisse et savoisien. Le mot français est: «Raisiné.» Du raisiné.

RAISON, s. f.Se faire une raison, signifie: Accueillir des idées raisonnables, adopter des mesures sages et prudentes.Tu as eu là une grande épreuve, mon cher Antoine; mais ne t'abandonne pas au découragement, et sache te faire une raison.Terme français populaire.

RAISONNER À. Répliquer à.Tu veux nous raisonner, bambin! Raisonner à ton père et à ta mère!... tu verras.Le verbe «Raisonner» a bien le sens de répliquer, maisil ne prend pas de régime. On peut dire à un enfant qui ergote: Ne raisonne pas; cesse de raisonner. Mais il n'est pas correct de lui dire:Ne me raisonne pas.

RAISONNER QUELQU'UN. Le faire raisonner, chercher à l'amener à une sage détermination.Il vaut souvent mieux raisonner un enfant que de le gronder.On disait en vieux français:Arraisonner quelqu'un.Se raisonner, v. pron., veut dire: Accueillir des idées raisonnables; soumettre son esprit à la raison.Tu ne sais pas te raisonner, Julie; tu te désoles pour un rien.

RAISONS, s. f. pl. Altercation, contestation, démêlés, difficultés, paroles vives.Avoir des raisons avec quelqu'un. Ils ont eu des raisons ensemble. Je me garderai bien d'avoir des raisons avec lui.Expression connue en France, mais qui n'a pas été, jusqu'à présent, admise dans les dictionnaires.

RAISSON, s. m. Sciure de bois.Une seille de raisson.Terme vaudois et savoisien. En Franche-Comté on dit:Rasson; dans l'évêché de Bâle,rasun: termes formés du vieux motresse; en patoisrasse, qui signifie: Une scie.

RAISSONNET, s. m. Sciure de bois.Au raissonnet! au bon raissonnet!est le cri des paysans qui viennent nous vendre de la sciure de bois.

RAJOUTER, v. a. Ajouter de nouveau.Cette salade n'a pas assez d'huile: rajoutez-en.Terme français populaire.

RAMASSÉE, s. f. Volée de coups, rossée.Une bonne ramassée le contraignit enfin à se taire.Terme vaudois. Dans le vieux français,donner la ramasse, signifiait: Donner le fouet. Dans le français populaire,ramasserveut dire: Maltraiter de coups.

RAMASSER UN MAL. Gagner un mal, gagner une maladie.La phthisie est, dit-on, une maladie qui se ramasse.

RAMELÉE, s. f. Ribambelle, grand nombre, quantité.Une ramelée de badauds.Terme vaudois.

RAMONÉE, s. f. Forte réprimande.Faisons les gattes, François: on en sera quitte tous deux pour une ramonée.Terme dauphinois, etc.

RAMONER, v. a. (fig.) Gronder, tancer. Dans le dialecte rouchi,ramonersignifie: Rosser.

RAMPON, s. m. Mâche, herbe potagère.Salade au rampon.Terme suisse-roman et savoisien.

RAMURE, s. f. Toiture, couverture d'un édifice.

RAMURES, s. f. pl. Terme de jardinier. Rames, menues branches d'arbres qui servent à soutenir les pois et les haricots.Mettre des ramures.

RANCHE, s. f. Rangée, ligne.Une longue ranche.Terme lyonnais.

RANCHÉE, s. f. Rangée, ligne, rang, suite de plusieurs choses mises sur une même ligne.Une ranchée de livres; une ranchée d'arbres, etc.

†RANCO ou RANKO, s. m. Dernier râlement d'un mourant.Être au ranco.Terme vaudois et jurassien. Dans le dialecte provençal,rangouihaveut dire: Râler, c'est-à-dire: Respirer avec bruit et d'une manière pénible. Dans le patois du Jura, le verberancasser, et dans le patois de l'Isère,rancheisié, ont le même sens.

RANG ou RANG DE BOIS, s. m. Bûche ronde, rondin.Une douzaine de rangs. Des têtes de rang. A Genève on vend le fayard(le hêtre)soit au moule, soit par rangs.

RANGER, v. a.Tranquillisez-vous, nous rangerons bien votre affaire. Va te ranger, Émile, et nous sortirons; mais aie soin de bien ranger ta cravate et tes cheveux.On peut dire: Ranger une chambre, ranger une armoire, ranger des livres; mais dans les exemples ci-dessus,rangerest une expression incorrecte; il faut dire: «Arranger.»

RANGUILLE. Jeu d'écolier, qui consiste à placer une pierre, une boule ou une tuile sur un piquet ou sur une butte quelconque, et à tâcher de les abattre à coups de pierre.

RANGUILLER, v. a. Terme du jeu de quilles. Relever et replacer les quilles abattues. Terme vaudois.

RANGUILLEUR, s. m. Celui qui ranguille.

RANQUEMELER, v. n. Râler, être poussif, respirer avec bruit et peine. On dit aussi:Roncemeler.

RAPATIN, s. m. Sittelle, genre d'oiseaux grimpeurs.

RÂPELU ou RAPÉLU, s. m. Se dit d'un homme qui est vêtu d'habits vieux et râpés, et qui a l'air excessivement misérable.

RAPERCHER, v. a. Chercher avec une sorte de soin, trouver, déterrer, raccrocher.Rapercher des bouquins. Où as-tu donc raperché cette vieille hallebarde? Tu as perdu là, par ta faute, une excellente pratique: il faut essayer de la rapercher.Se rapercher, v. pron., signifie: Se rattraper, recouvrer ce qu'on avait perdu.

RAPETISSIR, v. a. Rapetisser.

RAPETOUILLER, v. a. Raccommoder.

RÂPI, s. m. Râpé de copeaux, c'est-à-dire: Certaine quantité de copeaux (belues) qu'on met dans un tonneau pour éclaircir le vin.Boire sur le râpi, signifie: Boire du vin éclairci par les copeaux. Au sens figuré,Être sur le râpi, veut dire: Être harrassé, être rendu, être sans force et sans courage, baisser, décliner.

RAPIAMUS. Terme latin qui signifie: Enlevons, prenons tout.Faire rapiamus, signifie: Enlever tout. Terme normand, etc.

RAPICOLER, v. a. Ravigoter, ranimer.Repicolera le même sens.

RAPIDE, adj. Roide, escarpé, qui a beaucoup de pente.Chemin rapide; montée rapide; côte rapide.

RÂPIN, s. m. Avare, ladre, homme dur à la détente.Je te plains d'avoir pour maître de maison un pareil râpin.Terme vaudois. Dans le dialecte normand (arrondissement de Bayeux),un râpinest un homme qui enlève tout ce qu'il peut dans les champs. R.rapio.

RAPISTOLER, v. a. Raccommoder grossièrement, rapiécer, rapiéceter, rajuster.Rapistoler une robe.On dit aussi, mais plus rarement:Rafistoler.

RAPLATIR, v. a. Rendre plus plat, rendre plus uni, amincir. Terme français populaire.

RAPPELER (S'EN), v. pron. Dites: SeLErappeler.T'en rappelles-tu, Toinette?—Non, Madame.—Eh bien, moi, je m'en rappelle: et voici la troisième fois que tu sors de nuit sans ma permission.

RAPPELER DE.Rappeler d'un jugement, rappeler d'un arrêt, rappeler d'une sentence, ne sont pas des expressions correctes. Il faut dire: Appeler d'un jugement; appeler d'un arrêt, appeler d'une sentence.

RAPPONDRE, v. a. Joindre, rejoindre deux choses séparées.Rappondre une ficelle. Fil rappondu.Onrappond une sauce, en y ajoutant du bouillon ou de l'eau. Terme suisse-roman, savoisien et jurassien.

RAPPORT, s. m. Dans notre langage populaire,par rapport que, signifie: Parce que, par la raison que.Fanchette n'est pas allée te voir dans ta maladie, par rapport que toi le premier tu l'avais depuis longtemps négligée.Français populaire.

RAPPORT À. Par rapport à, ayant égard à, en considération de, à cause de.Rapport à nos deux cousins, j'ai voulu changer l'heure du goûter. Rapport à vous, je prêterai la somme en question.Français populaire.

RAPPORTAPET, s. m. Terme d'écolier. Rapporteur, celui qui rapporte, celui qui dénonce les étourderies de ses camarades.Défiez-vous de lui, ce n'est qu'un rapportapet.Dans le canton de Vaud:Un redipet.

RAPPROPRIER, v. a. Approprier, nettoyer.Rapproprier une chambre.Au réfléchi,se rapproprier, veut dire: Se faire propre, se reblanchir, faire sa toilette. Terme français populaire.

RAPSODAGE, s. m. Mauvais raccommodage, rhabillage.Vous deviez me raccommoder ce gilet, et je n'y vois qu'un rapsodage.Le verbe «rapsoder,» raccommoder grossièrement, se trouve dans quelques dictionnaires modernes.

RARIFIER, v. a. Raréfier.

RARRANGER, v. a. Arranger de nouveau, rajuster.

RARRIVER, v. n.Tu ne fais que jeter des pierres, Alexis; mais si cela te rarrive, gare! Vous avez fait les gattes, petits drôles: que cela vous rarrive et vous verrez. Je suis sorti hier sans ma bourse; cela ne me rarrivera pas.Ce terme fort commode n'est pas dans les dictionnaires.

RAS, adv.Couper les cheveux ras, tondre un chien ras, etc., ne sont pas des expressions françaises, quoique fort usitées en France, en Savoie et chez nous. Il faut dire: Raser les cheveux; raser un chien; raser une moustache, etc.Couper à ras, tondre à ras, couper à ras terre, couper à ras de terre, sont également des expressions vicieuses. Ne dites donc pas:Les hirondelles volaient à ras terre; ni:Elles volaient ras terre; ni:Elles volaient à ras la terre. Dites: Elles volaient en rasant la terre; ou: Elles volaient rez terre. «Rez,» en effet, est une préposition qui signifie: Tout auprès, tout contre, tout joignant, rien entre deux. Abattre une maisonREZterre; couper un arbreREZterre, etc.

RASSIS, participe du verberasseoir, ne fait pas au fémininrassie, comme beaucoup de personnes le croient. Il ne faut pas dire:Cette femme est rassie, c'est-à-dire: Calme,posée, réfléchie; il faut dire: Cette femme est rassise. «La jeune Éveline, qui n'a pas encore dix-huit ans, est déjà une personne rassise, prudente et circonspecte.»

RASSUJETTI, IE, subst. Jeune homme ou jeune fille qui, ayant fini son apprentissage, travaille encore avec un maître ou une maîtresse pour se perfectionner.

RAT, s. m. Nous disons proverbialement:Être trempé comme un rat, pour signifier: Être tout trempé. L'Académie dit: «Être mouillé comme un canard.»

RATAPIOLE, s. f. Ribote du lendemain.Faire la ratapiole.

RATAQUO, s. f. VoyezRATE, no5.

RATASSER, v. a. Signifie: 1oFouiller, chercher; 2oChicaner, taquiner, rabâcher, repasser.

RATE, s. f. Souris.Un nid de rates. Prendre des rates. Avoir un sommeil de rate.LeComplémentdu dictionnaire de l'Académie, en enregistrant ce mot, dit qu'il est peu usité. J'ose assurer qu'il est d'un usage journalier en Suisse, en Savoie, en Franche-Comté, dans les Vosges et dans tout le Midi. Nous disons figurément et facétieusement:Avoir les rates au ventre, pour signifier: Avoir grand'faim, avoir le ventre qui grouille de faim.

RATE, s. f. Rat, marque blanche, que les écoliers et les gamins font malicieusement sur les habits des passants, au moyen d'un morceau d'étoffe frotté de craie et taillé en forme de rat.

RATE, s. f. Dent de petit enfant, quenottes.Montre-nous tes petites rates, Fanny. Laisse-toi arracher cette rate qui branle, et nous la mettrons sous le chenet.Terme vaudois, franc-comtois, limousin, etc. En Languedoc et en Provence on dit:Ratèteetratounette.

RATE (FAIRE). Rater, faire faux feu.Son fusil avait fait rate deux fois de suite.Ce mot est une onomatopée.

RATE ou RATAQUO, s. f. Réflexion du soleil sur un miroirou sur un corps quelconque réverbérant.Faire la rate aux passants. Ces petits polissons nous aveuglaient avec leur rate, avec leur rataquo. Les vitres de ta fenêtre me font la rate.

RÂTE, s. f.Un mal de râte. Souffrir de la râte.Prononciation vicieuse du mot «Rate,» dont l'aest bref.

RÂTEAU, s. m. Grille, fermeture, et principalement d'une porte de ville.Fermer le râteau; ouvrir le râteau; enfoncer le râteau.

RÂTELET DE MOUTON, s. m. Terme de boucherie. Carré de mouton, haut côté. Terme suisse et savoisien.

RÂTELIER, s. m. Terme d'économie domestique. Dressoir, espèce de buffet sans porte, à plusieurs rayons.

† RATENIR, v. a. Retenir.Ratiens-moi, David, je tombe! Tâche de te ratenir à ce poutre.Terme vaudois, etc.

RATER, v. n. Se dit des chats, et signifie: Prendre les rats, poursuivre les rats.Notre chat rate bien.Les chasseurs le disent aussi des chiens qui s'amusent à poursuivre les rats, au lieu de s'attacher au gibier.

RATIONNER, v. a. Faire la part, donner la ration, mettre à la ration.Ces garçons ont un si terrible appétit, qu'il faudra véritablement les rationner.

RATIN, s. m. Odeur des rats.Sentir le ratin.

RÂTISSOIR (UN). Instrument de fer pour râtisser les allées des jardins.Râtissoir usé, râtissoir démanché.Ce mot est féminin. Une râtissoire usée, une râtissoire démanchée.

RATOULIVE ou RATOLIVE, s. f. Chauve-souris. Ce motratouliveest une contraction des motsrate-volive, qui signifient:Rate volante, souris qui vole. A Rumilly (Savoie) et en Valais on dit:rate-volière; dans le patois vaudois,ratta volaire; à Lyon,rate-volage; dans le Jura,ratevolate; dans les Vosges,volant-rette.

RAUFE, s. f. Rotengle, poisson du genre de la tanche.

RAUFÉE, s. f. Algarade, grognerie, gronderie.Faire une raufée. Recevoir une raufée.

RAUFER, v. a. Gronder, grogner.Raufer ses domestiques; raufer ses enfants. Son mari ne cesse de la raufer.Terme suisse-roman. En allemand,raufensignifie: 1oTirer par les cheveux; 2oChamailler.

RAUFERIE, s. f. Gronderie, grognerie.

RAUFERIES, s. f. pl. Vieux chiffons, vieilles hardes, objets sales et inutiles.

RAUFIN, FINE, subst. Grognard, celui ou celle qui gronde par habitude ou par caractère.

RAVANTER, v. a. Aveindre,avanterde nouveau.Tâche de me ravanter mon cerf-volant.

RAVAUDAGE, s. m. Action deravauder, de marchander.

RAVAUDER, v. n. Marchandailler, mésoffrir, offrir d'une marchandise beaucoup moins qu'elle ne vaut.

RAVAUDERIE, s. f. Bagatelle, brimborion.As-tu payé ton tailleur?—Je ne lui dois plus qu'une ravauderie. Ta mère a-t-elle acheté quelque chose à cette vente publique?—Oui, quelques ravauderies.

RAVAUDEUR, DEUSE, subst. Celui ou celle qui marchandaille, qui aime à marchander, et qui déprécie la marchandise.Allez, ma mie: je vois bien que vous n'êtes qu'une ravaudeuse, et que vous ne voulez rien m'acheter.Terme suisse et franc-comtois.

RAVE, s. f. (fig.) Objet de nulle valeur, chose de rien. Se dit des personnes et des choses.Deux francs à votre fils pour ses étrennes! La belle rave! Vous mariez votre Tiennette à Jean Des Verres? La belle rave de mari que vous lui donnez là!On dit de même:Le beau fusil de rave! La belle campagne de rave!etc.

RAVE. Employé adverbialement, ce mot est synonyme de: Néant, rien du tout, non, point du tout.Tu ne veux pas cespommes pour ton goûter?... Eh bien, rave, c'est-à-dire: Eh bien, tu t'en passeras, tu n'auras rien autre. Terme vaudois. On dit quelquefois dans le même sens:Une rave.Père, mère, prête-moi les tenailles.—Une rave, c'est-à-dire: Tu ne les auras pas.

RAVE, s. f. Nous disons proverbialement:Remettre à quelqu'un ses raves dans le sac, pour: Lui rétorquer ses arguments, lui prouver son erreur ou son ignorance, le réduire à se taire.

RAVÉ, ÉE, adj. Terme des campagnards. Cassant, qui se casse facilement.Une branche ravée, est une branche pourrie, et que le moindre effort, le moindre ébranlement pourrait casser.

RAVOIR (S'EN). Revenir de sa surprise, se remettre d'un grand étonnement.Vous me racontez là une chose si curieuse et si extraordinaire, que je ne puis m'en ravoir.En français, «se ravoir» signifie: Se calmer, reprendre ses forces.

RAVONNET, s. m. Radis, sorte de petite rave.Une liasse de ravonnets.Terme suisse-roman.

RAYER, v. a.Rayer un écolier, signifie: Lui rayer son papier, le lui régler.Viens ici, Fanny, je te rayerai, afin que tu écrives droit. Notre petit Eugène écrit déjà sans se rayer.Dites: Sans régler son papier.

REBÂCHER, v. a. Rabâcher, répéter souvent et inutilement la même chose.

REBÂCHEUR, CHEUSE. Rabâcheur, rabâcheuse.

REBARBARATIF, IVE, adj. Rébarbatif, rude, rebutant, repoussant.Visage rebarbaratif, figure rebarbarative.Terme français populaire.

REBATTE, s. f. Meule d'un pressoir à huile ou à fruit. Terme savoisien. En patois,rebattasignifie: Rouler, etrebat, rouleau.

REBATTE, s. f. Ressac, action des vagues battant contre un mur ou un rocher, et retournant violemment vers le large. Dans le vieux français,rebattreavait le sens de: Répercuter, réverbérer, etrebattementsignifiait: Répercussion.

REBÉQUER ou REBECQUER, v. n. Se dit des aliments et signifie: Être antipathique, dégoûter, soulever le cœur.Les choux me rebecquent. Le fromage rebecque à beaucoup de personnes.

REBIOLON, s. m. Seconde pousse des choux, seconde pousse de la vigne. Terme suisse-roman.

REBLOCHON, REBLOSSON ou REBLAICHON, s. m. Sorte de fromage de Savoie.

REBOUILLER ou RABOUILLER, v. a. Remuer, ravauder, farfouiller.Rebouiller un tiroir, rebouiller un pupitre. Il a l'estomac rebouillé.Terme vaudois, fribourgeois, berrichon, etc. Nos campagnards appellentrabouillé-beuze, le bouzier, sorte d'insecte volant qui vit de préférence dans la bouze (en patois,la beuze).

REBOURRÉE, s. f. Accueil dur, rebuffade.Faire une rebourrée. Recevoir une rebourrée.

REBOURRER, v. a.Rebourrer quelqu'un, c'est: L'accueillir avec des paroles dures, le maltraiter en paroles, le rembarrer.

RECAFFÉE ou REKIAFFÉE, s. f. Gros éclat de rire, éclat de rire très-bruyant, forcé et commun.Faire des recaffées. De ce groupe de bonnes d'enfants et de domestiques sortaient, par intervalles, d'énormes recaffées. Riez, si cela vous plaît, mesdemoiselles, mais ne faites pas des recaffées.

RECAFFER, v. n. Faire de gros éclats de rire.

RECAPER (SE), v. pron. Terme des campagnards. Se dit des femmes et signifie: Se recoiffer, se requinquer. L'opposé de ce verbe est (en patois),se décapà. R.cape, manteau, etc.

RECHANGE (À), loc. adv. À tour de rôle, tour à tour.Va à pied, je monterai sur le mulet, et nous ferons à rechange.

RECHANGER (SE), v. récipr. Se relayer, se relever l'un l'autre.Pour monter jusqu'à la cime du Jura, MmeN** prit quatre porteurs qui se rechangeaient.Terme franc-comtois, etc.

RECHAT, s. m. Terme des campagnards. Repas donné aux ouvriers à la fin d'un travail fait en commun. Dans le canton de Vaud on dit:Ressat.Faire le ressat.

RECHIEN ou RECHEIN, s. m. Mauvais accueil, répartie dure, affront, rebuffade.Faire un rechien. Il m'a fait un rechien et une regauffrée de mâlevie.Dans le vieux français,rechinest un adjectif qui signifie: Triste, mélancolique, de mauvaise humeur. «Rechigner» est français.

RECHIGNÉE, s. f. Rechignement, action de rechigner.Faire une rechignée.VoyezRECHIEN.

RECHINCHÉE, s. f. Prise de tabac.

RECHUTER, v. n. Avoir une rechute, faire une rechute, retomber, être attaqué de nouveau d'une maladie dont on paraissait guéri.Tu le croyais au-dessus, mais il a rechuté. S'il rechute encore, c'est fait de lui.Terme suisse-roman et méridional.

RECORDAIN, s. m. Terme des campagnards. Deuxième regain. En latin,cordumoufenum cordumveut dire: Regain.

RECOU, s. m. Terme patois. Regain, deuxième coupe du foin.

Quand il pleut à la mi-oûY a (prou) raves et prou recou.

Quand il pleut à la mi-oûY a (prou) raves et prou recou.

Quand il pleut à la mi-oûY a (prou) raves et prou recou.

Quand il pleut à la mi-oû

Y a (prou) raves et prou recou.

RECOUVERT, ERTE, partic. Recouvré, récupéré.La maison de commerce N** a recouvert, en trois ans, les sommes qu'elle avait perdues.Dites: Elle a recouvré. Dites aussi: Un tel a recouvré son crédit. MmeZ** pourra recouvrer une partie de l'héritage.RECRÉER, v. a. Réjouir, divertir.Cette promenade vous a-t-elle un peu recréé?Écrivez et prononcez avec trois accents: «Récréé.» Le verbe «Recréer» (resans accent) est français, mais avec une autre signification.RÉCRÉPIR UN MUR. Dites: Crépir un mur. Voltaire, en se servant du motrécrépir, dans le passage suivant, le souligne. «M. le curé, vous savez que j'airécrépià mes dépens l'église du Tilloi.» [Lettre à M. de l'Écluse, dans lesFacéties.] «Recrépir» est français, dans le sens de: «Crépir de nouveau.»RÉCRÉPISSAGE, s. m. Crépissure, crépi.Dans notre pays les récrépissages faits avant le milieu de mai ne sont pas solides.† RECTAL, adv. Recta, ponctuellement, avec régularité.Valentin est un homme qui paie rectal.† RECTALEMENT, adv. Recta, ponctuellement.RECUITE, s. f. Masse de lait caillé qu'on tire du petit-lait bouilli.RÉCURAGE, s. m. Second écurage.REDASSE, s. f. Draine, espèce de grive plus grosse deux fois que l'ordinaire, et la moins délicate de toutes. Au figuré redasse se dit injurieusement d'une femme maigre et sèche.Cette redasse, cette vieille redasse n'a-t-elle pas encore des prétentions!Terme vaudois. En provençal,radassosignifie: 1oUne rossinante; 2oUne vieille et mauvaise bête de somme.REDIT, s. m. Ne s'emploie guère que dans cette expression:Les dits et les redits, c'est-à-dire: Les cancans.Avec ces dits et ces redits, on ne manquera pas de brouiller toute la famille.Terme bordelais, etc.REDONDER, v. n. Ressauter, rebondir.Regarde cette paume, Albin, comme elle redonde!Le verbe redonder setrouve dans les dictionnaires, mais avec une signification différente.REDOUX, s. m. Dégel, retour d'une température plus douce après quelques jours de gelée.Le baromètre descend, nous allons avoir du redoux, c'est-à-dire: Il va dégeler. Terme vaudois et savoisien.RÉDUIRE, v. a. Serrer, resserrer, enfermer en lieu convenable, ôter de devant les yeux.Réduire la vaisselle; réduire le relavage; réduire des vêtements; réduire des outils. Le mauvais temps peut arriver quand il voudra, ma récolte est toute réduite. Nous étions tous réduits avant minuit, c'est-à-dire: Avant minuit nous étions tous rentrés dans nos maisons. Terme consacré en Suisse et en Savoie. R.reducere, remettre en place, replacer. En Languedoc, au lieu deréduire, on dit:Conduire.Conduisez ce pain. Conduisez cette bouteille et ces verres.REFAIRE, v. a. Nous disons figurément et proverbialement d'une chose qu'on nous présente comme avantageuse, mais qui en effet ne l'est pas:Cela ne me refait pas la taille.On dit en français: Cela ne me rend pas la jambe mieux faite. [Acad.]REFAIT, FAITE, part. Nous disons ironiquement, à l'occasion d'un mécompte, d'un contre-temps, d'un désagrément qui nous arrive:Me voilà bien refait!c'est-à-dire: Me voilà bien avancé! Me voilà mis dans de beaux draps!Te voilà bien refait, Théodore, de chicaner ton petit frère: il t'a égratigné et tu saignes.Terme languedocien, etc.REFALLOIR, v. imp. Falloir de nouveau.Tu as acheté trop peu d'étoffe; il t'en refaut une demi-aune. Notre provision de fascines touche à sa fin: il en refaudra un demi-cent.REFENTE, s. f.Un mur de refente.Terme français populaire. Dites: Un mur de refend.REFIER (SE), v. pron. Se fier, compter sur.Il se refie trop sur sa mémoire. Ne vous refiez pas sur cet homme.RÉFLÉCHIR, v. actif. Ce verbe est neutre. Ne dites donc pas:J'ai réfléchi une chose. Dites: J'ai réfléchiÀune chose; j'ai réfléchiÀun moyen de tout arranger, etc.REFONFONNER ou REFONFOUNER, v. n. Reprendre dans la cafetière, dans le pot, dans la marmite, etc.Gouillarde que tu es! Après avoir bu tes deux écuelles, tu refonfounes encore.On donne aussi à ce verbe le sens de: Mettre de l'eau sur le marc de café, dans une bouteille de vin, etc.REFRÂCHAIS, s. m. Terme d'agriculture. Refroissis, récolte faite sur des jachères. Terre que l'on fait porter une troisième année.RÉFROIDIR, v. a. La prononciation de réfroidir, avec accent sur l'é, est habituelle chez nous. Il faut écrire et prononcer: «Refroidir.»REFROUGNÉ, ÉE, adj.Mine refrougnée; visage refrougné.Le mot français est: Refrogné. Visage refrogné.REGAILLARDIR, v. a. Ragaillardir, remettra en bonne humeur, remettre en gaîté.Cette bonne nouvelle les avait tous regaillardis.Français populaire et vieux français.RÉGALE, s. fém. Régal, régalade, festin, gala.Faire une régale; faire une superbe régale.Ce terme appartient à l'ancienne langue française; mais il était alors du genre masculin (un régale). Voyez la 1reédition du dictionnaire de l'Académie [1698].REGAUFFRÉE, s. f. Gronderie, paroles de dépit, rebuffade.Faire une regauffrée à quelqu'un; recevoir une regauffrée.Dans le canton de Vaud, on dit:Regauffée.RÉGLET, s. m. Terme de calligraphie. Transparent.Écrire avec un réglet. Se passer de réglet.Terme méridional.RÉGITRE, s. m. Écrivez sans accent sur l'e, «Regître» ou «Registre.»RÉGLEUSE, s. f. Terme de la fabrique d'horlogerie. Ouvrière dont la profession est de régler les montres.À Genève, une habile régleuse peut gagner jusqu'à huit francs par jour.REGLISSE, s. f. Écrivez et prononcez: «Réglisse.» De la réglisse. La réglisse est adoucissante.REGORGE (À), loc. adv. Excessivement, à satiété, jusqu'au rassasiement.Manger à regorge. Avoir des écus à regorge.REGRETTER, v. a. Dans notre langage:Regretter une chose à quelqu'un, signifie: La lui envier, être fâché, être triste de voir qu'il en est le possesseur.Chacun lui regrette cette aubaine. Ne regrettez pas cette jeune et jolie femme à ce vieux barbon, c'est une pouine, une diablesse.Expression méridionale.REGROLLAGE, s. m. Raccommodage de vieux souliers.REGROLLER, v. a. Raccommoder grossièrement de vieux souliers.Grolle, dans notre langage, signifie: «Savate.»† REGUINGOTTE, s. f. Redingote.J'acheta cette reguingotte à l'encan.Terme dauphinois, rouchi, etc.† RÉGULIARITÉ, s. f. Régularité. Le motréguliaritéappartient au vieux français, et on l'emploie encore dans diverses provinces du nord de la France.REINE, s. f. Nous appelonsla reine du balcelle des danseuses dont la beauté ou la grâce y est le plus remarquée. En France, la reine du bal, c'est la personne pour qui se donne le bal.REJICLÉE, s. f. Éclaboussure, rejaillissement. En Dauphiné et en Languedoc, on dit:Un rejiscle.REJICLER, v. a. et n. Éclabousser, faire rejaillir.L'eau lui rejicla dessus. Fais donc attention, Gaspard: ne vois-tupas que tu me rejicles?Terme suisse-roman, savoisien et méridional.RELÂCHER LE VENTRE. Lâcher le ventre.RELATIONNÉ, ÉE, adj. Se dit de celui ou de celle qui a des relations.L'établissement que vient de fonder MrZ** ne peut manquer de réussir, car c'est un jeune homme actif, intelligent et bien relationné.RELAVAGE, s. m. Lavage de la vaisselle après le repas.RELAVER, v. a. Laver la vaisselle après le repas. Terme vaudois, neuchâtelois, lorrain, wallon, etc.RELAVURES, s. f. pl. Lavure, eau grasse qui provient du lavage de la vaisselle.RELEVER, v. a. Terme de lingère. Reprendre.Relever une maille à un bas.Expression dauphinoise, etc.RELEVER, v. a. Saisir, prendre en contravention.Le garde champêtre de la commune a relevé un chasseur qui foulait du blé noir. À la campagne les enfants se font souvent relever par les gardes.[P. G.]RELEVER (S'EN), v. pron. En relever, se rétablir, en parlant d'un malade.On ne croit pas que notre cousine s'en relève.Dites: On ne croit pas que notre cousineENrelève.RELIQUAT, s. m. On prononcerelika.RELOIN, adv. Ne s'emploie que dans cette expression très-familière:Il est loin et reloin, c'est-à-dire: Il est parti, il est depuis longtemps parti.RELUCHER, v. a. Reluquer, lorgner attentivement et du coin de l'œil.Relucher de belles pêches, relucher de beaux raisins.Dans notre langage,relucher une demoiselle, c'est: La regarder avec un tendre intérêt, et chercher à attirer son attention.REMAGNONS, s. m. pl. Reste d'aliment, vieux reste de fricot. Terme vaudois. Dans notre patois,remagniveut dire: Rester. R. lat.remanêre.REMAIGRIR, v. n.Ton beau-père avait repris un peu d'embonpoint, mais le voilà qui remaigrit.Dites: «Ramaigrit.» L'infinitif est: «Ramaigrir.»REMARQUER À QUELQU'UN. Dites: Faire remarquer à quelqu'un, lui faire observer.Je vous remarquerai que, est un barbarisme.REMBOURS, s. m. Remboursement. Terme suisse, parisien populaire et vieux français.REMERCIER POUR. Remercier de.Remerciez votre oncle pour toute la peine qu'il s'est donnée.REMÉMORIER (SE), v. pron. Se remémorer.Tâche de te remémorier une partie de ce beau discours.Français populaire.REMOLLION, s. m. (llmouillés.) Terme de lessiveuse, se dit essentiellement du linge de couleur et des vêtements de laine qui ne se coulent pas aulissu.Madame a-t-elle préparé les remollions? Y a-t-il beaucoup de remollions? Le remollion n'est pas encore compté.R.remouiller.REMOLLION, s. m. (llmouillés.) Réveillon, lendemain de noces; petit repas que l'on fait après un autre plus grand.REMONTANT (UN). Un stimulant, une chose qui ranime et fortifie soit le corps, soit l'esprit.Pour beaucoup d'estomacs, un verre de bon vin est un remontant. L'arrivée de son père tirera notre jeune écolier de son apathie, et lui donnera un peu de remontant.REMONTER, v. a. Ravigoter, raviver, redonner des forces, remettre en meilleur état.Un petit verre de curaçao les a tous réjouis et remontés. Ce petit legs a remonté cette pauvre famille. Cinq cents francs remonteraient bien votre fermier.Terme méridional, etc. Les dictionnaires disent: «Remonter le courage, remonter l'imagination,» et rien de plus. A Genève, ce verberemontera des significations plus étendues.REMOUCHÉE, s. f. Remontrance sévère, algarade.Faire une remouchée.En provençal:Remouchinado.REMOUCHER, v. a. (fig.) Gourmander, rabattre le caquet, réprimander sévèrement, rembarrer.Il voulait élever la voix, mais son bourgeois l'a remouché.Terme neuchâtelois, etc. En lorrain,moucher quelqu'unsignifie: Le battre, l'étriller; et dans le patois du bas Limousin,moutsa, s. m., veut dire: Un soufflet, une mornifle.REMUER, v. n. Déménager, changer d'appartement.Quand remuez-vous, voisin?—Je remue après Pâques.Terme suisse-roman, savoisien et lyonnais. Dans le Limousin, à Bordeaux et en d'autres endroits du midi de la France, on dit:Se remuer.C'est demain qu'il se remue(c'est demain qu'il déménage). En vieux français,remuer, v. n., signifiait: Changer.REMUEUR, s. m. Déménageur.Les remueurs sont payés quatre à cinq francs par jour. Tous les Genevois connaissent le joli conte des Remueurs, de Gaudy.RENAILLER, v. n. Renarder, vomir après une orgie.RENARDS, s. m. pl. (fig.) Vomissements d'un homme ivre.Faire les renards, vomir après une orgie. Dans le français populaire, on dit en ce même sens:Écorcher le renard.RENASQUER, v. n. Regimber, refuser, récalcitrer, renâcler, faire quelque chose en rechignant.Tu as beau renasquer, mon pauvre Alfred, il faudra bien que tu en passes par là.Terme vieux français, admis dans la 1reédition du dictionnaire de l'Académie [1694], mais rejetée depuis.† RENCONTRE (UN).Tu n'as payé ce bois de lit que trois francs; c'est un bon rencontre. Dis-voir, Guillaume, tu me viendras ce tantôt au rencontre.Ce mot, qui est aujourd'hui du genre féminin, était autrefois des deux genres.RENCONTRER (SE), v. pron. Être, se trouver, se rendre dans quelque endroit.M'étant rencontré là par hasard, jeprêtai main-forte au gendarme. Tâche de te rencontrer sur la Treille à midi précis. Il se rencontra tout à point un honnête paysan qui nous hébergea.Expression vaudoise et méridionale.RENDEMENT, s. m.Rendement de compte.Reddition de compte. [P. G.]RENETTE, s. f. Écrivez et prononcez: Rainette ou Reinette. Pomme rainette ou pomme reinette. En vieux français,rainesignifie: «Grenouille.» Or les pommes rainettes sont tachetées comme les grenouilles.RENEVIER, IÈRE, adj. Terme des campagnards. Économe, ménager, qui tient en réserve.Comment donc! à Pâques il vous offrait encore des raisins!—Oui, sans doute, parce qu'il est renevier, lui, et qu'il conserve quand les autres prodiguent.Dans le patois vaudois,Reneveiveut dire: Prêteur sur gages, usurier, accapareur. Chez nous ce terme ne se prend qu'en bonne part, mais il est peu répandu. Dans le patois dauphinois,reneviesignifie: Regrattier, revendeur.† RENFORCIR, v. a. Enforcir, renforcer, donner des forces.Les bains d'Arve ont renforci notre garçon.Terme parisien populaire et vieux français.RENFROGNÉ, ÉE, adj.Visage renfrogné.Dites: Refrogné.RENITENT, ENTE, adj. et subst. Mutin, récalcitrant.Faire le renitent. Punir les renitents. Gare aux renitents!Expression remarquable, fort usitée à Genève, mais inconnue en France, quoique recueillie par Boiste, etc. Dans le dialecte des environs de Valenciennes,renictersignifie: Trouver des difficultés où il n'y en a pas. R. lat.reniti.RENONCE, s. f. Rassasiement, dégoût.Boire à renonce. On menait une vie de chanoine; on avait du vin à renonce, c'est-à-dire: On en avait à gogo et jusqu'à n'en plus vouloir.RENONCER, v. a. Se dégoûter de, prendre en dégoût.Notre André est un brave garçon qui ne renonce jamais le travail.Expression des campagnards.RENOTER, v. n. Redire sans cesse, répéter fastidieusement, rabâcher.C'est la dixième fois que tu me renotes la même chose. Ces deux écoliers me renotent toujours que l'étude du grec les ennuie.RENOUVELER, v. n. Se renouveler, en parlant de la lune.La lune renouvelle demain.

RECOUVERT, ERTE, partic. Recouvré, récupéré.La maison de commerce N** a recouvert, en trois ans, les sommes qu'elle avait perdues.Dites: Elle a recouvré. Dites aussi: Un tel a recouvré son crédit. MmeZ** pourra recouvrer une partie de l'héritage.

RECRÉER, v. a. Réjouir, divertir.Cette promenade vous a-t-elle un peu recréé?Écrivez et prononcez avec trois accents: «Récréé.» Le verbe «Recréer» (resans accent) est français, mais avec une autre signification.

RÉCRÉPIR UN MUR. Dites: Crépir un mur. Voltaire, en se servant du motrécrépir, dans le passage suivant, le souligne. «M. le curé, vous savez que j'airécrépià mes dépens l'église du Tilloi.» [Lettre à M. de l'Écluse, dans lesFacéties.] «Recrépir» est français, dans le sens de: «Crépir de nouveau.»

RÉCRÉPISSAGE, s. m. Crépissure, crépi.Dans notre pays les récrépissages faits avant le milieu de mai ne sont pas solides.

† RECTAL, adv. Recta, ponctuellement, avec régularité.Valentin est un homme qui paie rectal.

† RECTALEMENT, adv. Recta, ponctuellement.

RECUITE, s. f. Masse de lait caillé qu'on tire du petit-lait bouilli.

RÉCURAGE, s. m. Second écurage.

REDASSE, s. f. Draine, espèce de grive plus grosse deux fois que l'ordinaire, et la moins délicate de toutes. Au figuré redasse se dit injurieusement d'une femme maigre et sèche.Cette redasse, cette vieille redasse n'a-t-elle pas encore des prétentions!Terme vaudois. En provençal,radassosignifie: 1oUne rossinante; 2oUne vieille et mauvaise bête de somme.

REDIT, s. m. Ne s'emploie guère que dans cette expression:Les dits et les redits, c'est-à-dire: Les cancans.Avec ces dits et ces redits, on ne manquera pas de brouiller toute la famille.Terme bordelais, etc.

REDONDER, v. n. Ressauter, rebondir.Regarde cette paume, Albin, comme elle redonde!Le verbe redonder setrouve dans les dictionnaires, mais avec une signification différente.

REDOUX, s. m. Dégel, retour d'une température plus douce après quelques jours de gelée.Le baromètre descend, nous allons avoir du redoux, c'est-à-dire: Il va dégeler. Terme vaudois et savoisien.

RÉDUIRE, v. a. Serrer, resserrer, enfermer en lieu convenable, ôter de devant les yeux.Réduire la vaisselle; réduire le relavage; réduire des vêtements; réduire des outils. Le mauvais temps peut arriver quand il voudra, ma récolte est toute réduite. Nous étions tous réduits avant minuit, c'est-à-dire: Avant minuit nous étions tous rentrés dans nos maisons. Terme consacré en Suisse et en Savoie. R.reducere, remettre en place, replacer. En Languedoc, au lieu deréduire, on dit:Conduire.Conduisez ce pain. Conduisez cette bouteille et ces verres.

REFAIRE, v. a. Nous disons figurément et proverbialement d'une chose qu'on nous présente comme avantageuse, mais qui en effet ne l'est pas:Cela ne me refait pas la taille.On dit en français: Cela ne me rend pas la jambe mieux faite. [Acad.]

REFAIT, FAITE, part. Nous disons ironiquement, à l'occasion d'un mécompte, d'un contre-temps, d'un désagrément qui nous arrive:Me voilà bien refait!c'est-à-dire: Me voilà bien avancé! Me voilà mis dans de beaux draps!Te voilà bien refait, Théodore, de chicaner ton petit frère: il t'a égratigné et tu saignes.Terme languedocien, etc.

REFALLOIR, v. imp. Falloir de nouveau.Tu as acheté trop peu d'étoffe; il t'en refaut une demi-aune. Notre provision de fascines touche à sa fin: il en refaudra un demi-cent.

REFENTE, s. f.Un mur de refente.Terme français populaire. Dites: Un mur de refend.

REFIER (SE), v. pron. Se fier, compter sur.Il se refie trop sur sa mémoire. Ne vous refiez pas sur cet homme.

RÉFLÉCHIR, v. actif. Ce verbe est neutre. Ne dites donc pas:J'ai réfléchi une chose. Dites: J'ai réfléchiÀune chose; j'ai réfléchiÀun moyen de tout arranger, etc.

REFONFONNER ou REFONFOUNER, v. n. Reprendre dans la cafetière, dans le pot, dans la marmite, etc.Gouillarde que tu es! Après avoir bu tes deux écuelles, tu refonfounes encore.On donne aussi à ce verbe le sens de: Mettre de l'eau sur le marc de café, dans une bouteille de vin, etc.

REFRÂCHAIS, s. m. Terme d'agriculture. Refroissis, récolte faite sur des jachères. Terre que l'on fait porter une troisième année.

RÉFROIDIR, v. a. La prononciation de réfroidir, avec accent sur l'é, est habituelle chez nous. Il faut écrire et prononcer: «Refroidir.»

REFROUGNÉ, ÉE, adj.Mine refrougnée; visage refrougné.Le mot français est: Refrogné. Visage refrogné.

REGAILLARDIR, v. a. Ragaillardir, remettra en bonne humeur, remettre en gaîté.Cette bonne nouvelle les avait tous regaillardis.Français populaire et vieux français.

RÉGALE, s. fém. Régal, régalade, festin, gala.Faire une régale; faire une superbe régale.Ce terme appartient à l'ancienne langue française; mais il était alors du genre masculin (un régale). Voyez la 1reédition du dictionnaire de l'Académie [1698].

REGAUFFRÉE, s. f. Gronderie, paroles de dépit, rebuffade.Faire une regauffrée à quelqu'un; recevoir une regauffrée.Dans le canton de Vaud, on dit:Regauffée.

RÉGLET, s. m. Terme de calligraphie. Transparent.Écrire avec un réglet. Se passer de réglet.Terme méridional.

RÉGITRE, s. m. Écrivez sans accent sur l'e, «Regître» ou «Registre.»

RÉGLEUSE, s. f. Terme de la fabrique d'horlogerie. Ouvrière dont la profession est de régler les montres.À Genève, une habile régleuse peut gagner jusqu'à huit francs par jour.

REGLISSE, s. f. Écrivez et prononcez: «Réglisse.» De la réglisse. La réglisse est adoucissante.

REGORGE (À), loc. adv. Excessivement, à satiété, jusqu'au rassasiement.Manger à regorge. Avoir des écus à regorge.

REGRETTER, v. a. Dans notre langage:Regretter une chose à quelqu'un, signifie: La lui envier, être fâché, être triste de voir qu'il en est le possesseur.Chacun lui regrette cette aubaine. Ne regrettez pas cette jeune et jolie femme à ce vieux barbon, c'est une pouine, une diablesse.Expression méridionale.

REGROLLAGE, s. m. Raccommodage de vieux souliers.

REGROLLER, v. a. Raccommoder grossièrement de vieux souliers.Grolle, dans notre langage, signifie: «Savate.»

† REGUINGOTTE, s. f. Redingote.J'acheta cette reguingotte à l'encan.Terme dauphinois, rouchi, etc.

† RÉGULIARITÉ, s. f. Régularité. Le motréguliaritéappartient au vieux français, et on l'emploie encore dans diverses provinces du nord de la France.

REINE, s. f. Nous appelonsla reine du balcelle des danseuses dont la beauté ou la grâce y est le plus remarquée. En France, la reine du bal, c'est la personne pour qui se donne le bal.

REJICLÉE, s. f. Éclaboussure, rejaillissement. En Dauphiné et en Languedoc, on dit:Un rejiscle.

REJICLER, v. a. et n. Éclabousser, faire rejaillir.L'eau lui rejicla dessus. Fais donc attention, Gaspard: ne vois-tupas que tu me rejicles?Terme suisse-roman, savoisien et méridional.

RELÂCHER LE VENTRE. Lâcher le ventre.

RELATIONNÉ, ÉE, adj. Se dit de celui ou de celle qui a des relations.L'établissement que vient de fonder MrZ** ne peut manquer de réussir, car c'est un jeune homme actif, intelligent et bien relationné.

RELAVAGE, s. m. Lavage de la vaisselle après le repas.

RELAVER, v. a. Laver la vaisselle après le repas. Terme vaudois, neuchâtelois, lorrain, wallon, etc.

RELAVURES, s. f. pl. Lavure, eau grasse qui provient du lavage de la vaisselle.

RELEVER, v. a. Terme de lingère. Reprendre.Relever une maille à un bas.Expression dauphinoise, etc.

RELEVER, v. a. Saisir, prendre en contravention.Le garde champêtre de la commune a relevé un chasseur qui foulait du blé noir. À la campagne les enfants se font souvent relever par les gardes.[P. G.]

RELEVER (S'EN), v. pron. En relever, se rétablir, en parlant d'un malade.On ne croit pas que notre cousine s'en relève.Dites: On ne croit pas que notre cousineENrelève.

RELIQUAT, s. m. On prononcerelika.

RELOIN, adv. Ne s'emploie que dans cette expression très-familière:Il est loin et reloin, c'est-à-dire: Il est parti, il est depuis longtemps parti.

RELUCHER, v. a. Reluquer, lorgner attentivement et du coin de l'œil.Relucher de belles pêches, relucher de beaux raisins.Dans notre langage,relucher une demoiselle, c'est: La regarder avec un tendre intérêt, et chercher à attirer son attention.

REMAGNONS, s. m. pl. Reste d'aliment, vieux reste de fricot. Terme vaudois. Dans notre patois,remagniveut dire: Rester. R. lat.remanêre.

REMAIGRIR, v. n.Ton beau-père avait repris un peu d'embonpoint, mais le voilà qui remaigrit.Dites: «Ramaigrit.» L'infinitif est: «Ramaigrir.»

REMARQUER À QUELQU'UN. Dites: Faire remarquer à quelqu'un, lui faire observer.Je vous remarquerai que, est un barbarisme.

REMBOURS, s. m. Remboursement. Terme suisse, parisien populaire et vieux français.

REMERCIER POUR. Remercier de.Remerciez votre oncle pour toute la peine qu'il s'est donnée.

REMÉMORIER (SE), v. pron. Se remémorer.Tâche de te remémorier une partie de ce beau discours.Français populaire.

REMOLLION, s. m. (llmouillés.) Terme de lessiveuse, se dit essentiellement du linge de couleur et des vêtements de laine qui ne se coulent pas aulissu.Madame a-t-elle préparé les remollions? Y a-t-il beaucoup de remollions? Le remollion n'est pas encore compté.R.remouiller.

REMOLLION, s. m. (llmouillés.) Réveillon, lendemain de noces; petit repas que l'on fait après un autre plus grand.

REMONTANT (UN). Un stimulant, une chose qui ranime et fortifie soit le corps, soit l'esprit.Pour beaucoup d'estomacs, un verre de bon vin est un remontant. L'arrivée de son père tirera notre jeune écolier de son apathie, et lui donnera un peu de remontant.

REMONTER, v. a. Ravigoter, raviver, redonner des forces, remettre en meilleur état.Un petit verre de curaçao les a tous réjouis et remontés. Ce petit legs a remonté cette pauvre famille. Cinq cents francs remonteraient bien votre fermier.Terme méridional, etc. Les dictionnaires disent: «Remonter le courage, remonter l'imagination,» et rien de plus. A Genève, ce verberemontera des significations plus étendues.

REMOUCHÉE, s. f. Remontrance sévère, algarade.Faire une remouchée.En provençal:Remouchinado.

REMOUCHER, v. a. (fig.) Gourmander, rabattre le caquet, réprimander sévèrement, rembarrer.Il voulait élever la voix, mais son bourgeois l'a remouché.Terme neuchâtelois, etc. En lorrain,moucher quelqu'unsignifie: Le battre, l'étriller; et dans le patois du bas Limousin,moutsa, s. m., veut dire: Un soufflet, une mornifle.

REMUER, v. n. Déménager, changer d'appartement.Quand remuez-vous, voisin?—Je remue après Pâques.Terme suisse-roman, savoisien et lyonnais. Dans le Limousin, à Bordeaux et en d'autres endroits du midi de la France, on dit:Se remuer.C'est demain qu'il se remue(c'est demain qu'il déménage). En vieux français,remuer, v. n., signifiait: Changer.

REMUEUR, s. m. Déménageur.Les remueurs sont payés quatre à cinq francs par jour. Tous les Genevois connaissent le joli conte des Remueurs, de Gaudy.

RENAILLER, v. n. Renarder, vomir après une orgie.

RENARDS, s. m. pl. (fig.) Vomissements d'un homme ivre.Faire les renards, vomir après une orgie. Dans le français populaire, on dit en ce même sens:Écorcher le renard.

RENASQUER, v. n. Regimber, refuser, récalcitrer, renâcler, faire quelque chose en rechignant.Tu as beau renasquer, mon pauvre Alfred, il faudra bien que tu en passes par là.Terme vieux français, admis dans la 1reédition du dictionnaire de l'Académie [1694], mais rejetée depuis.

† RENCONTRE (UN).Tu n'as payé ce bois de lit que trois francs; c'est un bon rencontre. Dis-voir, Guillaume, tu me viendras ce tantôt au rencontre.Ce mot, qui est aujourd'hui du genre féminin, était autrefois des deux genres.

RENCONTRER (SE), v. pron. Être, se trouver, se rendre dans quelque endroit.M'étant rencontré là par hasard, jeprêtai main-forte au gendarme. Tâche de te rencontrer sur la Treille à midi précis. Il se rencontra tout à point un honnête paysan qui nous hébergea.Expression vaudoise et méridionale.

RENDEMENT, s. m.Rendement de compte.Reddition de compte. [P. G.]

RENETTE, s. f. Écrivez et prononcez: Rainette ou Reinette. Pomme rainette ou pomme reinette. En vieux français,rainesignifie: «Grenouille.» Or les pommes rainettes sont tachetées comme les grenouilles.

RENEVIER, IÈRE, adj. Terme des campagnards. Économe, ménager, qui tient en réserve.Comment donc! à Pâques il vous offrait encore des raisins!—Oui, sans doute, parce qu'il est renevier, lui, et qu'il conserve quand les autres prodiguent.Dans le patois vaudois,Reneveiveut dire: Prêteur sur gages, usurier, accapareur. Chez nous ce terme ne se prend qu'en bonne part, mais il est peu répandu. Dans le patois dauphinois,reneviesignifie: Regrattier, revendeur.

† RENFORCIR, v. a. Enforcir, renforcer, donner des forces.Les bains d'Arve ont renforci notre garçon.Terme parisien populaire et vieux français.

RENFROGNÉ, ÉE, adj.Visage renfrogné.Dites: Refrogné.

RENITENT, ENTE, adj. et subst. Mutin, récalcitrant.Faire le renitent. Punir les renitents. Gare aux renitents!Expression remarquable, fort usitée à Genève, mais inconnue en France, quoique recueillie par Boiste, etc. Dans le dialecte des environs de Valenciennes,renictersignifie: Trouver des difficultés où il n'y en a pas. R. lat.reniti.

RENONCE, s. f. Rassasiement, dégoût.Boire à renonce. On menait une vie de chanoine; on avait du vin à renonce, c'est-à-dire: On en avait à gogo et jusqu'à n'en plus vouloir.

RENONCER, v. a. Se dégoûter de, prendre en dégoût.Notre André est un brave garçon qui ne renonce jamais le travail.Expression des campagnards.

RENOTER, v. n. Redire sans cesse, répéter fastidieusement, rabâcher.C'est la dixième fois que tu me renotes la même chose. Ces deux écoliers me renotent toujours que l'étude du grec les ennuie.

RENOUVELER, v. n. Se renouveler, en parlant de la lune.La lune renouvelle demain.


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