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C'était Monsieur son fils, un pauvre rapélu,Plus matafan, plusmourmé, plus mâpu![Ch.]

C'était Monsieur son fils, un pauvre rapélu,Plus matafan, plusmourmé, plus mâpu![Ch.]

C'était Monsieur son fils, un pauvre rapélu,Plus matafan, plusmourmé, plus mâpu!

C'était Monsieur son fils, un pauvre rapélu,

Plus matafan, plusmourmé, plus mâpu!

[Ch.]

[Ch.]

En Normandie,mourmaudsignifie: Songe-creux, morose.

† MOURVE, s. f. Morve.MOURVEUX, EUSE, adj. et subst. Morveux.Voyez cette mourveuse, de quel ton elle réplique à sa mère!MOUSET ou MUSET, s. m. Petite souris des champs, à courte queue, à museau fort pointu, et que les chats ne mangent pas, quoiqu'ils lui donnent volontiers la chasse. Terme suisse-roman et savoisien. Le nom français est Musette ou Musaraigne. Le dictionnaire de Bescherelle donne une fausse définition de ce mot.MOUSTACHES, s. f. pl.Il relevait ses moustaches; il essuyait ses moustaches; il admirait ses moustaches.Dans ces exemples et dans les exemples analogues, il est infiniment plus correct d'employer le singulier et de dire: Il relevaitSAmoustache; il essuyaitSAmoustache; il admiraitSAmoustache. La phrase suivante est tirée deGil-Blas, livre II, ch.V: «Un nez fort épaté lui tombait sur une moustache rousse.» L'exemple suivant est tiré deJ.-J. Rousseau: «Fantasque fut enfin mariée à un roi voisin qu'elle préféra, parce qu'il portait la plus longue moustache. [La reine Fantasque.] Tous les dictionnaires s'accordent en ce point, mais il faut avouer que beaucoup de bons écrivains, surtout parmi les modernes, ont fait usage du pluriel.MOUSTACHON, s. m. Celui qui porte moustache et qui, parcela même, fait l'homme d'importance et le fier-à-bras.Tu te crois un fameux moustachon, et tu n'as que seize ans!MOÛT, s. m. Nous disons proverbialement d'un potage ou d'un mets quelconque mal assaisonné:Cela n'a ni goût ni moût, et cette locution est aussi employée figurément.Il nous racontait ses voyages longuement et platement, cela n'avait ni goût ni moût, c'est-à-dire: Ni goût ni piquant.MOUTAÎLE ou MOUTELLE, s. f. Motelle, sorte de poisson.MOUTELÉ, LÉE, adj. Tacheté, étoilé. Ce terme, qui appartient à la langue de nos campagnards, ne s'emploie guère qu'en parlant des bestiaux.Une vache moutelée; un bœuf moutelé.Terme suisse-roman et savoisien.MOYENNÉ, NÉE, adjectif. Riche, aisé.Le cadet est plus moyenné que son frère.Terme signalé dans leDictionnaire rouchi-françaisdeHécart, 3meédition.MULÂTRE, adj. Métis.Un canari mulâtre.MULE, s. f. Sorte d'engelure.Avoir la mule aux talons.En français ce mot ne s'emploie qu'au pluriel. «Avoir les mules au talon.» [Acad.]MULE, s. f.Faire mule, terme du jeu de cartes, signifie: Faire capot. [P. G.]MURGUET ou MEURGUET, s. m. Muguet, fleur.Cueillir des murguets. Un bouquet de murguets.MUSAILLE, s. f. Quantité de petite monnaie, menuaille.MUSCADET (UN). Dites: Une muscadelle. Espèce de poire qui sent un peu le musc.MUSCATE, s. f. et adj.Noix muscate; rose muscate. La muscate dominait trop dans ce ragoût.Dites: «Muscade.»MUSILIÈRE, s. f. Muselière.MYRTRE, s. m. Myrte, arbrisseau.Une branche de myrtre.Terme suisse-roman, limousin, lorrain, etc.

† MOURVE, s. f. Morve.

MOURVEUX, EUSE, adj. et subst. Morveux.Voyez cette mourveuse, de quel ton elle réplique à sa mère!

MOUSET ou MUSET, s. m. Petite souris des champs, à courte queue, à museau fort pointu, et que les chats ne mangent pas, quoiqu'ils lui donnent volontiers la chasse. Terme suisse-roman et savoisien. Le nom français est Musette ou Musaraigne. Le dictionnaire de Bescherelle donne une fausse définition de ce mot.

MOUSTACHES, s. f. pl.Il relevait ses moustaches; il essuyait ses moustaches; il admirait ses moustaches.Dans ces exemples et dans les exemples analogues, il est infiniment plus correct d'employer le singulier et de dire: Il relevaitSAmoustache; il essuyaitSAmoustache; il admiraitSAmoustache. La phrase suivante est tirée deGil-Blas, livre II, ch.V: «Un nez fort épaté lui tombait sur une moustache rousse.» L'exemple suivant est tiré deJ.-J. Rousseau: «Fantasque fut enfin mariée à un roi voisin qu'elle préféra, parce qu'il portait la plus longue moustache. [La reine Fantasque.] Tous les dictionnaires s'accordent en ce point, mais il faut avouer que beaucoup de bons écrivains, surtout parmi les modernes, ont fait usage du pluriel.

MOUSTACHON, s. m. Celui qui porte moustache et qui, parcela même, fait l'homme d'importance et le fier-à-bras.Tu te crois un fameux moustachon, et tu n'as que seize ans!

MOÛT, s. m. Nous disons proverbialement d'un potage ou d'un mets quelconque mal assaisonné:Cela n'a ni goût ni moût, et cette locution est aussi employée figurément.Il nous racontait ses voyages longuement et platement, cela n'avait ni goût ni moût, c'est-à-dire: Ni goût ni piquant.

MOUTAÎLE ou MOUTELLE, s. f. Motelle, sorte de poisson.

MOUTELÉ, LÉE, adj. Tacheté, étoilé. Ce terme, qui appartient à la langue de nos campagnards, ne s'emploie guère qu'en parlant des bestiaux.Une vache moutelée; un bœuf moutelé.Terme suisse-roman et savoisien.

MOYENNÉ, NÉE, adjectif. Riche, aisé.Le cadet est plus moyenné que son frère.Terme signalé dans leDictionnaire rouchi-françaisdeHécart, 3meédition.

MULÂTRE, adj. Métis.Un canari mulâtre.

MULE, s. f. Sorte d'engelure.Avoir la mule aux talons.En français ce mot ne s'emploie qu'au pluriel. «Avoir les mules au talon.» [Acad.]

MULE, s. f.Faire mule, terme du jeu de cartes, signifie: Faire capot. [P. G.]

MURGUET ou MEURGUET, s. m. Muguet, fleur.Cueillir des murguets. Un bouquet de murguets.

MUSAILLE, s. f. Quantité de petite monnaie, menuaille.

MUSCADET (UN). Dites: Une muscadelle. Espèce de poire qui sent un peu le musc.

MUSCATE, s. f. et adj.Noix muscate; rose muscate. La muscate dominait trop dans ce ragoût.Dites: «Muscade.»

MUSILIÈRE, s. f. Muselière.

MYRTRE, s. m. Myrte, arbrisseau.Une branche de myrtre.Terme suisse-roman, limousin, lorrain, etc.

NACRE (DU). Ce mot est féminin.NAGEOTTER, v. n. Nager un peu, nager avec difficulté.Mon chien a les pattes fort courtes, et il ne peut que nageotter.NAGER, v. n. Nous disons proverbialement d'une personne qui est dans l'abondance, d'une personne qui est riche, ou qui est en voie de le devenir:Elle nage en pleine eau.L'Académie dit: «Elle nage en grande eau;» et c'est ainsi que s'exprimeLe Sagedans son roman deGuzman d'Alfarache: «Quand j'ai nagé en grande eau, j'ai toujours eu le malheur de m'y noyer.» [Livre VI, chap.VIII.]NAILLER, v. a. Terme des campagnards. Casser les noix et les trier.Nous irons ce soir nailler les noix chez M. l'adjoint.[P. G.]NAIMBOT, BOTE, subst. Nabot, nabote. Celui ou celle qui est d'une taille ridiculement petite.Un petit naimbot, une pauvre naimbote.Terme vieux français. On dit en Savoie:Nambot.NAINNAIN, s. f. Terme enfantin. Nourrice.NAISER (SE), v. pron. Se moisir. On le dit principalement du linge.Un lingenaiséest celui qui a souffert de l'humidité et qui en a contracté des taches; ces taches s'appellenttaches de naisé. Terme suisse-roman. En Dauphiné, en Franche-Comté, chez nous et sans doute ailleurs,naiser le chanvrec'est: Le faire rouir.NÂNE, s. f. Nourrice.L'enfant pleure; appelez la nâne. Notre Lili ne veut pas quitter sa nâne.NANQUINET, s. m. Dites: Nanquinette, s. f.† NANSE, s. f. Nasse, instrument d'osier ou de fil de fer servant à prendre du poisson.Tendre des nanses; lever lesnanses.Terme suisse-roman, savoisien et vieux français.NANT, s. m. Ravin boisé au fond duquel coule un petit ruisseau.Le nant de Frontenay; le nant de Jargonand; le nant d'Avenchet; le nant de Roulave.Dans le Faucigny (Savoie), unnantest Un torrent; et on le dit particulièrement de certains torrents impétueux qui descendent du Mont-Blanc ou des montagnes voisines; tels sont:le Nant-Noir,le Bon-Nant,le Nant-Bourant. Le dictionnaire de Bescherelle traduit le mot denantpar celui de: Cascade; c'est une grande erreur. Dans le vieux français,nantsignifiait: «Vallée,» s'il faut en croire leDictionnaire du Vieux langage, deLacombe.NANT DE BRAILLE, s. m. Usure; usurier.Faire le nant de Braille. Être nant de braille.Cette expression, purement locale, vient d'unnant, près de Coppet, où se commettaient jadis des vols et des assassinats. [GlossairedeGaudy.]NANZOU, s. m. Mallemolle, espèce de mousseline ou de toile de coton blanche, claire et très-fine, qui est apportée des Indes orientales.NAPPAGE, s. m. Linge de table, c'est-à-dire: Nappes et serviettes.Nappage uni; nappage damassé.Terme suisse-roman, lorrain, etc.NARCISSE (UNE).Une belle narcisse.Ce mot est masculin.NATOURI, s. m. Batelier. Ce terme vieillit.NAVETTE, s. f. Petite brioche sucrée.NAYER, v. a. et SE NAYER, v. pron. Ancienne orthographe et ancienne prononciation des mots «Noyer» et «Se noyer.»NE, part. négat.Tu as payé ce châle plus qu'il vaut.Dites: Plus qu'ilNEvaut.NÈFE ou NEIFE, s. f. Nèfle, fruit du néflier.Une grosse nèfe; une nèfe molle.Terme parisien populaire, etc.NEIGEOTTER, v. n. Diminutif de «Neiger.»Le temps devientfroid et sombre, il neigeotte, c'est-à-dire: Il neige un peu.NEIZÉ, ÉE, adj. VoyezNAIZÉ.NÉNET, s. m. Terme enfantin. Sein. Se dit en Savoie, dans le Limousin et ailleurs.NERTIF, adj. m. Musclé.Un lurron nertif.NETTAYER, v. a.Nettayer des meubles; nettayer un appartement.Ancienne orthographe et ancienne prononciation du mot «Nettoyer.» Dites: Je nettoie; je nettoierai, etc.NETTAYEUR, s. m.Ne viens pas me rendre visite demain, Adeline, j'ai les nettayeurs.Dites: «J'ai les frotteurs.»NEUF (À), locut. adv. L'expression genevoise:S'habiller à neuf, appartient au français populaire. Il faut dire: «S'habillerDEneuf.» [Acad.]NEURET, nom propre d'homme. Nous appelonsfeinte à Neuret, oufeinte à la Neuret, une feinte grossière et qui saute aux yeux, une grosse bourde, une craque, telle qu'en pourrait faire le plus effronté gascon.Tu crois m'en imposer? Va, va, c'est une feinte à Neuret; tu fais la feinte à Neuret.Cette locution proverbiale, très-connue dans la rue du Rhône et dans les rues avoisinantes, tire son origine de feuNeuret, grand chasseur et grand hâbleur.NEZ, s. m. (fig.) Nous disons d'une plaisanterie plate et insignifiante, qu'ellen'a point de nez, c'est-à-dire: point d'esprit, point de piquant.Faire des malices à cette pauvre revendeuse, cela n'a véritablement point de nez.Expression savoisienne et méridionale.NEZ, s. m. Nous disons:À son nez et barbe, pour dire: En sa présence, en face de lui.Elle osa tenir ce langage énergique et franc à son nez et barbe.L'Académie dit: «À son nez etÀ SAbarbe.»NEZ, s. m. Nous disons proverbialement et dérisoirement àune personne qui se flatte d'un succès qu'elle n'a aucune chance d'obtenir:Tâte voir si le nez te branle.NEZ DE BOIS.Trouver nez de bois, signifie: Trouver la porte fermée quand on va chez quelqu'un; trouver visage de bois. Nous disons dans le même sens:Avoir nez de bois.NIÂCE, s. f. Terme enfantin, qui signifie: Caresse, et qui ne s'emploie que dans cette expression:Faire niâce, c'est-à-dire: Caresser.Fais niâce au minon, Antoinette; fais niâce à ce joli chat.NIÂCER, v. a. Caresser, faireniâce.NIAFFE ou GNIAFFE, s. m. Savetier. Terme de dénigrement, connu à Paris, en Normandie et sans doute ailleurs. A Chambéry on dit:Niaffre.NIAFFE ou GNIAFFE, adj. Se dit des personnes et signifie: Flasque, sans énergie, sans courage.Je me sens tout niaffe aujourd'hui.Expression triviale.NIÂNIOU, s. m. et adj. Niais, dadais, nigaud, personnage dont la démarche et le maintien annoncent déjà la bêtise.Va-t'en, niâniou; va-t'en, bobet, qui ne sais pas seulement relever des quilles. Prenez-y garde, Messieurs: avec son air niâniou il n'est pas aussi bête que vous le pensez.Terme suisse et savoisien. Dans le Berry,Nioniot; en Normandie,niot. A Genève on dit quelquefois dans le même sens:Niânion.† NIARGUE, s. f. Terme de dépit, de raillerie ou de mépris.Faire la niargue à quelqu'un, c'est le braver avec dédain, lui faire nargue.NIARGUER, v. a. Faire nargue.Tu me niargues, André, parce que tu es avec ton grand frère, mais tu verras demain.NIAU ou NIÔ, s. m. Nichet, œuf qu'on met dans un nid pour que les poules y aillent pondre. Dans les dialectes populaires de France on dit:Niai,nieu,niotetniaou.NIAUQUE, s. f. VoyezNIÔQUE.† NIERFE ou NIARFE, s. m. Nerf.† NIFLER, v. a. Flairer, sentir.Nifler un ragoût. Nifle voir cette rose.Terme savoisien et méridional, recueilli parCotgrave, qui lui donne le sens de «Renifler.» Dans le patois limousin,niflo, s. f., veut dire: La narine. Au figuré,niflerest synonyme de: Fureter.NIFFLET, s. m. Nigaud, benêt.Oh! le niflet, qui a peur d'une chèvre.NIFLE-TANTÔT, s. m. Dadais, nigaud, niais.NIGODÊME, s. m. Se dit d'un homme simple et borné. Il faut écrire et prononcer: Nicodème.NIGUEDOUILLE ou NIGUEDANDOUILLE, s. m. Idiot, hébêté, sot, niais, dadais, homme simple et innocent.Niguedouillen'est qu'une légère altération de «Niquedouille,» qu'on trouve dans quelques dictionnaires français.NILLE, s. f. Articulation, jointure, phalange.En glissant, il s'écorcha la nille du pied.Terme suisse-roman et savoisien.NILLE, s. f. Terme de boucherie.Nille d'aloyau.NILLON, s. m. Pain de noix.NINA, s. f. Ce terme ne s'emploie que dans cette expression populaire:Avoir sa nina, c'est-à-dire: Être ivre.NINE, s. f. et adj. Naine.Une petite nine; un rose nine.On parlait ainsi en France il y a deux cents ans.† NINOTTE, s. f.Ninotte royale, ninotte de vignes. La chasse aux ninottes.Le changement delennest continuel. Ainsi, dans le langage parisien populaire, on dit:Nentillepour lentille;caneçonpour caleçon;falbanapour falbala; et à Genève nos grand'mamans ne disent-elles pas indifféremment unechaftaneet unechaftal? D'autre part lelest souvent mis pour len. Exemple:Calonnierpourcanonnier.NIOLLE, s. f. Nuage.Les niolles qui s'élèvent lentement et en fuseaux contre les flancs du Jura annoncent la pluie.Terme suisse-roman, savoisien, dauphinois, franc-comtois, etc. En provençal:Nioulo. En français,Niellesignifie: Brouillard, petite pluie froide.NIOLLE, s. f. Nielle, plante à fleur rouge, laquelle croît dans les blés.NIOMET, s. m. Niais, benêt. En Normandie,Nio.NION-NION, s. m. Dadais, hébêté.Faire le nion-nion.NIÔQUE, s. f. Femme ou fille bête, bornée, sans expérience ni savoir. Ce mot s'emploie aussi adjectivement.Votre apprentie est bien niôque de m'avoir estropié mon corset. Oh! la niôque, à qui on fait croire tout ce que l'on veut.Terme suisse. A Lyon et à Chambéry, on dit:Nioche.NIÔQUASSE, s. f. Augmentatif du motniôque.NIÔQUERIE, s. f. Nigauderie, bêtise.NIOSET, ETTE, s. et adj. Sot, niais, nigaud. Ce mot deniosetne serait-il point une corruption du motDioset, qui, en patois, est le nom propreJoseph, lequel nom s'emploie souvent comme synonyme de Homme simple et borné?NIOTTE, s. f. Cache, cachette, réduit.Je trouvai une excellente niotte, et j'y cachai le boursicaut. Ils découvrirent la niotte et enlevèrent le sac.NI PEU NI TROP, loc. adv. Beaucoup, considérablement.Toute l'école vient d'être punie ni peu ni trop. La pluie nous a surpris à une demi-lieue de la ville, et nous avons été rincés ni peu ni trop.NIQUER, v. a. Terme d'écolier. Tout gagner, mettre à sec.Être niqué, être flambé, avoir tout perdu, [P. G.]NIQUET, s. m. Nigaud. En Normandie,niquetsignifie: Simple et un peu niais.NITON. Ne dites pas:Les pierres du Niton, mais: «Les pierresDENiton,» parce que le nom deNitonest une altérationde celui de «Neptune.» Ce sont deux énormes pierres qui se voient à Genève, dans le lac, en face et tout près des Eaux-Vives. [P. G.]NI VU NI CONNU. Expression elliptique et familière, qui revient à celles-ci: C'est fini; n'en parlons plus; qu'il n'en soit plus question.NOCE, s. f. Terme enfantin, qui signifie: Petit morceau, petit carré de pain sur lequel on place un peu detommeou un peu de chocolat, ou quelque petite sucrerie.Faire des noces. Si vous êtes sages, mes enfants, vous aurez des noces après votre goûter.† NOËL, s. f.À la Noël.Faute fréquente en Suisse, en Savoie et en France. Dites: A Noël, aux fêtes de Noël.NŒUD-COURANT, s. m. Nœud coulant, nœud qui se serre ou se desserre sans se dénouer.Le chat fut pris dans le nœud-courant.Terme savoisien et méridional.NOGAT, s. m. Nougat, gâteau d'amandes au miel ou au caramel. Terme méridional. «Nougat» vient du mot languedociennougue, sorte de grosse noix dont on faisait originairement ce gâteau. R.nux.NOGET, s. m. Nigaud, dadais. En Normandie:Nigeon.NOIR, s. m. (fig.)Avoir du noir, signifie: Broyer du noir, se livrer à des réflexions tristes, à des pensées sombres et mélancoliques. Nous disons dans le même sens:Être dans ses noirs. Hier il était dans ses noirs, le voilà loustique aujourd'hui.NOIX, s. f. Nous disons figurément et proverbialement à une personne qui fait un plan baroque, une combinaison saugrenue et inexécutable:Vous avez rangé tout cela comme des noix sur un bâton.NONANTE, adj. numéral. Quatre-vingt-dix.Nous étions à cette assemblée nonante et quelques.L'Académie indique ce mot denonantecomme vieilli, et Boiste l'appelle inusité. Ilest d'un usage universel en Suisse, en Savoie et dans le midi de la France. «Il est fâcheux, ditM. Bescherelle, qu'on ait laissé vieillir le motnonante, et qu'on lui ait substitué un terme aussi barbare et aussi irrégulier que «quatre-vingt-dix.» [Dictionnaire National.]NONNET, s. m. Homme simple et même un peu nigaud.NON-NETTE, s. f. C'est ainsi que nous prononçons le mot «Nonnette,» terme peu répandu en France, mais enregistré dans le dictionnaire de Bescherelle et dans leComplémentde l'Académie. En Valais on dit:Nanette.NÔNÔ, s. m. Terme enfantin. Couchette, berceau.Faire nônô, dormir.Aller nônô, aller dormir.Nônô, Fanfan, etc., est un refrain de chanson sur un air ou une note très-capables d'endormir l'enfant le plus éveillé. Terme vaudois, savoisien et provençal. Dans le Limousin on dit:Faire na-na.NON PAS, loc. adv. Au contraire.Eh bien, André, le concert a été, dit-on, bien mauvais?—Il a été délicieux, non pas.NON-PLUS (LE). Ne s'emploie que dans cette expression:Être au non-plus, c'est-à-dire: Être dans une position fort critique, être dans une perplexité cruelle, être à quia, être aux abois.† NOUËL. Noël.À la Nouël prochaine.Cette expression des campagnards est un reste de l'ancien français, et le savant Ménage préférait ce terme (Nouël) à celui de Noël.NOUER, v. a. (fig.) Joindre. Nous disons figurément et familièrement:Nouer les deux bouts, pour signifier: Avoir de quoi suffire à toutes les dépenses de l'année. Locution méridionale. L'Académie dit: «Joindre les deux bouts.»NOURME, s. f. Vieux conte, litanie, vieille histoire qui n'a pas le sens commun. Dans l'ancien patois genevois,nourmasignifiait: Règle.À voutra nourma, à votre volonté.NOURRISSAGE, s. m. Les dictionnaires français définissent ce mot: «Soin et manière d'élever les bestiaux.» A Genève,nourrissagesignifie: Le temps pendant lequel la mère ou la nourrice allaitent l'enfant.MmeN** s'est mieux portée pendant son nourrissage que jamais auparavant. Nourrissage à la bouteille. Nourrissage au biberon. Le dernier mois du nourrissage se paie double.Expressions utiles, connues à Lyon et sans doute ailleurs.NOUVEAU (UN), Ce mot signifie: 1oUne nouvelle, c'est-à-dire: Le premier avis qu'on donne d'un événement tout récent; 2oUne chose inaccoutumée, une nouveauté.Eh bien! Messieurs, nous apportez-vous quelque nouveau? Je m'ennuie loin de Genève; écrivez-moi tous les nouveaux que vous pourrez. Quel nouveau de vous voir à cette heure-ci chez nous?Terme suisse-roman et savoisien. Dans le patois rouchi:Un nouviau. En français, on dira fort bien: «Y a-t-il du nouveau? Voici du nouveau.» Maisun nouveauest une expression très-incorrecte et inconnue aux dictionnaires.NOUVEAU (À), adv. De nouveau, derechef, une seconde fois.La muraille était à peine finie, qu'il fallut l'abattre et l'établir à nouveau. Cet habit n'est pas acceptable, vous le ferez à nouveau.Selon l'Académie et selon tous les dictionnaires,à nouveauest un terme de banque, un terme de commerce, qui signifie: Sur un nouveau compte. «Créditer à nouveau; débiter à nouveau; porter à nouveau.»NOYAUX (DES), (fig.) De l'argent. Terme connu aussi en Savoie.NOYER (SE), v. pron. Nous disons proverbialement de quelqu'un qui se laisse effrayer par le moindre obstacle, ou par la moindre difficulté:Il se noie dans un verre d'eau. L'Académie dit: «Il se noie dans un crachat.»NUIT, s. f. Les expressions:Se mettre de nuit, ou:Semettre à la nuit, veulent dire: «S'anuiter,» s'exposer à être surpris en route par la nuit. [P. G.]NUIT, s. f.La nuit tous les chats sont gris.Dites avec le dictionnaire de l'Académie: «La nuitTOUS CHATSsont gris.» Et, avant de faire usage d'un proverbe quelconque, ayez soin de le connaître parfaitement.† NUMERO, s. m.J'hasarda cinq francs, et j'attrapa un excellent numero.Écrivez et prononcez «Numéro,» avec un accent sur l'é.

NACRE (DU). Ce mot est féminin.

NAGEOTTER, v. n. Nager un peu, nager avec difficulté.Mon chien a les pattes fort courtes, et il ne peut que nageotter.

NAGER, v. n. Nous disons proverbialement d'une personne qui est dans l'abondance, d'une personne qui est riche, ou qui est en voie de le devenir:Elle nage en pleine eau.L'Académie dit: «Elle nage en grande eau;» et c'est ainsi que s'exprimeLe Sagedans son roman deGuzman d'Alfarache: «Quand j'ai nagé en grande eau, j'ai toujours eu le malheur de m'y noyer.» [Livre VI, chap.VIII.]

NAILLER, v. a. Terme des campagnards. Casser les noix et les trier.Nous irons ce soir nailler les noix chez M. l'adjoint.[P. G.]

NAIMBOT, BOTE, subst. Nabot, nabote. Celui ou celle qui est d'une taille ridiculement petite.Un petit naimbot, une pauvre naimbote.Terme vieux français. On dit en Savoie:Nambot.

NAINNAIN, s. f. Terme enfantin. Nourrice.

NAISER (SE), v. pron. Se moisir. On le dit principalement du linge.Un lingenaiséest celui qui a souffert de l'humidité et qui en a contracté des taches; ces taches s'appellenttaches de naisé. Terme suisse-roman. En Dauphiné, en Franche-Comté, chez nous et sans doute ailleurs,naiser le chanvrec'est: Le faire rouir.

NÂNE, s. f. Nourrice.L'enfant pleure; appelez la nâne. Notre Lili ne veut pas quitter sa nâne.

NANQUINET, s. m. Dites: Nanquinette, s. f.

† NANSE, s. f. Nasse, instrument d'osier ou de fil de fer servant à prendre du poisson.Tendre des nanses; lever lesnanses.Terme suisse-roman, savoisien et vieux français.

NANT, s. m. Ravin boisé au fond duquel coule un petit ruisseau.Le nant de Frontenay; le nant de Jargonand; le nant d'Avenchet; le nant de Roulave.Dans le Faucigny (Savoie), unnantest Un torrent; et on le dit particulièrement de certains torrents impétueux qui descendent du Mont-Blanc ou des montagnes voisines; tels sont:le Nant-Noir,le Bon-Nant,le Nant-Bourant. Le dictionnaire de Bescherelle traduit le mot denantpar celui de: Cascade; c'est une grande erreur. Dans le vieux français,nantsignifiait: «Vallée,» s'il faut en croire leDictionnaire du Vieux langage, deLacombe.

NANT DE BRAILLE, s. m. Usure; usurier.Faire le nant de Braille. Être nant de braille.Cette expression, purement locale, vient d'unnant, près de Coppet, où se commettaient jadis des vols et des assassinats. [GlossairedeGaudy.]

NANZOU, s. m. Mallemolle, espèce de mousseline ou de toile de coton blanche, claire et très-fine, qui est apportée des Indes orientales.

NAPPAGE, s. m. Linge de table, c'est-à-dire: Nappes et serviettes.Nappage uni; nappage damassé.Terme suisse-roman, lorrain, etc.

NARCISSE (UNE).Une belle narcisse.Ce mot est masculin.

NATOURI, s. m. Batelier. Ce terme vieillit.

NAVETTE, s. f. Petite brioche sucrée.

NAYER, v. a. et SE NAYER, v. pron. Ancienne orthographe et ancienne prononciation des mots «Noyer» et «Se noyer.»

NE, part. négat.Tu as payé ce châle plus qu'il vaut.Dites: Plus qu'ilNEvaut.

NÈFE ou NEIFE, s. f. Nèfle, fruit du néflier.Une grosse nèfe; une nèfe molle.Terme parisien populaire, etc.

NEIGEOTTER, v. n. Diminutif de «Neiger.»Le temps devientfroid et sombre, il neigeotte, c'est-à-dire: Il neige un peu.

NEIZÉ, ÉE, adj. VoyezNAIZÉ.

NÉNET, s. m. Terme enfantin. Sein. Se dit en Savoie, dans le Limousin et ailleurs.

NERTIF, adj. m. Musclé.Un lurron nertif.

NETTAYER, v. a.Nettayer des meubles; nettayer un appartement.Ancienne orthographe et ancienne prononciation du mot «Nettoyer.» Dites: Je nettoie; je nettoierai, etc.

NETTAYEUR, s. m.Ne viens pas me rendre visite demain, Adeline, j'ai les nettayeurs.Dites: «J'ai les frotteurs.»

NEUF (À), locut. adv. L'expression genevoise:S'habiller à neuf, appartient au français populaire. Il faut dire: «S'habillerDEneuf.» [Acad.]

NEURET, nom propre d'homme. Nous appelonsfeinte à Neuret, oufeinte à la Neuret, une feinte grossière et qui saute aux yeux, une grosse bourde, une craque, telle qu'en pourrait faire le plus effronté gascon.Tu crois m'en imposer? Va, va, c'est une feinte à Neuret; tu fais la feinte à Neuret.Cette locution proverbiale, très-connue dans la rue du Rhône et dans les rues avoisinantes, tire son origine de feuNeuret, grand chasseur et grand hâbleur.

NEZ, s. m. (fig.) Nous disons d'une plaisanterie plate et insignifiante, qu'ellen'a point de nez, c'est-à-dire: point d'esprit, point de piquant.Faire des malices à cette pauvre revendeuse, cela n'a véritablement point de nez.Expression savoisienne et méridionale.

NEZ, s. m. Nous disons:À son nez et barbe, pour dire: En sa présence, en face de lui.Elle osa tenir ce langage énergique et franc à son nez et barbe.L'Académie dit: «À son nez etÀ SAbarbe.»

NEZ, s. m. Nous disons proverbialement et dérisoirement àune personne qui se flatte d'un succès qu'elle n'a aucune chance d'obtenir:Tâte voir si le nez te branle.

NEZ DE BOIS.Trouver nez de bois, signifie: Trouver la porte fermée quand on va chez quelqu'un; trouver visage de bois. Nous disons dans le même sens:Avoir nez de bois.

NIÂCE, s. f. Terme enfantin, qui signifie: Caresse, et qui ne s'emploie que dans cette expression:Faire niâce, c'est-à-dire: Caresser.Fais niâce au minon, Antoinette; fais niâce à ce joli chat.

NIÂCER, v. a. Caresser, faireniâce.

NIAFFE ou GNIAFFE, s. m. Savetier. Terme de dénigrement, connu à Paris, en Normandie et sans doute ailleurs. A Chambéry on dit:Niaffre.

NIAFFE ou GNIAFFE, adj. Se dit des personnes et signifie: Flasque, sans énergie, sans courage.Je me sens tout niaffe aujourd'hui.Expression triviale.

NIÂNIOU, s. m. et adj. Niais, dadais, nigaud, personnage dont la démarche et le maintien annoncent déjà la bêtise.Va-t'en, niâniou; va-t'en, bobet, qui ne sais pas seulement relever des quilles. Prenez-y garde, Messieurs: avec son air niâniou il n'est pas aussi bête que vous le pensez.Terme suisse et savoisien. Dans le Berry,Nioniot; en Normandie,niot. A Genève on dit quelquefois dans le même sens:Niânion.

† NIARGUE, s. f. Terme de dépit, de raillerie ou de mépris.Faire la niargue à quelqu'un, c'est le braver avec dédain, lui faire nargue.

NIARGUER, v. a. Faire nargue.Tu me niargues, André, parce que tu es avec ton grand frère, mais tu verras demain.

NIAU ou NIÔ, s. m. Nichet, œuf qu'on met dans un nid pour que les poules y aillent pondre. Dans les dialectes populaires de France on dit:Niai,nieu,niotetniaou.

NIAUQUE, s. f. VoyezNIÔQUE.

† NIERFE ou NIARFE, s. m. Nerf.

† NIFLER, v. a. Flairer, sentir.Nifler un ragoût. Nifle voir cette rose.Terme savoisien et méridional, recueilli parCotgrave, qui lui donne le sens de «Renifler.» Dans le patois limousin,niflo, s. f., veut dire: La narine. Au figuré,niflerest synonyme de: Fureter.

NIFFLET, s. m. Nigaud, benêt.Oh! le niflet, qui a peur d'une chèvre.

NIFLE-TANTÔT, s. m. Dadais, nigaud, niais.

NIGODÊME, s. m. Se dit d'un homme simple et borné. Il faut écrire et prononcer: Nicodème.

NIGUEDOUILLE ou NIGUEDANDOUILLE, s. m. Idiot, hébêté, sot, niais, dadais, homme simple et innocent.Niguedouillen'est qu'une légère altération de «Niquedouille,» qu'on trouve dans quelques dictionnaires français.

NILLE, s. f. Articulation, jointure, phalange.En glissant, il s'écorcha la nille du pied.Terme suisse-roman et savoisien.

NILLE, s. f. Terme de boucherie.Nille d'aloyau.

NILLON, s. m. Pain de noix.

NINA, s. f. Ce terme ne s'emploie que dans cette expression populaire:Avoir sa nina, c'est-à-dire: Être ivre.

NINE, s. f. et adj. Naine.Une petite nine; un rose nine.On parlait ainsi en France il y a deux cents ans.

† NINOTTE, s. f.Ninotte royale, ninotte de vignes. La chasse aux ninottes.Le changement delennest continuel. Ainsi, dans le langage parisien populaire, on dit:Nentillepour lentille;caneçonpour caleçon;falbanapour falbala; et à Genève nos grand'mamans ne disent-elles pas indifféremment unechaftaneet unechaftal? D'autre part lelest souvent mis pour len. Exemple:Calonnierpourcanonnier.

NIOLLE, s. f. Nuage.Les niolles qui s'élèvent lentement et en fuseaux contre les flancs du Jura annoncent la pluie.Terme suisse-roman, savoisien, dauphinois, franc-comtois, etc. En provençal:Nioulo. En français,Niellesignifie: Brouillard, petite pluie froide.

NIOLLE, s. f. Nielle, plante à fleur rouge, laquelle croît dans les blés.

NIOMET, s. m. Niais, benêt. En Normandie,Nio.

NION-NION, s. m. Dadais, hébêté.Faire le nion-nion.

NIÔQUE, s. f. Femme ou fille bête, bornée, sans expérience ni savoir. Ce mot s'emploie aussi adjectivement.Votre apprentie est bien niôque de m'avoir estropié mon corset. Oh! la niôque, à qui on fait croire tout ce que l'on veut.Terme suisse. A Lyon et à Chambéry, on dit:Nioche.

NIÔQUASSE, s. f. Augmentatif du motniôque.

NIÔQUERIE, s. f. Nigauderie, bêtise.

NIOSET, ETTE, s. et adj. Sot, niais, nigaud. Ce mot deniosetne serait-il point une corruption du motDioset, qui, en patois, est le nom propreJoseph, lequel nom s'emploie souvent comme synonyme de Homme simple et borné?

NIOTTE, s. f. Cache, cachette, réduit.Je trouvai une excellente niotte, et j'y cachai le boursicaut. Ils découvrirent la niotte et enlevèrent le sac.

NI PEU NI TROP, loc. adv. Beaucoup, considérablement.Toute l'école vient d'être punie ni peu ni trop. La pluie nous a surpris à une demi-lieue de la ville, et nous avons été rincés ni peu ni trop.

NIQUER, v. a. Terme d'écolier. Tout gagner, mettre à sec.Être niqué, être flambé, avoir tout perdu, [P. G.]

NIQUET, s. m. Nigaud. En Normandie,niquetsignifie: Simple et un peu niais.

NITON. Ne dites pas:Les pierres du Niton, mais: «Les pierresDENiton,» parce que le nom deNitonest une altérationde celui de «Neptune.» Ce sont deux énormes pierres qui se voient à Genève, dans le lac, en face et tout près des Eaux-Vives. [P. G.]

NI VU NI CONNU. Expression elliptique et familière, qui revient à celles-ci: C'est fini; n'en parlons plus; qu'il n'en soit plus question.

NOCE, s. f. Terme enfantin, qui signifie: Petit morceau, petit carré de pain sur lequel on place un peu detommeou un peu de chocolat, ou quelque petite sucrerie.Faire des noces. Si vous êtes sages, mes enfants, vous aurez des noces après votre goûter.

† NOËL, s. f.À la Noël.Faute fréquente en Suisse, en Savoie et en France. Dites: A Noël, aux fêtes de Noël.

NŒUD-COURANT, s. m. Nœud coulant, nœud qui se serre ou se desserre sans se dénouer.Le chat fut pris dans le nœud-courant.Terme savoisien et méridional.

NOGAT, s. m. Nougat, gâteau d'amandes au miel ou au caramel. Terme méridional. «Nougat» vient du mot languedociennougue, sorte de grosse noix dont on faisait originairement ce gâteau. R.nux.

NOGET, s. m. Nigaud, dadais. En Normandie:Nigeon.

NOIR, s. m. (fig.)Avoir du noir, signifie: Broyer du noir, se livrer à des réflexions tristes, à des pensées sombres et mélancoliques. Nous disons dans le même sens:Être dans ses noirs. Hier il était dans ses noirs, le voilà loustique aujourd'hui.

NOIX, s. f. Nous disons figurément et proverbialement à une personne qui fait un plan baroque, une combinaison saugrenue et inexécutable:Vous avez rangé tout cela comme des noix sur un bâton.

NONANTE, adj. numéral. Quatre-vingt-dix.Nous étions à cette assemblée nonante et quelques.L'Académie indique ce mot denonantecomme vieilli, et Boiste l'appelle inusité. Ilest d'un usage universel en Suisse, en Savoie et dans le midi de la France. «Il est fâcheux, ditM. Bescherelle, qu'on ait laissé vieillir le motnonante, et qu'on lui ait substitué un terme aussi barbare et aussi irrégulier que «quatre-vingt-dix.» [Dictionnaire National.]

NONNET, s. m. Homme simple et même un peu nigaud.

NON-NETTE, s. f. C'est ainsi que nous prononçons le mot «Nonnette,» terme peu répandu en France, mais enregistré dans le dictionnaire de Bescherelle et dans leComplémentde l'Académie. En Valais on dit:Nanette.

NÔNÔ, s. m. Terme enfantin. Couchette, berceau.Faire nônô, dormir.Aller nônô, aller dormir.Nônô, Fanfan, etc., est un refrain de chanson sur un air ou une note très-capables d'endormir l'enfant le plus éveillé. Terme vaudois, savoisien et provençal. Dans le Limousin on dit:Faire na-na.

NON PAS, loc. adv. Au contraire.Eh bien, André, le concert a été, dit-on, bien mauvais?—Il a été délicieux, non pas.

NON-PLUS (LE). Ne s'emploie que dans cette expression:Être au non-plus, c'est-à-dire: Être dans une position fort critique, être dans une perplexité cruelle, être à quia, être aux abois.

† NOUËL. Noël.À la Nouël prochaine.Cette expression des campagnards est un reste de l'ancien français, et le savant Ménage préférait ce terme (Nouël) à celui de Noël.

NOUER, v. a. (fig.) Joindre. Nous disons figurément et familièrement:Nouer les deux bouts, pour signifier: Avoir de quoi suffire à toutes les dépenses de l'année. Locution méridionale. L'Académie dit: «Joindre les deux bouts.»

NOURME, s. f. Vieux conte, litanie, vieille histoire qui n'a pas le sens commun. Dans l'ancien patois genevois,nourmasignifiait: Règle.À voutra nourma, à votre volonté.

NOURRISSAGE, s. m. Les dictionnaires français définissent ce mot: «Soin et manière d'élever les bestiaux.» A Genève,nourrissagesignifie: Le temps pendant lequel la mère ou la nourrice allaitent l'enfant.MmeN** s'est mieux portée pendant son nourrissage que jamais auparavant. Nourrissage à la bouteille. Nourrissage au biberon. Le dernier mois du nourrissage se paie double.Expressions utiles, connues à Lyon et sans doute ailleurs.

NOUVEAU (UN), Ce mot signifie: 1oUne nouvelle, c'est-à-dire: Le premier avis qu'on donne d'un événement tout récent; 2oUne chose inaccoutumée, une nouveauté.Eh bien! Messieurs, nous apportez-vous quelque nouveau? Je m'ennuie loin de Genève; écrivez-moi tous les nouveaux que vous pourrez. Quel nouveau de vous voir à cette heure-ci chez nous?Terme suisse-roman et savoisien. Dans le patois rouchi:Un nouviau. En français, on dira fort bien: «Y a-t-il du nouveau? Voici du nouveau.» Maisun nouveauest une expression très-incorrecte et inconnue aux dictionnaires.

NOUVEAU (À), adv. De nouveau, derechef, une seconde fois.La muraille était à peine finie, qu'il fallut l'abattre et l'établir à nouveau. Cet habit n'est pas acceptable, vous le ferez à nouveau.Selon l'Académie et selon tous les dictionnaires,à nouveauest un terme de banque, un terme de commerce, qui signifie: Sur un nouveau compte. «Créditer à nouveau; débiter à nouveau; porter à nouveau.»

NOYAUX (DES), (fig.) De l'argent. Terme connu aussi en Savoie.

NOYER (SE), v. pron. Nous disons proverbialement de quelqu'un qui se laisse effrayer par le moindre obstacle, ou par la moindre difficulté:Il se noie dans un verre d'eau. L'Académie dit: «Il se noie dans un crachat.»

NUIT, s. f. Les expressions:Se mettre de nuit, ou:Semettre à la nuit, veulent dire: «S'anuiter,» s'exposer à être surpris en route par la nuit. [P. G.]

NUIT, s. f.La nuit tous les chats sont gris.Dites avec le dictionnaire de l'Académie: «La nuitTOUS CHATSsont gris.» Et, avant de faire usage d'un proverbe quelconque, ayez soin de le connaître parfaitement.

† NUMERO, s. m.J'hasarda cinq francs, et j'attrapa un excellent numero.Écrivez et prononcez «Numéro,» avec un accent sur l'é.

OBÉISSANCES, s. f. pl. La formule suivante de salutation:Je vous présente mes obéissances, n'est pas française. Il faut dire au singulier: Je vous présente mon obéissance.† OBELONS, s. m. pl. Houblons.Cueillir des obelons. Manger des obelons en salade.Terme savoisien et vieux français.OBLIGEANCE, s. f. Ce mot signifie: Penchant à obliger, disposition à obliger. Ainsi nous parlons incorrectement quand nous disons:Ayez l'obligeance de me prêter un parapluie. Auriez-vous l'extrême obligeance de m'accompagner ce soir? MrN** a eu l'obligeance de me promettre des billets de concert.Mais on sera exact en disant: «Votre ami Gustave est un homme d'une grande obligeance; il met dans ses procédés, et dans toute sa manière de faire, une excessive obligeance; on ne saurait porter plus loin l'obligeance et le dévouement.» Remarque un peu délicate et subtile.OBSERVATION, s. f. Nous disons:Je vous ferai une observation, c'est que..... Permettez-moi une observation.J'ai voulu faire quelques observations à notre jeune avocat, mais il les a mal prises.Il faut dire: Je vous ferai faire une observation, une réflexion, c'est que..... Permettez que je vous fasse remarquer, etc. On ne dit pas non plus:Je vous observerai que..... Il faut dire: Je vous ferai observer que.....OCCASION, s. f. Nous disons:Auriez-vous occasion d'excellente toile? Si vous aviez occasion de café, je sais un bon coup à faire. Quand vous aurez occasion de maculature, adressez-vous à moi, ou à mon ami Z. Z**.Cette expression, qui n'a point d'équivalent exact en français, est un anglicisme.Occasion, en anglais, signifie: «Besoin.» Mais on dira fort bien: Marchandise d'occasion; livres d'occasion; acheter un piano d'occasion.OCHON, s. m. Hoche, entaillure, coup.Se donner un ochon; se faire un ochon; recevoir un ochon.OCHONNER, v. a. Faire des hoches, entailler. S'OCHONNER, v. pron. Se meurtrir.En gravissant la moraine du bois de La Bâtie, notre gamin s'est tout ochonné.ŒILLETON, s. m. Mignonnette, mignardise, petit œillet dont on garnit les plates-bandes.Dédoubler des œilletons.«Œilleton,» en français, signifie: Rejeton d'œillet, marcotte d'œillet.ŒUF DE FOURMI, s. m. Dites: Ver de fourmi, nymphe de fourmi. Les œufs de ces insectes sont beaucoup plus petits et presque imperceptibles; ce sont les vers qui en sortent et qui passent ensuite à l'état de nymphes, que nous donnons aux rossignols et à quelques autres oiseaux. [GlossairedeGaudy.]ŒULE, s. f. Ou plutôtœulăetoûlă, sont des termes patois qui signifient: «Marmite.» Dans le patois du canton de Vaud on dit:Aulăeteulă; dans le patois de l'Isère,olla; en provençal,oulo; en latin,olla.ŒUVES ou UVES, s. f. pl. Laite, laitance.Les œuves d'une carpe, les œuves d'une lotte, etc.Dans beaucoup de poissons les œuves sont une nourriture très-estimée.Ce mot a été recueilli parCotgrave, dans sonDictionnaire français-anglais. Terme vaudois et savoisien. Nous disons aussi:Lait. Voyez ce mot, tome II, p. 11.OFFRE (UN).Un offre gracieux; un offre avantageux.Ce mot était autrefois des deux genres; il est actuellement féminin. Il faut dire: Une offre gracieuse, une offre généreuse, etc.OFFRIR À..., suivi de l'infinitif. Offrir de. On lit journellement dans nos Petites Affiches:On offre à vendre une bibliothèque; on offre à vendre un canapé et six chaises, etc. Dites: «On offre de vendre;» ou, ce qui revient au même: «On offre à acheter.»OGNE, s. f. Terme d'écolier. Coup porté par unmâpissur les articulations des doigts.Être condamné aux ognes; recevoir les ognes.OGNON, s. m. Tape, coup, contusion.Recevoir un ognon; se donner un ognon; se faire un ognon.OGNON, s. m. Nous disons d'une personne excessivement propre:Elle est propre comme un ognon.OH ALORS! Exclamation de surprise.Sais-tu l'aventure de la ménagerie?—Non.—Eh bien! Écoute. Quand les spectateurs y pensaient le moins, le singe, dans un accès de gaîté, s'est jeté sur une belle dame, lui a enlevé son chapeau de velours et s'en est coiffé.—Oh alors! voilà qui est plaisant.OH! VOILÀ, locution adverbiale qui marque le doute.Combien de temps seras-tu absente, Suzon?—Oh! voilà, un mois ou deux. Aimes-tu ton état de tailleuse, Lisette?—Oh! voilà, on gagne peu, mais l'ouvrage ne manque jamais. Es-tu fatigué de ta course de montagne, Émile?—Oh!voilà, je serai bien aise de me reposer.Cette expression est d'un emploi universel chez nous.OISEAU, s. m. Fête ou réjouissance, appelée aussi «Papegai.» L'Académie et tous les dictionnaires disent: «Tirer l'oiseau.» On dit à Genève:Tirer à l'oiseau.† OLIFE, s. f. Olive.Du bon huile d'olife.Dans le patois rouchi on dit:Olifeetoulife; en vieux français,olif. [VoyezRoquefort,Supplément au Glossaire roman.]OLIVE, s. f. Primevère des prés, primevère à fleur jaune.Une plante d'olives; un bouquet d'olives.OMBRÉE, ÉE, adj.Une promenade ombréeest: Une promenade où l'on est à l'ombre; une promenade où les arbres procurent de l'ombre.Parc ombré; prairie ombrée; sentier ombré.Ce sens du mot «ombré» aurait bien droit, peut-être, de figurer dans les dictionnaires. «Ombragé» n'est pas synonyme d'ombré. «Ombreux» s'en approcherait davantage.OMBRE-CHEVALIER, s. m. Sorte de poisson particulière à notre lac.OMBRETTE, s. f. Ombrelle, petit parasol. Terme français populaire et vieux français.† OMNIBUS, s. f.La grande omnibus.Ce mot est masculin.OMNIBUS, s. m. Petite dose d'eau-de-vie et de sirop mêlés ensemble dans un verre qu'on remplit d'eau chaude, et qu'on sert chez les débitants de boissons. [P. G.]OMNIBUSSIER, s. m. Conducteur d'omnibus.ON, pron. pers. indéfini. Ce pronom tient la place de «nous» ou de «je» dans le langage des gamins.Jacques! Jacques! On va au bois des Frères: en es-tu? On dérochera des nids et l'on avantera des gaules. On a un jardin, nous, avec des poules et un lard. On est sage, nous: on va ramasser du bois pour la grand'mère.† ONCORE, adv. Encore.Pas oncore.ONDE, s. f. Se dit de l'eau qui bout.Cuire à grandes ondes, signifie: «Cuire à gros bouillons.»Il faudra deux ondes à cette tisane. Il suffit d'une onde à ces petites herbes.Terme méridional, etc.ONGLE (UNE).Tu as les ongles bien longues, Alexis.Ce mot est masculin.ONGLÉES, s. f. pl. Engourdissement douloureux au bout des doigts, causé par un grand froid.Avoir les onglées.Dites: «Avoir l'onglée.»† OPÉNIÂTRE, adj. et s. Opiniâtre. S'OPÉNIÂTRER, v. pron. S'opiniâtrer.OPIÂTRE, s. m. Opiat, confection.ORA, s. f. Air, vent qui souffle. Terme patois, connu en Savoie et en Dauphiné. Dans le canton de Vaud on dit:Aurra,euraetoura. En latin,aura.† ORAGAN, s. m. Ouragan.Les affreux ravages d'un oragan.Terme savoisien et lyonnais.ORANGE, s. f.Eau de fleur d'orange.Voyez l'expression:FLEUR DE PÊCHE, t. Ier, p. 211.ORBET, s. m. Bouton à la paupière, orgelet.ORDON, s. m. Terme des campagnards. Portion de tâche.Un petit ordon; un grand ordon.Mener l'ordon, signifie: Être à la tête des faucheurs; être à la tête des vendangeurs. Cette expression, qui appartient au vieux français, est fort connue en Savoie, dans le Dauphiné, dans le Berry, à Reims et ailleurs.ORGANE, s. fém.Une belle organe.Ce mot est masculin. Un bel organe; un organe flatteur; un organe musical.ORGE D'ULM, s. m. Orge mondé; orge perlé.ORIGINE (À L'), loc. adv. Dans l'origine, originairement. «À l'originece vaste pays (le Brésil) fut peu estimé des Portugais.» [Brédow,Histoire universelle, t. II, p. 116.]ORIOL, s. m. Loriot, oiseau. En Languedoc:Loriol; à Chambéry,louriot.ORTEUIL, s. m.Le gros orteuil.Écrivez et prononcez «Orteil.» Le gros orteil; le petit orteil.† ORTHOGRAPHE, s. m.Un mauvais orthographe. J'ai fait huit mois de Septième, et je n'ai jamais pu attraper un bon orthographe.Ce mot est féminin.ORTHOGRAPHER, v. a. Orthographier.ORTHOPÉDISTE, s. m. Ne signifie pas:Redresseur de pieds. Il signifie, d'après l'étymologie grecque: Médecin qui corrige ou qui prévient dans les enfants les difformités du corps. «Orthopédiste» est formé des motsorthos, droit, etpaïss, païdoss, enfant.ORVAT, s. m. Plante fort commune, appelée en français: Orvale. Ce que nous nommonsorvat des prés, s'appelle: Sauge des prés.OS, s. m.Se donner un coup là où les Allemands n'ont point d'os, signifie: Se donner un coup à ce nerf du coude que les médecins appellent «Nerf cubital.»OSSAILLES, s. f. pl. Os de porc.On se régala d'une platelée d'ossailles.Terme savoisien.OSTRUCTION, s. f. Terme de médecine. Obstruction.Avoir des ostructions au foie.Cette faute nous vient probablement du Midi, où l'on retranche lebdans une quantité de mots, et où l'on dit: par exemple:Oscurité,ostacle,ostination,ostiné.OT. Dans tous les mots qui se terminent parot, commepot,marmot,cachot,sabot,haricot,fagot,huguenot, nous prononçons l'otrès-bref, et c'est aussi la prononciation des Méridionaux. Les Parisiens, au contraire, le prononcent long,Pōt,marmōt,cachōt,sabōt,haricōt,tripōt,huguenōt, etc., et c'est la prononciation reçue dans les dictionnaires.ÔTU-BÔTU, adv. VoyezAUTU-BÔTU, t. Ier, p. 29. Ce motest aussi substantif.Faisons de toutes ces marchandises un ôtu-bôtu.Terme vaudois et jurassien.OUÂBLIĂ, s. f. Terme patois. Clématite commune, nommée aussi «Herbe aux gueux» et «Viorne des pauvres.» Certains mendiants roués écrasent les feuilles de cette plante pour se faire des excoriations qui ont l'apparence d'ulcères, afin d'exciter la pitié des personnes auxquelles ils demandent l'aumône, et qui ne sont pas au fait de cette manœuvre. [P. G.]OUA-OUA, s. f. Terme enfantin. Chien.Regarde le joli oua-oua; caresse un peu ce oua-oua.OUBLI, s. m. Pain à cacheter.Oubli noir, oubli vert. Boîte d'oublis.Terme suisse-roman et savoisien.OUBLIEUR, adj. m. Oublieux.† OÙ CE QU'IL EST? Où est-il?Où ce qu'il demeure?Où demeure-t-il?Où ce qu'il va? D'où ce que tu viens?Français populaire.OUÏE (L'). Ne dites pas:Avoir l'ouïe fin, avoir l'ouïe délicat, etc. Ce mot est féminin. Ouïe fine, ouïe délicate.OUÏE, s. f. Nous disons et nous écrivons:À l'ouïe de ces paroles; à l'ouïe de cette déclaration des juges; à l'ouïe d'un semblable aveu, etc. Cette expression, qui manque à la langue française, est à la fois claire et concise, et il y a plus d'un siècle qu'elle est entrée dans le domaine du style réfugié. «A l'ouïed'un nom aussi respectable que celui de la vertu, il me semble,» etc. [Lenfant,Premier Sermon.] «A l'ouïede ces mêmes sons,» etc. [Ch. Bonnet,Contemplation de la nature, XIImepartie, ch. 28.] «A l'ouïede ce qui venait de se passer à Lausanne,» etc. [Mr***,Le 14 Février, p. 40, 41.]OURIOU et mieux HOURIOU, s. m. Petit enfant. Expression de la conversation la plus familière.Et les ourious, voisin,comment sont-ils?En Bourgogne,hairai, et en vieux françaishoirethoiret, ont le même sens.OURIOU, s. m. Loriot, oiseau. On dit aussi:Oriol.OURLE, s. f. Terme de couturière. Ourlet, repli que l'on fait au bord d'une étoffe.Ourle ronde; ourle plate.En vieux français:Orle.OURLES, s. f. pl. Oreillons, inflammation des glandes voisines de l'oreille.Prendre les ourles; avoir les ourles.Terme suisse-roman, savoisien et dauphinois.OURTIE, s. f. Ortie.OURTILLIÈRE, adj. Nous appelonsfièvre ourtillièrece que les gens de l'art appellent en France: Fièvre ortiée, fièvre urticaire.OU SINON, conjonct. Sinon.Obéis à l'instant, ou sinon... gare!Français populaire.OUSTE.Le mois d'ouste; à la fin d'ouste, etc. Orthographe et prononciation vicieuses du mot «août,» lequel se prononceouttselon le dictionnaire de l'Académie, etoûselon d'excellents grammairiens. Dans le vieux français, on disait:Awouste. R.augustus.OUTA, s. f. Terme des campagnards. Cuisine. Dans le canton de Vaud on dit:Outo, ottoetotau. Dans le Valais,outto, s. f., signifie: Auberge, cabaret. En vieux français,ostetostau, logis, maison, hôtel. R.hospitium.† OUVRAGE (UNE).Ton ouvrage est-elle finie, Joséphine? Tu as fait là vraiment une belle ouvrage!Ce solécisme, qui est une tradition du vieux français, se fait à Paris et sans doute ailleurs.OVAILLE ou OVALE, s. f. Accident arrivé par une force majeure; désastre qu'on ne pouvait prévoir. Ce terme n'est employé que dans l'expression suivante:Cas d'ovaille. «Les dégâts causés à un fermier par une grêle, par une gelée, par un ouragan, par une inondation, par une invasion ennemie,sont autant decas d'ovailles.» Terme vaudois. Le tremblement de terre qui détruisit, en 1584, le village d'Yvorne, (canton de Vaud), s'appelle:La grande ovaille.A Neuchâtel et en Franche-Comté on dit:Orvale.

OBÉISSANCES, s. f. pl. La formule suivante de salutation:Je vous présente mes obéissances, n'est pas française. Il faut dire au singulier: Je vous présente mon obéissance.

† OBELONS, s. m. pl. Houblons.Cueillir des obelons. Manger des obelons en salade.Terme savoisien et vieux français.

OBLIGEANCE, s. f. Ce mot signifie: Penchant à obliger, disposition à obliger. Ainsi nous parlons incorrectement quand nous disons:Ayez l'obligeance de me prêter un parapluie. Auriez-vous l'extrême obligeance de m'accompagner ce soir? MrN** a eu l'obligeance de me promettre des billets de concert.Mais on sera exact en disant: «Votre ami Gustave est un homme d'une grande obligeance; il met dans ses procédés, et dans toute sa manière de faire, une excessive obligeance; on ne saurait porter plus loin l'obligeance et le dévouement.» Remarque un peu délicate et subtile.

OBSERVATION, s. f. Nous disons:Je vous ferai une observation, c'est que..... Permettez-moi une observation.J'ai voulu faire quelques observations à notre jeune avocat, mais il les a mal prises.Il faut dire: Je vous ferai faire une observation, une réflexion, c'est que..... Permettez que je vous fasse remarquer, etc. On ne dit pas non plus:Je vous observerai que..... Il faut dire: Je vous ferai observer que.....

OCCASION, s. f. Nous disons:Auriez-vous occasion d'excellente toile? Si vous aviez occasion de café, je sais un bon coup à faire. Quand vous aurez occasion de maculature, adressez-vous à moi, ou à mon ami Z. Z**.Cette expression, qui n'a point d'équivalent exact en français, est un anglicisme.Occasion, en anglais, signifie: «Besoin.» Mais on dira fort bien: Marchandise d'occasion; livres d'occasion; acheter un piano d'occasion.

OCHON, s. m. Hoche, entaillure, coup.Se donner un ochon; se faire un ochon; recevoir un ochon.

OCHONNER, v. a. Faire des hoches, entailler. S'OCHONNER, v. pron. Se meurtrir.En gravissant la moraine du bois de La Bâtie, notre gamin s'est tout ochonné.

ŒILLETON, s. m. Mignonnette, mignardise, petit œillet dont on garnit les plates-bandes.Dédoubler des œilletons.«Œilleton,» en français, signifie: Rejeton d'œillet, marcotte d'œillet.

ŒUF DE FOURMI, s. m. Dites: Ver de fourmi, nymphe de fourmi. Les œufs de ces insectes sont beaucoup plus petits et presque imperceptibles; ce sont les vers qui en sortent et qui passent ensuite à l'état de nymphes, que nous donnons aux rossignols et à quelques autres oiseaux. [GlossairedeGaudy.]

ŒULE, s. f. Ou plutôtœulăetoûlă, sont des termes patois qui signifient: «Marmite.» Dans le patois du canton de Vaud on dit:Aulăeteulă; dans le patois de l'Isère,olla; en provençal,oulo; en latin,olla.

ŒUVES ou UVES, s. f. pl. Laite, laitance.Les œuves d'une carpe, les œuves d'une lotte, etc.Dans beaucoup de poissons les œuves sont une nourriture très-estimée.Ce mot a été recueilli parCotgrave, dans sonDictionnaire français-anglais. Terme vaudois et savoisien. Nous disons aussi:Lait. Voyez ce mot, tome II, p. 11.

OFFRE (UN).Un offre gracieux; un offre avantageux.Ce mot était autrefois des deux genres; il est actuellement féminin. Il faut dire: Une offre gracieuse, une offre généreuse, etc.

OFFRIR À..., suivi de l'infinitif. Offrir de. On lit journellement dans nos Petites Affiches:On offre à vendre une bibliothèque; on offre à vendre un canapé et six chaises, etc. Dites: «On offre de vendre;» ou, ce qui revient au même: «On offre à acheter.»

OGNE, s. f. Terme d'écolier. Coup porté par unmâpissur les articulations des doigts.Être condamné aux ognes; recevoir les ognes.

OGNON, s. m. Tape, coup, contusion.Recevoir un ognon; se donner un ognon; se faire un ognon.

OGNON, s. m. Nous disons d'une personne excessivement propre:Elle est propre comme un ognon.

OH ALORS! Exclamation de surprise.Sais-tu l'aventure de la ménagerie?—Non.—Eh bien! Écoute. Quand les spectateurs y pensaient le moins, le singe, dans un accès de gaîté, s'est jeté sur une belle dame, lui a enlevé son chapeau de velours et s'en est coiffé.—Oh alors! voilà qui est plaisant.

OH! VOILÀ, locution adverbiale qui marque le doute.Combien de temps seras-tu absente, Suzon?—Oh! voilà, un mois ou deux. Aimes-tu ton état de tailleuse, Lisette?—Oh! voilà, on gagne peu, mais l'ouvrage ne manque jamais. Es-tu fatigué de ta course de montagne, Émile?—Oh!voilà, je serai bien aise de me reposer.Cette expression est d'un emploi universel chez nous.

OISEAU, s. m. Fête ou réjouissance, appelée aussi «Papegai.» L'Académie et tous les dictionnaires disent: «Tirer l'oiseau.» On dit à Genève:Tirer à l'oiseau.

† OLIFE, s. f. Olive.Du bon huile d'olife.Dans le patois rouchi on dit:Olifeetoulife; en vieux français,olif. [VoyezRoquefort,Supplément au Glossaire roman.]

OLIVE, s. f. Primevère des prés, primevère à fleur jaune.Une plante d'olives; un bouquet d'olives.

OMBRÉE, ÉE, adj.Une promenade ombréeest: Une promenade où l'on est à l'ombre; une promenade où les arbres procurent de l'ombre.Parc ombré; prairie ombrée; sentier ombré.Ce sens du mot «ombré» aurait bien droit, peut-être, de figurer dans les dictionnaires. «Ombragé» n'est pas synonyme d'ombré. «Ombreux» s'en approcherait davantage.

OMBRE-CHEVALIER, s. m. Sorte de poisson particulière à notre lac.

OMBRETTE, s. f. Ombrelle, petit parasol. Terme français populaire et vieux français.

† OMNIBUS, s. f.La grande omnibus.Ce mot est masculin.

OMNIBUS, s. m. Petite dose d'eau-de-vie et de sirop mêlés ensemble dans un verre qu'on remplit d'eau chaude, et qu'on sert chez les débitants de boissons. [P. G.]

OMNIBUSSIER, s. m. Conducteur d'omnibus.

ON, pron. pers. indéfini. Ce pronom tient la place de «nous» ou de «je» dans le langage des gamins.Jacques! Jacques! On va au bois des Frères: en es-tu? On dérochera des nids et l'on avantera des gaules. On a un jardin, nous, avec des poules et un lard. On est sage, nous: on va ramasser du bois pour la grand'mère.

† ONCORE, adv. Encore.Pas oncore.

ONDE, s. f. Se dit de l'eau qui bout.Cuire à grandes ondes, signifie: «Cuire à gros bouillons.»Il faudra deux ondes à cette tisane. Il suffit d'une onde à ces petites herbes.Terme méridional, etc.

ONGLE (UNE).Tu as les ongles bien longues, Alexis.Ce mot est masculin.

ONGLÉES, s. f. pl. Engourdissement douloureux au bout des doigts, causé par un grand froid.Avoir les onglées.Dites: «Avoir l'onglée.»

† OPÉNIÂTRE, adj. et s. Opiniâtre. S'OPÉNIÂTRER, v. pron. S'opiniâtrer.

OPIÂTRE, s. m. Opiat, confection.

ORA, s. f. Air, vent qui souffle. Terme patois, connu en Savoie et en Dauphiné. Dans le canton de Vaud on dit:Aurra,euraetoura. En latin,aura.

† ORAGAN, s. m. Ouragan.Les affreux ravages d'un oragan.Terme savoisien et lyonnais.

ORANGE, s. f.Eau de fleur d'orange.Voyez l'expression:FLEUR DE PÊCHE, t. Ier, p. 211.

ORBET, s. m. Bouton à la paupière, orgelet.

ORDON, s. m. Terme des campagnards. Portion de tâche.Un petit ordon; un grand ordon.Mener l'ordon, signifie: Être à la tête des faucheurs; être à la tête des vendangeurs. Cette expression, qui appartient au vieux français, est fort connue en Savoie, dans le Dauphiné, dans le Berry, à Reims et ailleurs.

ORGANE, s. fém.Une belle organe.Ce mot est masculin. Un bel organe; un organe flatteur; un organe musical.

ORGE D'ULM, s. m. Orge mondé; orge perlé.

ORIGINE (À L'), loc. adv. Dans l'origine, originairement. «À l'originece vaste pays (le Brésil) fut peu estimé des Portugais.» [Brédow,Histoire universelle, t. II, p. 116.]

ORIOL, s. m. Loriot, oiseau. En Languedoc:Loriol; à Chambéry,louriot.

ORTEUIL, s. m.Le gros orteuil.Écrivez et prononcez «Orteil.» Le gros orteil; le petit orteil.

† ORTHOGRAPHE, s. m.Un mauvais orthographe. J'ai fait huit mois de Septième, et je n'ai jamais pu attraper un bon orthographe.Ce mot est féminin.

ORTHOGRAPHER, v. a. Orthographier.

ORTHOPÉDISTE, s. m. Ne signifie pas:Redresseur de pieds. Il signifie, d'après l'étymologie grecque: Médecin qui corrige ou qui prévient dans les enfants les difformités du corps. «Orthopédiste» est formé des motsorthos, droit, etpaïss, païdoss, enfant.

ORVAT, s. m. Plante fort commune, appelée en français: Orvale. Ce que nous nommonsorvat des prés, s'appelle: Sauge des prés.

OS, s. m.Se donner un coup là où les Allemands n'ont point d'os, signifie: Se donner un coup à ce nerf du coude que les médecins appellent «Nerf cubital.»

OSSAILLES, s. f. pl. Os de porc.On se régala d'une platelée d'ossailles.Terme savoisien.

OSTRUCTION, s. f. Terme de médecine. Obstruction.Avoir des ostructions au foie.Cette faute nous vient probablement du Midi, où l'on retranche lebdans une quantité de mots, et où l'on dit: par exemple:Oscurité,ostacle,ostination,ostiné.

OT. Dans tous les mots qui se terminent parot, commepot,marmot,cachot,sabot,haricot,fagot,huguenot, nous prononçons l'otrès-bref, et c'est aussi la prononciation des Méridionaux. Les Parisiens, au contraire, le prononcent long,Pōt,marmōt,cachōt,sabōt,haricōt,tripōt,huguenōt, etc., et c'est la prononciation reçue dans les dictionnaires.

ÔTU-BÔTU, adv. VoyezAUTU-BÔTU, t. Ier, p. 29. Ce motest aussi substantif.Faisons de toutes ces marchandises un ôtu-bôtu.Terme vaudois et jurassien.

OUÂBLIĂ, s. f. Terme patois. Clématite commune, nommée aussi «Herbe aux gueux» et «Viorne des pauvres.» Certains mendiants roués écrasent les feuilles de cette plante pour se faire des excoriations qui ont l'apparence d'ulcères, afin d'exciter la pitié des personnes auxquelles ils demandent l'aumône, et qui ne sont pas au fait de cette manœuvre. [P. G.]

OUA-OUA, s. f. Terme enfantin. Chien.Regarde le joli oua-oua; caresse un peu ce oua-oua.

OUBLI, s. m. Pain à cacheter.Oubli noir, oubli vert. Boîte d'oublis.Terme suisse-roman et savoisien.

OUBLIEUR, adj. m. Oublieux.

† OÙ CE QU'IL EST? Où est-il?Où ce qu'il demeure?Où demeure-t-il?Où ce qu'il va? D'où ce que tu viens?Français populaire.

OUÏE (L'). Ne dites pas:Avoir l'ouïe fin, avoir l'ouïe délicat, etc. Ce mot est féminin. Ouïe fine, ouïe délicate.

OUÏE, s. f. Nous disons et nous écrivons:À l'ouïe de ces paroles; à l'ouïe de cette déclaration des juges; à l'ouïe d'un semblable aveu, etc. Cette expression, qui manque à la langue française, est à la fois claire et concise, et il y a plus d'un siècle qu'elle est entrée dans le domaine du style réfugié. «A l'ouïed'un nom aussi respectable que celui de la vertu, il me semble,» etc. [Lenfant,Premier Sermon.] «A l'ouïede ces mêmes sons,» etc. [Ch. Bonnet,Contemplation de la nature, XIImepartie, ch. 28.] «A l'ouïede ce qui venait de se passer à Lausanne,» etc. [Mr***,Le 14 Février, p. 40, 41.]

OURIOU et mieux HOURIOU, s. m. Petit enfant. Expression de la conversation la plus familière.Et les ourious, voisin,comment sont-ils?En Bourgogne,hairai, et en vieux françaishoirethoiret, ont le même sens.

OURIOU, s. m. Loriot, oiseau. On dit aussi:Oriol.

OURLE, s. f. Terme de couturière. Ourlet, repli que l'on fait au bord d'une étoffe.Ourle ronde; ourle plate.En vieux français:Orle.

OURLES, s. f. pl. Oreillons, inflammation des glandes voisines de l'oreille.Prendre les ourles; avoir les ourles.Terme suisse-roman, savoisien et dauphinois.

OURTIE, s. f. Ortie.

OURTILLIÈRE, adj. Nous appelonsfièvre ourtillièrece que les gens de l'art appellent en France: Fièvre ortiée, fièvre urticaire.

OU SINON, conjonct. Sinon.Obéis à l'instant, ou sinon... gare!Français populaire.

OUSTE.Le mois d'ouste; à la fin d'ouste, etc. Orthographe et prononciation vicieuses du mot «août,» lequel se prononceouttselon le dictionnaire de l'Académie, etoûselon d'excellents grammairiens. Dans le vieux français, on disait:Awouste. R.augustus.

OUTA, s. f. Terme des campagnards. Cuisine. Dans le canton de Vaud on dit:Outo, ottoetotau. Dans le Valais,outto, s. f., signifie: Auberge, cabaret. En vieux français,ostetostau, logis, maison, hôtel. R.hospitium.

† OUVRAGE (UNE).Ton ouvrage est-elle finie, Joséphine? Tu as fait là vraiment une belle ouvrage!Ce solécisme, qui est une tradition du vieux français, se fait à Paris et sans doute ailleurs.

OVAILLE ou OVALE, s. f. Accident arrivé par une force majeure; désastre qu'on ne pouvait prévoir. Ce terme n'est employé que dans l'expression suivante:Cas d'ovaille. «Les dégâts causés à un fermier par une grêle, par une gelée, par un ouragan, par une inondation, par une invasion ennemie,sont autant decas d'ovailles.» Terme vaudois. Le tremblement de terre qui détruisit, en 1584, le village d'Yvorne, (canton de Vaud), s'appelle:La grande ovaille.A Neuchâtel et en Franche-Comté on dit:Orvale.


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