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Quand la lune renouvelle en beau,Trois jours après on a de l'eau.

Quand la lune renouvelle en beau,Trois jours après on a de l'eau.

Quand la lune renouvelle en beau,Trois jours après on a de l'eau.

Quand la lune renouvelle en beau,

Trois jours après on a de l'eau.

RENRHUMER, v. a. Enrhumer de nouveau.J'ai quitté mon gilet de flanelle, et me voilà renrhumé.RENTER, v. a.Renter des bas.Dites: Remonter des bas.† RENTOURNER (SE), v. pron. S'en retourner.Ne pleure plus, mon vâlet, et rentourne-t'en chez vous.—Ma mama ne veut pas que je m'en rentourne seul.Barbarisme vaudois, lyonnais, etc.RENTRER, v. a.Rentrer une couture.Terme français populaire. Dites: Rentraire une couture.† RENVENIR (S'EN), v. pron. S'en revenir.Lequel de vous veut s'en renvenir avec moi? Renviens-t'en, Michel.Barbarisme lyonnais, etc.RENVERSER, v. n. Verser, parlant d'une voiture.Nous heurtâmes contre le boute-roue, et le chariot renversa.Terme français populaire.REPAILLER, v. n. Rempailler, garnir d'une nouvelle paille.Voilà des chaises mal repaillées.REPAILLEUSE, s. f. Rempailleuse.REPAS DU LOUP, s. m. Terme des campagnards. Repas donné le troisième jour de la noce aux personnes avec lesquelles on est moins en relation.REPATRIER, v. a. Rapatrier, réconcilier des personnes brouillées. Terme méridional, etc.REPÊCHER (SE), v. pron. Se rattraper, retrouver son gain, prendre sa revanche.

RENRHUMER, v. a. Enrhumer de nouveau.J'ai quitté mon gilet de flanelle, et me voilà renrhumé.

RENTER, v. a.Renter des bas.Dites: Remonter des bas.

† RENTOURNER (SE), v. pron. S'en retourner.Ne pleure plus, mon vâlet, et rentourne-t'en chez vous.—Ma mama ne veut pas que je m'en rentourne seul.Barbarisme vaudois, lyonnais, etc.

RENTRER, v. a.Rentrer une couture.Terme français populaire. Dites: Rentraire une couture.

† RENVENIR (S'EN), v. pron. S'en revenir.Lequel de vous veut s'en renvenir avec moi? Renviens-t'en, Michel.Barbarisme lyonnais, etc.

RENVERSER, v. n. Verser, parlant d'une voiture.Nous heurtâmes contre le boute-roue, et le chariot renversa.Terme français populaire.

REPAILLER, v. n. Rempailler, garnir d'une nouvelle paille.Voilà des chaises mal repaillées.

REPAILLEUSE, s. f. Rempailleuse.

REPAS DU LOUP, s. m. Terme des campagnards. Repas donné le troisième jour de la noce aux personnes avec lesquelles on est moins en relation.

REPATRIER, v. a. Rapatrier, réconcilier des personnes brouillées. Terme méridional, etc.

REPÊCHER (SE), v. pron. Se rattraper, retrouver son gain, prendre sa revanche.

....... Je laisse le bouli,Comptantme repêcherbientôt sur le rôti.[Ch.]

....... Je laisse le bouli,Comptantme repêcherbientôt sur le rôti.[Ch.]

....... Je laisse le bouli,Comptantme repêcherbientôt sur le rôti.

....... Je laisse le bouli,

Comptantme repêcherbientôt sur le rôti.

[Ch.]

[Ch.]

† REPENTU, UE, part.Elle s'est bien vite repentue d'avoir menti.Barbarisme qui appartient au français populaire. On doit dire: Repenti, repentie.REPETASSER, v. a. Rapetasser, raccommoder grossièrement de vieilles hardes. Terme méridional.REPICOLER ou RAPICOLER, v. a. Ravigoter, ranimer, rendre les forces, remettre en vigueur, refaire.Notre pauvre petite Linotte était crevotante, un peu de vin l'a repicolée. Depuis que j'ai pris ce bouillon bien chaud et bien succulent, je me sens repicolé.Terme suisse et savoisien. Dans le patois du Jura, et dans le dialecte provençal,revicouleretreviscoulaont le même sens.REPIPER, v. a. Répliquer, répondre.Quand je lui ai dit son fait, il n'a rien repipé, il n'a pas repipé mot.REPIT, s. m.Avoir du repit; donner du repit.Écrivez et prononcez «Répit,» avec un accent sur l'é.REPLAT, s. m. Plateau, terrain plat sur une élévation.Nous ferons une halte au premier replat.Terme suisse. Dans le dialecte du Berry,replatsignifie: Terrain déprimé.REPLIQUER, v. a.Garde-toi de repliquer. Si tu repliques, je te punis.Prononciation habituelle chez nous. Ce mot s'écrit avec un accent sur l'é: «Répliquer.» Ne réplique pas.REPLUMER (SE), v. pron. Se remplumer. S'emploie surtout figurément et signifie: 1oRevenir en santé; 2oRétablir ses affaires, regagner de l'argent.REPOCHONNER, v. n. Reprendre avec la cuiller à pot.Repochonner la soupe.[G. G.]REPRIN, s. m. Recoupe, son de première qualité. Terme suisse, savoisien et méridional.REPRISE, s. f. Terme d'horticulture. Joubarbe des jardins.REPROCHER, v. n. Donner des rapports, occasionner de ces vapeurs acides et désagréables qui s'élèvent de l'estomac dans la bouche.Les choux et les radis lui reprochent.Terme français populaire.REQUÊT, s. m. Terme des campagnards. Se dit d'un repas ou gala donné à des femmes par une nouvelle mariée le lendemain de ses noces.REQUINQUILLER, v. a. Ranimer, ragaillardir.Allons, allons, une goutte de rikiki, ça requinquille.Employé comme verbe pronominal,se requinquillersignifie: Se requinquer, se parer, faire sa toilette.Qu'y a-t-il de nouveau, Magdelon, que tu es si requinquillée et si belle?Terme vaudois et méridional.RESILLER, v. n. (llmouillés.) Se dit du vin et signifie: Tourner, devenir aigre.RÉSILLER, v. a. (llmouillés.) Orthographe vicieuse du mot résilier.Résiller un bail, résiller une vente.Cette mauvaise orthographe conduit à des fautes plus graves: Nous disons au présent de l'indicatif:Je résille, au lieu de dire: Je résilie. Nous disons au futur:Je résillerai, au lieu de dire: Je résilierai. Nous disons au subjonctif:Que je résille; permettez que je résille ma location, au lieu de dire: Que je résilie. Permettez que je résilie ma location.† RÉSIPÈLE, s. f. Érésipèle.RESSAUTER, v. n. Signifie: 1oTressaillir; 2oRebondir; 3oRejaillir.Ressauter de peur. Je dormais profondément lorsqu'un cri d'à l'eau! me fit ressauter dans mon lit. Sa paume élastique ressautait jusqu'à la hauteur du deuxièmeétage. Prends garde, Édouard, tu me fais ressauter de l'eau.Terme français populaire.† RESSEMBLER QUELQU'UN.L'aînée (des deux sœurs) ressemble son père, et la cadette ressemble sa mère.Cette expression appartient au français populaire et au vieux français. On doit dire: L'aînée ressemble à son père et la cadette à sa mère.RESSEMBLER, v. n. Ne dites pas:Voilà un portrait qui ressemble, dites avec un régime indirect: Voilà un portrait qui ressemble à Mrun tel, à Mmeune telle; ou: Voilà un portrait qui est ressemblant.RESTER, v. n.Nos amis restent bien à venir.Dites: Tardent bien à venir.RESTER, v. n. Demeurer, loger.Dans quelle rue restez-vous, Monsieur Michaux?—Je reste actuellement à la rue de Toutes-Ames.Français populaire.RESTER, v. n. Employer, mettre.Les maçons restèrent deux ans et demi à élever ce bâtiment colossal.Expression méridionale.RESTER DEVOIR. Devoir encore, redevoir.Tu me restes devoir vingt-cinq francs.Expression méridionale.RESTOUPAGE, s. m. Action derestouper. Ces deux termes, fort usités en Suisse, mais peu connus en France, ne se trouvent que dans le dictionnaire de Bescherelle, qui leur donne un sens plus restreint. Gattel, en citant le motrestoupage, dit qu'il est usité en Flandre! Dans le dialecte rouchi,restoupersignifie: Remplir un trou, combler un trou. Et le dictionnaire de l'Académie [édition de 1694], dit:Estouper, boucher un trou avec de l'estoupe(ou étoupe).RESTOUPER, v. a. Terme de couturière. Raccommoder, reprendre, rentraire, rejoindre les parties qui sont rompues.Restouper des bas. Gilet restoupé.RESTOUPEUSE, s. f. Couturière quirestoupe.RESTOUPURE, s. f. Reprise qu'on fait à une étoffe, à un tissu, à de la dentelle, etc.RETACONNER, v. a. Rapiécer, rapiéceter, raccommoder grossièrement.Un habit tout retaconné; retaconner des bottes; retaconner un manteau.Terme suisse et savoisien. Dans le dialecte picard, et en vieux français,rataconera le même sens. Ces deux termes viennent de l'ancien mottacon, lequel signifie: Pièce, morceau, et spécialement morceau de cuir. A Genève, la place nommée aujourd'huiTaconnerieétait autrefois un marché aux cuirs.RETAMER ou RÉTAMER, v. a. Remettre l'étamure.Retamer une casserole; rétamer un pochon.Terme français populaire.RETARDER (SE), v. pron. Être retardé.Notre petite Amélie commençait à marcher, mais le froid est survenu, et elle s'est retardée. Quand le dîner se retarde, nos Messieurs me font devenir folle. La garde était arrêtée pour le 1erde septembre, mais notre maîtresse s'est beaucoup retardée.RÉTENDRE, v. a.Vous m'apportez là du linge qui est à peine sec: allez le rétendre.Rétendre, écrit avec uné, est un barbarisme. Pour être correct, on doit écrire et prononcer «Retendre.»RETENIR, v. a. Réparer un objet qui est peu gâté, peu endommagé.Retenir un habit; retenir des bas. Après la lessive, la maîtresse fait retenir tout le linge. Une journée suffira aux couvreurs pour retenir tous les toits du bâtiment.RETORDU, UE, subst. Mot populaire du bassin de Genève et d'ailleurs, qui s'emploie pour: Retors, matois, renard. Exemple:Méfiez-vous de cet homme, de cette femme, parce que c'est un retordu, une retordue.RETOUR, s. m. Ce que nous appelonsvoiture de retour,s'appelle en France: Voiture de renvoi.Nos voyageurs trouvèrent à point nommé une voiture de retour pour se rendre à Berne.Terme méridional.RETOURNER, v. a. Terme mercantile. Renvoyer.Retourner une marchandise. Le colis était avarié, et on le retourna à l'expéditeur.Terme français populaire.RETRANCHER À. Retrancher de.Retrancher un couplet à une chanson. Retranche un paragraphe à ton discours.Dites: Retranche un paragraphe de ton discours, etc.† REVANCHE (UN).Prendre son revanche.«Revanche» est français, mais ce mot est féminin.REVANGE, s. f. Revanche.Prendre sa revange. Avoir sa revange. Demander sa revange.Terme français populaire.REVANGER, v. a. Revancher, prendre la défense d'une personne attaquée.Sois tranquille, je saurai bien te revanger.Terme français populaire et vieux français.RÈVE ou RAIVE, adj. Terme des campagnards. Se dit du bois qui commence à pourrir sur l'arbre et qui se casse très-facilement.Ne grimpe pas jusqu'à cette branche: elle est raive.RÉVEILLON, s. m. Lendemain d'une fête. «Réveillon» est un mot français, mais il a un autre sens.REVENDRE QUELQU'UN. (fig.) Lui en revendre, le surpasser, être plus fin que lui.REVENETTE, s. f. Terme d'écolier. Ricochet, bricole.Dis donc, Louis, la revenette n'en est pas.—Si fait bien, la revenette en est.REVENEZ-Y, s. m.C'est du revenez-y.Expression familière que l'on emploie en parlant d'un aliment quelconque qui plaît au goût, et auquel on aime àrevenir.Ces confitures ont un goût de revenez-y. Votre vin n'est pas du revenez-y, c'est-à-dire: Votre vin ne rappelle pas son buveur.Ce terme n'est pas inconnu en France, puisqu'il figure dans leDictionnaire du Bas langage, t. II, p. 309.REVENEZ-Y, s. m. Ce substantif composé, qui ne se trouve pas dans les dictionnaires français, s'emploie à Genève et ailleurs dans le sens de récidive. Exemple:Il m'a joué un tour, mais je l'attends au revenez-y.REVENGE. VoyezREVANGE.REVENIR, v. n. Redevenir.Cette étoffe revient à la mode. Quelle bonne figure tu as, Joubert! En vérité, tu reviens jeune.Français populaire.REVENIR QUELQU'UN. Lui faire reprendre ses esprits.Elle tomba en défaillance, et il fallut la revenir avec du vinaigre.Terme dauphinois, etc.REVENIR (EN). Abandonner l'opinion dont on était, pour se ranger à l'avis d'un autre.Ludovico est un opiniâtre achevé, et quand il a décidé une chose, il n'en revient pas.Dites: IlNErevient pas. [Acad.] «Que la Cour ait raison ou qu'elle ait tort, elleNErevient pas.» [Marmontel,Bélisaire, ch. VI.]REVENUE, s. f. Retour.L'allée et la revenue.Terme vieux français, qu'on trouve déjà dans leRoman de la Rose.RÊVER APRÈS.Deux nuits de suite, Monsieur Isaac, j'ai rêvé après vous.Dites: J'ai rêvé de vous, ou (ce qui est moins correct sans être fautif): J'ai rêvé à vous.REVERBÈRE, s. m. Écrivez et prononcez «Réverbère.»REVERCHON, s. m. Envie, petits filets qui se détachent de la peau autour des ongles. [G. G.]REVERCHON, s. m. La partie du drap de lit qu'on retrousse près de la tête, par-dessus la couverture. Se dit surtout quand on parle des couchettes d'enfant.REVERS, s. m.Le revers d'une étoffe; le revers du drap, etc. Dites: L'envers, c'est-à-dire: Le côté d'une étoffe, le côté du drap qui ne doit pas être exposé à la vue.REVIRE, s. m. Ce mot derevirese joint àmainet àpied, pour exprimer une mesure naturelle prise de la largeur de l'une et de l'autre. Ainsirevire-mainsignifie: Largeur de la main;revire-piedsignifie: Largeur du pied.Depuis cette boule jusqu'au but, il y a un pied et un revire-pied.REVIRÉE, s. f. Ruban que les garçons de la campagne mettent à leur habit quand ils sont de noce. [P. G.]REVIRÉE, s. f. Mornifle, soufflet, volée de coups.Donner une revirée.Terme vaudois.S'en donner deux tours et la revirée, signifie: À outrance, le plus possible. On dit de deux personnes qui se sont violemment battues, qu'elles s'en sont donné deux tours et la revirée.Jacques, as-tu bien dansé hier?—Ah! je t'en réponds; on s'en est donné deux tours et la revirée.REVIRE-MARION, s. m. Mornifle, soufflet violent qui faitvirersur elle-même la personne qui le reçoit.Il voulut se mêler de la dispute, et il y attrapa pour sa part un revire-marion soigné.Terme vaudois.RÉVISER, v. a.Réviser une loi; réviser la Constitution, etc. Écrivez et prononcez «Reviser;» mais écrivez et prononcez «Révision.»REVOLIN, s. m. Quinte, caprice, changement subit de volonté, de projet ou d'humeur.Il lui a pris un revolin, et il a congédié les trois domestiques et le cocher.Terme vaudois. Au sens propre,revolinsignifie: Coup de vent subit. Nos campagnards disent:Revolet.On ne sait quel revolet lui a pris.R.volo.REVOIR (À), loc. adv. Au revoir.À revoir, Messieurs, à revoir, Mesdames.Terme français populaire.REVOYANCE, s. f. Terme très-familier, et qui n'est guère usité que dans cette expression:À la revoyance, c'est-à-dire: Au revoir.Adieu, Jeannot; adieu, Rambosson; adieu, jusqu'à la prochaine revoyance.Les Champenoisdisent:À la revoyure. [Vocabulaire du Bas langage rémois, par MrE. Saubinet.]REZASSER, v. a.Que viens-tu nous rabâcher et nous rezasser?Écrivez «Ressasser,» et prononcez la première syllabe comme celle du motressortir. R.sas.RHABITUER (SE), v. pron. S'habituer de nouveau. Mot utile, que les dictionnaires modernes n'ont pas relevé, mais qui est sans doute fort connu.† RHUMATISME MÂLE.Douleur de rhumatisme mâle.Dites: Douleur rhumatismale.† RHUMATISSE, s. m. Rhumatisme.La Drouillon a un rhumatisse au cœur.Par une faute analogue, on dit, à Reims:Un catéchisse, pour: Un catéchisme.RIBAMBÉE, s. f. Grande troupe, ribambelle.Une ribambée de monde. Oh! quelle ribambée!RIBANDELLE, s. f. Ribambelle.RICHE, adj. (fig.) Se dit du temps, c'est-à-dire, de la disposition de l'air.Un riche tempsest celui qui hâte et favorise la végétation, celui qui est propre à combler les vœux du laboureur et à l'enrichir.Si après ces huit jours nous avions une pluie de quarante-huit heures, ce serait un riche temps.Cette signification particulière de l'adjectif «riche» n'est pas dans les dictionnaires.RIC-RAC, adv.Payer ric-rac, c'est: Payer avec une exactitude rigoureuse, payer jusqu'au dernier sou.MrN** ne fait jamais de dettes: il paie tout ric-rac.Terme français populaire. Nous disons dans le même sens:Ric-et-rac. Le terme français est: Ric-à-ric. Nous le ferons payer ric-à-ric. [Acad.]RIDICULE, adj. Ce mot appliqué aux personnes signifie: Sévère, difficile, dur à la desserre.Un maître d'école ridicule.Un propriétaireridiculeest celui qui se refuse auxréparations les plus urgentes. Nos campagnards disent:Rédicul. On le dit aussi en Savoie, dans le Jura, en Champagne et sans doute ailleurs.Refuser à un locataire de lui ôter la fumée, de lui cimenter les vitres, ou de mettre des seuils aux portes, c'est être ridicule.Cette expression est connue en Savoie et dans plusieurs provinces de France. Appliqué aux choses,ridiculesignifie: Difficultueux, scabreux, pénible, peu satisfaisant.Chemin ridicule; sentier ridicule; saison ridicule.Mais ce sens est moins usité à Genève que chez nos voisins de Savoie et du Jura.RIEN, adv. Point, pas, pas beaucoup, nullement.Vous m'apportez là un poulet qui n'est rien gros. Ton frère n'est rien complaisant. Vous n'avez rien d'appétit, cousin?Et avec l'interrogation:N'est-ce rien toi qui a pris mon parapluie?«La session du Grand Conseil est prorogée au 5 janvier: ne serait-cerienque les deux projets de loi à présenter ne peuvent soutenir l'examen?» [L'Ami du Pays, numéro du 9 décembre 1847.] Terme français populaire et vieux français.RIEN, adv. La construction des phrases suivantes n'est pas correcte:Je ne veux rien qu'on me dise. Je ne veux rien qu'on achète sans ma permission, etc. Dites: Je veux qu'on ne me dise rien; je veux qu'on n'achète rien sans ma permission.RIEN DU TOUT, s. m. Homme méprisable, homme de rien.Lui! lui! c'est un rien du tout, c'est de la drâchée.RIFFLE RAFFLE, s. f.Ils ont tout volé, il n'est resté ni riffle ni raffle.RIFFLER, v. a. Effleurer, raser, toucher à peine, passer près.La pierre lui riffla le front; la balle lui avait rifflé la jambe.Terme suisse, savoisien, rouchi, etc. En vieux français,rifflera le sens d'égratigner, écorcher. A Reims,érifluresignifie: Légère écorchure, ets'érifler, s'écorcher légèrement.RIFFLETTE (À LA), loc. adv. En effleurant, en rasant.Lancer sur l'eau des pierres à la rifflette.RINCÉE, s. f. Averse, pluie subite et forte.Recevoir une rincée. En montant le Pas de l'Échelle, nous eûmes une bonne rincée.RINCÉE, s. f. Réprimande sévère.Recevoir une rincée, être fort grondé. Ce sens du motrincéen'est pas dans les dictionnaires.RINCER DU LINGE. Aiguayer du linge.À ce moment-là, trois femmes rinçaient du linge au bateau.Expression fort répandue en France, mais blâmée des grammairiens, qui veulent que rincer ne se dise que des verres, tasses, cruches et vases semblables, et de la bouche.RINGOLET, ETTE, adj. Propret, avenant, bien vêtu. Se dit surtout des personnes qui n'ont pas l'habitude de soigner leur mise.Vous voilà bien ringolet aujourd'hui, Monsieur Maillard.Terme suisse.RINGUER, v. a. Battre, rosser.Se ringuer, v. réc. Se battre. Dans le canton de Vaud,ringuer, et en allemand,ringen, signifient: Lutter.RIOLE ou RIOLLE, s. f. Liseron des champs, plante.RIÔLE, s. f. Rabâchage, grognerie.C'est toujours la même riôle, toujours la même chanson.RIÔLER, RIOULER ou RIULER, v. n. Gronder, rabâcher,ron-ner, pleurnicher.Pendant tout le goûter les enfants et le chien rioulaient à qui mieux mieux.Terme connu surtout des campagnards.RIOUTE ou RIOTTE, s. f. Débauche de vin.Faire la rioute.Terme vaudois et fribourgeois.RIOÛTE ou RIÛTE, s. f. Branche flexible et tordue dont on lie les gerbes et les fagots. Terme suisse-roman et savoisien. On dit proverbialement:Il faut mailler la rioûte pendantqu'elle est verte, pour dire: Il faut corriger un enfant pendant qu'il est jeune. Selon plusieurs dictionnaires, le mot français est: Rouette. A Limoges et en Languedoc:Reorte; dans le Jura et en vieux français,riorte. R.retortus.RIPES (LES). Dénomination attachée à certaines localités désertes, sauvages.Les ripes de Dardagny.Aux environs de Lons-le-Saunier (département du Jura),les ripes de Saint-Laurent, les ripes d'Artenas, etc.RIQUIQUI, s. m. Eau-de-vie, liqueur spiritueuse.Boire le riquiqui.Terme bas-limousin, dauphinois, etc. En provençal on dit:Requiqui. Dans le dialecte rouchi on appelleriquiqui, ce que nous appelons:Gloria.RISETTE, s. f. La racine du riz.Balai de risette; brosse de risette.RISOLE ou REZOLE, s. f. Rissole, pâtisserie.RISOLET, ETTE, adj. et subst. Celui ou celle qui rit aisément et pour des motifs frivoles.Allons, petite risolette, c'est assez se moquer. Votre fils aîné serait le meilleur écolier de ma classe, s'il n'était pas un peu risolet.Terme suisse et savoisien. En Languedoc:Rizoulié.† RIZU, partic. Ri.No-zein preu rizu(nous avons assez ri). Barbarisme usité chez les paysans de notre canton et du canton de Vaud.RITE ou RITTE, s. f. Filasse, filaments que l'on tire de l'écorce du chanvre ou de celle du lin.Quenouille de rite. Toile de rite. Filer la rite.Terme suisse, savoisien, jurassien et dauphinois.RIVER LES CLOUS À QUELQU'UN. Lui répondre adroitement et vivement, lui parler ferme et de manière qu'il n'ait rien à répliquer. En français on dit, avec le singulier: «River le clou à quelqu'un.»ROBER ou ROBÀ, v. a. Terme des campagnards. Dérober, voler, filouter.On m'a robà mon bouey s'ta ney(on m'avolé mon bois cette nuit). Terme qu'on retrouve dans le vieux français et dans le patois vaudois.ROCANDER ou ROGANDER, v. a. Demander avec indiscrétion, en revenant sans cesse à la charge.Votre dame Pérollet rocande soi-disant pour une famille pauvre, mais on sait bien que c'est pour elle. Va-t'en petit fainéant, et travaille au lieu de rocander.Terme suisse. Dans le canton de Vaud on dit aussi:Roukan-ner.ROCANDEUR, EUSE, subst. Celui ou celle quirocande.Les jours de marché nos maisons sont envahies par des rocandeuses venues des villages voisins. La demoiselle N** est en effet pauvre, mais c'est une rocandeuse.Dans le canton de Vaud on dit:Roukan, roukan-ne.RÔDAILLER et RÔDASSER, v. n. Augmentatif de «rôder.»Veille-toi cet homme en blouse, qui ne fait que rôdasser par les Pâquis depuis dix jours.Terme remarquable. Dans le patois rouchi on dit:Rôdailler.RÔDER (SE).Tu es là à te rôder, à te trancanner sans but d'un quai à un autre.Rôder est un verbe neutre. On doit donc dire: Je rôde, et non:Je me rôde, comme nous le disons fréquemment.RÔDINER, v. n. Rôder.ROGÂTION, s. m. Rogaton, vieux reste de pain, de viande ou d'autres aliments.Ce mendiant portait une besace pleine de rogâtions.Terme vaudois et savoisien.ROGNE, s. f. Querelle, mauvaise chicane.Chercher rogne à quelqu'un, signifie: Lui chercher noise. Terme suisse. En Languedoc:Chercher rougne.ROGNE, s. f. Nous disons figurément et proverbialement:Gratter la rogne à quelqu'un, dans le sens de: Le flatter, l'aduler bassement, lui faire une cour servile et intéressée.Ne me parle pas de ce Jean Renard: c'est un personnage qui veut absolument parvenir, et qui gratte la rogneaux hommes de tous les partis.Cette locution est fort triviale, voire même dégoûtante, mais énergique et fort connue.ROGNEUX, EUSE, adj. (fig.) Crasseux, crapuleux. Se dit d'une personne qui a l'air minable, et dont les habitudes ne relèvent pas l'extérieur. On le dit aussi des choses.Une créance rogneuse, une créance mauvaise ou fort douteuse. Terme bordelais. Selon le dictionnaire deBescherelle,rogneuxsignifie: Chétif, mesquin.ROME, s. f. L'œillet d'Inde. En latin,tagetes.RONCEMELER ou RONCHEMELER, v. n. Respirer avec oppression et bruit, râler.Pendant deux jours nous l'entendîmes roncemeler.Expression très-usitée. Dans le canton de Vaud on dit:Ranquemeler. R.ranco. Voyez cemot.ROND, s. m. Ronde, danse en rond, branle circulaire.Danser un rond.Terme vaudois.ROND, s. m. Terme enfantin. Jeton rond.On payera avec des ronds.RONDION, s. m. Able ou ablette; poisson du genre cyprin.RONDION, IONE, adj. et subst. Se dit des personnes et signifie: Rondelet, qui est tout rond de graisse. Expression badine ou railleuse.RONDO, adv. Rondement, facilement, sans nul obstacle, à souhait.Notre affaire marche rondo.Terme vaudois.RONFLE, s. f. Sabot, toupie d'Allemagne, sorte de toupie creuse que l'on fait tourner avec une ficelle ajustée dans une clef et quironfleen tournant.Faire zon-ner une ronfle.En provençal:Rounfloun.RONGEMENT, s. m. (fig.) Regret, tourment, remords.Un rongement d'esprit. Ce souvenir fatal était pour lui un rongement perpétuel.Terme vaudois.RONGILLER, v. a. Ronger à demi, ronger légèrement et à plusieurs reprises.Rongiller une pomme; rongiller des fruits mal mûrs.RONGILLON, s. m. Reste de fruit rongé.Tu m'as promis une poire, et tu me donnes un rongillon! Garde tes rongillons.Terme vaudois.RON-NACHER, v. n. et a. Grogner, murmurer, ron-ner.RON-NÉE, s. f. Action de grogner, de gronder, deron-ner.Faire une ron-née; faire des ron-nées.RON-NER, v. n. et act. Se dit: 1oDu grognement de certains animaux et en particulier du chien et du porc.N'approchez pas de Sultan, il vous ron-nera.2oAppliqué aux personnes,ron-nersignifie: Gronder toujours et sans raison, murmurer, grommeler, rognonner.Bonjour, Pernette: que fait votre monsieur?—Oh là, Monsieur, notre monsieur ron-ne; il est en train de ron-ner, et je crains bien qu'il ne ron-ne toute la sainte journée.Terme vaudois et neuchâtelois.RON-NEUR, s. m. Celui qui gronde souvent et sans raison, celui qui a l'habitude deron-ner. Dans le patois de Fribourg,ron-nerisignifie: Grondeur, grogneur, et se dit surtout des enfants.ROQUETAILLE, s. f. Race de roquets. Terme de mépris créé dans le dix-septième siècle, et passé d'usage dans le dix-huitième.Ce ramassis d'étrangers n'était que de la roquetaille, c'est-à-dire: N'était qu'une race de roquets, d'hommes faibles, débiles, sans moyens intellectuels, et, avec tout cela, insolents. Les deux vers suivants sont tirés d'une chanson patoise, fort injurieuse, composée à la fin du dix-septième siècle, quelques années après l'arrivée à Genève des réfugiés français:

† REPENTU, UE, part.Elle s'est bien vite repentue d'avoir menti.Barbarisme qui appartient au français populaire. On doit dire: Repenti, repentie.

REPETASSER, v. a. Rapetasser, raccommoder grossièrement de vieilles hardes. Terme méridional.

REPICOLER ou RAPICOLER, v. a. Ravigoter, ranimer, rendre les forces, remettre en vigueur, refaire.Notre pauvre petite Linotte était crevotante, un peu de vin l'a repicolée. Depuis que j'ai pris ce bouillon bien chaud et bien succulent, je me sens repicolé.Terme suisse et savoisien. Dans le patois du Jura, et dans le dialecte provençal,revicouleretreviscoulaont le même sens.

REPIPER, v. a. Répliquer, répondre.Quand je lui ai dit son fait, il n'a rien repipé, il n'a pas repipé mot.

REPIT, s. m.Avoir du repit; donner du repit.Écrivez et prononcez «Répit,» avec un accent sur l'é.

REPLAT, s. m. Plateau, terrain plat sur une élévation.Nous ferons une halte au premier replat.Terme suisse. Dans le dialecte du Berry,replatsignifie: Terrain déprimé.

REPLIQUER, v. a.Garde-toi de repliquer. Si tu repliques, je te punis.Prononciation habituelle chez nous. Ce mot s'écrit avec un accent sur l'é: «Répliquer.» Ne réplique pas.

REPLUMER (SE), v. pron. Se remplumer. S'emploie surtout figurément et signifie: 1oRevenir en santé; 2oRétablir ses affaires, regagner de l'argent.

REPOCHONNER, v. n. Reprendre avec la cuiller à pot.Repochonner la soupe.[G. G.]

REPRIN, s. m. Recoupe, son de première qualité. Terme suisse, savoisien et méridional.

REPRISE, s. f. Terme d'horticulture. Joubarbe des jardins.

REPROCHER, v. n. Donner des rapports, occasionner de ces vapeurs acides et désagréables qui s'élèvent de l'estomac dans la bouche.Les choux et les radis lui reprochent.Terme français populaire.

REQUÊT, s. m. Terme des campagnards. Se dit d'un repas ou gala donné à des femmes par une nouvelle mariée le lendemain de ses noces.

REQUINQUILLER, v. a. Ranimer, ragaillardir.Allons, allons, une goutte de rikiki, ça requinquille.Employé comme verbe pronominal,se requinquillersignifie: Se requinquer, se parer, faire sa toilette.Qu'y a-t-il de nouveau, Magdelon, que tu es si requinquillée et si belle?Terme vaudois et méridional.

RESILLER, v. n. (llmouillés.) Se dit du vin et signifie: Tourner, devenir aigre.

RÉSILLER, v. a. (llmouillés.) Orthographe vicieuse du mot résilier.Résiller un bail, résiller une vente.Cette mauvaise orthographe conduit à des fautes plus graves: Nous disons au présent de l'indicatif:Je résille, au lieu de dire: Je résilie. Nous disons au futur:Je résillerai, au lieu de dire: Je résilierai. Nous disons au subjonctif:Que je résille; permettez que je résille ma location, au lieu de dire: Que je résilie. Permettez que je résilie ma location.

† RÉSIPÈLE, s. f. Érésipèle.

RESSAUTER, v. n. Signifie: 1oTressaillir; 2oRebondir; 3oRejaillir.Ressauter de peur. Je dormais profondément lorsqu'un cri d'à l'eau! me fit ressauter dans mon lit. Sa paume élastique ressautait jusqu'à la hauteur du deuxièmeétage. Prends garde, Édouard, tu me fais ressauter de l'eau.Terme français populaire.

† RESSEMBLER QUELQU'UN.L'aînée (des deux sœurs) ressemble son père, et la cadette ressemble sa mère.Cette expression appartient au français populaire et au vieux français. On doit dire: L'aînée ressemble à son père et la cadette à sa mère.

RESSEMBLER, v. n. Ne dites pas:Voilà un portrait qui ressemble, dites avec un régime indirect: Voilà un portrait qui ressemble à Mrun tel, à Mmeune telle; ou: Voilà un portrait qui est ressemblant.

RESTER, v. n.Nos amis restent bien à venir.Dites: Tardent bien à venir.

RESTER, v. n. Demeurer, loger.Dans quelle rue restez-vous, Monsieur Michaux?—Je reste actuellement à la rue de Toutes-Ames.Français populaire.

RESTER, v. n. Employer, mettre.Les maçons restèrent deux ans et demi à élever ce bâtiment colossal.Expression méridionale.

RESTER DEVOIR. Devoir encore, redevoir.Tu me restes devoir vingt-cinq francs.Expression méridionale.

RESTOUPAGE, s. m. Action derestouper. Ces deux termes, fort usités en Suisse, mais peu connus en France, ne se trouvent que dans le dictionnaire de Bescherelle, qui leur donne un sens plus restreint. Gattel, en citant le motrestoupage, dit qu'il est usité en Flandre! Dans le dialecte rouchi,restoupersignifie: Remplir un trou, combler un trou. Et le dictionnaire de l'Académie [édition de 1694], dit:Estouper, boucher un trou avec de l'estoupe(ou étoupe).

RESTOUPER, v. a. Terme de couturière. Raccommoder, reprendre, rentraire, rejoindre les parties qui sont rompues.Restouper des bas. Gilet restoupé.

RESTOUPEUSE, s. f. Couturière quirestoupe.

RESTOUPURE, s. f. Reprise qu'on fait à une étoffe, à un tissu, à de la dentelle, etc.

RETACONNER, v. a. Rapiécer, rapiéceter, raccommoder grossièrement.Un habit tout retaconné; retaconner des bottes; retaconner un manteau.Terme suisse et savoisien. Dans le dialecte picard, et en vieux français,rataconera le même sens. Ces deux termes viennent de l'ancien mottacon, lequel signifie: Pièce, morceau, et spécialement morceau de cuir. A Genève, la place nommée aujourd'huiTaconnerieétait autrefois un marché aux cuirs.

RETAMER ou RÉTAMER, v. a. Remettre l'étamure.Retamer une casserole; rétamer un pochon.Terme français populaire.

RETARDER (SE), v. pron. Être retardé.Notre petite Amélie commençait à marcher, mais le froid est survenu, et elle s'est retardée. Quand le dîner se retarde, nos Messieurs me font devenir folle. La garde était arrêtée pour le 1erde septembre, mais notre maîtresse s'est beaucoup retardée.

RÉTENDRE, v. a.Vous m'apportez là du linge qui est à peine sec: allez le rétendre.Rétendre, écrit avec uné, est un barbarisme. Pour être correct, on doit écrire et prononcer «Retendre.»

RETENIR, v. a. Réparer un objet qui est peu gâté, peu endommagé.Retenir un habit; retenir des bas. Après la lessive, la maîtresse fait retenir tout le linge. Une journée suffira aux couvreurs pour retenir tous les toits du bâtiment.

RETORDU, UE, subst. Mot populaire du bassin de Genève et d'ailleurs, qui s'emploie pour: Retors, matois, renard. Exemple:Méfiez-vous de cet homme, de cette femme, parce que c'est un retordu, une retordue.

RETOUR, s. m. Ce que nous appelonsvoiture de retour,s'appelle en France: Voiture de renvoi.Nos voyageurs trouvèrent à point nommé une voiture de retour pour se rendre à Berne.Terme méridional.

RETOURNER, v. a. Terme mercantile. Renvoyer.Retourner une marchandise. Le colis était avarié, et on le retourna à l'expéditeur.Terme français populaire.

RETRANCHER À. Retrancher de.Retrancher un couplet à une chanson. Retranche un paragraphe à ton discours.Dites: Retranche un paragraphe de ton discours, etc.

† REVANCHE (UN).Prendre son revanche.«Revanche» est français, mais ce mot est féminin.

REVANGE, s. f. Revanche.Prendre sa revange. Avoir sa revange. Demander sa revange.Terme français populaire.

REVANGER, v. a. Revancher, prendre la défense d'une personne attaquée.Sois tranquille, je saurai bien te revanger.Terme français populaire et vieux français.

RÈVE ou RAIVE, adj. Terme des campagnards. Se dit du bois qui commence à pourrir sur l'arbre et qui se casse très-facilement.Ne grimpe pas jusqu'à cette branche: elle est raive.

RÉVEILLON, s. m. Lendemain d'une fête. «Réveillon» est un mot français, mais il a un autre sens.

REVENDRE QUELQU'UN. (fig.) Lui en revendre, le surpasser, être plus fin que lui.

REVENETTE, s. f. Terme d'écolier. Ricochet, bricole.Dis donc, Louis, la revenette n'en est pas.—Si fait bien, la revenette en est.

REVENEZ-Y, s. m.C'est du revenez-y.Expression familière que l'on emploie en parlant d'un aliment quelconque qui plaît au goût, et auquel on aime àrevenir.Ces confitures ont un goût de revenez-y. Votre vin n'est pas du revenez-y, c'est-à-dire: Votre vin ne rappelle pas son buveur.Ce terme n'est pas inconnu en France, puisqu'il figure dans leDictionnaire du Bas langage, t. II, p. 309.

REVENEZ-Y, s. m. Ce substantif composé, qui ne se trouve pas dans les dictionnaires français, s'emploie à Genève et ailleurs dans le sens de récidive. Exemple:Il m'a joué un tour, mais je l'attends au revenez-y.

REVENGE. VoyezREVANGE.

REVENIR, v. n. Redevenir.Cette étoffe revient à la mode. Quelle bonne figure tu as, Joubert! En vérité, tu reviens jeune.Français populaire.

REVENIR QUELQU'UN. Lui faire reprendre ses esprits.Elle tomba en défaillance, et il fallut la revenir avec du vinaigre.Terme dauphinois, etc.

REVENIR (EN). Abandonner l'opinion dont on était, pour se ranger à l'avis d'un autre.Ludovico est un opiniâtre achevé, et quand il a décidé une chose, il n'en revient pas.Dites: IlNErevient pas. [Acad.] «Que la Cour ait raison ou qu'elle ait tort, elleNErevient pas.» [Marmontel,Bélisaire, ch. VI.]

REVENUE, s. f. Retour.L'allée et la revenue.Terme vieux français, qu'on trouve déjà dans leRoman de la Rose.

RÊVER APRÈS.Deux nuits de suite, Monsieur Isaac, j'ai rêvé après vous.Dites: J'ai rêvé de vous, ou (ce qui est moins correct sans être fautif): J'ai rêvé à vous.

REVERBÈRE, s. m. Écrivez et prononcez «Réverbère.»

REVERCHON, s. m. Envie, petits filets qui se détachent de la peau autour des ongles. [G. G.]

REVERCHON, s. m. La partie du drap de lit qu'on retrousse près de la tête, par-dessus la couverture. Se dit surtout quand on parle des couchettes d'enfant.

REVERS, s. m.Le revers d'une étoffe; le revers du drap, etc. Dites: L'envers, c'est-à-dire: Le côté d'une étoffe, le côté du drap qui ne doit pas être exposé à la vue.

REVIRE, s. m. Ce mot derevirese joint àmainet àpied, pour exprimer une mesure naturelle prise de la largeur de l'une et de l'autre. Ainsirevire-mainsignifie: Largeur de la main;revire-piedsignifie: Largeur du pied.Depuis cette boule jusqu'au but, il y a un pied et un revire-pied.

REVIRÉE, s. f. Ruban que les garçons de la campagne mettent à leur habit quand ils sont de noce. [P. G.]

REVIRÉE, s. f. Mornifle, soufflet, volée de coups.Donner une revirée.Terme vaudois.S'en donner deux tours et la revirée, signifie: À outrance, le plus possible. On dit de deux personnes qui se sont violemment battues, qu'elles s'en sont donné deux tours et la revirée.Jacques, as-tu bien dansé hier?—Ah! je t'en réponds; on s'en est donné deux tours et la revirée.

REVIRE-MARION, s. m. Mornifle, soufflet violent qui faitvirersur elle-même la personne qui le reçoit.Il voulut se mêler de la dispute, et il y attrapa pour sa part un revire-marion soigné.Terme vaudois.

RÉVISER, v. a.Réviser une loi; réviser la Constitution, etc. Écrivez et prononcez «Reviser;» mais écrivez et prononcez «Révision.»

REVOLIN, s. m. Quinte, caprice, changement subit de volonté, de projet ou d'humeur.Il lui a pris un revolin, et il a congédié les trois domestiques et le cocher.Terme vaudois. Au sens propre,revolinsignifie: Coup de vent subit. Nos campagnards disent:Revolet.On ne sait quel revolet lui a pris.R.volo.

REVOIR (À), loc. adv. Au revoir.À revoir, Messieurs, à revoir, Mesdames.Terme français populaire.

REVOYANCE, s. f. Terme très-familier, et qui n'est guère usité que dans cette expression:À la revoyance, c'est-à-dire: Au revoir.Adieu, Jeannot; adieu, Rambosson; adieu, jusqu'à la prochaine revoyance.Les Champenoisdisent:À la revoyure. [Vocabulaire du Bas langage rémois, par MrE. Saubinet.]

REZASSER, v. a.Que viens-tu nous rabâcher et nous rezasser?Écrivez «Ressasser,» et prononcez la première syllabe comme celle du motressortir. R.sas.

RHABITUER (SE), v. pron. S'habituer de nouveau. Mot utile, que les dictionnaires modernes n'ont pas relevé, mais qui est sans doute fort connu.

† RHUMATISME MÂLE.Douleur de rhumatisme mâle.Dites: Douleur rhumatismale.

† RHUMATISSE, s. m. Rhumatisme.La Drouillon a un rhumatisse au cœur.Par une faute analogue, on dit, à Reims:Un catéchisse, pour: Un catéchisme.

RIBAMBÉE, s. f. Grande troupe, ribambelle.Une ribambée de monde. Oh! quelle ribambée!

RIBANDELLE, s. f. Ribambelle.

RICHE, adj. (fig.) Se dit du temps, c'est-à-dire, de la disposition de l'air.Un riche tempsest celui qui hâte et favorise la végétation, celui qui est propre à combler les vœux du laboureur et à l'enrichir.Si après ces huit jours nous avions une pluie de quarante-huit heures, ce serait un riche temps.Cette signification particulière de l'adjectif «riche» n'est pas dans les dictionnaires.

RIC-RAC, adv.Payer ric-rac, c'est: Payer avec une exactitude rigoureuse, payer jusqu'au dernier sou.MrN** ne fait jamais de dettes: il paie tout ric-rac.Terme français populaire. Nous disons dans le même sens:Ric-et-rac. Le terme français est: Ric-à-ric. Nous le ferons payer ric-à-ric. [Acad.]

RIDICULE, adj. Ce mot appliqué aux personnes signifie: Sévère, difficile, dur à la desserre.Un maître d'école ridicule.Un propriétaireridiculeest celui qui se refuse auxréparations les plus urgentes. Nos campagnards disent:Rédicul. On le dit aussi en Savoie, dans le Jura, en Champagne et sans doute ailleurs.Refuser à un locataire de lui ôter la fumée, de lui cimenter les vitres, ou de mettre des seuils aux portes, c'est être ridicule.Cette expression est connue en Savoie et dans plusieurs provinces de France. Appliqué aux choses,ridiculesignifie: Difficultueux, scabreux, pénible, peu satisfaisant.Chemin ridicule; sentier ridicule; saison ridicule.Mais ce sens est moins usité à Genève que chez nos voisins de Savoie et du Jura.

RIEN, adv. Point, pas, pas beaucoup, nullement.Vous m'apportez là un poulet qui n'est rien gros. Ton frère n'est rien complaisant. Vous n'avez rien d'appétit, cousin?Et avec l'interrogation:N'est-ce rien toi qui a pris mon parapluie?«La session du Grand Conseil est prorogée au 5 janvier: ne serait-cerienque les deux projets de loi à présenter ne peuvent soutenir l'examen?» [L'Ami du Pays, numéro du 9 décembre 1847.] Terme français populaire et vieux français.

RIEN, adv. La construction des phrases suivantes n'est pas correcte:Je ne veux rien qu'on me dise. Je ne veux rien qu'on achète sans ma permission, etc. Dites: Je veux qu'on ne me dise rien; je veux qu'on n'achète rien sans ma permission.

RIEN DU TOUT, s. m. Homme méprisable, homme de rien.Lui! lui! c'est un rien du tout, c'est de la drâchée.

RIFFLE RAFFLE, s. f.Ils ont tout volé, il n'est resté ni riffle ni raffle.

RIFFLER, v. a. Effleurer, raser, toucher à peine, passer près.La pierre lui riffla le front; la balle lui avait rifflé la jambe.Terme suisse, savoisien, rouchi, etc. En vieux français,rifflera le sens d'égratigner, écorcher. A Reims,érifluresignifie: Légère écorchure, ets'érifler, s'écorcher légèrement.

RIFFLETTE (À LA), loc. adv. En effleurant, en rasant.Lancer sur l'eau des pierres à la rifflette.

RINCÉE, s. f. Averse, pluie subite et forte.Recevoir une rincée. En montant le Pas de l'Échelle, nous eûmes une bonne rincée.

RINCÉE, s. f. Réprimande sévère.Recevoir une rincée, être fort grondé. Ce sens du motrincéen'est pas dans les dictionnaires.

RINCER DU LINGE. Aiguayer du linge.À ce moment-là, trois femmes rinçaient du linge au bateau.Expression fort répandue en France, mais blâmée des grammairiens, qui veulent que rincer ne se dise que des verres, tasses, cruches et vases semblables, et de la bouche.

RINGOLET, ETTE, adj. Propret, avenant, bien vêtu. Se dit surtout des personnes qui n'ont pas l'habitude de soigner leur mise.Vous voilà bien ringolet aujourd'hui, Monsieur Maillard.Terme suisse.

RINGUER, v. a. Battre, rosser.Se ringuer, v. réc. Se battre. Dans le canton de Vaud,ringuer, et en allemand,ringen, signifient: Lutter.

RIOLE ou RIOLLE, s. f. Liseron des champs, plante.

RIÔLE, s. f. Rabâchage, grognerie.C'est toujours la même riôle, toujours la même chanson.

RIÔLER, RIOULER ou RIULER, v. n. Gronder, rabâcher,ron-ner, pleurnicher.Pendant tout le goûter les enfants et le chien rioulaient à qui mieux mieux.Terme connu surtout des campagnards.

RIOUTE ou RIOTTE, s. f. Débauche de vin.Faire la rioute.Terme vaudois et fribourgeois.

RIOÛTE ou RIÛTE, s. f. Branche flexible et tordue dont on lie les gerbes et les fagots. Terme suisse-roman et savoisien. On dit proverbialement:Il faut mailler la rioûte pendantqu'elle est verte, pour dire: Il faut corriger un enfant pendant qu'il est jeune. Selon plusieurs dictionnaires, le mot français est: Rouette. A Limoges et en Languedoc:Reorte; dans le Jura et en vieux français,riorte. R.retortus.

RIPES (LES). Dénomination attachée à certaines localités désertes, sauvages.Les ripes de Dardagny.Aux environs de Lons-le-Saunier (département du Jura),les ripes de Saint-Laurent, les ripes d'Artenas, etc.

RIQUIQUI, s. m. Eau-de-vie, liqueur spiritueuse.Boire le riquiqui.Terme bas-limousin, dauphinois, etc. En provençal on dit:Requiqui. Dans le dialecte rouchi on appelleriquiqui, ce que nous appelons:Gloria.

RISETTE, s. f. La racine du riz.Balai de risette; brosse de risette.

RISOLE ou REZOLE, s. f. Rissole, pâtisserie.

RISOLET, ETTE, adj. et subst. Celui ou celle qui rit aisément et pour des motifs frivoles.Allons, petite risolette, c'est assez se moquer. Votre fils aîné serait le meilleur écolier de ma classe, s'il n'était pas un peu risolet.Terme suisse et savoisien. En Languedoc:Rizoulié.

† RIZU, partic. Ri.No-zein preu rizu(nous avons assez ri). Barbarisme usité chez les paysans de notre canton et du canton de Vaud.

RITE ou RITTE, s. f. Filasse, filaments que l'on tire de l'écorce du chanvre ou de celle du lin.Quenouille de rite. Toile de rite. Filer la rite.Terme suisse, savoisien, jurassien et dauphinois.

RIVER LES CLOUS À QUELQU'UN. Lui répondre adroitement et vivement, lui parler ferme et de manière qu'il n'ait rien à répliquer. En français on dit, avec le singulier: «River le clou à quelqu'un.»

ROBER ou ROBÀ, v. a. Terme des campagnards. Dérober, voler, filouter.On m'a robà mon bouey s'ta ney(on m'avolé mon bois cette nuit). Terme qu'on retrouve dans le vieux français et dans le patois vaudois.

ROCANDER ou ROGANDER, v. a. Demander avec indiscrétion, en revenant sans cesse à la charge.Votre dame Pérollet rocande soi-disant pour une famille pauvre, mais on sait bien que c'est pour elle. Va-t'en petit fainéant, et travaille au lieu de rocander.Terme suisse. Dans le canton de Vaud on dit aussi:Roukan-ner.

ROCANDEUR, EUSE, subst. Celui ou celle quirocande.Les jours de marché nos maisons sont envahies par des rocandeuses venues des villages voisins. La demoiselle N** est en effet pauvre, mais c'est une rocandeuse.Dans le canton de Vaud on dit:Roukan, roukan-ne.

RÔDAILLER et RÔDASSER, v. n. Augmentatif de «rôder.»Veille-toi cet homme en blouse, qui ne fait que rôdasser par les Pâquis depuis dix jours.Terme remarquable. Dans le patois rouchi on dit:Rôdailler.

RÔDER (SE).Tu es là à te rôder, à te trancanner sans but d'un quai à un autre.Rôder est un verbe neutre. On doit donc dire: Je rôde, et non:Je me rôde, comme nous le disons fréquemment.

RÔDINER, v. n. Rôder.

ROGÂTION, s. m. Rogaton, vieux reste de pain, de viande ou d'autres aliments.Ce mendiant portait une besace pleine de rogâtions.Terme vaudois et savoisien.

ROGNE, s. f. Querelle, mauvaise chicane.Chercher rogne à quelqu'un, signifie: Lui chercher noise. Terme suisse. En Languedoc:Chercher rougne.

ROGNE, s. f. Nous disons figurément et proverbialement:Gratter la rogne à quelqu'un, dans le sens de: Le flatter, l'aduler bassement, lui faire une cour servile et intéressée.Ne me parle pas de ce Jean Renard: c'est un personnage qui veut absolument parvenir, et qui gratte la rogneaux hommes de tous les partis.Cette locution est fort triviale, voire même dégoûtante, mais énergique et fort connue.

ROGNEUX, EUSE, adj. (fig.) Crasseux, crapuleux. Se dit d'une personne qui a l'air minable, et dont les habitudes ne relèvent pas l'extérieur. On le dit aussi des choses.Une créance rogneuse, une créance mauvaise ou fort douteuse. Terme bordelais. Selon le dictionnaire deBescherelle,rogneuxsignifie: Chétif, mesquin.

ROME, s. f. L'œillet d'Inde. En latin,tagetes.

RONCEMELER ou RONCHEMELER, v. n. Respirer avec oppression et bruit, râler.Pendant deux jours nous l'entendîmes roncemeler.Expression très-usitée. Dans le canton de Vaud on dit:Ranquemeler. R.ranco. Voyez cemot.

ROND, s. m. Ronde, danse en rond, branle circulaire.Danser un rond.Terme vaudois.

ROND, s. m. Terme enfantin. Jeton rond.On payera avec des ronds.

RONDION, s. m. Able ou ablette; poisson du genre cyprin.

RONDION, IONE, adj. et subst. Se dit des personnes et signifie: Rondelet, qui est tout rond de graisse. Expression badine ou railleuse.

RONDO, adv. Rondement, facilement, sans nul obstacle, à souhait.Notre affaire marche rondo.Terme vaudois.

RONFLE, s. f. Sabot, toupie d'Allemagne, sorte de toupie creuse que l'on fait tourner avec une ficelle ajustée dans une clef et quironfleen tournant.Faire zon-ner une ronfle.En provençal:Rounfloun.

RONGEMENT, s. m. (fig.) Regret, tourment, remords.Un rongement d'esprit. Ce souvenir fatal était pour lui un rongement perpétuel.Terme vaudois.

RONGILLER, v. a. Ronger à demi, ronger légèrement et à plusieurs reprises.Rongiller une pomme; rongiller des fruits mal mûrs.

RONGILLON, s. m. Reste de fruit rongé.Tu m'as promis une poire, et tu me donnes un rongillon! Garde tes rongillons.Terme vaudois.

RON-NACHER, v. n. et a. Grogner, murmurer, ron-ner.

RON-NÉE, s. f. Action de grogner, de gronder, deron-ner.Faire une ron-née; faire des ron-nées.

RON-NER, v. n. et act. Se dit: 1oDu grognement de certains animaux et en particulier du chien et du porc.N'approchez pas de Sultan, il vous ron-nera.2oAppliqué aux personnes,ron-nersignifie: Gronder toujours et sans raison, murmurer, grommeler, rognonner.Bonjour, Pernette: que fait votre monsieur?—Oh là, Monsieur, notre monsieur ron-ne; il est en train de ron-ner, et je crains bien qu'il ne ron-ne toute la sainte journée.Terme vaudois et neuchâtelois.

RON-NEUR, s. m. Celui qui gronde souvent et sans raison, celui qui a l'habitude deron-ner. Dans le patois de Fribourg,ron-nerisignifie: Grondeur, grogneur, et se dit surtout des enfants.

ROQUETAILLE, s. f. Race de roquets. Terme de mépris créé dans le dix-septième siècle, et passé d'usage dans le dix-huitième.Ce ramassis d'étrangers n'était que de la roquetaille, c'est-à-dire: N'était qu'une race de roquets, d'hommes faibles, débiles, sans moyens intellectuels, et, avec tout cela, insolents. Les deux vers suivants sont tirés d'une chanson patoise, fort injurieuse, composée à la fin du dix-septième siècle, quelques années après l'arrivée à Genève des réfugiés français:

Il étion des citoyens véritables;Mais orendrait y est toroquetaille.

Il étion des citoyens véritables;Mais orendrait y est toroquetaille.

Il étion des citoyens véritables;Mais orendrait y est toroquetaille.

Il étion des citoyens véritables;

Mais orendrait y est toroquetaille.

c'est-à-dire: «La nation genevoise se composait jadis de vrais citoyens; mais aujourd'hui elle n'est plus qu'une race de roquets.» Tous ceux qui connaissent l'histoire de cetteépoque, savent qu'alors nos chefs d'ateliers, nos négociants, nos ouvriers furent très-jaloux de ces réfugiés français, qui, actifs et industrieux pour la plupart, leur faisaient une concurrence redoutable.

ROSE-MOUSSE. Rose mousseuse.ROSSÉE, s. f. Étrivières, volée de coups.Donner une rossée; recevoir une rossée.Terme dauphinois, etc.ROSSIGNOL, s. m. Marchandise qui n'est plus de vente, marchandise de rebut.Dis voir, on prétend que N*** va vendre en liquidation son magasin.—Son magasin! dis plutôt ses rossignols, car il n'a rien autre.ROTE, s. f. Rue, plante médicinale. Terme vaudois.ROTER, v. n. Terme d'agriculture. Suer.Ce foin n'a pas encore roté. Il faut laisser roter le blé avant de le battre. Voisine, avez-vous fait votre provision de châtaignes?—Non, j'attends qu'elles aient roté.ROTER, v. n. Terme de cuisine. Signifie: Crever, v. n.Faire roter du riz, c'est: Le faire crever dans l'eau.ROUCHE, s. m. Enrouement.Vous êtes bien enrhumé, Philibert.—C'est mieux qu'un rhume, Monsieur, c'est un rouche, un mauvais rouche.Terme suisse et savoisien. R.raucus.ROUET, s. m. En parlant d'un chat qui file, nous disons qu'ilfait le rouet, qu'ilfait son rouet; expressions justes, puisque en effet le chat, lorsqu'il est content, et qu'il se dorlote à son aise, produit un certain râlement, un certain bruit continu de la gorge au nez, assez semblable au bruit durouetquand on file.ROUGEMAND, ANDE, adj. Rougeaud.Une figure rougemande.[G. G.]ROUGEOTTE, s. f.Cette petite rougeotte lui avait donné dans l'œil.Dites: Rougeaude. Petite rougeaude.ROUGE-POULET, s. m. Nous disons proverbialement d'unechose ennuyeuse qu'on nous rabâche, et dont on nous bat fastidieusement les oreilles:C'est la chanson du rouge-poulet. Finis donc, Alexis, avec ta chanson de rouge-poulet: c'est assez quinquerné et triôlé.Le rouge-poulet, c'est le coq, dont le chant ne se modifie jamais.ROUILLE (LE).Ôter le rouille; enlever le rouille.Ce solécisme appartient au français populaire et au vieux français. «Rouille» est féminin.ROULER QUELQU'UN. Le leurrer, le mystifier, l'attraper, le duper, le mettre dedans. Terme français populaire.ROUPE, s. f. Houppelande, carrick, sorte de vêtement large, qui se met par-dessus l'habit.Roupe à trois cols.Terme savoisien. Dans le vieux français,roupillesignifie: Petit manteau. [VoyezRoquefort,Glossaire de la langue romane.]ROUSSES, s. f. pl. Rousseurs, taches de rousseur, lentilles.Les pleurs de la vigne ôtent les rousses.Terme suisse.ROUSSELETTE, adj. fém. Le fruit que nous appelonspoire rousselette, s'appelle en français: Poire de rousselet, ou: Rousselet. Un gros rousselet; un petit rousselet; une livre de poires de rousselet.RUBAN DE QUEUE, s. m. (fig.) Longue route en ligne droite et qui s'étend aussi loin que la vue peut porter.RUBLONS, s. m. pl. Terme de fripier. Riblons, vieux fer, petits morceaux de fer à refondre, hors de service.Une livre de rublons se vendait autrefois six quarts.RUBRIQUEUR, s. m. Rubricaire, homme qui sait bien les rubriques du bréviaire.RUCLON, s. m. Raclon, fumier des rues, boue, immondices ramassées dans les rues ou sur les routes pour servir d'engrais.Un chariot de ruclon.RUCLONNER, v. a. Étendre duruclon.Ruclonner un pré.RUCLONNER, v. neutre. Se dit des chiens, et signifie:Fouiller lesruclonspour y trouver des restes de viande et d'os en putréfaction.Mettez à Azor sa muselière, pour qu'il ne s'arrête pas à ruclonner.RUDE, adj. Grand, considérable, fameux.Nous avons eu hier une rude peur.Français populaire.RUDE, adv. Rudement, beaucoup, considérable, très, fort.Il faudra rude de gravier pour graveler cette promenade. On a bien mangé et on a bu rude. Et ton bourgeois, Jean-Pierre, qu'en fais-tu?—Mon bourgeois? Ce que je peux en dire, c'est que c'est un rude bon maître.RUE (EN). Dans la rue.On se rencontra en rue et l'on se causa. Fais vite tes commissions, Georgine, et ne t'arrête pas en rue.Expression gasconne. On trouve cependant la phrase suivante dans le dictionnaire de l'Académie (t. II, p. 684): L'événement se passa en pleine rue.RUETTE, s. f. Ruelle, petite rue.La ruette de Saint-Germain.Terme français populaire et vieux français.RUPER (SE), v. pron. Se dit des gens galeux ou pouilleux, et signifie: Se gratter avec violence, avec rage.Se ruperse dit aussi des chiens, mais sans qu'il s'y attache aucune idée dégoûtante.RUSSIN, s. m.VoyezHUILE DE RUSSIN.

ROSE-MOUSSE. Rose mousseuse.

ROSSÉE, s. f. Étrivières, volée de coups.Donner une rossée; recevoir une rossée.Terme dauphinois, etc.

ROSSIGNOL, s. m. Marchandise qui n'est plus de vente, marchandise de rebut.Dis voir, on prétend que N*** va vendre en liquidation son magasin.—Son magasin! dis plutôt ses rossignols, car il n'a rien autre.

ROTE, s. f. Rue, plante médicinale. Terme vaudois.

ROTER, v. n. Terme d'agriculture. Suer.Ce foin n'a pas encore roté. Il faut laisser roter le blé avant de le battre. Voisine, avez-vous fait votre provision de châtaignes?—Non, j'attends qu'elles aient roté.

ROTER, v. n. Terme de cuisine. Signifie: Crever, v. n.Faire roter du riz, c'est: Le faire crever dans l'eau.

ROUCHE, s. m. Enrouement.Vous êtes bien enrhumé, Philibert.—C'est mieux qu'un rhume, Monsieur, c'est un rouche, un mauvais rouche.Terme suisse et savoisien. R.raucus.

ROUET, s. m. En parlant d'un chat qui file, nous disons qu'ilfait le rouet, qu'ilfait son rouet; expressions justes, puisque en effet le chat, lorsqu'il est content, et qu'il se dorlote à son aise, produit un certain râlement, un certain bruit continu de la gorge au nez, assez semblable au bruit durouetquand on file.

ROUGEMAND, ANDE, adj. Rougeaud.Une figure rougemande.[G. G.]

ROUGEOTTE, s. f.Cette petite rougeotte lui avait donné dans l'œil.Dites: Rougeaude. Petite rougeaude.

ROUGE-POULET, s. m. Nous disons proverbialement d'unechose ennuyeuse qu'on nous rabâche, et dont on nous bat fastidieusement les oreilles:C'est la chanson du rouge-poulet. Finis donc, Alexis, avec ta chanson de rouge-poulet: c'est assez quinquerné et triôlé.Le rouge-poulet, c'est le coq, dont le chant ne se modifie jamais.

ROUILLE (LE).Ôter le rouille; enlever le rouille.Ce solécisme appartient au français populaire et au vieux français. «Rouille» est féminin.

ROULER QUELQU'UN. Le leurrer, le mystifier, l'attraper, le duper, le mettre dedans. Terme français populaire.

ROUPE, s. f. Houppelande, carrick, sorte de vêtement large, qui se met par-dessus l'habit.Roupe à trois cols.Terme savoisien. Dans le vieux français,roupillesignifie: Petit manteau. [VoyezRoquefort,Glossaire de la langue romane.]

ROUSSES, s. f. pl. Rousseurs, taches de rousseur, lentilles.Les pleurs de la vigne ôtent les rousses.Terme suisse.

ROUSSELETTE, adj. fém. Le fruit que nous appelonspoire rousselette, s'appelle en français: Poire de rousselet, ou: Rousselet. Un gros rousselet; un petit rousselet; une livre de poires de rousselet.

RUBAN DE QUEUE, s. m. (fig.) Longue route en ligne droite et qui s'étend aussi loin que la vue peut porter.

RUBLONS, s. m. pl. Terme de fripier. Riblons, vieux fer, petits morceaux de fer à refondre, hors de service.Une livre de rublons se vendait autrefois six quarts.

RUBRIQUEUR, s. m. Rubricaire, homme qui sait bien les rubriques du bréviaire.

RUCLON, s. m. Raclon, fumier des rues, boue, immondices ramassées dans les rues ou sur les routes pour servir d'engrais.Un chariot de ruclon.

RUCLONNER, v. a. Étendre duruclon.Ruclonner un pré.

RUCLONNER, v. neutre. Se dit des chiens, et signifie:Fouiller lesruclonspour y trouver des restes de viande et d'os en putréfaction.Mettez à Azor sa muselière, pour qu'il ne s'arrête pas à ruclonner.

RUDE, adj. Grand, considérable, fameux.Nous avons eu hier une rude peur.Français populaire.

RUDE, adv. Rudement, beaucoup, considérable, très, fort.Il faudra rude de gravier pour graveler cette promenade. On a bien mangé et on a bu rude. Et ton bourgeois, Jean-Pierre, qu'en fais-tu?—Mon bourgeois? Ce que je peux en dire, c'est que c'est un rude bon maître.

RUE (EN). Dans la rue.On se rencontra en rue et l'on se causa. Fais vite tes commissions, Georgine, et ne t'arrête pas en rue.Expression gasconne. On trouve cependant la phrase suivante dans le dictionnaire de l'Académie (t. II, p. 684): L'événement se passa en pleine rue.

RUETTE, s. f. Ruelle, petite rue.La ruette de Saint-Germain.Terme français populaire et vieux français.

RUPER (SE), v. pron. Se dit des gens galeux ou pouilleux, et signifie: Se gratter avec violence, avec rage.Se ruperse dit aussi des chiens, mais sans qu'il s'y attache aucune idée dégoûtante.

RUSSIN, s. m.VoyezHUILE DE RUSSIN.

SABOULÉE, s. f. Signifie: 1oVolée de coups, rossée; 2oForte gronderie.Donner une saboulée; recevoir une saboulée.Terme français populaire. On dit à Valenciennes:Une saboule. Mais aucun de ces mots ne figure dans les dictionnaires.SAC DE MISÈRE, s. m. Sac où nos dames serrent toutessortes de chiffons qui peuvent être utilement employés à des raccommodages.SAC D'OUVRAGE, s. m. Sac à ouvrage.SACHE (UNE). Sorte de grand sac qui a la forme d'un carré long.Une sache de riz; une sache de charbon; une sache de fenasse.Terme savoisien et méridional. Dans le français populaire,sachesignifie: Sachée, c'est-à-dire: Ce que peut contenir un sac.SÂCRE, s. m. Nous disons d'un homme qui travaille outre mesure:Il travaille comme un sâcre. Expression suisse. En français on dit: Il travaille comme un galérien. Nous disons aussi:Crier comme un sâcre, courir comme un sâcre, jurer comme un sâcre; c'est-à-dire: Crier, courir, jurer comme un perdu. Sur l'origine de cette expression les conjectures ne manquent pas; mais elles ne présentent rien de satisfaisant.† SACRÉFIER, v. a. Sacrifier.On se sacréfie pour ses enfants, n'est-il pas vrai, Marion? et ils ne font rien pour nous.SACREMENTATIONS, s. f. pl.Faire des sacrementations, signifie: Faire des jurements, faire des imprécations, blasphémer. Ce mot vient de l'allemand et il aurait dû y rester.SACRÉPAN, s. m. Sacripan.SAGATERIE, s. f. Boucherie pour la basse viande. Terme vaudois. En Provence et en Languedoc,sagatasignifie: Tuer des animaux pour s'en nourrir.SAGATIER, s. m. Boucher pour la basse viande. En provençal on dit:Sagataire.† SAIGNE (UNE). Une saignée.Une forte saigne. Le cérugien voulait m'adménistrer une seconde saigne: mais brenique.Terme savoisien. Dans le patois vaudois on dit:Un sagne.SAIGNE-NEZ, s. m. Plante appelée en français: Mille-feuilles.† SAINK-ET-SAUF, adj. masc. Prononciation vicieuse de l'adjectif «Sain et sauf.» Le son dukest ajouté pour l'euphonie.SAINT-FRISQUIN, s. m. Saint-frusquin, ce qu'un homme a d'argent et de nippes.Un tel a mangé tout son saint-frisquin.Terme vieux français. En Languedoc on dit:San-fresquin; en limousin,saint-flusquin.SAINT-LAMBIN, s. m. Nonchalant, paresseux, traînard.Qui est-ce qui m'a bâti ce saint-lambin? Arriveras-tu, saint-lambin? Quel saint-lambin!SAISON, s. f.Saison tardive n'est pas oisive, est un des jolis proverbes de nos campagnards. Ce proverbe signifie que: Les printemps tardifs sont les meilleurs dans un climat où les retours du froid sont si habituels et si funestes.SALADE À. Salade de.Une salade aux racines jaunes; salade à la chicorée; salade aux pommes de terre.Dites: Une salade de chicorée, une salade de pommes de terre, etc.SALADE, s. f. (fig.) Réprimande, mercuriale.Donner une salade. Il a reçu une salade conditionnée.Terme parisien populaire.SÂLE, adj. Malpropre.Du linge sâle; des doigts sâles. Tu es un négligent, tu es un sâle.Prononciation vicieuse très-répandue dans la Suisse française. Écrivez et prononcez «sale» (abref), comme vous prononcezscandale.SALÉE, s. f. Sorte de galette aux œufs.SALICHON, s. m. Petit salaud, petit saligaud. En français on dit d'une jeune fille malpropre: C'est une salisson.SALIÈRES, s. f. pl. (fig.) Dénomination dérisoire donnée à nos milices du centre, par allusion à la forme de leurs gibernes.Être dans les salières.SALIGNON, s. m. Briquette, motte de tan, motte à brûler.Les salignons servent surtout à entretenir le feu.Terme vaudois.SALIGOT, OTTE, adj. et subst. (obref.)Voyez cette saligotte, dans quel état elle se met!Écrivez et prononcez «Saligaud, saligaude.»SALIGOTAGE, s. m. Action desaligoter.Quel saligotage fais-tu là?Terme français populaire.SALIGOTER, v. a. Salir, tacher.Une robe saligotée. Mes petits amis, ne gadrouillez plus, vous vous saligotez.SALONGLÉE, s. f. Volée de coups, rossée, raclée.SALONGLER, v. a. Rosser, rouer de coups.SALOPIAUD, AUDE, subst. Petit salaud, petite salaude. On dit en Champagne:Salopier.SALVAGNIN, s. m. Nous appelonssalvagnin, ouvin salvagnin, une sorte de vin rouge du pays. Plusieurs personnes écrivent et prononcentsarvagninetservagnin. Terme vaudois. En France:Sauvignon,sauvignainetservignain.SANDARAQUE (LE). Ce mot est féminin.SANG, s. m. Signe, tache brune sur la peau.Avoir des sangs.En limousin:Sen.SANG, s. m. Nous prononçons encoresanke, comme on le prononçait au treizième siècle et au quatorzième.Des larmes de sanke.On doit prononcer san devant une consonne, etsankdevant une voyelle.SANG, s. m. Nous disons de quelqu'un qui s'inquiète, se tourmente, s'agite sans motif suffisant:Il se fait du mauvais sang.Les dictionnaires disent, en supprimant le pronom personnel: «Il fait du mauvais sang,» ou: «Il fait de mauvais sang.»† SANGEMENT, s. m. Changement.† SANGER, v. a. Changer.Tu es bien trempe, Mariette, faut t'aller sanger: oui, sange-toi.Expression signalée dans leGlossaire du Berry, p. 98.SANGSUER, v. a. Importuner, fatiguer, obséder, vexer.Mais, John, cesseras-tu enfin de nous sangsuer? Ce n'est pas en nous sangsuant que tu obtiendras quelque chose.Dans le français populaire on dit:Sangsurer, ou:Sansurer.† SANGSUIE, s. f. Sangsue.La femme des sangsuies. Mettre des sangsuies.† SANGUINAIRE, adj.Tempérament sanguinaire.Dites: Sanguin.SANGUINE, adj. Nous appelonspêche sanguine, une sorte de pêche violette.SANS ACOUP ou À COUP, locut. adv.Les ouvriers monteurs de boîtes ont augmenté le prix de la main-d'œuvre sans acoup, c'est-à-dire: Sans secousse ou heurt, sans causer de contre-coup qui ait arrêté les affaires.SANS POINT DE, locut. prépositive.Il voyageait sans point d'argent.Dites: Sans argent.Il se tira de cette horrible échauffourée sans point de mal. Il marchait au supplice sans point de peur.Français populaire et vieux français.SARCENETTE, s. f. Lustrine, sorte d'étoffe.† SARCHER, v. a. Chercher.Va-t'en voir me sarcher mon bonnet, sur le darnier tablat en n'haut du placard.Terme vieux français. [VoyezRoquefort,Glossaire, t. II.]SARCLORET, s. m. VoyezSERCLORET.SARPE, s. f. Terme des campagnards. Sorte de hache, qui sert surtout à tailler les arbres et à faire des fagots. Terme fort usité, qu'on trouve déjà dans le vieux français, et duquel s'est formé le mot de Serpe.† SARPENT (UNE). Un serpent. Dans le patois de l'Isère:Sarpin.SARVAGNIN, s. m. VoyezSALVAGNIN.SAÜ ou SAÏU, s. m. Terme des campagnards. Sureau, sorte d'arbrisseau.Du bois de saü; moëlle de saü.En Savoie:Savu; dans le canton de Vaud,sau,sahuousuau; enrouchi,séu; en Franche-Comté,saivu; dans le patois de l'Isère et en Normandie,seu; dans le Jura,sou; en wallon,saou; dans le département du Tarn,sagut; en Gascogne,sahuc; en vieux français,sahu,séhu,seu.SAUCE, s. f. Nous disons figurément, d'une personne qui a commis une faute:Elle a fait la faute, qu'elle en boive la sauce, pour dire: Qu'elle en subisse les fâcheuses conséquences.SAUCE, s. f.Sauce de rôti.Dites: Jus de rôti. Nous disons proverbialement:La sauce vaut mieux que le rôti; l'accessoire vaut mieux que le principal. Les dictionnaires français disent: La sauce vaut mieux que le poisson.SAULE, s. m. Nos paysans font ce mot féminin.Arve entraînait cette saule que j'ai pu enfin accrocher.Il est pareillement féminin dans le canton de Vaud, en Savoie, en Lorraine, et sans doute ailleurs. R. lat.salix, s. f.SAUMACHE, adj. et subst. Saumâtre.Vous nous donnez de l'eau qui a un goût saumache, un goût de saumache.[G. G.]SAUME, s. f. Ânesse.Louer une saume. Galoper sur une saume.Terme savoisien, lyonnais et dauphinois. Dans le patois vaudois:Chouma; dans le dialecte provençal et dans le patois du bas Limousin,saoumo.Saumese trouve dans le dictionnaire deCotgrave, édition de 1650.SAUTÉE, s. f. Saut. Ne s'emploie guère que dans l'expression suivante, qui appartient au langage le plus familier:Faire une sautée chez quelqu'un, c'est-à-dire: Y aller très-vite et ne pas s'y arrêter.SAUTÉE, s. f. Forte réprimande.Faire une sautée à quelqu'un, veut dire: Le tancer vertement.SAUTIER, s. m. Chef des huissiers. Lesautierloge à l'hôtel de ville et a l'intendance de tout le matériel du bâtiment. Bonivard, dans son livre deL'ancienne et la nouvelle Police, dit que «leSautierest le maître du guet et l'huissierdu Conseil.» Terme neuchâtelois. Il est probable que ce mot s'écrivait anciennementsceautier, et que ce fonctionnaire tenait les sceaux du Conseil.SAUVAGE, s. m. Sauvagin. Se dit soit du goût, soit de l'odeur de quelques oiseaux de mer ou d'étang.Notre salmis sentait le sauvage.Terme vaudois, neuchâtelois, parisien populaire, lorrain, etc.; à Bordeaux on dit:Sentir le sauvageon; en Languedoc,le sauvageun. Dans le vieux français,salvaginesignifiait: «Bête fauve.»SAUVE, adj. Sauvé, qui a échappé à un péril.Benoît était hier dans le plus grand danger: on l'a saigné à propos, et le voilà sauve.Terme suisse, etc.SAUVER DE (SE), v. pron.Tu te sauves de moi, Robert?—Et pour quelle raison me sauverais-je de toi, je ne t'ai rien fait?Cette expression, si usitée,se sauver de quelqu'un, c'est-à-dire: Lui échapper par la fuite, manque dans les dictionnaires, quoiqu'elle mérite assurément d'être observée; car l'expression française «fuir quelqu'un» n'est pas l'équivalent dese sauver de quelqu'un, ou, du moins, «fuir quelqu'un» appartient au style relevé, etse sauver de quelqu'unappartient au style familier ou style de la conversation.SAVATER, v. a. Saveter, déranger, incommoder, gâter, faire un ouvrage malproprement et en dépit du bon sens.Ce vin m'a savaté le cœur; il m'a savaté l'estomac. Vous m'avez savaté cet ouvrage.Il se dit spécialement du linge taché par les cendres de la lessive.Notre linge est bien savaté.En Lorraine on dit d'un mauvais ouvrage:C'est de la savate.SAVATURE, s. f. Saleté causée par les cendres qui ont filtré avec lelissudans le linge.Ces draps sont pleins de savature.SAVIGNON, s. m. Cornouiller sanguin, arbre d'un bois très-dur.SAVOIR, v. a. Nous disons proverbialement, pour nous excuser d'ignorer une chose survenue à notre insu:Qui ne sait rien ne sait guère.SAVOIR, v. a. Nous disons d'une personne fort habile, et surtout d'une personne subtile et qui trouve des ressources dans les conjonctures les plus épineuses:Elle les sait toutes et une par-dessus.SAVOIR À DIRE. Faire savoir, informer, marquer, mander, instruire.Si tu te décides à ce voyage, tu me le sauras à dire.Expression suisse, lyonnaise et méridionale.SAVONNADE, s. f. Savonnage, blanchissage par le savon.Ce n'est pas une lessive, c'est une savonnade.Terme savoisien et méridional.SAVONNETTE, s. f. Terme d'horlogerie.Une montre à savonnette, ou simplementune savonnette, est une montre dont la boîte a un fond et un couvercle en métal.SAVOURÉE, s. f. Savorée ou sarriette, plante.SAVOYET ou SAVOUIET, s. m. Raisin rouge de qualité inférieure, lequel croît dans nos environs et qui rend beaucoup. [G. G.]SCHLAGUER, v. a. Battre, rosser, donner la schlague.Il fit l'insolent et fut schlagué.En allemand:Schlagen. Les mots Schlague et Schlagueur se trouvent dans quelques dictionnaires modernes.SCIE, s. f. (fig.) Rabâchage, ritournelle fatigante, répétition sotte et fastidieuse.Faire des scies.SCIE, s. f. Scierie, moulin à scie, moulin où l'on scie les planches. Nous disons quelquefois:Scie à eau. Terme suisse, savoisien et méridional.SCORSONÈRES, s. m.De bons scorsonères.Ce mot est féminin.SE, pron. pers. Les campagnards substituent le pronomseaux pronomsnousetvousdans les verbes pronominaux,et réciproquement: ils disent, par exemple:Vous s'ennuyez chez nous, Messieurs. Adieu, Nicolas; nous se reverrons dimanche. Laissez ces paumes de neige, enfants, vous s'attraperez les yeux. Vous se manquerez, Madame(vous vous manquerez, Madame),en passant par cette route. Expression savoisienne, jurassienne, dauphinoise, etc.SÉCHARD, s. m. Vent du nord-est.SECHER, v. a. Écrivez et prononcez, avec un accent aigu, «Sécher;» et ne dites pas:Secher des pruneaux; secher des z'haricots. Voilà le beau temps, femme; on pourra secher notre lissive.Faute fréquente.SEC ET SONNANT, s. m. Nous disons d'une personne riche:Elle a du sec et du sonnant, c'est-à-dire: Des écus.SÉCHOT, s. m. Se dit d'une personne très-maigre et très-sèche.Pourrait-on être plus raide et séchot que cette demoiselle N**!SÉCHOT, s. m. Chabot,gobioà tête énorme, poisson qui se blottit sous les pierres des eaux claires et courantes. Terme vaudois. A Neuchâtel on appelle ce poisson:Chassot; à Yverdon,tête-à-maillot; en Languedoc,âne; dans d'autres provinces de France,meunier.SÉCHOTER, v. n. Prendre desséchots. Terme vaudois. Dans les mois de janvier, de février et de mars, pendant que le Rhône est fort bas, nos jeunes garçonsséchotent.SÉCHOTIER, s. m. Harle, oiseau aquatique.SECONDE MAIN (DE).Des livres de seconde main.Dites: Des livres de la seconde main.SECOUÉE, s. f. Secousse.Un vomitif, le vomitif Leroy, par exemple, lui donnerait une secouée salutaire. Les fruits tombèrent de l'arbre à la première secouée.Limousin, etc.SECOUÉE, s. f. Expression adoucie pour dire: Gifle, danse.C'est un drôle, donne-lui une bonne secouée.SECOUER, v. a. Battre, gifler.Il l'a fièrement secoué.SECOUPE, s. f. Soucoupe.Apportez-nous une jatte, deux tasses et deux secoupes.Terme français populaire. En Lorraine on dit:Sucoupe.SECRETAIRE, s. m. Nous prononçons tantôtsecretaireet tantôtsécretaire. La prononciation véritable est: «SecrÉtaire.»†SÉGNIFIER ou SÉNIFIER, v. a. Signifier.À çà, Mariette, cette fréquentation qui se prolonge, me diras-tu qu'elle ne sénifie en rien?Terme vieux français.SEICHE, s. f. Sorte de flux et de reflux particulier à notre lac et à celui de Constance. «On voit quelquefois, ditDe Saussure, notre lac s'élever tout à coup de 4 ou 5 pieds, s'abaisser ensuite avec la même rapidité, et continuer ces alternatives pendant quelques heures. Ce phénomène, peu sensible sur les bords du lac qui correspondent à sa plus grande largeur, l'est davantage aux extrémités, mais surtout aux environs de Genève, où le lac est le plus étroit.» [Voyage dans les Alpes, t. I, p. 12.]SEIGLE (LA). Sorte de blé. Les campagnards font habituellement ce motféminin, parce qu'en patois il est féminin (la sey-la, oula chăla).SEILLE, s. f. Sorte de seau en bois, à oreilles, et de forme ronde, avec lequel on porte l'eau et le lait.Prends vite ta seille, Jaqueline: on crie à l'eau!Laseillese porte sur la tête avec un coussinet que nous appelonstorche. Terme vaudois.M. Bescherelle, en citant ce mot, dit qu'il s'employait «anciennement» dans le sens de: Vase, seau de bois.M. Bescherellepouvait ajouter que toute la Suisse romane et les trois quarts de la France connaissent ce terme et en font un usage journalier.SEILLÉE, s. f. Plein uneseille.SEILLOT, s. m. (obref.) Petiteseille, baquet.En 1535, le droit de bourgeoisie s'achetait pour quatre écus d'or et unseillot de cuir.Les dictionnaires deBoisteet deBescherelleécrivent: «seilleau,» qui est la vraie orthographe; mais ils se trompent quand ils ajoutent que c'est un terme de mer: comme si l'on ne faisait usage deseilleauxqu'à bord des navires. On s'en sert en Suisse, en Savoie et en diverses provinces de France. Dans la Bresse et à Mâcon, on écrit:Seillet; dans le canton de Vaud et en Languedoc,seillon; à Lille,siellot, etc.SELLE, s. f. Ne dites pas:Aller sur selle, mais: Aller à la selle, aller à la garde-robe.SEMATURE, s. f. Ce qu'on peut semer dans une certaine étendue de terrain.Trois coupes de semature.Le mot français «contenance» ne rend pas exactement l'expression genevoise.SEMBLANT, s. m. Ne dites pas:Il a fait cela pour semblant; il se fâchait pour semblant; ils se sont querellés, mais pour semblant. Dites: Il a fait cela pour rire; il se fâchait par manière de plaisanter, etc. Dans notre langage,pour semblantsignifie aussi: Une petite quantité, un tantinet, fort peu.Madame boit-elle du vin?—Oui, j'en bois, mais pour semblant; donnez-m'en pour semblant. Dis-moi, Lisette, ne tombe-t-il pas une grosse pluie?—Non, Madame, il pleut pour semblant.SEMBLER, v. a. Ressembler à.Il semble son père; elle semble sa mère.Terme dauphinois, etc.SEMBLER À. Ressembler à.Tu sembles beaucoup à ton frère. On dit que je semble à mon oncle.Vieux français.SEMBLER DE, v. imp.Il me semble de le voir; il me semble d'avoir lu quelque part, etc. Retranchez la prépositionde, et dites avec tous les dictionnaires: Il me semble le voir, il me semble avoir lu.SEMELLE (LA). Jeu d'écolier, qui a du rapport avec le jeu que nous appelonspasse-gent.SEMENCES, s. f. pl. Semailles.Le temps des semences.Expression franc-comtoise et méridionale. Semence se dit des grains que l'on sème.SEMENTS, s. m. pl. Semences, grains que l'on sème.De bons sements; du blé de sement; une coupe de sement.Terme suisse.Vous avez eu l'an dernier de bien belles pommes de terre dans ce petit champ.—Oui, Monsieur, et j'en aurai de plus belles encore cette année-ci: j'ai changé de sements.SEMOUTER ou CHEMOUTER, v. a. Terme rural, fouler, presser en foulant.Semouter le raisin; semouter le gazon. Ne semoute pas ces petites salades.Terme vaudois.SÉNIFIER, v. a. VoyezSÉGNIFIER.SENS DEVANT DIMANCHE. Euphémisme, pour: Sens devant derrière.Qu'est-ce qui te fait rire, Jeannette?—Ah! c'est que Monsieur a mis sa robe de chambre sens devant dimanche.Français populaire. [VoyezDictionnaire du Bas langage.]† SENSIBLEMENT, adv. Insensiblement.SENTIE (LA). Le moment où la mère sent pour la première fois tressaillir l'enfant qu'elle porte dans son sein.MmeN** fut toujours malade, ou du moins très-incommodée jusqu'à la sentie.SENTIR (SE), v. pron. Se souffrir.Je ne pouvais me sentir dans cette ville de Constance, c'est-à-dire: Le temps me durait, je me déplaisais dans cette ville de Constance. Expression méridionale.† SENTU, TUE, part. Senti, sentie.Dis-donc, Alexis, l'as-tu sentu ce coup de poing sur l'œil?Ce barbarisme appartient au vieux français et au français populaire.SEOIR (SE). Les dictionnaires, en enregistrant ce verbe, ajoutent qu'il est vieux. Il est, en effet, fort ancien dans la langue française, mais il est encore vivace et journellementusité à Genève.Madame voudrait-elle prendre la peine de se seoir? Henriette, fais seoir ces dames. Je suis pressée, ma chère, et n'ai pas le temps de me seoir.Mais nous ne l'employons qu'à l'infinitif.SEPTANTE, nom de nombre. Soixante et dix.Septante poses de terrain. Une compagnie de septante grenadiers. Je lui prêtai septante francs.Ce terme, d'un usage universel dans la Suisse française et dans le midi de la France, appartient au vieux français. Soixante et dix est un terme incommode dans la numération, et tous les grammairiens français s'accordent à désirer queseptantelui soit substitué.SEPT-EN-GUEULE, s. m. Sorte de très-petites poires, dontseptentreraient à la fois dans la bouche.Les sept-en-gueule sont les plus précoces, mais peut-être les moins bonnes, de toutes les poires de nos environs.SÉRAC ou SERAC, s. m. VoyezSÉRET.SERACE ou SÉRACE, s. f. VoyezSÉRACÉE.SÉRACÉE, s. f. Caillebotte, lait caillé dont on a séparé le petit lait, et qui fait masse. «La Fanchon me servit des grus, de la céracée, des gauffres, des écrelets.» [J.-J. Rousseau,Nouv. Héloïse, IVepartie.] Terme vaudois et neuchâtelois. En quelques endroits du canton de Vaud on dit:Du seracé.SÉRAILLE, s. f. Se dit des armes à feu et signifie: Long feu, faux feu.Faire séraille. Le lièvre était presque à bout portant, mais le fusil fit séraille.Terme vaudois.SERBACANE, s. f. Sarbacane.SERCLER, v. a. Sarcler, ôter les mauvaises herbes, au moyen d'un instrument tranchant appelé Sarcloir.Sarcler un bosquet; sarcler les allées d'un jardin.Terme français populaire et vieux français.SERCLORET, s. m. Sarcloir, petite houe.Emmancher un sercloret.Terme suisse. Dans plusieurs provinces de France on dit:Sercloir, au lieu de: Sarcloir.SÉRET, s. m. Fromage très-maigre qu'on obtient après le fromage gras, en faisant cailler le petit lait. On le mange frais en le trempant dans de la crème. Terme suisse et jurassien.† SERINGUE, s. f. Pompe à incendie.Les seringues arrivèrent trop tard. On entendait le roulement sinistre des seringues pendant la nuit.Ce mot deseringuese trouve fréquemment employé, en ce sens, dans nos anciennes archives. Le dictionnaire de Furetière dit «qu'on s'est longtemps servi, dans les incendies, de grossesseringuespour élever l'eau en l'air.»SERINGUER, v. a. (fig.) Ennuyer.Va-t'en et laisse-nous: tu nous seringues.SERMENT, s. m. Sarment, bois que pousse un cep de vigne.Des fagots de serments. Un feu de serments. Brûler des serments.Terme suisse, savoisien, lyonnais, limousin, dauphinois, gascon, lorrain, parisien populaire et vieux français.SERMENT, s. m. Plusieurs personnes disent:J'en fais de serment; j'en ferais de serment, etc. Pour être correct, il faut supprimer lede, et dire: J'en fais serment; j'en ferais serment.† SERPENT (UNE). Un serpent.Cette vieille Arnoux est une mauvaise langue, une poison, une serpent.Ce solécisme, très-commun en Suisse, appartient au vieux français.SERREMENT D'ESTOMAC. Dites: Serrement de cœur.À la vue de cette douloureuse opération, je fus saisi d'un serrement d'estomac.Terme languedocien.SERRETTE, s. f. Serre-tête, sorte de bonnet de nuit.SERTISSEUR, s. m. Terme de joaillier. Celui qui sertit ou enchâsse les pierres précieuses dans un chaton.SERVANT, s. m. Esprit follet, lutin qui, dans les chaumières, dans les chalets et dans les vieux bâtiments, fait du bruit et des espiégleries. Terme vaudois et fribourgeois.SERVANTE, s. f. Chevrette, instrument de cuisine que l'on suspend à la crémaillère, et qui sert à soutenir lacassette(le poêlon) sur le feu. Cette dénomination une fois donnée à un ustensile d'un ordre très-inférieur, nos cuisinières ne peuvent tolérer qu'on les appelleservantes. Je trouve les lignes suivantes dans une brochure publiée le 1erjuillet 1794: c'est une dame qui parle. «Lesservantes, disais-je une fois à la mienne, ne doivent-elles pas ménager le bien des maîtres?—Qu'appelez-vousservante, Madame? Lesservantessont à la crémaillère.» [Plaidoyer pour le corps des servantes.]SERVANTE, s. f. Nous disons proverbialement de quelqu'un qui, par zèle ou par un autre motif, fait plus qu'on ne lui demande:Il fait comme la servante à Pilate(proverbe languedocien). Le dictionnaire de l'Académie dit: Il est comme le valet du diable: il fait plus qu'on ne lui commande.SERVICE (UN). Un couvert, c'est-à-dire: L'assiette, le verre, le couteau, la cuiller, la fourchette et la serviette.Mettez un service pour Monsieur.Nous appelons plus particulièrementservice, la cuiller et la fourchette réunies.Eh quoi! Madelon, vous me donnez une assiette et un verre, et vous oubliez le service!C'est dans ce sens que nous disons:Un service d'étain; un service en métal d'Alger; Benoît a eu pour présent de noces six services d'argent. Terme suisse, savoisien et méridional.SETIER, s. m. Mesure de capacité pour les liquides.Un setierrenferme vingt-quatrequarterons, soit environ 60 bouteilles ordinaires, soit 54 litres 144 centilitres.SEUJET (LE). Nom d'une de nos rues, située au bord du Rhône, et où sont établis plusieurs ateliers de teinture et de dégraissage. L'origine de ce nom est vraisemblablement le mot languedocien:Sugé, ousujier, qui signifie: Teinturier.SI, adv. Extrêmement. Si, adverbe, ne peut se placer immédiatement devant un substantif. Il est donc incorrect de dire:J'ai si peur; j'ai si faim; elle avait si froid; ils avaient si honte; elle a si envie d'être mariée; c'est si dommage de détruire ces beaux peupliers!Français populaire.SI, adv. Tellement, tant.J'ai si affaire aujourd'hui que je ne sais par où commencer.SIAU, s. m. Seau.Siau en bois; siau en cuir. Un siau d'eau.Terme usité dans une partie de la Suisse et de la Savoie, en Dauphiné, dans le Limousin, en Franche-Comté, en Lorraine, en Champagne, en Bretagne et à Paris. On dit:Séauà Marseille, à Bordeaux, à Chambéry, et sans doute ailleurs.SI AU CAS ou SI EN CAS, loc. conjonct. Au cas que, si.Si en cas tu sors, Marguerite, laisse la clef chez notre voisine. Si au cas Duperrut venait m'assigner, je saurais bien me défendre.SI BIEN, loc. adv. Oui, assurément, sans doute.Tu ne te baignes pas aujourd'hui, Samuel?—Si bien.Terme provençal, etc.SICLARD, ARDE, adj. Criard, perçant.Une voix siclarde; un timbre siclard.SICLÉE, s. f. Cri aigu, cri perçant. Se dit surtout du cri des enfants, du cri des jeunes garçons et de celui des jeunes filles.Faire des siclées; pousser des siclées.SICLER, v. n. Pousser des cris aigus, crier avec éclat.Amusez-vous, mes amis, sans crier et sans sicler.En languedocien:Sisclà.SICLES, s. m. pl. Cris aigus des enfants.Faire des sicles. Leurs sicles nous déchiraient le tympan.Nos quatre mots desicle,siclée,sicleretsiclardsont des onomatopées remarquables.SIENNES, pron. poss. plur.Un tel a bien les siennes, signifie:Un tel a bien ses mésaventures, ses chagrins, ses malheurs.Après avoir perdu sa fortune, Hector perd sa fille aînée: il faut avouer qu'il a bien les siennes.SIFFLER (EN), v. a. N'est employé que dans cette expression:Je t'en siffle, par laquelle on donne à entendre que l'espérance de quelqu'un sera déçue.Lui! te prêter son cheval!... Je t'en siffle, bernique.Nous disons dans le même sens:Je t'en moque.SIFFLET, s. m. Sifflement, vent coulis.Il venait un sifflet par la porte, et j'y attrapai un coup de froid.SIFFLET, s. m. Instrument pour siffler.Avec de l'argent on a des sifflets à Saint-Claude(ville du département du Jura, renommée pour ses ouvrages en buis), proverbe dont le sens est: Qu'avec de l'argent on se procure tout ce qu'on veut; qu'avec de l'argent tout est possible.SIGNER (SE), v. pron. Apposer sa signature, signer.Où faut-il que je me signe?—Signe-toi après tes deux oncles.«Calvinse signasouvent dans ses lettres, Charles de Heppeville, ou Happeville. Calvinse signaitpeut-être ainsi pour,» etc. [Senebier,Histoire littéraire de Genève, t. I, p. 246.] Expression suisse et méridionale.Se signerest français dans le sens de: Faire le signe de la croix.† SIGNIFIER À, EN et DE.Cela ne signifie à rien; cela ne signifie en rien; cela ne signifie de rien.Trois barbarismes qui ont également cours à Genève, mais dont le deuxième est le plus fréquent. Il faut dire, sans préposition: Cela ne signifie rien.SIGOUGNÉE, s. f. Tiraillement, ébranlement violent, secousse brutale.Après trois ou quatre fortes sigougnées, la porte fut jetée bas.SIGOUGNER, v. a. Tirailler, agiter vivement, secouer brutalement.Sigougner un pieu pour l'arracher; sigougner une porte pour l'ouvrir; sigougner un loquet; sigougnerquelqu'un. Il m'empoigna et me sigougna le bras jusqu'à m'estropier.Terme énergique, et qui n'a pas de synonyme en français. Les Languedociens disent:Segougnà; en provençal,sagagna.SIMAGRIE, s. f. Simagrée.Allons au fait, et laissons toutes ces simagries.SIMOLAT, s. m. Semoule, farine en grains.Soupe au simolat.Terme valaisan et savoisien. En piémontais on dit:Semola.† SINGULIARITÉ, s. f. Écrivez et prononcez «Singularité.»Singuliaritéappartient au vieux français, et se dit encore dans quelques provinces du nord de la France.SIOÛTE, ou SOÛTE, ou CHOÛTE, s. f. Abri.À la sioûte, à l'abri, à couvert.Se mettre à la sioûte.Dans le patois vaudois:À la chótă; dans le patois de Fribourg,à la sota; dans le patois de l'Isère, à Lyon et en Franche-Comté,à la soute. Dans le dialecte provençal,soustosignifie: Abri.SIRE-JEAN, s. m. VoyezPOIRE.SIROP MAGISTRAT, s. m. Sirop magistral.SISSON, s. m. Terme enfantin. Chien, petit chien.Viens, Alfred, viens caresser le sisson.SISTANCE, s. f. Ce qui est nécessaire à l'homme pour vivre et se sustenter. Ne s'emploie qu'avec la négation.N'avoir pas sistance, signifie: Être dénué de tout.Ce pauvre Guignolet n'a pas sistance au monde.Ce mot desistancese prend quelquefois dans un sens plus spécial, et signifie: Nourriture, aliment.Ma bonne dame, donnez-moi un morceau de pain, il n'est pas entré sistance dans mon corps aujourd'hui.Terme savoisien. Dans le dialecte rouchi on dit:Sustance. Se dit aussi des choses.Quand les cendres ont donné toute leur sistance, on les ôte, etc.SI TELLEMENT, si fort, tellement.L'affaire est si tellementembrouillée, que les avocats mêmes n'y voient goutte.Français populaire.SOBRÉCOT, s. m. Subrécot, le surplus de l'écot, ce qu'il en coûte au delà de ce qu'on s'était proposé de dépenser.† SOCIALISTE, s. m. Socialisme.SOCIÉTÉ (LA). Le monde. Nous disons:Aller en société; se plaire en société; s'ennuyer en société. Où étiez-vous hier au soir, Monsieur Artus?—J'étais en société.On dit en français: Aller dans le monde; se plaire dans le monde; s'ennuyer dans le monde, etc. On peut dire aussi: Aller dans la société; se plaire dans la société; s'ennuyer dans la société.SOCÎTÉ, s. f. Prononciation vicieuse du mot: Société.† SOFRE, prép. Sauf.Sofre votre respect, permettez que... La Josette fut obligée de vendre tout son bataclan, sofre un lit et un placard.SOI-DISANT, loc. adv. Dit-il, dit-elle. Ce terme (soi-disant) est mal employé dans les phrases suivantes et les analogues.Il m'emprunta d'excellents livres, soi-disant pour les lire, et il les vendit. On lui a fait soi-disant une injustice criante. Quand l'enfant manque le collége, les parents l'excusent auprès du régent par un soi-disant mal de tête.Mais «soi-disant» est bien placé dans les exemples qui suivent: On m'adressa à un soi-disant chirurgien qui n'était, à vrai dire, qu'un frater. Je me trouvai près d'une dame soi-disant polonaise et qui était de Chambéry. «Soi-disant» demande toujours à être suivi d'un complément, lequel sert de qualification au pronom personnel qu'il renferme.SOIGNER UNE CHOSE.Soigner un parapluie. Soigner des hardes. Soigne ton manteau, Jules, soigne tes gants et ton chapeau.«Soigner» n'a point ce sens en français. Il faut employer le mot «serrer.» Serrer un habit, serrer un chapeau, etc.SOLET, LETTE, adj. Seulet, lette.Elle s'en retournait toute solette.Terme vaudois.SOLI, s. m. Fenil, grenier à foin. Terme vaudois et fribourgeois. Dans le Jura on dit:Soulierousolier; dans les Vosges,slo; dans le Limousin,soulié; en vieux français,solier. R.solarium.SOLICISME, s. m. Solécisme.SOLIDE, adj. Se dit du temps qu'il fait, et signifie: Assuré, qui est de durée.Crois-tu ce beau temps solide?SOLIDER, v. a. Consolider, affermir.Solider une palissade, solider une table.Terme franc-comtois.SON, pr. pers. Ne dites pas:Il fait son entendu; il fait son homme d'importance, etc., dites: Il fait l'entendu, il fait l'homme d'importance. Ne dites pas non plus:Il fait son embarras, dites: Il fait de l'embarras, beaucoup d'embarras.SON DE BIÈRE, s. m. Drague, c'est-à-dire: Orge ou tout autre grain cuit, qui a servi à faire de la bière.SONNÉE, s. f. Se dit d'un fort coup de cloche.Faire une sonnéesignifie: Donner un fort coup de cloche.Peut-on faire de pareilles sonnées à la porte d'un malade!Terme languedocien.SONNETTE, s. f. On ne dit pas:Mettre une sonnette, on dit: Poser une sonnette.SOPHIE. N'est usité que dans cette locution:Il fait sa sophie, c'est-à-dire: Il fait la demoiselle sage.SORCILÉGE, s. m. Sortilége. R.sortilegium.SORT, s. m. Malheur, guignon, sort fâcheux.Ai-je du sort! Faut-il avoir du sort! Il faut convenir que vous avez trop de sort.SORTE, s. f. Bonne qualité, bon acabit.Être de sortesignifie: Être sortable, être convenable, convenir à l'état et à la condition des personnes.Pour le bal de la vogue, cette robe et ce châle ne sont pas de sorte. Voilà, certes, un feu qui est de sorte. Il faut choisir à votre Bénigne un mari qui soitde sorte.Expression très-répandue chez nos campagnards.† SORTIR DE PORTE. Sortir de la ville.Où allez-vous, Henriette? Sortez-vous de porte?SOT, SOTTE, adj. et subst. Qui n'est pas sage, qui fait l'espiègle, le désobéissant, le paresseux. Se dit des enfants et des jeunes adolescents.Tu veux donc toujours faire le sot, Guillaume. Tu es bien sotte, Fanny, de ne pas prêter tes joujoux à ton petit frère.Terme suisse, savoisien, marseillais, etc.SOTTIFIER, v. a. Désappointer, attrister, rendre sot, rendre penaud.Ce départ subit nous sottifia. Un refus si désobligeant et si inattendu sottifia toute la famille.SOUCARE, s. m. VoyezSOUQUART.† SOUCI, s. m.Froncer le souci. Après son érésipèle, les soucis lui sont tombés.Terme français populaire. Écrivez «Sourcil» et prononcezsourci.SOUCILLER (SE), v. pron. Se faire des soucis, se créer des soucis.Un peu de courage, mère, il ne faut pas te souciller pour si peu de chose.SOUCILLEUX, EUSE, adj. Soucieux. Qui a du souci, qui marque du souci.Un front soucilleux; un air soucilleux; Vous paraissez bien soucilleux, Monsieur Auguste.SOUFFLER À.Souffler à un écolier qui récite sa leçon; souffler à un acteur.Il faut dire: Souffler un écolier; souffler un acteur.SOUHATER ou SOITER, v. a. Écrivez et prononcez «souhaiter,» comme «allaiter,» et ne dites pas:Je vous soite le bonsoir; on vous soite le bonjour.SOUILLATON, s. m. Les campagnards désignent par ce mot un homme qui est habituellement entre deux vins, ne quittant un cabaret que pour aller boire dans un autre.SOÛLER, v. a. (fig.) Ennuyer à l'excès, assommer.Elle me soûle avec ses visites répétées et ses conversations sans fin.Expression fort triviale.SOÛLIAUD, s. m. Soulaud, ivrogne, sac-à-vin.C'est un soûliaud, un vilain soûliaud qui boit tout ce qu'il gagne.Terme vaudois.SOÛLIAUD ou SOÛLIOT, s. m. Terme enfantin. Petite poupée de sureau qui, lors même qu'on la renverse, retombe toujours sur ses pieds.SOÛLION, s. m. Ivrogne, homme qui ne dessoûle pas. Terme vaudois. A Neuchâtel et dans le Jura on dit:Un soûlon.L'Académie écrit: «Souillon,» et donne à ce terme un sens différent.SOUMISSION RESPECTUEUSE. Acte extra-judiciaire bien connu. La véritable expression est: «Sommation respectueuse.» MlleN** vient de faire la troisième sommation respectueuse. [Acad.]Soumission respectueuseest un barbarisme, mais ce barbarisme ne nous est pas particulier. Je le trouve signalé entre autres dans leVocabulaire du Bas langage rémois, p. 87.SOUPE, s. f. Nous disons proverbialement d'une personne qui dort longtemps et profondément:Elle dort comme une soupe.On dit en français: Dormir comme une souche; dormir comme un sabot.SOUPOUDRER, v. a. Saupoudrer.Ce gâteau aurait eu besoin d'être soupoudré de sucre.Français populaire. R.sau, vieux mot français qui veut dire: Sel.SOUQUART ou SOUCARE, s. m. Terme de lingerie. Gousset de chemise, carré d'étoffe ou de toile, qui se met à la manche d'une chemise à l'endroit de l'aisselle. Terme vaudois et lyonnais.SOURBE, s. f. Sorbe, fruit.SOURD-ET-MUET (UN). Dites: Un sourd-muet. L'institut des sourds-muets.SOURDIAUD, DIAUDE, subst. Sourdaud. Celui ou celle qui n'entend qu'avec peine.SOURDITÉ, s. f.Une complète sourdité.Terme français populaire. Dites: Surdité.SOUS, prép. Sauf, avec.Sous le respect que je vous dois, Monsieur le juge, je vous dirai que... Sous votre respect, Madame, j'ai eu la fièvre pendant quinze jours.Terme français populaire.SOUS-MAIN (UN). Terme de calligraphie. Papier que celui qui écrit met sous sa main par mesure de propreté.SOUS-TASSE ou SOUTASSE, s. f. Soucoupe, le dessous d'une tasse. Terme vaudois, neuchâtelois, rouchi, wallon, etc.SOUSTER, v. a. Terme de certains jeux de cartes. Garder, accompagner.Son roi de trèfle était bien sousté.On dit encore:Souste. Terme suisse et lyonnais. Peut-être faut-il rapprocher ce mot de SOÛTE. R. lat.subtus stareousubstare.SOUSTRAIRE, v. a. On entend journellement dire:Nous soustraisons, pour: Nous soustrayons;tu soustraisais, pour: Tu soustrayais;en soustraisant, pour: En soustrayant, etc. Ce verbe se conjugue comme «Traire.» «On admire la promptitude avec laquelle les fourmisSOUSTRAISENTleurs nourrissons au danger.» [Ch. Bonnet,Contemplation de la Nature, XImepartie, ch.XXII.]SOÛTE, s. f. Abri. VoyezSIOÛTE.SOUTENIR, v. a. (fig.)Soutenir des relations avec quelqu'unn'est pas une expression correcte, du moins ne se trouve-t-elle pas dans les dictionnaires. Il faut dire: Avoir des relations avec quelqu'un, ou trouver une expression équivalente.SOUVENT, adv. Promptement, vite.Depuis deux heures de temps que Lise est partie pour le marché, je ne la vois pas souvent revenir, c'est-à-dire: Je ne vois pas qu'elle se presse de revenir. Terme parisien populaire.SPECTABLE, adj. Titre honorifique dont on qualifiait jadis les ministres du culte réformé.† SQUELETTE (UNE). Un squelette.STORE, s. m. Jalousie.SUCLER, v. a. Roussir par le feu, griller, brûler légèrement.En s'approchant trop de la bougie, elle se sucla les cheveux. Notre pauvre minon, qui dormait sur le foyer, s'est complétement suclé la queue.En languedocien et en provençal, on dit:Usclà.SUCRER (SE), v. pron. Sucrer son café, son thé, son chocolat.S'il vous plaît, Mesdames, sucrez-vous. Tout le monde est-il sucré?Français populaire.SUCRIÈRE, s. f. Sucrier.SUGGESSION, s. f. Écrivez et prononcez «Suggestion» (sug-ges-tion), en donnant à la lettretle son qui lui est propre.SUPPORTER, v. a. (fig.)Ce vin ne supporte pas l'eau.Dites: Ce vin ne porte pas l'eau.SUPPOSER, v. a. Nous disons souvent:À supposer que, pour: Supposé que.À supposer que l'hiver soit rigoureux; À supposer que l'Europe demeure en paix, etc. Les dictionnaires ni le bon usage n'autorisent cette expression.† SUR, prép.Quel âge a votre fils, Monsieur Jacot?—Oh là, Monsieur, il est sur ses vingt-cinq ans.—Et vous-même, s'il vous plaît?—Je suis sur ma septantième année.SUR, prép.Lire sur le journal; lire sur l'almanach; lire sur l'affiche, etc. Dites: Lire dans le journal, lire dans l'almanach, lire dans l'affiche.Qui t'a raconté ce naufrage?—Qui? Personne. Je l'ai lu sur le Constitutionnel.Faute universelle.SUR, prép.Je prends la chose sur ma responsabilité.Dites: Sous ma responsabilité.SÛR, adv. Sûrement, pour sûr, certainement, sans aucun doute.Vous nous promettez de venir chez nous demain.—N'ayez nulle crainte, j'irai sûr, très-sûr. Vous partez dimanche, Monsieur Dubois.—Oui, sûr, bien sûr.Expression gasconne et belge.SURFIN, FINE, adj. Superfin.Étoffe surfine, teinture surfine. Fabrication de liqueurs surfines, au Grand-Lancy, chez Baron-D**.SURLOUER, v. a.Surlouer une chambre, surlouer un appartement.Terme valaisan, savoisien, parisien populaire, etc. Dites: Sous-louer.SUROT, s. m. (obref.)Cueillir du surăt. Infusion de surăt. Petard de surăt.Prononciation suisse du mot «Sureau,» lequel rime avecbureau.SUSPENTE ou SOUSSEPENTE, s. f.Les suspentes d'un cabriolet. Établir une suspente dans une cuisine.Terme savoisien, franc-comtois, wallon, etc. A Paris et à Reims on dit:Supente. Le terme exact est: Soupente.† SYNAPISSE, s. m. Synapisme.

SABOULÉE, s. f. Signifie: 1oVolée de coups, rossée; 2oForte gronderie.Donner une saboulée; recevoir une saboulée.Terme français populaire. On dit à Valenciennes:Une saboule. Mais aucun de ces mots ne figure dans les dictionnaires.

SAC DE MISÈRE, s. m. Sac où nos dames serrent toutessortes de chiffons qui peuvent être utilement employés à des raccommodages.

SAC D'OUVRAGE, s. m. Sac à ouvrage.

SACHE (UNE). Sorte de grand sac qui a la forme d'un carré long.Une sache de riz; une sache de charbon; une sache de fenasse.Terme savoisien et méridional. Dans le français populaire,sachesignifie: Sachée, c'est-à-dire: Ce que peut contenir un sac.

SÂCRE, s. m. Nous disons d'un homme qui travaille outre mesure:Il travaille comme un sâcre. Expression suisse. En français on dit: Il travaille comme un galérien. Nous disons aussi:Crier comme un sâcre, courir comme un sâcre, jurer comme un sâcre; c'est-à-dire: Crier, courir, jurer comme un perdu. Sur l'origine de cette expression les conjectures ne manquent pas; mais elles ne présentent rien de satisfaisant.

† SACRÉFIER, v. a. Sacrifier.On se sacréfie pour ses enfants, n'est-il pas vrai, Marion? et ils ne font rien pour nous.

SACREMENTATIONS, s. f. pl.Faire des sacrementations, signifie: Faire des jurements, faire des imprécations, blasphémer. Ce mot vient de l'allemand et il aurait dû y rester.

SACRÉPAN, s. m. Sacripan.

SAGATERIE, s. f. Boucherie pour la basse viande. Terme vaudois. En Provence et en Languedoc,sagatasignifie: Tuer des animaux pour s'en nourrir.

SAGATIER, s. m. Boucher pour la basse viande. En provençal on dit:Sagataire.

† SAIGNE (UNE). Une saignée.Une forte saigne. Le cérugien voulait m'adménistrer une seconde saigne: mais brenique.Terme savoisien. Dans le patois vaudois on dit:Un sagne.

SAIGNE-NEZ, s. m. Plante appelée en français: Mille-feuilles.

† SAINK-ET-SAUF, adj. masc. Prononciation vicieuse de l'adjectif «Sain et sauf.» Le son dukest ajouté pour l'euphonie.

SAINT-FRISQUIN, s. m. Saint-frusquin, ce qu'un homme a d'argent et de nippes.Un tel a mangé tout son saint-frisquin.Terme vieux français. En Languedoc on dit:San-fresquin; en limousin,saint-flusquin.

SAINT-LAMBIN, s. m. Nonchalant, paresseux, traînard.Qui est-ce qui m'a bâti ce saint-lambin? Arriveras-tu, saint-lambin? Quel saint-lambin!

SAISON, s. f.Saison tardive n'est pas oisive, est un des jolis proverbes de nos campagnards. Ce proverbe signifie que: Les printemps tardifs sont les meilleurs dans un climat où les retours du froid sont si habituels et si funestes.

SALADE À. Salade de.Une salade aux racines jaunes; salade à la chicorée; salade aux pommes de terre.Dites: Une salade de chicorée, une salade de pommes de terre, etc.

SALADE, s. f. (fig.) Réprimande, mercuriale.Donner une salade. Il a reçu une salade conditionnée.Terme parisien populaire.

SÂLE, adj. Malpropre.Du linge sâle; des doigts sâles. Tu es un négligent, tu es un sâle.Prononciation vicieuse très-répandue dans la Suisse française. Écrivez et prononcez «sale» (abref), comme vous prononcezscandale.

SALÉE, s. f. Sorte de galette aux œufs.

SALICHON, s. m. Petit salaud, petit saligaud. En français on dit d'une jeune fille malpropre: C'est une salisson.

SALIÈRES, s. f. pl. (fig.) Dénomination dérisoire donnée à nos milices du centre, par allusion à la forme de leurs gibernes.Être dans les salières.

SALIGNON, s. m. Briquette, motte de tan, motte à brûler.Les salignons servent surtout à entretenir le feu.Terme vaudois.

SALIGOT, OTTE, adj. et subst. (obref.)Voyez cette saligotte, dans quel état elle se met!Écrivez et prononcez «Saligaud, saligaude.»

SALIGOTAGE, s. m. Action desaligoter.Quel saligotage fais-tu là?Terme français populaire.

SALIGOTER, v. a. Salir, tacher.Une robe saligotée. Mes petits amis, ne gadrouillez plus, vous vous saligotez.

SALONGLÉE, s. f. Volée de coups, rossée, raclée.

SALONGLER, v. a. Rosser, rouer de coups.

SALOPIAUD, AUDE, subst. Petit salaud, petite salaude. On dit en Champagne:Salopier.

SALVAGNIN, s. m. Nous appelonssalvagnin, ouvin salvagnin, une sorte de vin rouge du pays. Plusieurs personnes écrivent et prononcentsarvagninetservagnin. Terme vaudois. En France:Sauvignon,sauvignainetservignain.

SANDARAQUE (LE). Ce mot est féminin.

SANG, s. m. Signe, tache brune sur la peau.Avoir des sangs.En limousin:Sen.

SANG, s. m. Nous prononçons encoresanke, comme on le prononçait au treizième siècle et au quatorzième.Des larmes de sanke.On doit prononcer san devant une consonne, etsankdevant une voyelle.

SANG, s. m. Nous disons de quelqu'un qui s'inquiète, se tourmente, s'agite sans motif suffisant:Il se fait du mauvais sang.Les dictionnaires disent, en supprimant le pronom personnel: «Il fait du mauvais sang,» ou: «Il fait de mauvais sang.»

† SANGEMENT, s. m. Changement.

† SANGER, v. a. Changer.Tu es bien trempe, Mariette, faut t'aller sanger: oui, sange-toi.Expression signalée dans leGlossaire du Berry, p. 98.

SANGSUER, v. a. Importuner, fatiguer, obséder, vexer.Mais, John, cesseras-tu enfin de nous sangsuer? Ce n'est pas en nous sangsuant que tu obtiendras quelque chose.Dans le français populaire on dit:Sangsurer, ou:Sansurer.

† SANGSUIE, s. f. Sangsue.La femme des sangsuies. Mettre des sangsuies.

† SANGUINAIRE, adj.Tempérament sanguinaire.Dites: Sanguin.

SANGUINE, adj. Nous appelonspêche sanguine, une sorte de pêche violette.

SANS ACOUP ou À COUP, locut. adv.Les ouvriers monteurs de boîtes ont augmenté le prix de la main-d'œuvre sans acoup, c'est-à-dire: Sans secousse ou heurt, sans causer de contre-coup qui ait arrêté les affaires.

SANS POINT DE, locut. prépositive.Il voyageait sans point d'argent.Dites: Sans argent.Il se tira de cette horrible échauffourée sans point de mal. Il marchait au supplice sans point de peur.Français populaire et vieux français.

SARCENETTE, s. f. Lustrine, sorte d'étoffe.

† SARCHER, v. a. Chercher.Va-t'en voir me sarcher mon bonnet, sur le darnier tablat en n'haut du placard.Terme vieux français. [VoyezRoquefort,Glossaire, t. II.]

SARCLORET, s. m. VoyezSERCLORET.

SARPE, s. f. Terme des campagnards. Sorte de hache, qui sert surtout à tailler les arbres et à faire des fagots. Terme fort usité, qu'on trouve déjà dans le vieux français, et duquel s'est formé le mot de Serpe.

† SARPENT (UNE). Un serpent. Dans le patois de l'Isère:Sarpin.

SARVAGNIN, s. m. VoyezSALVAGNIN.

SAÜ ou SAÏU, s. m. Terme des campagnards. Sureau, sorte d'arbrisseau.Du bois de saü; moëlle de saü.En Savoie:Savu; dans le canton de Vaud,sau,sahuousuau; enrouchi,séu; en Franche-Comté,saivu; dans le patois de l'Isère et en Normandie,seu; dans le Jura,sou; en wallon,saou; dans le département du Tarn,sagut; en Gascogne,sahuc; en vieux français,sahu,séhu,seu.

SAUCE, s. f. Nous disons figurément, d'une personne qui a commis une faute:Elle a fait la faute, qu'elle en boive la sauce, pour dire: Qu'elle en subisse les fâcheuses conséquences.

SAUCE, s. f.Sauce de rôti.Dites: Jus de rôti. Nous disons proverbialement:La sauce vaut mieux que le rôti; l'accessoire vaut mieux que le principal. Les dictionnaires français disent: La sauce vaut mieux que le poisson.

SAULE, s. m. Nos paysans font ce mot féminin.Arve entraînait cette saule que j'ai pu enfin accrocher.Il est pareillement féminin dans le canton de Vaud, en Savoie, en Lorraine, et sans doute ailleurs. R. lat.salix, s. f.

SAUMACHE, adj. et subst. Saumâtre.Vous nous donnez de l'eau qui a un goût saumache, un goût de saumache.[G. G.]

SAUME, s. f. Ânesse.Louer une saume. Galoper sur une saume.Terme savoisien, lyonnais et dauphinois. Dans le patois vaudois:Chouma; dans le dialecte provençal et dans le patois du bas Limousin,saoumo.Saumese trouve dans le dictionnaire deCotgrave, édition de 1650.

SAUTÉE, s. f. Saut. Ne s'emploie guère que dans l'expression suivante, qui appartient au langage le plus familier:Faire une sautée chez quelqu'un, c'est-à-dire: Y aller très-vite et ne pas s'y arrêter.

SAUTÉE, s. f. Forte réprimande.Faire une sautée à quelqu'un, veut dire: Le tancer vertement.

SAUTIER, s. m. Chef des huissiers. Lesautierloge à l'hôtel de ville et a l'intendance de tout le matériel du bâtiment. Bonivard, dans son livre deL'ancienne et la nouvelle Police, dit que «leSautierest le maître du guet et l'huissierdu Conseil.» Terme neuchâtelois. Il est probable que ce mot s'écrivait anciennementsceautier, et que ce fonctionnaire tenait les sceaux du Conseil.

SAUVAGE, s. m. Sauvagin. Se dit soit du goût, soit de l'odeur de quelques oiseaux de mer ou d'étang.Notre salmis sentait le sauvage.Terme vaudois, neuchâtelois, parisien populaire, lorrain, etc.; à Bordeaux on dit:Sentir le sauvageon; en Languedoc,le sauvageun. Dans le vieux français,salvaginesignifiait: «Bête fauve.»

SAUVE, adj. Sauvé, qui a échappé à un péril.Benoît était hier dans le plus grand danger: on l'a saigné à propos, et le voilà sauve.Terme suisse, etc.

SAUVER DE (SE), v. pron.Tu te sauves de moi, Robert?—Et pour quelle raison me sauverais-je de toi, je ne t'ai rien fait?Cette expression, si usitée,se sauver de quelqu'un, c'est-à-dire: Lui échapper par la fuite, manque dans les dictionnaires, quoiqu'elle mérite assurément d'être observée; car l'expression française «fuir quelqu'un» n'est pas l'équivalent dese sauver de quelqu'un, ou, du moins, «fuir quelqu'un» appartient au style relevé, etse sauver de quelqu'unappartient au style familier ou style de la conversation.

SAVATER, v. a. Saveter, déranger, incommoder, gâter, faire un ouvrage malproprement et en dépit du bon sens.Ce vin m'a savaté le cœur; il m'a savaté l'estomac. Vous m'avez savaté cet ouvrage.Il se dit spécialement du linge taché par les cendres de la lessive.Notre linge est bien savaté.En Lorraine on dit d'un mauvais ouvrage:C'est de la savate.

SAVATURE, s. f. Saleté causée par les cendres qui ont filtré avec lelissudans le linge.Ces draps sont pleins de savature.

SAVIGNON, s. m. Cornouiller sanguin, arbre d'un bois très-dur.

SAVOIR, v. a. Nous disons proverbialement, pour nous excuser d'ignorer une chose survenue à notre insu:Qui ne sait rien ne sait guère.

SAVOIR, v. a. Nous disons d'une personne fort habile, et surtout d'une personne subtile et qui trouve des ressources dans les conjonctures les plus épineuses:Elle les sait toutes et une par-dessus.

SAVOIR À DIRE. Faire savoir, informer, marquer, mander, instruire.Si tu te décides à ce voyage, tu me le sauras à dire.Expression suisse, lyonnaise et méridionale.

SAVONNADE, s. f. Savonnage, blanchissage par le savon.Ce n'est pas une lessive, c'est une savonnade.Terme savoisien et méridional.

SAVONNETTE, s. f. Terme d'horlogerie.Une montre à savonnette, ou simplementune savonnette, est une montre dont la boîte a un fond et un couvercle en métal.

SAVOURÉE, s. f. Savorée ou sarriette, plante.

SAVOYET ou SAVOUIET, s. m. Raisin rouge de qualité inférieure, lequel croît dans nos environs et qui rend beaucoup. [G. G.]

SCHLAGUER, v. a. Battre, rosser, donner la schlague.Il fit l'insolent et fut schlagué.En allemand:Schlagen. Les mots Schlague et Schlagueur se trouvent dans quelques dictionnaires modernes.

SCIE, s. f. (fig.) Rabâchage, ritournelle fatigante, répétition sotte et fastidieuse.Faire des scies.

SCIE, s. f. Scierie, moulin à scie, moulin où l'on scie les planches. Nous disons quelquefois:Scie à eau. Terme suisse, savoisien et méridional.

SCORSONÈRES, s. m.De bons scorsonères.Ce mot est féminin.

SE, pron. pers. Les campagnards substituent le pronomseaux pronomsnousetvousdans les verbes pronominaux,et réciproquement: ils disent, par exemple:Vous s'ennuyez chez nous, Messieurs. Adieu, Nicolas; nous se reverrons dimanche. Laissez ces paumes de neige, enfants, vous s'attraperez les yeux. Vous se manquerez, Madame(vous vous manquerez, Madame),en passant par cette route. Expression savoisienne, jurassienne, dauphinoise, etc.

SÉCHARD, s. m. Vent du nord-est.

SECHER, v. a. Écrivez et prononcez, avec un accent aigu, «Sécher;» et ne dites pas:Secher des pruneaux; secher des z'haricots. Voilà le beau temps, femme; on pourra secher notre lissive.Faute fréquente.

SEC ET SONNANT, s. m. Nous disons d'une personne riche:Elle a du sec et du sonnant, c'est-à-dire: Des écus.

SÉCHOT, s. m. Se dit d'une personne très-maigre et très-sèche.Pourrait-on être plus raide et séchot que cette demoiselle N**!

SÉCHOT, s. m. Chabot,gobioà tête énorme, poisson qui se blottit sous les pierres des eaux claires et courantes. Terme vaudois. A Neuchâtel on appelle ce poisson:Chassot; à Yverdon,tête-à-maillot; en Languedoc,âne; dans d'autres provinces de France,meunier.

SÉCHOTER, v. n. Prendre desséchots. Terme vaudois. Dans les mois de janvier, de février et de mars, pendant que le Rhône est fort bas, nos jeunes garçonsséchotent.

SÉCHOTIER, s. m. Harle, oiseau aquatique.

SECONDE MAIN (DE).Des livres de seconde main.Dites: Des livres de la seconde main.

SECOUÉE, s. f. Secousse.Un vomitif, le vomitif Leroy, par exemple, lui donnerait une secouée salutaire. Les fruits tombèrent de l'arbre à la première secouée.Limousin, etc.

SECOUÉE, s. f. Expression adoucie pour dire: Gifle, danse.C'est un drôle, donne-lui une bonne secouée.

SECOUER, v. a. Battre, gifler.Il l'a fièrement secoué.

SECOUPE, s. f. Soucoupe.Apportez-nous une jatte, deux tasses et deux secoupes.Terme français populaire. En Lorraine on dit:Sucoupe.

SECRETAIRE, s. m. Nous prononçons tantôtsecretaireet tantôtsécretaire. La prononciation véritable est: «SecrÉtaire.»

†SÉGNIFIER ou SÉNIFIER, v. a. Signifier.À çà, Mariette, cette fréquentation qui se prolonge, me diras-tu qu'elle ne sénifie en rien?Terme vieux français.

SEICHE, s. f. Sorte de flux et de reflux particulier à notre lac et à celui de Constance. «On voit quelquefois, ditDe Saussure, notre lac s'élever tout à coup de 4 ou 5 pieds, s'abaisser ensuite avec la même rapidité, et continuer ces alternatives pendant quelques heures. Ce phénomène, peu sensible sur les bords du lac qui correspondent à sa plus grande largeur, l'est davantage aux extrémités, mais surtout aux environs de Genève, où le lac est le plus étroit.» [Voyage dans les Alpes, t. I, p. 12.]

SEIGLE (LA). Sorte de blé. Les campagnards font habituellement ce motféminin, parce qu'en patois il est féminin (la sey-la, oula chăla).

SEILLE, s. f. Sorte de seau en bois, à oreilles, et de forme ronde, avec lequel on porte l'eau et le lait.Prends vite ta seille, Jaqueline: on crie à l'eau!Laseillese porte sur la tête avec un coussinet que nous appelonstorche. Terme vaudois.M. Bescherelle, en citant ce mot, dit qu'il s'employait «anciennement» dans le sens de: Vase, seau de bois.M. Bescherellepouvait ajouter que toute la Suisse romane et les trois quarts de la France connaissent ce terme et en font un usage journalier.

SEILLÉE, s. f. Plein uneseille.

SEILLOT, s. m. (obref.) Petiteseille, baquet.En 1535, le droit de bourgeoisie s'achetait pour quatre écus d'or et unseillot de cuir.Les dictionnaires deBoisteet deBescherelleécrivent: «seilleau,» qui est la vraie orthographe; mais ils se trompent quand ils ajoutent que c'est un terme de mer: comme si l'on ne faisait usage deseilleauxqu'à bord des navires. On s'en sert en Suisse, en Savoie et en diverses provinces de France. Dans la Bresse et à Mâcon, on écrit:Seillet; dans le canton de Vaud et en Languedoc,seillon; à Lille,siellot, etc.

SELLE, s. f. Ne dites pas:Aller sur selle, mais: Aller à la selle, aller à la garde-robe.

SEMATURE, s. f. Ce qu'on peut semer dans une certaine étendue de terrain.Trois coupes de semature.Le mot français «contenance» ne rend pas exactement l'expression genevoise.

SEMBLANT, s. m. Ne dites pas:Il a fait cela pour semblant; il se fâchait pour semblant; ils se sont querellés, mais pour semblant. Dites: Il a fait cela pour rire; il se fâchait par manière de plaisanter, etc. Dans notre langage,pour semblantsignifie aussi: Une petite quantité, un tantinet, fort peu.Madame boit-elle du vin?—Oui, j'en bois, mais pour semblant; donnez-m'en pour semblant. Dis-moi, Lisette, ne tombe-t-il pas une grosse pluie?—Non, Madame, il pleut pour semblant.

SEMBLER, v. a. Ressembler à.Il semble son père; elle semble sa mère.Terme dauphinois, etc.

SEMBLER À. Ressembler à.Tu sembles beaucoup à ton frère. On dit que je semble à mon oncle.Vieux français.

SEMBLER DE, v. imp.Il me semble de le voir; il me semble d'avoir lu quelque part, etc. Retranchez la prépositionde, et dites avec tous les dictionnaires: Il me semble le voir, il me semble avoir lu.

SEMELLE (LA). Jeu d'écolier, qui a du rapport avec le jeu que nous appelonspasse-gent.

SEMENCES, s. f. pl. Semailles.Le temps des semences.Expression franc-comtoise et méridionale. Semence se dit des grains que l'on sème.

SEMENTS, s. m. pl. Semences, grains que l'on sème.De bons sements; du blé de sement; une coupe de sement.Terme suisse.Vous avez eu l'an dernier de bien belles pommes de terre dans ce petit champ.—Oui, Monsieur, et j'en aurai de plus belles encore cette année-ci: j'ai changé de sements.

SEMOUTER ou CHEMOUTER, v. a. Terme rural, fouler, presser en foulant.Semouter le raisin; semouter le gazon. Ne semoute pas ces petites salades.Terme vaudois.

SÉNIFIER, v. a. VoyezSÉGNIFIER.

SENS DEVANT DIMANCHE. Euphémisme, pour: Sens devant derrière.Qu'est-ce qui te fait rire, Jeannette?—Ah! c'est que Monsieur a mis sa robe de chambre sens devant dimanche.Français populaire. [VoyezDictionnaire du Bas langage.]

† SENSIBLEMENT, adv. Insensiblement.

SENTIE (LA). Le moment où la mère sent pour la première fois tressaillir l'enfant qu'elle porte dans son sein.MmeN** fut toujours malade, ou du moins très-incommodée jusqu'à la sentie.

SENTIR (SE), v. pron. Se souffrir.Je ne pouvais me sentir dans cette ville de Constance, c'est-à-dire: Le temps me durait, je me déplaisais dans cette ville de Constance. Expression méridionale.

† SENTU, TUE, part. Senti, sentie.Dis-donc, Alexis, l'as-tu sentu ce coup de poing sur l'œil?Ce barbarisme appartient au vieux français et au français populaire.

SEOIR (SE). Les dictionnaires, en enregistrant ce verbe, ajoutent qu'il est vieux. Il est, en effet, fort ancien dans la langue française, mais il est encore vivace et journellementusité à Genève.Madame voudrait-elle prendre la peine de se seoir? Henriette, fais seoir ces dames. Je suis pressée, ma chère, et n'ai pas le temps de me seoir.Mais nous ne l'employons qu'à l'infinitif.

SEPTANTE, nom de nombre. Soixante et dix.Septante poses de terrain. Une compagnie de septante grenadiers. Je lui prêtai septante francs.Ce terme, d'un usage universel dans la Suisse française et dans le midi de la France, appartient au vieux français. Soixante et dix est un terme incommode dans la numération, et tous les grammairiens français s'accordent à désirer queseptantelui soit substitué.

SEPT-EN-GUEULE, s. m. Sorte de très-petites poires, dontseptentreraient à la fois dans la bouche.Les sept-en-gueule sont les plus précoces, mais peut-être les moins bonnes, de toutes les poires de nos environs.

SÉRAC ou SERAC, s. m. VoyezSÉRET.

SERACE ou SÉRACE, s. f. VoyezSÉRACÉE.

SÉRACÉE, s. f. Caillebotte, lait caillé dont on a séparé le petit lait, et qui fait masse. «La Fanchon me servit des grus, de la céracée, des gauffres, des écrelets.» [J.-J. Rousseau,Nouv. Héloïse, IVepartie.] Terme vaudois et neuchâtelois. En quelques endroits du canton de Vaud on dit:Du seracé.

SÉRAILLE, s. f. Se dit des armes à feu et signifie: Long feu, faux feu.Faire séraille. Le lièvre était presque à bout portant, mais le fusil fit séraille.Terme vaudois.

SERBACANE, s. f. Sarbacane.

SERCLER, v. a. Sarcler, ôter les mauvaises herbes, au moyen d'un instrument tranchant appelé Sarcloir.Sarcler un bosquet; sarcler les allées d'un jardin.Terme français populaire et vieux français.

SERCLORET, s. m. Sarcloir, petite houe.Emmancher un sercloret.Terme suisse. Dans plusieurs provinces de France on dit:Sercloir, au lieu de: Sarcloir.

SÉRET, s. m. Fromage très-maigre qu'on obtient après le fromage gras, en faisant cailler le petit lait. On le mange frais en le trempant dans de la crème. Terme suisse et jurassien.

† SERINGUE, s. f. Pompe à incendie.Les seringues arrivèrent trop tard. On entendait le roulement sinistre des seringues pendant la nuit.Ce mot deseringuese trouve fréquemment employé, en ce sens, dans nos anciennes archives. Le dictionnaire de Furetière dit «qu'on s'est longtemps servi, dans les incendies, de grossesseringuespour élever l'eau en l'air.»

SERINGUER, v. a. (fig.) Ennuyer.Va-t'en et laisse-nous: tu nous seringues.

SERMENT, s. m. Sarment, bois que pousse un cep de vigne.Des fagots de serments. Un feu de serments. Brûler des serments.Terme suisse, savoisien, lyonnais, limousin, dauphinois, gascon, lorrain, parisien populaire et vieux français.

SERMENT, s. m. Plusieurs personnes disent:J'en fais de serment; j'en ferais de serment, etc. Pour être correct, il faut supprimer lede, et dire: J'en fais serment; j'en ferais serment.

† SERPENT (UNE). Un serpent.Cette vieille Arnoux est une mauvaise langue, une poison, une serpent.Ce solécisme, très-commun en Suisse, appartient au vieux français.

SERREMENT D'ESTOMAC. Dites: Serrement de cœur.À la vue de cette douloureuse opération, je fus saisi d'un serrement d'estomac.Terme languedocien.

SERRETTE, s. f. Serre-tête, sorte de bonnet de nuit.

SERTISSEUR, s. m. Terme de joaillier. Celui qui sertit ou enchâsse les pierres précieuses dans un chaton.

SERVANT, s. m. Esprit follet, lutin qui, dans les chaumières, dans les chalets et dans les vieux bâtiments, fait du bruit et des espiégleries. Terme vaudois et fribourgeois.

SERVANTE, s. f. Chevrette, instrument de cuisine que l'on suspend à la crémaillère, et qui sert à soutenir lacassette(le poêlon) sur le feu. Cette dénomination une fois donnée à un ustensile d'un ordre très-inférieur, nos cuisinières ne peuvent tolérer qu'on les appelleservantes. Je trouve les lignes suivantes dans une brochure publiée le 1erjuillet 1794: c'est une dame qui parle. «Lesservantes, disais-je une fois à la mienne, ne doivent-elles pas ménager le bien des maîtres?—Qu'appelez-vousservante, Madame? Lesservantessont à la crémaillère.» [Plaidoyer pour le corps des servantes.]

SERVANTE, s. f. Nous disons proverbialement de quelqu'un qui, par zèle ou par un autre motif, fait plus qu'on ne lui demande:Il fait comme la servante à Pilate(proverbe languedocien). Le dictionnaire de l'Académie dit: Il est comme le valet du diable: il fait plus qu'on ne lui commande.

SERVICE (UN). Un couvert, c'est-à-dire: L'assiette, le verre, le couteau, la cuiller, la fourchette et la serviette.Mettez un service pour Monsieur.Nous appelons plus particulièrementservice, la cuiller et la fourchette réunies.Eh quoi! Madelon, vous me donnez une assiette et un verre, et vous oubliez le service!C'est dans ce sens que nous disons:Un service d'étain; un service en métal d'Alger; Benoît a eu pour présent de noces six services d'argent. Terme suisse, savoisien et méridional.

SETIER, s. m. Mesure de capacité pour les liquides.Un setierrenferme vingt-quatrequarterons, soit environ 60 bouteilles ordinaires, soit 54 litres 144 centilitres.

SEUJET (LE). Nom d'une de nos rues, située au bord du Rhône, et où sont établis plusieurs ateliers de teinture et de dégraissage. L'origine de ce nom est vraisemblablement le mot languedocien:Sugé, ousujier, qui signifie: Teinturier.

SI, adv. Extrêmement. Si, adverbe, ne peut se placer immédiatement devant un substantif. Il est donc incorrect de dire:J'ai si peur; j'ai si faim; elle avait si froid; ils avaient si honte; elle a si envie d'être mariée; c'est si dommage de détruire ces beaux peupliers!Français populaire.

SI, adv. Tellement, tant.J'ai si affaire aujourd'hui que je ne sais par où commencer.

SIAU, s. m. Seau.Siau en bois; siau en cuir. Un siau d'eau.Terme usité dans une partie de la Suisse et de la Savoie, en Dauphiné, dans le Limousin, en Franche-Comté, en Lorraine, en Champagne, en Bretagne et à Paris. On dit:Séauà Marseille, à Bordeaux, à Chambéry, et sans doute ailleurs.

SI AU CAS ou SI EN CAS, loc. conjonct. Au cas que, si.Si en cas tu sors, Marguerite, laisse la clef chez notre voisine. Si au cas Duperrut venait m'assigner, je saurais bien me défendre.

SI BIEN, loc. adv. Oui, assurément, sans doute.Tu ne te baignes pas aujourd'hui, Samuel?—Si bien.Terme provençal, etc.

SICLARD, ARDE, adj. Criard, perçant.Une voix siclarde; un timbre siclard.

SICLÉE, s. f. Cri aigu, cri perçant. Se dit surtout du cri des enfants, du cri des jeunes garçons et de celui des jeunes filles.Faire des siclées; pousser des siclées.

SICLER, v. n. Pousser des cris aigus, crier avec éclat.Amusez-vous, mes amis, sans crier et sans sicler.En languedocien:Sisclà.

SICLES, s. m. pl. Cris aigus des enfants.Faire des sicles. Leurs sicles nous déchiraient le tympan.Nos quatre mots desicle,siclée,sicleretsiclardsont des onomatopées remarquables.

SIENNES, pron. poss. plur.Un tel a bien les siennes, signifie:Un tel a bien ses mésaventures, ses chagrins, ses malheurs.Après avoir perdu sa fortune, Hector perd sa fille aînée: il faut avouer qu'il a bien les siennes.

SIFFLER (EN), v. a. N'est employé que dans cette expression:Je t'en siffle, par laquelle on donne à entendre que l'espérance de quelqu'un sera déçue.Lui! te prêter son cheval!... Je t'en siffle, bernique.Nous disons dans le même sens:Je t'en moque.

SIFFLET, s. m. Sifflement, vent coulis.Il venait un sifflet par la porte, et j'y attrapai un coup de froid.

SIFFLET, s. m. Instrument pour siffler.Avec de l'argent on a des sifflets à Saint-Claude(ville du département du Jura, renommée pour ses ouvrages en buis), proverbe dont le sens est: Qu'avec de l'argent on se procure tout ce qu'on veut; qu'avec de l'argent tout est possible.

SIGNER (SE), v. pron. Apposer sa signature, signer.Où faut-il que je me signe?—Signe-toi après tes deux oncles.«Calvinse signasouvent dans ses lettres, Charles de Heppeville, ou Happeville. Calvinse signaitpeut-être ainsi pour,» etc. [Senebier,Histoire littéraire de Genève, t. I, p. 246.] Expression suisse et méridionale.Se signerest français dans le sens de: Faire le signe de la croix.

† SIGNIFIER À, EN et DE.Cela ne signifie à rien; cela ne signifie en rien; cela ne signifie de rien.Trois barbarismes qui ont également cours à Genève, mais dont le deuxième est le plus fréquent. Il faut dire, sans préposition: Cela ne signifie rien.

SIGOUGNÉE, s. f. Tiraillement, ébranlement violent, secousse brutale.Après trois ou quatre fortes sigougnées, la porte fut jetée bas.

SIGOUGNER, v. a. Tirailler, agiter vivement, secouer brutalement.Sigougner un pieu pour l'arracher; sigougner une porte pour l'ouvrir; sigougner un loquet; sigougnerquelqu'un. Il m'empoigna et me sigougna le bras jusqu'à m'estropier.Terme énergique, et qui n'a pas de synonyme en français. Les Languedociens disent:Segougnà; en provençal,sagagna.

SIMAGRIE, s. f. Simagrée.Allons au fait, et laissons toutes ces simagries.

SIMOLAT, s. m. Semoule, farine en grains.Soupe au simolat.Terme valaisan et savoisien. En piémontais on dit:Semola.

† SINGULIARITÉ, s. f. Écrivez et prononcez «Singularité.»Singuliaritéappartient au vieux français, et se dit encore dans quelques provinces du nord de la France.

SIOÛTE, ou SOÛTE, ou CHOÛTE, s. f. Abri.À la sioûte, à l'abri, à couvert.Se mettre à la sioûte.Dans le patois vaudois:À la chótă; dans le patois de Fribourg,à la sota; dans le patois de l'Isère, à Lyon et en Franche-Comté,à la soute. Dans le dialecte provençal,soustosignifie: Abri.

SIRE-JEAN, s. m. VoyezPOIRE.

SIROP MAGISTRAT, s. m. Sirop magistral.

SISSON, s. m. Terme enfantin. Chien, petit chien.Viens, Alfred, viens caresser le sisson.

SISTANCE, s. f. Ce qui est nécessaire à l'homme pour vivre et se sustenter. Ne s'emploie qu'avec la négation.N'avoir pas sistance, signifie: Être dénué de tout.Ce pauvre Guignolet n'a pas sistance au monde.Ce mot desistancese prend quelquefois dans un sens plus spécial, et signifie: Nourriture, aliment.Ma bonne dame, donnez-moi un morceau de pain, il n'est pas entré sistance dans mon corps aujourd'hui.Terme savoisien. Dans le dialecte rouchi on dit:Sustance. Se dit aussi des choses.Quand les cendres ont donné toute leur sistance, on les ôte, etc.

SI TELLEMENT, si fort, tellement.L'affaire est si tellementembrouillée, que les avocats mêmes n'y voient goutte.Français populaire.

SOBRÉCOT, s. m. Subrécot, le surplus de l'écot, ce qu'il en coûte au delà de ce qu'on s'était proposé de dépenser.

† SOCIALISTE, s. m. Socialisme.

SOCIÉTÉ (LA). Le monde. Nous disons:Aller en société; se plaire en société; s'ennuyer en société. Où étiez-vous hier au soir, Monsieur Artus?—J'étais en société.On dit en français: Aller dans le monde; se plaire dans le monde; s'ennuyer dans le monde, etc. On peut dire aussi: Aller dans la société; se plaire dans la société; s'ennuyer dans la société.

SOCÎTÉ, s. f. Prononciation vicieuse du mot: Société.

† SOFRE, prép. Sauf.Sofre votre respect, permettez que... La Josette fut obligée de vendre tout son bataclan, sofre un lit et un placard.

SOI-DISANT, loc. adv. Dit-il, dit-elle. Ce terme (soi-disant) est mal employé dans les phrases suivantes et les analogues.Il m'emprunta d'excellents livres, soi-disant pour les lire, et il les vendit. On lui a fait soi-disant une injustice criante. Quand l'enfant manque le collége, les parents l'excusent auprès du régent par un soi-disant mal de tête.Mais «soi-disant» est bien placé dans les exemples qui suivent: On m'adressa à un soi-disant chirurgien qui n'était, à vrai dire, qu'un frater. Je me trouvai près d'une dame soi-disant polonaise et qui était de Chambéry. «Soi-disant» demande toujours à être suivi d'un complément, lequel sert de qualification au pronom personnel qu'il renferme.

SOIGNER UNE CHOSE.Soigner un parapluie. Soigner des hardes. Soigne ton manteau, Jules, soigne tes gants et ton chapeau.«Soigner» n'a point ce sens en français. Il faut employer le mot «serrer.» Serrer un habit, serrer un chapeau, etc.

SOLET, LETTE, adj. Seulet, lette.Elle s'en retournait toute solette.Terme vaudois.

SOLI, s. m. Fenil, grenier à foin. Terme vaudois et fribourgeois. Dans le Jura on dit:Soulierousolier; dans les Vosges,slo; dans le Limousin,soulié; en vieux français,solier. R.solarium.

SOLICISME, s. m. Solécisme.

SOLIDE, adj. Se dit du temps qu'il fait, et signifie: Assuré, qui est de durée.Crois-tu ce beau temps solide?

SOLIDER, v. a. Consolider, affermir.Solider une palissade, solider une table.Terme franc-comtois.

SON, pr. pers. Ne dites pas:Il fait son entendu; il fait son homme d'importance, etc., dites: Il fait l'entendu, il fait l'homme d'importance. Ne dites pas non plus:Il fait son embarras, dites: Il fait de l'embarras, beaucoup d'embarras.

SON DE BIÈRE, s. m. Drague, c'est-à-dire: Orge ou tout autre grain cuit, qui a servi à faire de la bière.

SONNÉE, s. f. Se dit d'un fort coup de cloche.Faire une sonnéesignifie: Donner un fort coup de cloche.Peut-on faire de pareilles sonnées à la porte d'un malade!Terme languedocien.

SONNETTE, s. f. On ne dit pas:Mettre une sonnette, on dit: Poser une sonnette.

SOPHIE. N'est usité que dans cette locution:Il fait sa sophie, c'est-à-dire: Il fait la demoiselle sage.

SORCILÉGE, s. m. Sortilége. R.sortilegium.

SORT, s. m. Malheur, guignon, sort fâcheux.Ai-je du sort! Faut-il avoir du sort! Il faut convenir que vous avez trop de sort.

SORTE, s. f. Bonne qualité, bon acabit.Être de sortesignifie: Être sortable, être convenable, convenir à l'état et à la condition des personnes.Pour le bal de la vogue, cette robe et ce châle ne sont pas de sorte. Voilà, certes, un feu qui est de sorte. Il faut choisir à votre Bénigne un mari qui soitde sorte.Expression très-répandue chez nos campagnards.

† SORTIR DE PORTE. Sortir de la ville.Où allez-vous, Henriette? Sortez-vous de porte?

SOT, SOTTE, adj. et subst. Qui n'est pas sage, qui fait l'espiègle, le désobéissant, le paresseux. Se dit des enfants et des jeunes adolescents.Tu veux donc toujours faire le sot, Guillaume. Tu es bien sotte, Fanny, de ne pas prêter tes joujoux à ton petit frère.Terme suisse, savoisien, marseillais, etc.

SOTTIFIER, v. a. Désappointer, attrister, rendre sot, rendre penaud.Ce départ subit nous sottifia. Un refus si désobligeant et si inattendu sottifia toute la famille.

SOUCARE, s. m. VoyezSOUQUART.

† SOUCI, s. m.Froncer le souci. Après son érésipèle, les soucis lui sont tombés.Terme français populaire. Écrivez «Sourcil» et prononcezsourci.

SOUCILLER (SE), v. pron. Se faire des soucis, se créer des soucis.Un peu de courage, mère, il ne faut pas te souciller pour si peu de chose.

SOUCILLEUX, EUSE, adj. Soucieux. Qui a du souci, qui marque du souci.Un front soucilleux; un air soucilleux; Vous paraissez bien soucilleux, Monsieur Auguste.

SOUFFLER À.Souffler à un écolier qui récite sa leçon; souffler à un acteur.Il faut dire: Souffler un écolier; souffler un acteur.

SOUHATER ou SOITER, v. a. Écrivez et prononcez «souhaiter,» comme «allaiter,» et ne dites pas:Je vous soite le bonsoir; on vous soite le bonjour.

SOUILLATON, s. m. Les campagnards désignent par ce mot un homme qui est habituellement entre deux vins, ne quittant un cabaret que pour aller boire dans un autre.

SOÛLER, v. a. (fig.) Ennuyer à l'excès, assommer.Elle me soûle avec ses visites répétées et ses conversations sans fin.Expression fort triviale.

SOÛLIAUD, s. m. Soulaud, ivrogne, sac-à-vin.C'est un soûliaud, un vilain soûliaud qui boit tout ce qu'il gagne.Terme vaudois.

SOÛLIAUD ou SOÛLIOT, s. m. Terme enfantin. Petite poupée de sureau qui, lors même qu'on la renverse, retombe toujours sur ses pieds.

SOÛLION, s. m. Ivrogne, homme qui ne dessoûle pas. Terme vaudois. A Neuchâtel et dans le Jura on dit:Un soûlon.L'Académie écrit: «Souillon,» et donne à ce terme un sens différent.

SOUMISSION RESPECTUEUSE. Acte extra-judiciaire bien connu. La véritable expression est: «Sommation respectueuse.» MlleN** vient de faire la troisième sommation respectueuse. [Acad.]Soumission respectueuseest un barbarisme, mais ce barbarisme ne nous est pas particulier. Je le trouve signalé entre autres dans leVocabulaire du Bas langage rémois, p. 87.

SOUPE, s. f. Nous disons proverbialement d'une personne qui dort longtemps et profondément:Elle dort comme une soupe.On dit en français: Dormir comme une souche; dormir comme un sabot.

SOUPOUDRER, v. a. Saupoudrer.Ce gâteau aurait eu besoin d'être soupoudré de sucre.Français populaire. R.sau, vieux mot français qui veut dire: Sel.

SOUQUART ou SOUCARE, s. m. Terme de lingerie. Gousset de chemise, carré d'étoffe ou de toile, qui se met à la manche d'une chemise à l'endroit de l'aisselle. Terme vaudois et lyonnais.

SOURBE, s. f. Sorbe, fruit.

SOURD-ET-MUET (UN). Dites: Un sourd-muet. L'institut des sourds-muets.

SOURDIAUD, DIAUDE, subst. Sourdaud. Celui ou celle qui n'entend qu'avec peine.

SOURDITÉ, s. f.Une complète sourdité.Terme français populaire. Dites: Surdité.

SOUS, prép. Sauf, avec.Sous le respect que je vous dois, Monsieur le juge, je vous dirai que... Sous votre respect, Madame, j'ai eu la fièvre pendant quinze jours.Terme français populaire.

SOUS-MAIN (UN). Terme de calligraphie. Papier que celui qui écrit met sous sa main par mesure de propreté.

SOUS-TASSE ou SOUTASSE, s. f. Soucoupe, le dessous d'une tasse. Terme vaudois, neuchâtelois, rouchi, wallon, etc.

SOUSTER, v. a. Terme de certains jeux de cartes. Garder, accompagner.Son roi de trèfle était bien sousté.On dit encore:Souste. Terme suisse et lyonnais. Peut-être faut-il rapprocher ce mot de SOÛTE. R. lat.subtus stareousubstare.

SOUSTRAIRE, v. a. On entend journellement dire:Nous soustraisons, pour: Nous soustrayons;tu soustraisais, pour: Tu soustrayais;en soustraisant, pour: En soustrayant, etc. Ce verbe se conjugue comme «Traire.» «On admire la promptitude avec laquelle les fourmisSOUSTRAISENTleurs nourrissons au danger.» [Ch. Bonnet,Contemplation de la Nature, XImepartie, ch.XXII.]

SOÛTE, s. f. Abri. VoyezSIOÛTE.

SOUTENIR, v. a. (fig.)Soutenir des relations avec quelqu'unn'est pas une expression correcte, du moins ne se trouve-t-elle pas dans les dictionnaires. Il faut dire: Avoir des relations avec quelqu'un, ou trouver une expression équivalente.

SOUVENT, adv. Promptement, vite.Depuis deux heures de temps que Lise est partie pour le marché, je ne la vois pas souvent revenir, c'est-à-dire: Je ne vois pas qu'elle se presse de revenir. Terme parisien populaire.

SPECTABLE, adj. Titre honorifique dont on qualifiait jadis les ministres du culte réformé.

† SQUELETTE (UNE). Un squelette.

STORE, s. m. Jalousie.

SUCLER, v. a. Roussir par le feu, griller, brûler légèrement.En s'approchant trop de la bougie, elle se sucla les cheveux. Notre pauvre minon, qui dormait sur le foyer, s'est complétement suclé la queue.En languedocien et en provençal, on dit:Usclà.

SUCRER (SE), v. pron. Sucrer son café, son thé, son chocolat.S'il vous plaît, Mesdames, sucrez-vous. Tout le monde est-il sucré?Français populaire.

SUCRIÈRE, s. f. Sucrier.

SUGGESSION, s. f. Écrivez et prononcez «Suggestion» (sug-ges-tion), en donnant à la lettretle son qui lui est propre.

SUPPORTER, v. a. (fig.)Ce vin ne supporte pas l'eau.Dites: Ce vin ne porte pas l'eau.

SUPPOSER, v. a. Nous disons souvent:À supposer que, pour: Supposé que.À supposer que l'hiver soit rigoureux; À supposer que l'Europe demeure en paix, etc. Les dictionnaires ni le bon usage n'autorisent cette expression.

† SUR, prép.Quel âge a votre fils, Monsieur Jacot?—Oh là, Monsieur, il est sur ses vingt-cinq ans.—Et vous-même, s'il vous plaît?—Je suis sur ma septantième année.

SUR, prép.Lire sur le journal; lire sur l'almanach; lire sur l'affiche, etc. Dites: Lire dans le journal, lire dans l'almanach, lire dans l'affiche.Qui t'a raconté ce naufrage?—Qui? Personne. Je l'ai lu sur le Constitutionnel.Faute universelle.

SUR, prép.Je prends la chose sur ma responsabilité.Dites: Sous ma responsabilité.

SÛR, adv. Sûrement, pour sûr, certainement, sans aucun doute.Vous nous promettez de venir chez nous demain.—N'ayez nulle crainte, j'irai sûr, très-sûr. Vous partez dimanche, Monsieur Dubois.—Oui, sûr, bien sûr.Expression gasconne et belge.

SURFIN, FINE, adj. Superfin.Étoffe surfine, teinture surfine. Fabrication de liqueurs surfines, au Grand-Lancy, chez Baron-D**.

SURLOUER, v. a.Surlouer une chambre, surlouer un appartement.Terme valaisan, savoisien, parisien populaire, etc. Dites: Sous-louer.

SUROT, s. m. (obref.)Cueillir du surăt. Infusion de surăt. Petard de surăt.Prononciation suisse du mot «Sureau,» lequel rime avecbureau.

SUSPENTE ou SOUSSEPENTE, s. f.Les suspentes d'un cabriolet. Établir une suspente dans une cuisine.Terme savoisien, franc-comtois, wallon, etc. A Paris et à Reims on dit:Supente. Le terme exact est: Soupente.

† SYNAPISSE, s. m. Synapisme.


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