Chapter 3

—Planche 19—Sous les Conifères—Été, automneChanterelle orangée—Cantharellus aurantiacusSuspect pour les uns, comestible pour nous

—Planche 19—

Sous les Conifères—Été, automne

Chanterelle orangée—Cantharellus aurantiacus

Suspect pour les uns, comestible pour nous

Chanterelle en tube.—Cantharellus tubæformis.Spores blanches.

Chanterelle en tube.—Cantharellus tubæformis.

Spores blanches.

A voir ses feuillets décurrents sur le pied et ramifiés, on se rend bien compte que l’on est en présence d’une espèce du genreCantharellus; mais, comme teinte, cette espèce diffère complètement des Chanterelles orangée et comestible.

Très jeunes encore les Chanterelles en tube portent sur le chapeau un enfoncement caractéristique qui semble se continuer avec le pied de façon à simuler une sorte de cornet ou de trompe.

Le chapeau de convexe qu’il était devient plat et légèrement replié sur le bord. Il est membraneux, de couleur fauve, jaunâtre ou grisâtre, pelucheux ou couvert d’écailles plus foncées.

Les feuillets sont décurrents, peu nombreux, ramifiés, assez saillants et réunis entre eux par des rides ou veines, gris jaunâtres ou de couleur un peu fuligineuse.

Le pied est allongé, lisse, jaune cannelle, souvent sillonné ou comprimé, fistuleux, plus long que le diamètre du chapeau.

Ce champignon, que l’on trouve de l’été à l’automne dans les bois feuillus et résineux, est comestible.

Dans les mêmes endroits on peut rencontrer une espèce voisine qui offre les mêmes caractères de forme, de couleur et de taille: elle porte le nom de Chanterelle infundibuliforme,Cantharellus infundibuliformis. Certains mycologues pensent que cette espèce n’est pas différente de celle dont nous venons de parler.

—Planche 20—Bois de conifères—Été, automneChanterelle en tube—Cantharellus tubæformisRegardé comme suspect

—Planche 20—

Bois de conifères—Été, automne

Chanterelle en tube—Cantharellus tubæformis

Regardé comme suspect

Lactaire scrobiculé.—Lactarius scrobiculatus.Spores blanches.

Lactaire scrobiculé.—Lactarius scrobiculatus.

Spores blanches.

LeLactarius scrobiculatustire son nom de la présence sur le pied de petites dépressions ou fossettes, auxquelles on a donné le nom de scrobicules. Ce caractère, qui est peu fréquent, servira utilement à faire reconnaître ce champignon.

Son chapeau d’abord arrondi, devient ensuite plan, puis nettement déprimé, recourbé à la marge qui est un peu laineuse dans le jeune âge. Il est jaune pâle ou jaune ochracé, plus ou moins foncé, marqué parfois de quelques zones et large de 8 à 10 centimètres.

Les feuillets sont nombreux, assez étroits, presque décurrents, blanchâtres ou pâles.

Pied court, épais d’abord, plein, puis creux, terminé en pointe à sa base, de la couleur du chapeau, mais plus pâle et couvert de nombreuses dépressions ovales, plus foncées, qui, à elles seules, peuvent servir à caractériser l’espèce.

La chair du scrobiculé est âcre, d’abord blanche, et elle laisse écouler, comme toutes les espèces du genre, un lait d’abord blanc, âcre, qui ne tarde pas, au contact de l’air, à devenir jaune de soufre.

On trouve le Lactaire scrobiculé en été et à l’automne, dans les bois; il n’est pas comestible.

—Planche 21—Dans les bois—Eté, automneLactaire scrobiculé—Lactarius scrobiculatusNon comestible

—Planche 21—

Dans les bois—Eté, automne

Lactaire scrobiculé—Lactarius scrobiculatus

Non comestible

Hygrophore conique.—Hygrophorus conicus.Spores blanches.

Hygrophore conique.—Hygrophorus conicus.

Spores blanches.

L’Hygrophore conique est une petite espèce que l’on trouve souvent sur l’herbe des chemins, dans les prairies et les clairières.

Son chapeau qui est de couleur orangée, rougeâtre ou rouge minium, est d’abord conique, d’où le nom qui lui a été donné; il devient ensuite presque plat, avec le centre proéminent; puis les bords se relèvent plus ou moins, se fendillent, de même que l’épiderme du chapeau, et laisse voir une chair mince, fragile, blanchâtre ou un peu jaunâtre. Par les temps humides le chapeau est légèrement visqueux.

Les feuillets sont peu nombreux, épais, larges vers la marge, étroits et presque libres vers la base, de couleur jaune, devenant verdâtres ou noirâtres quand on les froisse, comme du reste toutes les autres parties du champignon.

Le pied est plus long que le diamètre du chapeau, et mesure 4 à 6 centimètres de hauteur. Il est rouge, jaunâtre dans le bas, cylindrique, arrondi à la base et très fragile.

Pousse pendant une partie de l’année dans l’herbe des prairies et sur les chemins verts.

On n’est pas fixé sur ses qualités alimentaires, mais cependant on ne le consomme pas, cela tient peut-être à ce que, aussitôt cueilli, il prend un aspect noirâtre, peu engageant.

—Planche 22—Chemins herbeux—Été, automneHygrophore conique—Hygrophorus conicusNon comestible

—Planche 22—

Chemins herbeux—Été, automne

Hygrophore conique—Hygrophorus conicus

Non comestible

Hygrophore blanc d’ivoire.—Hygrophorus eburneus.Spores blanches.

Hygrophore blanc d’ivoire.—Hygrophorus eburneus.

Spores blanches.

L’Hygrophore blanc d’ivoire est un champignon de taille moyenne, tout blanc: son chapeau est assez charnu, arrondi, mamelonné, puis plan et même un peu déprimé; large de 3 à 5 centimètres, visqueux au sommet, glabre sur le disque, un peu velu sur les bords qui sont repliés.

Feuillets décurrents peu nombreux, épais, entiers, blancs, réunis par des veines à la base.

Pied plein, ferme, droit ou un peu courbé, atténué à la base, long de 5 à 6 centimètres; il est blanc, glabre, plein, puis creux, couvert au sommet de granulations visqueuses.

Chair blanche, ferme, de saveur agréable et d’odeur nulle.

Ce champignon, qui est comestible, n’est pas rare dans les bois, de l’été à l’automne.

Une espèce très voisine mais un peu plus rare est l’Hygrophorus cossus, également blanc dans toutes ses parties, mais il s’en distingue à son odeur particulière, qui rappelle celle de la larve du papillon appeléCossus. Cette dernière espèce est regardée comme suspecte.

—Planche 23—Dans les bois frais—Été, automneHygrophore blanc d’ivoireHygrophorus eburneusComestible

—Planche 23—

Dans les bois frais—Été, automne

Hygrophore blanc d’ivoire

Hygrophorus eburneus

Comestible

Russule jaunâtre.—Russula ochroleuca.Spores blanches

Russule jaunâtre.—Russula ochroleuca.

Spores blanches

Il y a dans toutes les Russules un faciès particulier qui permet de reconnaître le genre au premier coup d’œil; la Russule jaunâtre, comme ses congénères, a un aspect raide et des feuillets absolument droits qui ne permettent pas de s’y tromper.

Il est plus difficile de différencier les espèces.

Ici, nous sommes en présence d’une espèce dont le chapeau est jaune pâle ou un peu roussâtre surtout au centre. Il est d’abord arrondi puis plan ou un peu déprimé au milieu, humide ou même visqueux en temps de pluie, lisse ou légèrement strié sur les bords; diamètre: 4 à 8 centimètres.

Feuillets blancs assez nombreux, simples, larges, arrondis à la base et droits.

Pied ferme, cylindrique, long de 5 à 6 centimètres, blanc et couvert de stries grisâtres, spongieux à l’intérieur.

Chair blanche, ferme et cassante, de saveur âcre, mais d’odeur non désagréable.

On considère cette Russule comme suspecte, probablement en raison de sa saveur âcre.

La Russule jaunâtre se trouve de la fin de l’été à l’automne dans les bois un peu humides.

—Planche 24—Dans les bois frais—ÉtéRussule jaunâtreRussula ochroleucaNon comestible

—Planche 24—

Dans les bois frais—Été

Russule jaunâtre

Russula ochroleuca

Non comestible

Russule sevrée.—Russula delica.Spores blanches.

Russule sevrée.—Russula delica.

Spores blanches.

Il ne faudrait pas croire que le nom dedelicadonné à ce champignon implique l’idée d’un champignon excellent à consommer; le motdelicadoit vouloir dire sevré; au reste, cette espèce bien qu’elle soit comestible est loin d’être délicate. C’est elle que dans certaines localités on consomme en assez grande quantité sous le nom de Prevet.

Le chapeau de la Russule sevrée est d’abord convexe puis plan et enfin déprimé avec les bords un peu repliés. Il est blanc comme tout le champignon, mais souvent sali par la terre qu’il soulève; il mesure de 6 à 8 centimètres, avec un épiderme adhérent, glabre ou un peu pruineux.

Les feuillets sont peu nombreux, épais, amincis aux deux extrémités, décurrents, blancs, avec une légère teinte verte qui se remarque surtout à l’insertion des feuillets sur le pied.

Le pied est blanc, plein, plus court que le diamètre du chapeau, puisqu’il mesure seulement 3 à 4 centimètres sur une épaisseur de 2 centimètres environ.

La chair est blanche, épaisse, très ferme, d’odeur un peu vireuse et de saveur douce, puis un peu âcre.

La Russule sevrée est comestible et elle se rencontre dans les bois en été et automne.

Ce champignon ressemble beaucoup à certaines Lactaires blanches, mais il n’a pas de lait.

—Planche 25—Dans les bois—Été, automneRussule sevrée—Russula delicaComestible

—Planche 25—

Dans les bois—Été, automne

Russule sevrée—Russula delica

Comestible

Russule rouge.—Russula rubra.Spores blanches.

Russule rouge.—Russula rubra.

Spores blanches.

Les Russules ne sont pas faciles à distinguer les unes des autres, surtout les rouges qui sont assez nombreuses. La Russule rouge,Russula rubra, de Fries, est une espèce que quelques mycologues voudraient rayer de la nomenclature, sous le prétexte que l’on ne sait pas au juste à quel champignon de ce genre il faut appliquer ce qualificatif.

Voici ce qu’en dit Fries: «Ce champignon a une saveur âcre, le chapeau convexe, plan ou déprimé, et poli lisse; marge obtuse, droite, non striée. Les feuillets adnés, blancs, devenant un peu jaunâtres et souvent rouges sur la tranche; ils sont assez nombreux, dimidiés ou fourchus.»

D’après le même, la couleur du chapeau serait rouge minium, un peu brillant, mais susceptible de pâliroude se modifier.

On trouve la Russule rouge dans les bois feuillus plutôt que sous les conifères.

Le pied est robuste, ferme, blanc ou teinté de rose.

Parmi les espèces ayant une couleur rouge, nous dirons queRussula sanguineaest d’un rouge moins foncé, blanchâtre à la marge, «tout à fait différent deRussula rubrapar sa chair ferme, par ses feuillets adnés, décurrents, étroits, acuminés, comme dit Fries».

Russula Linnæia la chair douce.

Russula Queletiivient sous les conifères.

—Planche 26—Bois feuillus—Surtout l’étéRussule rouge—Russula rubraNon comestible

—Planche 26—

Bois feuillus—Surtout l’été

Russule rouge—Russula rubra

Non comestible

Russule noircissante.—Russula nigricans.Spores blanches.

Russule noircissante.—Russula nigricans.

Spores blanches.

La Russule noircissante est le type d’un petit groupe de Russules qui ont pour caractère principal de prendre, en vieillissant, une couleur noire plus ou moins foncée. Leur chair aussi devient, à la cassure, d’une couleur rougeâtre sale que l’on ne constate pas dans les autres espèces du genre.

Le chapeau de cette Russule est ferme, presque dur, arrondi, puis plan et déprimé, d’abord régulier puis sinueux, glabre et non strié, avec les bords infléchis. Il commence par être blanc ou blanc sale, puis, peu à peu, il prend une teinte marron fuligineuse, plus ou moins accentuée pour devenir presque noir; son diamètre est en moyenne de 8 à 10 centimètres.

Les feuillets, qui prennent un peu la couleur du chapeau, sont peu nombreux, épais, assez larges au milieu, rétrécis aux extrémités, et quand on les froisse, surtout dans le jeune âge, ils prennent une teinte rouge lie de vin.

Pied à peu près cylindrique, épais, ferme, long de 4 à 6 centimètres, d’abord blanc, puis de la couleur du chapeau, plein, puis creux, mais rigide malgré tout.

Chair ferme, dure, granuleuse, normalement blanche, mais prenant à l’air une teinte rougeâtre, puis devenant noire à la fin; saveur légèrement âcre.

La Russule noircissante n’est pas comestible, on la trouve fréquemment pendant la belle saison dans presque tous les bois.

—Planche 27—Commune dans les bois—Été, automneRussule noircissanteRussula nigricansNon comestible

—Planche 27—

Commune dans les bois—Été, automne

Russule noircissante

Russula nigricans

Non comestible

Schizophylle commun.—Schizophyllum commune.Spores blanches.

Schizophylle commun.—Schizophyllum commune.

Spores blanches.

Joli champignon blanc cotonneux, en forme de coquille renversée, commensal attitré des bois morts, encore revêtus de leur écorce.

Le mot schizophylle signifie que les feuillets sont fendus.

C’est le plus souvent un assemblage de chapeaux adhérents au support par un léger pédoncule, qui manque quelquefois: il est légèrement bombé ou plan orbiculaire, recourbé sur les bords qui sont sinués, lobés ou incisés. Sa surface est blanchâtre, cotonneuse ou laineuse, puis grisâtre et parfois rougeâtre. Son diamètre est de 2 à 4 centimètres, mais il paraît souvent davantage, parce que plusieurs se soudent ensemble. Sous le chapeau, se trouvent des feuillets rameux disposés en éventail, qui offrent cette particularité qu’ils sont creusés en sillon, formant comme une sorte de gouttière.

Ce champignon est membraneux, coriace, sans aucune apparence de chair; il persiste toute l’année sur les troncs morts.

Panus styptique.—Panus stypticus.

Les Panus sont des champignons à spores blanches qui vivent sur les arbres: ils ont un pied latéral ou excentrique, et comme ils sont coriaces, on peut les conserver facilement.

LePanus stypticusnous montre un chapeau arrondi en forme de rein, régulier ou lobé, et à bords légèrement recourbés en dessous. Il est jaune fauve ou fauve grisâtre, un peu sillonné et couvert d’une poussière squameuse facile à enlever.

Feuillets nombreux, étroits, minces, se terminant tous sur une même ligne circulaire.

Pied latéral court, assez large à l’insertion des feuillets, plus étroit à sa base.

Saveur fade, puis très âcre; non comestible.

Pousse en groupes imbriqués sur les souches d’arbres encore vivants pendant l’automne et l’hiver.

—Planche 28—Sur les troncs mortsSur les souches coupéesToute l’annéeToute l’annéeSchizophylle communPanus styptiqueSchizophyllum communePanus stypticusNon comestibles

—Planche 28—

Volvaire élégante.—Volvaria speciosa.Spores roses.

Volvaire élégante.—Volvaria speciosa.

Spores roses.

On a beau dire, c’est un champignon qui porte bien son nom, mais malheur à l’imprudent qui se laisse prendre à sa bonne mine, il cache, paraît-il, sous des dehors séduisants, une âme bien noire, mortelle, dit-on.

On regarde les Volvaires comme des Amanites à spores roses, rien n’est plus vrai, puisqu’on y trouve toujours l’attribut de ces dernières, la volve; quant au collier, il peut manquer comme aussi dans certaines Amanites.

Au début, il est renfermé dans une volve blanche, d’où il sort sous forme d’une boule qui s’élargit peu à peu, jusqu’à devenir presque plate: son chapeau peut atteindre alors 6 à 8 centimètres; il est assez charnu, blanchâtre, puis grisâtre, surtout sur le disque; il est, de plus, mou et un peu visqueux.

Feuillets nombreux, larges, ventrus, laissant autour du pied un espace annulaire bien visible; ils sont d’abord blancs ou blanchâtres, puis roses par les spores qui les recouvrent.

Le pied est droit, régulier, un peu épaissi à la base, plus long que le diamètre du chapeau, blanchâtre, puis un peu roussâtre, surtout à la base, qui est légèrement pubescente et garni d’une volve blanche divisée en 2 ou 3 lobes.

Chair blanche nauséeuse.

On trouve la Volvaire élégante en automne et hiver, dans les terrains fumés, les décombres et surtout autour des meules où la paille a longtemps séjourné à terre.

—Planche 29—Terrains fumés, décombres—Automne, hiverVolvaire remarquable—Volvaria speciosaVénéneux

—Planche 29—

Terrains fumés, décombres—Automne, hiver

Volvaire remarquable—Volvaria speciosa

Vénéneux

Pluteus des cerfs.—Pluteus cervinus.Spores roses.

Pluteus des cerfs.—Pluteus cervinus.

Spores roses.

LePluteus cervinusest un champignon assez grand, qui, en raison de ses spores rougeâtres, fait partie du groupe des Rhodosporées (champignons à spores roses).

Son chapeau est assez charnu, d’abord campanulé, puis convexe, plan, avec le centre proéminent. Sa couleur est assez variable, puisqu’on peut le trouver d’un brun plus ou moins foncé, bistré ou même blanchâtre, mais sa couleur la plus habituelle est brune. Par les temps humides, il est généralement visqueux, nu ou couvert de fibrilles écailleuses; diamètre très variable de 4 à 12 centimètres.

Les feuillets sont nombreux, larges, libres autour du pied, d’abord blancs, puis rosés, par les spores qui les recouvrent.

Le pied est plus long que le diamètre du chapeau; il est plein, puis creux, cylindrique, blanc ou blanchâtre et couvert de fibrilles plus foncées.

La chair est assez épaisse, molle, blanche, odorante.

Longtemps, on a considéré lePluteus cervinuscomme suspect, mais il est parfaitement comestible. On le trouve principalement sur les troncs pourris, dans les bois, les haies, et souvent aussi sur la sciure de bois; alors il pousse en touffe et prend des dimensions beaucoup plus grandes et s’éloigne du type normal.

Les Pluteus poussent toujours sur du bois plus ou moins décomposé, et non sur la terre proprement dite.

—Planche 30—Troncs pourris, sciure de bois—Été, automnePluteus des cerfs—Pluteus cervinusComestible

—Planche 30—

Troncs pourris, sciure de bois—Été, automne

Pluteus des cerfs—Pluteus cervinus

Comestible

Cortinaire bleuâtre.—Cortinarius cœrulescens.Spores ochracées.

Cortinaire bleuâtre.—Cortinarius cœrulescens.

Spores ochracées.

Il y a, certes, parmi les Cortinaires que l’on connait, de belles espèces, mais celui-ci est malgré tout un des plus remarquables, tant par sa couleur fraîche et vive que par son port élégant.

Son chapeau est charnu, convexe, à bords recourbés, puis plan et un peu déprimé dans la vieillesse, où il prend des formes plus ou moins tourmentées; il mesure de 4 à 8 centimètres. Tout jeune, il est d’un bleu lilacé très vif, mais ensuite il devient roussâtre, au moins par place, et il faut l’avoir vu jeune pour se faire une idée de la fraîcheur de son coloris. Son épiderme est un peu fibrilleux ou légèrement visqueux par les temps humides.

Les feuillets sont nombreux, d’un beau bleu pâle, puis de couleur rouillée, due aux spores qui mûrissent.

Le pied est plein, gros, cylindrique, long de 4 à 5 centimètres et terminé à sa partie inférieure par un gros bulbe marginé couvert d’un léger coton bleuâtre.

La cortine qui, primitivement, reliait le chapeau au pied est blanc bleuâtre, puis ochracée et fugace.

Chair épaisse, ferme, lilacée, puis blanche, de saveur agréable. Ce champignon est comestible, mais assez rare. On le récolte en été-automne, dans les bois ombragés.

—Planche 31—Sous les futaies—Été, automneCortinaire bleuâtre—Cortinarius cœrulescensComestible

—Planche 31—

Sous les futaies—Été, automne

Cortinaire bleuâtre—Cortinarius cœrulescens

Comestible

Cortinaire de Berkeley.—Cortinarius Berkeleyi.Spores ochracées.

Cortinaire de Berkeley.—Cortinarius Berkeleyi.

Spores ochracées.

Nous allons parler d’un Cortinaire qui, probablement, est le géant du genre et peut-être même de tous les Agarics: avec un seul spécimen, on peut faire un plat.

Le Cortinaire de Berkeley, nom du mycologue qui le premier l’a séparé des espèces voisines, nous paraît devoir se rapporter auxCortinarius torvusde Fries, etpræstansde Cordier. Il commence par montrer au-dessus du sol une tête sphérique, de la grosseur d’un petit œuf, mais, rapidement, le développement a lieu, et nous nous trouvons alors en présence d’un volumineux champignon à chapeau régulièrement arrondi recourbé sur les bords, mesurant plus de 20 centimètres de diamètre. Normalement, il est de couleur ochracée plus ou moins foncée, lisse, humide ou même visqueux et couvert surtout sur les bords de macules glutineuses blanches. Plus tard, il se ride du centre à la circonférence.

Feuillets nombreux, minces, étroits, non décurrents, d’abord bleu pâle lilacé, puis devenant ochracés par les pores qui les recouvrent.

Le pied est gros, ferme, plein, renflé à la base surtout dans le jeune âge, long de 10 à 20 centimètres et épais de plus de 3 centimètres. Il est blanc et couvert de squames nombreuses, et relié au chapeau dans les premiers temps par une abondante cortine formée de filaments blancs ou violacés.

Chair épaisse, fine, blanchâtre, de saveur agréable.

On trouve ce beau et bon champignon en automne dans les forêts, où il forme de grands cercles, de 15 à 20 individus.

—Planche 32—Sous les futaies—AutomneCortinaire de Berkeley—Cortinarius BerkeleyiComestible

—Planche 32—

Sous les futaies—Automne

Cortinaire de Berkeley—Cortinarius Berkeleyi

Comestible

Cortinaire à bracelets.—Cortinarius armillatus.Spores ochracées

Cortinaire à bracelets.—Cortinarius armillatus.

Spores ochracées

Ce champignon mesure de 8 à 10 centimètres au chapeau, avec un pied plus long que le diamètre du chapeau; il offre un caractère qui aidera à le faire reconnaître, il est marqué sur le pied de 2 à 4 zones circulaires irrégulières d’un rouge brique.

Au début, son chapeau est arrondi, puis convexe, un peu mamelonné au centre et enfin presque plat, avec les bords un peu relevés. Il est de couleur rouge brique ou un peu brunâtre, fibrilleux ou écailleux.

Feuillets peu nombreux, larges, arrondis et un peu adhérents au pied, amincis à la marge, pâles, puis rouillés ou bruns.

Pied plus long que le diamètre du chapeau, mince en haut, insensiblement renflé vers le bas, plein, blanchâtre ou fauve pâle et marqué vers le milieu de 3 ou 4 impressions irrégulières d’un rouge cinabre. La cortine est très fugace.

On trouve le Cortinaire à bracelets en été-automne, dans les bois.

Ce champignon, indiqué comme comestible, est de qualité inférieure.

Une espèce voisine, que l’on trouve dans les mêmes endroits, est leCortinarius hæmatochælis, qui n’offre qu’une zone rouge et est de dimensions moindres.

—Planche 33—Dans les bois—Été, automneCortinaire à braceletCortinarius armillatusComestible

—Planche 33—

Dans les bois—Été, automne

Cortinaire à bracelet

Cortinarius armillatus

Comestible

Cortinaire couleur de brique.Cortinarius bolaris.Spores ochracées.

Cortinaire couleur de brique.Cortinarius bolaris.

Spores ochracées.

Le Cortinaire couleur de brique est de taille moyenne, et il se caractérise surtout par sa teinte d’un rouge tout particulier.

Son chapeau est peu charnu, convexe, puis plan et un peu déprimé à la fin, il mesure de 4 à 5 centimètres de diamètre. Il est entièrement couvert de petites écailles d’un rouge safrané entre lesquelles on aperçoit le tissu pâle du champignon.

Les feuillets sont peu nombreux, étroits, amincis aux deux extrémités, blanchâtres ou un peu jaunâtres, puis orangés.

Le pied est plus grand que le diamètre du chapeau, plein, puis creux, égal, de la couleur du chapeau et un peu écailleux.

Chair blanche, peu épaisse, un peu âcre.

On trouve ce champignon, qui est probablement comestible, dans les bois, en été-automne.

Cortinaire rouge cinabre.Cortinarius cinnabarinus.

Spores ochracées.

Encore un Cortinaire de petite dimension; il mesure de 3 à 5 centimètres, mais sa couleur rouge est très belle.

Son chapeau est peu charnu, campanulé, puis plan, d’un beau rouge vif, rappelant la couleur du cinabre; il est d’abord un peu soyeux puis glabre.

Les feuillets sont peu nombreux, assez larges et de la couleur du chapeau.

Le pied est long de 4 à 5 centimètres, plein, régulier ou un peu épaissi à la base, rouge plus clair que le chapeau et muni d’une cortine également rouge.

Chair peu épaisse, rouge, avec une légère odeur de radis.

Il n’est pas d’usage de consommer ce champignon que l’on trouve en été-automne, dans les bois sablonneux.

—Planche 34—Dans les bois—Été, automneCortinairecouleur de briqueCortinairerouge cinabreCortinarius bolarisCortinarius cinnabarinusProbablement comestibleDouteux

—Planche 34—

Dans les bois—Été, automne

Hébélôme échaudé.—Hebeloma crustuluniformis.Spores ochracées.

Hébélôme échaudé.—Hebeloma crustuluniformis.

Spores ochracées.

LesHebelomacorrespondent dans les Ochrosporées, auxTricholomades Leucosporées, c’est-à-dire qu’ils ont les feuillets sinués et le pied charnu.

L’Hébélôme échaudé a le chapeau d’abord arrondi, puis plan, avec les bords minces un peu irréguliers: il est glabre, humide ou un peu visqueux, jaune pâle ou roussâtre, surtout au centre.

Les feuillets sont nombreux, minces, roussâtres, pâles et souvent tachetés, denticulés sur la tranche, et montrant en temps humide des gouttelettes de liquide.

Le pied est plein, puis creux, un peu bulbeux à la base, plus clair que le chapeau, glabre en bas et ponctué au sommet de granulations écailleuses.

Chair blanche, épaisse, à odeur de radis.

Ce champignon est fréquent en été-automne, dans les bois, les prairies: comestible peu estimé.

Collybie à pied velu.—Collybia velutipes.

On trouve ce champignon à la fin de l’automne et pendant l’hiver sur les arbres languissants où il forme de petites touffes agréables à voir.

Le chapeau est peu charnu, mince, jaune orangé ou brunâtre, glabre et un peu visqueux, convexe, puis plan, large de 2 à 5 centimètres.

Les feuillets sont peu nombreux, assez larges, arrondis vers le pied, aigus vers la marge.

Pied jaune, roussâtre en haut et couvert ailleurs d’un tomentum brun ou noir, long de 4 à 6 centimètres; chair blanche ou blanchâtre de saveur mucilagineuse: comestible peu estimé.

—Planche 35—Dans les bois—Été, automneHébélôme échaudéCollybie à pied veluHebeloma crustuluniformisCollybia velutipesComestibles peu estimés

—Planche 35—

Dans les bois—Été, automne

Paxille noir-tomenteux.—Paxillus atro-tomentosus.Spores ochracées.

Paxille noir-tomenteux.—Paxillus atro-tomentosus.

Spores ochracées.

Les Paxilles, peu nombreux en espèces, ont pour caractères principaux d’avoir les spores ochracées et les feuillets décurrents susceptibles de se séparer en masse de la chair du champignon. Nous avons, dans le premier volume, décrit et figuré le Paxille enroulé, qui est d’une couleur fauve uniforme, ce qui n’est pas le cas pour celui qui nous occupe.

Le Paxille noir-tomenteux a un chapeau souvent irrégulier, d’abord convexe, puis en entonnoir, avec les bords recourbés, surtout dans le jeune âge: il est pubescent, brun bistré plus ou moins intense, et mesure de 10 à 15 centimètres et même davantage.

Les feuillets sont nombreux, étroits, décurrents, anastomosés, fauves ochracés et pouvant, comme nous l’avons dit plus haut, se séparer par parties de la chair.

Pied court, trapu, plein, souvent excentrique, ordinairement couvert d’un revêtement brunâtre et comme duveteux.

La chair est assez épaisse, ferme, blanchâtre.

On trouve ce champignon surtout dans les bois d’arbres verts, où il acquiert des formes souvent curieuses, et des dimensions très grandes.

On l’indique comme comestible, mais il a, une fois cuit, une saveur franchement désagréable.

—Planche 36—Bois d’arbres verts—Été, automnePaxille noir-tomenteux—Paxillus atro-tomentosusComestible peu délicat

—Planche 36—

Bois d’arbres verts—Été, automne

Paxille noir-tomenteux—Paxillus atro-tomentosus

Comestible peu délicat

Pholiote radiqueuse.—Pholiota radicosa.Spores ochracées.

Pholiote radiqueuse.—Pholiota radicosa.

Spores ochracées.

Les Pholiotes, on le sait, sont des champignons munis d’un collier assez résistant et ayant des spores ochracées.

La Pholiote radiqueuse, ainsi nommée parce que son pied s’enfonce dans le sol, d’une assez grande longueur, est un champignon dont le chapeau, d’abord arrondi, s’élargit peu à peu en forme de dôme; il est rare qu’il devienne tout à fait plat. Il est charnu, ferme, blanchâtre ou jaunâtre fauve, plus ou moins parsemé de mèches appliquées de couleur plus foncée; son diamètre est de 6 à 10 centimètres, et l’épiderme du chapeau déborde légèrement sur les feuillets.

Feuillets nombreux, pâles, puis roussâtres, ferrugineux par les spores qui les recouvrent.

Pied robuste, plein, cylindrique, droit ou un peu courbé, plus long que le diamètre du chapeau et s’enfonçant dans le sol, d’une quantité parfois égale à sa longueur, sous forme de racine fusiforme; il est blanc ou blanchâtre, farineux au-dessus du collier et garni en dessous de nombreuses écailles un peu brunes. Collier large, membraneux, persistant.

Chair ferme, blanche, à odeur d’amande.

La Pholiote radiqueuse se trouve surtout au voisinage des souches pourrissantes, où le pied peut se développer librement dans un sol approprié. Lorsqu’on arrache ce champignon sans précaution, on brise sa racine et l’on n’obtient qu’un échantillon imparfait qui ne peut donner une idée de l’espèce.

—Planche 37—Au pied des arbres—Été, automnePholiote radiqueuse—Pholiota radicosaPeut-être comestible

—Planche 37—

Au pied des arbres—Été, automne

Pholiote radiqueuse—Pholiota radicosa

Peut-être comestible

Pholiote squarreuse.—Pholiota squarrosa.Spores ochracées.

Pholiote squarreuse.—Pholiota squarrosa.

Spores ochracées.

Encore une Pholiote qui est bien nommée, puisquesquarrosasignifie couvert de pustules, ou écailles; et en effet, il est, dans la jeunesse, complètement hérissé de mèches retroussées.

La Pholiote squarreuse débute par un long pied généralement courbé et surmonté à sa partie supérieure par un léger renflement sphérique, le tout complètement recouvert de nombreuses squames brunâtres.

Peu à peu, le chapeau s’épanouit tout en restant convexe, il peut alors avoir de 5 à 10 centimètres. Il est charnu, jaune clair ou safrané, mais les nombreuses écailles qui le recouvrent sont brunâtres.

Les feuillets sont nombreux, étroits, jaune pâle, puis ferrugineux, arrondis à la base et aigus au sommet.

Le pied est plein, ferme, un peu courbé, long de 6 à 10 centimètres, jaune et garni de nombreuses écailles brunes, lisse au-dessus du collier qui est très consistant.

Chair jaune, d’odeur prononcée, comestible peu estimé.

Pousse en touffe de plusieurs individus au pied des arbres malades.

—Planche 38—Sur les arbres malades—AutomnePholiote squarreuse—Pholiota squarrosaComestible peu recommandable

—Planche 38—

Sur les arbres malades—Automne

Pholiote squarreuse—Pholiota squarrosa

Comestible peu recommandable

Gomphide visqueux.—Gomphidius viscidus.Spores noires.

Gomphide visqueux.—Gomphidius viscidus.

Spores noires.

LesGomphidiussont peu nombreux en espèces, 3 ou 4 au plus; ils ont un chapeau assez caractéristique, en forme de toupie; leurs spores sont noires et très allongées comme celles des Bolets.

Le Gomphide visqueux montre d’abord un chapeau conique à bords repliés en dessous et reliés au pied par des filaments soyeux très fins, qui représentent une cortine. Plus tard, le chapeau s’aplatit tout en restant mamelonné au centre, l’épiderme est glabre, lisse, puis roussâtre ou roux fauve, puis un peu noirâtre, visqueux, et d’un diamètre de 3 à 5 centimètres.

Les feuillets sont épais, peu nombreux, droits, blancs grisâtres, puis cendrés et enfin noirs.

Le pied est plein, ferme, plus long que le diamètre du chapeau, cylindrique et atténué à la base, droit ou flexueux, jaune roussâtre, puis foncé dans le haut, présentant au sommet une sorte de cortine un peu visqueuse.

Chair jaunâtre, élastique, de saveur mucilagineuse et d’odeur assez désagréable.

On trouve ce champignon pendant une partie de l’année, presque exclusivement dans les sapinières.

C’est un comestible peu apprécié.


Back to IndexNext