CHAPITRE VIII.

Le 23 dudit mois, nous fusmes devant la riviere des Yrocois, où treuvasmes ledit Deschesnes, qui dit avoir eu nouvelle qu'il devoit arriver quelques trois cens Hurons, où Estienne Bruslé les avoit rencontrez, au sault de la chaudière, 75 lieues de ladite riviere des Yrocois.

Cedit jour, arriverent quelques 60 Canaux de Hurons, & Algommequins qui r'amenerent du Vernay, & autres hommes qu'on leur avoit donné pour hyverner en leur païs, afin de tousjours les tenir en amitié, & les obliger à venir.

Ce jour là mesmes arriva le pilote Doublet, luy sixiesme, dans une double chalouppe, qui venoit de l'Isle S. Jean & Miscou, où estoit le sieur de la Ralde en pescherie, qui donnoit advis au sieur de Caen, que des Basques s'estoient retirez à ladite isle S. Jean, pour se mettre en deffence si on les alloit attaquer, ne voulant subir aux commissions de sa Majesté; & qu'ils s'estoient saisis d'un moyen vaisseau où estoit un nommé Guers548, qui l'année d'auparavant estoit62/1046venu à Tadoussac comme j'ay dit cy dessus: il se contenta de luy prendre ses marchandises de traitte, le laissant aller avec ses munitions, & canons de fonte verte: il meritoit qu'on luy fit ressentir le chastiment que doivent recevoir ceux qui contreviennent aux ordonnances & decrets de sa Majesté, il treuva de la courtoisie à son advantage, ce qu'il n'eut fait en beaucoup de personnes, qui l'eussent traitte avec plus de severité. Le pilote fit avec ceste chalouppe le long des costes & fleuve sainct Laurent, prés de deux cens lieues: il dit que ces Basques avoient donné de mauvaises impressions de nous aux sauvages de ces costes, disant, que s'ils nous treuvoient à leur advantage, ils nous feroient un mauvais party, & de fait il eut couru ceste fortune sans un pere Recollet, qui estoit parmy ces sauvages il y avoit deux ans, lequel escrivit une lettre à nos peres, de l'estat auquel il estoit parmy ces peuples, qui l'affectionnoient fort, & esperoit y faire quelque fruict moyennant la grâce de Dieu, estant fort advancé au langage du païs.

Note 548:(retour)Vraisemblablement Guerar ou Guerard. (Voir ci-dessus, p. 54.)

Note 548:(retour)

Vraisemblablement Guerar ou Guerard. (Voir ci-dessus, p. 54.)

Le 17 dudit mois arriverent des sauvages, qui firent une assemblée entr'eux, où ils formèrent quelques plaintes des uns & des autres, touchant les passages qui n'estoient pas libres aux Hurons, que les Algommequins les traittoyent mal, leur faisant contribuer de leurs marchandises, & ne se contentant pas de ce, les déroboient, qui leur donnoit encore suject d'un grand mescontentement: on les on les accorda sur toutes ces plaintes, ils firent des presens de quelques castors qui leurs furent payés plus qu'ils ne valoient.

63/1047Le 30 fut célébré la saincte Messe549. Ce jour mesme l'on fit un pourparler, pour l'accord du meurtrier, auquel je ne pouvois entendre, pour la perfidie qu'il avoit commise, en l'assassinat de nos hommes, neantmoins plusieurs considerations, & les raisons dudit sieur de Caen, qui me dit que sa Majesté & mondit seigneur luy remettoient la faute, qui m'y firent condescendre, à la charge que l'affaire feroit une satisfaction devant toutes les nations, confessant que malicieusement, perfidement & meschamment, il avoit tué nos compagnons, méritant la mort si on ne luy faisoit grâce, ce qui fut accordé.

Note 549:(retour)Le 30 juillet était un dimanche.

Note 549:(retour)

Le 30 juillet était un dimanche.

Le lendemain fut délibéré de faire quelques presens à toutes les nations, pour les obliger à nous aymer, & traitter bien les François qui alloient en leur païs, pour les conserver contre leurs ennemis, & ainsi leur donner courage de revenir avec plus d'affection.

Cet accord ne se pouvoit faire que devant toutes les nations afin qu'elles recogneussent quelle est nostre bonté, au respect de leurs cruautez, & afin que le meurtrier en receut plus de honte, l'obligeant après le pardon d'estre autant affectionné à nous aymer, comme il avoit esté nostre ennemy mortel: il nous fallut user de quelque cérémonie, car il faut user de demonstrations parmy ces peuples, avec les discours: la cérémonie fut telle qui s'ensuit.

Le dernier de Juillet, tous trouverent bon de suivre la volonté de sa Majesté, de pardonner au64/1048meurtrier qui avoit tousjours esté en crédit, & fait capitaine par les sauvages pour avoir tué nos hommes, ledit meurtrier se devoit mettre au milieu de toutes les nations assemblées en ce lieu, & celuy qui s'avoit assisté en ce meurtre, & luy faire un discours devant tout le peuple, du bien qu'il avoit receu des François, qu'il avoit très-mal recognu, comme meschamment & traistreusement il avoit assassiné nos hommes depourveus d'armes, sous ombre d'amitié, qu'on n'eust jamais peu penser ny aucun de nostre habitation, qu'il eust eu le coeur si desloyal & perfide comme il l'avoit monstré, que ce pendant le chef qui pour lors estoit à l'habitation, & autres du depuis n'avoient voulu user du pouvoir & droict que la justice leur donnoit de le faire mourir, comme il le meritoit.

Ce pendant, l'affection que nous avions porté à ceux de sa nation, & comme estant allié des principaux, nous avoit empesché de le faire mourir, nous estans contentez de le chasser de nostre habitation, pour ne le voir, ny raffraichir la mémoire de nos hommes massacrez. Et voyant qu'il avoit recogneu sa faute, s'estant mis en devoir de recevoir le chastiment qu'il meritoit, qu'on luy pardonnoit, par la volonté de nostre Roy, qui luy donnoit la vie, & à la requeste de tous les peuples: A la charge de jamais ne retourner, ny tomber en cette faute, ny aucuns de sa nation; estans personnes qui ne nous contentions de presens, pour payement de la mort de nos hommes, comme ils faisoient entr'eux: & que s'il arrivoit à l'advenir qu'ils commissent telles perfidies & trahisons, on feroit punir de mort65/1049les autheurs du mal; les tenans pour nos ennemis: & tous ceux qui voudroient empescher: & plusieurs autres discours sur ce sujet; & quelques autres cérémonies qui furent faictes. Cela achevé, le meurtrier se leva, & son compagnon, me venant demander pardon, avec promesse à l'advenir, de se comporter si fidellement avec les François, qu'il n'auroit autre volonté que reparer ceste faute par quelques bons services: & ainsi furent libérez550.

Note 550:(retour)Quelques exemplaires portent «délibérez.»—Sagard nous a conservé, sur cette affaire, quelques détails de plus. «Les meurtriers ayans esté grandement blasmez, furent en fin pardonnez à la prière de ceux de leur nation, qui promirent un amendement pour l'advenir, moyennant quoy le sieur Guillaume de Caen général de la flotte, affilié du sieur de Champlain, & des Capitaines de Navires, prit une espée nue qu'il fit jetter au milieu du grand fleuve sainct Laurens en la presence de nous tous, pour asseurance aux meurtriers Canadiens, que leur faute leur estoit entièrement pardonnée, & ensevelie dans l'oubly, en la mesme sorte que cette espée estoit perdue & ensevelie au fond des eaues, & par ainsi qu'ils n'en parleroient plus. Mais nos Hurons qui sçavent bien dissimuler, & qui tenoient bonne mine en cette action, estans de retour dans leur pays, tournèrent toute cette cérémonie en risée, & s'en mocquerent disans que toute la cholere des François avoit esté noyée en céte espée, & que pour tuer un François on en seroit doresnavant quite pour une douzaine de castors, en quoy ils se trompoient bien fort, car ailleurs on ne pardonne pas si facilement, & eux-mesme y seront quelque jour trompez s'ils sont des mauvais, & que nous soyons les plus forts.» (Hist. du Canada, p. 236, 237.)

Note 550:(retour)

Quelques exemplaires portent «délibérez.»—Sagard nous a conservé, sur cette affaire, quelques détails de plus. «Les meurtriers ayans esté grandement blasmez, furent en fin pardonnez à la prière de ceux de leur nation, qui promirent un amendement pour l'advenir, moyennant quoy le sieur Guillaume de Caen général de la flotte, affilié du sieur de Champlain, & des Capitaines de Navires, prit une espée nue qu'il fit jetter au milieu du grand fleuve sainct Laurens en la presence de nous tous, pour asseurance aux meurtriers Canadiens, que leur faute leur estoit entièrement pardonnée, & ensevelie dans l'oubly, en la mesme sorte que cette espée estoit perdue & ensevelie au fond des eaues, & par ainsi qu'ils n'en parleroient plus. Mais nos Hurons qui sçavent bien dissimuler, & qui tenoient bonne mine en cette action, estans de retour dans leur pays, tournèrent toute cette cérémonie en risée, & s'en mocquerent disans que toute la cholere des François avoit esté noyée en céte espée, & que pour tuer un François on en seroit doresnavant quite pour une douzaine de castors, en quoy ils se trompoient bien fort, car ailleurs on ne pardonne pas si facilement, & eux-mesme y seront quelque jour trompez s'ils sont des mauvais, & que nous soyons les plus forts.» (Hist. du Canada, p. 236, 237.)

Mais quoy que s'en toit, ces peuples qui n'ont aucune consideration, si c'est par charité ou autrement; ils croyent que le pardon a esté faict faute de courage, & pour n'avoir osé entreprendre de le faire mourir, bien qu'il le meritoit, & cela nous mettoit en assez mauvaise estime parmy eux, de n'en avoir point eu de resentiment.

Toutes ces nations tres-aises & satisfaits, ils nous remercièrent, nous louans de ce que nous n'avions tesmoigné un mauvais coeur, & accordèrent de mener onze François pour la defence de leurs villages, contre leurs ennemis, dont il en demeureroit huict en leurs villages, & trois qui reviendroient avec eux au printemps en traitte. Ils emmenèrent trois peres66/1050Recolets, sçavoir les pères Nicolas, Joseph, & frère Gabriel551, pour voir s'ils pourroyent profiter au païs, pour la gloire de Dieu, & apprendre François langue. Deux autres François furent donnez aux Algommequins, pour les maintenir en amitié, & inciter à venir en traitte: Il leur fut fait un grand festin selon leur coustume, qui fit l'accomplissement de la feste, & par ainsi s'en allèrent grandement contans.

Note 551:(retour)Frère Gabriel (et probablement aussi les PP. Nicolas et Joseph) était arrivé «au port du Cap de la Victoire, le jour de la saincte Magdelene,» c'est-à-dire, le 22 juillet, «environ les six à sept heures du soir.» (Hist. du Canada, p. 174.)

Note 551:(retour)

Frère Gabriel (et probablement aussi les PP. Nicolas et Joseph) était arrivé «au port du Cap de la Victoire, le jour de la saincte Magdelene,» c'est-à-dire, le 22 juillet, «environ les six à sept heures du soir.» (Hist. du Canada, p. 174.)

Le 2 d'Aoust s'embarquèrent tous nos François avec les sauvages en leurs canaux, chacun avec son homme552, & ce mesme jour l'on rechargea toutes les marchandises qui restoient en terre, se levent les ancres, nous mismes voilles, & le quatriesme jour arrivasmes à Québec, où les barques estant toutes assemblées, l'on fit visiter, & treuva on quantité de castors parmy les matelots, que l'on fit serrer, attendant qu'ils fussent de retour en France, pour les contenter, s'il se treuvoit par la societé que cela fut raisonnable, ne leur estant permis de traitter à leur prejudice, ce qui occasionna ceux des équipages d'estre mal contens, comme ils le temoignerent.

67/1051Le 8 dudit mois fut despesché ledit Deschesnes, avec six barques, pour aller quérir les vivres pour l'habitation, & luy de s'en aller à Gaspey en son vaisseau, pour faire faire diligence de la pesche du poisson.

Note 552:(retour)«La traite estant faite, dit Sagard, & les Hurons prests à partir, nous les abordâmes en la compagnie du sieur de Caen général de la flotte, lequel nous fit accepter chacun pour un canot moyennant quelque petit prêtent de haches, cousteaux, & canons ou petits tuiaux de verre qu'on leur donna pour nostre despence. Toute la difficulté fut de nous voir sans armes qu'ils eussent desiré en nous plustost que toute autre chose, pour guerroyer leurs ennemis, mais comme les espées & les mousquets n'estoient pas de nostre gibier, nous leur fismes dire par le Truchement que nos armes estoient spirituelles, avec lesquelles nous les instruirions & conserverions à l'encontre de leurs ennemis moyennant la grâce de Dieu, & que s'ils vouloient croire nos conseils, les Diables mesmes ne leur pourroient plus nuire: Cette responce les contenta fort, & nous eurent dans une très-haute estime, tenans à faveur de nous avoir comme nous de les accompagner, & servir en une si belle occasion.» (Hist. du Canada, p. 174, 175.)

Note 552:(retour)

«La traite estant faite, dit Sagard, & les Hurons prests à partir, nous les abordâmes en la compagnie du sieur de Caen général de la flotte, lequel nous fit accepter chacun pour un canot moyennant quelque petit prêtent de haches, cousteaux, & canons ou petits tuiaux de verre qu'on leur donna pour nostre despence. Toute la difficulté fut de nous voir sans armes qu'ils eussent desiré en nous plustost que toute autre chose, pour guerroyer leurs ennemis, mais comme les espées & les mousquets n'estoient pas de nostre gibier, nous leur fismes dire par le Truchement que nos armes estoient spirituelles, avec lesquelles nous les instruirions & conserverions à l'encontre de leurs ennemis moyennant la grâce de Dieu, & que s'ils vouloient croire nos conseils, les Diables mesmes ne leur pourroient plus nuire: Cette responce les contenta fort, & nous eurent dans une très-haute estime, tenans à faveur de nous avoir comme nous de les accompagner, & servir en une si belle occasion.» (Hist. du Canada, p. 174, 175.)

Ledit sieur de Caen & moy, fusmes au Cap de tourmente, pour voir ce lieu, où estant arrivé & visité, fut trouve très agréable, pour la scituation, & les prairies553qui l'environnent estant un lieu propre pour la nourriture du bestial.

Note 553:(retour)Vraisemblablement, ces prairies naturelles étaient situées entre le Petit-Cap et le cap Tourmente même. Elles sont, encore aujourd'hui, à l'état de prairies naturelles; mais la richesse des prairies artificielles qui les avoisinent, a presque fait oublier le mérite de leurs aînées. Il faut dire aussi que, de mémoire d'homme, elles ont diminué considérablement de profondeur, par la violence des eaux, qui, tous les ans, y enlèvent quelque chose au rivage.

Note 553:(retour)

Vraisemblablement, ces prairies naturelles étaient situées entre le Petit-Cap et le cap Tourmente même. Elles sont, encore aujourd'hui, à l'état de prairies naturelles; mais la richesse des prairies artificielles qui les avoisinent, a presque fait oublier le mérite de leurs aînées. Il faut dire aussi que, de mémoire d'homme, elles ont diminué considérablement de profondeur, par la violence des eaux, qui, tous les ans, y enlèvent quelque chose au rivage.

Ayant veu particulièrement ce lieu, lequel s'il estoit mis en l'estat, que l'industrie & l'artifice des hommes pourroit y apporter, il seroit très-beau, car tout ce qui s'y peut desirer, pour une belle rencontre s'y treuve: partant de ce lieu, retournasmes à Québec le 17 dudit mois, où vismes toutes les barques de retour, qui deschargeoient les commoditez de ladite habitation, laquelle fut visitée par des Massons & Charpentiers, pour voir si elle estoit en estat de subsister & durer, il fut jugé que l'on auroit plustost fait d'en édifier une nouvelle, que reparer annuellement la vieille, qui estoit si caduque qu'elle attendoit l'heure de tomber, fors le magazin de pierre à chaux & à sable, (comme dit est,) auquel je fis faire une porte par dehors, qui alloit dans la cave, faisant condamner une trappe qui estoit dans le magazin des marchandises, par où on alloit souvent boire nos boissons, sans aucune consideration.

68/1052Ledit du Pont se resolut de s'en aller en France, à cause de l'incommodité qu'il avoit, & ne pouvant avoir les choses necessaires icy pour sa maladie, qui l'occasionna de partir avec ledit sieur de Caen de Québec, le 23 d'Aoust avec trois barques, pour s'en aller embarquer à Tadoussac, delà en France, & passer à Gaspey, pour sçavoir nouvelle de ce qui s'estoit passé durant son absence, pour le suject des Basques qui estoient à l'isle de sainct Jean.

Le premier de Septembre, ledit pilote Doublet arriva avec une chalouppe, & lettre dudit sieur de Caen, qui me prioit d'envoier le plus promptement que je pourrois les ouvriers restant pour retourner, ce qu'ils firent en deux chalouppes, le trouvent à Gaspey, où il leur avoit donné le rendez-vous.

Recognoissant l'incommodité que nous avions eue par les années passées, de faire le foin si tard pour le bestial, j'en fis faire au Cap de tourmente deux milles bottes, dés le mois d'Aoust, & les envoyay quérir avec une de nos barques.

Recognoissant la décadence, en quoy s'alloit réduire nostre habitation, nous avions resolu d'en faire une nouvelle: pour le plus abrégé je fis le plan d'un nouveau bastiment, abbatant tout le vieux, fors le magazin, & en suitte d'iceluy faire les autres corps de logis de dix-huict toyses, avec deux aisles de dix toyses de chaque costé, & quatre petites tours aux quatre coings du logement554, & un ravelin69/1053devant l'habitation, commendant sur la riviere, entouré le tout de fossez & pont-levis: & pour ce faire je jugé que premier que bastir il falloit assembler les matériaux pour commencer à bastir au printemps, je fis faire quantité de chaux, abbatre du bois, tirer de la pierre, apprester tous les matériaux necessaires pour la massonnerie, charpenterie, & le chauffage, qui incommodoit grandement pour le divertissement des hommes, & n'y en eut que dix-huict de travail à toutes ces choses, où l'on fit assez de besongne pour si peu qu'il y avoit. L'incommodité que l'on recevoit à monter la montagne, pour aller au fort sainct Louis, me fit entreprendre d'y faire faire un petit chemin555pour y monter avec facilité, ce qui fut fait le 29. de Novembre, & sur la fin dudit mois la petite riviere Sainct Charles fut presque prise de glace, & depuis le mois de Novembre jusques à la fin dudit mois, le temps fut fort variable, & se passa en journées assez froides, au matin avec gelée, bien qu'il fist beau le reste du jour; se faisoit quelques fois de la pluye,70/1054& des neiges, qui par fois se fondent à mesure qu'elles tombent: Ayant remarqué qu'il n'y a point quinze tours de differens, d'une année à autre pour la température de l'hyver, qui est depuis le 20 Novembre, jusques en Avril, que les neiges se fondent, & May est le printemps: quelques fois, les neiges sont plus grandes en une année qu'en l'autre, qui sont de pied & demy, & trois & quatre pieds au plus, au plat pays: car aux montaignes du costé du Nord, elles sont de cinq à six pieds de haut.

Note 554:(retour)Ce plan ne fut exécuté qu'en partie. Pendant l'absence de Champlain les ouvriers, ou les conducteurs des travaux, simplifièrent l'ouvrage, et ne firent que deux des tourelles projetées, comme on le voit, tant par le texte même de l'auteur (voir un peu plus loin), que par le plan et le dessin qui nous sont restés de ce second magasin. Ces deux tourelles étaient sur la rue Notre-Dame, l'une à l'encoignure de la rue Sous-le-Fort, l'autre quelques pieds en avant du portail de l'église actuelle de la basse ville.

Note 554:(retour)

Ce plan ne fut exécuté qu'en partie. Pendant l'absence de Champlain les ouvriers, ou les conducteurs des travaux, simplifièrent l'ouvrage, et ne firent que deux des tourelles projetées, comme on le voit, tant par le texte même de l'auteur (voir un peu plus loin), que par le plan et le dessin qui nous sont restés de ce second magasin. Ces deux tourelles étaient sur la rue Notre-Dame, l'une à l'encoignure de la rue Sous-le-Fort, l'autre quelques pieds en avant du portail de l'église actuelle de la basse ville.

Note 555:(retour)Ce petit chemin, que Champlain fit faire à la fin de novembre 1623, pour monter au fort avec facilité, est, sans aucun doute, l'origine du pied de la côte actuelle qui conduit de la basse à la haute ville. Car d'abord il ne peut être question, ici, du haut de la montée, c'est-à-dire, de la partie voisine du fort, puisque la pente du terrain y est comparativement douce. En second lieu, des trois montées qui ont existé simultanément, le chemin actuel des voitures est sans contredit le moins raide et le plus facile. Tout le monde sait que la Petite-Rue Champlain a toujours été si difficile à gravir, que depuis longtemps on s'est vu obligé d'y pratiquer un escalier; le chemin qui descendait naguères du coude de la rue de la Montagne droit au magasin, et qui, selon toutes les apparences, a été le chemin primitif, n'a jamais pu être que fort escarpé. D'ailleurs ces montées dataient toutes les trois des premiers temps de la colonie, et l'on ne voit pas qu'aucun des successeurs de Champlain ait fait autre chose que de les réparer ou les améliorer. On peut donc conclure que le cheminfacile, dont parle ici Champlain, est la partie inférieure de la rue de la Montagne.

Note 555:(retour)

Ce petit chemin, que Champlain fit faire à la fin de novembre 1623, pour monter au fort avec facilité, est, sans aucun doute, l'origine du pied de la côte actuelle qui conduit de la basse à la haute ville. Car d'abord il ne peut être question, ici, du haut de la montée, c'est-à-dire, de la partie voisine du fort, puisque la pente du terrain y est comparativement douce. En second lieu, des trois montées qui ont existé simultanément, le chemin actuel des voitures est sans contredit le moins raide et le plus facile. Tout le monde sait que la Petite-Rue Champlain a toujours été si difficile à gravir, que depuis longtemps on s'est vu obligé d'y pratiquer un escalier; le chemin qui descendait naguères du coude de la rue de la Montagne droit au magasin, et qui, selon toutes les apparences, a été le chemin primitif, n'a jamais pu être que fort escarpé. D'ailleurs ces montées dataient toutes les trois des premiers temps de la colonie, et l'on ne voit pas qu'aucun des successeurs de Champlain ait fait autre chose que de les réparer ou les améliorer. On peut donc conclure que le cheminfacile, dont parle ici Champlain, est la partie inférieure de la rue de la Montagne.

Aussi nous avions une autre incommodité, tant pour les hommes, que pour le bestial, le long de la riviere S. Charles, à une sapiniere qui estoit bruslée, & tous les bois renversez, qui rendoient le chemin difficile, de sorte que l'on n'y pouvoit passer, qui fit que je me fis faire un chemin où j'emploiay un chacun, qui travaillerent si bien, qu'il fut promptement faict.

Le 10 de Décembre, la grande riviere fut chargée d'un grand nombre de glaces, de sorte qu'elle charioit, & le bordage pris, ne pouvoit plus permettre de naviger.

Je fis traîner le bois pour le fort sur les neges, comme le temps plus propre le permettoit: les sauvages nous donnèrent un peu d'eslan qui nous fit grand bien, d'autant qu'en hyver l'on a aucun rafreschissement, n'ayant que les commoditez qui viennent de France, pour n'y en avoir au païs à suffisance, ce qu'avec le temps, l'on pourra estre relevé de ceste peine, par le soing que l'on prendra à la nourriture du bestial, duquel il y avoit bon71/1055commencement, car le défaut de ces choses, est grandement prejudiciable à la santé de plusieurs, & principallement de ceux qui seroient malades ou blessez, qui n'ont que salures, & les farines.

Le 18 d'Avril556, je fis employer tout le bois qui avoit esté faict pour le fort, afin de le pouvoir mettre en deffence, autant qu'il me seroit possible. Je fis faire quelques réparations à l'habitation qui estoit en décadence, attendant que l'on en eust faict une nouvelle.

Note 556:(retour)1624.

Note 556:(retour)

1624.

En ce temps, est la saison de la chasse du gibier, qui est en grand nombre jusques à la fin de May, qu'ils se retirent pour faire leurs petits, & ne reviennent qu'au quinziesme de Septembre qui dure jusques à ce que les glaces se forment le long des rivages, qui est environ le 20 de Novembre.

Le 20 il fit un grand coup de vent, qui enleva la couverture du bastiment du fort sainct Louis, plus de trente pas par dessus le rempart, par ce qu'elle estoit trop haulte eslevée, & le pignon de la maison de Hébert, qui estoit de pierre, que je luy fis rebastir: ce petit inconvenient apporta un peu de retardement aux autres affaires, car il falut remettre la maison en estat, de laquelle je fis raser le second estage, & la rendis logeable au mieux qu'il me fut possible, attendant l'occasion plus commode pour la mieux édifier.

Sur la fin du mois arriva un sauvage appellé des François, Simon; il luy parut avoir quelque fantaisie, à quoy ils sont ordinairement sujets, & principalement lors que contre la volonté de tous les72/1056capitaines & compagnons, ils veulent faire la guerre à leurs ennemis les Yrocois, avec lesquels ils estoient en pourparler de paix, il y avoit trois ou quatre jours: & de ce les sauvages m'en donnèrent advis, & me prièrent de faire en sorte de l'en empescher, & leur oster la frenesie qu'avoit cestuy cy: je l'envoyay quérir & luy demandé le suject pourquoy il faisoit cela, luy remonstrant le prejudice qui en pourroit arriver à tous ceux de sa nation, & l'advantage que les ennemis prendroient, du peu d'estat qu'ils faisoient de l'auctorité de leur chef, estans ainsi que des enfans sujects au changement, & n'ayant aucune parole arrestée, & se demonstrant sans foy ny loyauté: De plus que tous les François, ne seroient jamais contens de cette forme de procédé, & que ceste guerre durant un traitté de paix sans suject, estoit meschante & pernicieuse, procédante plustost d'un meschant, & d'un homme lasche & sans courage, d'autant que je sçavois fort bien que le but de ceste guerre n'estoit que d'aller surprendre quelques hommes, ou femmes à l'escart, & les trouvant incapables de se défendre, les assommer sans defence: à tout cela il me fit une courte responce, qui estoit qu'il sçavoit bien qu'ils ne valloient rien, & qu'ils estoient pires que chiens, & s'estoit ainsi imaginé, qu'il ne seroit jamais content qu'il n'eust eu la teste d'un de leurs ennemis, en sorte qu'il estoit resolu, luy quatriesme d'y aller. Comme je le vis obstiné, & que nulle remonstrance ne le pouvoit esmouvoir, je luy usay de quelque menaces s'il le faisoit: & ainsi s'en alla tout pensif, à sa cabane.

73/1057Deux ou trois jours après les Chefs me vindrent trouver, pour me dire qu'ils estoient bien ayses de ce que j'avois parlé à luy, qu'il avoit changé de resolution de ne point y aller, me disant que je leur fissent donner quelques choses pour festiner, comme est leur coustume, quand il est question de faire quelque accord, ou autres choses semblables.

Je leurs fis donner un peu de pois, & s'en allèrent ainsi joyeusement, pensant que ce sauvage oublieroit ce qu'il avoit projetté557. Ce pendant deux Charpentiers travailloient à accommoder les barques & chalouppes, & deux autres à faire les fenestres, portes, poutres, & autres choses de charpenterie, pour le nouveau bastiment; & quelques mil cinq cens planches que j'avois fait scier pour couvrir le logis, & trente cinq poutres qui estoient toutes prestes, avec la pluspart du bois de charpenterie assemblé pour la couverture. Le premier de May, je fis creuser la terre pour faire les fondemens du bastiment, qui avoit esté resolu de faire. j'employay trois hommes à aller quérir du sable avec la chalouppe, pour le bastiment; les massons à faire du mortier, attendant que quatre autres ostoient la terre pour les fondements, & le reste à approcher la pierre pour bastir: je fis tirer les allignemens pour commencer à bastir un corps de logis.

Note 557:(retour)Voir, quelques pages plus loin, la perfidie de ce Simon.

Note 557:(retour)

Voir, quelques pages plus loin, la perfidie de ce Simon.

Le 6 de May, l'on commença à maçonner les fondements, sous lesquels je mis une pierre558, où74/1058estoient gravez les armes du Roy, & celles de Monseigneur; avec la datte du temps, & mon nom escrit, comme Lieutenant de mondit Seigneur, au païs de la Nouvelle France, qui estoit une curiosité qui me sembla n'estre nullement hors de propos, pour un jour à l'advenir, si le temps y eschet, monstrer la possession que le Roy en a prise, comme je l'ay fait en quelques endroits, dans les terres que j'ay découvertes.

Note 558:(retour)«Cette pierre, retrouvée dans une des fouilles faites sur l'emplacement du vieux magasin, avait été placée au-dessus de la porte d'entrée d'une maison qui touchait à la chapelle de la basse ville. Un incendie détruisit cette maison en 1854, et l'inscription a disparu.» (M. Ferland, Cours d'Histoire du Canada, I, 213, note 1.)

Note 558:(retour)

«Cette pierre, retrouvée dans une des fouilles faites sur l'emplacement du vieux magasin, avait été placée au-dessus de la porte d'entrée d'une maison qui touchait à la chapelle de la basse ville. Un incendie détruisit cette maison en 1854, et l'inscription a disparu.» (M. Ferland, Cours d'Histoire du Canada, I, 213, note 1.)

Le 8 du dit mois, les cerisiers commencèrent à espanouir leurs boutons, pour pousser leur feuilles dehors.

En ce temps mesme, sortoient de la terre de petites fleurs, de gris de lin, & blanche, qui sont des primes veres du Printemps, de ces lieux là.

Le 9 les framboises commencèrent à boutonner, & toutes les herbes à pousser hors de la terre.

Le 10 ou 11 le sureau monstra ses feuilles.

Le 12 il y a des violettes blanches, qui se firent voir en fleur.

Le 15 les arbres furent boutonnez, & les cerisiers revestus de fueillages & le froment monté à un ampan de hauteur.

Les framboisiers jetterent leurs feuilles: le cerfeuil estoit bon là à coupper: dans les bois, l'oseille s'y void à deux pouces de hauteur.

Le 18 les bouleaux jettent leurs feuilles: les autres arbres les suivent de prés: le chesne a ses boutons formez; & les pommiers de France que l'on y avoit transplantez, comme aussi les pruniers boutonnoient, les cerisiers y ont la feuille assez grande, la vigne boutonnoit & fleurissoit, l'oseille estoit bonne à couper.

75/1059Le cerfeuil des bois paroissoit fort grand, les violettes blanches & jaunes estoient en fleur: le bled d'Inde se seme, le bled froment croissoit un peu plus d'un ampan de hauteur.

La pluspart de toutes les plantes, & simples, estoient sortis de terre: il y avoit des journées en ce mois, où il faisoit grande chaleur.

Le 21. de May, je despechay un canau à Tadoussac avec trois hommes, pour attendre le sieur de Caen, avec lettres que je luy escrivois, & une autre au premier vaisseau de sa flotte.

Le 29 dudit mois, les fraises commencèrent à fleurir, & les chesnes à jetter leurs feuilles assez grandes en esté.

Le 30 les fraises furent toutes en fleur, les pommiers commencèrent à espanouir leurs boutons, pour jetter leurs feuilles: les chesnes avoient leurs feuilles d'environ un pouce de long, les pruniers & cerisiers en fleur, & le bled d'Inde commençoit à lever.

Durant ce temps je fis assoir quelques poutres sur le premier estage de la nouvelle habitation, & poser quelques fenestres & portes à icelle.

Le premier du mois de Juin arriva un canau de Tadoussac, qui nous dit qu'aux environs du Bicq, il y avoit un vaisseau Rochelois, qui traittoit les sauvages, que dans ce vaisseau estoit un puissant homme qui y commandoit, estant tousjours masqué, & armé, & les sauvages ne sçavoient comme il s'appelloit, ny moins le cognoissoient ils pour ne l'avoir veu; & ma créance fut telle, que quand ils l'eussent cogneu, ils ne nous l'eussent voulu dire,76/1060tant il nous portent d'affection. L'on empesche les autres vaisseaux de venir traitter avec eux, encore que l'on leurs fit le meilleur traittement qu'il fut possible, & ainsi sommes nous aymez d'eux, en recompence du bien que nous leurs faisons.

Le meilleur remède que j'ay recognu pour jouir plus facilement d'eux, c'est de n'en faire estat que par occasion, & peu après leur remonstrer hardiment leurs desfauts, & ne se soucier de mille sortes d'insolences qu'ils font le plus souvent: car comme ils voient que l'on en fait point d'estat559, cela les rend plus audacieux à médire & mal faire, ayant moy-mesme expérimenté plusieurs fois, que lors que j'en faisois moins d'estime c'estoit à lors qu'ils me recherchoient le plus d'amitié, & diray plus que l'on n'a point d'ennemis plus grands que ces sauvages, car ils disent que quand ils auroient tué des nostres, qu'ils ne laisseroient de venir d'autres vaisseaux qui en seroient bien aises, & qu'ils seroient beaucoup mieux qu'ils ne sont, pour le bon marché qu'ils auroient des marchandises qui leurs viennent des Rochelois, ou Basques: Entre ces sauvages, il n'y a que Montaignars qui tiennent tels discours.

Note 559:(retour)C'est-à-dire,un point d'état.

Note 559:(retour)

C'est-à-dire,un point d'état.

Arrivée Le 2e. jour de juin arriva une chalouppe où estoit le pilote Gascoin avec cinq ou six matelots, qui nous dit qu'il estoit arrivé au port de Tadoussac, avec un vaisseau de soixante tonneaux, ayant quelque cent barils de pois, sept tonneaux de citre, vingt-quatre baricques tant de biscuit que de galette, & que ledit sieur de Caen devoit partir douze77/1061jours après luy, que la prise de l'un de ces vaisseaux, par les Flamans l'avoit fait retourner à Paris pour se plaindre au Roy, & à Monseigneur, du sujet qui occasionnoit le retardement, m'informant de luy, s'il n'avoit aucune lettre pour moy de sa part, il me dit que non, qu'il me faisoit ses recommandations. Je m'estonnay grandement qu'il ne m'avoit escrit un mot d'advis, de sa venue en ce lieu, car cela va à telle consequence, que n'ayant advis de ceux qui ont la conduitte d'une flotte, ou autres telles affaires importantes, ne doivent jamais permettre que leurs vaisseaux partent sans un mot d'advis, au gouverneur ou lieutenant des places, esloignées, comme sont celles-cy, pour leur tesmoigner qu'ils se peuvent fier en eux, leurs donnant entrée libre dans l'habitation ou fort, comme estant de la compagnie. Une lettre que m'escrivoit le sieur le Gendre l'un des associez, m'asseura que le vaisseau venoit de la part dudit sieur de Caen.

Le 4 dudit mois je fis mettre deux barques à l'eaue, qui partirent pour aller à Tadoussac, quérir les commoditez qu'avoit apporté ledit vaisseau, lequel avoit ordre de laisser un commis nommé Halard, avec partie des commoditez des vivres, pour traitter audit Tadoussac, ce qui nous fit un grand plaisir, d'autant que nous n'avions des farines & citres, que jusques au 10 dudit mois de Juin; que sans cela il nous eust fallu réduire au Migan560, avec quatre barique de bled d'Inde, attendant nouvelles de la venue des autres vaisseaux.

Note 560:(retour)Voir 1619, p. 76.

Note 560:(retour)

Voir 1619, p. 76.

Le 12 arriva une barque, qui apporta quelque78/1062poinçons de citre, galettes, pois & prunes, & m'apporta une lettre de Halart, qui me mandoit qu'il s'ennuyoit grandement, que le vaisseau dudit sieur de Caen ne venoit, craignant qu'il ne luy fust arrivé quelques accidens par la mer: que recognoissant la necessité des vivres que nous pourrions avoir, il m'envoyoit ce qui luy restoit de commoditez, s'en reservant un peu pour entretenir les sauvages, qui traictoient ordinairement avec les Rochelois, & que je luy eusse à mander ma volonté de ce qu'il devoit faire.

Le 24 dudit mois, la barque estant deschargée, prevoyant aux malheurs qui ordinairement peuvent arriver sur la mer, pour les risques qui y sont grandes, voyant que la saison des vaisseaux se passoit, sans sçavoir nouvelles de l'un des deux qui devoit arriver, sçachant bien qu'il ne faut pas attendre aux extremitez à pourvoir en telles affaires, aussi. que la necessité des vivres nous pressoit, l'advisay qu'il ne seroit hors de propos d'escrire audit de la Ralde, qui estoit à Miscou, quelques 35 lieues de Gaspey, & luy faire entendre la necessité en laquelle nous allions tomber, s'il ne nous secouroit, au cas qu'il fust arrivé fortune au vaisseau; & avois donné charge au pilote Gascoin, d'attendre audit Tadoussac, jusques au 15 ou 16 de Juillet, & si en ce temps il n'oyoit aucune nouvelle, qu'il eust à aller trouver ledit de la Ralde; & donnois ordre à Marsollet truchement, luy troisiesme, de ne partir de Tadoussac, pour venir à Québec, que ce ne fust au 8 d'Aoust, qui estoit oster toutes sortes d'esperance, si les vaisseaux ne fussent venus en ce temps:79/1063Et esquippé la barque de tout ce qui leur estoit necessaire pour leur voyage: & partirent le 24 jour de S. Jean.

Le 28 du mois, nous eusmes nouvelles de la descente des Hurons, Algommequins & Bisserains561, qui furent bien faschez de n'avoir point de nouvelles des vaisseaux.

Note 561:(retour)Pour Bissiriniens; ce sont les Nipissingues, ou Sorciers.

Note 561:(retour)

Pour Bissiriniens; ce sont les Nipissingues, ou Sorciers.

Le premier du mois de Juillet, du Vernay qui estoit allé aux Hurons, arriva dans un canau, qui nous apporta nouvelles certaine de la descente des Sauvages, à la riviere des Yrocois; & de la mort d'un François, qui avoit esté mon serviteur: & que le Père Nicolas estoit resté avec neuf François, estant revenu quatre de nos hommes562, Le père Joseph, & le frère Gabriel, qui venoient quérir quelques choses563pour porter audit père Nicolas. De plus ledit du Vernay me dit que le François avoit esté mal traitté, parmy quelques Nations, faute que la pluspart ne s'estoient pas bien comportez avec ces peuples.

Note 562:(retour)Outre du Vernay, l'un de ces quatre français s'appelait Lamontagne. (Sagard, Hist. du Canada, p. 819.)

Note 562:(retour)

Outre du Vernay, l'un de ces quatre français s'appelait Lamontagne. (Sagard, Hist. du Canada, p. 819.)

Note 563:(retour)Voir Sagard, Hist. du Canada, p. 790.

Note 563:(retour)

Voir Sagard, Hist. du Canada, p. 790.

Ce jour arriva une chalouppe, où estoit le pilote Gascoin, qui ayant apperceu vers l'eau le vaisseau dudit de Caen, qui entroit à Tadoussac, où il avoit envoyé une chalouppe du Bic, avec ordre de ce qu'ils devoient faire audit Tadoussac, qui estoit de depescher promptement une chalouppe, pour enuoyer à Québec faire charger la barque qui y restoit, & envoyer au devant des Hurons, ce qui fut fait, & partit ce mesme jour.

80/1064En ce temps arriverent les sauvages, qui estoient allez de la part des montagnars aux Yrocois, pour contracter amitié, & y avoit prés de six sepmaines qu'ils estoient partis d'auprès de Québec. Ils furent très bien receus des Yrocois qui leurs firent tout plain de bonne réception, pour achever de faire cette paix. Mais en la compagnie de ces sauvages estoit un appelé Simon, qui devoit aller à la guerre. Après qu'il eut pris congé desdits Yrocois s'en retournant, le meschant traistre & perfide Simon, rencontrant un Yrocois l'assomma, pour la recompence du bon traittement qu'il avoit receu desdits Yrocois. Tous nos sauvages en furent grandement desplaisans, & eurent bien de la peine à reparer cette faute: car il ne faut parmy tels gens qu'un tel coquin, pour faire rompre toutes sortes de bonnes entreprises, pour n'avoir aucune justice entr'eux. Le 10 dudit mois les sauvages vindrent cabaner proche de l'habitation. Le lendemain arriva ledit de Caen, avec deux barques chargées de marchandises: Le jour en suivant l'on commença la traitte avec les sauvages: d'autres Canadiens arriverent en ce mesme temps avec quelques chalouppes. Le 14 dudit mois la traitte fut achevée avec lesdits sauvages, & partirent le mesme jour pour s'en retourner en leurs païs, & un François564fut avec les Bissereins.

Note 564:(retour)Probablement Jean Richer, leur truchement, (Sagard, Hist. du Canada, p. 801.)

Note 564:(retour)

Probablement Jean Richer, leur truchement, (Sagard, Hist. du Canada, p. 801.)

Le 16, le frère Gabriel arriva avec 7 canaux, qui nous resjouit grandement, nous comptant tout ce qui s'estoit passé en son hyvernement, & la mauvaise vie que la pluspart des François avoient81/1065mené en ce païs des Hurons, & entr'autres: truchement Bruslé à qui l'on donnoit cent pistolles par an, pour inciter les sauvages à venir à la traitte, ce qui estoit de tres-mauvais exemple, d'envoyer ainsi des personnes si malvivans, que l'on eust deub chastier severement, car l'on recognoissoit cet homme pour estre fort vicieux, & adonné aux femmes, mais que ne fait faire l'esperance du gain, qui passe par dessus toutes considerations.

Le 19, ledit de Caen partit pour aller aux trois rivieres avec les barques, pour traitter avec d autres sauvages s'il en rencontroit.

Le 20, huict canaux des Hurons qu'avoit amené ledit Bruslé, partirent de Québec. Ce jour mesmes, arriva ledit du Pont.

Le 25, arriva aussi à Québec une barque, qui nous dit, qu'il estoit venu six Yrocois, nonobstant la mort de celuy qui avoit esté tué, pour confirmer l'amitié avec tous les sauvages: ayant bien jugé, que le sauvage qui avoit tué leur compagnon, l'avoit fait de sa propre malice, & non du consentement de ses compagnons. Le lendemain, arriva une barque, où il y avoit deux soldats, que le sieur de Caen envoyoit en son vaisseau, pour les mettre à la chaisne, pour quelques legeretez qu'ils avoient commises. Nouvelles vindrent aussi, qu'il estoit arrivé à l'entrée de la riviere des Yrocois, trente canaux Hurons, avec quelques François.

Le premier d'Aoust, est arrivé à Québec ledit sieur de Caen, & le 4, il fut au Cap de tourmente, qui dit luy avoir esté donné par monseigneur de Montmorency, avec l'Isle d'Orléans, & quelques82/1066autres isles adjacentes: & le 10, il retourna à Québec.

En ce temps je me resolus de repasser en France avec ma famille, y ayant hyverné prés de cinq ans, & où durant ce temps, nous fusmes assez mal secourus de raffraichissemens, & d'autres choses fort escharsement; nous n'avions dequoy remercier les associez en cela, car s'ils l'eussent sceu, ils y eussent donné ordre: la courtoisie & le devoir les obligeoit d'avoir soing des personnes qui avoient esgard à la conservation de la place & de leur bien, outre la charité pour ceux qui pouvoient estre malades, fussent morts faute de secours, & ainsi estoit plustost diminuer le courage, que de l'augmenter à servir des personnes, qui ne font estat des hommes qui conservent leur bien, & se tuent de soin & travail à garder ce qui leur appartient, au lieu que peu de choses contante tout un peuple.

Je fis embarquer tout mon esquippage, & laissay l'habitation nouvelle bien advancée, & eslevée de 14 pieds de haut, 26 toises de muraille faicte avec quelque poutres au premier estage, & toutes les autres prestes à mettre les planches sciées pour la couverture, la pluspart du bois taillé & amassé pour la charpente de la couverture du logement, toutes les fenestres faictes, & la pluspart des portes, de sorte qu'il n'y avoit plus qu'à les appliquer, je laissay deux fourneaux de chaux cuitte, de la pierre assemblée, & ne restoit plus en tout que sept ou huict pieds de hauteur, que toutes la muraille ne fust eslevée, ce qui se pouvoit en quinze jours, leurs matériaux assemblez pour estre logeable, si l'on y eust voulu apporter la diligence requise. Je83/1067les priay d'amasser des fassines, & autres choses, pour achever le fort, jugeant bien en moy-mesme, que l'on n'en feroit rien, d'autant qu'ils n'avoient rien de plus desagreable, bien que c'estoit la conservation, & la seureté du pays, ce qu'ils ne pouvoient, ou ne vouloient comprendre. Cet oeuvre ne s'avançoit que par intervalles, selon la commodité qui se presentoit, lors que les ouvriers n'estoient employez à autres oeuvres.

Ledit sieur de Caen laissa son neveu, le sieur Esmery, pour principal commis, & pour commander en mon absence audit Québec, avec cinquante & une personne, tant hommes que femmes, garçons, & enfans.

Le Jeudy 15e jour d'Aoust, partismes de Québec le 18. arrivasmes à Tadoussac, ou nous eusmes nouvelles de la mort de cinq hommes du vaisseau dudit Deschesnes, qui estoit à l'Acadie, lesquels hommes, avoient este tuez par les sauvages du lieu, proche du sieur de Biencour, qui estoit demeurant en ces lieux, il y avoit plus de 18 ans565avecques les sauvages.

Note 565:(retour)D'après ce passage, M. de Biencourt serait venu en Acadie avec son père dès 1605, ou même 1604, c'est-à-dire, à l'âge d'environ quinze ans. (Lescarbot, liv. V, ch. X.)

Note 565:(retour)

D'après ce passage, M. de Biencourt serait venu en Acadie avec son père dès 1605, ou même 1604, c'est-à-dire, à l'âge d'environ quinze ans. (Lescarbot, liv. V, ch. X.)

Le 21 d'Aoust 1624. nous levasmes l'ancre, & mismes soubs voilles, pour retourner en France.

Le 25 fusmes mouiller l'ancre devant Gaspey, & trouvasmes de la Ralde qui estoit venu de Miscou, faire sa pescherie de poisson.

Le premier de Septembre un vaisseau partit de la flotte où commandoit le capitaine Gerard, pour aller en France devant porter des nouvelles.

84/1068Le 6, le vaisseau de du Pont acheva de faire sa pesche de poisson audit Gaspey.

La nuict venant au samedy566, ledit sieur de Caen partit avec quatre vaisseaux, en l'un desquels estoit sa personne567, & en l'autre ledit du Pont568, au troisiesme ledit de la Ralde, & une patache de 45 à 50 tonneaux, dans laquelle estoit le pilote Cananée569.

Le 19 l'on apperceut un vaisseau de 60 tonneaux, que l'on jugeoit estre Rochelois, on fist chasse dessus, mais il s'evada, & ainsi se sauva à la faveur de la nuict570.

Note 566:(retour)Du 6 au 7 septembre.

Note 566:(retour)

Du 6 au 7 septembre.

Note 567:(retour)Et probablement l'auteur avec sa famille. (Conf. Sag., Hist. du Canada, p. 842 et s.)

Note 567:(retour)

Et probablement l'auteur avec sa famille. (Conf. Sag., Hist. du Canada, p. 842 et s.)

Note 568:(retour)Avec Dupont, repassait F. Gabriel Sagard, M. Goua, M. Joubert, le sieur de la Vigne et probablement aussi le P. Irénée. (Sagard, Hist. du Canada, p. 841, 843 et suiv.) Le P. Irénée était député en France par le chapitre des Récollets de Notre-Dame-des-Anges, pour obtenir des jésuites, afin d'aider les premiers missionnaires à la conversion des sauvages; mais, les sentiments de Champlain, que l'on avait sondé là-dessus, paraissant assez équivoques, il avait été arrêté de tenir cette résolution secrète, afin d'en ménager plus-sûrement le succès en France. (Premier établiss. de la Foy, I, 291, 292, 298.)

Note 568:(retour)

Avec Dupont, repassait F. Gabriel Sagard, M. Goua, M. Joubert, le sieur de la Vigne et probablement aussi le P. Irénée. (Sagard, Hist. du Canada, p. 841, 843 et suiv.) Le P. Irénée était député en France par le chapitre des Récollets de Notre-Dame-des-Anges, pour obtenir des jésuites, afin d'aider les premiers missionnaires à la conversion des sauvages; mais, les sentiments de Champlain, que l'on avait sondé là-dessus, paraissant assez équivoques, il avait été arrêté de tenir cette résolution secrète, afin d'en ménager plus-sûrement le succès en France. (Premier établiss. de la Foy, I, 291, 292, 298.)

Note 569:(retour)«A mon voyage de la nouvelle France, je communiquay souvent avec un bon Catholique nommé le Capitaine Cananée, qui avoit receu des disgraces en mer autant qu'homme de sa condition. Il avoit esté pris & repris des Pirates tant d'Alger qu'autres, qui l'avoient mis au blanc, & réduit à servir ceux qu'il auroit pu auparavant commander. Retournant de Canada pour la France le sieur de Caen général de la flotte luy donna le gouvernement & la conduitte d'un petit navire, avec 12 ou 13 Mattelots Catholiques & huguenots pour conduire à Bordeaux. Je desirois fort passer dans son bord, tant pour la devotion que j'avois à la saincte Magdeleine de laquelle le vaisseau portoit le nom, que pour le contentement particulier que je recevois à la communication de ce bon & vertueux Capitaine, mais ledit sieur de Caen général, & le sieur de Champlain avec une quantité de nos amis me dissuaderent de m'embarquer dans un si petit vaisseau, plus aysé à perir qu'un plus grand, outre l'incommodité du balotage. Je me resolus donc à leur conseil & me teins à ce qu'ils en voulurent...» (Sagard, Hist. du Canada, p. 38, 39.)

Note 569:(retour)

«A mon voyage de la nouvelle France, je communiquay souvent avec un bon Catholique nommé le Capitaine Cananée, qui avoit receu des disgraces en mer autant qu'homme de sa condition. Il avoit esté pris & repris des Pirates tant d'Alger qu'autres, qui l'avoient mis au blanc, & réduit à servir ceux qu'il auroit pu auparavant commander. Retournant de Canada pour la France le sieur de Caen général de la flotte luy donna le gouvernement & la conduitte d'un petit navire, avec 12 ou 13 Mattelots Catholiques & huguenots pour conduire à Bordeaux. Je desirois fort passer dans son bord, tant pour la devotion que j'avois à la saincte Magdeleine de laquelle le vaisseau portoit le nom, que pour le contentement particulier que je recevois à la communication de ce bon & vertueux Capitaine, mais ledit sieur de Caen général, & le sieur de Champlain avec une quantité de nos amis me dissuaderent de m'embarquer dans un si petit vaisseau, plus aysé à perir qu'un plus grand, outre l'incommodité du balotage. Je me resolus donc à leur conseil & me teins à ce qu'ils en voulurent...» (Sagard, Hist. du Canada, p. 38, 39.)

Note 570:(retour)«Donnâmes en vain la chasse à un Piratte Rochelois, qui nous estoit venu recognoistre passant au travers de nostre armée. A la vérité la faute que fit nostre avant garde, le corps d'armée, & l'arriere-garde à la poursuitte de ce Pirate, me fist bien croire que nous n'estions pas gens pour attaquer, & que c'estoit assez de nous deffendre. Et puis c'estoit un plaisir d'entendre auparavant nos guerriers de vouloir aller attaquer unze Navires basques vers Miscou, & de là s'aller saisir des Navires Espagnols le long des Isles Assores. Dieu sçait quelle prouesse nous eussions faite, n'ayans pu prendre un forban de 60 tonneaux, qui nous estoit venu braver jusques chez nous.» (Sagard, Hist. du Canada, p. 841, 842.)

Note 570:(retour)

«Donnâmes en vain la chasse à un Piratte Rochelois, qui nous estoit venu recognoistre passant au travers de nostre armée. A la vérité la faute que fit nostre avant garde, le corps d'armée, & l'arriere-garde à la poursuitte de ce Pirate, me fist bien croire que nous n'estions pas gens pour attaquer, & que c'estoit assez de nous deffendre. Et puis c'estoit un plaisir d'entendre auparavant nos guerriers de vouloir aller attaquer unze Navires basques vers Miscou, & de là s'aller saisir des Navires Espagnols le long des Isles Assores. Dieu sçait quelle prouesse nous eussions faite, n'ayans pu prendre un forban de 60 tonneaux, qui nous estoit venu braver jusques chez nous.» (Sagard, Hist. du Canada, p. 841, 842.)

Le 27 on treuva fond à la sonde, à 90 brasses. Ce jour la petite barque où commandoit Cananée,85/1069se separa de nous, pour aller à Bordeaux, selon l'ordre qu'il en avoit: Depuis nous sceusmes qu'elle fut prise des Turcs, le long de la coste de Bretaigne, qui emmenèrent les hommes qu'ils y trouverent, & les firent esclaves571.

Note 571:(retour)Conf. Sagard, Histoire du Canada, p. 39 et 842.

Note 571:(retour)

Conf. Sagard, Histoire du Canada, p. 39 et 842.

Le 29 nous recogneusmes en la coste d'Angleterre, le cap appelle Tourbery.

Le dernier de Septembre, nous apperceusmes la terre de la Heve.

Le premier d'Octobre, entrasmes dans le havre de Dieppe, ou louasmes Dieu de nous avoir amenez à bon port, auquel lieu je sejournay quelques jours, de là, je m'acheminay à Paris avec tout mon train, où estant, je fus treuver à sainct Germain le Roy, & Monseigneur de Montmorency, qui me presenta à sa Majesté, auquel je fis la relation de mon voyage, comme à plusieurs messieurs du Conseil, desquels j'avois l'honneur d'estre cogneus. Ce fait, je m'en retournay à Paris, où je treuvay que les anciens & nouveaux associez, eurent plusieurs contestations sur le mauvais mesnage qui s'estoit fait en l'embarquement, qui apporta plusieurs troubles, cela en partie donna suject à mondit seigneur de Montmorency, de se deffaire de sa charge de Viceroy, qui luy rompoit plus la teste, que ses affaires plus importantes, la remettant à Monseigneur le Duc de Ventadour, qu'il voyoit porté à ce sainct dessein, convenant avec luy d'un certain prix, tant pour la charge de Viceroy, que pour l'interest qu'il avoit en ladite Société, le tout sous le bon plaisir de sa Majesté, laquelle commanda86/1070d'expédier les lettres patentes d'icelle commission, au mois de Mars 1625. au nom de mondit seigneur le Duc de Ventadour, n'estant poussé d'autres interests que du zèle & affection qu'il avoit de voir fleurir la gloire de Dieu, en ces pays barbares; & pour cest effect, y envoyer des Religieux, jugeant n'en trouver de plus capables, que les pères Jesuistes, pour amener ces peuples à nostre foy: il en envoya six572, à ses propres cousts & despens, dés l'année mesmes. Sçavoir estoit, les reverend père l'Almand573, Principal du Collège de Paris; tres-devot & zélé Religieux, fils du feu sieur l'Almand, qui avoit esté Lieutenant criminel de Paris; & le père Brebeuf574, le père Massé575, frère François576, & frère Gilbert577, qui s'acheminèrent aussi-tost avec une grande affection, à Dieppe, lieu de l'embarquement.

Note 572:(retour)Cinq, comme le prouve la suite même du texte.

Note 572:(retour)

Cinq, comme le prouve la suite même du texte.

Note 573:(retour)Charles Lalemant. (Sagard, Hist. du Canada, p. 868.)

Note 573:(retour)

Charles Lalemant. (Sagard, Hist. du Canada, p. 868.)

Note 574:(retour)Jean de Brebeuf. (Prem. établiss. de la Foy, I, 304.)

Note 574:(retour)

Jean de Brebeuf. (Prem. établiss. de la Foy, I, 304.)

Note 575:(retour)Ennemond Massé. (Voir Hist. de la colonie française en Canada, I, 101, note.)

Note 575:(retour)

Ennemond Massé. (Voir Hist. de la colonie française en Canada, I, 101, note.)

Note 576:(retour)François Charton. (Prem. établiss. de la Foy, I, 304.)

Note 576:(retour)

François Charton. (Prem. établiss. de la Foy, I, 304.)

Note 577:(retour)Gilbert Buret, d'après le P. le Clercq (Prem. établiss. de la Foy, I, 304), et Burel, d'après les Relations des Jésuites (1635, p. 23, édit. de Québec).

Note 577:(retour)

Gilbert Buret, d'après le P. le Clercq (Prem. établiss. de la Foy, I, 304), et Burel, d'après les Relations des Jésuites (1635, p. 23, édit. de Québec).

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