ELISABETH[35](1558-1603)

ELISABETH[35](1558-1603)

Lisbeth il fut oun très beau reineAvec oun grande nez pointu.Son mère était Anne BoleyneQui lui légua tout son vertu.Bien! à propos du damoiselle,On eut d'abord difficultéPour établir oun peu sur elleLa point de légitimité;Car des femmes en mariaige,C'est comme du sel sur oun rôt:Point n'en faut faire oun gaspillaige,Mais éviter d'en mettre trop.Or, chose non controversée,Henri Huit pensait autrementEt toujiours plus qu'à la pincéeIl usa de la condiment.Si tant que de Lisbeth la titreIl fut presque aussi débattuEt mis sur transparente vitreQue, plus tard, le fut son vertu.N'importe! Il monta sur la trône,Et je vous dirai certementQue jamais femme, homme ou personneNe fut reine plus joliment.C'été pendant sa règne illustreQue la peuple anglais, jour et nuit,Commença de prendre la lustreDont il reluit tant aujourd'hui;C'est dans cet règne que ShakspeareIl écrivit si trèsment bienQue pas oun autre n'a fait pireDe si longtemps qu'il n'écrit rien.Mais parlons de Lisbeth lui-même,De qualités si bien nourriQue c'est oun curiouse problêmeDe voir qu'il n'eut point de mari.Oh! oh! si d'oun chef de ménaigeIl n'eut pour se faire oun portraitQue le seul pitoyable imaigeD'Henri, son père, on comprendrait;Car, vraiment, la cœur la plus tendreDevient vite ratatinéLorsque tout il lui fait entendreQu'il est au billot destiné.Et n'allez pas vous faire idéeQue Lisbeth manqua d'aspirants!Elle en fut même incommodée,Et parfois de très écœurants.Nommons: Philippe, sa beau-frère,Féroce espagnol carcajou,Et cet gringalet légendaireQui s'appelait la duc d'Anjou.Mais, si grand que fut la beau moineQui cherchait à la contourner,Chacun dut manger son avoineEt bredouille s'en retourner.Et voilà! Des amis fidèles,En eut-elle?Why! certainly,Et pas des petits citronnelles;Songez donc: Essex et Dudley,Les deuxboysles plus maggnifiquesEt plus adroitement docteursPossédant toutes empiriquesPour soigner les grands maux de cœurs!Ce reine était d'humeur changeante,—C'est connu,—bonne à certain jour,Puis tout à coup si tant méchanteQu'on n'en pouvait faire le tourNi même y venir assez procheSans risquer d'accomplir oun sautQui vous jetait comme oun vrai pocheTout en travers sur oun billot.Et souvent après que son ordreIl fut suivi jusqu'à la fin,Lisbeth tombait tout en désordreSi tant qu'il avait du chagrin.Oh! l'on vit fort bien cet prodige,Curieuse et beaucoup triste aussi,Lorsqu'Essex, perdant sa prestige,Sur la billot fut raccourci;Car, sitôt que la coup fut faite,—Ou, plutôt, qu'elle fut coupé,—Le reine, au fond de son retraite,A pleurer fut très occupé,Faisant oun si grande vacarmeAvec si brûlante soupirQu'on pensa de sonner l'alarmeA tous les pompiers pour venir.Et puis, le façon très indigneDont il traita Mary StuartFait qu'aujourd'hui chacun trépigneA cetinfamoustraquenard.Non pas que le reine d'EcosseIl fut l'ange que quelqu'un dit;Non, je crois que cet-ci fut rosseOun peu trop fort pour sa crédit.Par exemple, sa ton hautaine...Sa manque de discrétion...Rizzio... hum!... Puis son grand hainePour Darnley... oh!... Bothwell, hon! hon!...Ses menaces à le sourdine...Mais ce n'était pas suffisantPour que Lisbeth à son cousineFît subir pareil traitement.Aussi, dedans cette occurrenceLisbeth perdit de sa grand nomEt de sa plus noble héritance,Si tant qu'il fut là polisson.Et puis la monde avec tristesseSe dit, devant tels faits flagrants:Trop souvent que de petitesseNe trouve-t-on pas chez les grands!...Oh! mais Lisbeth fut oun monarque,Malgré tout, très fort et savant,Et sous son œil l'anglaise barqueIl en fit, des bonds en avant!

Lisbeth il fut oun très beau reineAvec oun grande nez pointu.Son mère était Anne BoleyneQui lui légua tout son vertu.Bien! à propos du damoiselle,On eut d'abord difficultéPour établir oun peu sur elleLa point de légitimité;Car des femmes en mariaige,C'est comme du sel sur oun rôt:Point n'en faut faire oun gaspillaige,Mais éviter d'en mettre trop.Or, chose non controversée,Henri Huit pensait autrementEt toujiours plus qu'à la pincéeIl usa de la condiment.Si tant que de Lisbeth la titreIl fut presque aussi débattuEt mis sur transparente vitreQue, plus tard, le fut son vertu.N'importe! Il monta sur la trône,Et je vous dirai certementQue jamais femme, homme ou personneNe fut reine plus joliment.C'été pendant sa règne illustreQue la peuple anglais, jour et nuit,Commença de prendre la lustreDont il reluit tant aujourd'hui;C'est dans cet règne que ShakspeareIl écrivit si trèsment bienQue pas oun autre n'a fait pireDe si longtemps qu'il n'écrit rien.Mais parlons de Lisbeth lui-même,De qualités si bien nourriQue c'est oun curiouse problêmeDe voir qu'il n'eut point de mari.Oh! oh! si d'oun chef de ménaigeIl n'eut pour se faire oun portraitQue le seul pitoyable imaigeD'Henri, son père, on comprendrait;Car, vraiment, la cœur la plus tendreDevient vite ratatinéLorsque tout il lui fait entendreQu'il est au billot destiné.Et n'allez pas vous faire idéeQue Lisbeth manqua d'aspirants!Elle en fut même incommodée,Et parfois de très écœurants.Nommons: Philippe, sa beau-frère,Féroce espagnol carcajou,Et cet gringalet légendaireQui s'appelait la duc d'Anjou.Mais, si grand que fut la beau moineQui cherchait à la contourner,Chacun dut manger son avoineEt bredouille s'en retourner.Et voilà! Des amis fidèles,En eut-elle?Why! certainly,Et pas des petits citronnelles;Songez donc: Essex et Dudley,Les deuxboysles plus maggnifiquesEt plus adroitement docteursPossédant toutes empiriquesPour soigner les grands maux de cœurs!Ce reine était d'humeur changeante,—C'est connu,—bonne à certain jour,Puis tout à coup si tant méchanteQu'on n'en pouvait faire le tourNi même y venir assez procheSans risquer d'accomplir oun sautQui vous jetait comme oun vrai pocheTout en travers sur oun billot.Et souvent après que son ordreIl fut suivi jusqu'à la fin,Lisbeth tombait tout en désordreSi tant qu'il avait du chagrin.Oh! l'on vit fort bien cet prodige,Curieuse et beaucoup triste aussi,Lorsqu'Essex, perdant sa prestige,Sur la billot fut raccourci;Car, sitôt que la coup fut faite,—Ou, plutôt, qu'elle fut coupé,—Le reine, au fond de son retraite,A pleurer fut très occupé,Faisant oun si grande vacarmeAvec si brûlante soupirQu'on pensa de sonner l'alarmeA tous les pompiers pour venir.Et puis, le façon très indigneDont il traita Mary StuartFait qu'aujourd'hui chacun trépigneA cetinfamoustraquenard.Non pas que le reine d'EcosseIl fut l'ange que quelqu'un dit;Non, je crois que cet-ci fut rosseOun peu trop fort pour sa crédit.Par exemple, sa ton hautaine...Sa manque de discrétion...Rizzio... hum!... Puis son grand hainePour Darnley... oh!... Bothwell, hon! hon!...Ses menaces à le sourdine...Mais ce n'était pas suffisantPour que Lisbeth à son cousineFît subir pareil traitement.Aussi, dedans cette occurrenceLisbeth perdit de sa grand nomEt de sa plus noble héritance,Si tant qu'il fut là polisson.Et puis la monde avec tristesseSe dit, devant tels faits flagrants:Trop souvent que de petitesseNe trouve-t-on pas chez les grands!...Oh! mais Lisbeth fut oun monarque,Malgré tout, très fort et savant,Et sous son œil l'anglaise barqueIl en fit, des bonds en avant!

Lisbeth il fut oun très beau reine

Avec oun grande nez pointu.

Son mère était Anne Boleyne

Qui lui légua tout son vertu.

Bien! à propos du damoiselle,

On eut d'abord difficulté

Pour établir oun peu sur elle

La point de légitimité;

Car des femmes en mariaige,

C'est comme du sel sur oun rôt:

Point n'en faut faire oun gaspillaige,

Mais éviter d'en mettre trop.

Or, chose non controversée,

Henri Huit pensait autrement

Et toujiours plus qu'à la pincée

Il usa de la condiment.

Si tant que de Lisbeth la titre

Il fut presque aussi débattu

Et mis sur transparente vitre

Que, plus tard, le fut son vertu.

N'importe! Il monta sur la trône,

Et je vous dirai certement

Que jamais femme, homme ou personne

Ne fut reine plus joliment.

C'été pendant sa règne illustre

Que la peuple anglais, jour et nuit,

Commença de prendre la lustre

Dont il reluit tant aujourd'hui;

C'est dans cet règne que Shakspeare

Il écrivit si trèsment bien

Que pas oun autre n'a fait pire

De si longtemps qu'il n'écrit rien.

Mais parlons de Lisbeth lui-même,

De qualités si bien nourri

Que c'est oun curiouse problême

De voir qu'il n'eut point de mari.

Oh! oh! si d'oun chef de ménaige

Il n'eut pour se faire oun portrait

Que le seul pitoyable imaige

D'Henri, son père, on comprendrait;

Car, vraiment, la cœur la plus tendre

Devient vite ratatiné

Lorsque tout il lui fait entendre

Qu'il est au billot destiné.

Et n'allez pas vous faire idée

Que Lisbeth manqua d'aspirants!

Elle en fut même incommodée,

Et parfois de très écœurants.

Nommons: Philippe, sa beau-frère,

Féroce espagnol carcajou,

Et cet gringalet légendaire

Qui s'appelait la duc d'Anjou.

Mais, si grand que fut la beau moine

Qui cherchait à la contourner,

Chacun dut manger son avoine

Et bredouille s'en retourner.

Et voilà! Des amis fidèles,

En eut-elle?Why! certainly,

Et pas des petits citronnelles;

Songez donc: Essex et Dudley,

Les deuxboysles plus maggnifiques

Et plus adroitement docteurs

Possédant toutes empiriques

Pour soigner les grands maux de cœurs!

Ce reine était d'humeur changeante,

—C'est connu,—bonne à certain jour,

Puis tout à coup si tant méchante

Qu'on n'en pouvait faire le tour

Ni même y venir assez proche

Sans risquer d'accomplir oun saut

Qui vous jetait comme oun vrai poche

Tout en travers sur oun billot.

Et souvent après que son ordre

Il fut suivi jusqu'à la fin,

Lisbeth tombait tout en désordre

Si tant qu'il avait du chagrin.

Oh! l'on vit fort bien cet prodige,

Curieuse et beaucoup triste aussi,

Lorsqu'Essex, perdant sa prestige,

Sur la billot fut raccourci;

Car, sitôt que la coup fut faite,

—Ou, plutôt, qu'elle fut coupé,—

Le reine, au fond de son retraite,

A pleurer fut très occupé,

Faisant oun si grande vacarme

Avec si brûlante soupir

Qu'on pensa de sonner l'alarme

A tous les pompiers pour venir.

Et puis, le façon très indigne

Dont il traita Mary Stuart

Fait qu'aujourd'hui chacun trépigne

A cetinfamoustraquenard.

Non pas que le reine d'Ecosse

Il fut l'ange que quelqu'un dit;

Non, je crois que cet-ci fut rosse

Oun peu trop fort pour sa crédit.

Par exemple, sa ton hautaine...

Sa manque de discrétion...

Rizzio... hum!... Puis son grand haine

Pour Darnley... oh!... Bothwell, hon! hon!...

Ses menaces à le sourdine...

Mais ce n'était pas suffisant

Pour que Lisbeth à son cousine

Fît subir pareil traitement.

Aussi, dedans cette occurrence

Lisbeth perdit de sa grand nom

Et de sa plus noble héritance,

Si tant qu'il fut là polisson.

Et puis la monde avec tristesse

Se dit, devant tels faits flagrants:

Trop souvent que de petitesse

Ne trouve-t-on pas chez les grands!...

Oh! mais Lisbeth fut oun monarque,

Malgré tout, très fort et savant,

Et sous son œil l'anglaise barque

Il en fit, des bonds en avant!

[35] Voir note à l'appendice.

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