HENRI VI(1422-1461)
La fils du roi Henri CinquièmeIl n'était vieil que de huit moisQuand il ceignit la diadèmeAnglais et français à le fois.Car, depuis quelque temps, le FrancePresque entier il était soumis,Et de l'anglaise dépendanceIl n'était pas encor remis.Plus tard, levant son oriflamme,L'anglais monarque il put entrerDans Paris même, à Notre-Dame,Et, pompeux, s'y faire sacrer...Bah! très souvent, par invective,Bien des gens s'en font faire autantSans que leur pouvoir digestiveS'en affecte la moindrement.Henri, d'oun race si tant fière,N'était pas oun génie extra;Peut-être en aurait-on pu faireOun très honneste magistrat.Mais roi d'Angleterre et de France,Ah, fichtre! c'est oun dur métier,Exigeant plus la connaissanceQue pour compolser oun dossier.N'importe! Il eut assez d'adresse—Et ce fut pour lui très heureux,—Qu'il put épouser oun princesse[25]Ayant de l'esprit pour les deux.Il voulut, tout d'abord, en FranceGarder ce qui lui fut donné;Mais des Anglais l'ancien pouissanceIl devint tout ratatiné.C'est cet Henri dont les arméesPartout répandant les terreurs,Furent si tant bien abîméesPar lamaidende Vaucouleurs.Devant la bras si redoutableDe la pieuse Jeanne DarcL'Anglais courait comme la diableOu comme oun mouton dans oun parc.Peut-être courrait-il encoreSi, dans oun guet-apens surprisPar des alliés de Bedfore,Pauvre Jeannot n'eût été prisEt remis aux mains exécrablesD'oun gars... portant nom d'animalQue devant les gens respectablesDe mentionner il serait mal.Elle était oun fille très saige,Conduite par la doigt de Dieu;Mais cet gueux, triplement sauvaige,Il la fit périr dans la feu.Depuis cette aventure iniqueJeanne il est partout admiré;Mais la tribunal tyranniqueQui l'a jugée est exécré.Notre Henri Six en Angleterre,A peu près dans la même temps,Il ne savé plus comment fairePour répondre à les mécontents.Les maisons d'York et de LancastreAlors commençaient à lutter,Et préparaient la grand désastreQui tant de sang devait coûter;Car, parmi tous les affreux chosesQui désolèrent les humains,Je crois le Guerre des Deux RosesIl été l'oun des plus vilains.D'abord Henri, cet imbécile,Il se fit battre à Saint-AlbanPar Warwick, capitaine habileEt quelque peu d'oun prétendant.Mais bientôt le reine lui-mêmePrenant parti pour son mari,Battit comme oun œuf de carêmeCet-là qui l'avait conquéri.L'an suivant, oun autre défaiteMit encor Henri Six à bas;Alors il dut, courbant le tête,Vers le prison tourner ses pas.Dans le Tour, pour six longs annéesProbablement qu'il s'ennuyait,Quand Warwick, maître-ès-destinées,A la trône il le renvoyait;Procédé bien étrange, en somme,Et si tant curieuse à la foisQue, depuis lors, Warwick on nomme«Faiseur et défaiseur de rois.»Enfin, par la prince Edouard Quatre,Oun fils de la Yorkais maison,Pauvre Henri se fit encor battreEt refourrer dans le prisonOù, cinq ans plus tard... il est morte...Peut-être cet dernier malheurPeut s'expliquer de meilleur sortePar... Edouard, la compétiteur.
La fils du roi Henri CinquièmeIl n'était vieil que de huit moisQuand il ceignit la diadèmeAnglais et français à le fois.Car, depuis quelque temps, le FrancePresque entier il était soumis,Et de l'anglaise dépendanceIl n'était pas encor remis.Plus tard, levant son oriflamme,L'anglais monarque il put entrerDans Paris même, à Notre-Dame,Et, pompeux, s'y faire sacrer...Bah! très souvent, par invective,Bien des gens s'en font faire autantSans que leur pouvoir digestiveS'en affecte la moindrement.Henri, d'oun race si tant fière,N'était pas oun génie extra;Peut-être en aurait-on pu faireOun très honneste magistrat.Mais roi d'Angleterre et de France,Ah, fichtre! c'est oun dur métier,Exigeant plus la connaissanceQue pour compolser oun dossier.N'importe! Il eut assez d'adresse—Et ce fut pour lui très heureux,—Qu'il put épouser oun princesse[25]Ayant de l'esprit pour les deux.Il voulut, tout d'abord, en FranceGarder ce qui lui fut donné;Mais des Anglais l'ancien pouissanceIl devint tout ratatiné.C'est cet Henri dont les arméesPartout répandant les terreurs,Furent si tant bien abîméesPar lamaidende Vaucouleurs.Devant la bras si redoutableDe la pieuse Jeanne DarcL'Anglais courait comme la diableOu comme oun mouton dans oun parc.Peut-être courrait-il encoreSi, dans oun guet-apens surprisPar des alliés de Bedfore,Pauvre Jeannot n'eût été prisEt remis aux mains exécrablesD'oun gars... portant nom d'animalQue devant les gens respectablesDe mentionner il serait mal.Elle était oun fille très saige,Conduite par la doigt de Dieu;Mais cet gueux, triplement sauvaige,Il la fit périr dans la feu.Depuis cette aventure iniqueJeanne il est partout admiré;Mais la tribunal tyranniqueQui l'a jugée est exécré.Notre Henri Six en Angleterre,A peu près dans la même temps,Il ne savé plus comment fairePour répondre à les mécontents.Les maisons d'York et de LancastreAlors commençaient à lutter,Et préparaient la grand désastreQui tant de sang devait coûter;Car, parmi tous les affreux chosesQui désolèrent les humains,Je crois le Guerre des Deux RosesIl été l'oun des plus vilains.D'abord Henri, cet imbécile,Il se fit battre à Saint-AlbanPar Warwick, capitaine habileEt quelque peu d'oun prétendant.Mais bientôt le reine lui-mêmePrenant parti pour son mari,Battit comme oun œuf de carêmeCet-là qui l'avait conquéri.L'an suivant, oun autre défaiteMit encor Henri Six à bas;Alors il dut, courbant le tête,Vers le prison tourner ses pas.Dans le Tour, pour six longs annéesProbablement qu'il s'ennuyait,Quand Warwick, maître-ès-destinées,A la trône il le renvoyait;Procédé bien étrange, en somme,Et si tant curieuse à la foisQue, depuis lors, Warwick on nomme«Faiseur et défaiseur de rois.»Enfin, par la prince Edouard Quatre,Oun fils de la Yorkais maison,Pauvre Henri se fit encor battreEt refourrer dans le prisonOù, cinq ans plus tard... il est morte...Peut-être cet dernier malheurPeut s'expliquer de meilleur sortePar... Edouard, la compétiteur.
La fils du roi Henri Cinquième
Il n'était vieil que de huit mois
Quand il ceignit la diadème
Anglais et français à le fois.
Car, depuis quelque temps, le France
Presque entier il était soumis,
Et de l'anglaise dépendance
Il n'était pas encor remis.
Plus tard, levant son oriflamme,
L'anglais monarque il put entrer
Dans Paris même, à Notre-Dame,
Et, pompeux, s'y faire sacrer...
Bah! très souvent, par invective,
Bien des gens s'en font faire autant
Sans que leur pouvoir digestive
S'en affecte la moindrement.
Henri, d'oun race si tant fière,
N'était pas oun génie extra;
Peut-être en aurait-on pu faire
Oun très honneste magistrat.
Mais roi d'Angleterre et de France,
Ah, fichtre! c'est oun dur métier,
Exigeant plus la connaissance
Que pour compolser oun dossier.
N'importe! Il eut assez d'adresse
—Et ce fut pour lui très heureux,—
Qu'il put épouser oun princesse[25]
Ayant de l'esprit pour les deux.
Il voulut, tout d'abord, en France
Garder ce qui lui fut donné;
Mais des Anglais l'ancien pouissance
Il devint tout ratatiné.
C'est cet Henri dont les armées
Partout répandant les terreurs,
Furent si tant bien abîmées
Par lamaidende Vaucouleurs.
Devant la bras si redoutable
De la pieuse Jeanne Darc
L'Anglais courait comme la diable
Ou comme oun mouton dans oun parc.
Peut-être courrait-il encore
Si, dans oun guet-apens surpris
Par des alliés de Bedfore,
Pauvre Jeannot n'eût été pris
Et remis aux mains exécrables
D'oun gars... portant nom d'animal
Que devant les gens respectables
De mentionner il serait mal.
Elle était oun fille très saige,
Conduite par la doigt de Dieu;
Mais cet gueux, triplement sauvaige,
Il la fit périr dans la feu.
Depuis cette aventure inique
Jeanne il est partout admiré;
Mais la tribunal tyrannique
Qui l'a jugée est exécré.
Notre Henri Six en Angleterre,
A peu près dans la même temps,
Il ne savé plus comment faire
Pour répondre à les mécontents.
Les maisons d'York et de Lancastre
Alors commençaient à lutter,
Et préparaient la grand désastre
Qui tant de sang devait coûter;
Car, parmi tous les affreux choses
Qui désolèrent les humains,
Je crois le Guerre des Deux Roses
Il été l'oun des plus vilains.
D'abord Henri, cet imbécile,
Il se fit battre à Saint-Alban
Par Warwick, capitaine habile
Et quelque peu d'oun prétendant.
Mais bientôt le reine lui-même
Prenant parti pour son mari,
Battit comme oun œuf de carême
Cet-là qui l'avait conquéri.
L'an suivant, oun autre défaite
Mit encor Henri Six à bas;
Alors il dut, courbant le tête,
Vers le prison tourner ses pas.
Dans le Tour, pour six longs années
Probablement qu'il s'ennuyait,
Quand Warwick, maître-ès-destinées,
A la trône il le renvoyait;
Procédé bien étrange, en somme,
Et si tant curieuse à la fois
Que, depuis lors, Warwick on nomme
«Faiseur et défaiseur de rois.»
Enfin, par la prince Edouard Quatre,
Oun fils de la Yorkais maison,
Pauvre Henri se fit encor battre
Et refourrer dans le prison
Où, cinq ans plus tard... il est morte...
Peut-être cet dernier malheur
Peut s'expliquer de meilleur sorte
Par... Edouard, la compétiteur.
[25] Voir note à l'appendice.