MARY TUDOR LA SANGLANTE(1553-1558)

MARY TUDOR LA SANGLANTE(1553-1558)

Mary Tudor était le filleD'Henri Huit par le premier lit.Elle était laide en vrai gorille,Avec oun teint de pissenlit.De son père la fanatismeBarbare, étroit, hautain et fol,Joint au dangereux royalismeDe la parentaige espagnol,Fut, je crois, le pur héritaigeDu virago Mary Tudor,Si tant il avait l'apanaigeDe tout ce qui fait la butor.Oun jour, Philippe Deux d'Espaigne[33]Il vint pour réclamer son main.Il l'obtint, mais sans son compaigneVoulut partir le lendemain.En apercevant cet visaigeL'hidalgo, surpris, s'était dit:—Caramba!vite la veuvaige,Autrement je suis déconfit.—Et, depuis lors, le pauvre reineDut viver loin de son époux,Et, pour mieux consoler son peine,Fit éclater oun grand courroux.D'abord, elle voulut le têteDe la pauvrette Jeanne Grey,Et puis, pour compléter le fête,Celle du jeune époux Dudley.Northumberland perdit le sienne,Ainsi que le fameux Cranmer[34];Suffolk subit le même peineAvec l'évêque Latimer.Puis partout se multiplièrentLes échafauds et les bûchers,Et les flots de sang qui coulèrentAuraient attendri les rochers.Enfin.... elle mourut—ô chance!—Sans avoir eu le moindre enfant,Et c'est là que le ProvidencePour l'humanité fut clément.

Mary Tudor était le filleD'Henri Huit par le premier lit.Elle était laide en vrai gorille,Avec oun teint de pissenlit.De son père la fanatismeBarbare, étroit, hautain et fol,Joint au dangereux royalismeDe la parentaige espagnol,Fut, je crois, le pur héritaigeDu virago Mary Tudor,Si tant il avait l'apanaigeDe tout ce qui fait la butor.Oun jour, Philippe Deux d'Espaigne[33]Il vint pour réclamer son main.Il l'obtint, mais sans son compaigneVoulut partir le lendemain.En apercevant cet visaigeL'hidalgo, surpris, s'était dit:—Caramba!vite la veuvaige,Autrement je suis déconfit.—Et, depuis lors, le pauvre reineDut viver loin de son époux,Et, pour mieux consoler son peine,Fit éclater oun grand courroux.D'abord, elle voulut le têteDe la pauvrette Jeanne Grey,Et puis, pour compléter le fête,Celle du jeune époux Dudley.Northumberland perdit le sienne,Ainsi que le fameux Cranmer[34];Suffolk subit le même peineAvec l'évêque Latimer.Puis partout se multiplièrentLes échafauds et les bûchers,Et les flots de sang qui coulèrentAuraient attendri les rochers.Enfin.... elle mourut—ô chance!—Sans avoir eu le moindre enfant,Et c'est là que le ProvidencePour l'humanité fut clément.

Mary Tudor était le fille

D'Henri Huit par le premier lit.

Elle était laide en vrai gorille,

Avec oun teint de pissenlit.

De son père la fanatisme

Barbare, étroit, hautain et fol,

Joint au dangereux royalisme

De la parentaige espagnol,

Fut, je crois, le pur héritaige

Du virago Mary Tudor,

Si tant il avait l'apanaige

De tout ce qui fait la butor.

Oun jour, Philippe Deux d'Espaigne[33]

Il vint pour réclamer son main.

Il l'obtint, mais sans son compaigne

Voulut partir le lendemain.

En apercevant cet visaige

L'hidalgo, surpris, s'était dit:

—Caramba!vite la veuvaige,

Autrement je suis déconfit.—

Et, depuis lors, le pauvre reine

Dut viver loin de son époux,

Et, pour mieux consoler son peine,

Fit éclater oun grand courroux.

D'abord, elle voulut le tête

De la pauvrette Jeanne Grey,

Et puis, pour compléter le fête,

Celle du jeune époux Dudley.

Northumberland perdit le sienne,

Ainsi que le fameux Cranmer[34];

Suffolk subit le même peine

Avec l'évêque Latimer.

Puis partout se multiplièrent

Les échafauds et les bûchers,

Et les flots de sang qui coulèrent

Auraient attendri les rochers.

Enfin.... elle mourut—ô chance!—

Sans avoir eu le moindre enfant,

Et c'est là que le Providence

Pour l'humanité fut clément.

[33] Voir note à l'appendice.

[34] Voir note à l'appendice.


Back to IndexNext