The Project Gutenberg eBook ofRecueil des expressions vicieuses et des anglicismes les plus fréquentsThis ebook is for the use of anyone anywhere in the United States and most other parts of the world at no cost and with almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included with this ebook or online atwww.gutenberg.org. If you are not located in the United States, you will have to check the laws of the country where you are located before using this eBook.Title: Recueil des expressions vicieuses et des anglicismes les plus fréquentsAuthor: Jules Fabien GingrasRelease date: December 26, 2007 [eBook #24045]Language: FrenchCredits: Produced by David T. Jones, Hugo Voisard and the OnlineDistributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (Thisbook was created from images provided by Bibliothèque etArchives nationales du Québec (http://www.banq.qc.ca/).)*** START OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK RECUEIL DES EXPRESSIONS VICIEUSES ET DES ANGLICISMES LES PLUS FRÉQUENTS ***
This ebook is for the use of anyone anywhere in the United States and most other parts of the world at no cost and with almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included with this ebook or online atwww.gutenberg.org. If you are not located in the United States, you will have to check the laws of the country where you are located before using this eBook.
Title: Recueil des expressions vicieuses et des anglicismes les plus fréquentsAuthor: Jules Fabien GingrasRelease date: December 26, 2007 [eBook #24045]Language: FrenchCredits: Produced by David T. Jones, Hugo Voisard and the OnlineDistributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (Thisbook was created from images provided by Bibliothèque etArchives nationales du Québec (http://www.banq.qc.ca/).)
Title: Recueil des expressions vicieuses et des anglicismes les plus fréquents
Author: Jules Fabien Gingras
Author: Jules Fabien Gingras
Release date: December 26, 2007 [eBook #24045]
Language: French
Credits: Produced by David T. Jones, Hugo Voisard and the OnlineDistributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (Thisbook was created from images provided by Bibliothèque etArchives nationales du Québec (http://www.banq.qc.ca/).)
*** START OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK RECUEIL DES EXPRESSIONS VICIEUSES ET DES ANGLICISMES LES PLUS FRÉQUENTS ***
Prix: 12 sous.
Par un Membre de la Société Typographique de Québec.
QUÉBEC,IMPRIMÉ PAR E. R. FRÉCHETTE,21, Rue La Montagne, Basse-Ville.
1861.
Tel qu'il est, ce recueil est loin de la perfection que l'on serait en droit d'exiger, s'il était sorti de mains plus habiles; mais il n'en est pas moins un acheminement vers une œuvre plus complète en ce genre, et le compilateur croit que tout de même il atteindra le but qu'il se propose: attirer l'attention du public franco-canadien sur le danger que court l'idiome franc en Canada, en lui démontrant jusqu'à quel point il est déjà défiguré par les anglicismes et les termes corrompus qui s'y sont introduits.
Ce but sera-t-il dépassé? Ce modeste travail porte-t-il en lui le germe de la réforme que tout patriote sincère doit désirer? Nous le souhaitons. Mais, pour que cette réforme salutaire se réalise, il faut le concours actif de tous les amis de l'éducation, et de tous ceux qui croient à la possibilité de conserver la langue française en ce pays. Ce concours fera-t-il défaut? A cette question nous n'hésitons pas à répondre négativement. A notre avis, jamais Canadien d'origine française ne refusera de coopérer à une œuvre aussi patriotique, que celui qui en est le promoteur soit ou non un artisan.
Entre les mains des instituteurs, et comme aide-mémoire, ce recueil pourrait contribuer pour une bonne part au succès de cette réforme, qui ne pourrait radicalement s'opérer pour le moment que parmi les élèves de nos écoles françaises.
A|B|C|D|E|F|G|H|I|J|K|L|M|N|O|P|Q|R|S|T|V|W
ALLÉGUÉ. Ce participe est souvent transformé en substantif, et cela inutilement, vu que nous avons le motallégation.
ALLSPICE. Poivre de la Jamaïque.
AMARRER. Expression maritime très répandue parmi les classes ouvrières, car, généralement elles disentamarrerau lieu d'attacherdes souliers, une coiffure, etc. Nos écoles seules pourraient parvenir à faire disparaître cette mauvaise expression, ainsi que beaucoup d'autres, en mettant leurs élèves en garde contre elles.
AMENDEMENT. Faire une proposition, une motionenamendement. Cette manière de dire est anglaise et incorrecte. Pour être exact il faut dire: Faire une proposition, une motionpar voieousous formed'amendement.
ANGLIFIER. Verbe anglais francisé. Le verbe français correspondant estangliciser.
APPLICATION. Comme ce mot a beaucoup d'acceptions, nous nous bornerons à démontrer dans quels cas on lui prête, mais à tort, la même signification en français qu'en anglais. S'agit-il de faire une demande, une requête, etc., presque invariablement l'on dit: j'ai fait ou je vais faireapplication. En consultant le dictionnaire, l'on se convaincra que l'on fausse l'acception de ce mot en l'employant ainsi.
APPOINTEMENT, APPOINTER. En anglais, ces deux mots signifient Nomination à quelque emploi, mais dans notre langue,appointementssignifie Le salaire d'un employé, etappointer, Donner des appointements. Ces deux mots sont très souvent employés dans leur signification anglaise par nos hommes de profession; c'est pourquoi nous les insérons ici, tout en les priant d'éviter cette faute.
APPROPRIATION. Ce mot ne désigne que l'action de s'approprier, d'accaparer une chose. C'est donc à tort qu'on le voit figurer dans les documents et journaux publics, pour désigner une somme d'argent affectée à quelque objet, ou un crédit voté par la législature ou par des corporations. Pour être exact, il faut dire:vote d'argent,vote d'un crédit, ou bien:somme affectéeoudestinéeà quelque fin. La même faute se répète pour le verbeapproprier, qui a une acception de plus que son substantif; exemple:unesommeappropriée(c'est-à-dire proportionnée) aux besoins, aux circonstances. Il y a donc barbarisme chaque fois qu'on lit ou qu'on entend dire qu'une somme a étéappropriée, au lieu deaffectée,votée,appliquéeoudestinéeà des travaux ou autres fins.
ARGENTS. C'est à tort que nous écrivons souvent ce mot au pluriel, et cette erreur vient encore de l'anglais, qui ditmoneys, mot qui signifiedeniersouespèces.
AVANCÉ. Nous faisons encore erreur en employant substantivement ce participe. C'est faire uneassertionqu'il faut dire, et non faire unavancé.
BACHELIER. Par ce mot, l'on désigne souvent, mais à tort, legarçonou lecélibataire.
BADRER. C'est encore un mot anglais francisé, et assurément il n'est pas un des moins ridicule, surtout lorsqu'on dit: c'estbadrant! Nous avons les épithètes d'ennuyeux, defatigant, voire même descieur, qui rendent parfaitement l'idée debadrer; pourquoi donc ne pas nous en servir?
BAILLER. Vieux mot qui signifiait Donner et qui n'est plus usité qu'au palais, et encore l'est-il rarement; mais dans nos campagnes il est encore d'un emploi journalier, bien qu'il soit difficile de le reconnaître, tant il est aujourd'hui corrompu. Dans toutes leurs transactions, nos paysans disent: je vousbareraitant pour telle chose, au lieu debailleraioudonnerai. Les instituteurs seuls sont en mesure de corriger la génération qui grandit de ce défaut.
BALLAST GROUND. Lieu de délestage.
BANDE DE MUSIQUE,BANDE MILITAIRE. Désignations empruntées de l'anglais par nous, tandis que nous avons celles-ci, qui valent beaucoup mieux:Corps de musiciens,Musique de régiment.
BANK.Bancdu pressier. Ce banc est surmonté d'un pupitre sur lequel on place le papier à imprimer.
BARAUDER. Les ouvriers disent souventbarauderau lieu devireroutournerquelque chose bout pour bout.
BARDA. Qui peut dire d'où vient ce terme, dont les classes ouvrières, particulièrement les femmes, se servent au lieu deranger,nettoyeroufaire le ménage? La disparition de ce mot barbare est grandement à désirer.
BARDEAU. Terme d'imprimerie synonime decasseau. C'est une réserve, distribuée comme la casse, dans laquelle on survide les sortes surabondantes. C'est ce que nos typographes appellent lacasse de fonte.
BARLEY. Rarement l'on désigne ce grain par son nom français, et pourtant le motorgeest bien connu.Peeled barley, orge émondé;pearl barley, orge perlé.
BARRE. Ici encore, nous avons laissé s'introduire dans notre langage certaines acceptions que l'anglais seul doit reconnaître à ce mot, erreur que nous allons relever en indiquant les deux cas où nous avons à tort adopté ces acceptions. Le mot anglaisbar, dans le cas où il signifiebanc des accusés, est adopté par tous nos avocats français, car toujours nous les entendons dire: "le prisonnier à labarre." Il est bon, toutefois, de remarquer le soin qu'ils ont pris de le franciser, en écrivantbarreau lieu debar.—L'autre cas oùbarreest mal appliqué, c'est lorsque par lui nous voulons désigner lecomptoirou labuvetted'une auberge.
BARRÈNE. Jeu d'enfant qui consiste en une manière d'échelle tracée avec de la craie, dans laquelle on marche à cloche-pied, en poussant avec le pied une espèce de palet. Le nom français de ce jeu estmérelleoumarelle.
BARRER.Barrerune porte peut se dire lorsque cette porte se ferme au moyen d'unebarre; mais si elle se ferme à la clé, il sera plus logique de dire portefermée à cléque portebarrée.
BED. L'on appellebed, à Québec, le meuble qui sert à la fois de lit et de banc;banc-litest le nom français de ce meuble.
BELT.Ceinturonde cuir ou d'étoffe.
BILL OF LADING.Connaissement. Ce mot est assez connu, mais nos marchands canadiens se servent de préférence de l'anglais. Inutile d'ajouter qu'ils ont tort.
BITTERS. Pour bien des gens,bittersetabsinthesont deux choses tout-à-fait différentes, tandis qu'il n'y a de différence réelle que dans les noms. Il n'est pas besoin de dire qu'absintheest le mot dont on devrait toujours se servir.
BITTERS (MIXED). Absinthe composée.
BLANC. Mettre dublancse dit à tort au lieu deblanchir, qui signifie augmenter les interlignes, ainsi que cela se fait dans les pages où il se trouve des titres, etc.
BLOQUER une lettre. C'est la remplacer provisoirement par une autre de même épaisseur, afin de n'avoir pas de remaniement à faire en la débloquant. C'est ce que, dans nos imprimeries françaises, nous appelonsvirer.
BODKINS.Pointe. Outil qui sert à lever soit une lettre, un mot ou une ligne dans la correction de toute composition.
BOITE. Les avocats sont dans une complète ignorance de la nomenclature de leur profession, ignorance à laquelle ils suppléent en se servant, soit du mot anglais même, soit en le traduisant. Toujours ils disent: laboîtedes témoins, laboîtedes jurés, et pourtant, s'ils s'étaient donné la peine, ou plutôt l'agrément de lire le code criminel français, ils sauraient aujourd'hui qu'au lieu deboîteil faut dire:bancdes témoins,bancdes jurés.
BOMBE. A Québec, l'on dit presque toujoursbombeau lieu debouilloire, et pourtant, ce dernier mot désigne assurément mieux que le premier l'objet dont il est question.
BOOME. Ce mot est employé par nous, mais un peu francisé, car l'on ditbômepour désigner uneestacade flottanteoubarrageen dedans duquel l'on tient du bois en flotte.
BOW-SAW.Scie à chantourner. Les menuisiers et ébénistes désignent toujours cette scie par son nom anglais.
BRACE. (horizontal curly brace) Accolade.
BRACE (TO). Poser des bandages de fer en dedans de l'avant d'un navire. C'est ce que les charpentiers appellent à tortbrécer.
BRAID. Bordures de robes de femmes.Milleretest le nom français de cette bordure, que nous appelons indifféremmentbraidoumiret; mais il est facile de voir que ce dernier mot est la corruption demilleret.
BOUCHARDE. Outil d'acier par le bas et fait en plusieurs pointes à diamant, à l'usage des tailleurs de pierre et désigné par eux sous le nom deciseau à dents; mais ils se trompent davantage lorsqu'ils appellentbouchardele marteau dentelé et brételé, vu quelaieest le véritable nom de ce marteau.
BRANDY. Tout le monde sait qu'eau-de-vieest le nom français de ce spiritueux; mais non content de le désigner par le nom anglais, l'on dit encore: dupale, dudark brandy, et c'est là le comble du ridicule, car si l'on veut dudark, il ne s'agit que de demander de l'eau-de-vie colorée; l'autre qualité de cette boisson se désigne sans qualificatif.
BRASSER LES CARTES. C'estbattreles cartes qu'il faut dire.
BRASS RULES.Lames.Waved rules,Tremblés:Space rules,filets systématiques.
BREAST HOOK. Fortes pièces de bois courbes que l'on applique en dedans de l'avant du vaisseau pour le lier et le renforcer, pièces que l'on désigne en français sous le nom deguirlande.
BRICKLAYER.Maçon briqueteur.
BUTIN. Par ce mot, les classes laborieuses désignent lelingeet tous les articles de vêtement. Si elles savaient quebutinveut direobjets volésou tout ce qui peut être pris à l'ennemi, nous pensons bien qu'elles cesseraient de le mal appliquer; mais sa mauvaise application ne disparaîtra qu'à la longue, et si les instituteurs s'appliquent à corriger leurs élèves des expressions erronées dont fourmille notre langage.
BUTT (TO). Les charpentiers de navire disentbotterau lieu derognerdes pièces de bois. Ils appellent aussibotteurcelui qui est chargé de cette besogne. Nous ne saurions trop leur conseiller d'abandonner ces termes anglais corrompus. Le bon sens et leur langage ne pourront qu'y gagner.
CAGE. L'on appelle icicageunradeau ou train de bois. Inutile de dire que ces deux dernières désignations sont préférables à la première.
CALOTTE. S'emploie au lieu decasquette, et bien à tort, vu quecalotteest un petit bonnet sans visière qui ne recouvre que le dessus de la tête.
CAMBRIC. Sorte de tissu de coton et dontpercaleest le nom français.
CANTHOOK. Espèce de crochet muni d'un manche et dont on se sert pour déplacer du gros bois, des plançons.Renardest le nom français.
CARACTÈRES D'IMPRIMERIE:—
CASSEROLE. Ustensile de cuisine; mais, par ce mot, nous voulons désigner, nous, le vase de fonte attaché au devant d'un poële pour en recevoir les cendres qui s'en échappent. Inutile de dire que nous nous trompons en nommantcasserolece vase, dont le véritable nom estcendrier.
C'ESTde valeur!Expression souvent employée au lieu dec'est malheureux!
CHAMPLURE. Trou pratiqué au bas d'un tonneau ou baril, pour en faire écouler le contenu. C'est donc à tort qu'on emploie ce mot pour celui derobinet.
CHARGE. S'emploie dans ce cas-ci, dans nos palais de justice: "Lachargedu juge au jury." Pas n'est besoin de dire que c'est là un barbarisme affreux que nos hommes de loi pourraient éviter facilement. Sichargeest parfois synonime de caricature, ils deviennent certainement un sujet dechargelorsqu'ils se servent de ce mot au lieu d'allocution.
CHARGER. Oncharge, on m'achargétant pour cette marchandise. Ces deux expressions sont anglaises. Pour être exact, il faut dire: "Ondemandetant, on m'apristant pour cette marchandise."
CHASSIS. L'on dit d'ordinairechâssisau lieu defenêtre.
CHEQUE. Ce mot anglais est tellement en usage parmi nous, et depuis si longtemps, qu'on le croit aujourd'hui français. Pourtant, l'équivalent était facile à trouver dans notre langue, vu quechèque, dans le sens qu'il est le plus généralement employé, veut direbonsur une banque.
CHEQUER. C'est encore un verbe de création canadienne, et dont la classe marchande se sert dans les cas suivants:chèquerun compte, un livre de comptes, et cela quoique la comptabilité française ait déjà deux verbes analogues à son service:vérifieroucontrôlerun compte, etc. Sur les chemins du fer et les bateaux à vapeur, les gardes-bagages disent aussichèquer; mais, pour eux, cela signifiemarquerounuméroterles colis qu'on leur remet, et en échange desquels ils donnent desjetonsde cuivre numérotés (aussi appeléschequesen anglais), jetons que l'on présente ensuite au terme du voyage pour ravoir les objets qu'on leur a confiés.
CHEVAL A CHEVAL. Se dit entre joueurs lorsqu'ils ont gagné chacun une partie à un jeu quelconque, et qu'il s'agit de jouer la partie décisive. Cette expression vient de l'anglaishorse hand, mais dans notre langue,manche à mancheest l'expression consacrée.
CIVILIEN. En parlant d'un militaire, il arrive fréquemment d'entendre dire qu'il a assisté quelque part en habit decivilien, mot qui n'est nullement français, et qui n'a pas non plus cette acception en anglais. Habitbourgeoissont les mots qui conviennent en pareil cas.
CLAIR, JE SUIS. Expression imitée de l'anglais,I am clear, et qui s'emploie souvent, mais à tort, pour indiquer que l'on afiniune tâche, un travail, que l'on estsorti victorieuxd'une lutte ou d'une partie à un jeu quelconque.Clairer, mot anglaise vicié, s'emploie aussi impérativement. Exemple:clairezle chemin,clairezla maison, et cela à la place de ces expressions plus correctes:livrezle chemin,videzla maison, etc.
CLERC DE POLL (Poll Clerk).Secrétaire d'électionest le titre par lequel cet officier devrait être désigné.
CLINCHING. En terme de construction, ce verbe signifieriver. Dans nos chantiers de navire, les ouvriers ont francisé ce mot, et ils disent maintenantclincherau lieu deriverun boulon, une cheville. C'est là un malheur; car, pour peu qu'ils continuent ainsi à se servir de mots anglais, leur langage ne pourra bientôt plus être appelé français, et une fois cet idiome perdu pour nous, sur quoi s'appuiera la nationalité française en Canada, ce bien si cher à tous les Franco-canadiens?
COMMISSIONED OFFICERS.Officiers.Non-commissioned officers,sous-officiers.
CONDENSED TYPES. Caractères allongés.
CONSISTANT, INCONSISTANT. Êtreconsistantouinconsistantà soi-même, à ses principes. Ce sont là deux barbarismes souvent commis par les journaux français de ce pays. C'est êtreconséquentouinconséquentqu'il faut dire.
CONTEMPLATION. Ce substantif est souvent employé à tort et dans les cas suivants: L'objet encontemplation, au lieu de l'objet envue; l'entreprise encontemplation, au lieu de l'entrepriseprojetée.
CONTRACTEUR. Ce mot, qui vient de l'anglaiscontractor, est aussi presque toujours employé de préférence au mot françaisentrepreneur.
COPIE, EXEMPLAIRE. Le premier de ces mots signifie uneexpéditionou un écrit fait d'après un autre écrit. C'est donc à tort que l'on ditcopied'un livre ou d'un imprimé quelconque;exemplaireest le mot dont il faut se servir en ce cas.
COUVERTE. Se dit erronément pourcouverturede laine.
CRAB. Les charpentiers de navire appellent ainsi un engin dont le nom français,chèvre, est bien connu.
CRÉATURE. On ne saurait trop s'élever contre la signification que la classe ouvrière donne à ce mot, car toujours par lui elle entend désigner les personnes du sexe. Il ne serait donc que juste que chacun l'aidât à se corriger de cette faute, qui est trop grossière pour ne pas jeter du ridicule tant sur elle que sur ceux qui la laissent se perpétuer.
CULLER. C'est par ce mot—qu'ils prononcent à la française,colleur—que les mesureurs-inspecteurs de bois désignent leur profession. Il en est même qui disent: j'aicollé, pour j'aiinspectédu bois; aussi, est-il impossible à une personne qui ne sait pas l'anglais de les comprendre. Veulent-ils dire: j'ailivrétant de pièces de bois pour un chargement, ils se servent de ces mots: J'aichippétant de pièces de bois. Ils ne savent pas, assurément, quechipperveut dire voler!
CUTS. Vignettes, attributions.
DASHES (ORNAMENTED).Filets ornés.
DÉFRANCHISER. C'est le verbe anglais,to disfranchise, qui a été ainsi francisé, quoique nous ayons déjà en français le verbedésaffranchir, qui vaut certainement mieux.
DÉMANCHER. L'on dit souvent: il s'estdémanchéle bras, la jambe, et il se l'est faitramancher. Pour être exact, il faut dire jambedémise, brasdémis.
DÉPUTÉ. En français, ce substantif est synonime d'envoyé, de représentant du peuple. On l'emploie donc à tort, et cela fréquemment, dans ces cas-ci:député-shérif,député-adjudant,député-greffier, désignations inexactes qui devraient être remplacées par celles desous-shérif, desous-adjudant et de greffier-adjoint.
DISCOUNT. Le mot françaisescompteest rarement employé. En ce pays, les affaires commerciales se transigent presque toujours en anglais; de là vient que ce mot et beaucoup d'autres sont ignorés de bien des marchands et commis de notre origine. Ne feraient-ils pas bien de travailler à les connaître?
DOUBLET.Doublon. Lettre ou mot répété.
DRAFT. Soit dans les transactions commerciales ou autres, le plus souvent on se sert de ce mot anglais au lieu detraite. Nos charpentiers disent aussidraftpourplande navire, etdrafterau lieu detracerun plan de navire.
DUMMY. Se dit au jeu de whist lorsqu'il manque un quatrième pour faire cette partie. Le jeu du manquant est alors mis à découvert sur la table, et c'est ce qu'on appelle en français faire la partie de whist avec unmort.
ÉMANATION. En français, ce mot est synonime d'exhalaison; ce qui n'empêche pas nos hommes de loi de l'employer toujours dans son acception anglaise, c'est pourquoi ils disent: l'émanationd'un bref, d'une injonction, etc., au lieu de l'émissiond'un bref, etc.
EMBARQUER. Se dit souvent, mais à tort, au lieu demonteren voiture.
EMBELLE. Partie du corps d'un navire comprise entre les deux gaillards; cependant, nous disons fréquemment: j'ai, j'aurai eu monembellede faire telle chose, et par cela nous entendons l'occasion, lafacilitéou lachancede pouvoir faire quelque chose. Il ne serait donc que juste de mettre en ce cas le motembellede côté, attendu que le dictionnaire ne le reconnaît que comme terme de marine.
EM-RULE (—).Moinsoutiret, servant dans le dialogue, etc.Two and three ems rule, deux et trois quadratins filets.
ENDICTMENT. Terme de droit criminel anglais, et qui signifieacte d'accusation. Mais le mot anglais paraît être employé de préférence par nos hommes de loi. Seulement, à la manière dont ils le prononcent (indictement), on est porté à le croire français.
ESPÉREZ, ESPÈRE. L'on dit souventespérez,espère, pourattendez,attends.
FANCY TYPE. Caractères de fantaisie servant à orner et varier les titres.
FAT COMPOSITION. Composition ouverte.
FILER. Nos avocats disentfilerun protêt, un rapport, une opposition. Il ne leur coûterait pourtant pas plus de dire:transmettre,présenterouproduireun rapport, etc.
FLOURISHES.Déliés, ou ornements calligraphiques.
FOOT LINE.Ligne de pied, qu'on place au bas de chaque page, soit en cadrats ou en lingots métalliques.
FORE-CASTLE. Terme de marine anglais, presque toujours employé par nos navigateurs au lieu degaillard d'avant.
FOREMAN. Ce mot anglais est généralement mêlé à notre langage, quoique les termes français équivalents soient assez connus; mais nous croyons tout de même devoir les donner ici:Foreman of a jury,chefd'un jury;Foreman of a workshoporship yard,contre-maîtred'un atelier ou d'un chantier de navire;Foreman, dans une imprimerie,Prote.
FRIAR.Moine. C'est le défaut qui se manifeste au tirage lorsqu'une partie de la forme n'a pas été touchée.
FULL FACE. Caractères à l'œil gras.
FURNITURE.Garniture. Ce mot comprend tous les bois qui entrent dans l'intérieur d'une forme, tels que les fonds et les têtières; les réglettes, les biseaux et les coins sont les accessoires qui l'entourent.
GAGN. Ce mot est fréquemment employé dans notre langage. Exemple: Nous étions unegagn, une bonnegagnd'amis. C'est unnombre, unbon nombred'amis qu'il faudrait dire.Gagn of saws,Jeu de scies; mais le motgagnprévaut aussi dans le langage des travailleurs des moulins à scies.
GANGWAY.Passerelleest le nom français donné à cette planche que l'on glisse d'un quai pour en laisser retomber le bout sur un bateau ou navire, afin de faciliter l'embarquement ou le débarquement.
GALLEY. Petite chambre sur l'avant d'un navire et qui sert de cuisine.Coqueronest le nom français.
GATERS. Quoique connus, les noms français deguêtreset debottines à guêtresont souvent remplacés par le mot anglaisgaters.
GILET et VESTE. Nous devons à la langue anglaise de ne pas désigner par leur propre nom ces deux vêtements. Legiletest sans manches et se porte sous le surtout ou l'habit. Lavestequi se porte ici est à manches et sans basques. En un mot, lavesteest ce que nous appelons legilet.
GIN.Genièvre.
GRÉER. C'est là un terme de marine qui est souvent mal à propos dans la bouche de tout le monde. C'est à qui dira une maison, une chambre biengréée, pour une maison une chambre bienmeublée. L'on est autant répréhensible de mal appliquer un mot, une définition, que pourrait l'être un badigeonneur de peinturer en noir là où le bon sens et le goût exigent le blanc.
GROCEUR, GROCERIES. Malgré que tout le monde sache qu'épicieretépiceriessont les mots dont il faudrait se servir de préférence, cela n'empêche pas que les premiers soient le plus communément employés.
GUIMBARDE. Petit instrument à languette d'acier, que par corruption nous appelonsbombarde.
HABITANT, HABITANTE. Nom par lequel nos classes ouvrières désignent les paysans ou habitants des campagnes. C'est aux institutions scolaires à corriger les enfants de la fausse acception donnée à ces substantifs.
HAIR LINE TYPE. Caractères effilés.
HAND LEATHER.Manique. Morceau de cuir dont le cordonnier, le sellier, etc., s'entourent la paume et le dessus de la main pour que le fil ciré ne les blesse pas lorsqu'ils serrent avec force les coutures.
HAWSE PIPES. Trous par où passent les chaînes des ancres d'un navire.Écubiersest le nom français.
HOGGED. Les charpentiers de navire disent qu'un vaisseau esthogguéau lieu dearqué, ce qui arrive lorsqu'il a heurté une roche vers le milieu de sa quille.
HYDRANTS.Bornes-fontaines. C'est le nom par lequel sont désignés les robinets d'un aqueduc placés aux coins des rues.
INCORPORATION, INCORPORER. En français, ces deux mots no désignent que l'action de réunir. Exemple:incorporerun peuple à un autre peuple;incorporerune compagnie dans un régiment, etc. L'on fait par conséquent erreur lorsqu'on les emploie pour désigner l'existence légale d'une compagnie, corporation ou association quelconque, comme dans les cas suivants: compagnieincorporée; acte d'incorporation. Ces deux fausses désignations sont le fait d'un mauvaise traduction des mots anglaisIncorporated Company;Incorporation act, et qui, en bon français, veulent dire: Compagnieconstituéeen corporation; acteconstitutif.
INSERTION ou TREMEN. C'est par ces deux mots anglais que le marchand et les acheteuses désignent toujours le fond de dentelle appelée en françaisentre-deux.
INSTALMENT. Ce mot anglais est aussi fréquemment employé par nous, car nous disons paiements parinstalmentsau lieu de paiements àtermes.Instalmentsignifie aussiversement.
INTRODUIRE. Il arrive souvent que l'on diseintroduire,introductionau lieu deprésenter,présentation. Exemple:Introduireune personne à quelqu'un. C'estprésenter,présentationdont il faut se servir en ce cas; mais si l'on veut parler d'une personne étrangère que l'on a conduite dans une famille, c'est alors qu'il convient d'employer les motsintroductionetintroduire.
JOB. Ce mot signifieentrepriseoutâche, selon le cas. Il serait donc plus logique de dire: J'ai unetâcheà remplir, j'aientreprisun ouvrage ou des travaux, au lieu de: j'aiune job, etc.
JOBS.Bilboquets. Ce nom se donne aux plus légers des ouvrages de ville, tels que têtes de lettres, cartes d'adresse, billets de faire part, factures, etc.
JOB CHASE.Ramette. Châssis sans barre, servant aux ouvrages de ville, comme pour les placards, tableaux, cartes, etc.
JIB, FLYING JIB. En français, les termes de marine sont peu connus en Canada, même des navigateurs, car ils disentjibau lieu defoc, etflying jibau lieu defoc volant.
KID.Chevreau. C'est donc à tort que nous disons Gants deKidau lieu de Gants en peau dechevreau.
LABEL. Les marchands et commis disent le plus souventlabelslorsqu'il s'agit de mettre desétiquettesà leurs marchandises.
LARBOARD, STARBOARD.Babord, côté gauche d'un navire,tribord, côté droit, sont les mots français correspondants; mais ils paraissent inconnus de nos navigateurs et charpentiers.
LARGE and SMALL FACE.Gros œiletpetit œil. L'œilde la lettre est le relief, c'est-à-dire l'extrémité saillante, laquelle étant couverte d'encre, laisse son empreinte et forme ce qu'on appelle l'impression.
LEADERS.Points carrésou de conduite (....) Ces points sont d'un fréquent usage, entr'autres dans les ouvrages à colonnes ou dans les tables.
LEAD-CUTTER. Coupoir à interlignes.Lead and brass rule cutter,bisautier.
LEADS.Interlignes. Ce sont des lames de fonte dont le principal emploi est de séparer les lignes entre elles, ainsi que ce nom le fait comprendre.
LECTURE. En anglais, ce mot signifieessai,discoursécrit; mais en ce cas comme en bien d'autres, nous avons adopté le mot anglais pour laisser de côté celui de notre langue, qui est pourtant bien plus expressif. Il en est résulté que nous disons aujourd'hui:donner une lecture(to give a lecture) au lieu delireun discours ou unessai. Il est facile de voir que nous avons perdu au change, tant sous le rapport de l'exactitude que sous celui du bon sens.
LOCK (TO).Serrerune forme. C'est à tort que dans nos imprimeries canadiennes l'on ditloquerau lieu deserrer, etdéloquerà la place dedesserrerune forme.
LOCKERS. Espèce d'armoires dans les embarcations. Nos navigateurs ou bateliers paraissent ignorer le nom français correspondant,équipets.
LOCK-SAW. Petite scie dontpasse-partoutest le nom français.
LONG-STICK.BisaigleouBisaigue. Outil de bois qui sert aux cordonniers à lisser ou polir le devant des semelles de souliers.
LUNCH. L'on dit mêmeluncher. Quand on prend du galon on n'en saurait trop prendre; c'est pourquoi, non contents d'avoir fait la folie d'emprunter le motlunch, nous en avons aussi fait un verbe, et cela tandis que nous avions déjàgoûter,collationetcollationner, qui veulent dire la même chose.
LYE TROUGH. Baquet dans lequel on couche les formes pour les laver.
M-QUADRAT. Cadratin.
MACE.Macis. Ecorce intérieure de la noix muscade et dont on se sert comme épice.
MAHOGANY.Acajou. Il est rare que nos ouvriers ne désignent pas ce bois par son nom anglais.
MAIN (hand pointing right). Lamaina pour objet de fixer l'attention sur des notes ou remarques en têtes desquelles elle est placée. C'est à tort qu'elle est appeléeindexdans nos imprimeries.
MENOTTES. Lien avec lequel on attache des prisonniers. C'est donc à tort que les personnes du sexe désignent par ce terme lamitainede soie qui ne recouvre que la moitié de la main.
MESS, OFFICERS'.Ordinairedes officiers militaires.
MIS-DEAL. Expression anglaise généralement employée au jeu de cartes. On dit en français:Cartes mal données.
MONEY ORDER.Mandatd'articles d'argent oumandatsur la poste.Money order offices, Bureaux d'expédition d'argent.
MONTER EN HAUT. Locution des plus vicieuses et qu'accompagne toujours sa sœur:descendre en bas. Il serait sage de s'en corriger en les remplaçant par celles-ci:aller là haut,aller en bas.
MOP. Se dit au lieu deBalai de matelot, et aussi pourhouppe à poudrer.
MOTEUR. Ne s'emploie en français que comme terme de mécanique; mais nos hommes de loi, nos législateurs, lui ont donné—bien entendu sans en avoir le droit—une acception de plus, comme cela a lieu pour le mot anglaismover, car, par lui, ils veulent toujours désigner celui qui fait une proposition ou motion dans un corps délibérant. En pareil cas,the moversignifie l'auteurd'une proposition ou motion.
MOUILLER. Se dit presque toujours au lieu depleuvoir.
MOUVER. Les pilotes lamaneurs disentmouverau lieu dechangerun navire de place.
N-QUADRAT. Demi-cadratin.
NET.Résille. Espèce de filet ou de réseau qui enveloppe les cheveux.Net,tulle;fancy net,tulle-fantaisie.
NICK.Cran. C'est une marque que porte la lettre pour indiquer au compositeur le sens dans lequel il doit la tourner quand il la place dans le composteur.
OFFICE. Ce mot, qui est d'un usage fréquent dans les deux langues, est généralement mal appliqué par nous. Exemple: l'officed'un notaire, d'un avocat, d'un médecin, tandis que l'on devrait dire: l'étuded'un notaire, lebureaud'un avocat, l'officined'un médecin. Pour désigner leur imprimerie, les typographes canadiens disent souvent l'office, au lieu de l'atelier. Dans certain cas, le mot anglaisofficesignifieministère; alors on se trompe grandement de lui donner en français le motbureaupour équivalent, et c'est cependant ce qui se voit tous les jours, car on dit:bureaudu secrétaire provincial pour désigner lesecrétariatprovincial;bureaudes terres de la couronne, au lieu deministèredes terres, et ainsi de suite pour tous les départements qui ont pour chef un conseiller d'état.
OFFICIER-RAPPORTEUR. En France, l'officier ainsi désigné est un juge d'instruction devant un conseil de guerre ou de discipline. Ce titre injudicieux, qui figure dans toutes nos lois électorales et qui est la traduction mot à mot deReturning Officer, devrait être remplacé par celui deprésident d'élection.
OGEE. Les menuisiers paraissent ignorer le mot françaisogive, car ils désignent toujours sous le nom d'ogeelamoulure ogivaleet même l'outil de cette moulure.
ORIGINER. Ce verbe n'existe pas dans notre langue; mais à force de singer l'anglais en tout, l'on a fini par dire comme lui: telle chose aoriginéici ou là. L'emprunt de ce verbe serait justifiable si nous n'avions pas en français d'équivalent, mais il est très facile de rendre l'idée de ce mot en disant: telle chose aeu lieu, telle choses'est passéeici ou là.
OUT.Bourdon. Lettre ou mot d'omis.
OVERHAUL (TO). Signifie d'abordlargueroulâcherune amarre, et en second lieu,examinerun compte, etc., mais il arrive souvent que dans ce dernier cas ce verbe anglais est francisé par les charpentiers et constructeurs de navire, car ils disent généralementoverhalerun bâtiment, etc., au lieu d'examiner.
PALETTE. L'on dit icipaletteau lieu devisièrede shako ou de casquette.
PANTRY. Sur un navire,pantrysignifiesouteaux provisions, et dans une maison ladéfense, c'est à dire le lieu où l'on met toutes les provisions de table.
PARAGRAPHE (§). Ce signe sert de titre dans une classe de subdivisions. C'est dans les ouvrages scientifiques, et notamment dans les matières de jurisprudence qu'on l'emploie le plus ordinairement. C'est donc à tort que l'on dit souventparagraphepouralinéa.
PAR ARGENT. Traduction littérale deby cash. Dans la tenue des comptes, cette locution vicieuse devrait être remplacée par le simple motargentouespèces.
PARAPEL. Corruption deparapet, qui signifie élévation en terre ou en maçonnerie, qui couronne la partie supérieure d'un rampart. Nous avons donc deux fois tort de direparapelpourtrottoir, chemin réservé aux piétons.
PAYER.Payerune visite,payerdes compliments. C'est la traduction littérale des locutions anglaisesto pay a visit,to pay compliments. C'estrendreune visite, etfairedes compliments qu'il faut dire.
PEG-AWL. Les cordonniers désignent par ce mot anglais le perçoir dont ils se servent lorsqu'ils font des chaussures à la cheville.Brocheest le nom français de cet outil.
PEPPERMINT.Menthe poivréeest le nom français de cette plante ou de l'essence qu'on en extrait.
PEPPERMINT LOZENGES.Pastillesde menthe.
PIE.Pâté. On appelle ainsi un mélange de lettres ou de caractères brouillés ensemble, soit par accident, soit par négligence.
PLANER.Taquoir. Morceau de bois avec lequel on applanit les formes dans les imprimeries.
PIGEON-HOLE. Sorte de jeu de bagatelle inventé en Amérique et qui n'a pas encore de nom français, mais que l'on pourrait fort bien désigner par celui decolombier.
PILOTE BRANCHÉ. C'est là une traduction debranch pilotqui peut à bon droit prendre rang parmi les plus grosses âneries.Pilote lamaneurest le nom par lequel devrait être désigné le marin reçu et commissionné, après des études spéciales, pour entrer dans notre fleuve et en sortir toute espèce de bâtiments.
PLASTER. L'on désigne rarement en français cette toile gommée qui sert à panser les blessures. C'est toujoursplasteurque l'on dit au lieu d'emplâtre.
PLASTERER.Plâtrier. Il est rare que nos ouvriers ne disent pasplastererau lieu deplâtrier.
PLUG (TO).Taponner. Terme de construction navale. Ce verbe signifie recouvrir les têtes de clou du pont d'un navire au moyen de petits tapons de bois. Les charpentiers paraissent ignorer le verbe et le substantif correspondants deto pluget deplug, car ils disentploguerau lieu detaponnerun pont de navire, etplugau lieu detapon.
POCHE, EMPOCHER. Au jeu de billard, l'on imite l'anglais quand l'on ditpocheau lieu deblouse, etempocherau lieu deblouserune bille.
POIGNÉE, BOUTON de PORTE. L'on ne se sert toujours que du motpoignée, et pourtant, lorsqu'une poignée de porte est ronde, il serait plus exact de direbouton.
POST-OFFICE.Posteouposte aux lettres.
PRESENT. Il s'agit ici de la suscription d'une lettre, d'un billet à faire remettre à sa destination par une autre voie que la poste, et sur l'adresse desquels il n'est pas besoin d'écrire le nom de la ville, attendu que l'envoyeur et le destinataire sont du même lieu. En pareil cas, c'est toujours le mot anglaispresent, que l'on voit figurer. Il serait donc juste, puisque ce genre d'adresse est aussi français, de nous servir des motsen villepour cette suscription, dont nous donnons ici l'exemple:
A Monsieur,Monsieur ——En ville.
PROCÉDÉS. Se dit dans les cas suivants: user de bons, de mauvaisprocédésenvers quelqu'un. Il est aussi synonime derecettes. C'est donc erronément que l'on dit: lesprocédésd'une assemblée, d'une cour de justice, etc., ou bien encore, faire lecture desprocédésd'une séance. Dans le premier cas, il faut dire: lesactesd'une assemblée, d'une cour de justice, et dans le second, faire lecture duprocès-verbald'une séance.
PUMPS,Escarpins. Souliers à semelle mince et à oreilles. C'est la chaussure de bal.
PUNCH. C'est ainsi que les menuisiers désignent souvent lerepoussoir, instrument qui sert à chasser les clous plus loin que ne le peut faire le marteau.
PURSER. C'est tout bonnement lecomptabled'un bateau ou navire à vapeur. Il serait donc plus raisonnable de se servir de ce mot de préférence àpurser.
PUTTY. Les plâtriers appellentputtyla préparation de chaux et de plâtre avec laquelle ils poussent les moulures et les corniches.Potéeest le nom français de cette préparation.
QUALIFICATION, QUALIFIÉ, L'acception de ces deux mots est fréquemment faussée. Parqualification, l'on entend ledroit d'éligibilitéd'un candidat à la représentation nationale ou municipale, droit qui, selon nos lois, n'est acquis au candidat qu'à la condition d'être propriétaire d'un immeuble non grevé et représentant une valeur spécifiée. Cette condition, c'est lecens électif; ainsi, au lieu de tel candidat n'est pasqualifié, n'a pas laqualificationrequise, il sera bien plus logique de dire: tel candidat est ou n'est paséligible. Le cas est à peu près le même à l'égard de l'électeur. Un homme est électeur ou il ne l'est pas; s'il est électeur, il n'y a aucune nécessité de dire, comme le fait l'anglais: c'est un électeurqualifié. S'il n'est pas électeur, s'il ne paie pas un cens assez élevé pour avoir le droit de voter aux élections, et qu'il y vote, il est encore moins nécessaire de le qualifier d'électeurnon qualifié. Il est alors tout bonnement unfauxélecteur.
QUART. L'on fait erreur en se servant de ce mot au lieu debaril.
QUERIR. Il y a bien longtemps que ce verbe a été corrompu par les classes laborieuses, car aujourd'hui elles ne cessent de dire: va lecripour vaquérirou vachercherquelqu'un. Nos instituteurs seuls sont capables de faire disparaître un jour cette mauvaise manière de prononcer ce verbe.
QUOTATION.Garnitureetlingotsmétalliques servant à remplir les blancs.
RANK. Meuble d'imprimerie dans et sur lequel on place les casses.Rangest le nom français.
RAPPEL, RÉVOCATION. Il arrive souvent que l'on prête à ces deux mots la même signification; exemple:Rappel,révocationd'une loi.Rappelerune loi veut dire:faire revivre,remettrecette loi envigueur, tandis querévoquersignifieannuler,abroger.
RECORD. En anglais, ce mot signifieregistre,dossier,archives,pièces, etc., mais dans notre idiome, il n'est plus usité aujourd'hui. L'ancien droit coutumier s'en servait, mais c'était dans des acceptions toutes différentes; c'est pourquoi les avocats et autres feraient bien de le laisser de côté, attendu qu'ils ont à leur disposition les mots correspondants plus haut cités.
RÉFÉRER. Ce verbe s'emploie dans le sens defaire rapport, derapporterune chose à une autre, et des'en rapporterà quelqu'un ou à un ouvrage pour décider sur quelque matière. Exemple:référerà la chambre;référerun passage d'un livre à un autre passage;en référerà quelqu'un pour la décision de quelque chose. Mais l'on fait un anglicisme lorsqu'on dit:je vous réfèreà un tel; jeréfèreou jeréféreraià ce livre, etc. Il serait donc sage de remplacer ces expressions vicieuses par celles-ci: Je vousrenvoieà un tel; jeconsulteou jeconsulteraice livre.
RENARD. Les enfants disentfaire le renardlorsque, sans permission, ils manquent d'aller à l'école. C'est aux maîtres à leur apprendre que faire l'école buissonièreest l'expression voulue en ce cas.
RENCONTRER. De la manière dont ce verbe est employé dans ces cas-ci, il donne lieu à des barbarismes:rencontrerles dépenses, le déficit, mots traduits littéralement de l'anglais:To meet the expenses,the deficiency. C'estfaire faceaux dépenses etcomblerle déficit qu'il faut dire.
ROBRE ou ROBER. Ne se dit qu'au jeu de whist. A tout autre jeu, c'estpartie liéeou double qu'il faut dire.
RULE.Filet, en cuivre ou en acier, dont le typographe se sert pour composer.
RUN OVER (TO).Remanierest le mot dont on doit se servir au lieu deparcourir, qui est actuellement en usage dans nos imprimeries.
SABOT. Boîte dans laquelle on jette les lettres usées et destinées à être remises au creuset.
SALLE MUSICALE. C'est une mauvaise traduction deMusic Hall. Comme il n'est pas plus logique de diresalle musicalequesalle dansante, l'on sera certain d'être exact en disant ou en écrivantsalle de musique.
SAMPLE. Presque toujours nos marchands se servent de ce terme anglais, tout en en changeant la prononciation, car ils disent un ou dessimples. Nous croyons, cependant, qu'ils connaissent le mot françaiséchantillon.
SAUCE-PAN.Poëlon.
SAVONNETTE. Ici encore l'on constate que ce mot est généralement mal appliqué.Savonnetteest le morceau de savon ordinairement parfumé et dont la mousse sert à enduire la partie du visage que l'on veut raser, etpinceau à barbeest l'objet avec lequel on applique cette mousse.
SCARFING. Mettre des pièces de bois bout à bout et assembler leurs extrémités par le moyen d'entailles. C'est ce que l'on appelleenter; mais nos charpentiers de navire ont francisé le mot anglais, et ils disent aujourd'huiscarferune quille, etc. Il n'y a qu'à leur démontrer le tort qu'ils font à la nationalité en se servant de mots anglais ainsi corrompus, et nous sommes certains qu'ils reviendront bien vite aux dénominations françaises, leur patriotisme reconnu en est pour nous un sûr garant.
SCRAPER. Les ébénistes et menuisiers ne connaissent pas le nom français de cet outil, qui sert à racler le bois; aussi, disent-ils toujours unscraperau lieu d'unracloir;scraperau lieu deracler.
SCRIPT.Caractères d'écritures. Telles sont lacoulée, labâtarde, lagothique, laronde, l'anglaiseoucursive, etc.
SET. Mot anglais qui s'applique à mille choses et qui est presque passé dans notre langage. Pour éviter l'ambiguité, nous allons indiquer en anglais les principaux cas où ce substantif est employé, tout en faisant suivre de la traduction:Set of friends, cercle d'amis;set of crockery, service de vaisselle;set of studs, garniture de boutons de chemise;set of furniture, assortiment de meubles;set of tools, assortiment d'outils.
SHAPE. Ce sont les femmes d'ouvriers qui emploient ce mot anglais pour désigner, soit uneformede chapeau, latailleou laminebonne ou mauvaise d'une personne.
SHEERING. Nos marins disent rarement qu'un navire a fait desembardées. Ils ont au contraire francisé le verbeto sheer, et en disant, comme ils le font aujourd'hui, qu'un vaisseaua pris une shire, qu'un vaisseaushirait, au lieu de: prenait des embardées, ils ont certainement perdu au change.
SHIFTING. Un chargement de navire ashifté, disent les charpentiers et arrimeurs, et pourtant ils savent tous quedésarriméest le mot français.
SHIRTING.CalicotouCotonblanc.
SHOOTING-STICK.Décognoir. Morceau de bois avec lequel on serre et desserre les formes dans les imprimeries.
SIDE-BOARD.Buffetest le nom français de cette espèce d'armoire dans laquelle on enferme la vaisselle et le linge de table.
SIDE and FOOT STICK. Grand et petit biseaux. Ce sont les morceaux de bois à l'aide desquels on assujettit des caractères dans un châssis.
SINK. Boîte ordinairement foncée en plomb, avec un trou au milieu pour l'écoulement des eaux, et dans laquelle se lave la vaisselle.Évierest le nom français.
SKY LIGHT.Abat-jour. Mais sur un naviresky lightsignifieécoutille vitrée.
SLACK. Ce mot anglais est passé dans le langage de tous nos ouvriers et marins, qui disentslaquerau lieu delarguerune amarre; donner duslackau lieu de donner dujeuà une porte, à un tiroir, etc. Ils disent aussi: les temps sontslackpour: les temps sontdurs.
SLICE GALLEY.Coulisseest le terme français. La coulisse est une petite planche très mince au moyen de laquelle on fait couler sur le marbre une page, un tableau, etc. Les coulisses s'enchâssent dans des galées construites à cet effet.
SLIPPERS.Pantouffles. Souliers à semelle mince, sans oreilles, et que l'on ne porte qu'à la maison.
SLUR (TO).Friseroupapilloter. On dit d'un tirage qu'ilfrise, lorsqu'il manque de netteté, et lorsque l'impression se projette au-delà de l'œil de la lettre.
SMART. Ce mot anglais, qui signifie badinage, est bien celui dont l'emploi peut jeter le plus de ridicule sur nous, car il ne comporte pas le sens que nous lui donnons d'ordinaire. Lorsqu'on dit: c'est un hommesmart, toujours nous entendons la capacité, l'habileté, la finesse ou l'esprit de la personne ainsi désignée; pourquoi, alors, ne pas dire de préférence: c'est un homme habile, capable, fin ou d'esprit!
SNACK. Mot anglais qui signifiemangerun morceau, et nous disons aujourd'huifaire,donner un snack, au lieu de donner unrepasou unrégal. Nous avons là une des mille preuves que nous tombons dans le ridicule chaque fois que nous remplaçons par une expression étrangère un mot ou une locution de notre langue.
SPARE BALL. Se dit au jeu de quilles pour indiquer qu'en deux boules on les a renversées toutes, et qu'avec la troisième qui reste, on peut encore faire des points en sus des dix déjà faits.Spare ballpeuvent en conséquence se traduire parboule de réserve.
SPELL. J'ai donné une bonnespellà cet ouvrage, disent bon nombre d'ouvriers; mais ceux qui ne se servent pas de cette locution anglaise emploient d'ordinaire celle-ci: J'ai donné une bonnesecousseà cet ouvrage. Inutile de dire que ces deux expressions devraient être rejetées: la première parce qu'elle est anglaise, et l'autre parce qu'elle signifieprendre son élanpour mieux courir. J'ai bien, ou j'ai beaucoupavancétel ouvrage, ou toute autre expression analogue pourrait facilement les remplacer.
SPOKE-SHAVE. Outil de charron et de menuisier d'invention allemande.Plane allemandeest le nom que les Français lui donnent.
SPOT. Au jeu de colombier (Pigeon-hole), ce mot indique d'abord la place où l'on met la bille qui sert de premier but; en ce cas, c'estplacer le butqu'il faut dire; mais lorsqu'il s'agit de tirer pour savoir lequel des joueurs aura la main, le gagnant doit se servir de cette locution: "A moi lamain," au lieu de: "A moi lespot."
SPREE. Le dictionnaire anglais ne reconnaît pas ce terme, que nous croyons appartenir à l'argot américain. Il ne s'en est pas moins glissé dans notre langage, car nous entendons dire bien souvent: Pierre ou Paul est enspree, au lieu de Pierre ou Paulfait la noce.
STAMP.Bouche-trou. Espèce d'étampe dont se servent les cordonniers pour cacher, en l'imprimant sur une semelle, les trous qu'y ont fait les deux chevilles qui la tenaient appliquée sur la forme.
STANDING GALLIES.Galées dormantes, sur lesquelles on conserve les matières non à distribuer, ainsi que les lignes de titre, blanc, filets, interlignes, etc.
STARTING. Ce verbe est fréquemment employé par les charpentiers de navire, qui ont pris le soin de le franciser, car il disent: On vastartertel ouvrage, au lieu decommencer. Ils disent aussi: les écarts d'un bordage ontstarté, pour: se sontéloignésoudisjoints.
STEWARD.Commis des vivresd'un navire ou bateau à vapeur.
STEWPAN.Casserolle.
STICK.Composteur. Outil dans lequel le compositeur typographe place la lettre.
STOCK.Col-cravate.
STRAP. Ce mot anglais est très répandu, car toujours l'on s'en sert pour désigner unementonnièrede casquette, dessous-pied,courroies, etc. C'est aux instituteurs qu'appartient le devoir de réformer notre langage sous tous ces rapporte. L'honneur de veiller à la conservation de la nationalité est là qui les y invite.
STRING, HALF-STRING. Ces deux mots se disent au jeu de quilles, et ils signifient, l'un lagrande, et l'autre lapetite partie. La grande partie est de trente boules et la petite de quinze.
STUFF. Ce mot est souvent employé au lieu du françaisétoffe.
SWINGNER. Les arrimeurs désignent par ce nom le travailleur qui leur amène pièce à pièce le bois près du navire dont ils ont à faire le chargement.Flotteurest le nom français qui correspond àswingner.