Ten cin(pourca in)moc ech, je te lieouje lie toi.Tech ca(pourca a)moc en, tu me lies.Ten cin(pourca in)moc ex, je vous lie.Tech ca(pourca a)moc on, tu nous lies.
A la troisième personne, le régime est souvent sous-entendu, bien qu’on le trouve exprimé quelquefois dans la finale du verbe terminant encouicpour le singulier, et enobpour le pluriel, le verbe dans sa forme active suffisant par lui-même pour annoncer le régime.
D’après Beltran, la voix passive, pour la seconde et la troisième conjugaison, se forme en ajoutantabaloutabalà la racine du verbe;cambez, enseigner,cambezabalêtre enseigné;yacun, aimer,yacuntabal, être aimé. Pour la troisième conjugaison, onajoute simplement à la racine la lettrel, précédée de la voyelle radicale du verbe. Ex.:Tzic, obéir,tzicil, être obéi;tal, toucher,talal, être touché;mol, réunir,molol, être réuni. Cependant si le verbe se termine par une voyelle, on ajoutebal, commeɔa, donner,ɔabal, être donné.
On peut observer au sujet de ces verbes, qu’ils rentrent tous ici dans la catégorie de ceux dont il est question dans la grammaire quichée, dont la terminaison enbalannonce l’instrument pour faire ou le lieu où se fait la chose. Ainsi par exemple si l’on dit en mayain molol, je suis réuni, c’est comme si l’on disait je la réunion ou ma réunion;a yacuntabal, tu es aimé, ou bien ton amour ou ton être aimé. Ex.:U cambezabal utial in yum, il est enseigné, instruit par mon père; mot à mot son instruction (est) à cause de ou par mon père.
Dans la grammaire de Ruz, le passif est formé exactement comme dans la langue française ou espagnole, etc., à l’aide de l’auxiliairelaytal, être. Ex.:Le nicteoob lay(oulayoob)chanoob tioklal le uinicil; les fleurs sont cueillies par le peuple.
La grammaire de Beltran ajoute que les verbes intransitifs de la première conjugaison ne peuvent d’aucune manière prendre la forme passive: ainsinaczabal, ounaczal, n’est pas le passif denacal, se lever, mais denaczah, lever.
Ce que nous remarquons à notre tour au sujet de ce verbe, c’est qu’il révèle une particularité commune aux verbes des langues quichée, cakchiquèle et à plusieurs autres de l’Amérique centrale et du Mexique, que, ni Gallatin, ni Norman, ni Ruz ne paraissent avoir observée: c’est la faculté compulsive que nous trouvons dans le verbenaczah, actif, lever, qui n’est autre chose que le compulsif denacounacal, se lever, ou faire qu’on se lève. Ainsi decimoucimi, mourir, on faitcimzah, faire mourir ou tuer, detzic, obéir,tziczah, faire ou forcer à obéir, etc.[24].
Terminons cet abrégé par quelques observations rapides: les particulescaethesont alternativement conjonction et pronoms relatifs. Ex.:Ma in kat ca a cambez, je ne veux pas que tu enseignes.—Ohelté he Pedro cimi, sache que Pierre est mort, etc.
Observons encore que la lettret(probablement pourtinouten) est préposée d’ordinaire au prétérit de la première conjugaison pour le distinguer de l’impératif. Ex.:t’nacen, je me suis levé.
Le changement de l’i, dans certains verbe enci, en modifie le sens de cette manière.Cimi in ná, ma mère est morte;cimci in ná, depuis que ma mère mourut.
Ten ci inouten cinétait souvent substituée àin cah, je suis, dans les verbes neutres et dans ces verbes commençant par une voyelle, le pronominpouvait être supprimé de cette manière:Ten cualic, je le dis.
Les syncopes, si fréquentes dans toutes les langues de l’Amériquecentrale, se retrouvent encore ici fort nombreuses et fort variées. Ainsiten tziccechpourten tzicic ech;tzic a yum, pourtzice;cahpourca h, ouca ah, signe du masculin.Cambzicpourcambezic;tlapourtela;tuclepourtucule;zazcobpourzazacob, etc. Comme dans le quiché, avec lequel le maya a de si grandes analogies, on y substituait aussi le pronomuàinpossessif devant une voyelle, et l’on disaitti u’otoch, à ma maison, au lieu deti inoutin otoch, etc.
Ces notions, quelque rapides qu’elles soient, suffiront avec les prières que nous joignons ici pour donner au lecteur une idée de la langue maya et lui permettre d’en faire la comparaison avec celles de l’Amérique centrale que nous lui avons déjà fait connaître: nous aurions étendu encore ces notions, si les éléments en eussent été à notre disposition. Avec le vocabulaire abrégé que nous faisons suivre, nous complétons notre travail sur le Yucatan, en attendant que des documents nouveaux ou une exploration dans cette péninsule si digne d’intérêt nous permette d’en dire davantage.
LETI H C YUM.Il c Yum, ca yanéech ti le caanoob, cilichcuntabac a kaba, talac ti c toon a ahauil, mentabac a uolah bay tile luum hebic ti le caan: leti c uah ti amalkinil c ɔatoon behelé, iix c zatez c toon c paxoob, bay hebic c toon c zaat-zicoob ti ahppaxoob c tooné: Iix ma a ppaticoon lubul ti tuntabul kaz, hebac tocoon ti lobil. Bay layac.
Il c Yum, ca yanéech ti le caanoob, cilichcuntabac a kaba, talac ti c toon a ahauil, mentabac a uolah bay tile luum hebic ti le caan: leti c uah ti amalkinil c ɔatoon behelé, iix c zatez c toon c paxoob, bay hebic c toon c zaat-zicoob ti ahppaxoob c tooné: Iix ma a ppaticoon lubul ti tuntabul kaz, hebac tocoon ti lobil. Bay layac.
L’ORAISON DOMINICALE.Notre Père qui es au ciel, que ton nom soit sanctifié, que ton règne nous arrive, que ta volonté soit faite sur la terre comme dans le ciel: donne-nous notre pain quotidien et pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés: Et ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du mal. Ainsi soit-il[25].
Notre Père qui es au ciel, que ton nom soit sanctifié, que ton règne nous arrive, que ta volonté soit faite sur la terre comme dans le ciel: donne-nous notre pain quotidien et pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés: Et ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du mal. Ainsi soit-il[25].
LETI TÉEZ DIOS MARIA.TéezDiosMaria, chupech tigracia,leti c Yumil lay a uicnal; cici-thanhanech ichil le xçhuplaloob: Iix u cici-thanbilil leti u ɔa-ich ti a nak Jesus. Cilich Maria, u naDiosokoltbanen tioklal c’toon ah-kebanoob behelé iix tile uorailti cimilé. Bay layac.
TéezDiosMaria, chupech tigracia,leti c Yumil lay a uicnal; cici-thanhanech ichil le xçhuplaloob: Iix u cici-thanbilil leti u ɔa-ich ti a nak Jesus. Cilich Maria, u naDiosokoltbanen tioklal c’toon ah-kebanoob behelé iix tile uorailti cimilé. Bay layac.
LA SALUTATION ANGÉLIQUE.Je te salue, Marie[26], pleine de grâce, le (notre) Seigneur est avec toi; bénie tu es entre toutes les femmes: Et béni le fruit de ton ventre, Jésus. Sainte Marie, mère de Dieu, prie pour nous, pécheurs, maintenant et à l’heure de la mort. Ainsi soit-il.
Je te salue, Marie[26], pleine de grâce, le (notre) Seigneur est avec toi; bénie tu es entre toutes les femmes: Et béni le fruit de ton ventre, Jésus. Sainte Marie, mère de Dieu, prie pour nous, pécheurs, maintenant et à l’heure de la mort. Ainsi soit-il.
LETI IN UOCZICUOL TI DIOS.In uoczicuol tiDiosYumbil yuchucil-zinil, ah-zihzahul ti le caan iix ti le luuni, iix ti Jesu-Cristo, ú ppel mehen, h c Yum, ca hiçhnaktabhi tioklal u meihul ti le Espiritu-Santo. Iix zihi ti cilich zuhuy Maria: Tu manzah numia yalan ti le u yuchucil Poncio Pilato: zinlahi ti cruz, t’ cimi iix t’ muuci; t’ emi ti le metnaloob, iix ti yoxppel kinil caputcuxlahi ti ichil le cimenoob; t’ naci ti le caanoob iix yan culaan ti le u nooh Dios Yumbil yuchucil-zinil; tac tilo bin yanac u talel ti u çhaic nuucul cuxtal ti le cuxanoob, iix ti le cimenoob. Yn uoczicuol ti leti Espiritu-Santo, le cilichIglesia catolica, le u etmalkam ti lesantoob, leti u zahat-zahul ti le kebanoob, le caputcuxtal ti le bakel, iix le cuxtal maxulunté. Bay layac.
In uoczicuol tiDiosYumbil yuchucil-zinil, ah-zihzahul ti le caan iix ti le luuni, iix ti Jesu-Cristo, ú ppel mehen, h c Yum, ca hiçhnaktabhi tioklal u meihul ti le Espiritu-Santo. Iix zihi ti cilich zuhuy Maria: Tu manzah numia yalan ti le u yuchucil Poncio Pilato: zinlahi ti cruz, t’ cimi iix t’ muuci; t’ emi ti le metnaloob, iix ti yoxppel kinil caputcuxlahi ti ichil le cimenoob; t’ naci ti le caanoob iix yan culaan ti le u nooh Dios Yumbil yuchucil-zinil; tac tilo bin yanac u talel ti u çhaic nuucul cuxtal ti le cuxanoob, iix ti le cimenoob. Yn uoczicuol ti leti Espiritu-Santo, le cilichIglesia catolica, le u etmalkam ti lesantoob, leti u zahat-zahul ti le kebanoob, le caputcuxtal ti le bakel, iix le cuxtal maxulunté. Bay layac.
LE SYMBOLE DES APÔTRES.Je crois en Dieu le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui a été conçu (par l’œuvre) du Saint-Esprit et né de la (sainte) vierge Marie: Qui a souffert (éprouvé des souffrances) sous Ponce-Pilate: a été mis en croix, est mort, a été enseveli; est descendu aux enfers, et le troisième jour est ressuscité d’entre les morts; est monté aux cieux et est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, d’où il viendra juger (prononcer la sentence) les vivants et les morts. Je crois au Saint-Esprit, à la sainte Église catholique, la communion des saints, la rémision des péchés, la résurrection de la chair, la vie éternelle. Ainsi soit-il.
Je crois en Dieu le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui a été conçu (par l’œuvre) du Saint-Esprit et né de la (sainte) vierge Marie: Qui a souffert (éprouvé des souffrances) sous Ponce-Pilate: a été mis en croix, est mort, a été enseveli; est descendu aux enfers, et le troisième jour est ressuscité d’entre les morts; est monté aux cieux et est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, d’où il viendra juger (prononcer la sentence) les vivants et les morts. Je crois au Saint-Esprit, à la sainte Église catholique, la communion des saints, la rémision des péchés, la résurrection de la chair, la vie éternelle. Ainsi soit-il.
FIN DE LA GRAMMAIRE.
NOTES[1]Voir plus hautRelacion de las Cosas de Yucatan, page 96.[2]Francisco Gabriel de San-Bonaventura écrivit unArte de el idioma maya, imprimé à Mexico en 1580, in-8ᵒ. L’ouvrage de Beltran porte le titre suivant:Arte de el idioma maya, reducido a succinctas reglas y semi-lexicon Yucateco, Mexico, por Bernardo de Hogal, 1746, 4ᵒ.[3]Gramatica Yucateca, por el P. Fr. Joaquin Ruz, formada para la instruccion de los indigenas, sobre el compendio de D. Diego Narciso Herranz y Quiros, Merida de Yucatan, por Rafael Pedrera, 1844, in-12.[4]La lettreh, dans les ouvrages modernes, où elle est précédée de la lettret, est toujours barrée par le haut, pour indiquer un son différent duthanglais; nous n’en avons pas mis ici, n’en voyant pas la nécessité: il suffit de savoir que cetha un son qu’on ne peut apprendre que par l’usage.[5]La lettreéà la fin des noms est un signe du vocatif, comme dans plusieurs autres langues de l’Amérique.[6]Ce que nous avons dit pour la langue quiché et ses dialectes, nous le répétons ici pour le maya, où le sonxouixexprime le féminin, exactement comme lesheanglais. Ce même son, placé devant certains noms de choses ou d’animaux, en modifie aussi la qualité dans un sens d’infériorité. Voir maGrammaire de la langue quiché, pages 4 et 5.[7]Ainsiixok, femme, dans le quiché, indique le sexe de l’animal;coh, lion,ixok-coh, lionne; de même encore en anglais ashe-lion, une lionne.[8]Dans le quiché, le pluriel se forme généralement par l’addition des voyelles,ab,ib, etc.[9]C’est ainsi que dans la grammaire et les sermons du père Joaquin Ruz, l’adjectif, par une corruption espagnole et contraire au génie de la langue maya et des langues congénères, se trouve le plus souvent après le nom qu’il qualifie.[10]Très-commune encore dans les sermons de Ruz.[11]On peut remarquer encore ici la ressemblance qui existe entre la formation du verbe réfléchi et du verbe passif.[12]Voir maGrammaire de la langue quichée, page 95.[13]On peut voir dans la mêmeGrammaire quichée, page 42, ce qui se dit au sujet deca, verbe substantifêtrequ’on retrouve dans le quiché, dans le nahuatl ou mexicain, dans le quichua, etc.[14]Rambles in Yucatan, p. 244.[15]Ce qui montre combien ces distinctions de Ruz sont vaines, c’est qu’après avoir établi par exemple que la première conjugaison fait l’infinitif enal, et la seconde enic, donne précisément à celle-ci, en la conjuguant, la même terminaison enal, et fait l’infinitifzahtáal.[16]Dans Ruz les pronoms personnels du prétérit défini sont ceux de la première classe ci-dessus comme dans l’indicatif présent decambezic, à l’exception toutefois de la troisième personne singulière et plurielle qui estletile,letileoob, au lieu delayet deloob.[17]La finaleidansnaciparaît n’être qu’une forme de pronom de la troisième personne transformée deueni, comme on le voit par l’yqui précède actuellement un grand nombre de mots commençant par une voyelle, et qui n’est autre chose que le pronom ou l’article possessifu, devenu partie intégrante du mot auquel il est joint.[18]Ɔoc, ɔoci, ɔooc ou ɔooci signifient ici une chose finie, terminée; ils appartiennent probablement à un verbe ayant ce sens. Ainsi en disantten ɔoc u yantali, c’est comme si l’on disait, je finis l’ayant ou mon avoir, etc.[19]Taan u zahtic, craignant et mot à mot, actuellement ou présentement sa crainte.[20]Le monosyllabehisemble lui-même être un ancien verbe avoir comme lehabouhabidu quiché; ce qui expliquerait parfaitement le verbe dans ce cas:ten yan hi, je ai eu;hiserait donc le passé dehé, autre présent qu’on retrouve aussi dans la grammaire de Ruz pour exprimer le futur du verbebinel, aller. Ainsi, au lieu de direbin,binel, j’irai, il dit làten he in binel, j’irai, et mot à mot j’ai mon aller: or, l’infinitif de ce verbe ne serait autre quehalqui, suivant Beltran, sert à composer les verbes exprimant identification d’une personne ou d’une chose avec une autre, ainsi qu’on le verra plus loin.[21]Les voyelles doublesaa,ee,oo, qui ne sont quea,eouo, longs, deviennent souvent brèves en composition; c’est ce que le lecteur ne devra jamais oublier en lisant des livres en langue maya.[22]Voir son exposé du la grammaire de Beltran dans le vol. I. desTransactions of the American Ethnological Society,New-York, 1845.[23]Grammaire de la langue quichée, page 109.[24]Grammaire de la langue quichée, page 119.[25]Il y a dans cette traduction de l’oraison dominicale une abondance d’articles et de propositions qui n’existe pas dans celle qui fut composée au commencement de la domination espagnole, plus simple, mais bien plus énergique et plus conforme à l’ancien génie maya.[26]En espagnol il y a:Dios te salve, Maria, qui est bien moins expressif et moins vrai queAve Maria; Ruz a suivi l’espagnol dans sa traduction, mettant le motDiospour Dieu,graciapour grâce etorailpour heure. Il est remarquable et curieux à la fois d’observer combien, en Amérique, les Espagnols qui se donnent pour si parfaitement catholiques, ont modifié à leur manière et souvent altéré les prières si simples et si belles de l’Église catholique romaine.
[1]Voir plus hautRelacion de las Cosas de Yucatan, page 96.
[1]Voir plus hautRelacion de las Cosas de Yucatan, page 96.
[2]Francisco Gabriel de San-Bonaventura écrivit unArte de el idioma maya, imprimé à Mexico en 1580, in-8ᵒ. L’ouvrage de Beltran porte le titre suivant:Arte de el idioma maya, reducido a succinctas reglas y semi-lexicon Yucateco, Mexico, por Bernardo de Hogal, 1746, 4ᵒ.
[2]Francisco Gabriel de San-Bonaventura écrivit unArte de el idioma maya, imprimé à Mexico en 1580, in-8ᵒ. L’ouvrage de Beltran porte le titre suivant:Arte de el idioma maya, reducido a succinctas reglas y semi-lexicon Yucateco, Mexico, por Bernardo de Hogal, 1746, 4ᵒ.
[3]Gramatica Yucateca, por el P. Fr. Joaquin Ruz, formada para la instruccion de los indigenas, sobre el compendio de D. Diego Narciso Herranz y Quiros, Merida de Yucatan, por Rafael Pedrera, 1844, in-12.
[3]Gramatica Yucateca, por el P. Fr. Joaquin Ruz, formada para la instruccion de los indigenas, sobre el compendio de D. Diego Narciso Herranz y Quiros, Merida de Yucatan, por Rafael Pedrera, 1844, in-12.
[4]La lettreh, dans les ouvrages modernes, où elle est précédée de la lettret, est toujours barrée par le haut, pour indiquer un son différent duthanglais; nous n’en avons pas mis ici, n’en voyant pas la nécessité: il suffit de savoir que cetha un son qu’on ne peut apprendre que par l’usage.
[4]La lettreh, dans les ouvrages modernes, où elle est précédée de la lettret, est toujours barrée par le haut, pour indiquer un son différent duthanglais; nous n’en avons pas mis ici, n’en voyant pas la nécessité: il suffit de savoir que cetha un son qu’on ne peut apprendre que par l’usage.
[5]La lettreéà la fin des noms est un signe du vocatif, comme dans plusieurs autres langues de l’Amérique.
[5]La lettreéà la fin des noms est un signe du vocatif, comme dans plusieurs autres langues de l’Amérique.
[6]Ce que nous avons dit pour la langue quiché et ses dialectes, nous le répétons ici pour le maya, où le sonxouixexprime le féminin, exactement comme lesheanglais. Ce même son, placé devant certains noms de choses ou d’animaux, en modifie aussi la qualité dans un sens d’infériorité. Voir maGrammaire de la langue quiché, pages 4 et 5.
[6]Ce que nous avons dit pour la langue quiché et ses dialectes, nous le répétons ici pour le maya, où le sonxouixexprime le féminin, exactement comme lesheanglais. Ce même son, placé devant certains noms de choses ou d’animaux, en modifie aussi la qualité dans un sens d’infériorité. Voir maGrammaire de la langue quiché, pages 4 et 5.
[7]Ainsiixok, femme, dans le quiché, indique le sexe de l’animal;coh, lion,ixok-coh, lionne; de même encore en anglais ashe-lion, une lionne.
[7]Ainsiixok, femme, dans le quiché, indique le sexe de l’animal;coh, lion,ixok-coh, lionne; de même encore en anglais ashe-lion, une lionne.
[8]Dans le quiché, le pluriel se forme généralement par l’addition des voyelles,ab,ib, etc.
[8]Dans le quiché, le pluriel se forme généralement par l’addition des voyelles,ab,ib, etc.
[9]C’est ainsi que dans la grammaire et les sermons du père Joaquin Ruz, l’adjectif, par une corruption espagnole et contraire au génie de la langue maya et des langues congénères, se trouve le plus souvent après le nom qu’il qualifie.
[9]C’est ainsi que dans la grammaire et les sermons du père Joaquin Ruz, l’adjectif, par une corruption espagnole et contraire au génie de la langue maya et des langues congénères, se trouve le plus souvent après le nom qu’il qualifie.
[10]Très-commune encore dans les sermons de Ruz.
[10]Très-commune encore dans les sermons de Ruz.
[11]On peut remarquer encore ici la ressemblance qui existe entre la formation du verbe réfléchi et du verbe passif.
[11]On peut remarquer encore ici la ressemblance qui existe entre la formation du verbe réfléchi et du verbe passif.
[12]Voir maGrammaire de la langue quichée, page 95.
[12]Voir maGrammaire de la langue quichée, page 95.
[13]On peut voir dans la mêmeGrammaire quichée, page 42, ce qui se dit au sujet deca, verbe substantifêtrequ’on retrouve dans le quiché, dans le nahuatl ou mexicain, dans le quichua, etc.
[13]On peut voir dans la mêmeGrammaire quichée, page 42, ce qui se dit au sujet deca, verbe substantifêtrequ’on retrouve dans le quiché, dans le nahuatl ou mexicain, dans le quichua, etc.
[14]Rambles in Yucatan, p. 244.
[14]Rambles in Yucatan, p. 244.
[15]Ce qui montre combien ces distinctions de Ruz sont vaines, c’est qu’après avoir établi par exemple que la première conjugaison fait l’infinitif enal, et la seconde enic, donne précisément à celle-ci, en la conjuguant, la même terminaison enal, et fait l’infinitifzahtáal.
[15]Ce qui montre combien ces distinctions de Ruz sont vaines, c’est qu’après avoir établi par exemple que la première conjugaison fait l’infinitif enal, et la seconde enic, donne précisément à celle-ci, en la conjuguant, la même terminaison enal, et fait l’infinitifzahtáal.
[16]Dans Ruz les pronoms personnels du prétérit défini sont ceux de la première classe ci-dessus comme dans l’indicatif présent decambezic, à l’exception toutefois de la troisième personne singulière et plurielle qui estletile,letileoob, au lieu delayet deloob.
[16]Dans Ruz les pronoms personnels du prétérit défini sont ceux de la première classe ci-dessus comme dans l’indicatif présent decambezic, à l’exception toutefois de la troisième personne singulière et plurielle qui estletile,letileoob, au lieu delayet deloob.
[17]La finaleidansnaciparaît n’être qu’une forme de pronom de la troisième personne transformée deueni, comme on le voit par l’yqui précède actuellement un grand nombre de mots commençant par une voyelle, et qui n’est autre chose que le pronom ou l’article possessifu, devenu partie intégrante du mot auquel il est joint.
[17]La finaleidansnaciparaît n’être qu’une forme de pronom de la troisième personne transformée deueni, comme on le voit par l’yqui précède actuellement un grand nombre de mots commençant par une voyelle, et qui n’est autre chose que le pronom ou l’article possessifu, devenu partie intégrante du mot auquel il est joint.
[18]Ɔoc, ɔoci, ɔooc ou ɔooci signifient ici une chose finie, terminée; ils appartiennent probablement à un verbe ayant ce sens. Ainsi en disantten ɔoc u yantali, c’est comme si l’on disait, je finis l’ayant ou mon avoir, etc.
[18]Ɔoc, ɔoci, ɔooc ou ɔooci signifient ici une chose finie, terminée; ils appartiennent probablement à un verbe ayant ce sens. Ainsi en disantten ɔoc u yantali, c’est comme si l’on disait, je finis l’ayant ou mon avoir, etc.
[19]Taan u zahtic, craignant et mot à mot, actuellement ou présentement sa crainte.
[19]Taan u zahtic, craignant et mot à mot, actuellement ou présentement sa crainte.
[20]Le monosyllabehisemble lui-même être un ancien verbe avoir comme lehabouhabidu quiché; ce qui expliquerait parfaitement le verbe dans ce cas:ten yan hi, je ai eu;hiserait donc le passé dehé, autre présent qu’on retrouve aussi dans la grammaire de Ruz pour exprimer le futur du verbebinel, aller. Ainsi, au lieu de direbin,binel, j’irai, il dit làten he in binel, j’irai, et mot à mot j’ai mon aller: or, l’infinitif de ce verbe ne serait autre quehalqui, suivant Beltran, sert à composer les verbes exprimant identification d’une personne ou d’une chose avec une autre, ainsi qu’on le verra plus loin.
[20]Le monosyllabehisemble lui-même être un ancien verbe avoir comme lehabouhabidu quiché; ce qui expliquerait parfaitement le verbe dans ce cas:ten yan hi, je ai eu;hiserait donc le passé dehé, autre présent qu’on retrouve aussi dans la grammaire de Ruz pour exprimer le futur du verbebinel, aller. Ainsi, au lieu de direbin,binel, j’irai, il dit làten he in binel, j’irai, et mot à mot j’ai mon aller: or, l’infinitif de ce verbe ne serait autre quehalqui, suivant Beltran, sert à composer les verbes exprimant identification d’une personne ou d’une chose avec une autre, ainsi qu’on le verra plus loin.
[21]Les voyelles doublesaa,ee,oo, qui ne sont quea,eouo, longs, deviennent souvent brèves en composition; c’est ce que le lecteur ne devra jamais oublier en lisant des livres en langue maya.
[21]Les voyelles doublesaa,ee,oo, qui ne sont quea,eouo, longs, deviennent souvent brèves en composition; c’est ce que le lecteur ne devra jamais oublier en lisant des livres en langue maya.
[22]Voir son exposé du la grammaire de Beltran dans le vol. I. desTransactions of the American Ethnological Society,New-York, 1845.
[22]Voir son exposé du la grammaire de Beltran dans le vol. I. desTransactions of the American Ethnological Society,New-York, 1845.
[23]Grammaire de la langue quichée, page 109.
[23]Grammaire de la langue quichée, page 109.
[24]Grammaire de la langue quichée, page 119.
[24]Grammaire de la langue quichée, page 119.
[25]Il y a dans cette traduction de l’oraison dominicale une abondance d’articles et de propositions qui n’existe pas dans celle qui fut composée au commencement de la domination espagnole, plus simple, mais bien plus énergique et plus conforme à l’ancien génie maya.
[25]Il y a dans cette traduction de l’oraison dominicale une abondance d’articles et de propositions qui n’existe pas dans celle qui fut composée au commencement de la domination espagnole, plus simple, mais bien plus énergique et plus conforme à l’ancien génie maya.
[26]En espagnol il y a:Dios te salve, Maria, qui est bien moins expressif et moins vrai queAve Maria; Ruz a suivi l’espagnol dans sa traduction, mettant le motDiospour Dieu,graciapour grâce etorailpour heure. Il est remarquable et curieux à la fois d’observer combien, en Amérique, les Espagnols qui se donnent pour si parfaitement catholiques, ont modifié à leur manière et souvent altéré les prières si simples et si belles de l’Église catholique romaine.
[26]En espagnol il y a:Dios te salve, Maria, qui est bien moins expressif et moins vrai queAve Maria; Ruz a suivi l’espagnol dans sa traduction, mettant le motDiospour Dieu,graciapour grâce etorailpour heure. Il est remarquable et curieux à la fois d’observer combien, en Amérique, les Espagnols qui se donnent pour si parfaitement catholiques, ont modifié à leur manière et souvent altéré les prières si simples et si belles de l’Église catholique romaine.