IISAUL LE VOYANT

Il est midi ; l’heure où, assis à l’entrée de sa tente, Abraham vit tout d’un coup les trois hommes debout devant lui, l’heure où Jésus vint s’asseoir, n’en pouvant plus, sur la margelle de la fontaine, et dit à la femme qui puisait : « Donne-moi à boire. »

Un nuage poudreux chemine au long de la route, entre des rocs brillants comme des cônes de sel. Voici la caravane se hâtant vers Damas. Des lignes confuses de verdure, au pied de collines fauves, jaillissent là-bas, du côté d’où souffle l’aquilon : les vergers dont la ville est ceinte ! Depuis une semaine on marche. Enfin, c’est la douceur du terme proche, la fraîcheur de l’eau humée dans l’air dévorant. Les âniers pressent leurs bêtes ; les ombres des chameaux porteurs de bagages se balancent moins lentes sur la poussière qui brûle les yeux.

Escorté par des gens de police, bâtons en mains, Saul allonge le pas. Petit[94], mais impétueux, décisif, il s’avance, comme César, le capitaine, d’une allure qui entraînerait derrière lui une armée. Sent-il le poids du soleil sur sa tête ? Cet empire du feu qu’il traverse, ce désert dont les roches semblent vibrer sous le choc des rayons, ce mirage des vaines splendeurs existe à peine pour son regard. En découvrant les murailles de Damas, se souvient-il qu’au temps d’Abraham déjà, cette ville, patrie d’Éliézer, était un des grands caravansérails de l’Orient ? Oui, peut-être ; mais l’idée qui le tyrannise emporte dans sa frénésie toute notion des faits lointains.

[94]LesActes apocryphes de Paul, chapitreIII, ont établi sur sa personne physique une légende dont certains traits peuvent être réels : « [Onésiphore] vit venir un homme petit de taille, à la tête chauve, aux jambes un peu arquées, aux genoux saillants ; il avait de longs yeux, des sourcils joints, un nez légèrement bombé, plein de grâce ».

[94]LesActes apocryphes de Paul, chapitreIII, ont établi sur sa personne physique une légende dont certains traits peuvent être réels : « [Onésiphore] vit venir un homme petit de taille, à la tête chauve, aux jambes un peu arquées, aux genoux saillants ; il avait de longs yeux, des sourcils joints, un nez légèrement bombé, plein de grâce ».

A Damas, il le sait, une église nazaréenne entretient le scandale de son désordre insolent. De là, elle peut essaimer, par Antioche, jusqu’en Cilicie. Saul va mettre la main sur elle ; il saura les noms des apostats ; une lettre scellée du sceau de Caïphe lui confère le mandat de les appréhender ; il les ramènera, solidement liés, à Jérusalem où le sanhédrin fera de leur bande haute et prompte justice.

Saul est heureux comme un sanglier se ruant contre la haie qu’il est sûr d’enfoncer. Une gaîté furibonde précipite sa marche ; on démêlerait en ses yeux l’ironie du vainqueur, à l’instant où iltientl’ennemi.

Brusquement, telle qu’un éclair, du ciel sans ombre, une clarté s’abat sur lui, le renverse. Une voix distante et terrible, une voix de commandement qui roule comme le tonnerre, appelle d’en haut : Saul ! Tout près, et plus basse, semblable à un reproche plein de compassion, la voix répète : Saul ! Et Saul, rouvrant ses paupières crispées de terreur, aperçoit, debout sur la route, au milieu d’un brasier de gloire, quelqu’un, plus qu’un homme, leFils de l’homme, celui qu’Ézéchiel et Daniel ont vu, habillé de lin, avec une face plus ardente que la foudre et des bras semblables à de l’airain blanc dans une fournaise. Mais, de sa tête, des paumes trouées de ses mains, de ses pieds lumineux partent comme des flammes vermeilles, et il montre à Saul, dans son côté, la plaie rouge d’un fer de lance.

Éperdu, prostré, Saul cache son visage en pleine poussière ; il sent que, si l’Inconnu se manifestait davantage, il serait, sous la vision, réduit en cendres. Mais le Seigneur, avec son éternelle mansuétude, se penche vers lui, condescend à l’interroger ; il lui demandeses raisons:

— Pourquoi me persécutes-tu ?

Saul ne réplique point : « En quoi vous ai-je persécuté ? Je vous ignorais. » Dans une intuition fulgurante, il pressent qui est l’Inconnu. En même temps qu’il reste atterré, une lumière l’immerge au dedans comme au dehors. Un souffle de feu touche ses lèvres et lui rend la force de parler.

Que va-t-il répondre ? Sera-ce le cri de sa douleur et de sa componction ? Eh bien ! non. Il veutsavoir, et il questionne :

— Qui êtes-vous, Seigneur ?

Audace inouïe ! Le néant demande son nom à l’Omnipotence ; il ne consent pas à se soumettre sans motif. Comme c’est Paul tout entier ! Le sursaut de la volonté intelligente, la réaction du Moi devant Dieu même ! Il se donnera désormais à Lui, puisqu’il l’appelle :Seigneur. Seulement, il faut que le Seigneur atteste son identité. De même que Jacob étreint par l’Ange, Saul se débat jusqu’à ce qu’il ait l’évidence de sa défaite, et il ne se reconnaît pas vaincu simplement parce que son Maître est le plus fort, mais parce qu’il a compris.

L’Inconnu daigne se nommer ; il s’explique dans la langue araméenne, celle dont Jésus, comme Paul, avait l’accoutumance :

— Je suis Jésus le Nazaréen que tu persécutes.

Deux fois il profère ces mots :Tu me persécutes.Le Juge se révèle en tant que victime ; il accuse et il pardonne immensément. Saul, tout d’un coup, perçoit une vérité qui sera le viatique de son âme : le Christ et ses disciples ne font qu’un. Il est transpercé de remords, et pourtant une surabondance d’espoir le ranime. Quelque chose d’inénarrable, en une seconde, l’a bouleversé, transformé. Il était toute haine ; il devient tout amour. Au delà des images tangibles le mystère se communique à lui. Mais cette révélation ne l’anéantit pas dans l’extase. Sur-le-champ il rebondit pour agir :

— Que dois-je faire, Seigneur ? demande-t-il avec la simplicité de l’obéissance.

Le Seigneur lui dit :

— Lève-toi ; entre dans la ville, et on te dira ce que tu dois faire.

Saul se relève, étourdi, tel qu’un homme stupide. La vision a disparu ; et maintenant ses yeux ouverts ne voient plusrien. Il lui semble que des écailles noires se sont collées à ses deux prunelles. Il tâtonne, sous le soleil ardent, comme dans la nuit. Où sont ses compagnons ? Il les appelle ; des voix sourdes lui répondent. Accroupis la tête basse, ou prosternés, figés par l’épouvante, ces témoins attendaient, sans savoir quoi, la mort peut-être. La Lumière terrible les a, eux aussi, jetés à terre ; ils ont entendu gronder une voix.Quelqu’unétait là ; mais ils n’ont vu personne. Ce passage de l’Invisible les a plus terrifiés qu’une vision.

Ils regardent avec effroi leur chefaveugle. Quel Ange, quel Esprit l’a visité ? Il tend la main pour qu’on le mène, comme un enfant, comme un captif, comme un de ces mendiants aux yeux morts qu’on promène par les rues des villes.

C’est ainsi que Saul fait son entrée dans Damas.

L’événement de l’apparition avait duré quelques secondes. Mais ce prodige était,est, une chose plus importante que la création d’un univers. Sauf l’Incarnation et la Résurrection du Christ, rien de plus grand n’est arrivé dans l’histoire humaine.

Du fait lui-même lesActes[95]consignent trois récits. Les divergences que la critique négative s’est acharnée à grossir entre eux portent sur des nuances qu’il est facile d’harmoniser. Dans le premier, les compagnons « se tiennent muets de stupeur, entendant le son d’une voix, mais ne voyant personne ». Dans le second,ils voientla lumière, mais ne saisissent pas les paroles.

[95]IX, 1-9 ;XXII, 5-11 ;XXVI, 12-18.

[95]IX, 1-9 ;XXII, 5-11 ;XXVI, 12-18.

Le troisième amplifie davantage les paroles de Jésus. Après avoir dit : « Pourquoi me persécutes-tu ? » il ajoute : « C’est dur pour toi de ruer contre l’aiguillon. » Et, plus loin :

« Je me suis montré à toi, pour me préparer en toi un serviteur, un témoin des choses que tu as vues et de celles où je t’apparaîtrai, te retirant du peuple juif et des nations à qui je t’envoie, pour leur ouvrir les yeux, afin qu’ils se tournent des ténèbres à la lumière et du pouvoir de Satan vers Dieu, et qu’ainsi ils obtiennent rémission de leurs péchés, et une part entre les sanctifiés, grâce à la foi en moi. »

Paul, dans le troisième récit, paraît synthétiser les paroles qu’il entendit sur la route de Damas et celles qui lui vinrent d’autres révélations, ou qui lui furent transmises par Ananie.

Mais la substance des trois est identique ; l’essentiel des termes s’y réitère sans varier.

LesÉpîtreselles-mêmes font à la rencontre de Damas des allusions décisives[96]. Paul a dû, tant de fois, redire oralement cette histoire qu’il n’éprouvait aucun besoin de la répéter dans ses lettres. Cependant, lorsqu’il écrit aux Corinthiens :

[96]ICor.IX, 1 ;id.XV, 8 ;Gal.I, 12-17.

[96]ICor.IX, 1 ;id.XV, 8 ;Gal.I, 12-17.

« Ne suis-je pas apôtre ? N’ai-je pasvule Seigneur ? » il confirme absolument le témoignage desActes. Il a vu le Seigneur, comme les Apôtres l’ont vu après sa résurrection, c’est-à-dire avec ses plaies transfigurées, avec son visage d’homme glorifié par la présence palpable de l’Être divin. Si Paul ose se dire Apôtre, lui, le dernier, le tard venu, l’avorton[97], c’est parce que Jésus s’est montré en sa forme humaine à ses yeux de chair.

[97]Le mot qu’il emploie signifie avec une extrême force : le fruit qu’une femme enfante par la blessure de l’avortement.

[97]Le mot qu’il emploie signifie avec une extrême force : le fruit qu’une femme enfante par la blessure de l’avortement.

L’authenticité du fait s’impose donc à l’historien comme indiscutable. Seule, l’explication mettra toujours aux prises les exégètes chrétiens et les sceptiques. Pour ceux-ci, la résurrection n’existant pas, et le Christ n’étant pas Dieu, Paul a été la proie d’une hallucination ; il l’a d’abord subie, puis fixée hors de lui en la racontant ; de la sorte elle s’est incorporée à sa foi.

Quel système rationnel rendra compte de cette illusion persévérante, dont nul n’ose mettre en doute la sincérité ?

« Baur, qui avait passé sa vie à éliminer les miracles de l’Évangile, confesse que la conversion de Paul résiste à toute analyse historique, logique ou psychologique. En maintenant un seul miracle, Baur les laisse tous subsister. Il a manqué sa vie[98]. »

[98]Paroles prononcées, en 1860, par Landerer, sur la tombe de Baur (voirPrat,op. cit., t. I, p. 47).

[98]Paroles prononcées, en 1860, par Landerer, sur la tombe de Baur (voirPrat,op. cit., t. I, p. 47).

Holsten se raidit à construire la série des déductions qui avaient dû acheminer Paul au prodige. L’idée fixe avait abouti à l’hallucination. Mais c’était de la géométrie dans l’espace. Son hypothèse ne démentait pas seulement tous les textes ; elle outrageait les possibilités du mécanisme intérieur ; car une série de théorèmes ne mène pas un homme à une vision qu’il croira vraie jusqu’à sa mort.

Pfleiderer supposa dans l’âme de Saul un double mouvement : l’un qui l’aurait animé contre le Christ, l’autre qui l’aurait porté vers lui. Un beau jour,sans vision, la deuxième aurait prévalu.

Renan s’est couvert de ridicule en imaginant un accident physique[99], cause déterminante de la vision et du changement de Paul. Au mépris de ce que l’Apôtre affirme, il lui prête des remords, des doutes sur la perfection de la Loi.

[99]«Il avait, à ce qu’il paraît, les yeux enflammés, peut-être un commencement d’ophtalmie… Peut-être aussi le brusque passage de la plaine dévorée par le soleil aux frais ombrages des jardins détermina-t-il un accès dans l’organisation maladive et gravement ébranlée du voyageur fanatique » (lesApôtres, p. 179). Et il ajoute cette conjecture gratuite, contraire au texte qui mentionne « le grand éclat du soleil » (ActesXXVI, 13) : «Il n’est pas invraisemblablequ’un orage ait éclaté tout d’un coup. »

[99]«Il avait, à ce qu’il paraît, les yeux enflammés, peut-être un commencement d’ophtalmie… Peut-être aussi le brusque passage de la plaine dévorée par le soleil aux frais ombrages des jardins détermina-t-il un accès dans l’organisation maladive et gravement ébranlée du voyageur fanatique » (lesApôtres, p. 179). Et il ajoute cette conjecture gratuite, contraire au texte qui mentionne « le grand éclat du soleil » (ActesXXVI, 13) : «Il n’est pas invraisemblablequ’un orage ait éclaté tout d’un coup. »

Or, M. Loisy le reconnaît, « la critique moderne s’est efforcée bien inutilement de trouver dans le récit même desActesles traces d’un travail psychologique antérieur ».

Mais, à son tour, parce qu’il veut, à tout prix, échapper au miracle, il fabrique un roman peu original — c’est un mélange de Holsten, de Pfleiderer et de Renan — et bat la campagne sans rien expliquer du tout :

« Sa pensée s’était remplie malgré lui de ce Christ qu’il combattait, et,un beau jour, dans une crise psychique, elle le lui imposaen quelque sorteà lui-même par une hallucination assez forte pour déconcerter sa raison, sa volonté, le subjuguer littéralement à l’impression de son rêve…

« La conversion par l’effet de la vision semble avoir été due au travail fébrile et à l’agitation de l’esprit. La foi de Paul s’est élaborée dans des discussions passionnées. A un moment donné elle a faitun bondqui n’est pas la conclusion logique d’observations réfléchies, mais une sorte de révolution, unsautde la foi mystique, occasionné par l’état cérébraldu sujet et relevant de la psychiatrie non moins que la psychologie rationnelle et morale. »

Comme Renan, il suppose chez Saul « un certain manque d’assurance en la Loi, dans sa perfection, dans son efficacité morale, dans sa puissance d’attraction au regard des païens[100]».

[100]Commentaire desActes, p. 399.

[100]Commentaire desActes, p. 399.

Historiquement, ces explications contredisent lesActes, quand ils précisent : « (Saul) ne respirait que menace et meurtre. » Elles contredisent l’affirmation de Paul déclarant aux Galates qu’avant la crise de sa conversion il était plus jalousement que jamais attaché aux traditions pharisiennes.

Sont-elles au moins vraisemblables, selon les possibilités de la vie morale ? On nous présenterait, le christianisme étant hors de cause, ce cas extraordinaire : un homme indigné contre une erreur qu’il croit néfaste, après avoir accepté mission de la détruire par les moyens les plus féroces, a tout d’un coup embrassé la doctrine qu’il détestait ; il l’a prêchée avec une force, une lucidité, une sagesse qui n’ont pas fléchi ; il est mort pour attester qu’il y croyait ; et ce retournement d’une vie tout entière s’est opéré en moins d’une minute, par l’effet d’une simple hallucination.

L’histoire ainsi racontée nous paraîtrait énorme, inconcevable.

En soi, l’hallucination est peu commode à établir. Quand un pareil phénomène se produit, le tableau imaginaire se compose dans le sens où se portait d’elle-même l’imagination. Paul se représentait Jésus comme un faux prophète ; il continuait à l’exécrer, puisqu’il s’acharnait dans son rôle de persécuteur. Si l’idée fixe de sa haine avait provoqué la vision, il aurait vu le Christ sous des traits méprisés, entendu des paroles odieuses. Au lieu de s’humilier et d’obéir, il eût regimbé contre l’obsession.

De même, si des remords l’avaient assailli, il les aurait violemment écartés. Un homme sain d’esprit ne se laisse pas « subjuguer » par une idée qu’il sait fausse, il réagit ; Paul était une nature en perpétuelle réaction. S’est-il, une seule fois, repenti d’être chrétien ?

De toute évidence, pour décider chez lui une révolution sans retour, il fallut un choc extérieur, un événement d’une gravité péremptoire, inoubliable.

« Le transport au cerveau[101]» qu’inventa Renan, les coups de tonnerre que Saul aurait pris pour la voix du Christ sembleraient aujourd’hui de pitoyables hypothèses. Tout au moins Renan avait-il compris la nécessité d’une commotion venue du dehors. Mais, lorsque M. Loisy nous parle « dubond, dusautde la foi mystique », ce sont là batelages d’escamoteur qui nous réduisent à cette insuffisante découverte : Paul s’est converti parce qu’il s’est converti.

[101]« L’éblouissement et le transport au cerveau ne diminuaient pas d’intensité » (p. 189).

[101]« L’éblouissement et le transport au cerveau ne diminuaient pas d’intensité » (p. 189).

Le mot sournois de « psychiatrie » insinue que Paul serait un demi-fou, que sa conversion vint au terme d’une crise morbide. Or, le magnifique équilibre où se meut sa pensée de théologien comme sa vie d’apôtre suffit à renverser pareille supposition.

Confondre la perception du surnaturel avec un état pathologique sera toujours le dernier refuge des scientistes aux abois.

Et quelle vraisemblance d’admettre que sa fois’élaboradans des controverses passionnées ? Le contraire est pratiquement certain ; plus il faisait la guerre à la secte galiléenne, plus il la croyait incompatible avec tout ce qu’il était ; de même que M. Loisy, à mesure qu’il poursuit ses commentaires destructifs des textes sacrés, tourne plus hostilement le dos à la foi. Dans son obstination à démolir le récit desActes, M. Loisy en vient à prétendre que les compagnons de Paul seraient inventés[102]. Il élimine ces témoins gênants ; comme si, en Orient, on voyageait sans escorte, surtout Saul, personnage officiel, exécutant une mission judiciaire, d’où il ramènerait des prisonniers !

[102]Op. cit., p. 400. D’une façon générale, M. Loisy ne paraît pas connaître l’Orient ; il raisonne par déduction ou d’après les livres.

[102]Op. cit., p. 400. D’une façon générale, M. Loisy ne paraît pas connaître l’Orient ; il raisonne par déduction ou d’après les livres.

Mais quittons ces misères. L’apparition de Damas ne permet à la critique négative qu’une attitude ; l’humilité en face de l’inexplicable, le respect de témoignages dont elle n’entamera jamais la puissance.

Ce miracle, le changement total et subit d’une âme, dépasse l’histoire de Paul ; il domine les temps et les peuples, signe authentique de la pitié d’un Dieu qui se fatigue à chercher l’humanité en révolte sur les routes où elle le fuit.

Tout ce que l’Apôtre pourra prêcher aux Juifs et aux gentils — c’est-à-dire à nous — partira de cette expérience indéniable : le Christ est ressuscité ; car je l’ai vu comme je vous vois.


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