Chapter 7

Dura quidem miseris, mors est, mortalibus omnis,At perijsse fame, Res vna miserrima longè est.

Et Auian Marcellin dit,Mortis grauissimum genus, et vltimum malorum fame perire. Ie crois que vous aurés compassion, de ce pauuve Peuple, si on vous le represente, par aduance en l’estat qu’il serait reduit si la faim l’accabloit.

Hirtus erat crinis, cana lumina, pallor in ore,Labia incana siti, scabri rubigine dentes.Dura cutis, per quam spectari viscera possunt.Ossa sub incuruis extabant arida lumbis;Ventus erat, pro ventre locus.

Les Gabaonistes, reuestus d’habits dechirés, et des visages affamés, auec de contenances toutes tristes, firent pitié et compassion au grand Capitaine Iousë, et en cét estar obtiendrent grace et misericorde.

Les Informations et visites qui ont esté faites par vos commandements, vous instruisent suffisamment du dégat que ces animaux ont fait. Ensuite dequoy on a fait les formalités requises et necessaires, ne restant plus maintenant que d’adjuger les fins et conclusions prises par la Requeste des demandeurs, qui sont ciuiles et raisonnables, sur lesquelles il vois plaira de fairé reflection, et à cét effet leur enioindre de quitter le lieu et se retirer dans la place qui leur sera ordonnées en faisant les execrations requises et necessaires, ordonnées par nostre Mere Sainte l’Eglise, à quoy les pauures demandeurs concluent.

Plaidoyer pour les Insectes

Messievrs, dépuis que vous m’aués choisi pour la defense ces pauures bestioles, il vois plaira que je remontre leur droit, et fasse voir que les formalités, qu’on a faites contre elles, sont nulles: m’étonnant fort de la façon qu’on en vse, on donne des plaintes contre elles, comme si elles auoient commis quelque crime, on fait informer du dégat qu’on pretend qu’elles ayent fait, on les fait assigner par-deuant le Juge pour respondre, et comme on sçait qu’elles sont muettes, le Juge voulant suppleer à ce defaut, leur donne vn Aduocat, pour representer en Justice les raisons qu’elles ne peuuent deduire; et parceq; Messieurs, il vous a pleu de me donner la liberté de parler pour les pauures animaux, je diray pour leur defence en premier lieu.

Qve l’adiovrnement laxé contr’elles est nul comme laxé contre des bestes, qui ne peuuent, ny doiuent se presenter en jugement; la raison est, que celuy qu’on appelle, doit estre capable de raison, et doit agir librement, pour pouuoir connoitre vn delict. Or est-il que les animaux estanspriués de cette lumiere qui a esté donnée au seul homme, il faut conclurre par necessaire consequence, que telle procedure est nulle; cecy est tiré de la Loi premieree,ff. si quadrupes, pauper feciss. dicat; et voyci les mots.Nec enim potest animal, iniuriam fecisse, quod sensu caret.

La seconde raison est, que l’on ne peut appeller personne en jugement sans cause; car autrement celuy qui fait adjourner quelqu’vn sans raison, il doit subir la peine portée sous le tiltre des institutsde pœn. tem. litig.Mais ces animaux ne sont obligés par aucune cause, ny en aucune façon,non tenentur enim ex contractu, estans incapables de contracter,neque ex quasi contractu, neque ex stipulatione, neque ex pacto, moinsex delicto, seu quasi; parce que comme il a esté dit cy-deuant, pour commettre vn crime, il faut estre capable de raison, qui ne se rencontre pas aux animaux, qui sont priués de son vsage.

De plus dans la Iustice, on ne doit rien faire qui ne porte coup, la Iustice en cela imitant la Nature; laquelle, comme dit le Philosophe, ne fait rien mal à propos,Deus enim, et Natura nihil operantur frustra. Je laisse à penser quest-ce qu’on pretend de faire ayant adjourné ces bestioles, elles ne viendront pas respondre; car elles sont muettes, elles ne constitueront pas des Procureurs, pour defendre leur cause, moins leur donneront des memoires, pour deduire en jugement, leur raison: Car elles sont priuées de raisonnement, en sorte que tel adjournement ne pouuant auoir aucun effect, est nul. Si donc l’adjournement qui est la base de tous les actes judiciels est nul, le reste comme en dependant, ne pourra subsistercum enim principalis causa non consistat, neque ea quæ consequuntur locum habent.

On dira peut-estre que si bien tels animaux, ne peuuent constituer vn Procureur, pour la defense de leur droict,et instruction de leur cause que le Juge de son office le peut faire, et partant que le fait du Juge, est le fait de la partie. A cela on respond qu’il est vray lors qu’il le fait selon la disposition du droict,In administratione suæ iurisdictionis, mais non pas en ce cas, où la partie n’en pouuait constituer, le Juge aussi, ne le peut faire, cecy est décidé par la glose de la Loy 2ff. de administrat. res ad Civit. pertinent, et pour preuue de cette proposition faite à propos L’axiaume qui ditquod directè fieri prohibetur, per indirectum concedi non debet, cap. tuae de procuratoribus, gloss. c. 1. de consanguinibus, et affinibus. Mais ce que je treuue plus estrange, on pretend faire prononcer contre ces pauures animaux vne Sentence d’Excommunication, d’Anathema et malediction, et à quel sujet vser contre des bestioles qui sont sans defense, du plus rigoureux glaiue que l’Eglise aye en sa main, qui ne punit et ne châtie que les Criminels; ces animaux estans incapables de faire faute, ni peché, parce que pour pecher il faut auoir la lumiere de la raison laquelle dicernant le bien d’auec le mal, nous monstre ce qu’il faut suiure, et ce qu’il faut fuir, et de plus il faut auoir la liberté de prendre l’vn et laisser l’autre.

On vovdra peut-estre dire qu’elles ont manqué en ce qu’elles ne se sont presentées ayant esté adjurnées, et partant que la Contumace et defaut estant vn crime, on peut faire rendre contre elles Sentence Contumaciale, à cause de leur desobeïssance: Mais à cela on respond qu’il ny a point de Contumace, ou il n’y a point d’adjournement, ou du moins qui soit valablequia paria sunt non esse citatum, vel non esse legitimè citatum, ita dd. communiter Bartol., in l. ea quae C. quomodo, etc.

De plus, si on prend garde à la définition de l’Excommunication, on verra qu’on ne peut prononcer telle Sentence contre ces animaux: car l’Excommunication est diteextraEcclesiam positio, vel è qualibet communione, vel è quolibet legitimo actu separatio. Tellement que tels animaux ne peuuent estre dechassés de l’Eglise, n’y ayans jamais esté, d’autant qu’elle est pour les hommes qui ont l’ame raisonnable, non pas pour les brutes, qui ne sont doüées d’aucune raison, et l’Apostre S. Paulad Corinth.5 ditquòd de iis quae foris sunt nihil ad nos quoad Excommunicationem, quia Excommunicare non possumus, l’Excommunicationafficit animam non corpus, nisi per quandam consequentiam, cuius Medicina est, cap. 1,de sentent. Excomm. in6. C’est pourquoy l’ame de ces animaux, n’estant immortelle, elle ne peut estre touchée par telle Sentence,quae vergit in dispendium aeternae salutis.

L’autre raison est,quòd facienti actum permissum non imputatur, id quod sequitur ex illo, licét consecutiuum sit repugnans statuisuo cap.de occidendis23 q. 5 cap.sicut dignum extra de homicid. Ces animaux font vn acte permis mesme par le droit Diuin. Car il est dit dans la Genesefecit Deus bestias terrae iuxta species suas, iumenta, et omne reptile terrae in genere suo dixitque Deus, ecce dedi vobis, omnem herbam afferentem semen super terram, et vniuersa ligna, quae habent in semetipsis sementem generis sui, vt sint vobis in escam; et cunctis animalibus terrae, omnique volucri coeli, vniversis quae mouentur in terris, et in quibus est anima viuens; vt habeat ad vescendum. Que si les fruits de la terre ont esté faits pour les animaux et pour les hommes, il leur est permis d’en manger et prendre leur nourriture, aussi Cicéron dit au premier des Officesprincipio generi omnium animantium est à natura attributum, vt se vitam, corpusque tueantur, quaeque ad vescendum necessaria sunt inquirant. Par ces raison on voit qu’ils n’ont commis aucun delict, ayant fait ce qui leur est permis par le droit Diuin et de Nature, etpar ainsi ils ne peuuent estre punis, ny maudis,cum etiam creaturae intellettuali, et rationali delinquenti seu damnum afferenti, eo quòd secundum solitum facit; non est Angelo licitum maledicere, multo minùs erit licitum homini, veu qu’on lit dans l’Epistre de S. Iude,cum altercaretur Michaël cum Diabolo de corpore Moysis non fuit ausus maledicereCap.Si igitur Michaël, 23.q.3. S. Thomas 2. 2.q.76. dit que de donner des maledictions aux choses irraisonnables, estans Creatures de Dieu s’est peché de blasphemer et de les maudire, les considérans en eux mesmes,est otiosum, et vanum, et per consequens illicitum.

Que si toutes ces raisons ne vous touchent, peut-estre cette-cy vous féra donner les mains, et persuadera à vostre Esprit, qu’on ne peut donner aucune sentence d’Excommunication contre elles ny jetter aucun Anatheme. Car prononçant telle Sentence s’est s’en pendre à Dieu, qui par sa justice le enuoye pour punir les hommes et chastier leurs péchés,immitamque in vos bestias agri quae consumant vos, et pecora vestra, et ad paucitatem cuncta redigant, pouuant dire maintenant ce que Dieu a dit auant le Delugeomnis Caro corrupit viam suam. Et Ouide en ses Metamorphoses voyant que le vice auoit pris le haut bout, Triomphant, et faisant des conquestes par tout, au contraire la vertu estoit abaissée, exilée, et reduite en tel estat qu’elle ne treuuoit aucune demeure parmy les Hommes.

Protinus irrupit venæ prioris in æuum,Omne nefas, fugere pudor, verùmque fidésque,In quorum subiere locum, fraudésque, dolùsque.Insidiæque, et ars, et amor sceleratus habendi,Uiuitur ex rapto, non hospes ab hospite tutus,Non socer à genero, fratrum quoquè gratia rara est,Imminet exitio vir, conjugis, illa maritiLiuida terribiles miscent aconitæ nouercæFilius ante diem, patrios inquirit in annos,Uita iacet pietas, et virgo cæde madentes.Ultima Cilestum, Terras Astrea reliquit.

Par les quelles raisons on voit, que ces animaux sont en nous absolutoires, et doiuent estre mis hors de Cour et de Procès, à quoy on conclud.

Replique des Habitans

Le principal motif qu’on a rapporté pour la deffense de ces animaux, est qu’estans priués de l’vsage de la raison, ils ne sont sommis à aucunes Loix, ainsi que dit le Chapitrecum mulier1. 5. q. l. lal. congruit in fin. et la Loix suiuante.ff. de off. Praesid. sensu enim carens non subjicitur rigori Iuris Ciuilis.Toutesfois, on fera voir que telles Loys ne peuuet militer au fait qui se présente maintenant à juger, car on ne dispute pas de la punition d’vn delict commis; Mais on tasche d’empescher qu’ils n’en commettent par cy-après, et partant ce qui ne seroit loisible à vn crime commis, et permis afin d’empescherne crimen committatur. Cecy ce preuue par la Loycongruitsus cité, où il est dit qu’on ne peut pas punir vn furieux et insensé du crime qu’il a commis pendant sa fureur, parce qu’il ne scait ce qu’il fait, toutesfois on le pourra renfermer et mettre dans des prisons, afin qu’il n’offence personne et pour faire voir combien cét Axiome est vray, ie me sers de l’authorité du Chapitreomnis vtriusque sexus de poenitent. et remiss.ou il est dit qu’on peut deceller ce qu’on a pris si on ne la pas executé, afin d’y rapporter du remede, cette proposition est confirmée par la glosein cap. tua nos ext. de sponsal.qui dit qui si quelqu’vn s’accuse d’auoir Fiancé une fille, par parolles de présent; on pourra deceller ce qui a esté dit, afin que le Mariage se consume. La raison est, qu’ayant espousé telle fille, si on nie de l’auoir fait, et on refuse d’accomplir le Mariage,Videtur esse delictum successiuum, et durare vsque illam acceperit, vt ergo tali delicto obuietur. Il este loisible de publier cequ’on a pris secretement Estant vray par les raisons deduites qu’on a peu adjourner, tels animaux, et que l’adjournement est valable, d’autant qu’il est fait afin qu’ils ne rapportent du dommage d’ores en auant, non pas pour les chastier de celuy qu’ils ont fait. Il reste maintenant de respondre à ce qu’on a aduancé à sçauoir que tels animaux ne peuuent estre Excommuniés, Anathematisés, maudis ny execrés; à cela il semble que se serait doubter de la puissance que Dieu a donné à l’Eglise, l’ayant fait Maitresse de tout l’Vnivers, comme sa chere Espouse, de qui on peut dire, auec le Psalmiste,omnia subiecisti sub pedibus ejus, oues, et boues et omnia quæ mouentur in aquis, et estant conduite par le S. Esprit, ne fait rien que sagement, et s’il y a chose où elle doiue monstrer son pouuoir, c’est à la Conservation du plus parfait ouurage de son Espoux; à sçauoir de l’Homme, qu’il a fait à son Image et semblance,faciamus hominem, ad imaginem, et similitudinem nostramet luy a donné le Gouuernement de toutes les choses créescrescite et multiplicamini et dominamini piscibus maris, volatilibus cœli, et omnibus animantibus Cœli; Aussi Pline en son Liure premier de l’Histoire naturelle ditquod causâ hominis, videtur cuncta alia genuisse natura. Les Jurisconsultes sont d’accord,quod hominis gratia, omnes fructus à natura comparati sunt, l. pecudum. ff. de vsur. et §. partus ancillarum. instit. de rer. diuis.et Ouide descriuant l’excellence de l’Homme parle de la sorte,

Pronaque, cum spectent animalia cæetera terrasOs homini sublime dedit, cælumque tueriIussit, et erectos ad sidera tollere vultus.

et vn autre Poëte,

Nonne vides hominem, vt Celsos ad sidera vultusSustulerit Deus, ac sublimia finxerit ora.Cum pecudes, volucrumque genus, formasque ferarum,Segnem, atque obscænam, passuri strauisset in aluum.

Picus Mirandulanus, en vne de ses Oraison parlant de la grandeur de l’Homme dithominem tantœ excellentiae, ac sublimitatis esse, vt in se omnia continere dicatur, vti Deus, sed diuersimodè, Deus enim omnia in se continet, vti omnium medium principium, homo verò, in se omnia continet, vti omnium medium, quo fit, vt in Deo sint omnia meliore nota, quàm in seipsis, in homine inferiora nobiliori sint conditione, superiora autem degenerent sicut aër, ignis, aqua et terra per verissimam proprietatem naturœ suœ, in crasso hoc, et terreno, hominis corpore, quo nos videmus, hinc etenim nulla creata substantia seruire dedignatur, hinc Terra, et Elementa, huic bruta præesto sunt, famulantur, hinc militat cælum, hinc salutem bonumque procurant Angelicœ mentes.

Et se seroit vne chose, si j’ose dire hors de raison, que celuy pour qui la terre produit tous ces fruits, en fut priué, et que de chétifs animaux, prissent leur norriture, à l’exclusion de l’Homme pour qui ils sont destinés de Dieu. C’est sur ce sujet qu’il ditIncrepabo pro te locustas dummodò posueris de fructibus tuis in horrea mea.

Et pour responce à ce qu’escrit S. Thomas qu’il n’est loisible de maudire tels animaux, si on les considere en eux mesmes, on dit qu’en l’espece qu’on traitte, on ne les considere pas, comme animaux simplement: mais comme apportans du mal aux Hommes, mangeans et détruisans les fruits qui seruent à son soutient, et nourriture.

Mais à quoy, nous arrestons-nous depuis qu’on voit par des exemples infinis que quantité de saints Personnages, ont Excommunié des animaux apportans du dommage aux Hommes. Il suffira d’en rapporter vn pour tout, qui nous est cogneu, et familier, que nous voyonscontinuellement, à sçauoir dans la ville d’Aix, où S. Hugon Euesque de Grenoble Excommuniat les serpens, qui y estaient en quantité à cause des bains chauds de souffre, et d’Alun, qui faisaient vn grand dommage aux Habitans de ce lieu par leur piqueures. De sorte que maintenant si bien les Serpens piquent, quelqu’vn dans le lieu, et confins: Telle piqueure ne fait aucun mal, le venin de ces bestes estant arresté, par le moyen de telle Excommunication, que si quelqu’vn est piqué hors de ce lieu par les mesmes Serpens, la piqueure sera venimeuse et mortelle ainsi qu’on a veu par plusieurs fois. Ie laisse à part quantité de passages de l’Escripture par lesquels on voit que Dieu a donné des maledictions aux choses inanimées, et Creatures sans raison, ainsi qu’on pourra voir auLeuitic. Ch. 26. et Deutheronome 27. Genes. 2.il maudit le SerpentMaledictus es, inter omnia animantia, et bestias Terræ.

De dire, qu’excommuniant, Anathematisant tels animaux, s’est s’en prendre à Dieu, qui les a enuoye pour le chastiment des hommes. A cela on respond que ce n’est pas s’ens prendre à Dieu que de recourir à l’Eglise, et la prier de diuertir, et chasser le mal, qu’il a pleu à sa Diuine Majesté de nous enuoyer, à cause de nos fautes et pechés; au contraire c’est vn acte de Religion que de recourir à elle, lors q’on voit que Dieu leue sa main pour nous frapper.

Conclusion du Procureur Episcopal

Les defenses rapportées par l’Aduocat de ces animaux, contre les Conclusions prises par les Habitans sont considerables qui meritent qu’on les examine meurement; car il ne faut pas ietter le carreau d’Excommunication à la volée, et sans sujet, estant vn foudre qui est siagissant, que s’il ne frappe celuy contre lequel on le jette, il embrase celuy qui le lance. Le discours de cét Aduocat est appuyé sur la règle de Droict, qui dit,qui iussu iudicis aliquid facit, pœnam non meretur, et vrayement c’est le Iuge des Iuges, qui ne laisse rien d’impuny, et qui distribue les peines à l’égal des offences, sans auoir égard à personne, de qui les jugemens nous sont incognus,quàm abscondita iudicia Dei, inuestigabiles viæ ejus. C’est vne Mer profonde d’ont on ne peut découurir le fonds. De dire pourquoy il a enuoyé ces animaux, qui mangent les fruits de la terre: Ce nous sont lettres closes; peut estre veut-il punir ce Peuple, pour auoir fait la sourde oreille aux pauures qui demandoient à leurs portes, estant vn Arrest infaillible, que qui fait aux pauures la sourde oreille, attende de Dieu la pareille.

Ceux qui donnent l’aumosne sont toûjours sous la protection Diuine, aussi S. Gierosme ditnon memini me legisse mala morte mortuum, qui libenter opera charitatis exercuit, habet enim multos intercessores, et impossibile est, multorum preces non exaudiri, et S. Ambrojse parlant de ceux qui donnent l’aumône aux pauures,si non pauisti necasti, pascendò seruare poteras, de mesmes la Loyde lib. agnoscend.repute pour homicide celuy qui denie, et refuse les alimens à ceux qui en ont besoin, et le Prophete Ezechiel, c. 18. parlant de la recompense, que Dieu a destinée à ceux qui font du bien aux pauures,qui panem suum esurienti dederit et nudum operuerit vestimento, justus est, et vità viuet; Lesquelles paroles Eusèbe expliche de la sorte,fregisti esurienti panem tuum, in Coelo vitae pane qui Christus est satiaberis, hic peregrinis domus tua patuit, in domo Angelorum, Ciuis efficieris tu hic trementia membra destijsti, illic liberaberis ab illo frigore, in quo erit fletus, et stridor dentium.

C’est vn acte de Charité, que d’assister le pauures,frange esurienti panem tuum et egenos, vagosque indue in domum tuam, cum videris nudum, operi eum, et carnem tuam ne despexeri, dit Iosuë c. 38. aussi la récompense est asseurée, ainsi qu’escrit S. Mathieu cap. 25.venite Benedicti patris mei, possidete paratum vobis regnum à constitutione mundi; esuriui enim, et dedistis mihi manducare; sitiui, et dedistis mihi bibere; hospes eram et Collegistis me; nudus eram, et operuistis me, amen dico vobis quod vni fecistis ex fratribus meis minimis, mihi fecistis. C’est vne œuure de Misericorde d’auuoir compassion de son prochain, ainsi que dit S. Ambroiselib. 2. off. cap. 28. hoc maximum Misericordiæ, vt compatiamur alienis calamitatibus necessitates aliorum, quantum possumus iuvemus, et plus interdum quàm possumusl’Hospitalité est recommandée par S. Paulhospitalitatem nolite obliuisci, per hanc enim placuerunt quidam, Angelis hospitio receptis, et S. Augustindisce Christiane sine discretione exhibere hospitalitatem, ne fortè cui domum clauseris, cui humanitatem negaueris ipse sit Christus. L’ordinaire recompence qui suit l’aumosne est le centuple,honora Dominum de tua substantia, et de primitiis omnium fructuorum tuorum de pauperibus, et implebuntur horrea tua saturitate et vino torcularia tua redundabunt. Les abismes de la Diuinité ne s’épuisent jamais, pour donner, et le sage Salomon,fæneratur Domino qui miseretur pauperi, et vicissitudinem suam reddet. S. Paul aux Corinthièns Chap. 2. parle de la sorte,qui administrat semen seminanti, et panem ad manducandum præstabit, et multiplicabit semen suum.

Seroit-ce point à cause des irreuerences qu’on commet aux Eglises pendant le service Diuin, ou sans aucun égard à la presence de Dieu,conduntur stupra, tractanturlenocinia, adulteria meditantur, frequentiùs deniquè; in ædituorum cellulis quòd in ipsis lupanaribus flagrans libido defungitur, pour parler auec Tertullien; car c’est là bien souuent où se donne le mot, où se prennent les assignations, où se lancent les meschantes œilliades,Impudicus oculus, impudici cordis est nuncius, dit S. Augustin. Sur tous les arbres et plantes, qui estaient en Ægypte, le péché était consacré à Harpocrates qui prenait soin du langage qu’on deuait tenir aux Dieux, parce que le fruit du peché ressemble au cœur, et la feuille à la langue, inférant de là que ceux qui allaient aux Temples, deuoient penser saintement honestement, et sombrement parler.

Numa Pompilius ne volut pas qu’on assistât au culte Diuin par maniere d’aquit: Mais qu’en quittant toutes choses, on y employat entièrement sa pensée, comme au principal acte de la Religion, et d’actions enuers les Dieux, ne voulant pas mesme pendant le Seruice, qu’on entendit parmy les Ruës aucun bruit, et lors que les Prestres faisoient le Sacrifices et ceremonies, il y auoit des Sergens qui crioent au Peuple que l’on se tue, laissant toute autre œuvre pour estre attentif au Culte.

Que si les Payens ont esté si exats en leur fausse Religion au Culte de leurs Idoles, et imaginaires Diuinités, nous qui sommes Chrestiens, et auons la conoissance du vray Dieu; quel respect ne luy deuons-nous pas porter dans les Eglises, pendant le S. Sacrifice de la Messe et autres Offices Diuins.

Mais si bien Dieu est Iuste iusticier, qui ne laisse rien impuni toutesfois la Iustice ne tient pas si fort le haut bout, que la misericorde, n’y treuue place. Il est autant Misericordieux que Iuste, et s’il enuoit quelques aduersités aux pecheurs et les visite par quelque coup de fouët:C’est pour les aduertir de faire penitence, par le moyen de laquelle ils puissent détourner son courroux, et iuste vengeance, et par ce moyen, ils se puissent reconcilier auec luy, et obtenir ses graces, et pardon de leurs fautes et pechés.

Nous voyons ces habitans la larme à l’œil, qui demandent pardon d’vn cœur contrit de leurs fautes, ayans horreur des crimes commis par le passé, et employent l’assistance de l’Eglise pour les soulager en leurs nécessités, et détourner le Carreau qui leur pend sur la teste, estans menacés d’vne famine insuportable si vous ne prenés leur droit, et cause en protection, et faire déloger ces animaux, qui les menaçent d’vne ruine totale, à quoy nous n’empeschons.

Concluans à cét effect, qu’il plaise de rendre vostre Sentence d’execution contre ces animaux, afin que d’ores en auant ils n’apportent du dommage aux fruits de la terre enjoignans aux Habitans, les Penitences, et Oraisons, à ce conuenables et accoustumées.

La Sentence du Iuge d’Eglise

In nomine Domini amen, visa supplicatione pro parte habitantium loci, nobis officiali in iudicio facta, aduersus Bronchos, seu Erucas, vel alia non dissimilia animalia fructus vinearum eiusdem loci à certis annis, et adhuc hoc praesenti anno, vt fide dignorum Testimonio, et quasi publico Rumore asseritur, cum maximo incolarum loci, et vicinorum locorum incommodo depopulantia, vt praedicta animalia per nos moneantur, et remediis Ecclesiasticis mediantibus compellantur, à territorio dicti loci abire, visisque diligenter, inspectis causis praedictae supplicationis, necnon pro parte, dictarum Erucarum, seu animalium, per certos Conciliarios eosdem, per nosdeputatos, propositis et allegatis, audito etiam super praemissis promotore, ac visâ certâ informatione, et ordinatione nostra, per certum dictae Curiae, Notarium, de damno in vineis, iam dicti loci, per animalia illato. Quoniam, nisi eiusmodi damno, nisi diuina ope succurri posse existimatur attenta praedictorum habitantium, humili, ac frequenti, et importuna requisitione praesertim magnae pristinae vitae errata emendandi per eosdem habitantes, edicto spectaculo, solemniter supplicationum nuper ex nostra ordinatione, factarum prompta exhibitione, et sicut Misericordia Dei, peccatores ad se cum humilitate reuertentes non respuit, ita ipsius Ecclesia eisdem recurrentibus, auxilium seu etiam solatium qualecunque denegare non debet.

Non praedictus, in re quamquam noua, tam fortiter tamen efflagitata Maiorum vestigiis inhaerendo, pro tribunali, sedentes, ac Deum prae oculis habentes, in eius Misericordiâ, ac pietate confidentes, de peritorum consilio, nostram sententiam modo quae sequitur, in his scriptis ferimus.

In nomine, et virtute Dei, Omnipotentis, Patris, et Filij, et Spiritus sancti, Beatissimae Domini nostri Jesu Christi Genetricis Mariae, Authoritateque Beatorum Apostolorum, Petri et Pauli, necnon ea qua fungimur in hac parte, praedictos Bronchos, et Erucas, et animalia praedicta quocunque nomine censeantur, monemus in his scriptis, sub pœnis Maledictionis, ac Anathematisationis, vt infrà sex dies, à Monitione in vim sententiae huius, à vineis, et territoriis huius loci discedant, nullum vlterius ibidem, nec alibi documentum, praestitura, quod si infrà praedictos dies, iam dicta animalia, huic nostrae admonitioni non paruerint, cum effectu. Ipsis sex diebus elapsis, virtute et auctoritate praefatis, illa in his scriptisAnathematizamus, et maledicimus, Ordinantes tamen, et districtè praecipientes, praedictis habitantibus, cuiuscumque gradûs, ordinis, aut conditionis existant, vt faciliùs ab Omnipotente Deo, omnium bonorum largitore, et malorum depulsore, tanti incommodi liberationem, valeant promereri, quatenùs bonis operibus, ac deuotis supplicationibus, iugiter attendentes, de caetero suas decimas, sine fraude secundum loci approbatam consuetudinem persoluant, blasphemiis, et aliis peccatis, praesertim publicis sedulò abstineant.

C

Allegation, replication, and judgment in the process against field-mice at Stelvio in 1519.

KLAG

Schwarz Mining hat sein Klag gesetzt wider die Lutmäuse in der Gestalt, dass diese schädliche Tiere ihnen grossen merklichen Schaden tun, so wurde auch erfolgen, wenn diese schädliche Tiere nit weggeschaft werden, dass sie ire Jarszinse der Grundherrschaft nit nur geben könnten und verursacht wurden hinweg zu ziehen, weil sie solcher Gestalten sich nit wüssten zu ernehren.

ANTWORT

Darauf Grienebner eingedingt, und diese Antwort geben und sein Procurey ins Recht gelegt: er hab diese wider die Tierlein verstanden; es sey aber männiglich bewusst, dass sie allda in gewisser Gewöhr und Nutzen sitzen, darum aufzulegen sei——: Derentwegen er in Hoffnung stehe, man werde ihnen auf heutigen Tage die Nutz und Gewöhr mit keinem Urtel nehmen oder aberkennen. Im Fall aber ein Urtel erging, dass sie darum weichen müssten, so sey er doch in Hoffnung, dass ihnen ein anders Ort und Statt geben soll werden, uf dass sie sich erhalten mögen: es soll ihnen auch bei solchem Abzug ein frei sicher Geleit vor iren Feinden erteilt, es seyn HundKatzen oder andre ihre Feind: er sey auch in Hoffnung, wenn aine schwanger wäre, dass derselben Ziel und Tag geben werde, dass ir Frucht fürbringen und alsdann auch damit abziehen möge.

URTEL

Auf Klag und Antwort, Red und Widerred, und uf eingelegte Kundschaften und Alles was für Recht kommen, ist mit Urtel und Recht erkennt, dass die schädlichen Tierlein, so man nennt die Lutmäuse, denen von Stilfs in Acker und Wiesmäder nach Laut der Klag in vierzehn Tagen raumen sollen, da hinweg ziehen und zu ewigen Zeiten dahin nimmer mehr kommen sollen; wo aber ains oder mehr der Tierlein schwanger wär, oder jugendhalber nit hinkommen möchte, dieselben sollen der Zeit von jedermann ain frey sicheres Geleit haben 14 Tage lang; aber die so ziehen mögen, sollen in 14 Tagen wandern.

VideHormayr’sTaschenbuch für die vaterländische Geschichte. Berlin, 1845, pp. 239-40.

D

Admonition, denunciation, and citation of the inger by the priest Bernhard Schmid in the name and by the authority of the Bishop of Lausanne in 1478.

Du vnvernünfftige/ vnvollkommne Creatur/ mit nammen Inger/ vnd nenne dich darumb vnvollkommen/ dann deines geschlechts ist nit geseyn in der Arch Noe/ in der Zeit der vergifftung vnd plag des Wassergusses. Nun hast du mit deinem anhang grossen schaden gethan im Erdtrich vnd auff dem Erdtrich ein mercklichen abbruch zeitlicher nahrung der Menschen vnd vnvernüfftigen thiere. Vnd von des nun/ sömlicher und dergleichen/ durch euch vnd euweren anhang nit mehr beshäch/ so hat mir mein gnädiger Herr vnd Bischoff zu Losann gebotten in seinem nammen/ euch zeermannen/ zeweichen vnd abzestahn. Vnd also von seiner Gnaden gebotts wegen vnd auch in seinem nammen als obstaht/ vnd bey krafft der heiligen hochgelobten Dreyfaltigkeit/ vnd durch krafft vnd verdienen des Menschen-geschlechts Erlösers/ vnsers behalters Jesu Christi/ vnd bey krafft vnd gehorsamkeit der heiligen Kirchen gebieten vnd ermannen ich euch in 6. nächsten tagen zeweichen/ all vnd jegliche besonders/ auss allen Matten/ Ackeren/ Gärten/ Feldern/ Weiden/ Bäumen/ Krüteren/ vnd von allen örteren/ an denen wachsend vnd entspringend nahrungen der Menschen vnd der Thieren/vndan dieort vnd stätteuch fügend/ dass ihr mit ewerem anhang nimmer kein schaden vollbringen mögen an den früchten vnd nahrungen der Menschenvnd Thieren/ heimlich noch offentlich. Were aber sach/ dass ihr dieser ermannungen vnd gebott nit nachgiengend/ oder nachfolgeten/ vnd meinten vrsach haben/ das nit zeerfüllen/ so ermannen ich euch alsvor/ vnd laden vnd citieren euch bey krafft vnd gehorsamkeit der heiligen Kirchen am 6. tag nach diser execution/ so es eins schlecht/ nach mitten tag/ gen Wifflispurg/ euch zu verantworten/ oder durch eweren Fürsprechen antwort zu geben/ vor meinem gnädigen Herren von Losann/ oder seinem Vicario vnd statthaltern/ vnd wird drauff mein gnädiger Herr von Losann oder sein statthalter fürer/ nach ordnungen des rechten/ wider euch/ mit verflüchen vnd beschweerungen/ handeln/ alss sich dann in solchem gebürt/ nach form vnd gestalt des rechten. Lieben Kind/ ich begären von ewerem jeglichen zu bätten mit andacht auff ewerem knyen 3 Paternoster vnd Ave Maria, der hochen heiligen Dreyfaltigkeit zu lob vnd ehr anzerüffen vnd zebitten ihr gnad vnd hilff zesenden/ damit die Inger vertriben werdind.

Job. Heinrich Hottinger:Historia ecclesiastica novi testamentiiv. pp. 317-321, on the authority of Schilling’sChronica, the manuscript of which is in the Zurich library.

E

Decree of Augustus, Duke of Saxony and Elector, commending the action of Parson Greysser in putting the sparrows under ban, issued at Dresden in 1559.

Von Gottes Gnaden Augustus, Herzog zu Sachsen und Kurfürst.—Lieber Getsener, welchergestalt und aus was Ursachen und christlichem Eifer, der würdige, Unser lieber andächtiger Hr. Daniel Greysser, Pfarrherr allhier in seiner nächst getanen Predigt, über die Sperlinge etwas heftig bewegt gewesen und dieselbe wegen ihres unaufhörlichen verdriesslichen grossen Geschreis und ärgerlichen Unkeuschheit, so sie unter der Predigt, zu Verhinterung Gottes Worts und christlicher Andact, zu tun und behegen pflegen, in den Bann getan, und männiglich preis gegeben, dessen wirst du dich als der damals ohne Zweifel aus Anregung des heiligen Geistes im Tempel zur Predigt gewesen, guter massen zu erinnern wissen.

Wiewohl Wir uns nun vorsehen, du werdest, auf gedachten Herrn Daniels Vermahnen und Bitten, so er an alle Zuhörer insgemein getan, ohne das allbereit auf Wege gedacht haben; sintemal Wir diesen Bericht erlangt, dass du dem kleinen Gevögel vor andern durch mancherlei visirliche und listige Wege und Griffe nachzustellen, auch deine Nahrung unter andern damit zu suchen und dasselbe zu fahen pflegest,—dass ihnen ihrem Verdienst nach gelohnt werden möge nach weiland des Herrn Martini seligen Urtheil—ist demnachunser gnädiges Begehren—zu eröffnen, wie und welchergestalt auch durch was Behändigkeit und Wege, du für gut ansehest, dass die Sperlinge eher dann, wann sie jungen, und sich durch ihre tägliche und unaufhörliche Unkeuschheit unzählich vermehren, ohne sonderliche Kosten aus der Kirche zum heiligen Kreuz gebracht, und solche ärgerliche Vöglerei und hinterlicher Getzschirpe und Geschrei im Hause Gottes, verkümmert werden möge.... Das gereicht zur Beförderung guter Kirchenzucht und geschieht daran unsere gnädige Meinung. Datum Dresden, den. 18. Februar 1559.—Unserm Secretario und lieben getreuen Thomas Nebeln.

VideHormayr’sTaschenbuch, etc., 1845, pp. 227-8.

F

Chronological List of Excommunications and Prosecutions of Animals from the Ninth to the Nineteenth Century.[5]


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