44Le Medecin dePhyrruss’ètant offert àFabriciusgeneral desRomains, d’empoisonner son Maître,Fabriciusrenvoya la lettre de ce Traitre àPhyrrusavec ces Mots;Prince, songez à l’avenir à faire un meilleur choix de vos Amis, & de vos Ennemis. En reconnoissance de ce bienfait,Phyrruslui renvoya tous les Prisonniers: MaisFabriciusne les reçût qu’à la charge de lui en rendre autant des siens, & lui manda:Ne crois pas, Phyrrus,que je t’aye decouvert cette Trahison, par une consideration particuliere de ta Personne, mais parce que lesRomainsfuyent les lâches Artifices, & ne veulent triompher qu’à force ouverte.
Le Medecin dePhyrruss’ètant offert àFabriciusgeneral desRomains, d’empoisonner son Maître,Fabriciusrenvoya la lettre de ce Traitre àPhyrrusavec ces Mots;Prince, songez à l’avenir à faire un meilleur choix de vos Amis, & de vos Ennemis. En reconnoissance de ce bienfait,Phyrruslui renvoya tous les Prisonniers: MaisFabriciusne les reçût qu’à la charge de lui en rendre autant des siens, & lui manda:Ne crois pas, Phyrrus,que je t’aye decouvert cette Trahison, par une consideration particuliere de ta Personne, mais parce que lesRomainsfuyent les lâches Artifices, & ne veulent triompher qu’à force ouverte.
45Diogenesbeing asked of what Beast the biting was most dangerous, answered,if you mean wild Beasts, ’tis the Slanderer’s, if tame one’s, the Flatterer’s.
Diogenesbeing asked of what Beast the biting was most dangerous, answered,if you mean wild Beasts, ’tis the Slanderer’s, if tame one’s, the Flatterer’s.
45Diogeneinterrogé quelle Bête mordoit le plus dangereusement, répondit:Si vous parlez des Bêtes farouches, c’est le medisant; si des animaux domestiques, c’est le flateur.
Diogeneinterrogé quelle Bête mordoit le plus dangereusement, répondit:Si vous parlez des Bêtes farouches, c’est le medisant; si des animaux domestiques, c’est le flateur.
46Antigonushearing a Poet call him Son ofJupiter;My Valet de Chamber, said he smiling,who empties my Close-stool, knows but too well that I am but a Man.
Antigonushearing a Poet call him Son ofJupiter;My Valet de Chamber, said he smiling,who empties my Close-stool, knows but too well that I am but a Man.
46Antigonusentendant un Poëte flateur l’appeller Fils deJupiter:Mon Valet de chambre, dit-il en soûriant,qui vuide ma chaise percée sçait trop bien que je ne suis qu’un Homme.
Antigonusentendant un Poëte flateur l’appeller Fils deJupiter:Mon Valet de chambre, dit-il en soûriant,qui vuide ma chaise percée sçait trop bien que je ne suis qu’un Homme.
47Whereas Kings are surrounded with Flatterers, and that Horses have no particular regard for them,Carneadesused to say,That Princes learn nothing well, but to ride on Horseback.
Whereas Kings are surrounded with Flatterers, and that Horses have no particular regard for them,Carneadesused to say,That Princes learn nothing well, but to ride on Horseback.
47Comme les Rois sont environnez de Flateurs, & que les seuls Chevaux ne gardent point avec eux de mesures,Carneadesdisoit:que les Princes n’apprennent rien comme il faut qu’à bien manier un Cheval.
Comme les Rois sont environnez de Flateurs, & que les seuls Chevaux ne gardent point avec eux de mesures,Carneadesdisoit:que les Princes n’apprennent rien comme il faut qu’à bien manier un Cheval.
48SesostrisKing ofÆgypt, having caused four of his Captive Kings, instead of Horses, to draw his Triumphal Chariot, one of these four cast his Eyes contiually upon the two foremost Wheels next him, whichSesostrisobserving, ask’d him what he found worthy of his Admiration in that Motion; to whom the Captive King answer’d,That in those Wheels he beheld the mutability of all worldly Things; for that the lowest part of the Wheel was suddenly carried above and became the highest, and the uppermost part was as suddenly turned downwards; which whenSesostrishad judiciosly weighed, he dismist those Kings from their Servitude.
SesostrisKing ofÆgypt, having caused four of his Captive Kings, instead of Horses, to draw his Triumphal Chariot, one of these four cast his Eyes contiually upon the two foremost Wheels next him, whichSesostrisobserving, ask’d him what he found worthy of his Admiration in that Motion; to whom the Captive King answer’d,That in those Wheels he beheld the mutability of all worldly Things; for that the lowest part of the Wheel was suddenly carried above and became the highest, and the uppermost part was as suddenly turned downwards; which whenSesostrishad judiciosly weighed, he dismist those Kings from their Servitude.
48SesostrisRoy d’Egypte, ayant fait tirer son char de Triomphe par quatre Rois Captifs, au lieu de Chevaux, un d’eux tenoit la veuë attachée sur les Roües de devant qui ètoient prés de lui, ce queSesostrisremarquant, il lui demanda ce qu’il trouvoit digne d’admiration dans ce mouvement. A quoi le Roy Captif répondit:je contemple dans ces Roües l’inconstance des choses humaines, d’autant que la partie la plus basse de la rouë est tout d’un coup portée en haut, & devient la plus élevée; & la plus haute est portée en bas avec autant de vitesse;Sesostrisayant meurement reflechi là dessus, mit ces Rois en liberté.
SesostrisRoy d’Egypte, ayant fait tirer son char de Triomphe par quatre Rois Captifs, au lieu de Chevaux, un d’eux tenoit la veuë attachée sur les Roües de devant qui ètoient prés de lui, ce queSesostrisremarquant, il lui demanda ce qu’il trouvoit digne d’admiration dans ce mouvement. A quoi le Roy Captif répondit:je contemple dans ces Roües l’inconstance des choses humaines, d’autant que la partie la plus basse de la rouë est tout d’un coup portée en haut, & devient la plus élevée; & la plus haute est portée en bas avec autant de vitesse;Sesostrisayant meurement reflechi là dessus, mit ces Rois en liberté.
49Some Body twittingHierothe Tyrant with a stinking Breath, he chid his Wife for not telling him of it before:I thought, answered she,all Mens Breaths smelled like yours.
Some Body twittingHierothe Tyrant with a stinking Breath, he chid his Wife for not telling him of it before:I thought, answered she,all Mens Breaths smelled like yours.
49On reprocha au TiranHieronqu’il avoit l’haleine puante, il reprit sa Femme de ne l’en avoir jamais averti;Je croyois, répondit-elle,que tous les Hommes eussent l’haleine de même odeur que vous.
On reprocha au TiranHieronqu’il avoit l’haleine puante, il reprit sa Femme de ne l’en avoir jamais averti;Je croyois, répondit-elle,que tous les Hommes eussent l’haleine de même odeur que vous.
50One askedCharillus, why atLacedemonMaids went bare-faced, when Married Women were vailed:Because, answered he,the first look for Husbands, and the others are afraid to lose them by Jealousie and Divorce,
One askedCharillus, why atLacedemonMaids went bare-faced, when Married Women were vailed:Because, answered he,the first look for Husbands, and the others are afraid to lose them by Jealousie and Divorce,
50On demandoit àCharilluspourquoi àLacedemoneles Filles marchoient le visage decouvert, veu que les Femmes ètoient voilées, c’est répondit il:parce que les unes cherchent un mari, & que les autres ont peur de le perdre par la jalousie & par le divorce.
On demandoit àCharilluspourquoi àLacedemoneles Filles marchoient le visage decouvert, veu que les Femmes ètoient voilées, c’est répondit il:parce que les unes cherchent un mari, & que les autres ont peur de le perdre par la jalousie & par le divorce.
51Diogenesseeing over the Door of a new Married Man, these written Words,Hence all Evil; said he,After Death the Physician. The same Philosopher perceiving one Day some Women hanged on an Olive-tree:Would to God, cried he,all other Trees bore the like Fruit.
Diogenesseeing over the Door of a new Married Man, these written Words,Hence all Evil; said he,After Death the Physician. The same Philosopher perceiving one Day some Women hanged on an Olive-tree:Would to God, cried he,all other Trees bore the like Fruit.
51Diogenevoyant sur la porte d’un nouveau marié ces Mots écrits,loin d’ici le Mal, il dit,Aprés la Mort le Medecin. Le même Philosophe apperceût un jour des Femmes penduës à un Olivier:Plût à Dieu, s’écria-t-il,que tous les autres Arbres portassent un semblable fruit!
Diogenevoyant sur la porte d’un nouveau marié ces Mots écrits,loin d’ici le Mal, il dit,Aprés la Mort le Medecin. Le même Philosophe apperceût un jour des Femmes penduës à un Olivier:Plût à Dieu, s’écria-t-il,que tous les autres Arbres portassent un semblable fruit!
52Paulus Æmiliusdivorced a Wife, who seemed to be Mistress of all the Qualifications necessary to make her beloved. This Divorcement surprized a great many; but he told them, shewing them his Shoe,You see that this Shoe fits me, and is well made, but you don’t see where it wrings me.
Paulus Æmiliusdivorced a Wife, who seemed to be Mistress of all the Qualifications necessary to make her beloved. This Divorcement surprized a great many; but he told them, shewing them his Shoe,You see that this Shoe fits me, and is well made, but you don’t see where it wrings me.
52Paulus Æmiliusrepudia une Femme qui paroissoit avoir tous les avantages capables de se faire aimer. Ce divorce ètonnoit bien des Gens, mais il leur dit en montrant son Soulier:Vous voyez que ce Soulier est propre, qu’il est bien fait: mais vous ne voyez pas où il blesse.
Paulus Æmiliusrepudia une Femme qui paroissoit avoir tous les avantages capables de se faire aimer. Ce divorce ètonnoit bien des Gens, mais il leur dit en montrant son Soulier:Vous voyez que ce Soulier est propre, qu’il est bien fait: mais vous ne voyez pas où il blesse.
53Diogenessaid to a young hare-brained Fellow, that threw Stones at a Gibbet;Well, I see thou’lt touch the mark at last.
Diogenessaid to a young hare-brained Fellow, that threw Stones at a Gibbet;Well, I see thou’lt touch the mark at last.
53Diogenedit à un jeune étourdi qui jettoit des Pierres vers un Gibet:Courage, je vois bien qu’enfin tu toucheras au but.
Diogenedit à un jeune étourdi qui jettoit des Pierres vers un Gibet:Courage, je vois bien qu’enfin tu toucheras au but.
54C. Popilius, who, as Ignorant as he was, set up for a Lawyer, being one Day summoned to be a Witness, answered he knew nothing:You think, perhaps, saidCiceroto him,that you are asked Questions about Law.
C. Popilius, who, as Ignorant as he was, set up for a Lawyer, being one Day summoned to be a Witness, answered he knew nothing:You think, perhaps, saidCiceroto him,that you are asked Questions about Law.
54C. Popiliusqui tout ignorant qu’il ètoit s’érigeoit en Jurisconsulte, ètant un jour appellé en témoignage, répondit qu’il ne savoit rien:Vous pensez peut être, lui ditCiceron,qu’on vous Interroge sur des questions de Droit?
C. Popiliusqui tout ignorant qu’il ètoit s’érigeoit en Jurisconsulte, ètant un jour appellé en témoignage, répondit qu’il ne savoit rien:Vous pensez peut être, lui ditCiceron,qu’on vous Interroge sur des questions de Droit?
55Melanthus, a Parasite ofAlexanderKing ofPheres, being asked how his Master died, made this pleasant Answer:he died by a Sword that run through his Thigh, and my Belly at once.
Melanthus, a Parasite ofAlexanderKing ofPheres, being asked how his Master died, made this pleasant Answer:he died by a Sword that run through his Thigh, and my Belly at once.
55MelanthusParasite d’Alexandre, Roy dePheres, interrogé comment son Maître ètoit Mort, répondit plaisamment:Il est mort d’un coup d’Epée qui lui perça la cuisse & mon ventre en même tems.
MelanthusParasite d’Alexandre, Roy dePheres, interrogé comment son Maître ètoit Mort, répondit plaisamment:Il est mort d’un coup d’Epée qui lui perça la cuisse & mon ventre en même tems.
56Plato, said,that Hopes are the Dreams of those that are awake.
Plato, said,that Hopes are the Dreams of those that are awake.
56Platondisoit,que les Esperances sont les songes des Personnes éveillées.
Platondisoit,que les Esperances sont les songes des Personnes éveillées.
57As two Men courtedThemistocles’sDaughter in Marriage, one of which was a Fool, but rich, the other Poor, but wise and honest; he chose this last for his Son-in-law, and answered to those who wondred at it:I esteem more a Man without Riches, than Riches without a Man.
As two Men courtedThemistocles’sDaughter in Marriage, one of which was a Fool, but rich, the other Poor, but wise and honest; he chose this last for his Son-in-law, and answered to those who wondred at it:I esteem more a Man without Riches, than Riches without a Man.
57De deux hommes qui recherchoient la Fille deThemistocles, l’un sot, mais riche: l’autre pauvre, mais sage & honnête homme, il prit ce dernier pour son gendre, & répondit à ceux qui s’en ètonnoient:J’aime mieux un Homme sans richesses, que des richesses sans Homme.
De deux hommes qui recherchoient la Fille deThemistocles, l’un sot, mais riche: l’autre pauvre, mais sage & honnête homme, il prit ce dernier pour son gendre, & répondit à ceux qui s’en ètonnoient:J’aime mieux un Homme sans richesses, que des richesses sans Homme.
58Alexanderthe Great, took in the Wars a certainIndian, who had such a skill in Shooting, that he could pass his Arrows through a Ring placed at a certain distance. He commanded him to make a trial of it before him; and because theIndianrefused, he ordered he should be slain. Those that led him to his Punishment enquiring into the Reason of his refusal, theIndiananswered,Having for a long time left off the Exercise of my Art, I chuse to suffer Death rather than to venture the loss of my Reputation, if I should miss beforeAlexander: Which being told again to that Emperour, he not only commanded he should be set at Liberty, but also gave him many Gifts, admiring his great Spirit and Resolution.
Alexanderthe Great, took in the Wars a certainIndian, who had such a skill in Shooting, that he could pass his Arrows through a Ring placed at a certain distance. He commanded him to make a trial of it before him; and because theIndianrefused, he ordered he should be slain. Those that led him to his Punishment enquiring into the Reason of his refusal, theIndiananswered,Having for a long time left off the Exercise of my Art, I chuse to suffer Death rather than to venture the loss of my Reputation, if I should miss beforeAlexander: Which being told again to that Emperour, he not only commanded he should be set at Liberty, but also gave him many Gifts, admiring his great Spirit and Resolution.
58Alexandrele grand prit en Guerre unIndien, si adroit à tirer de l’Arc, qu’il faisoit passer ses Flêches par un anneau placé à une certaine distance, il lui commanda d’en faire l’essai devant lui, & sur le refus qu’en fit l’Indien, il ordonna qu’on le fit mourir. Ceux qui le conduisoient au supplice, s’informant du sujet de son refus, l’Indienrepondit:Comme j’ai été long tems sans exercer mon art, j’ai mieux aimé souffrir la Mort, que de m’exposer à perdre ma Reputation, en manquant devantAlexandre. Ce qui ètant rapporté à cet Empereur, non seulement il le fit mettre en liberté, mais même il lui fit de grands Presents, admirant son courage & sa fermeté.
Alexandrele grand prit en Guerre unIndien, si adroit à tirer de l’Arc, qu’il faisoit passer ses Flêches par un anneau placé à une certaine distance, il lui commanda d’en faire l’essai devant lui, & sur le refus qu’en fit l’Indien, il ordonna qu’on le fit mourir. Ceux qui le conduisoient au supplice, s’informant du sujet de son refus, l’Indienrepondit:Comme j’ai été long tems sans exercer mon art, j’ai mieux aimé souffrir la Mort, que de m’exposer à perdre ma Reputation, en manquant devantAlexandre. Ce qui ètant rapporté à cet Empereur, non seulement il le fit mettre en liberté, mais même il lui fit de grands Presents, admirant son courage & sa fermeté.
59The Favourites of the EmperourTrajan, taking notice that he received every Body with great Familiarity, told him he forgot the grandeur of his Majesty:I will take care, answered he,That my People shall find in me such an Emperour as I could wish to have one my self, if I was a private Man.
The Favourites of the EmperourTrajan, taking notice that he received every Body with great Familiarity, told him he forgot the grandeur of his Majesty:I will take care, answered he,That my People shall find in me such an Emperour as I could wish to have one my self, if I was a private Man.
59Les Favoris de l’EmpereurTrajanle voyant recevoir tout le monde fort familierement, lui remontroient qu’il oublioit la grandeur de sa Majesté:je veux, répondit-il,que mon Peuple trouve en moy un Empereur, tel que je souhaiterois en avoir un si j’étois Homme privé.
Les Favoris de l’EmpereurTrajanle voyant recevoir tout le monde fort familierement, lui remontroient qu’il oublioit la grandeur de sa Majesté:je veux, répondit-il,que mon Peuple trouve en moy un Empereur, tel que je souhaiterois en avoir un si j’étois Homme privé.
60Agathoclesfrom a mean Fortune, being advanced to the Royal Dignity, would be served at Table with Earthen-ware, and being asked the reason:I intend, answered he,that the remembrance of my Extraction from a Potter, shall check that Pride which the vain Pomp ofRoyalty may raise in me.
Agathoclesfrom a mean Fortune, being advanced to the Royal Dignity, would be served at Table with Earthen-ware, and being asked the reason:I intend, answered he,that the remembrance of my Extraction from a Potter, shall check that Pride which the vain Pomp ofRoyalty may raise in me.
60Agathoclesètant parvenu de bas lieu â la dignité Royalle, vouloit qu’on le servit à Table en Vaisselle de Terre, & quand on lui en demandoit la cause:je veux, répondit-il,que le souvenir de l’Origine que je tire d’un Potier de Terre, rabatte l’orgueil, dont le vain appareil de la Royauté pourroit me surprendre.
Agathoclesètant parvenu de bas lieu â la dignité Royalle, vouloit qu’on le servit à Table en Vaisselle de Terre, & quand on lui en demandoit la cause:je veux, répondit-il,que le souvenir de l’Origine que je tire d’un Potier de Terre, rabatte l’orgueil, dont le vain appareil de la Royauté pourroit me surprendre.
61Alexandersitting on the Judgment Seat to decide Criminal Causes, kept always one of his Ears stopt, while the Accuser was pleading; and being asked the reason:I keep, said he,the other Ear entire to hear the Party accused.
Alexandersitting on the Judgment Seat to decide Criminal Causes, kept always one of his Ears stopt, while the Accuser was pleading; and being asked the reason:I keep, said he,the other Ear entire to hear the Party accused.
61Alexandreètant assis sur le Tribunal pour juger les Causes criminelles, tenoit toûjours une Oreille bouchée pendant que l’Accusateur plaidoit, & comme on lui en demandoit la raison,je reserve, dit-il,l’autre Oreille entiere pour entendre l’Accusé.
Alexandreètant assis sur le Tribunal pour juger les Causes criminelles, tenoit toûjours une Oreille bouchée pendant que l’Accusateur plaidoit, & comme on lui en demandoit la raison,je reserve, dit-il,l’autre Oreille entiere pour entendre l’Accusé.
62KingPhilipbeing drowsy, and not having well heard the Cause ofMachetes, cast him contrary to the Laws:Machetescryed out presently that he appealed; the King in a Passion asked him to what Judge?I appeal, said he,fromPhilipasleep,toPhilipawake. This reply madePhiliprecollect himself, and ordered the Cause to be tried over again, who acknowledging his Errour, he did not revoke his Sentence, but paid out of his own Pocket the Sum which he had adjudgedMachetesto pay.
KingPhilipbeing drowsy, and not having well heard the Cause ofMachetes, cast him contrary to the Laws:Machetescryed out presently that he appealed; the King in a Passion asked him to what Judge?I appeal, said he,fromPhilipasleep,toPhilipawake. This reply madePhiliprecollect himself, and ordered the Cause to be tried over again, who acknowledging his Errour, he did not revoke his Sentence, but paid out of his own Pocket the Sum which he had adjudgedMachetesto pay.
62Le RoyPhilippeassoupi, ayant mal entendu la cause deMachetes, il le condamna contre les Loix;Machetess’écria aussi-tôt qu’il en appelloit. Le Roy en colere lui demanda à quel Juge?j’en appelle, répondit-il,dePhilippeendormi,àPhilippeéveillé. Ce Mot fit rentrerPhilippeen lui même; il fit derechef plaider la cause, & voyant en effet son erreur, il ne cassa pas à la verité son arrest, mais il paya lui même de ses deniers la somme à laquelle il avoit condamnéMachetes.
Le RoyPhilippeassoupi, ayant mal entendu la cause deMachetes, il le condamna contre les Loix;Machetess’écria aussi-tôt qu’il en appelloit. Le Roy en colere lui demanda à quel Juge?j’en appelle, répondit-il,dePhilippeendormi,àPhilippeéveillé. Ce Mot fit rentrerPhilippeen lui même; il fit derechef plaider la cause, & voyant en effet son erreur, il ne cassa pas à la verité son arrest, mais il paya lui même de ses deniers la somme à laquelle il avoit condamnéMachetes.
63Two Criminals accused one another before the same King: This Prince having patiently heard them both, said,I condemn this Fellow presently to depart my Kingdom, and the other to run after him.
Two Criminals accused one another before the same King: This Prince having patiently heard them both, said,I condemn this Fellow presently to depart my Kingdom, and the other to run after him.
63Deux Criminels s’accusoient l’un l’autre devant ce même Roy: Ce Prince aprés les avoir écoutez patiemment, dit:je condamne celui ci à sortir promptement de mon Royaume, & l’autre à courir aprés.
Deux Criminels s’accusoient l’un l’autre devant ce même Roy: Ce Prince aprés les avoir écoutez patiemment, dit:je condamne celui ci à sortir promptement de mon Royaume, & l’autre à courir aprés.
64In the Tryal of a Cause, whereofAristideswas Judge, one of the Parties related several Abuses which the sameAristideshad received from his adverse Party:Let that pass, saidAristides,I am not here to be my own Judge, but yours only.
In the Tryal of a Cause, whereofAristideswas Judge, one of the Parties related several Abuses which the sameAristideshad received from his adverse Party:Let that pass, saidAristides,I am not here to be my own Judge, but yours only.
64Dans une cause oùAristideètoit juge, une des Parties rapporta plusieurs injures que ce mêmeAristideavoit receu de sa partie adverse:Passez cela, ditAristide, venez au fait: je ne suis pas ici mon juge, je ne suis que le vôtre.
Dans une cause oùAristideètoit juge, une des Parties rapporta plusieurs injures que ce mêmeAristideavoit receu de sa partie adverse:Passez cela, ditAristide, venez au fait: je ne suis pas ici mon juge, je ne suis que le vôtre.
65Marcus Aureliussaid to some Persons who would keep his Son from weeping for his Tutors death;Suffer my Son to be a Man before he be an Emperour.
Marcus Aureliussaid to some Persons who would keep his Son from weeping for his Tutors death;Suffer my Son to be a Man before he be an Emperour.
65Marc Aureledit à quelques Personnes qui vouloient empêcher son Fils de pleurer la Mort de son Precepteur:Souffrez que mon Fils soit Homme, avant que d’être Empereur.
Marc Aureledit à quelques Personnes qui vouloient empêcher son Fils de pleurer la Mort de son Precepteur:Souffrez que mon Fils soit Homme, avant que d’être Empereur.
66Dionysiusseeing that his Son had gathered a great quantity of Gold and Silver Vessels, out of the Gifts he had made him, told him:I do not find in thee a Royal Soul, since thou hast neglected to get thy self Friends by the distribution of those Riches.
Dionysiusseeing that his Son had gathered a great quantity of Gold and Silver Vessels, out of the Gifts he had made him, told him:I do not find in thee a Royal Soul, since thou hast neglected to get thy self Friends by the distribution of those Riches.
66Denysvoyant que son Fils avoit amassé une grande quantité de Vases d’Or & d’Argent des dons qu’il lui avoit fait, il lui dit,je ne connois point en toi une Ame Royale, puis que tu as negligé de te faire des amis par la distribution de ces Richesses.
Denysvoyant que son Fils avoit amassé une grande quantité de Vases d’Or & d’Argent des dons qu’il lui avoit fait, il lui dit,je ne connois point en toi une Ame Royale, puis que tu as negligé de te faire des amis par la distribution de ces Richesses.
67The sameDionysiusaskedDiogeneswhat Brass he should take to make himself a Statue:Take that, answered he,of the Statues ofHarmodiusandAristogiton. These were two famous Murderers of Tyrants, to whom Statues had been erected.
The sameDionysiusaskedDiogeneswhat Brass he should take to make himself a Statue:Take that, answered he,of the Statues ofHarmodiusandAristogiton. These were two famous Murderers of Tyrants, to whom Statues had been erected.
67Le mêmeDenysdemanda àDiogenequel Cuivre il prendroit pour se faire une Statuë:Prenez, lui répondit-il,celui des Statuësd’Harmodius & d’Aristogiton. C’ètoient deux fameux tueurs de Tyrans à qui on avoit dressé des Statues.
Le mêmeDenysdemanda àDiogenequel Cuivre il prendroit pour se faire une Statuë:Prenez, lui répondit-il,celui des Statuësd’Harmodius & d’Aristogiton. C’ètoient deux fameux tueurs de Tyrans à qui on avoit dressé des Statues.
68An old Soldier having a Sute at Law depending, desired the EmperourAugustusto come and support him with his Interest: This Prince gave him one of his Attendance to take care of his Business; whereupon the Soldier was so bold as to tell him:Sir, I did not use you the same way; for when you was in danger at the Battel ofActium,I my self fought for you without a Deputy.
An old Soldier having a Sute at Law depending, desired the EmperourAugustusto come and support him with his Interest: This Prince gave him one of his Attendance to take care of his Business; whereupon the Soldier was so bold as to tell him:Sir, I did not use you the same way; for when you was in danger at the Battel ofActium,I my self fought for you without a Deputy.
68Un ancien Soldat ayant un procez à soûtenir, pria l’EmpereurAugustede le venir secourir de son credit. Ce Prince lui donna un de ceux qui l’accompagnoient pour avoir soin de son affaire; là dessus le Soldat fut assez osé pour lui dire:Seigneur, je n’en ai pas usé de la sorte à vôtre égard: quand vous ètiez en danger dans la Bataille d’Actium,moi-même, sans chercher de Substitut, j’ay combatu pour vous.
Un ancien Soldat ayant un procez à soûtenir, pria l’EmpereurAugustede le venir secourir de son credit. Ce Prince lui donna un de ceux qui l’accompagnoient pour avoir soin de son affaire; là dessus le Soldat fut assez osé pour lui dire:Seigneur, je n’en ai pas usé de la sorte à vôtre égard: quand vous ètiez en danger dans la Bataille d’Actium,moi-même, sans chercher de Substitut, j’ay combatu pour vous.
69The PoetSimonidesasked ofThemistoclessomething contrary to the Laws; he dismist him with these Words:If in thy Poems thou shouldest make Verses without Measures, wouldest thou be accounted a good Poet? And if I should do Things contrary to the Constitution of the Laws, should I be accounted a good Prince?
The PoetSimonidesasked ofThemistoclessomething contrary to the Laws; he dismist him with these Words:If in thy Poems thou shouldest make Verses without Measures, wouldest thou be accounted a good Poet? And if I should do Things contrary to the Constitution of the Laws, should I be accounted a good Prince?
69Le PoëteSimonidedemandant àThemistoclequelque chose de contraire aux Loix, il le renvoya avec ce Mot:si dans tes Poemes tu faisois des Vers contre la mesure, passerois tu pour un bon Poëte? Et si je faisois des choses contraires à la disposition des Loix, devroit on m’estimer un bon Prince?
Le PoëteSimonidedemandant àThemistoclequelque chose de contraire aux Loix, il le renvoya avec ce Mot:si dans tes Poemes tu faisois des Vers contre la mesure, passerois tu pour un bon Poëte? Et si je faisois des choses contraires à la disposition des Loix, devroit on m’estimer un bon Prince?
70The Ambassadours theAthenianshad sent toPhilip, being returned toAthens, commended that Prince for his Beauty and Eloquence, and his being able to drink much:These Commendations, saidDemosthenes, are little worthy of a King; the first of those advantages is proper to Women, the second to Rhetoricians, and the third to Spunges.
The Ambassadours theAthenianshad sent toPhilip, being returned toAthens, commended that Prince for his Beauty and Eloquence, and his being able to drink much:These Commendations, saidDemosthenes, are little worthy of a King; the first of those advantages is proper to Women, the second to Rhetoricians, and the third to Spunges.
70Les Ambassadeurs que lesAtheniensavoit envoyé versPhilippe, ètant retournez àAthenes, loüoient ce Prince de sa beauté, de son Eloquence, & de sa force à boire beaucoup:Ces loüanges, réponditDemosthene,sont fort peu dignes d’un Roy;le premier avantage est propre aux Femmes, le second aux Rhetoriciens, & le troisiéme aux êponges.
Les Ambassadeurs que lesAtheniensavoit envoyé versPhilippe, ètant retournez àAthenes, loüoient ce Prince de sa beauté, de son Eloquence, & de sa force à boire beaucoup:Ces loüanges, réponditDemosthene,sont fort peu dignes d’un Roy;le premier avantage est propre aux Femmes, le second aux Rhetoriciens, & le troisiéme aux êponges.
71Bionbeing asked whether one should marry a Wife, answered,if you marry an ugly one, you’ll marry a torment;if you take a handsom one, you’ll have a common Woman.
Bionbeing asked whether one should marry a Wife, answered,if you marry an ugly one, you’ll marry a torment;if you take a handsom one, you’ll have a common Woman.
71Bioninterrogé s’il falloit épouser une Femme, répondit.si vous en prenez une laide, vous épouserez un supplîce; si vous en prenez une belle vous aurez une Femme publique.
Bioninterrogé s’il falloit épouser une Femme, répondit.si vous en prenez une laide, vous épouserez un supplîce; si vous en prenez une belle vous aurez une Femme publique.
72Hipparchiabeing desperately in love withCratesthe Philosopher, courted him for a Husband, and neither her Relations, nor that Philosopher himself could disswade her from it:But, saidCratesto her,do you know what you are in love with? I will be plain with you; Here is your Husband, said he, pulling off his Cloak; then throwing off his Bag and his Stick:Here is, added he, shewing his crooked-back,my Wife’s Jointure; see whether you are contented with it, and whether you can like this way of living. She accepted of all those Conditions, and so he married her.
Hipparchiabeing desperately in love withCratesthe Philosopher, courted him for a Husband, and neither her Relations, nor that Philosopher himself could disswade her from it:But, saidCratesto her,do you know what you are in love with? I will be plain with you; Here is your Husband, said he, pulling off his Cloak; then throwing off his Bag and his Stick:Here is, added he, shewing his crooked-back,my Wife’s Jointure; see whether you are contented with it, and whether you can like this way of living. She accepted of all those Conditions, and so he married her.
72Hipparchiaéperduëment amoureuse du PhilosopheCrates, le rechercha en mariage, sans qui ni les Parens, ni ce Philosophe même, pussent la detourner de sa poursuite.Mais, lui ditCrates,connoissez vous bien ce que vous aimez? je ne veux rien vous cacher, voilà l’Epoux, dit-il ôtant son manteau; puis jettant son sac & son baton;voilà, ajoûta-t-il en montrant sa bosse,le Doüaire de ma Femme: Voyez si vous en êtes contente, & si vous pouvez vous accommoder de cette façon de Vie. Elle accepta toutes ces conditions là, & il l’épousa.
Hipparchiaéperduëment amoureuse du PhilosopheCrates, le rechercha en mariage, sans qui ni les Parens, ni ce Philosophe même, pussent la detourner de sa poursuite.Mais, lui ditCrates,connoissez vous bien ce que vous aimez? je ne veux rien vous cacher, voilà l’Epoux, dit-il ôtant son manteau; puis jettant son sac & son baton;voilà, ajoûta-t-il en montrant sa bosse,le Doüaire de ma Femme: Voyez si vous en êtes contente, & si vous pouvez vous accommoder de cette façon de Vie. Elle accepta toutes ces conditions là, & il l’épousa.
73TheHebrewssay that when a Man takes a Wife, he must go down a Step; and that to make a Friend, he ought to go up one; because the one must protect us, and the other be obedient to her Husband.
TheHebrewssay that when a Man takes a Wife, he must go down a Step; and that to make a Friend, he ought to go up one; because the one must protect us, and the other be obedient to her Husband.
73LesHebreuxdisent que pour prendre une Femme, il faut descendre un degré; & que pour faire un ami il faut en monter un; parce qu’il faut que l’un nous protege, & que l’autre obeïsse à son mari.
LesHebreuxdisent que pour prendre une Femme, il faut descendre un degré; & que pour faire un ami il faut en monter un; parce qu’il faut que l’un nous protege, & que l’autre obeïsse à son mari.
74A cowardly and unskilful Wrestler being turned Physician,Diogenestold him:What! have you a mind to lay on the Ground those who used to fling you down?
A cowardly and unskilful Wrestler being turned Physician,Diogenestold him:What! have you a mind to lay on the Ground those who used to fling you down?
74Un Lâche & mal à droit Luitteur s’ètant fait Medecin,Diogenelui-dit:Hé quoi! vous avez donc envie de coucher par Terre ceux qui vous ont renversé?
Un Lâche & mal à droit Luitteur s’ètant fait Medecin,Diogenelui-dit:Hé quoi! vous avez donc envie de coucher par Terre ceux qui vous ont renversé?
75Alcibiadescut off the Tail of his Dog, which was extraordinary fine, and of great value; and as the People who saw that Dog go about the Streets without a Tail, wondered at the oddness of the thing, he said:I have done it with design that the People talking about this Trifle, may not censure my more important Actions.
Alcibiadescut off the Tail of his Dog, which was extraordinary fine, and of great value; and as the People who saw that Dog go about the Streets without a Tail, wondered at the oddness of the thing, he said:I have done it with design that the People talking about this Trifle, may not censure my more important Actions.
75Alcibiadecoupa la queuë à son Chien, qui ètoit d’une beauté & d’un prix extraordinaire, & comme le Peuple qui voyoit ce Chien marcher en cét état dans les Ruës, s’ètonnoit de cette Bizarrerie, il dit,je l’ai fait afin que le Peuple s’entretenant de cette Bagatelle, ne s’arrête point à controller mes autres Actions plus importantes.
Alcibiadecoupa la queuë à son Chien, qui ètoit d’une beauté & d’un prix extraordinaire, & comme le Peuple qui voyoit ce Chien marcher en cét état dans les Ruës, s’ètonnoit de cette Bizarrerie, il dit,je l’ai fait afin que le Peuple s’entretenant de cette Bagatelle, ne s’arrête point à controller mes autres Actions plus importantes.
76SmicythusaccusedNicanorof speaking ill ofPhilip. This Prince who had an esteem forNicanor, sent for him, and understanding that he was provoked by the Kings not relieving his extream Indigence, he ordered him a Sum of Money. Some time afterSmicythusrelating toPhiliphowNicanorproclaimed his Bounty every where:Well, said he to him,you see we are Masters of our own Reputation, and that we may turn Calumnies into Commendations.
SmicythusaccusedNicanorof speaking ill ofPhilip. This Prince who had an esteem forNicanor, sent for him, and understanding that he was provoked by the Kings not relieving his extream Indigence, he ordered him a Sum of Money. Some time afterSmicythusrelating toPhiliphowNicanorproclaimed his Bounty every where:Well, said he to him,you see we are Masters of our own Reputation, and that we may turn Calumnies into Commendations.
76SmicythusaccusaNicanorde parler mal dePhilippe. Ce Prince, qui avoit quelque estime pourNicanorle fit venir, & ayant appris qu’il ètoit indigné de ce que le Roy ne songeoit point à soulager son extreme indigence, il lui fit distribüer quelque somme. Peu de tems aprésSmicythusrapportant àPhilippequeNicanorpublioit par tout ses bontez:Hé bien, lui dit-il,vous voyez que nous sommes Maîtres de nôtre Reputation, & que nous pouvons changer toutes les Calomnies en Loüanges.
SmicythusaccusaNicanorde parler mal dePhilippe. Ce Prince, qui avoit quelque estime pourNicanorle fit venir, & ayant appris qu’il ètoit indigné de ce que le Roy ne songeoit point à soulager son extreme indigence, il lui fit distribüer quelque somme. Peu de tems aprésSmicythusrapportant àPhilippequeNicanorpublioit par tout ses bontez:Hé bien, lui dit-il,vous voyez que nous sommes Maîtres de nôtre Reputation, & que nous pouvons changer toutes les Calomnies en Loüanges.
77As one askedZenowhether wise men ought not to love:If wise men did not love, answered he,nothing in the World could be so wretched as the Fair, since none but Fools should be in Love with them.
As one askedZenowhether wise men ought not to love:If wise men did not love, answered he,nothing in the World could be so wretched as the Fair, since none but Fools should be in Love with them.
77Comme on demandoit àZenonsi les Sages ne devoient point aimer:si les Sages n’aimoient point, répondit-il,il n’y auroit rien au monde de plus malheureux que les belles, elles ne seroient aimées que des sots.
Comme on demandoit àZenonsi les Sages ne devoient point aimer:si les Sages n’aimoient point, répondit-il,il n’y auroit rien au monde de plus malheureux que les belles, elles ne seroient aimées que des sots.
78One ofAgesilaushis Friends having found him playing with his Children, and riding on a Hobby-horse, seemed to be surprized at it; but the King told him:Pray tell no Body what thou seest till thou hast Children of thy own.
One ofAgesilaushis Friends having found him playing with his Children, and riding on a Hobby-horse, seemed to be surprized at it; but the King told him:Pray tell no Body what thou seest till thou hast Children of thy own.
78Agesilaüspour joüer avec ses enfans marchoit à califourchons sur un bâton; un de ses Amis le trouvant en cét état témoigna de la surprise; mais ce Roi, lui dit:je te prie de ne rien dire à personne de ce que tu vois, jusques à ce que tu ayes des Enfans.
Agesilaüspour joüer avec ses enfans marchoit à califourchons sur un bâton; un de ses Amis le trouvant en cét état témoigna de la surprise; mais ce Roi, lui dit:je te prie de ne rien dire à personne de ce que tu vois, jusques à ce que tu ayes des Enfans.
79PhilipKing ofMacedon, designing to make himself Master of a Cittadel, was told by his Spies that the thing was impossible, by reason that there was no way to come at it.Is the way so difficult, asked the King,that a Mule laden with Gold and Silver cannot go to it?and being answered no,then, replied he,it is not impregnable.
PhilipKing ofMacedon, designing to make himself Master of a Cittadel, was told by his Spies that the thing was impossible, by reason that there was no way to come at it.Is the way so difficult, asked the King,that a Mule laden with Gold and Silver cannot go to it?and being answered no,then, replied he,it is not impregnable.
79PhilippeRoi deMacedoineayant resolu de prendre une Citadelle, les espions lui rapporterent que cela ne se pouvoit pas, parce qu’elle étoit inaccessible.Le chemin, demanda-t-il,est il si difficile qu’on n’y puisse faire entrer un mulet chargé d’Or & d’Argent?& comme ils lui répondirent que non,elle n’est donc pas imprenable, repliqua-t-il.
PhilippeRoi deMacedoineayant resolu de prendre une Citadelle, les espions lui rapporterent que cela ne se pouvoit pas, parce qu’elle étoit inaccessible.Le chemin, demanda-t-il,est il si difficile qu’on n’y puisse faire entrer un mulet chargé d’Or & d’Argent?& comme ils lui répondirent que non,elle n’est donc pas imprenable, repliqua-t-il.
80The Night beforeDariusdispos’d his Troops to the fight,Alexanderwas in so profound a sleep, that it lasted still several Hours after Sun-rise; his Men frighted at the approach of the Enemies Army, awaked him; and as they wondered at his Tranquility:Be not surprised, said he,at my sleeping so securely: Dariushas rid me of a great many Cares, since by gathering this Day all his Forces into one Body, he has given to Valour an opportunity of deciding in one single Battle the fortune of us both.
The Night beforeDariusdispos’d his Troops to the fight,Alexanderwas in so profound a sleep, that it lasted still several Hours after Sun-rise; his Men frighted at the approach of the Enemies Army, awaked him; and as they wondered at his Tranquility:Be not surprised, said he,at my sleeping so securely: Dariushas rid me of a great many Cares, since by gathering this Day all his Forces into one Body, he has given to Valour an opportunity of deciding in one single Battle the fortune of us both.
80La Veille queDariusdisposa ses troupes au combat,Alexandredormoit d’un si profond sommeil, qu’il dura encore plusieurs heures aprés le levé du Soliel; ses gens, effrayez de l’armée Ennemie qui s’approchoit l’éveillerent, & comme ils s’étonnoient de sa tranquillité:ne soyez pas surpris, leur dit-il,si je dors si paisiblement: Dariusm’a delivré de beaucoup de soucis, puisqu’en ramassant aujourd-hui toutes ses forces en un corps, il a donnê à la valeur le moyen de decider, en un combat, de toute nôtre fortune.
La Veille queDariusdisposa ses troupes au combat,Alexandredormoit d’un si profond sommeil, qu’il dura encore plusieurs heures aprés le levé du Soliel; ses gens, effrayez de l’armée Ennemie qui s’approchoit l’éveillerent, & comme ils s’étonnoient de sa tranquillité:ne soyez pas surpris, leur dit-il,si je dors si paisiblement: Dariusm’a delivré de beaucoup de soucis, puisqu’en ramassant aujourd-hui toutes ses forces en un corps, il a donnê à la valeur le moyen de decider, en un combat, de toute nôtre fortune.
81DionysiusTyrant ofSyracusebeing told that one of his Subjects had buried a Treasure in the Earth, commanded him to bring it to him. TheSyracusangave him but part of it, and having secretly kept the other, he went into another City, where he liv’d more plentifully then he did before; which being related toDionysius, he restored him the remainder of his Treasure.Now, said he,that he knows how to use riches, he deserves to enjoy them.
DionysiusTyrant ofSyracusebeing told that one of his Subjects had buried a Treasure in the Earth, commanded him to bring it to him. TheSyracusangave him but part of it, and having secretly kept the other, he went into another City, where he liv’d more plentifully then he did before; which being related toDionysius, he restored him the remainder of his Treasure.Now, said he,that he knows how to use riches, he deserves to enjoy them.
81DenisTyran deSyracuse, ayant appris qu’un de ses sujets avoit caché dans Terre un tresor, il lui commanda de le lui apporter. LeSiracusainne lui en donna qu’une partie & en ayant retenu l’autre secrettement, il s’en alla dans une autre ville où il vécut plus liberalement qu’il n’avoit fait.Denisl’ayant appris, lui rendit le reste de son tresor:A present, dit-t-il,qu’il sçait bien user des richesses, il merite de les posseder.
DenisTyran deSyracuse, ayant appris qu’un de ses sujets avoit caché dans Terre un tresor, il lui commanda de le lui apporter. LeSiracusainne lui en donna qu’une partie & en ayant retenu l’autre secrettement, il s’en alla dans une autre ville où il vécut plus liberalement qu’il n’avoit fait.Denisl’ayant appris, lui rendit le reste de son tresor:A present, dit-t-il,qu’il sçait bien user des richesses, il merite de les posseder.
82PhilipKing ofMacedonbeing a Hostage atThebes,PhilotheThebanreceived him into his House, and entertained him with great Kindness; some time after, this Prince would have acknowledged his Benefits by Presents; but the generousPhiloobstinately persisting to refuse them:Oh! dearPhilo, said he,do not rob me now of the honour I have hitherto preserved, of having never been overcome in point of Benefits.
PhilipKing ofMacedonbeing a Hostage atThebes,PhilotheThebanreceived him into his House, and entertained him with great Kindness; some time after, this Prince would have acknowledged his Benefits by Presents; but the generousPhiloobstinately persisting to refuse them:Oh! dearPhilo, said he,do not rob me now of the honour I have hitherto preserved, of having never been overcome in point of Benefits.
82PhilippeRoy deMacedoineétant en otage àThebes,PhilonleThebainle receut en sa Maison, & lui fit de grandes Amitiez. Ce Prince voulut quelque tems aprés par ses Presens reconnoítre ses bontez, & voyant que le généreuxPhilonles refusoit obstinement:Ah! cherPhilon, lui dit-il,ne me derobez pas aujourd hui la gloire que j’ai toûjours jusques-ici conservée précieusement, de ne voir personne au monde qui me surmonte en matiere de Bien faits.
PhilippeRoy deMacedoineétant en otage àThebes,PhilonleThebainle receut en sa Maison, & lui fit de grandes Amitiez. Ce Prince voulut quelque tems aprés par ses Presens reconnoítre ses bontez, & voyant que le généreuxPhilonles refusoit obstinement:Ah! cherPhilon, lui dit-il,ne me derobez pas aujourd hui la gloire que j’ai toûjours jusques-ici conservée précieusement, de ne voir personne au monde qui me surmonte en matiere de Bien faits.
83TaxillusKing of theIndiescame to meetAlexander, and spoke to him thus,I challenge thee to fight, not with Arms, but Benefits; if thou art inferiour to me, thou shalt receive some from me; but if on the contrary thou art more powerful, thou shalt honour me with thy Favours. I accept the noble Challenge, answeredAlexander, embracing him,We shall see which of us two shall get the better in Courtesy. Thus instead of taking his Kingdom from him, he enlarged the extent of it.
TaxillusKing of theIndiescame to meetAlexander, and spoke to him thus,I challenge thee to fight, not with Arms, but Benefits; if thou art inferiour to me, thou shalt receive some from me; but if on the contrary thou art more powerful, thou shalt honour me with thy Favours. I accept the noble Challenge, answeredAlexander, embracing him,We shall see which of us two shall get the better in Courtesy. Thus instead of taking his Kingdom from him, he enlarged the extent of it.
83TaxilleRoy desIndesvint au devant d’Alexandre, & lui parla en ces Termes:je t’appelle au Combat, non pas des Armes mais des Bienfaits; si tu m’es inferieur, tu en recevras de moy, si au contraire tu es le plus puissant, tu m’honoreras de tes faveurs:j’accepte ce noble defi; répondit,Alexandreen l’embrassant,nous verrons en Bienfaits qui de nous l’Emportera; ainsi bien loin de le depouiller de son Royaume, il en augmenta l’étenduë.
TaxilleRoy desIndesvint au devant d’Alexandre, & lui parla en ces Termes:je t’appelle au Combat, non pas des Armes mais des Bienfaits; si tu m’es inferieur, tu en recevras de moy, si au contraire tu es le plus puissant, tu m’honoreras de tes faveurs:j’accepte ce noble defi; répondit,Alexandreen l’embrassant,nous verrons en Bienfaits qui de nous l’Emportera; ainsi bien loin de le depouiller de son Royaume, il en augmenta l’étenduë.
84The EmperourTitusremembring once at Supper that during that Day he had done no Body a kindness:My Friends, said he,I have lost this Day.
The EmperourTitusremembring once at Supper that during that Day he had done no Body a kindness:My Friends, said he,I have lost this Day.
84L’EmpereurTitusse souvenant une fois en soupant, que pendant ce jour là il n’avoit fait du bien à Personne:Mes Amis, dit-il,j’ay perdu cette journée.
L’EmpereurTitusse souvenant une fois en soupant, que pendant ce jour là il n’avoit fait du bien à Personne:Mes Amis, dit-il,j’ay perdu cette journée.
85Julius Cesardivorced his WifePompeiabecause her Reputation was not altogether without blemish, and that she was suspected of having an Amour withClodius:Clodiuswas accused upon that account; andCesarbeing summon’d to depose against him, said,he never could find that he had done any ill thing with his Wife: Why then did you part from her?ask’d somebody;Because, answered he, CesarsWife ought to live with so much reserve as to be even beyond the reach of Calumny.
Julius Cesardivorced his WifePompeiabecause her Reputation was not altogether without blemish, and that she was suspected of having an Amour withClodius:Clodiuswas accused upon that account; andCesarbeing summon’d to depose against him, said,he never could find that he had done any ill thing with his Wife: Why then did you part from her?ask’d somebody;Because, answered he, CesarsWife ought to live with so much reserve as to be even beyond the reach of Calumny.
85Jules CesarrepudiaPompeiasa Femme, à cause que sa reputation n’ètoit pas fort honnête, & qu’on la soupçonnoit d’avoir commerce avécClodius; comme on accusoit celui-ci de Crime,Cesarappellé pour deposer contre lui, dit,qu’il n’avoit pas reconnu qu’il eût fait aucun mal avec sa Femme;pourquoy donc l’avez vous repudiée, lui dit on,parce que, répondit-il,il faut que l’Epouse deCesar,vive avec tant de Modestie, qu’elle soit même hors des atteintes de la Calomnie.
Jules CesarrepudiaPompeiasa Femme, à cause que sa reputation n’ètoit pas fort honnête, & qu’on la soupçonnoit d’avoir commerce avécClodius; comme on accusoit celui-ci de Crime,Cesarappellé pour deposer contre lui, dit,qu’il n’avoit pas reconnu qu’il eût fait aucun mal avec sa Femme;pourquoy donc l’avez vous repudiée, lui dit on,parce que, répondit-il,il faut que l’Epouse deCesar,vive avec tant de Modestie, qu’elle soit même hors des atteintes de la Calomnie.
86Attalusupon a false report that his BrotherEumeneswas dead, made himself Master of the Kingdom, and married his Widow: Some time after, hearing thatEumeneswas return’d into his Dominions, he left the Crown, and without any other Attendance than that of a private Man, went to meet him.Eumeneswas contented to wisper him by way of Expostulation:Brother, I hope another time you won’t be so hasty to marry my Wife before you have seen me buried.
Attalusupon a false report that his BrotherEumeneswas dead, made himself Master of the Kingdom, and married his Widow: Some time after, hearing thatEumeneswas return’d into his Dominions, he left the Crown, and without any other Attendance than that of a private Man, went to meet him.Eumeneswas contented to wisper him by way of Expostulation:Brother, I hope another time you won’t be so hasty to marry my Wife before you have seen me buried.
86Attalussur un faux bruit que son FrereEumenesétoit decedé, s’empara de l’Empire, & même épousa sa veuve: quelque tems aprés, comme il apprit qu’Eumenesrevenoit en son Royaume, il quitta la couronne, & sans autre équipage que celui d’un homme privé, s’en vint au devant de lui.Eumenespour tout reproche, se contenta de lui dire à voix basse:Une autre fois, mon Frere, vous ne vous hâterez pas d’épouser ma Femme, avant que vous ne m’ayez veu enterrer.
Attalussur un faux bruit que son FrereEumenesétoit decedé, s’empara de l’Empire, & même épousa sa veuve: quelque tems aprés, comme il apprit qu’Eumenesrevenoit en son Royaume, il quitta la couronne, & sans autre équipage que celui d’un homme privé, s’en vint au devant de lui.Eumenespour tout reproche, se contenta de lui dire à voix basse:Une autre fois, mon Frere, vous ne vous hâterez pas d’épouser ma Femme, avant que vous ne m’ayez veu enterrer.
87Pompeyhaving found several important Letters fromRomeamongSertorius’sPapers, he burnt them all unperus’d;I ought, said he,to give an opportunity of Repenting, to those who have failed by disobliging me.
Pompeyhaving found several important Letters fromRomeamongSertorius’sPapers, he burnt them all unperus’d;I ought, said he,to give an opportunity of Repenting, to those who have failed by disobliging me.
87Comme entre les Papiers deSertorius,Pompéeeût trouvé plusieurs Lettres considerables deRome, il les brula toutes sans les vouloir lire;il faut, dit-il,donner moyen de se repentir, à ceux qui ont failli en me desobligeant.
Comme entre les Papiers deSertorius,Pompéeeût trouvé plusieurs Lettres considerables deRome, il les brula toutes sans les vouloir lire;il faut, dit-il,donner moyen de se repentir, à ceux qui ont failli en me desobligeant.
88Antigonus’s Soldiers being angry because he had made them incamp in a very incommodious Place, spoke very saucily of him near a Tent, where they did not think he was.Antigonus, who over-heard them, contented himself to take up the Curtain of his Tent with a Stick, and tell them:If you do not go further off to rail at me, i’ll make you repent it.
Antigonus’s Soldiers being angry because he had made them incamp in a very incommodious Place, spoke very saucily of him near a Tent, where they did not think he was.Antigonus, who over-heard them, contented himself to take up the Curtain of his Tent with a Stick, and tell them:If you do not go further off to rail at me, i’ll make you repent it.
88Les Soldats d’Antigonus, fâchez de ce qu’il les avoit fait camper dans un lieu fort incommode, parloient de lui en des termes fort insolens prés d’une Tente où ils ne croyoient pas qu’il fût:Antigonusqui les entendit, se contenta de lever le rideau de sà Tente avec un Bâton, & de leur dire;si vous n’allez pas plus loin d’ici medire de moy, je vous en ferai repentir.
Les Soldats d’Antigonus, fâchez de ce qu’il les avoit fait camper dans un lieu fort incommode, parloient de lui en des termes fort insolens prés d’une Tente où ils ne croyoient pas qu’il fût:Antigonusqui les entendit, se contenta de lever le rideau de sà Tente avec un Bâton, & de leur dire;si vous n’allez pas plus loin d’ici medire de moy, je vous en ferai repentir.
89Athenodorusthe Philosopher having upon account of his Age, got leave ofCesar Augustusto go home; he told him at parting, as an important piece of Advice:Sir, whenever you are in a Passion, remember not to do what it suggests to you, before you have pronounced the four and twenty Letters of the Alphabet.
Athenodorusthe Philosopher having upon account of his Age, got leave ofCesar Augustusto go home; he told him at parting, as an important piece of Advice:Sir, whenever you are in a Passion, remember not to do what it suggests to you, before you have pronounced the four and twenty Letters of the Alphabet.
89Le PhilosopheAthenodorusayant, sous prétexte de sa vieillesse, obtenu deCesar Augustela permission de se retirer chez soy, pour avis important, il lui dit en prenant congé de lui.Quand la colere vous surprendra, Seigneur, souvenez vous de ne rien faire de ce qu’elle vous suggerera qu’aprés avoir prononcé les vingt quatre Lettres de l’Alpbabet.
Le PhilosopheAthenodorusayant, sous prétexte de sa vieillesse, obtenu deCesar Augustela permission de se retirer chez soy, pour avis important, il lui dit en prenant congé de lui.Quand la colere vous surprendra, Seigneur, souvenez vous de ne rien faire de ce qu’elle vous suggerera qu’aprés avoir prononcé les vingt quatre Lettres de l’Alpbabet.
90Augustushaving made a Law for the Trial and Punishment of those that were accused of Adultery, did no sooner hear that a young Man had committed the same Crime withJulia, Daughter to that Emperour, but he rush’d upon him and beat him with great fury; whereupon the young Man cry’d out: Cesar,you have made a Law. At which WordsAugustusacknowledging his Passion, he contained himself, and was so vex’d at it, that he would not eat a bit all that Day.
Augustushaving made a Law for the Trial and Punishment of those that were accused of Adultery, did no sooner hear that a young Man had committed the same Crime withJulia, Daughter to that Emperour, but he rush’d upon him and beat him with great fury; whereupon the young Man cry’d out: Cesar,you have made a Law. At which WordsAugustusacknowledging his Passion, he contained himself, and was so vex’d at it, that he would not eat a bit all that Day.
90Augustequi avoit établi une Loy, de la maniere de juger & de punir ceux qu’on accusoit d’Adultere, n’eut pas plutot ouï qu’un jeune homme avoit commis le même crime avecJuliafille de cét Empereur, qu’il se jetta sur lui, & le frappa tout furieux; alors le jeune Homme s’écria: Cesar,vous avez fait une Loy.Augusteà ce Mot, reconnoissant son emportement, se retint, & ressentit tant de deplaisir, qu’il ne voulut rien manger de tout ce jour là.
Augustequi avoit établi une Loy, de la maniere de juger & de punir ceux qu’on accusoit d’Adultere, n’eut pas plutot ouï qu’un jeune homme avoit commis le même crime avecJuliafille de cét Empereur, qu’il se jetta sur lui, & le frappa tout furieux; alors le jeune Homme s’écria: Cesar,vous avez fait une Loy.Augusteà ce Mot, reconnoissant son emportement, se retint, & ressentit tant de deplaisir, qu’il ne voulut rien manger de tout ce jour là.
91Diogenessaid, that to become perfect, a Man had need of faithful Friends, or great Enemies; because the one by their good Advice, and the other by their sharp Reproaches, made him sensible of his defects.
Diogenessaid, that to become perfect, a Man had need of faithful Friends, or great Enemies; because the one by their good Advice, and the other by their sharp Reproaches, made him sensible of his defects.
91Diogenedisoit, qu’un homme pour devenir parfait avoit besoin de fideles Amis, ou de grands Ennemis; parce que les uns par leurs bons avis, & les autres par leurs reproches piquans, lui faisoient sentir ses defauts.
Diogenedisoit, qu’un homme pour devenir parfait avoit besoin de fideles Amis, ou de grands Ennemis; parce que les uns par leurs bons avis, & les autres par leurs reproches piquans, lui faisoient sentir ses defauts.
92Alexanderthe Great coming intoApelles’s Shop, and speaking improperly of some Pictures that were there exposed to view,Apellestold him frankly:Sir, as long as you did not talk about our Art, every one here had an admiration and Respect for your Majesty; but as soon as you have pretended to judge of our Works, my very Prentices, who grind my Colours, could not forbear laughing.
Alexanderthe Great coming intoApelles’s Shop, and speaking improperly of some Pictures that were there exposed to view,Apellestold him frankly:Sir, as long as you did not talk about our Art, every one here had an admiration and Respect for your Majesty; but as soon as you have pretended to judge of our Works, my very Prentices, who grind my Colours, could not forbear laughing.
92Alexandrele grand ètant entré dans la Boutique d’Apelles& parlant, en mauvais Termes de quelques Tableaux qui y ètoient exposez,Apelleslui dit franchement:Sire, tant que vous me parliez, point de nôtre Art, chacun n’avoit ici pour vôtre Majesté que de l’admiration & du Respect: Mais aussi-tôt que vous avez voulu juger de nos Ouvrages, mes Apprentiss mêmes qui broyent mes Couleurs, n’ont pû s’empêcher de rire.
Alexandrele grand ètant entré dans la Boutique d’Apelles& parlant, en mauvais Termes de quelques Tableaux qui y ètoient exposez,Apelleslui dit franchement:Sire, tant que vous me parliez, point de nôtre Art, chacun n’avoit ici pour vôtre Majesté que de l’admiration & du Respect: Mais aussi-tôt que vous avez voulu juger de nos Ouvrages, mes Apprentiss mêmes qui broyent mes Couleurs, n’ont pû s’empêcher de rire.
93The same Prince being Wounded in a Fight with an Arrow, said to those who were about him:Every one calls me Immortal, and Son ofJupiter:What do you think on’t? does not this wound give the lie to all those Flatterers? This Blood that runs is of the same colour with that of my Subjects, and puts me in mind that I am but a Man.
The same Prince being Wounded in a Fight with an Arrow, said to those who were about him:Every one calls me Immortal, and Son ofJupiter:What do you think on’t? does not this wound give the lie to all those Flatterers? This Blood that runs is of the same colour with that of my Subjects, and puts me in mind that I am but a Man.
93Le même Prince, ayant receu un coup de Flêche dans un Combat, dit à ceux qui l’environnoient:Chacun m’appelle immortel, & Fils deJupiter:qu’en dites vous? cette blessure ne donne t-elle pas le dementi à tous ces Flatteurs là? ce sang qui coule n’est point d’une autre couleur que celui de mes sujets & il m’avertit que je ne suis qu’un Homme.
Le même Prince, ayant receu un coup de Flêche dans un Combat, dit à ceux qui l’environnoient:Chacun m’appelle immortel, & Fils deJupiter:qu’en dites vous? cette blessure ne donne t-elle pas le dementi à tous ces Flatteurs là? ce sang qui coule n’est point d’une autre couleur que celui de mes sujets & il m’avertit que je ne suis qu’un Homme.
94The EmperourAugustusfeeling approaching Death, told those Friends who were about his Bed:Well, my Friends, what think you, have I not during my Life pretty well acted my Part upon the Stage of the World?And as every one confest that no Man’s life could ever be more Illustrious, and better govern’d than his, he added these Words, which were usually spoke to the People after the Play:Farewel then, my Friends, and clap Hands.
The EmperourAugustusfeeling approaching Death, told those Friends who were about his Bed:Well, my Friends, what think you, have I not during my Life pretty well acted my Part upon the Stage of the World?And as every one confest that no Man’s life could ever be more Illustrious, and better govern’d than his, he added these Words, which were usually spoke to the People after the Play:Farewel then, my Friends, and clap Hands.
94L’EmpereurAuguste, sentant que sa Mort approchoit, dit s’addressant à ses Amis qui ètoient autour de son Lit:Hé bien, mes Amis, que vous en semble, n’ai-je pas pendant ma vie, assez bien joüé mon Personnage sur le Theatre du Monde?Et comme chacun avoüa que jamais vie ne pouvoit être plus illustre, & mieux conduite que la sienne, il ajouta ce Mot, qu’on avoit coûtume de dire au Peuple aprés la Comedie:Adieu donc, mes Amis, frappez des Mains.
L’EmpereurAuguste, sentant que sa Mort approchoit, dit s’addressant à ses Amis qui ètoient autour de son Lit:Hé bien, mes Amis, que vous en semble, n’ai-je pas pendant ma vie, assez bien joüé mon Personnage sur le Theatre du Monde?Et comme chacun avoüa que jamais vie ne pouvoit être plus illustre, & mieux conduite que la sienne, il ajouta ce Mot, qu’on avoit coûtume de dire au Peuple aprés la Comedie:Adieu donc, mes Amis, frappez des Mains.
95Somebody came toSocratesthe Philosopher, to tell him theAthenianshad sentenced him to Death:Nature, said he,has long since condemn’d them to suffer the same punishment as well as I.
Somebody came toSocratesthe Philosopher, to tell him theAthenianshad sentenced him to Death:Nature, said he,has long since condemn’d them to suffer the same punishment as well as I.
95Quelqu’un vint dire au PhilosopheSocrate, que lesAtheniensl’avoient condamné à la Mort:Il y a long tems, dit-il,que la Nature les a condamnez à la même peine aussi bien que moy.
Quelqu’un vint dire au PhilosopheSocrate, que lesAtheniensl’avoient condamné à la Mort:Il y a long tems, dit-il,que la Nature les a condamnez à la même peine aussi bien que moy.
96When KingPhilipcame with his Army into thePeloponesus, one toldDamidas, that in case theLacedemoniansdid not make their Peace with him, they must suffer a great deal:You Coward, answered he,What can those Men suffer who are not afraid of Death?
When KingPhilipcame with his Army into thePeloponesus, one toldDamidas, that in case theLacedemoniansdid not make their Peace with him, they must suffer a great deal:You Coward, answered he,What can those Men suffer who are not afraid of Death?
96Lorsque le RoyPhilippeentra avec son Armée dans les Terres duPeloponese, quelqu’un dit àDamidas, que si lesLacedemoniensne rentroient en grace avec lui, ils auroient beaucoup à souffrir:Hé Poltron, répondit-il,que peuvent souffrir ceux qui ne craignent point la Mort?
Lorsque le RoyPhilippeentra avec son Armée dans les Terres duPeloponese, quelqu’un dit àDamidas, que si lesLacedemoniensne rentroient en grace avec lui, ils auroient beaucoup à souffrir:Hé Poltron, répondit-il,que peuvent souffrir ceux qui ne craignent point la Mort?
97One toldAnacharsisthat the Ship he was in was but four Inches thick:Then, said he,we are within four Inches of Death.
One toldAnacharsisthat the Ship he was in was but four Inches thick:Then, said he,we are within four Inches of Death.
97On dit àAnacharsis, que le Navire qui le portoit n’avoit que quatre doigts d’épaisseur:Nous ne sommes donc, dit-il,éloignez de la Mort que de quatre doigts.
On dit àAnacharsis, que le Navire qui le portoit n’avoit que quatre doigts d’épaisseur:Nous ne sommes donc, dit-il,éloignez de la Mort que de quatre doigts.
98Stratonicusbeing asked what sort of Ships were safest, answered:The safest are those that are taken out of the Sea and laid up on firm Land.
Stratonicusbeing asked what sort of Ships were safest, answered:The safest are those that are taken out of the Sea and laid up on firm Land.
98Stratonicusètant interrogé quelle sorte de Vaisseaux ètoient les plus seurs, il répondit:les plus seurs sont ceux qu’on a tiré de la Mer en terre ferme.
Stratonicusètant interrogé quelle sorte de Vaisseaux ètoient les plus seurs, il répondit:les plus seurs sont ceux qu’on a tiré de la Mer en terre ferme.
99The EmperourTiberiusseldom changed the Officers, Governours and Magistrates of his Empire, and being asked the reason, he answered:When Flies are full they don’t sting so much as they did before.
The EmperourTiberiusseldom changed the Officers, Governours and Magistrates of his Empire, and being asked the reason, he answered:When Flies are full they don’t sting so much as they did before.
99L’EmpereurTiberechangeoit rarement les Officiers, les Gouverneurs, & les Magistrats de son Empire, & quand on lui en demandoit la raison, il repondit:quand les Mouches sont saoules, elles ne piquent plus si fort qu’auparavant.
L’EmpereurTiberechangeoit rarement les Officiers, les Gouverneurs, & les Magistrats de son Empire, & quand on lui en demandoit la raison, il repondit:quand les Mouches sont saoules, elles ne piquent plus si fort qu’auparavant.
100A Painter shewing an ill Picture, bragg’d that he had finish’d it in a very little Time:you need not tell us of it, saidApelles,your Picture speaks it planly enough.
A Painter shewing an ill Picture, bragg’d that he had finish’d it in a very little Time:you need not tell us of it, saidApelles,your Picture speaks it planly enough.
100Un Peintre montrant un mauvais Tableau, se vantoit de l’avoir achevé en fort peu de tems:tu n’as que faire, ditApelles,de nous en avertir, ton Tableau le dit assez.
Un Peintre montrant un mauvais Tableau, se vantoit de l’avoir achevé en fort peu de tems:tu n’as que faire, ditApelles,de nous en avertir, ton Tableau le dit assez.
101Melanthushearing the PhilosopherGorgiasexhort in Publick theGreciansto Concord;This is a fine Man indeed, said he,thus to endeavour to perswade all theseGreciansto that Peace and Unity which he cannot settle at home betwixt himself, his Wife and his Maid.
Melanthushearing the PhilosopherGorgiasexhort in Publick theGreciansto Concord;This is a fine Man indeed, said he,thus to endeavour to perswade all theseGreciansto that Peace and Unity which he cannot settle at home betwixt himself, his Wife and his Maid.
101Melanthusentendant le PhilosopheGorgiasexhorter publiquement lesGrecsà la Concorde:Cét homme a bonne Grace, dit-il,de vouloir persuader à tous cesGrecsla Paix & l’Union, qu’il ne sauroit établir chez soy entre lui-même, sa Femme & sa Servante.
Melanthusentendant le PhilosopheGorgiasexhorter publiquement lesGrecsà la Concorde:Cét homme a bonne Grace, dit-il,de vouloir persuader à tous cesGrecsla Paix & l’Union, qu’il ne sauroit établir chez soy entre lui-même, sa Femme & sa Servante.
102Demetrius Phalereusused to exhortPtolomeusto gather Books about Civil and Military Politicks:Because, said he,Kings will find in such Books those Things that their Friends dare not to tell them. To which purposeAlphonsusKing ofAragonsaid:Books are the Counsellors I like best; ’tis not either Fear or Hope that will hinder them to tell me what I ought to do.
Demetrius Phalereusused to exhortPtolomeusto gather Books about Civil and Military Politicks:Because, said he,Kings will find in such Books those Things that their Friends dare not to tell them. To which purposeAlphonsusKing ofAragonsaid:Books are the Counsellors I like best; ’tis not either Fear or Hope that will hinder them to tell me what I ought to do.
102Demetrius Phalereusavoit coutume d’exhorter le RoyPtoloméede ramasser des Livres qui traitassent de la Politique Civile & Militaire,Parce que, disoit-il,les Rois trouvent dans ces Livres des choses dont leurs Amis n’oseroient leur parler.AlphonseRoy d’Aragondisoit à ce sujet: Les Livres sontles Conseillers qui me plaisent d’avantage: la crainte ni l’esperance ne les empêchent point de me dire ce que je dois faire.
Demetrius Phalereusavoit coutume d’exhorter le RoyPtoloméede ramasser des Livres qui traitassent de la Politique Civile & Militaire,Parce que, disoit-il,les Rois trouvent dans ces Livres des choses dont leurs Amis n’oseroient leur parler.AlphonseRoy d’Aragondisoit à ce sujet: Les Livres sontles Conseillers qui me plaisent d’avantage: la crainte ni l’esperance ne les empêchent point de me dire ce que je dois faire.
103Dionysiusthe Tyrant had made great Promises to an excellent Musician, who sung before him, and as the Musician found that they came to nothing, he complain’d to the Tyrant, who answer’d him:Friend, What reason hast thou to complain? I paid thee the same way as thou servedst me: Thou hast tickled my Ear with pleasing Musick, and I have entertain’d thee with the Pleasure of fair Hopes, and so we are quits.
Dionysiusthe Tyrant had made great Promises to an excellent Musician, who sung before him, and as the Musician found that they came to nothing, he complain’d to the Tyrant, who answer’d him:Friend, What reason hast thou to complain? I paid thee the same way as thou servedst me: Thou hast tickled my Ear with pleasing Musick, and I have entertain’d thee with the Pleasure of fair Hopes, and so we are quits.
103Denysle Tyran avoit fait de grandes promesses à un excellent Musicien qui avoit chanté devant lui, & comme le Musicien vid qu’elles n’ètoient suivies d’aucun effet, il se plaignit au Tyran, qui lui rêpondit:Dequoi te plains tu, mon Ami? je t’ai payé de la même sorte que tu m’as servi: tu m’as chatouillé l’oreille par le plaisir de la Musique, & moi je t’ai fait goûter le plaisir des belles Esperances; ainsi nous voilà quittes.
Denysle Tyran avoit fait de grandes promesses à un excellent Musicien qui avoit chanté devant lui, & comme le Musicien vid qu’elles n’ètoient suivies d’aucun effet, il se plaignit au Tyran, qui lui rêpondit:Dequoi te plains tu, mon Ami? je t’ai payé de la même sorte que tu m’as servi: tu m’as chatouillé l’oreille par le plaisir de la Musique, & moi je t’ai fait goûter le plaisir des belles Esperances; ainsi nous voilà quittes.
104One of the Ancients said:That the Great ones us’d all their endeavours to lose the use of their Hands and Feet, because they get others to dress and carry them.
One of the Ancients said:That the Great ones us’d all their endeavours to lose the use of their Hands and Feet, because they get others to dress and carry them.