Si l’argent ne leur vient ainçois.Vei la ministre de noz loys,Qui ja nul jour serront courtoisEnvers dieu n’envers leur prochein!En ce paiis sont plus quetrois606Q’ont deservi parjuste poisL’onourdes fourches plus haltein.L’en puet bien dire a cel office,24961Sicome Crepaldz dist al herice,‘Maldit soient tant seigneurant,’Qui duissont servir de justiceEt sont ministre d’avarice,Dont vont la povre gent pilant.Cuer ont des mals ymaginant,Mains ont plus quele glu tenant,606Piés ont pourcourre a toute vice,Et pardesdeign vont regardant:24970Qui duissent estre loy gardant,Cils sont qui plusfont de malice.Semblables sont as enfernals,U sont les peines eternals,Car ils font toutdis la tempesteD’extorcions, des tortz, des mals;Les hommes et les animalsChascuns en sente la moleste:607Ne valt priere ne requesteAu fin quel’en l’amour adqueste24980De ces baillifs, tant sont ribalds,Ainz falt quel’en lourdonne et preste,Q’ils ont toutdis malice preste:Vei la du deable les vassals!Ce sont cils qui vivont du proie,Sicome l’ostourqui tolt et proie,Ce sciet et l’abbes et l’abesse,Par qui sovent faisont leur voie:Mais si la feste est sanz monoie,Ne dirront point quec’est largesse;Ils n’ont ja cure de la messe24991Que moigne chante, ainz la promesseDes douns avoir, ce leur fait joye.Ensi pilont de la simplesce,Et escorchont par leur destresceDe l’autry quir large courroie.Trop est de luy q’ensi visiteLa visitacioun maldite:Car qant baillif visitera,24999N’est maison q’il pourdieu respite;Comme plus la voit povere et despite,Tant plus d’assetz l’oppressera,Q’ascune chose enportera;La qu’il l’esterling ne porraAvoir, il prent la soule myte:Sicome goupil q’aguaiteraSa proie, quelle estranglera,Si fait baillif u qu’il habite.L’en dist, et ce n’est fable mye,Q’om doit seignourparla maisnieConoistre, et parsemblable tour25011Je croy que si de sa partieVisconte fuist d’oneste vie,Ly soubz baillif fuissent meillour.Mais tiel corsaint, tiel offrendour,Si l’un soit mal, l’autre est peiour,Et sur toute la compaigniePis font encore ly questour;Car leur falsine et leur destourFait quele tort se magnifie.25020Sur ce quetu es despendantAu perjurer ils vont pendantLe charge de leur conscience,Parce q’ils l’orr vont resceivantPourestre fals et desceivant:Le doun souffist a l’evidence,Car covoitise ove leur dispensePourton argent, pourta despense,Q’ils point ne mettont au devantDe dieu ne l’amourne l’offense:25030Mal font de soy la providenceContre la mort que vient suiant.f. 137De ces jurours fals et atteintzEncore y ad des capiteins,Traiciers ont noun, c’est assavoir608Q’ils treront, mais nounpas des meins,Ainz du malice dont sont pleins,Le remenant a leur voloir;Car s’ils diont le blanc est noir,Les autres dirront, ‘C’est tout voir,’Et ce vuillont jurer sur seintz:25041Ou soit ce fals, ou soit ce voir,Sicomme Traicier vuillont avoir,Ensi serra, ne plus ne meinz.A les assisses et juréesQui voet avoir les perjurezParler covient a ces Traiciers;Car a lour part ont aroutezTous les fals jurours redoubtez,Qui se vendont pour les deniers25050Et se perjuront volentiers:Ce sont du deable soldoiers,Parqueux le tort ad eshalcezSur tous les autres seculiers,Qui sont du fraude coustummersPourfaire abatre loyaltés.Tout ensi comme ly chiens currourEst affaité du veneourDe courre au serf ou a goupil,Tout autrecy ly fals traiçour25060Les jofnes gens qui sont questourAffaite et entre a son peril:Qant nay dirra, dirront nenil,Qant dist oïl, si dirront il,Du voir font fals, du fals verrour,Loyalté mettont en exilEt felonnie au reconcil:Maldit soient tiel assissour!Ly fals questourdont vousenditeLes innocentz au mort endite,25070Qui sont sanz culpe d’enditer,Et les felouns mortieux acquite:Quiconqueson travail aquiteTrop sciet le tort bien aquiter;Ou si le dette est un denier,Jura quec’est un marc entier,Et si marc soit, dist une myte:Dire et desdire est son mestier,Deux langes porte en un testier,La qui falsine soit maldite.25080Loyalté serra desconfit,Si tu les douns aras confitA ces jurours, car leur corageAd a l’argent tiel appetit,Q’ils se perjuront pour petit,Ainçois q’ils lerront ton brocage.Om voit de nostre voisinageTiel qui se prent a cest usage,Dont il et tout son hostell vit;Qe pourcompter du clier gaignageSa lange valt plusd’avantage25091Qe sa charue du proufit.Ly povres qui n’ad pas d’argentSe puet doubter de tiele gentAu fin q’il n’ara pas son droit;Si puet ly riches ensement,S’il ne leur donne largement,Car l’un et l’autre en lourendroitSe passeront sanz nul exploit:Pour ce cil qui le siecle voit25100Et ad ou terre ou tenementDes tieux jurours doubter se doit;Car qui s’en garde il est benoitEn ce mal temps q’ore est present.Mais d’autre part il me sovient,Ascuns y ad qui point ne vientA les assisses, et fait malDe ce q’au voir jurer s’abstient;Car par ce l’autry droit detient,Dont il duist estre tesmoignal,25110Qui sciet le droit originalEt pour le proufit voisinalJurer ne voet ce q’appartient:Il est en part sicome causalDe l’autry perte especial,Dont il respondre a dieu covient.Mais ceste noble gent vaillantQuident q’ils serront trop faillantPar ce q’ensi duissent jurer;Mais je luy fais bien entendant,25120Cil q’au jurer n’est obeissantPour la justice supporter,Ainz souffre l’autre fals questierLe droit abatre et perjurer,Du quoy son proesme est enpirant,Il est ensi come parçonierDu mal, puisq’il le pot hosterEt souffre q’il procede avant.Prodhomme ne doit eschuïrDe voir jurer pour sustenir25130Le droit, dont il est mesmes sage;Ainçois se doit plustost offrir,Q’en son defalte laist perirLe meindre de son voisinage;Combien qu’il soit de halt parage,Son parenté ne desparageDu voir jurer a l’enquerir,Ainz fait tresnoble vassellage,Qant droit remonte en son estage,Qe tort solait en bass tenir.25140Ces clercs diont que le pecchéDu tort dont homme ad enpeschéSon proesme, ja n’ert absoluPardevant dieu ne pardonné,Ainçois q’arere soit donnéTout quanqueen ad esté tollu.609O fals questour, di quefras tu,Qui tant droit avetz abatuDu false langue perjurée,Que ja puis n’ert partoy rendu:25150Je croy ce te serra vendu,Que tu quidas avoir gaigné.En voir disant nully desfame,Pource vous dy tiele est la fameDes pledours, dont ainçois vousdis;Jugge et visconte auci l’en blame,Et d’autre part ne sont sanz blameNe les questours ne les baillis;Ce duissent estre les amysDu droit et sont les anemys,25160Car covoitise les entame;Dont font lourplaintes et lour crisLa gent commune du paiis,Si font le seignour et la dame.O quel dolour la loy nousmeine!Car gens du loy primerla leinePilont, comme vous ay dit devant,Mais l’autre gent est plusvileine,Car le visconte ove la douszeineEt les baillifs vont escorchant25170Le peal, siquedu meintenantNuls est ses propres biens tenant:Et nepourqant, si je me pleigne,Ne truis socour ne tant ne qant;La loy, que nous serroit garant,Nousest sur tout la plusgreveine.Ore q’il ad dit l’estat de ceaux qui sont plaidours et Jugges de la loy, dirra l’estat des Marchans solonc le temps q’ore est.
Si l’argent ne leur vient ainçois.Vei la ministre de noz loys,Qui ja nul jour serront courtoisEnvers dieu n’envers leur prochein!En ce paiis sont plus quetrois606Q’ont deservi parjuste poisL’onourdes fourches plus haltein.L’en puet bien dire a cel office,24961Sicome Crepaldz dist al herice,‘Maldit soient tant seigneurant,’Qui duissont servir de justiceEt sont ministre d’avarice,Dont vont la povre gent pilant.Cuer ont des mals ymaginant,Mains ont plus quele glu tenant,606Piés ont pourcourre a toute vice,Et pardesdeign vont regardant:24970Qui duissent estre loy gardant,Cils sont qui plusfont de malice.Semblables sont as enfernals,U sont les peines eternals,Car ils font toutdis la tempesteD’extorcions, des tortz, des mals;Les hommes et les animalsChascuns en sente la moleste:607Ne valt priere ne requesteAu fin quel’en l’amour adqueste24980De ces baillifs, tant sont ribalds,Ainz falt quel’en lourdonne et preste,Q’ils ont toutdis malice preste:Vei la du deable les vassals!Ce sont cils qui vivont du proie,Sicome l’ostourqui tolt et proie,Ce sciet et l’abbes et l’abesse,Par qui sovent faisont leur voie:Mais si la feste est sanz monoie,Ne dirront point quec’est largesse;Ils n’ont ja cure de la messe24991Que moigne chante, ainz la promesseDes douns avoir, ce leur fait joye.Ensi pilont de la simplesce,Et escorchont par leur destresceDe l’autry quir large courroie.Trop est de luy q’ensi visiteLa visitacioun maldite:Car qant baillif visitera,24999N’est maison q’il pourdieu respite;Comme plus la voit povere et despite,Tant plus d’assetz l’oppressera,Q’ascune chose enportera;La qu’il l’esterling ne porraAvoir, il prent la soule myte:Sicome goupil q’aguaiteraSa proie, quelle estranglera,Si fait baillif u qu’il habite.L’en dist, et ce n’est fable mye,Q’om doit seignourparla maisnieConoistre, et parsemblable tour25011Je croy que si de sa partieVisconte fuist d’oneste vie,Ly soubz baillif fuissent meillour.Mais tiel corsaint, tiel offrendour,Si l’un soit mal, l’autre est peiour,Et sur toute la compaigniePis font encore ly questour;Car leur falsine et leur destourFait quele tort se magnifie.25020Sur ce quetu es despendantAu perjurer ils vont pendantLe charge de leur conscience,Parce q’ils l’orr vont resceivantPourestre fals et desceivant:Le doun souffist a l’evidence,Car covoitise ove leur dispensePourton argent, pourta despense,Q’ils point ne mettont au devantDe dieu ne l’amourne l’offense:25030Mal font de soy la providenceContre la mort que vient suiant.f. 137De ces jurours fals et atteintzEncore y ad des capiteins,Traiciers ont noun, c’est assavoir608Q’ils treront, mais nounpas des meins,Ainz du malice dont sont pleins,Le remenant a leur voloir;Car s’ils diont le blanc est noir,Les autres dirront, ‘C’est tout voir,’Et ce vuillont jurer sur seintz:25041Ou soit ce fals, ou soit ce voir,Sicomme Traicier vuillont avoir,Ensi serra, ne plus ne meinz.A les assisses et juréesQui voet avoir les perjurezParler covient a ces Traiciers;Car a lour part ont aroutezTous les fals jurours redoubtez,Qui se vendont pour les deniers25050Et se perjuront volentiers:Ce sont du deable soldoiers,Parqueux le tort ad eshalcezSur tous les autres seculiers,Qui sont du fraude coustummersPourfaire abatre loyaltés.Tout ensi comme ly chiens currourEst affaité du veneourDe courre au serf ou a goupil,Tout autrecy ly fals traiçour25060Les jofnes gens qui sont questourAffaite et entre a son peril:Qant nay dirra, dirront nenil,Qant dist oïl, si dirront il,Du voir font fals, du fals verrour,Loyalté mettont en exilEt felonnie au reconcil:Maldit soient tiel assissour!Ly fals questourdont vousenditeLes innocentz au mort endite,25070Qui sont sanz culpe d’enditer,Et les felouns mortieux acquite:Quiconqueson travail aquiteTrop sciet le tort bien aquiter;Ou si le dette est un denier,Jura quec’est un marc entier,Et si marc soit, dist une myte:Dire et desdire est son mestier,Deux langes porte en un testier,La qui falsine soit maldite.25080Loyalté serra desconfit,Si tu les douns aras confitA ces jurours, car leur corageAd a l’argent tiel appetit,Q’ils se perjuront pour petit,Ainçois q’ils lerront ton brocage.Om voit de nostre voisinageTiel qui se prent a cest usage,Dont il et tout son hostell vit;Qe pourcompter du clier gaignageSa lange valt plusd’avantage25091Qe sa charue du proufit.Ly povres qui n’ad pas d’argentSe puet doubter de tiele gentAu fin q’il n’ara pas son droit;Si puet ly riches ensement,S’il ne leur donne largement,Car l’un et l’autre en lourendroitSe passeront sanz nul exploit:Pour ce cil qui le siecle voit25100Et ad ou terre ou tenementDes tieux jurours doubter se doit;Car qui s’en garde il est benoitEn ce mal temps q’ore est present.Mais d’autre part il me sovient,Ascuns y ad qui point ne vientA les assisses, et fait malDe ce q’au voir jurer s’abstient;Car par ce l’autry droit detient,Dont il duist estre tesmoignal,25110Qui sciet le droit originalEt pour le proufit voisinalJurer ne voet ce q’appartient:Il est en part sicome causalDe l’autry perte especial,Dont il respondre a dieu covient.Mais ceste noble gent vaillantQuident q’ils serront trop faillantPar ce q’ensi duissent jurer;Mais je luy fais bien entendant,25120Cil q’au jurer n’est obeissantPour la justice supporter,Ainz souffre l’autre fals questierLe droit abatre et perjurer,Du quoy son proesme est enpirant,Il est ensi come parçonierDu mal, puisq’il le pot hosterEt souffre q’il procede avant.Prodhomme ne doit eschuïrDe voir jurer pour sustenir25130Le droit, dont il est mesmes sage;Ainçois se doit plustost offrir,Q’en son defalte laist perirLe meindre de son voisinage;Combien qu’il soit de halt parage,Son parenté ne desparageDu voir jurer a l’enquerir,Ainz fait tresnoble vassellage,Qant droit remonte en son estage,Qe tort solait en bass tenir.25140Ces clercs diont que le pecchéDu tort dont homme ad enpeschéSon proesme, ja n’ert absoluPardevant dieu ne pardonné,Ainçois q’arere soit donnéTout quanqueen ad esté tollu.609O fals questour, di quefras tu,Qui tant droit avetz abatuDu false langue perjurée,Que ja puis n’ert partoy rendu:25150Je croy ce te serra vendu,Que tu quidas avoir gaigné.En voir disant nully desfame,Pource vous dy tiele est la fameDes pledours, dont ainçois vousdis;Jugge et visconte auci l’en blame,Et d’autre part ne sont sanz blameNe les questours ne les baillis;Ce duissent estre les amysDu droit et sont les anemys,25160Car covoitise les entame;Dont font lourplaintes et lour crisLa gent commune du paiis,Si font le seignour et la dame.O quel dolour la loy nousmeine!Car gens du loy primerla leinePilont, comme vous ay dit devant,Mais l’autre gent est plusvileine,Car le visconte ove la douszeineEt les baillifs vont escorchant25170Le peal, siquedu meintenantNuls est ses propres biens tenant:Et nepourqant, si je me pleigne,Ne truis socour ne tant ne qant;La loy, que nous serroit garant,Nousest sur tout la plusgreveine.Ore q’il ad dit l’estat de ceaux qui sont plaidours et Jugges de la loy, dirra l’estat des Marchans solonc le temps q’ore est.
Si l’argent ne leur vient ainçois.Vei la ministre de noz loys,Qui ja nul jour serront courtoisEnvers dieu n’envers leur prochein!En ce paiis sont plus quetrois606Q’ont deservi parjuste poisL’onourdes fourches plus haltein.L’en puet bien dire a cel office,24961Sicome Crepaldz dist al herice,‘Maldit soient tant seigneurant,’Qui duissont servir de justiceEt sont ministre d’avarice,Dont vont la povre gent pilant.Cuer ont des mals ymaginant,Mains ont plus quele glu tenant,606Piés ont pourcourre a toute vice,Et pardesdeign vont regardant:24970Qui duissent estre loy gardant,Cils sont qui plusfont de malice.Semblables sont as enfernals,U sont les peines eternals,Car ils font toutdis la tempesteD’extorcions, des tortz, des mals;Les hommes et les animalsChascuns en sente la moleste:607Ne valt priere ne requesteAu fin quel’en l’amour adqueste24980De ces baillifs, tant sont ribalds,Ainz falt quel’en lourdonne et preste,Q’ils ont toutdis malice preste:Vei la du deable les vassals!Ce sont cils qui vivont du proie,Sicome l’ostourqui tolt et proie,Ce sciet et l’abbes et l’abesse,Par qui sovent faisont leur voie:Mais si la feste est sanz monoie,Ne dirront point quec’est largesse;Ils n’ont ja cure de la messe24991Que moigne chante, ainz la promesseDes douns avoir, ce leur fait joye.Ensi pilont de la simplesce,Et escorchont par leur destresceDe l’autry quir large courroie.Trop est de luy q’ensi visiteLa visitacioun maldite:Car qant baillif visitera,24999N’est maison q’il pourdieu respite;Comme plus la voit povere et despite,Tant plus d’assetz l’oppressera,Q’ascune chose enportera;La qu’il l’esterling ne porraAvoir, il prent la soule myte:Sicome goupil q’aguaiteraSa proie, quelle estranglera,Si fait baillif u qu’il habite.L’en dist, et ce n’est fable mye,Q’om doit seignourparla maisnieConoistre, et parsemblable tour25011Je croy que si de sa partieVisconte fuist d’oneste vie,Ly soubz baillif fuissent meillour.Mais tiel corsaint, tiel offrendour,Si l’un soit mal, l’autre est peiour,Et sur toute la compaigniePis font encore ly questour;Car leur falsine et leur destourFait quele tort se magnifie.25020Sur ce quetu es despendantAu perjurer ils vont pendantLe charge de leur conscience,Parce q’ils l’orr vont resceivantPourestre fals et desceivant:Le doun souffist a l’evidence,Car covoitise ove leur dispensePourton argent, pourta despense,Q’ils point ne mettont au devantDe dieu ne l’amourne l’offense:25030Mal font de soy la providenceContre la mort que vient suiant.f. 137De ces jurours fals et atteintzEncore y ad des capiteins,Traiciers ont noun, c’est assavoir608Q’ils treront, mais nounpas des meins,Ainz du malice dont sont pleins,Le remenant a leur voloir;Car s’ils diont le blanc est noir,Les autres dirront, ‘C’est tout voir,’Et ce vuillont jurer sur seintz:25041Ou soit ce fals, ou soit ce voir,Sicomme Traicier vuillont avoir,Ensi serra, ne plus ne meinz.A les assisses et juréesQui voet avoir les perjurezParler covient a ces Traiciers;Car a lour part ont aroutezTous les fals jurours redoubtez,Qui se vendont pour les deniers25050Et se perjuront volentiers:Ce sont du deable soldoiers,Parqueux le tort ad eshalcezSur tous les autres seculiers,Qui sont du fraude coustummersPourfaire abatre loyaltés.Tout ensi comme ly chiens currourEst affaité du veneourDe courre au serf ou a goupil,Tout autrecy ly fals traiçour25060Les jofnes gens qui sont questourAffaite et entre a son peril:Qant nay dirra, dirront nenil,Qant dist oïl, si dirront il,Du voir font fals, du fals verrour,Loyalté mettont en exilEt felonnie au reconcil:Maldit soient tiel assissour!Ly fals questourdont vousenditeLes innocentz au mort endite,25070Qui sont sanz culpe d’enditer,Et les felouns mortieux acquite:Quiconqueson travail aquiteTrop sciet le tort bien aquiter;Ou si le dette est un denier,Jura quec’est un marc entier,Et si marc soit, dist une myte:Dire et desdire est son mestier,Deux langes porte en un testier,La qui falsine soit maldite.25080Loyalté serra desconfit,Si tu les douns aras confitA ces jurours, car leur corageAd a l’argent tiel appetit,Q’ils se perjuront pour petit,Ainçois q’ils lerront ton brocage.Om voit de nostre voisinageTiel qui se prent a cest usage,Dont il et tout son hostell vit;Qe pourcompter du clier gaignageSa lange valt plusd’avantage25091Qe sa charue du proufit.Ly povres qui n’ad pas d’argentSe puet doubter de tiele gentAu fin q’il n’ara pas son droit;Si puet ly riches ensement,S’il ne leur donne largement,Car l’un et l’autre en lourendroitSe passeront sanz nul exploit:Pour ce cil qui le siecle voit25100Et ad ou terre ou tenementDes tieux jurours doubter se doit;Car qui s’en garde il est benoitEn ce mal temps q’ore est present.Mais d’autre part il me sovient,Ascuns y ad qui point ne vientA les assisses, et fait malDe ce q’au voir jurer s’abstient;Car par ce l’autry droit detient,Dont il duist estre tesmoignal,25110Qui sciet le droit originalEt pour le proufit voisinalJurer ne voet ce q’appartient:Il est en part sicome causalDe l’autry perte especial,Dont il respondre a dieu covient.Mais ceste noble gent vaillantQuident q’ils serront trop faillantPar ce q’ensi duissent jurer;Mais je luy fais bien entendant,25120Cil q’au jurer n’est obeissantPour la justice supporter,Ainz souffre l’autre fals questierLe droit abatre et perjurer,Du quoy son proesme est enpirant,Il est ensi come parçonierDu mal, puisq’il le pot hosterEt souffre q’il procede avant.Prodhomme ne doit eschuïrDe voir jurer pour sustenir25130Le droit, dont il est mesmes sage;Ainçois se doit plustost offrir,Q’en son defalte laist perirLe meindre de son voisinage;Combien qu’il soit de halt parage,Son parenté ne desparageDu voir jurer a l’enquerir,Ainz fait tresnoble vassellage,Qant droit remonte en son estage,Qe tort solait en bass tenir.25140Ces clercs diont que le pecchéDu tort dont homme ad enpeschéSon proesme, ja n’ert absoluPardevant dieu ne pardonné,Ainçois q’arere soit donnéTout quanqueen ad esté tollu.609O fals questour, di quefras tu,Qui tant droit avetz abatuDu false langue perjurée,Que ja puis n’ert partoy rendu:25150Je croy ce te serra vendu,Que tu quidas avoir gaigné.En voir disant nully desfame,Pource vous dy tiele est la fameDes pledours, dont ainçois vousdis;Jugge et visconte auci l’en blame,Et d’autre part ne sont sanz blameNe les questours ne les baillis;Ce duissent estre les amysDu droit et sont les anemys,25160Car covoitise les entame;Dont font lourplaintes et lour crisLa gent commune du paiis,Si font le seignour et la dame.O quel dolour la loy nousmeine!Car gens du loy primerla leinePilont, comme vous ay dit devant,Mais l’autre gent est plusvileine,Car le visconte ove la douszeineEt les baillifs vont escorchant25170Le peal, siquedu meintenantNuls est ses propres biens tenant:Et nepourqant, si je me pleigne,Ne truis socour ne tant ne qant;La loy, que nous serroit garant,Nousest sur tout la plusgreveine.Ore q’il ad dit l’estat de ceaux qui sont plaidours et Jugges de la loy, dirra l’estat des Marchans solonc le temps q’ore est.
Si l’argent ne leur vient ainçois.
Vei la ministre de noz loys,
Qui ja nul jour serront courtois
Envers dieu n’envers leur prochein!
En ce paiis sont plus quetrois606
Q’ont deservi parjuste pois
L’onourdes fourches plus haltein.
L’en puet bien dire a cel office,24961
Sicome Crepaldz dist al herice,
‘Maldit soient tant seigneurant,’
Qui duissont servir de justice
Et sont ministre d’avarice,
Dont vont la povre gent pilant.
Cuer ont des mals ymaginant,
Mains ont plus quele glu tenant,606
Piés ont pourcourre a toute vice,
Et pardesdeign vont regardant:24970
Qui duissent estre loy gardant,
Cils sont qui plusfont de malice.
Semblables sont as enfernals,
U sont les peines eternals,
Car ils font toutdis la tempeste
D’extorcions, des tortz, des mals;
Les hommes et les animals
Chascuns en sente la moleste:607
Ne valt priere ne requeste
Au fin quel’en l’amour adqueste24980
De ces baillifs, tant sont ribalds,
Ainz falt quel’en lourdonne et preste,
Q’ils ont toutdis malice preste:
Vei la du deable les vassals!
Ce sont cils qui vivont du proie,
Sicome l’ostourqui tolt et proie,
Ce sciet et l’abbes et l’abesse,
Par qui sovent faisont leur voie:
Mais si la feste est sanz monoie,
Ne dirront point quec’est largesse;
Ils n’ont ja cure de la messe24991
Que moigne chante, ainz la promesse
Des douns avoir, ce leur fait joye.
Ensi pilont de la simplesce,
Et escorchont par leur destresce
De l’autry quir large courroie.
Trop est de luy q’ensi visite
La visitacioun maldite:
Car qant baillif visitera,24999
N’est maison q’il pourdieu respite;
Comme plus la voit povere et despite,
Tant plus d’assetz l’oppressera,
Q’ascune chose enportera;
La qu’il l’esterling ne porra
Avoir, il prent la soule myte:
Sicome goupil q’aguaitera
Sa proie, quelle estranglera,
Si fait baillif u qu’il habite.
L’en dist, et ce n’est fable mye,
Q’om doit seignourparla maisnie
Conoistre, et parsemblable tour25011
Je croy que si de sa partie
Visconte fuist d’oneste vie,
Ly soubz baillif fuissent meillour.
Mais tiel corsaint, tiel offrendour,
Si l’un soit mal, l’autre est peiour,
Et sur toute la compaignie
Pis font encore ly questour;
Car leur falsine et leur destour
Fait quele tort se magnifie.25020
Sur ce quetu es despendant
Au perjurer ils vont pendant
Le charge de leur conscience,
Parce q’ils l’orr vont resceivant
Pourestre fals et desceivant:
Le doun souffist a l’evidence,
Car covoitise ove leur dispense
Pourton argent, pourta despense,
Q’ils point ne mettont au devant
De dieu ne l’amourne l’offense:25030
Mal font de soy la providence
Contre la mort que vient suiant.
f. 137
De ces jurours fals et atteintz
Encore y ad des capiteins,
Traiciers ont noun, c’est assavoir608
Q’ils treront, mais nounpas des meins,
Ainz du malice dont sont pleins,
Le remenant a leur voloir;
Car s’ils diont le blanc est noir,
Les autres dirront, ‘C’est tout voir,’
Et ce vuillont jurer sur seintz:25041
Ou soit ce fals, ou soit ce voir,
Sicomme Traicier vuillont avoir,
Ensi serra, ne plus ne meinz.
A les assisses et jurées
Qui voet avoir les perjurez
Parler covient a ces Traiciers;
Car a lour part ont aroutez
Tous les fals jurours redoubtez,
Qui se vendont pour les deniers25050
Et se perjuront volentiers:
Ce sont du deable soldoiers,
Parqueux le tort ad eshalcez
Sur tous les autres seculiers,
Qui sont du fraude coustummers
Pourfaire abatre loyaltés.
Tout ensi comme ly chiens currour
Est affaité du veneour
De courre au serf ou a goupil,
Tout autrecy ly fals traiçour25060
Les jofnes gens qui sont questour
Affaite et entre a son peril:
Qant nay dirra, dirront nenil,
Qant dist oïl, si dirront il,
Du voir font fals, du fals verrour,
Loyalté mettont en exil
Et felonnie au reconcil:
Maldit soient tiel assissour!
Ly fals questourdont vousendite
Les innocentz au mort endite,25070
Qui sont sanz culpe d’enditer,
Et les felouns mortieux acquite:
Quiconqueson travail aquite
Trop sciet le tort bien aquiter;
Ou si le dette est un denier,
Jura quec’est un marc entier,
Et si marc soit, dist une myte:
Dire et desdire est son mestier,
Deux langes porte en un testier,
La qui falsine soit maldite.25080
Loyalté serra desconfit,
Si tu les douns aras confit
A ces jurours, car leur corage
Ad a l’argent tiel appetit,
Q’ils se perjuront pour petit,
Ainçois q’ils lerront ton brocage.
Om voit de nostre voisinage
Tiel qui se prent a cest usage,
Dont il et tout son hostell vit;
Qe pourcompter du clier gaignage
Sa lange valt plusd’avantage25091
Qe sa charue du proufit.
Ly povres qui n’ad pas d’argent
Se puet doubter de tiele gent
Au fin q’il n’ara pas son droit;
Si puet ly riches ensement,
S’il ne leur donne largement,
Car l’un et l’autre en lourendroit
Se passeront sanz nul exploit:
Pour ce cil qui le siecle voit25100
Et ad ou terre ou tenement
Des tieux jurours doubter se doit;
Car qui s’en garde il est benoit
En ce mal temps q’ore est present.
Mais d’autre part il me sovient,
Ascuns y ad qui point ne vient
A les assisses, et fait mal
De ce q’au voir jurer s’abstient;
Car par ce l’autry droit detient,
Dont il duist estre tesmoignal,25110
Qui sciet le droit original
Et pour le proufit voisinal
Jurer ne voet ce q’appartient:
Il est en part sicome causal
De l’autry perte especial,
Dont il respondre a dieu covient.
Mais ceste noble gent vaillant
Quident q’ils serront trop faillant
Par ce q’ensi duissent jurer;
Mais je luy fais bien entendant,25120
Cil q’au jurer n’est obeissant
Pour la justice supporter,
Ainz souffre l’autre fals questier
Le droit abatre et perjurer,
Du quoy son proesme est enpirant,
Il est ensi come parçonier
Du mal, puisq’il le pot hoster
Et souffre q’il procede avant.
Prodhomme ne doit eschuïr
De voir jurer pour sustenir25130
Le droit, dont il est mesmes sage;
Ainçois se doit plustost offrir,
Q’en son defalte laist perir
Le meindre de son voisinage;
Combien qu’il soit de halt parage,
Son parenté ne desparage
Du voir jurer a l’enquerir,
Ainz fait tresnoble vassellage,
Qant droit remonte en son estage,
Qe tort solait en bass tenir.25140
Ces clercs diont que le pecché
Du tort dont homme ad enpesché
Son proesme, ja n’ert absolu
Pardevant dieu ne pardonné,
Ainçois q’arere soit donné
Tout quanqueen ad esté tollu.609
O fals questour, di quefras tu,
Qui tant droit avetz abatu
Du false langue perjurée,
Que ja puis n’ert partoy rendu:25150
Je croy ce te serra vendu,
Que tu quidas avoir gaigné.
En voir disant nully desfame,
Pource vous dy tiele est la fame
Des pledours, dont ainçois vousdis;
Jugge et visconte auci l’en blame,
Et d’autre part ne sont sanz blame
Ne les questours ne les baillis;
Ce duissent estre les amys
Du droit et sont les anemys,25160
Car covoitise les entame;
Dont font lourplaintes et lour cris
La gent commune du paiis,
Si font le seignour et la dame.
O quel dolour la loy nousmeine!
Car gens du loy primerla leine
Pilont, comme vous ay dit devant,
Mais l’autre gent est plusvileine,
Car le visconte ove la douszeine
Et les baillifs vont escorchant25170
Le peal, siquedu meintenant
Nuls est ses propres biens tenant:
Et nepourqant, si je me pleigne,
Ne truis socour ne tant ne qant;
La loy, que nous serroit garant,
Nousest sur tout la plusgreveine.
Ore q’il ad dit l’estat de ceaux qui sont plaidours et Jugges de la loy, dirra l’estat des Marchans solonc le temps q’ore est.
Ore q’il ad dit l’estat de ceaux qui sont plaidours et Jugges de la loy, dirra l’estat des Marchans solonc le temps q’ore est.