[2]...Furonières ...—Hameau de la commune de Claix.
[2]...Furonières ...—Hameau de la commune de Claix.
[3]...les villes d'Italie vers leVIIIesiècle ...—A vérifier sur la dissertation 55 de Muratori, lue il y a quinze jours et déjà oubliée quant à la date. (Note de Stendhal.)
[3]...les villes d'Italie vers leVIIIesiècle ...—A vérifier sur la dissertation 55 de Muratori, lue il y a quinze jours et déjà oubliée quant à la date. (Note de Stendhal.)
[4]...où, depuis quatre ans, personne n'avait mis les pieds—En face, au verso du fol. 273, plan du quartier des maisons Gagnon et Beyle. On y voit, à l'angle de la Grande-rue et de la rue du Département, l'emplacement du «café tenu par M. Genou, père de M. de Genoude, de laGazette de France». (Voir notre plan de Grenoble en 1793.) A ce sujet, on lit cette note au crayon de R. Colomb: «Le café Genou était sur la place Saint-André, dans la maison qu'habitait MmeVignon, je crois; celui de la Grande-rue était tenu par Charréa.»
[4]...où, depuis quatre ans, personne n'avait mis les pieds—En face, au verso du fol. 273, plan du quartier des maisons Gagnon et Beyle. On y voit, à l'angle de la Grande-rue et de la rue du Département, l'emplacement du «café tenu par M. Genou, père de M. de Genoude, de laGazette de France». (Voir notre plan de Grenoble en 1793.) A ce sujet, on lit cette note au crayon de R. Colomb: «Le café Genou était sur la place Saint-André, dans la maison qu'habitait MmeVignon, je crois; celui de la Grande-rue était tenu par Charréa.»
[5]...dès que je fus libre, en H ...—En face, au verso du fol. 274, plan de l'appartement Beyle, rue des Vieux-Jésuites. On voit dans le salon, près de la fenêtre, en «H, table de travail» de Beyle.
[5]...dès que je fus libre, en H ...—En face, au verso du fol. 274, plan de l'appartement Beyle, rue des Vieux-Jésuites. On voit dans le salon, près de la fenêtre, en «H, table de travail» de Beyle.
[6]...l'amour des épinaux ...—La lecture du dernier mot est incertaine.
[6]...l'amour des épinaux ...—La lecture du dernier mot est incertaine.
[7]Je reparlerai de la chasse, revenons aux médailles.—On lit au verso du fol. 279, avec la date du 26 décembre: «A placer: «Caractèreof my fatherChérubin Beyle.—Il n'était point avare, mais bien passionné. Rien ne lui coûtait pour satisfaire la passion dominante: ainsi pour faireminerunetière, il ne m'envoyait pas à Paris les 150 francs par mois, sans lesquels je ne pouvais vivre.
[7]Je reparlerai de la chasse, revenons aux médailles.—On lit au verso du fol. 279, avec la date du 26 décembre: «A placer: «Caractèreof my fatherChérubin Beyle.—Il n'était point avare, mais bien passionné. Rien ne lui coûtait pour satisfaire la passion dominante: ainsi pour faireminerunetière, il ne m'envoyait pas à Paris les 150 francs par mois, sans lesquels je ne pouvais vivre.
Il eut la passion pour l'agriculture et pour Claix, puis un an ou deux de passion pour bâtir (la maison de la rue de Bonne, dont j'eus la sottise de faire le plan avec Mante). Il empruntait à huit ou dix pour cent à l'effet de terminer une maison qui un jour lui rendrait le six. Ennuyé de la maison, il se livra à la passion d'administrer pour les Bourbons, au point incroyable de passer dix-sept mois sans aller à Claix, à deux lieues de la ville. Il s'est ruiné de 1814 à 1819, je crois, époque de sa mort. Il aimait les femmes avec excès, mais timide comme un enfant de douze ans; MmeAbraham Mallein, née Pascal, se moquait ferme de lui à cet égard.»]
Après quatre ou cinq ans du plus profond et du plus plat malheur, je respirai seulement alors, quand je me vis seul et fermé à clef dans l'appartement de la rue des Vieux-Jésuites, jusque-là abhorré par moi. Pendant ces quatre ou cinq ans, mon cœur fut rempli du sentiment de la haine impuissante. Sans mon goût pour la volupté, je serais peut-être devenu, par une telle éducation, dont ceux qui la donnaient ne se doutaient pas, unscélérat noirou un coquin gracieux et insinuant, un vrai jésuite[2], et je serais sans doute fort riche. La lecture de laNouvelle-Héloïseet les scrupules de Saint-Preux me formèrent profondément honnête homme; je pouvais encore, après cette lecture faite avec larmes etdans des transports d'amour pour la vertu, faire des coquineries, mais je me serais senti coquin. Ainsi, c'est un livre lu en grande cachette et malgré mes parents qui m'a fait honnête homme.
L'histoire romaine du cotonneux Rollin, malgré ses plates réflexions, m'avait meublé la tête de faits d'une solide vertu (basée sur l'utilitéet non sur le vaniteux honneur des monarchies; Saint-Simon est une belle pièce justificative pour la manière de Montesquieu, l'honneurbas des monarchies; il n'est pas mal d'avoir vu cela en 1734 dans l'état d'enfance où, à cette époque, était encore la raison des Français).
Avec les faits appris dans Rollin, confirmés, expliqués, illustrés par la conversation continue de mon excellent grand-père et les théories de Saint-Preux, rien n'était égal à la répugnance et au mépris profond que j'avais pour les...[3]expliqués par des prêtres que je voyais chaque jour s'affliger desvictoires de la patrieet désirer que les troupes françaises fussent battues.
La conversation de mon excellent grand-père, auquel je dois tout, sa vénération pour les bienfaiteurs de l'humanité, si contraire aux idées du ch[ristian]isme, m'empêcha sans doute d'être pris comme une mouche dans les toiles d'araignée par mon respect pour les cérémonies. (Je vois aujourd'hui que c'était la première forme de mon amourpour la musique, 1, la peinture, 2, et l'art de Vigano, 3.) Je croirais volontiers que mon grand-père était un nouveau converti vers 1793. Peut-être s'était-il fait dévot[4]à la mort de ma mère (1790), peut-être la nécessité d'avoir l'appui du clergé dans son métier de médecin lui avait-elle imposé un léger vernis d'hypocrisie en même temps que la perruque à trois rangs de boucles. Je croirais plutôt ce dernier, car je le trouvai ami, et de longue date, de M. l'abbé Sadin, curé de Saint-Louis (sa paroisse), de M. le chanoine Rey et de MlleRey, sa sœur, chez lequel nous allions souvent (ma tante Elisabeth y faisait sa partie), petite rue derrière Saint-André, plus tard rue du Département[5], même l'aimable et trop aimable abbé Hélie, curé de Saint-Hugues, qui m'avait baptisé et me l'a rappelé depuis au café de la Régence, à Paris, où je déjeûnais vers 1803 pendant mon éducation véritable, rue d'Angiviller.
Il faut remarquer qu'en 1790 les prêtres ne prenaient pas les conséquences de la théorie et étaient bien loin d'être intolérants et absurdes[6]comme nous les voyons en 1835. On souffrait fort bien que mon grand-père travaillât en présence de[7]son petit buste de Voltaire et que sa conversation, excepté sur un seul sujet, fût ce qu'elle eût été dans le salon de Voltaire, et les trois jours qu'il avait passés dans ce salon étaient cités[8]par lui comme les plus beaux de sa vie, quand l'occasion s'en présentait.Il ne s'interdisait nullement l'anecdote critique ou scandaleuse sur les prêtres, et pendant sa longue carrière d'observations cet esprit sage et froid en avait recueilli des centaines. Jamais il n'exagérait, jamais il ne mentait, ce qui me permet, ce me semble, d'avancer aujourd'hui que quant à l'esprit ce n'était pas un bourgeois; mais il était apte[9]à concevoir des haines éternelles à l'occasion de torts très minimes[10], et je ne crois pas laver son âme du reproche de bourgeoisie.
Je retrouve le type bourgeois, même à Rome, chez M. ... et sa famille, ... M. Bois, le beau-frère, enrichi ...[11].
Mon grand-père avait une vénération et un amour pour les grands hommes qui choquèrent bien M. le curé actuel de Saint-Louis et M. le grand vicaire[12]actuel de l'évêque de Grenoble, lequel se fait un point d'honneur de ne pas rendre sa visite au préfet, en sa qualité deprincede Grenoble[13], je crois (raconté par M. Rubichon et avec approbation, Cività-Vecchia, juin 1835).
Le Père Ducros, ce cordelier que je suppose homme de génie, avait perdu sa santé en empaillant des oiseaux avec des poisons. Il souffrait beaucoup des entrailles et mon oncle m'apprit par ses plaisanteries qu'il avait un ...[14]. Je ne compris guère cette maladie, qui me semblait toute naturelle. Le Père Ducros aimait beaucoup mon grand-père, son médecin, et auquel il devait en partie saplace de bibliothécaire; mais il ne pouvait s'empêcher deméprisoterun peu la faiblesse de son caractère, il ne pouvait tolérer les incartades de Séraphie, qui allaient souvent jusqu'à interrompre la conversation, troubler la société, et forcer les amis à se retirer[15].
Les caractères à la Fontenelle sont fort sensibles à cette nuance de mépris non exprimé, mon grand-père combattait donc souvent mon enthousiasme pour le Père Ducros. Quelquefois, quand le Père Ducros arrivait à la maison avec quelque chose d'intéressant à dire, on m'envoyait à la cuisine; je n'étais nullement piqué, mais fâché de ne pas savoir la chose curieuse. Ce philosophe fut sensible à mes empressements et au goût vif que je montrais pour lui, et qui faisait que je ne quittais jamais la chambre quand il y était.
Il faisait cadeau à ses amis et amies de cadres dorés de deux pieds et demi sur trois, garnis d'une grande vitre, derrière laquelle il disposait six ou huit douzaines de médailles en plâtre de dix-huit lignes de diamètre. C'étaient tous les empereurs romains et les impératrices, un autre cadre présentait tous les grands hommes de France, de Clément Marot à Voltaire, Diderot et d'Alembert. Que dirait le M. Rey d'aujourd'hui à une telle vue?
Ces médailles étaient environnées, avec beaucoup de grâce, de petits cartons dorés sur tranche,et des volutes exécutées en même matière remplissaient les intervalles entre les médailles. Les ornements de ce genre étaient fort rares alors et je puis avouer que l'opposition de la couleur blanc mat des médailles et des ombres légères, fines, bien dessinées, qui marquaient les traits des personnages, avec la tranche dorée des cartons et leur couleur jaune d'or, faisaient un effet très élégant.
Les bourgeois de Vienne, Romans, La Tour du Pin, Voiron, etc., qui venaient dîner chez mon grand-père ne se lassaient pas d'admirer ces cadres. Moi, de mon côté, monté sur une chaise, je ne me lassais pas d'étudier les traits de ceshommes illustresdont j'aurais voulu imiter la vie et lire les œuvres.
Le Père Ducros écrivait dans le haut de la partie la plus élevée de ces cartons[16]:
HOMMES ILLUSTRES DE FRANCEouEMPEREURS ET IMPÉRATRICES.
À Voiron, par exemple, chez mon cousin Allard du Plantier[17](descendant de l'historien et antiquaire Allard), ces cadres étaient admirés comme des médailles antiques; je ne sais pas même si le cousin, qui n'était pas fort, ne les prenait pas pour des médailles antiques. (C'était un fils étiolé par un père homme d'esprit, comme Monseigneur par Louis XIV.)
Un jour, le Père Ducros me dit:
«Veux-tu que je t'apprenne à faire des médailles?»
Ce fut pour moi les cieux ouverts.
J'allai dans son appartement, vraiment délicieux pour un homme qui aime à penser, tel que je voudrais bien en avoir un pareil pour y finir mes jours.
Quatre petites chambres de dix pieds de haut, exposées au midi et au couchant, avec très jolie vue sur Saint-Joseph, les coteaux d'Eybens, le pont de Claix et les montagnes à l'infini vers Gap.
Ces chambres étaient remplies de bas-reliefs et de médailles moulées sur l'antique ou sur du moderne passable.
Les médailles étaient, la plupart, en soufre rouge (rougi par un mélange de cinabre), ce qui est beau et sérieux; enfin, il n'y avait pas un pied carré de la surface de cet appartement qui ne donnât une idée. Il y avait aussi des tableaux. «Mais je ne suis pas assez riche, disait le Père Ducros, pour acheter ceux qui me plairaient.» Le principal tableau représentait une neige, ce n'était pas absolument mal.
Mon grand-père m'avait mené plusieurs fois dans cet appartement charmant. Dès que j'étais seul avec mon grand-père, hors de la maison, loin de la portée de mon père et de Séraphie, j'étais d'une gaieté parfaite. Je marchais fort lentement, car mon bon grand-père avait des rhumatismes, que je suppose goutteux (car moi, son véritable petit-filset qui ai le même corps, j'ai eu la goutte en mai 1835 à Cività-Vecchia).
Le Père Ducros, qui avait de l'aisance, car il a fait son héritier M. Navizet, de Saint-Laurent, ancien entrepreneur de chamoiserie, était fort bien servi par un grand et gros valet, bonhomme qui était garçon de bibliothèque, et une excellente servante. Je donnais l'étrenne à tout cela, par avis de ma tante Elisabeth.
J'étais neuf autant que possible par le miracle de cette abominable éducation solitaire et de toute une famille s'acharnant sur un pauvre enfant pour l'endoctriner, dont le système avait été fort bien suivi parce que la douleur de la famille mettait ce système dans ses goûts.
Cette inexpérience des choses les plus simples me fit faire bien des gaucheries chez M. Daru le père, de novembre 1799 à mai 1800.
Revenons aux médailles. Le Père Ducros s'était procuré, je ne sais comment, une quantité de médailles en plâtre. Il les imbibait d'huile et sur cette huile coulait du soufre mêlé avec de l'ardoise bien sèche et pulvérisée.
Quand ce moule ôtait bien froid[18], il y mettait un peu d'huile, l'entourait d'un papier huilé, haut, de A en B, de trois lignes, le moule au fond.
Sur le moule il versait du plâtre liquide fait à l'instant, et sur-le-champ du plâtre moins fin et plus fort, de façon à donner quatre lignes d'épaisseurà la médaille en plâtre. Voilà ce que je ne parvins jamais à bien faire. Je ne gâchais pas mon plâtre assez vite, ou plutôt je le laissais s'éventer. C'est en vain que Saint-...[19], le vieux domestique, m'apportait du plâtre en poudre. Je retrouvais mon plâtre en gelée, cinq ou six heures après l'avoir placé sur le moule en soufre.
Mais ces moules-là étant les plus difficiles, je les fis sur-le-champ, et fort bien, seulement trop épais. Je n'épargnais pas la matière.
J'établis mon atelier de plâtrerie dans le cabinet de toilette de ma pauvre mère, pénétrais dans cette chambre où personne n'entrait depuis cinq ans qu'avec un sentiment religieux; j'évitais de regarder vers le lit. Je n'aurais jamais ri dans cette chambre, tapissée de papier de Lyon imitant bien le damas rouge.
Quoique je ne parvinsse jamais à faire un cadre de médailler comme le Père Ducros, je me préparais éternellement à ce grand renom en faisant une quantité de moules en soufre (en B, dans la cuisine)[20].
J'achetai une grande armoire renfermant douze ou quinze tiroirs de trois pouces de haut, où j'emmagasinais mes richesses.
Je laissai tout cela à Grenoble en 1799. Dès 1796 je n'en faisais plus de cas; on aura fait des allumettes de ces précieux moules (ou creux) en soufre de couleur d'ardoise.
Je lus le dictionnaire des médailles de l'Encyclopédie méthodique[21].
Un maître adroit qui eût su profiter de ce goût m'eût fait étudier avec passion toute l'histoire ancienne; il fallait me faire lire Suétone, puis Denis d'Halicarnasse, à mesure que ma jeune tête eût pu recevoir les idées sérieuses.
Mais le goût régnant alors à Grenoble portait à lire et à citer les épîtres d'un M. de Bonnard, c'est, je pense, du petit Dorât (comme on dit: du petit Mâcon). Mon grand-père nommait avec respect laGrandeur des Romainsde Montesquieu, mais je n'y comprenais rien; chose peu difficile à croire, j'ignorais les événements sur lesquels Montesquieu a dressé ses magnifiques considérations.
Il fallait au moins me faire lire Tite-Live. Au lieu de cela, on me faisait lire et admirer les hymnes de Santeuil: «Ecce sede louantes...» On peut se figurer la façon dont j'accueillais cette religion[22]de mes tyrans.
Les prêtres qui dînaient à la maison cherchaient à reconnaître l'hospitalité de mes parents en me faisant du pathos sur la Bible de Royaumont, dont le ton patelin et mielleux m'inspirait le plus profond dégoût. J'aimais cent fois mieux le Nouveau Testament eu latin, que j'avais appris par cœur tout entier dans un exemplaire in-18. Mes parents, comme les rois d'aujourd'hui, voulaient que la religion me maintint en soumission[23], et moi je ne respirais que révolte.
Je voyais défiler la légion Allobroge (celle, je crois, qui fut commandée par M. Caffe, mort aux Invalides, à 85 ans, en novembre ou décembre 1835), ma grande pensée était à l'armée. Ne ferais-je pas bien de m'engager?
Je sortais souvent seul, j'allais au Jardin[24], mais je trouvais les autres enfants trop familiers, de loin je brûlais de jouer avec eux, de près je les trouvais grossiers.
Je commençais même, je crois, à aller au spectacle, que je quittais[25]au moment le plus intéressant, à neuf heures en été, quand j'entendais sonner le sing (ou saint)[26].
Tout ce qui était tyrannie me révoltait, et je n'aimais pas le pouvoir. Jefaisais mes devoirs(thèmes, traductions, vers sur la mouche noyée dans une jatte de lait[27]) sur une jolie petite table de noyer, dans l'antichambre du grand salon à l'italienne, excepté le dimanche pour notre messe; la porte sur le grand escalier était toujours fermée. Je m'avisai d écrire sur le bois de cette table les noms de tous les assassins de princes, par exemple: Poltrot, duc de Guise, en 1562. Mon grand-père, en m'aidant à faire mes vers, ou plutôt en les faisant lui-même, vit cette liste; son âme assez tranquille, ennemie de toute violence, en fut navrée, d en conclut presque que Séraphie avait raison quand elle me représentait comme pourvu d'une âme atroce. Peut-être avais-je été conduit à faire maliste d'assassins par l'action de Charlotte Corday—11 ou 12 juillet 1793—dont j'étais fou. J'étais dans ce temps-là grand enthousiaste de Caton d'Utique, les réflexions doucereuses et chrétiennes dubon Rollin, comme l'appelait mon grand-père, me semblaient le comble de la niaiserie.
Et en même temps j'étais si enfant qu'ayant trouvé dans l'Histoire anciennede Rollin, je crois, un personnage qui s'appelait Aristocrate, je fus émerveillé de cette circonstance et fis partager mon enthousiasme à ma sœur Pauline, qui était libérale et de mon parti contre Zénaïde-Caroline, attachée au parti de Séraphie et appelée espionne par nous.
Avant ou après, j'avais eu un goût violent pour l'optique, qui me porta à lire l'Optiquede Smith à la bibliothèque publique. Je faisais des lunettes pour voir le voisin en ayant l'air de regarder devant moi[28]. On pouvait encore, avec un peu d'adresse, par ce moyen-là, facilement me lancer dans la science de l'optique et me faireemporterun bon morceau de mathématiques. De là à l'astronomie, il n y avait qu'un pas.
[1]Lechapitre XXest le chapitre XVII du manuscrit (fol. 280 à 298).—Écrit à Rome, les 26, 27 et 29 décembre 1835.
[1]Lechapitre XXest le chapitre XVII du manuscrit (fol. 280 à 298).—Écrit à Rome, les 26, 27 et 29 décembre 1835.
[2]... unvrai jésuite ...—Ms.: «Tejê.»
[2]... unvrai jésuite ...—Ms.: «Tejê.»
[3]...j'avaie pour les ...—Suivent quelques mots anglais illisibles.
[3]...j'avaie pour les ...—Suivent quelques mots anglais illisibles.
[4]Peut-être s'était-il fait dévot ...—Ms.: «Votdé.»
[4]Peut-être s'était-il fait dévot ...—Ms.: «Votdé.»
[5]...plue tard rue du Département ...—Plus tard encore, rue Saint-André, aujourd'hui rue Diodore-Rahoult.
[5]...plue tard rue du Département ...—Plus tard encore, rue Saint-André, aujourd'hui rue Diodore-Rahoult.
[6]...intolérants et absurdes ...—Ms.: «Surdesab.»
[6]...intolérants et absurdes ...—Ms.: «Surdesab.»
[7]...que mon grand-père travaillât en présence de ...—Variante: «Devant.»
[7]...que mon grand-père travaillât en présence de ...—Variante: «Devant.»
[8]...dans ce salon étaient cités par lui ...—Variante: «Rappelés.»
[8]...dans ce salon étaient cités par lui ...—Variante: «Rappelés.»
[9]...mais il était apte ...—Variante: «Facile.»
[9]...mais il était apte ...—Variante: «Facile.»
[10]...à l'occasion de torts très minimes ...—Variante: «Pour des torts très petits.»
[10]...à l'occasion de torts très minimes ...—Variante: «Pour des torts très petits.»
[11]...chez M ... et sa famille, ... M. Bois, le beau-frère, enrichi ...—Trois mots illisibles.
[11]...chez M ... et sa famille, ... M. Bois, le beau-frère, enrichi ...—Trois mots illisibles.
[12]...M. le grand vicaire ...—Ms.: «Cairevi.»
[12]...M. le grand vicaire ...—Ms.: «Cairevi.»
[13]...en sa qualité deprincede Grenoble ...—L'évêque de Grenoble avait le titre d'évêque-prince.
[13]...en sa qualité deprincede Grenoble ...—L'évêque de Grenoble avait le titre d'évêque-prince.
[14]...mon oncle m'apprit par ses plaisanteries qu'il avait un...—Un mot illisible.
[14]...mon oncle m'apprit par ses plaisanteries qu'il avait un...—Un mot illisible.
[15]...forcer les amis à se retirer.—En face, au verso du fol. 285, on lit: «Réponse à un reproche: comment veut-on que j'écrive bien, forcé d'écrire aussi vite pour ne pas perdre mes idées? 27 décembre 1835. Réponse à MM. Colomb, etc.»
[15]...forcer les amis à se retirer.—En face, au verso du fol. 285, on lit: «Réponse à un reproche: comment veut-on que j'écrive bien, forcé d'écrire aussi vite pour ne pas perdre mes idées? 27 décembre 1835. Réponse à MM. Colomb, etc.»
[16]Le Père Ducros écrivait dans le haut de la partie la plue élevée de ces cartons.—Au verso du fol. 287, Stendhal a dessiné le modèle de l'un de ces cadres, avec la légende suivante: «Cadre de médailles en plâtre blanc par le Père Ducros, bibliothécaire de la Ville de Grenoble (vers 1790), mort vers 1806 ou 1818.»
[16]Le Père Ducros écrivait dans le haut de la partie la plue élevée de ces cartons.—Au verso du fol. 287, Stendhal a dessiné le modèle de l'un de ces cadres, avec la légende suivante: «Cadre de médailles en plâtre blanc par le Père Ducros, bibliothécaire de la Ville de Grenoble (vers 1790), mort vers 1806 ou 1818.»
[17]...mon cousin Allard du Plantier ...—Allard du Plantier (1721-1801), avocat au Parlement de Grenoble, fut élu en 1788 député du Tiers-Etat du Dauphiné aux États-Généraux. Il se retira à Voiron en 1790.
[17]...mon cousin Allard du Plantier ...—Allard du Plantier (1721-1801), avocat au Parlement de Grenoble, fut élu en 1788 député du Tiers-Etat du Dauphiné aux États-Généraux. Il se retira à Voiron en 1790.
[18]Quand ce moule était bien froid ...—Dessin du moule. Le papier huilé est plus haut (de A en B) que l'épaisseur du moule, de manière à pouvoir recevoir le plâtre coulé.
[18]Quand ce moule était bien froid ...—Dessin du moule. Le papier huilé est plus haut (de A en B) que l'épaisseur du moule, de manière à pouvoir recevoir le plâtre coulé.
[19]C'est en vain que Saint-...—Le reste du nom est en blanc.
[19]C'est en vain que Saint-...—Le reste du nom est en blanc.
[20]( ...en B, dans la cuisine).—Au verso du fol. 291 est un plan d'une partie de l'appartement Beyle. Dans la «chambre de ma mère», en «A, atelier de mon plâtre»; dans la cuisine, en «B, fourneau où je faisais mes soufres». On lit au-dessous: «Maison paternelle, vendue en 1804. En 1816, nous logions au coin de la rue de Bonne et de la place Grenette, où je fis l'amour à Sophie Vernier et à MlleElise, en 1814 et 1816, mais pas assez, je me serais moins ennuyé. De là j'entendis guillotiner David, qui fait la gloire de M. le duc Decazes.»
[20]( ...en B, dans la cuisine).—Au verso du fol. 291 est un plan d'une partie de l'appartement Beyle. Dans la «chambre de ma mère», en «A, atelier de mon plâtre»; dans la cuisine, en «B, fourneau où je faisais mes soufres». On lit au-dessous: «Maison paternelle, vendue en 1804. En 1816, nous logions au coin de la rue de Bonne et de la place Grenette, où je fis l'amour à Sophie Vernier et à MlleElise, en 1814 et 1816, mais pas assez, je me serais moins ennuyé. De là j'entendis guillotiner David, qui fait la gloire de M. le duc Decazes.»
[21]...l'Encyclopédie méthodique.—On lit au verso du fol. 293: «27 décembre 1835. Fatigué après 13 pages. Froid aux jambes, surtout au mollet; un peu de colique; envie de dormir. Le froid et le café du 24 décembre m'ont donné sur les nerfs. Il faudrait un bain, mais comment, avec ce froid? Comment supporterai-je le froid de Paris?»
[21]...l'Encyclopédie méthodique.—On lit au verso du fol. 293: «27 décembre 1835. Fatigué après 13 pages. Froid aux jambes, surtout au mollet; un peu de colique; envie de dormir. Le froid et le café du 24 décembre m'ont donné sur les nerfs. Il faudrait un bain, mais comment, avec ce froid? Comment supporterai-je le froid de Paris?»
[22]...j'accueillais cette religion ...—Ms.: «Gionreli.»
[22]...j'accueillais cette religion ...—Ms.: «Gionreli.»
[23]...me maintînt en soumission ...—Variante: «Abjection.»
[23]...me maintînt en soumission ...—Variante: «Abjection.»
[24]...j'allais au Jardin ...—Il s'agit du Jardin-de-Ville.
[24]...j'allais au Jardin ...—Il s'agit du Jardin-de-Ville.
[25]...à aller au spectacle que je quittais ...—Variante: «Dont je sortais.»
[25]...à aller au spectacle que je quittais ...—Variante: «Dont je sortais.»
[26]...quand j'entendais sonner le sing (ou saint).—Sur lesing. voyez plus haut, notes du chapitre XVI, p. 244.
[26]...quand j'entendais sonner le sing (ou saint).—Sur lesing. voyez plus haut, notes du chapitre XVI, p. 244.
[27]...vers sur la mouche noyée dans une jatte de lait ...—Allusion à la pièce de vers latin déjà citée plus haut, chapitre XII.
[27]...vers sur la mouche noyée dans une jatte de lait ...—Allusion à la pièce de vers latin déjà citée plus haut, chapitre XII.
[28]Je faisais des lunettes pour voir le voisin en ayant l'air de regarder devant moi.—Suit un grossier croquis représentant une lunette munie d'un miroir incliné.
[28]Je faisais des lunettes pour voir le voisin en ayant l'air de regarder devant moi.—Suit un grossier croquis représentant une lunette munie d'un miroir incliné.
Quand je demandais de l'argent à mon père par justice, par exemple parce qu'il me l'avait promis, il murmurait, se fâchait, et au lieu de six francs promis m'en donnait trois. Cela m'outrait; comment? n'être pas fidèle à sa promesse?
Les sentiments espagnols communiqués par ma tante Elisabeth me mettaient dans les nues, je ne songeais qu'à l'honneur, qu'à l'héroïsme. Je n'avais pas la moindre adresse, pas le plus petit art de me retourner, pas la moindre hypocrisie doucereuse (ou jésuite[2]).
Ce défaut a résisté à l'expérience, au raisonnement, au remords d'une infinité de duperies où, parespagnolisme, j'étais tombé.
J'ai encore ce manque d'adresse: tous les jours, par espagnolisme, je suis trompé d'un paul ou deux en achetant la moindre chose. Le remords que j'en ai, une heure après, a fini par me donner l'habitude de peu acheter. Je me laisse manquer une année de suite d'un petit meuble qui me coûtera douze francs par la certitude d'être trompé, ce qui me donnera de l'humeur, et cette humeur est supérieure au plaisir d'avoir le petit meuble.
J'écris ceci debout, sur un bureau à la Tronchin fait par un menuisier qui n'avait jamais vu telle chose, il y a un an que je m'en prive par l'ennui d'être trompé. Enfin, j'ai pris la précaution de n'aller pas parler au menuisier en revenant du café, à onze heures du matin, alors mon caractère est dans sa fougue (exactement comme en 1803 quand je prenais du caféenflammérue Saint-Honoré, au coin de la rue de Grenelle ou d'Orléans), mais dans les moments de fatigue, et mon bureau à la Tronchin ne m'a coûté que quatre écus et demi (ou 4 X 5,45 = 24 fr. 52[3]).
Ce caractère faisait que mes conférences d'argent, chose si épineuse entre un père de cinquante-et-un[4]ans et un fils de quinze, finissaient ordinairement de ma part par un accès de mépris profond et d'indignation concentrée.
Quelquefois, non par adresse mais par pur hasard, je parlais avec éloquence à mon père de la chose que je voulais acheter, sans m'en douter jel'enfiévrais(je lui donnais un peu de ma passion), et alors sans difficulté, même avec plaisir, il me donnait tout ce qu'il me fallait. Un jour de foire place Grenette, pendant qu'il se cachait, je lui parlai de mon désir d'avoir de ces caractères mobiles percés dans une feuille de laiton grande comme une carte à jouer[5]; il me donna six ou sept assignats de quinze sous, au retour j'avais tout dépensé.
«Tu dépenses toujours tout l'argent que je te donne.»
Comme il avait mis à me donner ces assignats de quinze sous ce que dans un caractère aussi disgracieux on pouvait appeler de la grâce, je trouvai son reproche fort juste. Si mes parents avaient su me mener, ils auraient fait de moi un niais comme j'en vois tant en province. L'indignation que j'ai ressentie dès mon enfance et au plus haut point, à cause de mes sentiments espagnols, m'a créé, en dépit d'eux, le caractère que j'ai. Mais quel est ce caractère? Je serais bien en peine de le dire. Peut-être verrai-je la vérité à soixante-cinq ans, si j'y arrive[6].
Un pauvre qui m'adresse la parole enstyle tragique, comme à Rome, ou enstyle de comédie, comme en France, m'indigne: 1° je déteste être troublé dans ma rêverie;—2° je ne crois pas un mot de ce qu'il me dit.
Hier, en passant dans la rue, une femme du peuple de quarante ans, mais assez bien, disait à un hommequi marchait avec elle:Bisogna camprar(il faut vivre toutefois). Ce mot, exempt de comédie, m'a touché jusqu'aux larmes. Je ne donne jamais aux pauvres qui me demandent, je pense que ce n'est pas par avarice. Le gros garde de santé (le 11 décembre) à Cività-Vecchia, me parlant d'un pauvre Portugais au lazaret qui ne demande que six ...[7]par jour, sur-le-champ je lui ai donné six ou huit pauls en monnaie. Comme il les refusait, de peur de se compromettre avec son chef (un paysan grossier, venant de Finevista, nommé Manelli), j'ai pensé qu'il serait plus digne d'un consul de donner un écu, ce que j'ai fait; ainsi, six pauls par véritable humanité, et quatre à cause de la broderie de l'habit.
A propos de colloque financier d'un père avec son fils: le marquis Torrigiani, de Florence (gros joueur dans sa jeunesse et fort accusé de gagner comme il ne faut pas), voyant que ses trois fils perdaient quelquefois dix ou quinze louis au jeu, pour leur éviter l'ennui de lui en demander, a remis trois mille francs à un vieux portier fidèle, avec, ordre de remettre cet argent à ses fils quand ils auraient perdu, et de lui en demander d'autre quand les trois mille francs seraient dépensés.
Cela est fort bien en soi, et d'ailleurs le procédé a touché les fils, qui se sont modérés. Ce marquis, officier de la Légion d'honneur, est père de madame Pozzi, dont les beaux yeux m'avaient inspiré une si vive admiration en 1817. L'anecdote sur le jeude son père m'aurait fait une peine horrible en 1817 à cause de ce maudit espagnolisme de mon caractère, dont je me plaignais naguère. Cet espagnolisme m'empêche d'avoir legénie comique:
1° je détourne mes regards et ma mémoire de tout ce qui est bas;
2° je sympathise, comme à dix ans lorsque je lisais l'Arioste, avec tout ce qui est contes d'amour, de forêts (les bois et leur vaste silence), de générosité.
Le conte espagnol le plus commun, s'il y a de la générosité, me fait venir les larmes aux yeux, tandis que je détourne les yeux du caractère de Chrysale de Molière, et encore plus du fond méchant de Zadig, Candide, le pauvre Diable et autres ouvrages de Voltaire, dont je n'adore vraiment que:
Vous êtes, lui dit-il, l'existence et l'essence,Simple avec attribut et de pure substance.
Barral (le comte Paul de Barral, né à Grenoble vers 1785) m'a communiqué bien jeune son goût pour ces vers, que son père, le Premier Président, lui avait appris.
Cet espagnolisme, communiqué par ma tante Elisabeth, me fait passer, même à mon âge, pour un enfant privé d'expérience, pour un foude plus en plus incapable d'aucune affaire sérieuse, ainsi que dit mon cousin Colomb (dont ce sont les propres termes), vrai bourgeois.
La conversation du vrai bourgeois sur leshommes et la vie, qui n'est qu'une collection de ces détails laids, me jette dans unspleenprofond quand je suis forcé par quelque convenance de l'entendre un peu longtemps.
Voilà le secret de mon horreur pour Grenoble vers 1816, qu'alors je ne pouvais m'expliquer.
Je ne puis pas encore m'expliquer aujourd'hui, à cinquante-deux[8]ans, la disposition au malheur que me donne le dimanche. Cela est au point que je suis gai et content—au bout de deux cents pas dans la rue, je m'aperçois que les boutiques sont fermées:Ah! c'est dimanche, me dis-je.
A l'instant, toute disposition intérieure au bonheur s'envole.
Est-ce envie pour l'air content des ouvriers et bourgeois endimanchés?
J'ai beau me dire: Mais je perds ainsi cinquante-deux dimanches par an et peut-être dix fêtes; la chose est plus forte que moi, je n'ai de ressource qu'un travail obstiné.
Ce défaut—mon horreur pour Chrysale—m'a peut-être maintenu jeune. Ce serait donc un heureux malheur, comme celui d'avoir eu peu de femmes (des femmes comme Bianca Milai, que je manquai à Paris, un malin, vers 1829, uniquement, pour ne m'être aperçu de l'heure du berger—elle avait une robe de velours noir ce jour-là, vers la rue du Helder ou du Mont-Blanc).
Comme je n'ai presque pas eu de ces femmes-là (vraies bourgeoises), je ne suis pas blasé le moins du monde à cinquante ans[9]. Je veux dire blasé au moral, car le physique, comme de raison, est émoussé considérablement, au point de passer très bien quinze jours ou trois semaines sans femme; ce carême-là ne me gêne que la première semaine.
La plupart de mes folies apparentes, surtout la bêtise de ne pas avoir saisi au passage l'occasion.qui est chauve, comme dit Don Japhet d'Arménie, toutes mes duperies en achetant, etc., etc., viennent del'espagnolismecommuniqué par ma tante Elisabeth, pour laquelle j'eus toujours le plus profond respect, un respect si profond qu'il empêchait mon amitié d'être tendre, et, ce me semble, de la lecture de l'Arioste faite si jeune et avec tant de plaisir. (Aujourd'hui, les héros de l'Arioste me semblent des palefreniers dont la force fait l'unique mérite, ce qui me met en dispute avec les gens d'esprit qui préfèrent hautement l'Arioste au Tasse, tandis qu'à mes yeux, quand par bonheur le Tasse oublie d'imiter Virgile ou Homère, il est le plus touchant des poètes.)
En moins d'une heure, je viens d'écrire ces douze pages, et en m'arrêtant de temps en temps pour tâcher de ne pas écrire des choses peu nettes, que je serais obligé d'effacer.
Comment aurais-je pu écrire bienphysiquement,M. Colomb?—Mon ami Colomb, qui m'accable de ce reproche dans sa lettre d'hier et dans les précédentes, braverait les supplices pour sa parole, et pour moi. (Il est né à Lyon vers 1785, son père, ancien négociant fort loyal, se retira à Grenoble vers 1788. M. Romain Colomb a 20 ou 25.000 francs de revenu et trois filles, rue Godot-de-Mauroy, Paris[10].)