Il y a un an, lorsque parut mon précédent ouvrage[1], auquel les lecteurs voulurent bien réserver un si favorable accueil, j'eus l'agréable surprise d'entendre certains critiques assurer que je venais de découvrir l'Espagne. Malgré tout ce qu'une pareille idée pouvait avoir de flatteur pour moi, je considère qu'il est de mon devoir de rectifier une erreur en déclarant que d'autres voyageurs avaient déjà visité et décrit ce pays.
Je vais aujourd'hui présenter quelques contrées curieuses de l'Austro-Hongrie. Pour qu'on ne puisse de nouveau me rendre des honneurs qui ne me seraient point dus, je tiens à dire très catégoriquement que mon modeste récit n'a d'autre prétention que de donner aux amateurs de voyages tous les renseignements que j'ai pu réunir sur des pays dignes d'exciter leur curiosité. J'ai cherché àgrouper tous les détails intéressants, je me suis efforcé de les présenter le plus agréablement possible en évitant soigneusement la sécheresse et la profusion des guides et j'espère avoir pu réunir suffisamment d'indications utiles et de renseignements inédits pour que cet ouvrage se trouve à même de rendre quelques services ou de présenter un peu d'intérêt à ceux qui s'aventureront à le lire.
Si parfois je me laisse entraîner en dehors des limites que je me suis fixées par la beauté d'un monument, le charme d'un paysage ou l'originalité d'un costume, je prie le lecteur de ne croire à aucune prétention littéraire: les impressions fortes qui résultent des merveilles de la nature et de l'art légitiment tous les enthousiasmes.
Pierre MARGE.